Sunkalo Solidarité 2025 : les ministres Sadio Camara et Mahamadou Kassogué ont observé la rupture collective avec les populations de Kati.
Kati, 22 mar (AMAP) Le ministre de la Défense et des anciens Combattants, le général de corps d’armée, Sadio Camara, et son collègue de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, Mahamadou Kassogué, ont participé, vendredi, à la rupture collective du jeûne avec les populations de Kati. Cet événement dans le cadre des activités de la 2ème édition de l’opération « Sunkalo Solidarité » 2025, initiée par les plus hautes autorités de la transition, s’est déroulé sur le terrain de Malibougou, dans une atmosphère conviviale et de fraternité, en présence des autorités administratives, politiques, militaires et coutumières de la ville garnison. Les populations de Kati, à travers le coordinateur des 13 quartiers de la ville, Tiécoura Koné ont adressé des remerciements aux autorités nationales « pour tous les efforts consentis au profit des populations de Kati depuis le début de la Transition. » M. Koné a, aussi, salué les autorités pour avoir initié cette opération « Sunkalo Solidarité » dans ce mois béni de Ramadan qui se tient à un moment difficile pour les citoyens. Plusieurs témoignages forts de fidèles présents à cette cérémonie de rupture ont suivi l’intervention des notabilités et des autorités administratives, à travers le 1er adjoint au préfet de Kati, Mr Issa Pléa. Au nom des autorités du pays, les deux ministres ont dit merci aux populations de Kati, en particulier, celles du Mali, en général pour leur « résilience et « leur) soutien aux autorités de la Transition. » A travers cette initiative, le gouvernement, conformément aux instructions du président de la Transition, le général d’Armée, Assimi Goita, veut exprimer sa solidarité et son soutien aux populations maliennes. AK/MD (AMAP)
Goundam : Elan de solidarité à l’endroit des 702 ménages du village de Fatakara
Goundam, 21 mars (AMAP) Chassées de leur terroir par des hommes armés non identifiés, les 5 000 âmes du village de Fatakara, pres de Goudam, dans le Nord du Mali, ont regagné la ville, après plusieurs heures de marche, nuitamment pour la plupart, abandonnant tous leurs biens derrière elles.. Cette situation a été pénible et difficile pour bon nombre de ces déplacés. Quatre cas d’accouchements ont été enregistrés au cours de la grande marche et ont été aussitôt pris en charge par les services sanitaires aussi bien que des enfants traumatisés. Après l’hébergement des ménages par les autorités, de bonnes volontés leur ont aussitôt apporté des vivres et des médicaments, à travers les services sociaux de base. Puis, un jeune opérateur économique de Goundam, Elhadj Haidara, a offert 20 tonnes de riz et des bidons d’huile aux ménages déplacés. Des ONG présentes dans la région ont, également, procédé à des distributions de kits de vivres et du cash. C’est dans le même élan que le village de Alphaou Taraba, voisin de Fatakara, a dépêché des représentants pour remettre aux déplacés 200 000 Fcfa. Les chefs de quartiers de Goundam ont, aussi, apporté leur contribution en remettant une enveloppe de 110 000 Fcfa. Toutes ces remises de dons et de contributions ont fait l’objet de cérémonies regroupant les maires de Goundam et de Fatakara, le sous-préfet Zakaria Magassouba, les chefs services du développement social et celui de la Femme, de l’Enfant et de la Famille et bien d’autres responsables. AT/KM (AMAP)
Kangaba: Aide aux survivantes des VBG par la Direction régionale de la protection de la femme, de l’enfant et de la famille
