Urgent :  Des obus et un drone kamikaze lancés en direction du second Camp militaire de Goundam (Nord)

Goundam, 15 juil (AMAP) Des individus non identifiés ont lancé, mardi, entre 19h-19h30, des obus et un drone kamikaze en direction du second Camp militaire de Goundam (Nord), situé à cinq kilomètres de la ville, sur la route de Tonka, selon des sources locales. Selon nos informations, le drone kamikaze a été abattu par Forces armées maliennes (FAMa), et aucun des obus n’a atteint le Camp. Actuellement, les FAMa intensifient les patrouilles à travers la ville et en périphéries. Un grand silence couvre la ville. Toute la population reste terrée dans les habitations. AAT/MD (AMAP)

Santé reproductive : Plaidoyer pour des soins humanisés lors de l’accouchement à Bamako

Bamako, 15 juillet (AMAP) Le ministre de la Santé et du Développement social, le médecin-colonel Assa Badiallo Touré, a participé, ce mardi 15 juillet, à une journée de plaidoyer organisée par IAMANEH Mali pour promouvoir des soins humanisés pendant l’accouchement, indique un communiqué du ministère. « Humaniser l’accouchement, c’est respecter les droits de la femme, assurer la présence d’un accompagnant, offrir des soins sans violence ni humiliation, et renforcer l’autonomie des sages-femmes et agents communautaires », a déclaré le ministre Touré dans son discours. L’événement, axé sur le respect des droits fondamentaux des femmes en matière de santé reproductive, a réuni des acteurs clés pour discuter de l’intégration des soins humanisés dans les pratiques professionnelles. Les échanges ont porté sur la nécessité de politiques nationales favorisant un accouchement respectueux, la formation continue des prestataires, l’amélioration des infrastructures sanitaires et la lutte contre les violences obstétricales et les discriminations. La journée a été marquée par l’intervention de la chargée de projet d’IAMANEH Suisse, une prestation artistique d’une slameuse engagée, ainsi que des présentations du Dr Sara Sissoko de l’Office national de la santé de la reproduction (ONASR) sur les soins humanisés et du Pr Mamadou Lamine Diakité sur la fistule obstétricale. Le ministre Touré a insisté sur l’urgence de changer de paradigme, particulièrement dans les zones rurales, pour garantir un accompagnement digne et respectueux des femmes en travail. OS/MD (AMAP)

Salon malien de l’architecture et de la construction : La 1ère édition prévue du 31 juillet au 03 août prochain (Organisateurs)

Bamako 15 juil (AMAP) La 1ère édition du Salon malien de l’architecture et de la construction (SAMAC), sous le thème « : « Habitation durable, culture et Innovation », aura lieu du 31 juillet au 03 août 2025,  a Bamako, ont annoncé les organisateurs, mardi,  lors d’une conférence de presse à la Direction nationale de l’urbanisme et de l’habitat, dans la capitale malienne. « Le Salon 2025 se veut un rendez-vous majeur de l’architecture et de la construction et de l’aménagement en Afrique de l’Ouest. Il entend offrir un cadre d’échange, d’expositions et de dialogue pour construire un avenir urbain durable résilient et enraciné dans les savoir-faire locaux », a déclaré le président de l’Ordre des architectes du Mali, Abdramane Filifing Sidibé. Et de préciser que « cette première édition s’inscrit pleinement dans une dynamique sous-régionale avec pour invités d’honneur les pays membres de la Confédération des États du Sahel (AES) ». » Notre Région est confrontée à des défis pressants : changement climatique, pression démographique, crise du logement et dégradation des ressources naturelles », a-t-il ajouté. Face à ces réalités, « il est devenu urgent de repenser notre manière d’habiter, de construire, d’aménager nos territoires. Le SAMAC 2025 s’inscrit dans cette mission de promotion, de valorisation et de diffusion de la culture architecturale au Mali et au-delà », a-t-il indiqué. M. Sidibé a ajouté que l’objectif est de « valoriser le rôle stratégique des professionnels du cadre bâti , promouvoir les solutions architecturales durables et endogènes, favoriser la professionnalisation et la normalisation du secteur, initier des politiques d’incitation à la construction durable, créer un réseau d’acteurs engagés dans la transition écologique. » Quant au représentant du ministère chargé de l’Urbanisme, M. Al- Mamoum Ag Mustafa, il a fait remarquer que « le thème de cette 1ère édition, ‘Habitat, culture et Innovation : rôle des architectes dans la promotion du développement durable, adaptabilité aux défis climatiques et économiques au Mali’, n’est pas un simple débat. Il est un appel à l’action, un cri du cœur pour notre avenir commun. » Il a rappelé qu’« au Mali, l’habitat a toujours été le reflet de notre identité culturelle. Du banco, des maisons traditionnelles du Sahel aux constructions en pierre du pays dogon, chaque matériau et forme, chaque orientation raconte une histoire, exprime un mode de vie, une adaptation intelligente à l’environnement. » Le directeur national de l’Urbanisme et de l’Habitat, Mahamadou Ouologuem, a souligné que ce salon est une volonté collective et inclusive. « Il s’inscrit dans la promotion de la création locale », a-t-il dit MMD/MD (AMAP)  

