Opérations des Forces armées maliennes : plusieurs groupes terroristes neutralisés le 11 janvier (Communiqué)
Bamako, 12 janv (AMAP) L’état-major général des Armées a annoncé que les Forces armées maliennes (FAMa) ont neutralisé, dimanche, plusieurs terroristes dont elles ont détruit les moyens logistiques et saisi des armes et des munitions « Dans le cadre de la surveillance du territoire, des vecteurs aériens des FAMa ont conduit trois frappes ciblées contre des regroupements de groupes armés terroristes », indique un communiqué de l’état-major rendu public, lundi, et faisant le bilan des opérations menées le 11 janvier 2026 sur l’ensemble du territoire national, « Les frappes aériennes ont permis de neutraliser plusieurs éléments terroristes et de détruire d’importants moyens logistiques utilisés par ces groupes », ajoute la même source La première frappe a visé un groupe à l’ouest de Bebelin et au sud de la forêt de Kekoro, dans la Région de Dioïla, entraînant la neutralisation « d’une dizaine de terroristes et la destruction de plusieurs motos. » La deuxième frappe, menée au sud-est de Tinkeleni, toujours dans la Région de Dioïla, a permis la neutralisation de plusieurs terroristes et la destruction de dizaines de motos. La troisième frappe a concerné un véhicule transportant des explosifs appartenant à des groupes armés terroristes à l’est de Kidal, dans le Nord du pays. Par ailleurs, les FAMa ont déjoué une embuscade tendue par un groupe armé terroriste contre une mission à Léré, dans la région de Tombouctou (Nord), occasionnant la neutralisation de plusieurs assaillants et la saisie d’une importante quantité d’armes, de munitions et de moto, selon l’état-major général des Armées. OS/MD (AMAP)
Bafoulabé : Attaque d’hommes armés ce matin contre plusieurs unités industrielles

Bafoulabé, 11 janv (AMAP) – Ce dimanche 11 janvier 2026, vers 2 heures du matin, environ 160 terroristes lourdement armés, circulant sur une centaine de motos, ont attaqué simultanément plusieurs unités industrielles du cercle de Bafoulabé situées le long de la RN 22. Les assaillants, aperçus vers 7 heures à Selinkegny (une trentaine de kilomètres de Bafoulabé), se sont divisés en deux groupes : l’un s’est dirigé vers l’usine Stones (à une vingtaine de kilomètres de Bafoulabé), l’autre vers la zone de Kayes ciblant la CCIM (Carrière et Chaux du Mali) à Karaga et Diamond Cement à Gangonteri. Des dégâts matériels importants ont été constatés : des chargeurs et un car ont été incendiés. De Selinkegny (à 2 km de la CCIM, une dizaine de km de Stones et une vingtaine de km de Diamond Cement), d’importants panaches de fumée s’élevaient des usines. Trois personnes ont été enlevées à l’usine Diamond Cement. Aucun blessé ni mort n’est signalé pour le moment. Joint par téléphone, Ibrahima Diawara, PDG de l’entreprise concernée, a confirmé l’attaque sur son site. « Nous avons subit une attaque par des hommes armés. Je n’ai pas d’autres informations pour le moment », a-t-il déclaré. Il a ajouté : « En plus de mon usine, Diamond Cement, une autre société de ciment et une usine indienne sont également attaquées.» Cette nouvelle incursion intervient après celle du 1er juillet 2025 qui avait déjà visé les mêmes unités industrielles et entraîné l’enlèvement de personnalités. Des alertes avaient été lancées dès le 6 et le 10 janvier par les populations Diallanais et de Saourané. Le PDG de Stones avait ordonné l’évacuation urgente de ses travailleurs, tandis que la direction de Diamond Cement avait quitté les lieux dès le 9 janvier pour se réfugier à Kayes. Pour l’heure, les militaires ont suspendu la traversée du fleuve pour des raisons sécuritaires. BM/OS (AMAP)
CAN 2026 : la police malienne appelle au calme avant la rencontre Mali-Sénégal en quarts de finale

Bamako, 9 janv (AMAP) Le Directeur général de la police nationale a invité, vendredi, la population malienne « au calme, au civisme et au respect des biens publics et privés, quelle que soit l’issue » des quarts de finale Mali-Sénégal en Coupe d’Afrique des Nations (CAN), selon une source officielle Les autorités maliennes ont également annoncé « un important dispositif sécuritaire », indique un communiqué publié le même jour. « Un dispositif policier sera déployé pour le maintien de l’ordre et la fluidité de la circulation autour du match prévu le vendredi 09 janvier 2026 », précise le communiqué. Les autorités demandent que « la victoire comme la défaite soient vécues avec retenue et sérénité. » Le texte exprime la confiance des forces de l’ordre dans le sens des responsabilités des supporters et conclut par un message de soutien aux Aigles du Mali. OS/MD (AMAP)
