Sikasso : Le Festival international triangle du balafon se prépare

Sikasso, 25 août (AMAP) La 9e édition du Festival international triangle du balafon sera lancée, vendredi 29 août 2025, au Centre international de conférences de Bamako (CICB) de Bamako et se tiendra, effectivement, du 9 au 11 octobre prochain, à Sikasso (Sud), appris l’AMAP, vendredi, de source officielle. « La cérémonie d’ouverture se tiendra dans la salle de spectacle Lamissa Bengaly… », a déclaré le chef de la Mission nationale d’organisation du festival et directeur national de l’action culturelle, Alamouta Dagnoko, lors d’une rencontre d’échanges sur les préparatifs du festival au gouvernorat de Sikasso. Alamouta Dagnoko a indiqué que les préparatifs de ce grand rendez-vous du balafon se passent bien. « Le processus continue très bien et nous sommes optimistes », a-t-il affirmé. Parmi les trois groupes qui représenteront le Mali, deux viendront de Bamako et un de Sikasso. Selon lui, l’organisation administrative se poursuit à travers l’élaboration des documents administratifs. A savoir les Termes de référence (TdR), le chronogramme de travail, les lettres d’information et d’invitation des pays participants, des partenaires et des sponsors. M. Dagnoko a précisé que les TdR ont été adressés au Burkina Faso, à la Côte d’Ivoire, à la Guinée Conakry et au Niger (dans le cadre de la solidarité confédérale). « Très prochainement, nous devrons être en mesure d’identifier les hôtels qui vont accueillir nos invités de marque et les sites devant abriter les différents spectacles », a-t-il indiqué. Sur le même registre, il a, également, évoqué les autres aspects logistiques (restauration, sécurité, santé) auxquels, il faut ajouter, la mise en place de la logistique indispensable à une prestation de qualité. Auparavant, le directeur national de l’action culturelle a salué l’engagement de l’administration régionale, des membres de la commission régionale et, surtout, « la solidarité agissante » de la population de Sikasso pour la réussite du festival. Quant au directeur régional par intérim de la culture, Souleymane Sanogo, il a procédé à la lecture du protocole d’accord signé entre le ministère de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme et le président du Conseil régional de Sikasso, Yaya Bamba. Ce document fixe les responsabilités des deux parties qui s’engagent à en respecter les clauses afin d’assurer la réussite de l’organisation du festival. Également, M. Sanogo a lu le contenu de la décision portant création de la commission d’organisation régionale. Au cours de la rencontre, le balafoniste Souleymane Traoré « Nèba Solo » a émis le vœu de jouer une symphonie « bien coordonnée » avec plus d’une dizaine d’autres balafonistes lors du festival. L’artiste a, également, attiré l’attention des « futurs membres du jury du festival » sur la prise en compte de l’originalité sinon l’authenticité du balafon lors de la compétition. Le festival triangle du balafon entend, entre autres, contribuer à la consolidation de l’intégration et de la paix entre les populations frontalières du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire et du Mali, promouvoir le balafon en tant que forme et moyen d’expression culturelle, à faire de Sikasso, la capitale sous régionale du balafon mais, aussi, à stimuler l’économie régionale sous toutes ses formes. Cette rencontre était présidée par le conseiller aux Affaires administratives et juridiques du gouverneur, Amadou Soumaré. Il a enregistré la présence de plusieurs autorités régionales et des acteurs culturels de Sikasso. MFD/MD (AMAP)        

Fonctionnaires « fictifs » : Les instructions fermes du général d’Armée Assimi Goïta

