CAN 2023 en Côte d’ivoire : Fraternité Matin le quotidien public, au four et au moulin

Par Ladji M. DIABY Envoyé spécial Korhogo, 15 janv (AMAP) La Coupe d’Afrique des nations (CAN) a débuté samedi dernier avec la victoire de la Côte d’Ivoire sur la Guinée-Bissau (2-0). Le quotidien national ivoirien de langue française, Fraternité Matin, est au four au moulin. Le quotidien, couramment appelé Frat Mat par les Ivoiriens, se mobilise avec une équipe composée d’un journaliste, un photographe et un chauffeur sur chaque site de compétition. Il y a deux équipes qui s’occupent de deux stades à Abidjan, c’est -à-dire, le Stade Olympique Alassane Ouattara et le stade Félix Houphouët-Boigny. Une équipe composé d’un journaliste, d’un photographe et un chauffeur est à Korhogo, à Yamoussoukro, à Bouaké, à San-Pedro. Dans chaque ville, les équipes seront appuyées par les correspondants. Le Service sport de «Frat Mat» est composé en temps normal de trois journalistes mais pour cette deuxième CAN organisée par la Côte d’Ivoire, après 1984, les journalistes ont été coptés dans chaque service. « Les derniers matches du jour vont se jouer tard. La rédaction est mobilisée parce que le bouclage s’effectuera aussi en retard», explique Céleste Kolia, journaliste sportif à Fraternité Matin. D’ordinaire, dans Frat Mat l’actualité sportive occupe une ou deux pages voire trois si elle est abondante. «Mais pour cette CAN, nous auront entre 6 à 8 pays. Nous avons tout cas demandé 8 pays», ajoute notre confrère. Depuis plusieurs semaines, Frat Mat, publie une rubrique dénommée « en route vers la CAN» qui s’est transformé depuis samedi «journal de la CAN». « Nous avons fait 6 pages de sport dans le journal de samedi, ce sera ainsi pendant toute la CAN», explique le chef de Service de sport de Frat Mat, Paul Pagnigni. Pour cette deuxième CAN de la Côte d’Ivoire, 40 ans après la première, la population ivoirienne est mobilisée. «Il y a un travail qui a été fait pour mobiliser la population. On est au début, on observe. Ce que j’ai vu lors de la cérémonie d’ouverture, c’est honorable », explique Paul Pagnigni. Quid des favoris ? «Ce sont les traditionnels favoris qui ont l’habitude de gagner. On parle du Cameroun, de l’Égypte, du Sénégal, qui commence à gagner, du Maroc qui est revenu fort de la Coupe du Mali, la Côte d’Ivoire qui accueille la compétition et qui n’a pas mal d’atouts. Dans mes pronostics, je vois beaucoup le Mali et le Burkina Faso qui peuvent créer la surprise. Deux pays qui jouent sans complexe», pronostique notre confrère. LMD/MD (AMAP)

CAN 2023 en Côte d’ivoire : La fête a commencé avec une belle entrée en lice du pays hôte