Le bureau de l’AMAP honoré par la région pour ses services

Dioila, 9 janv (AMAP) – Le Bureau local de l’Agence Malienne de Presse et de Publicité (AMAP) à Dioila a été honoré, ce vendredi, d’une attestation de reconnaissance pour services rendus. Cette distinction a été remise à l’occasion de la présentation du trophée de la deuxième place régionale, attribuée à la localité. La Gouverneure de la région, Mme Mariam COULIBALY, a déclaré que cette attestation décernée au correspondant de l’AMAP récompense les « immenses efforts » fournis depuis l’érection de Dioila en région. Elle a précisé que cette distinction est également dédiée à l’ensemble des organes de presse de la région. L’exécutif régional a invité tous les médias à un strict respect de l’éthique et de la déontologie professionnelles. DF/OS (AMAP)
Mali : Suspension des salaires d’enseignants et agents scolaires à Kidal (Nord) pour abandon de poste

Bamako, 7 janv (AMAP) – Le gouverneur de la région de Kidal, dans le Nord du Mali, a décidé de suspendre les salaires de plusieurs agents de l’État et des collectivités territoriales dans le secteur de l’éducation, à compter du 1er janvier 2026, pour abandon de poste. annonce une source officielle. Selon une décision signée par le gouverneur, cette mesure, prise le 31 décembre 2025, concerne des enseignants et le personnel administratif répertoriés dans une liste annexée à la décision officielle. Cette suspension vise à sanctionner l’absence prolongée de ces agents, malgré des rappels répétés. Les directeurs régionaux du Budget, du Contrôle financier et le Trésorier payeur régional sont chargés de l’exécution de cette mesure, qui sera enregistrée et communiquée aux services concernés. La décision intervient après une série d’avertissements émis par les autorités régionales de Kidal pour inciter les agents scolaires à regagner leurs postes. OS/MD (AMAP)
San: Fin de formation de 800 jeunes soldats

San, 05 janv (AMAP) La deuxième vague de la promotion 2023 du 23e régiment militaire composée de 800 jeunes soldats est sortie de formation, lundi, au Centre d’instruction de San, dans le Centre du Mali, a constaté l’AMAP sur place La promotion compte 335 éléments de l’Armée de terre, 422 de la Garde nationale, 12 du Génie, 25 de la Gendarmerie nationale du Mali et 6 de la Direction du sport militaire. Le jeune Mohamed Fomba est le premier de cette promotion avec 17,54/20 de moyenne, il est suivi de Baba Dembélé qui a obtenu 17,20/20 de moyenne. Selon le Directeur du Centre d’instruction, le commandant Mamadou Modibo Coulibaly de l’Armée de terre, depuis l’arrivée de ces jeunes soldats, « ils ont appris à obéir, à marcher d’un pas commun, à manier les armes avec rigueur et à faire de l’effort une habitude. Ils ont surmonté des épreuves exigeantes, tant physiques que mentales. » « Aujourd’hui, ils sont devenus soldats, maîtrisant les savoir-faire technico-tactiques que requiert la vie militaire, à travers des disciplines telles que le combat, la topographie, le règlement du service dans l’armée, entre autres et sont désormais prêts à servir la nation malienne , a souligné le Directeur du Centre d’instruction. Les jeunes soldats ont prêté serment devant le drapeau national, avant d’effectuer des démonstrations de combat et un impressionnant défilé militaire. Après la remise des attestations, la cérémonie a pris fin par un cocktail privé offert aux invités par le responsable du Centre. Llévènement s’est déroulé en présence des autorités administratives et politiques, des autorités militaires et des légitimités traditionnelles de la région de San. NC/OS/MD (AMAP)
Trois nouveaux ambassadeurs présentent leurs Lettres de créance au Président de la Transition Assimi Goïta