Kangaba, 20 mar (AMAP) Une mission de la Direction régionale de la promotion de la femme, de l’enfant et de la famille de Koulikoro (DRPFEF) s’est rendue à Kangaba, ce jeudi, pour le suivi des activités du service local de et la remise d’articles de commerce aux survivantes de Violence basées sur le genre (VBG). Cinq parmi ces survivantes ont reçu de la part de la DRPFEF de Koulikoro, en partenariat avec le Fonds d’appui à l’autonomisation de la femme et l’épanouissement de l’enfant (FAFA), des articles de commerce et une enveloppe symbolique comme appui aux Activités génératrices de revenue (AGR). Conduite par le Chargé de programme à l’Unité suivi évaluation, Boun Afane Diarrassouba, cette mission se situe dans le cadre du Projet d’appui à la réinsertion socioéconomique des survivantes des VBG auprès de One Stop Center de Kangaba. La remise symbolique a eu lieu dans la cour de la préfecture et était présidée par le premier adjoint au préfet du Cercle de Kangaba, Drissa Konaré qui a remercié la DRPFEF et ses partenaires pour leur « soutien aux survivantes de Violence basées sur le genre en leur permettant d’oublier le passé et de travailler pour leur bien-être et celui de leur famille. » SD/ST/MD (AMAP)
Incendie au centre commercial de Mopti
Mopti, 20 mar (AMAP) Une dizaine de kiosques de vente d’objets divers est partie en fumée dans un incendie, mercredi, au centre commercial de Mopti (Centre), aux environ de 21 heures. Aucune perte en vie n’a été enregistrée. Cependant, le sinistre a fait beaucoup de dégâts matériels avec huit kiosques de marchandises calcinés et des motos tricycles mis hors d’usage. Le feu a consumé la partie du centre commercial contigu à la station Pagou I, non loin de la Compagnie malienne de textile (COMATEX) au bord du fleuve Bani. Selon les témoins sur place l’incendie aurait été causé par des usagers qui faisaient leur cuisine non loin d’un camion-citerne dans la station. » Avec la grande chaleur actuellement à Mopti, la moindre étincelle au contact d’un gaz inflammable peut être fatale tel a été le cas », a indiqué Ousmane Diallo un commerçant sur place. Selon lui, la perte occasionnée par cette tragédie « est énorme car en ces temps difficiles, c’est la Compagnie Malienne de Textile vie de beaucoup de chef de famille qui vient de basculer et pour longtemps. » DC/MD (AMAP)
Ramadan : L’État offre 20 tonnes de riz aux nécessiteux à Koulikoro
Koulikoro, 20 mars (AMAP) La Direction régionale du développement social a procédé, mardi, à la Maison du Peuple, à la distribution de 20 tonnes de riz aux couches vulnérables et aux confessions religieuses des localités de la Région, de Koulikoro, dans le cadre de Sounkalo (mois de ramadan) solidarité, a constaté l’AMAP. Ces vivres, qui seront répartis entre les bénéficiaires ressortissants des 8 cercles de la circonscription administrative de la Région de Koulikoro, ont été distribués officiellement en présence du gouverneur de Koulikoro, le colonel Lamine Kapory Sanogo, des préfet et responsables de service technique des localités bénéficiaires. Ces dons arrivent après l’équipement des centres de santé dans la Région en ambulance, ainsi que la réalisation des forages et le financement des activités génératrices de revenus, financés par le gouvernement, au profit des couches vulnérables. Le colonel Lamine Kapory Sanogo s’est réjoui de cette solidarité agissante du gouvernement en faveur de ses populations. Les bénéficiaires ont formulé des vœux de bonheur, de prospérité et de paix pour le Mali et les autorités de la Transition. AD/MD (AMAP)
Bourem : Don de cinq tonnes de riz à des populations
Bourem, 20 mar (AMAP) Cinq tonnes de riz ont été remis, ce jeudi, aux leaders religieux des mosquées de la ville, à 10 victimes d’obus et des personnes vulnérables par le préfet du Cercle de Bourem, Kassoum Sanogo, a constaté l’AMAP sur place. Il a, également, remis un montant de deux millions de Francs CFA, à repartir entre l’Association des personnes vivant avec un handicap et quarante associations féminines évoluant dans les petits commerces et les Activités génératrices de revenus (AGR). A la tête d’une forte délégation composée du sous-préfet de Taboye, le chef local du service du développement social