Par Ladji M. DIABY Envoyé spécial Korhogo, 13 janv (AMAP) La fête a commencé avant l’heure. Dans les villes et villages ivoiriennes, notamment Korhogo, dans le Nord de la Côte d’ivoire, la journée de samedi 13 janvier, date de l’ouverture de la 34è édition de la Coupe d’Afrique des nations a débuté avec la vente de gadgets aux couleurs de la Côte d’Ivoire, du Mali et des autres pays en lice pour le trophée le plus prestigieux du continent. Jean De Dieu, étudiant en master de biologie, spécialité agro-physiologie, s’est reconverti en vendeur d’articles pour la Coupe d’Afrique des Nations (CAN )dans le quartier de Logokaha, proche du stade Amadou Gon Coulibaly. «Nous mettrons des articles à la disposition de la population pour égailler et ambiancer la ville. Nous sommes dans un climat de CAN. Et qui parle de CAN évoque forcement tous ces accessoires pour embellir la soirée footballistique », explique le nouveau commerçant. A l’image d’autres vendeurs d’articles, il propose des trompettes à 2 000 Fcfa l’unité, le grand (3 000 Fcfa) et petit drapeau (deux unités à 500 Fcfa) des différents pays qualifiés, les chapeaux dont le prix varie entre 500 et 1 000 Fcfa et les bracelets à 250 Fcfa. « Aujourd’hui (samedi, ndlr), c’est le match d’ouverture, il se joue à Abidjan mais pour nous, tous les matches de la CAN vont se jouer sur toute l’étendue du territoire. Que nous soyons à Abidjan ou dans d’autres villes, nous vivons la CAN. Nous sommes dans cet état d’esprit pour apporter notre pierre à la réussite de cette compétition », ajoute le jeune trapu. A plus de 564 km d’Abidjan et le stade olympique Alassane Ouattara d’Ébimpé, la population de la cité du Poro a suivi le match d’ouverture entre la Côte d’Ivoire et la Guinée-Bissau (2-0) sur des écrans géants et dans les villages-CAN ou des fans-zone installés à travers la ville. Certains sont privés, c’est-à-dire payants, d’autres sont publics où l’entréet es gratuite, à comme au village-CAN offert par la mairie de Korhogo,en collaboration avec le Conseil régional du Poro. Dans le quartier de Tegueré, les portes du village-CAN ont ouvert depuis 14h. C’est la prestation d’artistes, l’ambiance, le show, les concours de danse, s’enchaînent jusqu’au match. Un tonnerre d’applaudissement a retenti quand le président Alassane Ouattara a fait son entrée au stade olympique qui porte son nom. Chaque paragraphe du président ivoirien a été applaudi, tout comme les interventions du président de la Fédération internationale de football association (FIFA), Gianni Infantino ,et le président de la Confédération africaine de football (CAF), Patrice Motsepe. La Côte d’Ivoire débute bien le match et le but matinal de Seko Fofan (4è min) a également été salué à sa juste valeur. Juste avant la pause, Jean-Philippe Krasso écroulé dans surface de réparation bissau-guinéenne, tout le monde se lève pour réclamer le penalty. «Il l’a touché, il l’a touché», scandent-ils. Les Ivoiriens s’imposent 2-0 grâce à un but de Jean-Philippe Krasso (58è min) au grand bonheur des supporters. « Je suis très contente que la Côte d’Ivoire remporte le match d’ouverture. Venir au village-CAN, c’est une manière de dire merci à notre président. C’est un endroit de festivité et de convivialité. Je pense que la Côte d’Ivoire va gagner la CAN», déclare Mariétou Karamoko. « C’est une des meilleures CAN et nous sommes fiers de la Côte d’Ivoire. Nous espérons que ça va continuer. Il y a plusieurs ethnies mélangées ici et nous sommes contents et fiers de l’accueil des Ivoiriens. L’équipe peut aller loin dans cette compétition. Il y a eu quelques problèmes, mais je pense que l’équipe va s’améliorer lors des prochains matches », renchérit Mohamed Diarrassouba. C’est la même joie exprimée par le maire adjoint Salif Coulibaly. «C’est vrai qu’on voulait que l’équipe marque plus de buts pour inquiéter les prochains adversaires, mais elle a mis deux buts et on se contente de cela. Il n’y a pas de petite victoire, nous sommes heureux de prendre les trois points. Notre maire Lacina Ouattara met la jeunesse en honneur dans tout son programme », dit M. Coulibaly. « La Côte d’Ivoire jouant à Abidjan, c’est une occasion de permettre à toute la population de Korhogo, particulièrement les jeunes, de pouvoir vivre en temps réel les matches que ce soient ceux de Côte d’Ivoire ou des autres pays », poursuit-il. Avant de dire merci au député maire Lacina Ouattara et également au président du Conseil régional du Poro, Fidèle Gboroton Sarassoro. Ce village-CAN est offert à la population de Korhogo pour permettre aux personnes qui n’auront pas accès au stade de suivre les matches. « Ce village-CAN est dédié à toute la population et tous ceux qui viendront des pays frères pour jouer la CAN de l’hospitalité. Le village-CAN va faire un mois, on va regarder tous les matches ici avec enthousiaste, ferveur et tous ce qui est beauté et vivre de bon moment de football », explique le responsable du site, Aka Remi. Dans cet espace, les vendeuses ont loué des stands pour permettre aux supporters et à tous les fans de football de pouvoir manger et se désaltérer, tout en suivant les matches et profitant de moment de football. La ville de Korhogo n’a pas dormi et la célébration de la victoire a été poursuivie jusqu’au petit matin. Quelques accidents ont été signalés dans certains quartiers. La Côte d’Ivoire affrontera le Nigeria lors sa prochaine sortie le 18 janvier alors que la Guinée-Bissau (17h) sera face à la Guinée équatoriale (14h). LMD/MD (AMAP)