Démarrage de la Semaine de solidarité autour du Mali

Bamako, 15 juil (AMAP) Le lancement de « La Semaine de solidarité autour du Mali » a débuté, ce mardi après-midi, à la Direction du service social des Armées par la remise de dons, a constaté l’AMAP sur place. Il s’agit de : 22 tonnes de riz, 08 tonnes de mil, une tonne de fonio, une tonne de maïs, 50 sacs de sucre, 200 cartons de pâtes alimentaires, 80 cartons de couscous, 50 cartons d’huile, 150 cartons de tomate concentrée, 50 cartons de vermicelles et 40 cartons de détergent en poudre ont été remis. Cette œuvre humanitaire est une initiative de l’entrepreneur malien, Mamadou Lah dit Ahmed Dollar, qui réside au Congo-Brazzaville. La Semaine de solidarité autour du Mali cible, au moins, 1 000 personnes (des veuves et enfants militaires, la pouponnière de Niamana, des déplacés de guerre etc.) Selon le directeur du Service social des Armées, le colonel-major Bréhima Samaké, « cette importante donation témoigne de l’engagement de Mamadou Lah à vouloir œuvrer pour l’amélioration du quotidien et l’épanouissement des veuves et des orphelins des miliaires qui ont fait le sacrifice ultime pour la défense de l’intégrité territoriale du Mali. » « Votre geste est un bel exemple de solidarité et traduit votre détermination à jouer votre partition pour le bien être des familles de nos compagnons d’armes qui ont besoin d’etre soutenus », a poursuivi le colonel major Samaké. La présidente de l’Association Mali Woye, Sadya Touré, également coordinatrice des actions caritatives de Mamadou Lah, a expliqué que pendant la Semaine, une série de remises de dons est prévue à des structures comme la pouponnière de Niamana et les déplacés internes du centre Mabilé, à Sogoniko. Selon elle, « ce que nous faisons aujourd’hui est important, mais ce que nous ferons demain le sera encore plus. » « Ce n’est qu’un début. Ensemble, avec des hommes et des femmes de cœur comme Mamadou Lah dit Ahmed Dollar, nous continuerons à bâtir, à tendre la main, à croire en un Mali où personne n’est laissé pour compte », a fait savoir Sadya Touré. ST/MD (AMAP)                  

Conseil d’Administration de l’AMAP : Le ministre Alhamdou Ag Ilyène a salué le travail de la Direction générale et du personnel