Bamako 06 janv. (AMAP) Le chef de l’État, le général d’Armée Assimi Goïta, a reçu, mardi, au Palais de Koulouba, les Lettres de créance de trois nouveaux ambassadeurs accrédités auprès de la République du Mali, annonce un communiqué de la présidence malienne. La cérémonie a débuté avec M. Mahmoud Khani Jooyabad, nouvel ambassadeur de la République islamique d’Iran. Diplomate chevronné ayant occupé des postes de haut niveau en Europe et en Asie, il est présenté comme incarnant l’engagement traditionnel de l’Iran en faveur du multilatéralisme et de la coopération Sud-Sud. À cette occasion, les deux parties ont salué l’excellence des relations bilatérales, fondées sur une coopération diversifiée dans les domaines de la santé, de l’agriculture, des infrastructures et de l’aide au développement. Les échanges ont permis de réaffirmer la « volonté commune de dynamiser des projets structurants et de renforcer le dialogue stratégique, particulièrement en matière de paix, de sécurité et de lutte contre le terrorisme. La cérémonie s’est ensuite poursuivie avec M. Erik de Feijter, ambassadeur désigné du Royaume des Pays-Bas. Cette accréditation traduit la volonté partagée de consolider les relations entre Bamako et La Haye, notamment dans les domaines du développement durable, de la gouvernance et de l’action humanitaire. Enfin, M. Li Xiang, ambassadeur désigné Chine, a présenté ses Lettres de créance au chef de l’État. Diplomate expérimenté, il prend fonction dans un contexte marqué par l’excellence des relations sino-maliennes, considérées comme l’une des coopérations les plus dynamiques du Mali. Ce partenariat stratégique exemplaire s’est concrétisé par de nombreuses réalisations dans les secteurs des infrastructures, de la santé, de l’éducation, de l’énergie et du numérique, ainsi que par des projets structurants ambitieux en cours et à venir. À travers cette cérémonie, le président de la Transition a réaffirmé l’attachement du Mali à une diplomatie ouverte, fondée sur le respect mutuel, la souveraineté des États et une coopération gagnant-gagnant au service de la paix et du développement, selon le communiqué. OS/MD (AMAP)
Ministère de la Communication, de l’Économie numérique et de la Modernisation de l’Administration : La 3e édition de la Semaine du Numérique se tiendra du 29 au 31 janvier 2026

Bamako, 06 janv. (AMAP) Le ministre de la Communication, de l’Économie numérique et de la Modernisation de l’Administration, Alhamdou Ag Ilyène, a annoncé, mardi après-midi, lors d’une conférence de presse tenue dans la salle de réunion du ministère des Sports, la tenue de la 3e édition de la Semaine du Numérique. L’événement se déroulera du 29 au 31 janvier 2026 au Centre international de conférences de Bamako (CICB), avec le Burkina Faso et le Niger comme pays invités d’honneur. Placée sous le thème « Le gouvernement à l’ère de l’intelligence artificielle : opportunités et défis pour la culture », cette édition vise, selon le ministre, à examiner la vision stratégique de chaque pays membre de l’Alliance des États du Sahel (AES) en matière de transformation numérique, dans un contexte de crise multiforme et face à l’avancée rapide de l’intelligence artificielle. « L’événement s’ouvrira par un panel inaugural de haut niveau réunissant les ministres en charge du numérique du Mali, du Burkina Faso et du Niger. Ils aborderont le thème central de la Semaine et proposeront des solutions pour un développement coordonné du numérique dans l’espace AES », a précisé Alhamdou Ag Ilyène. Plusieurs panels thématiques sont également prévus, notamment sur « L’identité numérique, la certification et la signature électronique : quelles perspectives ? ». Ce sujet revêt une importance stratégique pour le Mali, dans le cadre de l’accélération des services d’e-gouvernement et du renforcement de la confiance numérique, a souligné le ministre. Par ailleurs, des compétitions seront organisées entre les start-ups et PME de l’espace AES, les jeunes cyberdéfenseurs (Cyber Défenseurs Juniors) ainsi que les services relevant de l’administration malienne. Les trente (30) candidats présélectionnés bénéficieront d’un coaching dispensé par l’AGETIC dans son Centre d’incubation. Les trois meilleurs de chaque catégorie seront primés, et un prix spécial sera décerné à la meilleure initiative féminine, a conclu Alhamdou Ag Ilyène. ST/MD (AMAP).