CAN 2023 : Le Mali dévoile sa liste de 27 joueurs

Le sélectionneur national, Eric Sékou Chelle a dévoilé, mardi soir, dans le journal télévisé sur la chaine nationale, la liste des joueurs retenus pour la phase finale de la Couoe d’Afrique des nations (CAN,) prévue du 13 janvier au 11 février en Côte d’Ivoire. L’absence de Massadio Haïdara est la seule surprise de la liste. L’arrière gauche a été touché lors de la séance d’entraînement matinale. L’attaquant El Bilal Touré, opéré le 24 juin dernier, n’a pas obtenu le feu vert de son club, Atalanta Bergame (Italie) alors qu’Ibrahim Koné (Almeria, Espagne) est en pleine rééducation. Comme pressenti, le gardien Ibrahim Bosso Mounkoro est également absent de la liste. Ainsi, plusieurs joueurs, notamment le gardien Aboubacar Doumbia, les défenseurs Moussa Diarra, Amadou Danté, Sikou Niakaté, les milieux de terrain Boubacar Traoré, Kamory Doumbia, les attaquants Nene Dorgelès, Fousseni Diabaté, Youssoufou Niakaté, Siriné Doucouré vont disputer leur première CAN. La Liste : Gardiens (3) : Djigui Diarra (Young Africans, Tanzanie), Aboubacar Doumbia (AFE), Ismaël Diarra Diawara (AIK fotball, Suède). Défenseurs (7) : Hamari Traoré (Réal Sociedad, Espagne), Sikou Niakaté (S.C Braga, Portugal), Boubacar Kiki Kouyaté (Montpellier, France), Mamadou Fofana (Amiens, France), Falaye Sacko (Montpellier, France), Amadou Danté (Strum Graz, Autriche), Moussa Diarra (Toulouse, France). Milieux de terrain (9) :  Amadou Haïdara (RB Leipzig, Allemagne), Dadié Samassékou (Hoffenheim, Allemagne), Lassana Coulibaly (Salermitana, Italie), Yves Bissouma (Tottenham, Angleterre), Mohamed Camara (AS Monaco, France), Adama Traoré (Hull City, Angleterre), Boubacar Traoré (Wolverhampton, Angleterre), Kamory Doumbia (Brest, France), Aliou Dieng (Al Ahly, Égypte). Attaquants (8) : Néné Dorgelès (RB Sazbourg, Autriche), Fousseni Diabaté (Lausanne Sport, Suisse), Sékou Koïta (RB Salzbourg, Autriche), Ibrahim Sissoko (Saint Etienne, France), Youssoufou Niakaté (Bani Yas FC, Émirats arabes unis), Siriné Doucouré (Lorient, France), Lassine Sinayoko (Auxerre, France), Moussa Doumbia (Al Adalh, Arabie saoudite). BK/MD (AMAP)

Coupe du monde U17 de football : Le Mali dans la poule B

Bamako, 18 sept (AMAP) Le Mali a hérité du groupe B, plutôt abordable et affrontera l’Espagne, quatre fois finaliste (1991, 2003, 2007 et 2017), le Canada, finaliste en 2011 et  l’Ouzbékistan qui va jouer son troisième Mondial, après 2013 (éliminé en huitième de finale) et 2011 quart de finaliste. Selon le tirage au sort de la phase de poules de la Coupe du monde U17 a été effectué vendredi dernier à Zurich (Suisse), au siège de la Fédération internationale de football (Fifa), les 24 nations ont été réparties entre six groupes. Les Aiglonnets (surnom de la sélection nationale malienne U17), finaliste en 2015 (battus par le Nigéria 2-0, en Chili) auront leur mot à dire dans ce groupe. Le Mali débute sa campagne le 10 novembre contre l’Ouzbékistan avant d’affronter la favorite de la poule, l’Espagne, le 13 novembre, et de terminer la phase de poule le 16 novembre contre le Canada. Pour les autres sélections africaines, le Sénégal, champion d’Afrique, est dans le groupe D avec l’Argentine, le Japon et la Pologne. Le Maroc, vice-champion, est tombé dans la poule A avec l’Indonésie, pays hôte de la compétition, l’Equateur et le Panama, tandis que le Burkina Faso est en compagnie de la France, la Corée du Sud et les Etats-Unis dans la poule E. Les deux premiers de chaque groupe, ainsi que les quatre meilleurs troisièmes, accéderont aux huitièmes de finale. La compétition aura lieu du 10 novembre au 2 décembre 2023 en Indonésie.  Les matches se disputeront dans quatre villes : Surabaya, Surakarta, Jakarta et Bandung. BK/MD (AMAP)