Bamako, 15 juillet 2025 (AMAP) Le ministre la Communication, de l’Économie numérique et de la Modernisation de l’Administration, Alhamdou Ag Ilyène, a salué, mardi, à Bamako, le travail accompli par la Direction générale et l’ensemble du personnel de l’Agence malienne de presse et de publicité (AMAP), « malgré un contexte difficile marqué par la lutte contre le terrorisme », a constaté l’Agence de presse. Le ministre en charge de la Communication, qui présidait l’ouverture de la 48e session du Conseil d’Administration de l’AMAP, a souligné que le groupe, à travers ses supports (L’Essor, l’Agence de presse, les agences Kibaru, Kabaru, Xibaré et les plateformes digitales), « a joué un rôle essentiel dans la couverture médiatique des actions publiques et sécuritaires, tout en contribuant à la lutte contre la désinformation. » Toujours, selon le ministre Ag Ilyène, « l’engagement de l’Agence dans cette dynamique est jugé remarquable. » Les points inscrits à l’ordre du jour de cette session, tenue au ministère de la Communication, de l’Économie numérique et de la Modernisation de l’Administration, étaient le suivi des recommandations issues de la précédente session, l’état d’exécution budgétaire du 1er janvier au 31 décembre 2024, ainsi que le rapport du Commissaire aux comptes. En janvier dernier, la Direction générale a présenté au Conseil d’Administration un plan stratégique couvrant la période 2025-2028. Ce plan s’articule autour de cinq axes majeurs qui sont la diversification des activités, la transformation digitale, l’excellence éditoriale, le renforcement de la gouvernance et la performance financière. « Les temps sont très difficiles, mais l’AMAP tient debout », a assuré le directeur général, Alassane Souleymane. Ainsi, le quotidien national est désormais publié en 24 pages, dont 12 en couleurs, et des numéros hors-série ont été introduits. En plus, une révision des profils professionnels des agents est en cours afin de les adapter aux exigences actuelles et au contexte du moment. Et une campagne de plaidoyer a été engagée pour rappeler aux décideurs politiques et institutionnels que l’AMAP « constitue un outil stratégique pour l’accompagnement de leurs actions quotidiennes. » Pour rappel, le budget de l’AMAP pour l’exercice 2024 a été adopté par la 45e session ordinaire de son CA pour un montant de 2 300 067 000 francs CFA contre 2 281 737 000 francs CFA en 2023, soit une augmentation de 18 330 000 francs CFA, pour un taux d’augmentation de 0,80%. AC/MD

Kangaba : Formation des acteurs de la chaîne budgétaire des communes partenaires du Programme décentralisation et bonne gouvernance

Kangaba, 15 juil (AMAP) Les acteurs de la chaîne budgétaire des communes partenaires du Programme décentralisation et bonne gouvernance (PADRE) III du Cercle de Kangaba (Ouest) participent à une session, qui s’est ouverte lundi et durera 05 jours, du 14 au 18 juillet 2025, pour former sur le logiciel Ressources des collectivités décentralisées (ReCoDe), a constaté l’AMAP. Ce logiciel interfacé avec l’application COLLOC, intègre le module sur le contrôle financier Cette formation, de façon spécifique, portera sur l’installation, la mise à jour et la formation des acteurs de la chaîne budgétaire des communes partenaires sur les modules du contrôle financier, des ⁠budgets, des ⁠recettes, des dépenses, la paie-salaire-personnel, la ⁠fiscalité locale et la ⁠comptabilité matière La formation est assurée par une mission de la Direction générale des collectivités territoriales (DGCL) conduite par Bourama Diarra, Sous-directeur Finances locales à la DGCT. SD/MD (AMAP)

Journées scientifiques de Kayes : Une Tribune de partage de connaissances et d’expériences pour l’amélioration des conditions de santé des populations