et de l’économie solidaire, le chef du service local de la promotion de la femme et de l’enfant, le préfet s’est rendu au magasin central de l’Office des produits agricoles du Mali (OPAM) de l’antenne Gao, au quartier plateau. Ce don est l’œuvre de la ministre de l’Entrepreneuriat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Mme Oumou Sall Seck, lors de son dernier passage dans la Région à Gao. Selon, les organisateurs, l’objectif principal est d’atténuer les souffrances des populations résilientes de Bourem. Une foule nombreuse a assisté à la cérémonie au cours de laquelle les populations bénéficiaires ont salué l’acte. TT/ST/MD (AMAP)
Macina : Cadre de concertation entre l’administration et les légitimités traditionnelles
Macina, 20 mar (AMAP) Le préfet du Cercle de Macina, Albaraka Ag Amarizak Kounta, a rencontré, mercredi, les légitimités traditionnelles, dans le cadre de la 1ère réunion entre le représentant de l’administration et les autorités traditionnelles, autour des rôles de ces derniers en période de conflits d’insécurité et le développement locale, a constaté l’Amap Sur le plan développement local, le Cercle de Macina est confronté à des multiples défis qui entravent son développement. Ces défis, pour la plupart, dépassent les seules compétences du cercle, Ils s’articulent, entre autres, autour de la reprise des travaux de la route Macina-Diafarabé, la réparation de la route Macina Monimpébougou, la nécessité d’aide alimentaire, du risque de famine, du besoin de château d’eau dans certains villages. Y figurent également la réinstallation des villages déplacés, le besoin de matériel et équipement agricole et l’électrification du quartier Némabougou. Le préfet Albaraka Ag Amarizak Kounta a rappelé aux participants le rôle de prévention de conflit que chacun d’entre eux doit jouer pendant la période de crise. « Toutes les dispositions doivent être prises par vous pour identifier et dénoncer tout cas suspect dans vos différentes localités à temps réel », a-t-il instruit. Et de promettre que son soutien ne fera jamais défaut, tout en demandant aux légitimités traditionnelles « de prendre toutes leurs responsabilités pour la bonne marche et la quiétude dans les différents villages de la circonscription administrative de Macina. » Le préfet a, enfin, souhaité que les chefs de village communiquent entre eux. afin de ,rouver des solutions consensuelles pour tout éventuel cas de conflit ou mésentente sur fond de problème territorial. Ont pris part à cette rencontre, en plus des chefs de village du cercle et les dozos, les chefs de service technique, les représentants des Forces armées maliennes (FAMa), les organisations féminines et de la jeunesse ainsi que les leaders religieux. DG/OD/MD (AMAP)
Jarre d’eau de la mariée : Des vertus et des préceptes
Par Nahawa SANGARE Bamako, 20 mar (AMAP) Le trousseau de la nouvelle mariée comprend beaucoup d’éléments qui sont aussi importants les uns que les autres dans la consolidation du couple, selon les croyances populaires, la culture et les traditions. Et chaque élément constitutif de ce trousseau a un rôle particulier dans le raffermissement des liens conjugaux. La jarre d’eau généralement fabriquée en terre cuite fait partie de cette panoplie d’éléments de trousseau. Son transport, sa disposition et son entretien sont des détails que nulle femme au foyer ne doit négliger au risque de faire face à des conséquences désastreuses, selon toujours les croyances populaires. « La jarre d’eau doit être le premier élément du trousseau installé dans la véhicule qui conduit la nouvelle mariée et ses bagages chez son mar . Lorsqu’elle arrive à destination, ce récipient de terre cuite n’est pas installée par n’importe qui et n’importe comment », informe la conseillère conjugale Fatoumata Koïta. « La mission est confiée à une épouse modèle qui n’a jamais abandonné son foyer. Elle l’installe à droite dans