Le fleuve Sénégal de plus en plus trouble et ensablé

Par Abdoulaye Telli BALDE Diamou, le 5 janv (AMAP) Le fleuve Sénégal, l’un des principaux cours d’eau d’Afrique de l’Ouest, traverse plusieurs pays, dont le Mali, la Mauritanie, le Sénégal et la Guinée. Il reste une source vitale pour des millions de personnes, soutenant l’agriculture, la pêche, l’approvisionnement en eau potable et la production d’électricité hydroélectrique. En cette période de l’année, où les eaux sont normalement claires, le fleuve affiche un état inhabituel qui inquiète fortement les populations riveraines. Sidy Makan Konaté, jardinier au bord du fleuve depuis plus de vingt ans, déclare n’avoir jamais vu une telle coloration. Pour lui, ce phénomène traduit une dégradation progressive de l’environnement fluvial. Selon des sources non officielles, des activités de dragage intensives en amont, souvent liées à l’orpaillage, seraient responsables de cette situation. Ces opérations remuent de grandes quantités de sédiments et impliquent l’utilisation de produits chimiques toxiques, parfois cancérigènes, dont les rejets accentuent la turbidité et menacent la santé des riverains. À cela s’ajoute un ensablement croissant. De nombreuses petites îles sableuses émergent sur plusieurs tronçons, parfois par dizaines sur un même segment. La végétation finit par s’y installer, transformant progressivement le lit du fleuve en une succession d’îlots. Ce processus réduit la profondeur et la largeur du cours d’eau, fragilise la pêche et perturbe durablement les écosystèmes aquatiques. CONSEQUENCES SANITAIRES – Malgré ces signes alarmants, les riverains n’ont souvent pas d’autre choix que d’utiliser cette eau pour leurs besoins quotidiens. « Nous n’avons pas d’autre choix que d’utiliser cette eau colorée, malgré les risques », confie Mariam Bakayoko, ménagère à Diamou. Boisson, cuisine, lessive, baignade et abreuvement du bétail dépendent encore largement du fleuve dans de nombreuses localités. Cette dépendance expose la population à de sérieux risques sanitaires : diarrhées aiguës, dysenterie, choléra, fièvre typhoïde, bilharziose et diverses affections cutanées. Les enfants, les femmes et les personnes âgées sont particulièrement vulnérables. Dramane Diakité, élu local, exhorte les autorités à agir sans délai. Il demande l’ouverture rapide d’une enquête pour identifier précisément les causes de cette dégradation et mettre en place des solutions durables. Il plaide également pour une implication accrue des communautés locales dans la gestion intégrée des ressources en eau. « Dans l’immédiat, il est essentiel de prendre des mesures concrètes pour protéger notre fleuve et préserver la santé de nos populations ainsi que celle de notre environnement », avertit-il. Sans réaction rapide, des milliers de riverains resteront exposés à des risques majeurs liés aux maladies hydriques. Les habitants interpellent par ailleurs l’Organisation pour la Mise en Valeur du Fleuve Sénégal (OMVS) et les États riverains pour un renforcement du contrôle des activités de dragage et la mise en œuvre de mesures efficaces contre l’ensablement. Pilier écologique, économique et social transfrontalier, le Fleuve Sénégal traverse aujourd’hui une phase critique. Sans actions concertées et rapides des parties prenantes, ce patrimoine commun risque des dommages irréversibles, compromettant le bien-être des générations actuelles et futures. ATB/OS/MD (AMAP)
Traditions locales : Le péril de la modernité
Par Abdoulaye Telli BALDE Diamou, 28 déc (AMAP) Pendant des décennies, l’éducation et l’organisation sociale au sein des communautés Khassonké reposaient sur un socle communautaire solide. Ce modèle, fondé sur la transmission des valeurs, des savoirs et des responsabilités collectives, a longtemps garanti la cohésion sociale. Aujourd’hui, cet équilibre est profondément fragilisé par la modernité et la généralisation des nouvelles technologies de l’information et de la communication. Nianankoro Konaté, notable et figure respectée du milieu Khassonké, se souvient d’une époque où l’initiation des enfants relevait d’une responsabilité collective. Vers l’âge de 14 ans, tous les garçons étaient circoncis ensemble puis retirés du monde pendant plusieurs semaines. Placés sous l’encadrement de jeunes initiés, appelés « Sembé », ils recevaient