Kayes, 15 juil (AMAP) La Direction régionale de la santé de Kayes (Ouest), en collaboration avec le Projet Yellen et la Direction régionale du développement social et de l’économie solidaire, a organisé, du 9 au 10 juillet 2025, la 6ème édition des Journées scientifiques de Kayes (JSK) sous la présidence du Lt-colonel Adama Bamba, Conseiller à la Sécurité et à la Protection civile du gouverneur de la Région, a constaté l’AMAP sur place. Cette édition, qui a eu lieu dans la salle de conférence de la délégation régionale de la CCIM de Kayes, a porté autour du thème : « Santé reproductive et crise sécuritaire : renforcer la résilience, l’accès aux soins et services de santé ». « Ce thème se justifie par le contexte sécuritaire actuel avec le défi d’accès aux soins des établissements de santé. La recherche est un outil indispensable du praticien. L’évaluation, la supervision, le diagnostic, l’audit et le monitorage des actions de santé publique se font selon des méthodologies rigoureuses faisant appel aux outils de l’épidémiologie et de la méthode statistique qui sont évolutifs d’où la nécessité de se mettre à jour pour être en phase avec la réalité de l’heure », a expliqué le Lt-colonel Bamba. A travers ces JSK, les organisateurs ont voulu contribuer à la résolution de cette problématique car, elles leur ont offert l’opportunité d’échanger et de partager les expertises afin de renforcer les connaissances des participants sur les meilleures pratiques permettant d’améliorer la santé maternelle, néo natale et infantile. Spécifiquement, il s’est ag, pour les présentateurs de partager les résultats des recherches et de leurs expériences avec les participants, de susciter l’engouement du personnel des Districts sanitaires et de la Région toute entière pour la recherche opérationnelle. Ces Journées scientifiques ont, aussi, été une tribune pour l’assistance d’approfondir ses connaissances dans le domaine de la santé, particulièrement la santé maternelle et infanto-juvénile et d’être informée sur les bonnes pratiques dans le cadre de la science, l’innovation et de la technologie. Le Directeur général de l’Hôpital Fousseyni Daou de Kayes, Dr. Samou Diarra, a animé une conférence sur les recherches relatives à la gestion des projets, dont la nutrition. Selon lui, la réussite de ces projets nécessite l’appui de la communauté, des collectivités locales et de l’administration. Mamadou Lamine Danté, de la clinique Santé Plus et promoteur de l’Ecole de santé de Kayes (ESK), a aussi amplement édifié l’assistance à travers sa communication sur les différentes formes du diabète, y compris la tension. « La qualité des documents présentés et le niveau de connaissances atteint permettent d’affirmer la pertinence des objectifs assignés par les présentes assises. Nous devons, à présent, nous mettre au travail, afin de traduire les perspectives, les approches et les résultats que vous avez passés en revue, en actions concrètes sur le terrain », a dit le Coordinateur du Projet Yellen à Kayes, Dr. Soumaïla Diakité, en clôturant les travaux des JSK. BMS/MD (AMAP)  

Kangaba : Causerie communautaire pour la lutte collective contre l’extraction aurifère dans le Mandé

Kangaba, 14 juil (AMAP) Environ 150 maires, légitimités traditionnelles, représentants d’associations de femmes et de jeunes venues de 13 Communes du Mandé ont participé, dimanche 13 juillet 2025, à Kangaba, à une causerie communautaire pour la lutte collective contre l’extraction aurifère dans leur terroir, a constaté l’AMAP. En organisant cette causerie, l’Union des associations et coordinations d’associations pour le développement et la défense des droits des démunis (UACDDDD) vise comme objectif général à rassembler les actrices et acteurs du terroir du Mandé pour échanger sur les problèmes de l’extraction aurifère qui détruit les éco-agro-systèmes et déstabilise les communautés tant socio-culturellement qu’économiquement. Ce grand rassemblement a permis d’avoir un premier échange sur l’état des lieux de l’exploitation aurifère (dragage, mines, orpaillage) commune par commune, d’avoir un état des lieux des mesures prises au niveau des autorités administratives et coutumières et résultats sur le terrain et d’obtenir un renforcement de la mobilisation autour d’actions collectives. Plusieurs recommandations ont été formulées par les participants en vue de mettre en commun les efforts pour mettre fin au dragage sur les cours d’eau et obtenir une réorganisation de l’orpaillage. Cette activité, organisée par l’UACDDDD, se situe dans le cadre du Projet de renforcement pour sécuriser et protéger le terroir Mandé, avec l’approche holistique de l’Agroécologie paysanne (AEP) dans le cadre du processus interactif de mise en place des Commissions foncières villageoises (COFOV) en 10 étapes. Selon le secrétaire général de l’UACDDDD, Massa Koné l’Union, dans sa vision et programme de sécurisation foncière a coconstruit avec les communautés un processus interactif de mise en place des COFOV en 10 étapes. Agissant notamment dans tout le terroir Mandé, de Bamako à la frontière guinéenne, un problème commun est ressorti : l’extraction aurifère aux conséquences dramatiques, menaçant l’environnement, la cohésion sociale, le développement et le bien-être des communautés. Ainsi, pour faire appliquer la loi portant interdiction du dragage, à la demande des communautés, une forte sensibilisation a été menée, le 22 décembre 2025, lors d’un Forum communautaire à Kirina, rassemblant tant les communautés, que les autorités coutumières administratives locales et nationales, pour trouver ensemble des solutions. Au fléau du dragage s’ajoute les mines et l’orpaillage. C’est à la suite de ce Forum communautaire de Kirina et en cohérence avec son processus de protéger les ressources naturelles avec le développement des terroirs en Agroécologie Paysanne et pour une économie locale saine, solidaire, prospère et partagée, que l’UACDDDD a organisé cette causerie. Il s’est agi d’échanger avec l’ensemble des actrices et acteurs sur l’exploitation aurifère qui gangrène les communes du terroir du Mandé. Le secrétaire général de l’UACDDDD s’est dit comblé de la tenue de cette causerie communautaire au cours de laquelle les participants se sont franchement parlé. SD/MD (AMAP)