Sur Salif Kéita, ils ont dit …

Moussa Balla Diakité : ancien ministre de la Jeunesse et des Sports : «J’ai connu le défunt Salif en tant que dirigeant sportif, je me rappel d’un homme très humble, très posé et qui aimait profondément le football en un mot son pays le Mali. Nous avons travaillé un peu ensembles C’est une grande perte pour la nation, c’était un homme bien. Nous prions pour le repos éternel de son âme» Mokè Diarra, ancien joueur du Djoliba : «Salif Keïta savait jouer au ballon, il était le meilleur joueur d’Afrique et on ne peut pas avoir un autre Salif Keïta en Afrique. Salif ne savait pas aussi se mettre à l’écart dans un match et laisser les autres jouer. Quand nous étions à Yaoundé 1972, si Salif touchait le ballon, c’était tout le stade qui levait pour applaudir. Il aimait le Mali mais le Mali n’a pas reconnu ses efforts. Salif était très simple, très ordinaire partout où il va jusqu’à sa mort il resté humble. Je présente mes sincères excuses à sa famille». Gaoussou Drabo, ancien ministre de la Communication : «Sans modestie, le défunt Salif était l’un des plus grands joueurs africains. Entre 1965, la finale des Jeux Africains et la finale de 1972 Salif était présent et 1966 lorsque le Réal de Bamako a pris un parcours incroyable en club champion, les joueurs réalistes avaient inscrit 25 buts en 8 rencontres et sur les 25 buts vous avez 14 buts pour Salif Keïta. Cela montre l’étendu de son rôle en équipe nationale mais aussi en club. Lorsqu’il est devenu Ballon d’Or en 1970, il n’ y’avait pas une très grande attraction pour les joueurs africains. Pour qu’un journal accepte de créer un Ballon d’Or ça veut dire dans le rang du football professionnel européen il y a quelqu’un qui surpasse largement la moyenne et il mérite qu’on le distingue très particulière. Donc le défunt a été l’un des plus grand joueur Africains qu’on n’est connus et qu’il a certainement ouvert la voix aux autres des moins talentueux qui sont venus après lui. C’était un homme qui facture la défense, sur les entraîneurs il imaginait toute sorte de tactique mais toutes ces tactiques sont impuissants lorsque vous avez en face de vous quelqu’un qui passe avec le bal au pied et qui le prépare la Persée individuel et l’exploit individuel Salif était comme ça. Avant sa mort, Salif a beaucoup souffert, les supporters ne lui ont jamais complétement pardonné, parce qu’il n’a pas remporté un trophée pour le Mali alors que c’est un joueur d’exception. De son vivant ça été une peine pour lui qu’il a porté. Mais il faut reconnu aussi qu’il a crée un Centre de football qui porte son nom «Centre Salif Keïta», il s’est investi dans l’édification à la construction d’un hôtel ce qui n’est pas trop habituel pour les footballeurs au moins le défunt a voulu faire une chose remarquable après football» Boukary Ouédrago, ancien international Burkinabé : «Salif Keïta était le monstre du football, il a apporté tout ce qui peut excité dans la technique footballistique au public. C’est pourquoi j’ai tenu à faire le déplacement pour le dernier jour de mon frère car nous avons partagés beaucoup de choses ensembles. Je présente mes sincères excuses au peuple malien durement attristé par ce décès, sa famille mais aussi ses anciens compagnons que nous sommes» Chérif Souleymane, ancien international guinéen, 3è Ballon d’Or Africain : «Je retiens énormément de Salif je ne peux pas dire tout ici, il était notre frère, un ami pas dans la bouche mais nous étions très complice. Nous étions soudé l’un vers l’autre on s’aimait, on s’orientait et s’appelait et nous étions ensembles dans tous les rassemblements. Malgré cela il y a des fois où nous étions rivaux sur le terrain aux équipes nationales. Salif était engagé sur le terrain, sa persévérance, mais surtout sa technique ce qui faisait la différence avec les autres. Salif était un joueur universel de l’Afrique, il a été un exemple pour tous les Africains. Je prie pour le repos éternel de son âme» Propos recueillis par Ladji M. DIABY

Salif Keïta dit «Domingo» : Le Mali rend un dernier hommage à une légende du football mondial 