une éducation fondée sur les valeurs essentielles de la société : loyauté, dignité, honneur, mais aussi solidarité, partage, tolérance, respect et vivre ensemble. Pendant cette période, on imprégnait également les initiés des interdits sociaux considérés comme déshonorants, tels que le vol, le mensonge, l’adultère, etc. L’initiation s’achevait par une cérémonie marquant le passage à une étape supérieure. L’épreuve du « Mamo », organisée de nuit en brousse, visait à forger le courage et à éprouver la détermination des jeunes initiés. Derrière ce mythe, dont seuls les initiés détenaient la signification réelle, se cachait un puissant outil pédagogique destiné à renforcer l’endurance morale et le sens des responsabilités. Le mariage constituait également un pilier central de la vie sociale. Autrefois, il relevait avant tout de la sphère familiale. Les parents se chargeaient de choisir, pour leur fils, une épouse issue d’une famille reconnue pour ses valeurs et sa bonne moralité. Les démarches se faisaient progressivement, à travers des étapes bien définies, (première, deuxième et troisième remise de cola), permettant à la belle famille de mener des enquêtes discrètes et d’observer les futurs époux. Une fois l’accord donné, l’union se célébrait dans la simplicité. Le mariage n’était pas une affaire de richesse, mais de respectabilité et de confiance entre les familles. MUTATIONS ET RUPTURE : – Avec l’avènement de la modernité, ces pratiques ont profondément évolué. Aujourd’hui, les jeunes se rencontrent, s’aiment et nouent des relations avant d’en informer leurs parents. Dans le même temps, de nouvelles exigences se sont greffées aux cérémonies matrimoniales : tenues uniformes, dîners, festivités multiples. Ces extravagances ont contribué à rendre les mariages de plus en plus coûteux, transformant progressivement l’union en une affaire d’argent. Selon Nianankoro Konaté, cette évolution explique « en partie la fragilité et la courte durée de nombreux mariages contemporains. » Outre les rites et les relations familiales, la modernité a également bouleversé les relations humaines et les mécanismes de transmission des valeurs sociétales. Pour Moussa Yalcouyé, enseignant à la retraite, cette mutation « touche en profondeur le système éducatif, y compris dans ses dimensions institutionnelles. » Il constate l’effacement progressif des liens de proximité qui structuraient autrefois la vie quotidienne. Dans les familles comme dans les « grins » (clubs d’amis), les moments d’échange et de discussion collective ont cédé la place à une communication de circonstance. Là où l’on causait et partageait librement, chacun est désormais absorbé par son téléphone, échangeant avec des personnes à des milliers de kilomètres par réseaux sociaux interposés, tout en ignorant parfois celles qui se trouvent, tout près, a portée de voix. Il rappelle qu’autrefois, les grands parents jouaient un rôle central dans l’éducation informelle. Ils regroupaient, la nuit au tour du feu, les enfants pour leur raconter des histoires soigneusement construites, porteuses de leçons de vie, de sagesse et de repères culturels. Ces récits contribuaient à façonner le caractère, à transmettre les valeurs et à renforcer le vivre ensemble. « Aujourd’hui, observe-t-il, ces pratiques se raréfient. Dans de nombreuses familles, lorsque les regards ne sont pas rivés sur les téléphones portables, ils se tournent vers les écrans de télévision, reléguant les échanges humains au second plan. » Pour Moussa Yalcouyé, cette évolution traduit une rupture silencieuse dans la transmission des savoirs et des valeurs. L’éducation, autrefois collective et encadrée par les aînés, est désormais largement influencée par les écrans et les réseaux sociaux, souvent sans filtre ni accompagnement. Il plaide ainsi pour une régulation plus stricte des réseaux sociaux et pour un rôle plus affirmé de l’État, notamment à travers l’encadrement des contenus et la promotion de productions locales en harmonie avec les valeurs ancestrales. Ces témoignages révèlent une société en pleine mutation, où la modernité fragilise progressivement les repères traditionnels. L’enjeu n’est pas de freiner le changement, mais de préserver les valeurs essentielles afin que l’évolution se fasse sans rompre le lien social et culturel. ATB/MD (AMAP)