Mutation des griots : Le grand écart entre tradition et quête de bien-être

Par Moussa M. DEMBELE À Bamako, comme dans beaucoup de villes de pays de cette tradition, en Afrique de l’Ouest, les griots, jadis mémoire collective et acteurs de médiation sociale, connaissent une mutation. Si certains continuent d’incarner la tradition, d’autres sont accusés d’avoir troqué leur rôle de conciliateur par appât du gain. Bamako, 14 juil (AMAP) La transmission orale, socle des sociétés africaines, a longtemps été assurée par les griots, dépositaires de l’histoire, des généalogies et de la parole sacrée. De génération en génération, ils ont su préserver les savoirs, jouer les médiateurs et animer la vie communautaire. Mais, aujourd’hui, certains estiment qu’ils ont délaissé leur mission au profit d’un confort personnel. Ce dimanche 18 mai, à Bamako, comme le chantait le duo du défunt Amadou et son veuve Mariam, « c’est le jour des mariages ». Au centre-ville, les cortèges s’enchaînent. Dans un quartier périphérique, l’arrivée d’un couple fraîchement marié attire les regards. La mariée, en robe blanche, est accompagnée d’un époux en boubou blanc. À leurs côtés, une griotte micro en main s’adresse au père de la jeune femme : « Les griots de Bamako ont faim. Nous demandons aux nobles hommes de nous donner à manger. Coulibaly, sois fier, car tout le monde n’a pas la chance de marier sa fille ». Un vieux griot renchérit, en s’égosillant : « C’est le respect de la parole donnée qui fait la différence entre les hommes. Et tu as toujours tenu tes promesses. Tu es un homme digne. Nous sommes tous ici pour l’argent. » DEVOIR MORAL OU QUETE D’ARGENT – Ce genre de discours agace certains observateurs. Pour Salimata Fomba, femme au foyer, les griots ont délaissé leur vocation. « Aujourd’hui, ils ne s’intéressent qu’aux personnes riches. Lors des mariages, j’ai peur qu’un griot parle de moi. Ils poussent les gens à aller au-delà de leurs moyens. Si vous ne casquez pas, vous n’aurez pas droit à des éloges », se désole-t-elle. Même constat chez Issiaka Dembélé, qui lie l’augmentation des divorces au changement des griots dans leur rôle traditionnel. « Avant, ils intervenaient pour réconcilier les époux. Aujourd’hui, ils ne sont présents que dans les cérémonies festives », dit-il. Adama Diabaté, griot à Bamako, se défend : « Nous n’avons pas d’autres métiers. J’informe les gens des cérémonies mais, souvent, je ne reçois rien. Nous méritons une récompense. » Le statut de griot ne s’acquiert pas, il se transmet. « On ne devient pas griot, on naît griot. Ce n’est pas une ethnie, mais une fonction héréditaire », explique Bourama Soumano. Il avance que la crise des griots s’inscrit dans un effritement général des repères sociaux. « Ce n’est pas que les griots qui ont failli. Les notables et les autorités aussi. Autrefois, notre parole était écoutée. Aujourd’hui, elle ne compte plus », regrette-t-il. Autre facteur de cette mutation est l’absence de cadre juridique. « L’État n’a prévu aucune loi reconnaissant notre rôle. Jadis, nous étions conseillers, éducateurs, animateurs. Toutes ces fonctions nous ont été arrachées », déplore Djeli Soumano. Dr El Hadji Ousmane Boré, historien à la Faculté d’histoire et géographie de Bamako, rappelle le rôle central des griots dans les sociétés anciennes. « Ils servaient de contre-pouvoir dans les régimes monarchiques. Un roi pouvait tout décider mais, seul le griot pouvait le faire réfléchir en invoquant ses ancêtres », argumente-t-il. Mais le professeur note une dérive : « Aujourd’hui, qui sont les vrais griots ? L’argent a tout corrompu. Ce métier noble est devenu une activité mercantile. » Pour lui, une solution existe. « Il faut créer une école pour griots, avec des formations en éthique, histoire et communication. Des associations existent mais, il faut une volonté politique pour encadrer cette pratique », propose-t-il. Kemoko Diabaté, étudiant -journaliste passionné d’histoire des griots et grio de naissance lui-même, déplore qu’autrefois, les griots ne mendiaient pas. « Ils avaient un vrai pouvoir : celui de la parole. Aujourd’hui, certains suivent les mariages dans la rue, demandent le nom des gens et improvisent des louanges. Ce n’est pas cela un griot », explique-t-il. Il retrace le déclin de la fonction, amorcé, selon lui, au XVIIe siècle. « Avec l’arrivée des colons et la disparition des souverains, les griots ont perdu leur place. Ils sont devenus tailleurs, commerçants ou griots ambulants », ajoute-t-il. Ajoutant que l’introduction de la guitare a transformé leur art. L’oralité est devenue un moyen de survie. « Aujourd’hui, rares sont ceux qui perpétuent les vraies valeurs », conclu-t-il. MMD/MD (AMAP)              