la maison sur une tasse remplie de sable qui a été offerte par la grand-mère de la mariée. Cet acte protège et consolide le foyer de la nouvelle mariée», aoute Fatoumata Koïta. Elle explique que si l’action est exécutée par une épouse qui a l’habitude d’abandonner son foyer, la stabilité du nouveau couple en souffrira. Cette affirmation montre l’importance de ce récipient dans les ménages. « Il apporte, selon notre interlocutrice, la stabilité dans le foyer de la nouvelle mariée, car tous les membres de la famille boivent l’eau de la jarre, tout comme ils partagent le même bol de nourriture. Fatoumata Koïta ajoute que la jarre apporte beaucoup de bonheur à la nouvelle mariée lorsqu’elle est bien entretenue. « Toute femme qui lave et remplit quotidiennement sa jarre, serra aimée par son mari et sa belle-famille. Elle aura la paix du cœur », confie-t-elle « Les moments les plus propices pour remplir la jarre d’eau, qui s‘est vidée, sont le petit matin, avant le lever du soleil ou après le crépuscule, avant la nuit profonde », recommande la conseillère conjugale. La jarre détient des secrets qui peuvent consolider les liens familiaux. Selon toujours Fatoumata Koïta, lorsque deux femmes mariées, vivant sous le même toit, ne s’entendent pas, il suffit de puiser un peu d’eau dans la jarre de l’une et la verser dans celle de l’autre et vice-versa sans qu’elles s’en rendent compte. La conseillère conjugale affirme que ces deux femmes trouveront un terrain d’entente à jamais. Elle conseille aux jeunes mariées de boire souvent l’eau de la jarre et d’habituer leur époux à faire autant. » Cela, soutient-elle, les poussera à être plus tendres et doux avec leurs épouses. » Gare à la femme qui laisse sa jarre vide pendant la nuit. « Nous ne sommes pas les seules à consommer cette eau. Pendant la nuit, les anges, les défunts et autres êtres viennent y boire. S’ils la trouvent vide, ils seront déçus. Cette déception se répercutera sur l’épouse de la maison et sur son foyer », prévient Fatoumata Koïta. Elle ajoute que la femme ne doit jamais partir avec sa jarre, après une dispute ou encore moins la casser sinon le mariage sera brisé. À l’en croire, la même situation se produira si le mari casse la jarre de son épouse. Fatoumata Koïta signale que lorsque « la jarre se brise, sans avoir subi un choc au préalable, cela prédit souvent la fin du couple. » NS/MD (AMAP)
Maladies animales : Des conséquences multiples
Par Anne-Marie KEITA Bamako, 20 mar (AMAP) La contribution économique de l’élevage dans notre pays n’est plus à démontrer. Selon les données de l’Institut national de la statistique (INSAT), l’élevage constitue la principale source de subsistance pour plus de 30 % de la population malienne. Il contribue pour 15% au Produit intérieur brut (PIB), 24% à la production du secteur rural, environ 80% aux revenus des populations rurales et près de 20% aux recettes d’exportation. Ce sous-secteur fait face aujourd’hui, à des difficultés dues aux maladies animales, entrainant ainsi d’importantes répercutions sur la productivité, la santé animale, la santé et le bien-être de l’homme. En effet, les maladies animales génèrent des coûts directs pour le secteur de l’élevage qui se traduisent par la mort d’animaux, une productivité amoindrie et des frais occasionnés par la lutte contre ces maladies. Ces maladies concernent tous types d’animaux, à savoir le gros bétail et les petits ruminants, les volailles locales et exotiques ou importées, et l’élevage traditionnel et moderne. Ousmane Cissé est un jeune éleveur. Son troupeau compte plus de 200 têtes de bœufs. Dans l’année, il peut en perdre plus d’une vingtaine à cause des maladies. Parlant des conséquences sur la production, il explique que quel que soit le type de maladie, quand une vache est malade, sa production laitière diminue et, par ricochet, l’éleveur perd beaucoup en terme de revenus. À l’en croire, les éleveurs