  Par Seïbou S. KAMISSOKO Bamako, 07 sept (AMAP) Salif Keïta dit Domingo ou La Panthère noire repose désormais au cimetière d’Hamdallaye en Commune IV du a Bamako, la capitale malienne où l’ancien international, sans doute un des meilleurs footballeurs de tous les temps du Mali et d’Afrique a été accompagné à sa dernière demeure par une foule de parents, d’amis, d’anciens coéquipiers du Réal de Bamako et de l’équipe nationale et de dirigeants sportifs, toutes disciplines confondues. Avant d’être porté en terre, le premier Ballon d’or africain a eu droit à un hommage digne de son statut qui s’est déroulé à la Place du Cinquantenaire. La cérémonie était présidée par le Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga, en présence de plusieurs membres du gouvernement, dont le ministre de la Jeunesse et des Sports, chargé de l’Instruction civique et de la Construction citoyenne, Abdoul Kassim Ibrahim Fomba et de deux délégations venues du Burkina Faso et de la Guinée. Le troisième Ballon d’or africain, Chérif Souleymane faisait partie de la délégation guinéenne. Une tribune centrale et une dizaine de petites tentes éparpillées ont été installés à la Place du Cinquantenaire et plusieurs milliers de personnes ont bravé la chaleur (30°c à l’ombre) pour venir rendre un dernier à Domingo, décédé le samedi 2 septembre à l’âge de 77 ans, des suites d’une longue maladie. Des portraits géants de la légende du football malien étaient affichés sur le lieu et la cérémonie a commencé avec l’allocution très émouvante des filles de l’illustre disparu, notamment l’aînée Raky Keïta. «Un soir d’hiver à Boston, papa est arrivé à la maison, fatigué bien trop fatigué. Maman a regardé papa inquiète. Elle a demandé à son mari : Qu’est ce qui ne va pas Général ? Papa s’est confié à maman. Il a dit à maman que le football devenait trop comme un métier et le ballon perdait de sa magie. Quand je dispute mes matches aujourd’hui Fanta loin de la maison, c’est comme si j’étais presque une machine qui fait la même chose tout le temps. C’est avec vous, toi et les filles que je redeviens Salif. Je veux passer plus de temps avec vous car nos filles grandissent et je les vois trop rarement. Papa et maman se sont assis pour planifier leur avenir ce jour car ils étaient des complices, des amis et surtout des partenaires. Des partenaires qui se battaient tous les jours loin de leur pays, leur famille et leurs cercles d’amis, pour donner un avenir à leurs deux filles. Papa et maman ont décidé de poursuivre des études pour rentrer armés au Mali», a raconté Raky Keïta. Elle poursuivra : «Et après avoir raccroché les crampons pour entamer un nouveau métier, Papa est devenu notre papa à plein temps et on a découvert que papa n’était pas juste un footballeur exceptionnel. Il avait le don de rendre un simple évènement magique». Et de continuer : «Tous les jours notre famille se réveillait tôt car on avait du trajet à faire. Et une fois au volant de sa voiture papa sortait sa cassette magique. Je vais vous faire découvrir la plus belle voix au monde les filles : Salif Keïta (le musicien, ndlr). Et quand Salif Keïta se mettait à chanter papa secouait la tête le sourire aux lèvres pour dire : Mon homonyme Salif Keïta fait les louanges du plus grand Roi au monde : Soundiata Keïta. Qui est l’origine du plus grand Royaume au monde, qui engendra le Roi le plus puissant et riche de tous les temps, Mansa Moussa. Et vous Raky et Séré Keïta vous êtes des princesses de Naréna. Et Séré rigolait et était fière d’être une Princesse. Soudainement papa se mettait à rire, son rire légendaire pour dire, votre nom Keïta est puissant. Beaucoup de Keïta ont fait de grandes choses». Après ce récit émouvant de la fille aînée de Salif Keïta, ce fut au tour de Mamadou Dipa Fané, ami, frère et compagnon de l’illustre disparu de prononcer l’oraison funèbre dans laquelle il insistera sur le parcours sportif exceptionnel de l’homme, son humanisme et son amour pour le pays. «Il n’y a pas si longtemps, au détour d’une conversation libre, Salif Kéita confiait à un ami : «À notre âge, on ne peut plus avoir peur de la mort. Il est temps, sans regret, de mettre les voiles, de prendre le vaisseau sans retour pour l’au-delà». La gorge nouée, Mamadou Dipa Fané renchérira : «il est donc réconfortant, voire gratifiant, de savoir que notre bien-aimé s’était préparé pour affronter, avec philosophie, l’issue inexorable d’existence sur terre. Une belle et poignante leçon de vie que nous lègue l’immortel. Tout au long de sa vie, si bien remplie, Salif nous gratifiera d’autres leçons de vie inoubliables. Le talent de cet incomparable génie du football sera sans doute brillamment conté par d’autres voix autorisées. Je voudrais, pour ma part, me limiter à la dimension d’un homme que l’Histoire retiendra au-delà de toutes les contingences dérisoires, un homme d’une envergure exceptionnelle, avec ses qualités et bien sûr ses limites. Qui sommes-nous pour nous juger les uns les autres; qui sommes-nous pour juger un être d’exception que fut Salif ? ». Pour conclure, Mamadou Dipa Fané dira : «Il avait une grande soif de ses amis, les vrais, ceux dont la sincérité est indiscutable. Salif avait souvent été un incompris. À cause d’une pudeur qui lui collait à la peau, à cause d’une méfiance maladive qui l’a toujours tenaillé, Salif avait l’expression rare, rare certes, mais pas difficile. Quand il avait un projet en tête, il déployait un trésor d’énergie pour atteindre ses objectifs. Oui, bien sûr, nul n’est parfait. Salif, comme chacun de nous, pouvait avoir des limites, des limites inhérentes à la nature humaine. Des limites sur le plan de la vie sportive comme sur le plan de la vie de tous les jours. Il ne serait donc pas bienséant de procéder à un quelconque audit d’une vie aussi immensément riche et exemplaire. L’heure est plutôt au recueillement et contenir la

