Coalition de lutte contre la corruption : Session d’information des structures impliquées

Bamako, 15 déc (AMAP) La Coalition de lutte contre la corruption (CLC) organise à Bamako, du 15 au 17 décembre 2025, une session pour informer les structures de lutte contre la corruption sur les outils et méthodes de monitoring des Organisations de la société civile (OSC), a constaté AMAP.

Il s’agit, aussi, « d’outiller les participants en techniques de documentation et de rapportage des cas de corruption, d’identifier les bonnes pratiques et les défis dans le traitement et le suivi des dénonciations et établir un cadre de collaboration renforcé entre la société civile, les médias, le secteur privé et les institutions publiques.

Dans son discours d’ouverture de la session, la représentante de la vice-présidente de la CLC, Mme Mariam Sogodogo, a précisé que « cette rencontre, qui est consacrée au suivi des cas de dénonciation et au partage des derniers rapports des structures nationales de lutte contre la corruption, s’inscrit dans le cadre du Projet d’appui à la lutte contre la corruption et l’enrichissement illicite-Phase 2 (LUCCEI-2) »

Le projet est financé par le Royaume des Pays-Bas et l’ambassade royale du Danemark au Mali, et mis en œuvre par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et la Coalition des organisations de la société civile de Lutte contre la Corruption et la Pauvreté (COSCLCCP). »

« Elle (la session) témoigne de notre engagement commun à renforcer la transparence, la redevabilité et la gouvernance au Mali. Car, la corruption reste un frein majeur au développement économique et social. Elle affaiblit nos institutions, détourne les ressources publiques et creuse les inégalités », a-t-elle dit. « Face à ce fléau, les Organisations de la société civile, les médias, le secteur privé et les structures publiques de lutte contre la corruption ont un rôle complémentaire et essentiel à jouer », a fait savoir Mme Sogodogo.

Elle a souligné que « la veille citoyenne et la dénonciation des cas de corruption est un gage de plus de transparence inclusive et efficace pour la réduction durable des pratiques corruptibles. »

« C’est dans ce cadre qu’entre juillet 2023 et juin 2024, plus de 1 200 alertes de corruption ont été documentées par les points focaux de la COSCLCCP via la plateforme citoyenne Kenekanko », a indiqué Mariam Sogodogo. Pour elle, « ces signalements, transmis aux services compétents, n’ont malheureusement pas toujours reçu les suites escomptées », a-t-elle regretté.

« Ce constat souligne l’impérieuse nécessité de renforcer nos mécanismes de suivi, d’améliorer la coordination entre les acteurs et de restaurer la confiance des citoyens », a proposé Mme Sogodogo. Avant d’encourager les participants à prendre part activement aux débats, partager les expériences et proposer des solutions innovantes.

Le représentant du PNUD et chef du LUCCEI, Olivier Tshibola, a rappelé que « la corruption demeure l’un des principaux obstacles au développement durable, à la confiance des citoyens dans les institutions et à l’efficacité des politiques publiques. » « Elle affecte particulièrement les plus vulnérables et fragilise la cohésion sociale », a-t-il dit.

Pour M. Tshibola, « face à ce défi, il est impératif de renforcer les mécanismes de prévention, de détection et de traitement des actes de corruption, en mettant à profit les innovations technologiques et la participation citoyenne. » « C’est dans cette dynamique que s’inscrit Kenekanko, une plateforme numérique conçue pour faciliter la dénonciation des faits de corruption », a-t-il fait remarquer.

« Au-delà de la dénonciation, Kenekanko représente un outil stratégique de suivi, d’analyse des signalements, permettant aux acteurs concernés d’améliorer la coordination, la traçabilité et l’efficacité des réponses apportées », a précisé Olivier Tshibola.

Il a expliqué que cette session « vise précisément à mieux comprendre le fonctionnement des mécanismes de dénonciation, à clarifier les rôles et responsabilité de chaque catégorie d’acteurs, et à renforcer la collaboration entre les structures de lutte contre la corruption, les médias, le secteur privé et les organisations de la société civile. »

ST/MD (AMAP)