subissent de plein fouet les conséquences des maladies animales à cause du coût élevé du vaccin. Selon Cheickna Dianka, agroéconomiste de son état, ces maladies ont plusieurs causes, notamment l’insuffisance de la couverture vétérinaire des exploitations d’élevage, le coût relativement élevé des produits vétérinaires en matière de prévention et de traitement en cas de maladies localisées ou d’épidémies, l’insuffisance des connaissances en matière de bonnes pratiques d’élevage, l’inadaptation des infrastructures en matière d’habitat (étables, bergeries, poulaillers). «Les maladies animales ont des incidences négatives au sein des systèmes de production agro-sylvo-pastoraux au plan productif, économique, nutritionnel et de la sécurité sanitaire des aliments issus des différentes chaînes de valeurs», dit-t-il. Ajoutant qu’au plan productif, ces maladies contribuent à la diminution du cheptel disponible à cause des pertes plus ou moins élevées au niveau de toutes les espèces animales et notamment au niveau des volailles pour lesquelles les maladies se propagent à une vitesse très rapide. Aussi, explique-t-il, les maladies animales touchant les animaux reproducteurs ou servant à la multiplication, peuvent gravement perturber la multiplication et le renouvellement des effectifs. À ce propos, il estime que les chaînes d’approvisionnement peuvent être aussi fortement perturbées et les fortes mortalités peuvent occasionner la baisse de l’offre potentielle d’animaux sur les marchés. Sur le plan économique, Cheichna Dianka soutient que les maladies animales contribuent à la perte de revenus dans les exploitations d’élevage et affaiblissent la chaine de commercialisation des produits d’origines animales, tels que la viande, le lait et les œufs. «En plus de ces pertes de revenus, elles ralentissent et entravent les investissements et les réinvestissements dans les différentes filières et chaînes de valeurs», dit l’agronome. Et au Dr Modibo Ongoïba, vétérinaire à la direction nationale des services vétérinaires, de renchérir : «En cas de maladies, les animaux produisent moins et maigrissent et on ne trouve pas assez de viande, de lait, ni d’œuf. Si un animal tombe malade, il faut forcément payer des médicaments, trouver un vétérinaire pour les prestations et dépenser pour des mesures de bio sécurité pour se protéger. Tout cela génère des coûts, donc des pertes économiques chez les éleveurs», affirme le docteur vétérinaire. À ces pertes, s’ajoutent des difficultés de commercialisation aux plans national et international, car dans un pays où il y a la grippe aviaire par exemple, l’importation des produits avicoles est interdite. QUANTITÉ ET QUALITÉ – En outre, les maladies animales peuvent constituer des risques financiers lorsque les activités mobilisent des ressources financières importantes investies par les exploitants et à travers des ressources externes (dons, subventions, emprunts bancaires ou privés), indique l’agroéconomiste. Cheichna Dianka rappelle que la recrudescence des maladies est accentuée par l’absence d’un système de couverture des risques garantis offerts par une assurance agricole, indemnisations institutionnelles de l’État. Au plan nutritionnel, Chéichna Dianka souligne que les maladies animales, en affectant l’offre sur les marchés, entravent l’accès des consommateurs aux produits issus des filières et chaînes de valeur du sous-secteur de l’élevage en termes de quantité et de qualité. Il explique que la diminution de l’offre sur les marchés de consommation des produits frais et transformés est un facteur d’augmentation des coûts de production et des prix de vente au niveau de l’ensemble du circuit de collecte et d’approvisionnement. Toute chose qui provoque des phénomènes de spéculation. Pour lui, la diminution de l’offre peut constituer des difficultés pour atteindre les seuils de consommation recommandés ou observés dans d’autres