Que signifient les sobriquets «Domingo» et «la Panthère noire» ?

Bamako, 06 sept (AMAP) D’où viennent les deux sobriquets de Salif Keïta, à savoir «Domingo» et «La Panthère». Selon Mad Diarra, l’un des doyens de la presse sportive du Mali, c’est un ami d’enfance de l’ancien international qui lui a donné le premier sobriquet, alors que le deuxième vient des supporters de Saint-Étienne, selon Ketch Arol, un écrivain camerounais. «C’était des gamins de Ouolofobougou de 13-14 ans à l’époque. Alors qu’il se baladait avec ses camarades devant le Soudan Ciné, il tombe sur une affiche de cinéma où figure le nom Domingo. L’un de ses amis le surnomme alors Domingo et Salif Keïta accepte», raconte Mad Diarra. À l’époque, le premier Ballon d’or et ses amis d’enfance jouaient sur le petit espace, en face de l’ex-Soudan Ciné qui est devenu aujourd’hui un jardin public. «Dans le quartier (Ndlr, Ouolofobougou) tous les gamins de son âge l’appelaient Domingo, plus tard quand le succès viendra, il ne voulait plus de ce surnom», révèle le doyen. Doté d’une immense technique et d’une élégance dans le jeu, Salif Keïta semait la terreur dans les défenses adverses, marquant 140 buts en 185 matches. Selon Ketch Arol, c’est à son arrivée à Saint-Étienne que Salif s’est vu attribuer son deuxième sobriquet de La Panthère noire. Ce surnom, qui est l’emblème de Saint-Étienne (la panthère), traduit simplement l’efficacité de l’ancien international devant les buts et son élégance dans le jeu. BK/MD (AMAP)

Dernier hommage du Mali, ce mercredi, à Salif Keïta, la Panthère noire

Bamako, 06 sept (AMAP) Les funérailles de Salif Keïta dit Domingo auront lieu cet après-midi à 15h à la Place du Cinquantenaire, a annonce un communique officiel signé du secrétaire général du ministère en charge de la Jeunesse et des Sports, Amadou Diarra Yalcouyé. Le premier Ballon d’or africain (1970) a été arraché à l’affection du monde du football mondial, le samedi 2 septembre à l’âge de 77 ans, des suites d’une longue maladie. Dans un premier temps, on avait annoncé que les funérailles de La Panthère noire (Ndlr, surnom de Salif Keïta) seront organisées sur le terrain de la Commune III, mais lundi dernier, on apprenait, via un autre communiqué, que la cérémonie a été délocalisée au Complexe sportif Kadialy Diawara de Djicoroni-Para, le terrain d’entraînement du Réal de Bamako. Dans ce deuxième communiqué, il est écrit que la Fédération malienne de football (FEMAFOOT) a décidé de prendre en charge les funérailles du vice-champion d’Afrique (1972) et vainqueur à trois reprises du championnat de France avec Saint-Étienne (1968, 1969, 1970). Le même lundi, ce troisième communiqué émanant du ministère en charge de la Jeunesse et des Sports,  est tombé en début de soirée. «Le ministre de la Jeunesse et des Sports, chargé de l’Instruction civique et de la Construction citoyenne informe l’opinion nationale que les obsèques de Salif Keïta dit Domingo, décédé le samedi 2 septembre 2023 auront lieu le mercredi 6 septembre à partir de 15h à la Place du Cinquantenaire, près de l’ENSUP « , annonce le texte. Le ministre invite le mouvement  sportif national et le public malien à venir rendre un dernier hommage mérité à la légende du football malien, africain et international». Symbole fort de la souveraineté du Mali, la Place du Cinquantenaire sera donc le lieu où le plus grand footballeur malien et africain de tous les temps, recevra le dernier hommage de la nation. Jusqu’à hier, il n’y avait aucune information sur le déroulé de la cérémonie, mais il est sûr que la Place du Cinquantenaire sera bondée de monde cet après-midi et l’émotion, très grande au sein de la foule. Selon nos informations, c’est Cheick Oumar Diarra, ex-sociétaire du Djoliba, qui sera chargé de lire l’éloge funèbre au nom des anciens coéquipiers de Salif Keïta au Réal et en équipe nationale. Comme l’Espagnol d’origine argentine, Alfredo Di Stefano, le Hongrois Ferenc Puskäs ou encore le Portugais d’origine mozambicaine, Eusébio avant lui, Domingo a obtenu en 1996 l’Ordre du Mérite, la plus haute distinction de la Fédération internationale de football association (FIFA)_. La Place du Cinquantenaire a été réalisée en 2010 par l’ancien président malien,  feu Amadou Toumani Touré «ATT», l’occasion du 50è anniversaire de l’accession du Mali à la souveraineté nationale et internationale. Le lieu a déjà abrité plusieurs grands événements, dont le Festival Bama-Art, le Festival culturel Ogobagna. Après la cérémonie d’hommage, Salif Keïta «Domingo» sera conduit à sa dernière demeure au cimetière d’Hamdallaye où repose son épouse Fanta Diallo, décédée en 2005. SBT/MD (AMAP)