Démarrage de la 21ème Semaine nationale de la sécurité routière : Focus sur la lutte contre l’excès de vitesse

Bamako, 14 juillet (AMAP) – La 21ème édition de la Semaine nationale de la sécurité routière, prévue du 14 au 19 juillet 2025, a démarr, ce lundi, à Markaforo, sur l’axe Bamako-Koulikoro (RN27), sous le thème « Excès de vitesse : un danger mortel sur la route », a constaté l’AMAP sur palce. « Parmi les chiffres, nous constatons que 43 % des accidents sont causés par l’excès de vitesse, ce qui justifie le choix de ce thème », a déclaré Madina Sissoko, ministre des Transports et des Infrastructures, lors de la cérémonie d’ouverture. L L’événement, présidé par la ministre des Transports et des Infrastructures, en présence de son collègue de la Sécurité et de la Protection civile, le général Daoud Aly Mohammedine, vise à sensibiliser les usagers de la route, notamment les chauffeurs professionnels et les conducteurs d’engins à deux et trois roues, sur les dangers de l’excès de vitesse. Selon les statistiques validées le 24 avril 2025 par l’Agence nationale de la sécurité routière (ANASER), 7 673 accidents ont été recensés en 2024, causant 8 828 blessés et 682 morts, dont 27 % attribués à l’excès de vitesse, principal facteur d’accidents mortels. Le général Daoud Aly Mohammedine a salué l’initiative et l’appui matériel de l’ANASER, notamment la remise d’équipements tels que des radars, des testeurs de drogue, des alcootests, des cônes de balisage et des bâtons lumineux. « Je tiens à remercier ma collègue du Transport, l’ANASER, la gendarmerie, la police et la protection civile pour leur engagement », a-t-il affirmé, insistant sur l’importance de la sensibilisation pour réduire l’incivisme routier. La ministre Sissoko a souligné l’impact dramatique de l’excès de vitesse : « Un conducteur roulant à 50 km/h qui heurte une personne donne à cette dernière 80 % de chance de survivre, mais à 80 km/h, ces chances tombent à 10 %. » Elle a appelé au respect strict du code de la route, qui fixe les limites de vitesse à 50 km/h en agglomération et 90 km/h en rase campagne, et à une conduite adaptée aux conditions de circulation. Le président du Conseil malien des transporteurs routiers (CMTR), Youssouf Traoré, a appelé les chauffeurs à reduire les accidents. « Dans les années précédentes, il y a eu beaucoup d’accidents sur cet axe. Je lance un appel aux chauffeurs pour réduire les dégâts », a-t-il déclaré. Cette semaine s’inscrit dans la Stratégie nationale de sécurité routière 2021-2030, qui ambitionne de réduire le taux de mortalité routière de 50 % d’ici 2030, passant de 25 à 12 tués pour 100 000 habitants. Des campagnes de sensibilisation seront menées par des équipes mixtes comprenant l’ANASER, la police, la gendarmerie et des associations, avec des supports médiatiques (télévision, radio, réseaux sociaux) et physiques (T-shirts, flyers, banderoles). Des contrôles de vitesse à l’aide de nouveaux radars seront également effectués tout au long de la semaine. OS/MD (AMAP)