pays. À titre d’exemple, au Maroc, la consommation de viande de volailles est estimée à 12 kg par habitant, moins de 5 kg en Côte d’Ivoire. Au Mali, ce seuil semble se situer entre 1,5 et 2 kg par habitant. Chéichna Dianka note que l’utilisation des produits vétérinaires pour la prévention ou le traitement des maladies de façon abusive ou non conforme aux normes d’emploi, peut constituer un risque de santé, notamment lorsque les dates limites avant consommation ne sont pas respectées. Parlant des impacts sur la santé publique, Dr Modibo Ongoïba précise que certaines maladies génétiques se transmettent de l’animal à l’homme comme la rage, la grippe aviaire, la tuberculose, le charbon bactéridie… On les appelle les zoonoses. Selon lui, les personnes les plus exposées à ces zoonoses sont les exploitants, les vétérinaires et autres individus travaillant dans le domaine de l’élevage. Aussi, le docteur vétérinaire attire l’attention sur le fait que la sécurité alimentaire peut être menacée par ces maladies animales qui peuvent entraîner des intoxications alimentaires. Lors du lancement de la campagne nationale de vaccination 2025 du cheptel à Konobougou en décembre dernier, le ministre de l’Élevage et de la Pêche, Youba Ba, affichait l’ambition de son département d’augmenter la
Vaccination du cheptel : C’est indispensable
Par Makan SISSOKO Bamako, 20 mar (AMAP) À Kalaban Coura, au cœur de la Commune V du District de Bamako, Cheick Oumar Sissoko est un éleveur discret mais déterminé. À son domicile, des lapins, poulets et pigeons s’épanouissent grâce à ses soins. Il achète des vaccins dans les pharmacies vétérinaires sans consulter de vétérinaire. Ce mardi 3 mars 2025, alors que le soleil commence à se coucher, Cheick Oumar Sissoko s’affaire dans sa cour. « J’achète des vaccins dans les points de vente, mais je n’ai jamais consulté un vétérinaire pour mes animaux. Cela me semble suffisant », confie-t-il. Pourtant, l’année dernière, Oumar a perdu une dizaine de ses sujets à cause d’une maladie virale dont il ignore jusqu’à présent les raisons. Éleveur et marchant de bétail, depuis plusieurs années, Adama Bah est tout simplement réticent à la vaccination de son cheptel. En effet, les animaux qu’il élève, ne sont pas vaccinés. « Depuis que je m’occupe du bétail, je m’intéresse pas aux produits vétérinaires car mes animaux sont en bonne santé », assure-t-il, fière.ment. Et il ose même mettre en doute l’efficacité des vaccins. « On nous dit que ça protège contre certaines maladies, mais on ne voit pas les résultats sur le terrain », explique-t-il. En décembre 2024, le gouvernement a lancé la campagne nationale de vaccination du cheptel, visant à vacciner et prémunir 81 millions d’animaux contre diverses maladies animales et zoonotiques. Cette initiative vise à renforcer la protection sanitaire du cheptel national et à contrôler des maladies telles que la peste des petits ruminants, la péripneumonie contagieuse bovine, la maladie de Newcastle, le charbon bactérien et symptomatique et surtout la rage. Malgré la disponibilité de vaccins subventionnés et l’encouragement des autorités à faire vacciner les animaux, de nombreux éleveurs, comme Oumar, continuent d’acheter des vaccins sans prescription vétérinaire. Le vaccin qu’il utilise, sans avis médical, pourrait être inefficace ; ou pire, s’il est mal administré, il pourrait causer la perte de son cheptel. Pourtant, l’État a mis à disposition des vétérinaires pour accompagner les éleveurs et garantir une couverture sanitaire optimale et sécurisée. MANDATAIRES SANITAIRES – En la matière, pour encadrer la vente et l’utilisation des médicaments vétérinaires, la loi n°028 du 14 juillet 2011 institue le contrôle des denrées alimentaires d’origine animale et des aliments pour animaux, stipulant que les agents des services vétérinaires sont habilités à accéder aux documents liés aux activités de production et à