L’artiste nous a quittés

Par Mamadou DIARRA Bamako, 06 sept (AMAP) Le souvenir de Salif Kéita «Domingo», jeune et virevoltant joueur-vedette des historiques matches inter-quartiers de Bamako des années 1960, reste gravé dans la mémoire de ses contemporains. Depuis, le meilleur footballeur malien de tous les temps n’a pu fédérer sur son nom les suffrages des Maliens. Beaucoup lui préfèrent la constance d’Ousmane Traoré ou de Sadia Cissé. Soliste incomparable, Salif Kéita «Domingo» ne fut pas toujours un coéquipier à la même hauteur. Joueur-charnière entre deux générations également douées, Salif Kéita est de toutes les belles épopées de notre football post indépendance. Il a aussi partagé ses plus cuisants échecs. Au départ, ce furent les anciens qui assument pour lui le poids moral de la défaite. Plus jeune international de l’histoire du football malien, il joue en équipe nationale à l’âge de 15 ans et 11 mois (il est né le 12 décembre 1946) lors des Jeux des Forces montantes (GANEFO 1963) en Indonésie. La renommée internationale commence quand il renforce le Stade malien dans la première édition de la Coupe d’Afrique des clubs champions (actuelle Ligue des champions d’Afrique). Cette première finale africaine est perdue par le jeune attaquant. Les Blancs cédèrent (1-2) contre l’Oryx de Douala en 1965 à Accra au Ghana. La seconde désillusion survient face au Congo Brazzaville (pays organisateur) au nombre de corners en prolongation en finale des premiers Jeux africains. Le jeune joueur fut cependant exempt de reproche. Ce ne fut plus le cas l’année suivante, en finale de la Coupe d’Afrique des clubs champions, perdue par le Réal de Bamako face au Stade d’Abidjan. Vainqueurs à l’aller (3-1), les Noirs et blancs cédèrent au retour (2-4) sur les berges de la lagune Ebrié. Salif avait marqué lors de tous les sept matches joués (14 buts), avant ce match retour à Abidjan. La fureur du public malien se déchaîne contre le prodige. Il fut accusé d’avoir été trop peu combatif et d’avoir raté un but facile. Cette rencontre fatidique fit oublier que Salif avait souvent sauvé la mise à son équipe et qu’il terminait meilleur buteur de la compétition avec 14 buts inscrits en 8 matches. Objet du désamour quasi général des supporters, l’attaquant trouve son salut dans l’exil. Il atterrit dans un premier temps à Saint Étienne. Il y décroche un Soulier d’argent européen (40 buts derrière Josip Skoblar 44) et un Ballon d’or africain, le premier mis en jeu. Mais il ne peut pour autant se réconcilier avec le public malien. La faute à la Coupe d’Afrique des nations de 1972 à Yaoundé. Attendu comme le messie, il délivre une prestation en demi-teinte et, blessé, termine sur la touche. La malchance aidant, Salif a sans doute laissé passer l’ultime occasion de démontrer qu’il pouvait être le joueur providentiel attendu par le public, un joueur capable de ramener un trophée continental au pays. Il quitte Saint Étienne en dénonçant le contrat qui faisait des joueurs de simples produits à la disposition des présidents de club. Arrivé à Marseille, il refuse de prendre la double nationalité qui aurait permis au club de l’aligner en même temps que le Yougoslave Josip Skoblar et le Suédois Magnusson mis sur la touche à son arrivée dans la cité phocéenne. La polémique qu’il suscite n’empêche pas Alfredo Di Stefano d’aller le chercher pour le compte de Valence (1974). À l’arrivée de Kempès en 1977, il passe au Sporting de Lisbonne puis au Boston Teamen. Sa carrière prend fin au sein de ce club. Une carrière qui ne lui a pas fait atteindre les sommets que pouvait lui offrir son talent. Reconverti dans l’hôtellerie, Salif Kéita va créer un centre sportif pour se relancer dans le football. Il met ensuite en place son club, le Centre Salif Kéita. Décoré par la CAF et la FIFA, le prodige du ballon devient ministre durant la Transition en 1991, et président de la Fédération malienne de football de 2005 à 2009. Depuis le 27 septembre 2009, «Domingo» est le premier joueur africain à donner son nom à un stade de football en France. C’est cet immense joueur qui nous a quittés le samedi dernier. La Nation malienne lui rendra un hommage mérité aujourd’hui à la Place du Cinquantenaire. Dors en paix, Salif. PS (Spécial Cinquantenaire de L’Essor) MD/MD (AMAP)

La dernière interview de Domingo à L’Essor

Par Boubacar THIERO Cette interview a été réalisée en octobre 2021 dans la rubrique «Un jour, un événement» consacré à la demi-finale aller de la Coupe d’Afrique des clubs champions en 1966 contre Oryx de Douala, sèchement battu 4-2 à Yaoundé. Bamako, 04 sept (AMAP) Il y a 55 ans, le Réal a réalisé une prestation XXL en demi-finale aller de la Coupe d’Afrique des clubs champions contre Oryx de Douala, sèchement battu 4-2 à Yaoundé. Auteur d’un quadruplé, Salif Keïta «Domingo» a été le grand artisan de la victoire des Scorpions. Âgé aujourd’hui de 74 ans, le premier Ballon d’or africain (1970) se souvient encore de cette demi-finale historique. «Notre voyage à Yaoundé a été long et fatigant. L’avion qui nous transportait nous a beaucoup secoués, on a eu peur puisqu’il y avait beaucoup de nuages. On était donc très soulagés à notre arrivée à Yaoundé », raconte Domingo. « A notre descente d’avion, nous avons été bien accueillis à l’aéroport et transportés à l’hôtel». «Le jour du match, se souvient l’ancien international, on était décontractés, il y avait l’enjeu mais, on n’avait pas peur puisqu’on avait le match retour à Bamako. Il fallait faire un bon résultat à Yaoundé pour être serein au retour. On a bien commencé la rencontre et Dieu faisant bien les choses, on a gagné à l’aller par 4-2 et c’est moi qui ai marqué les 4 buts. Après cette victoire en déplacement, on s’est bien préparés pour le match retour qui devait se jouer à Bamako». «Deux semaines plus tard, les Camerounais sont arrivés à Bamako pour le match retour. Nous avions une bonne équipe et étions confiants. Sans surprise, nous nous sommes qualifiés pour la finale, en gagnant 3-2 à Bamako. Sur l’ensemble des deux matches, le Réal a marqué 7 buts», souligne Salif Keïta. Pour le premier Ballon d’or africain, la force principale du Réal était la ligne d’attaque avec les joueurs comme Idrissa Touré ‘’Nani’’, Ousmane Traoré, Idrissa Kanté et, bien entendu Domingo lui-même. «Avec ces joueurs talentueux, on a réalisé un parcours sans faute jusqu’en finale», se souvient Salif Keïta. Au premier tour, les Scorpions ont écrasé les Invincibles de Monrovia, battus 6-0 à Bamako et 3-2 à Monrovia. Salif Keïta a marqué 4 buts sur l’ensemble des deux matches (2 à l’aller et 2 au retour). En quarts de finale, les Réalistes éliminent l’équipe guinéenne de Conakry I (2-1 à Bamako et 2-3 à Conakry). Là encore, Domingo s’illustre en inscrivant 3 buts. Puis vint la demi-finale contre Oryx de Douala (2-4 à Yaoundé et 3-2 à Bamako, dont 6 réalisations de Salif Keïta). Malheureusement, le rêve du Réal de soulever le trophée continental sera brisé en finale par le Stade d’Abidjan. Pourtant, au match aller, le Réal s’est largement imposé 3-1 à Bamako, grâce notamment à un doublé de l’inévitable Salif Keïta. Mais au match retour à Abidjan, les Ivoiriens renversent la situation en gagnant 4-1 après prolongations. «Au match aller, on a fait un très bon travail mais au retour on a bêtement perdu 4-1 contre le Stade d’Abidjan», regrette encore Salif Keïta qui se consolera avec le titre de meilleur buteur de la compétition (14 réalisations sur les 25 buts marqués par le Réal). BT (AMAP)