effectuer des prélèvements pour analyses. Cependant, la vente de médicaments vétérinaires sans ordonnance persiste, ce qui complique le contrôle de la qualité et de l’efficacité des vaccins utilisés. Pour améliorer la situation, l’Association nationale des vétérinaires mandataires du Mali (ANAVEM) mise sur la sensibilisation des éleveurs, sur l’importance de consulter les vétérinaires pour la vaccination et le traitement de leurs animaux. Son président, Mady Keïta, rappelle qu’avant le mandat sanitaire, c’est l’État qui vaccinait les animaux à travers les vétérinaires publics. « Depuis un certain moment, explique-t-il, l’État s’est désengagé pour confier la vaccination aux vétérinaires appelés mandataires sanitaires. » « Dans les localités où ces vétérinaires privés ne sont pas présents, l’État assure la vaccination des animaux pour combler le vide », ajoute M. Keïta, Aujourd’hui, ils sont au nombre de 159 vétérinaires titulaires du mandat sanitaire repartis sur l’ensemble du territoire qui, chaque année, mobilisent les éleveurs pour la vaccination du cheptel. « À ce titre, chaque titulaire du mandat sanitaire se fixe un objectif par rapport à l’effectif de son cheptel dans la localité qu’il couvre, en se donnant une prévision pour faire le bilan à la fin de la campagne », explique le président de l’ANAVEM qui apprécie, globalement, la vaccination à mi-parcours comme satisfaisante. Par ailleurs, Mady Keïta souligne la faible mobilité des agents dans certaines localités du pays comme dans les Régions de Mopti, Bandiagara (Centre) et une partie de Gao, Kidal, Tombouctou et le Cercle d’Ansongo, dans le Nord du Mali. Mais, aussi, dans la bande sahélienne comme Nara, Nioro, Troungoumbé où le déplacement du vétérinaire en moto devient difficile à cause de l’insécurité. Parlant de l’acquisition des vaccins, il précise qu’il existe un seul circuit d’approvisionnement à travers le Laboratoire central vétérinaire (LCV) qui fabrique des produits vétérinaires. Les vaccins de ce laboratoire sont subventionnés par l’État au prix fixe de 30 Fcfa pour les vétérinaires titulaires de mandats sanitaires. « Si les vaccins appelés morts sont disponibles chez les grossistes, seuls les titulaires de mandats sanitaires ou les vétérinaires étatiques ont accès aux vaccins vivants utilisés contre la peste des petits ruminants et la péripneumonie contagieuse bovine. Ils doivent être impérativement gardés dans la glace », argumente le président de l’ANAVEM. Il précise que la vaccination n’est pas gratuite et la prestation du vétérinaire est payée en fonction des localités. VACCINATION OBLIGATOIRE – Outre les difficultés liées à l’insécurité, Mady Keïta souligne la problématique de la vente illicite des vaccins vivants qui sont à la portée de tout le monde. « Ce qui, estime-t-il, rend le travail difficile. » « Quand un vaccin passe par la main d’un non professionnel, dans des conditions de conservation qui ne sont pas respectées, cela affecte l’efficacité du produit », regrette-t-il. Le vétérinaire appelle les éleveurs à aller vers les bons produits en approchant des spécialistes assermentés pour protéger la santé humaine et le cheptel. Le chef de la section surveillance épidémiologique à la Direction nationale des services vétérinaires (DNSV), Dr Boundiala Sissoko, explique que la campagne de vaccination est planifiée en fonction de la mobilité et de l’effectif du cheptel dans chaque zone. Par exemple, pendant que les animaux du Nord migrent vers le Sud à la recherche de pâturages et d’eau, la vaccination commence au Sud pour finir vers le Nord. Aujourd’hui, la vaccination contre la péripneumonie contagieuse bovine se chiffre à 776 000 têtes vaccinées contre 831 000 têtes pour la peste des petits ruminants (moutons et chèvres) et 1 909 410 de volailles vaccinées contre la maladie de Newcastle. Le vaccin contre la rage n’est pas subventionné ce qui fait que la vaccination à