Bamako, 25 août (AMAP) Le président de la Transition, le général d’Armée Assimi Goïta, a donné, lundi, des instructions au Premier ministre, le général de Division Abdoulaye Maïga, de prendre très prochainement des mesures fortes concernant les 36 000 fonctionnaires « fictifs » dont l’incidence financière annuelle s’élève à plus de 48 milliards de francs CFA,  a constaté l’AMAP. « Le chef de l’État a donné des instructions fermes pour gérer ces effectifs fictifs dont l’incidence financière annuelle s’élève à plus de 48 milliards de francs cfa », a déclaré le Premier ministre, à la fin de la réunion avec le président de la Transition. Cette rencontre, convoquée par le chef de l’Etat, au palais de Koulouba, intervient dix jours après la remise officielle du rapport relatif au Système intégré de gestion des ressources humaines des fonctionnaires de l’État et des collectivités territoriales (SIGRH), qui a relevé 36 000 fonctionnaires absents lors du contrôle physique. A l’occasion de la remise du rapport du SIGRH, un délai de trois mois avait été accordé aux absents pour se faire régulariser, à défaut de voir leur salaire suspendu. Aujourd’hui, le chef de l’État a estimé qu’il faut aller plus vite. Le Premier ministre a annoncé qu’« il y a d’autres mesures qui vont être prises. » « Vous serez édifiés, dans les jours à venir, avec beaucoup plus de précisions par les ministres sectoriels concernés par ces mesures », a assuré le Général de division Abdoulaye Maïga. En plus du Premier ministre, les ministres de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou, du Travail, de la Fonction publique et du Dialogue social, Fassoun Coulibaly, et celui de la Refondation de l’État, chargé des Relations avec les Institutions, Bakary Traoré, ont pris part à cette rencontre. OD/MD (AMAP)

Lancement officielle des activités des bénéficiaires du Programme Spécial d’aide aux associations et fondations à Bougouni (PSAAF-3)

Bougouni 23 août (AMAP) Les activités de la 3e phase du Programme spécial d’aide aux associations et fondations (PSAAF) ont été lancées, vendredi, à Bougouni (Sud), sous la présidence du directeur de cabinet du gouverneur de la Région, Dramane Diakité, dans la salle de réunion de l’ancien Conseil de Cercle. Le PSAAF est initié par le gouvernement de Transition sous le leadership du président de la Transition, le général d’Armée, Assimi Goïta, en appui aux organisations, ONG et associations opérant du Mali. Il bénéficie à celles qui sont victimes des effets de l’interdiction d’activités du Gouvernement contre certaines associations nationales signataires d’accord-cadres avec l’Etat, associations étrangères et fondations suivant le Décret N°2022-0738/PT-RM du 29 novembre 2022. Souhaitant la bienvenue aux participants, le maire de la Commune urbaine de Bougouni, Karim Sangaré, a remercié le PSAAF dont les différentes phases « ont été d’un appui consistant pour la Région et le Cercle de Bougouni en particulier. » « Il (le projet) a permis, surtout, de créer de l’emploi en milieu jeunes et femmes dans un des secteurs clés de notre économie à savoir : l’agriculture », a dit le maire. A la suite du maire, la Directrice exécutive nationale de l’ONG SELLE à Bougouni, Mme Coulibaly Fatoumata Touré, aux noms des bénéficiaires, a assuré « les participants de la bonne exécution du programme comme prévu et, conformément, aux besoins des populations et des autorités régionales et locales. » Elle a, ensuite, ajouté que les projets retenus par le PSAAF-3 couvriront divers domaines dont l’éducation, la citoyenneté, la santé, l’autonomisation des femmes et filles entre distincts. Elle a souhaité « la participation inclusive des bénéficiaires, des légitimités traditionnelles ainsi que de toutes les forces vives afin d’impacter positivement le cadre de vie de nos populations. » L’ONG SELLE exécutera son programme à Bougouni, l’Association pour le développement et l’appui aux communautés (ADAC) opèrera dans les Cercles de Fakola, Kadiana et Kolondieba, l’Association Djigiya pour le Cercle de Yanfolila et l’Association des jeunes diplômés d’apiculteurs de Bougouni (AJDAB) assurera la mise en œuvre à Ouelessébougou. Selon le directeur de cabinet du gouverneur, la mise en place du PSAAF « vise à renforcer dans l’urgence et à l’avenir, le cadre institutionnel de veille de l’Etat sur ces activités, cela afin d’atténuer les effets induits de la crise. » Il s’agit « d’améliorer et de renforcer le système de gouvernance des actions d’appuis institutionnels et de soutiens matériels ou financiers aux organisations concernées, conformément aux stratégies et politiques de développement du pays », a-t-il ajouté. Le directeur de cabinet a, aussi, supervisé la signature de contrats avec les ONG et associations bénéficiaires et une remise officielle de kits à l’association Djigiya. Il a, ensuite, réitéré « toute la disponibilité des autorités régionales à les soutenir dans la mise en œuvre des activités planifiées pour le bien-être des populations de la Région de Bougouni. » Cette cérémonie a noté la présence des préfets des Cercles de Bougouni, de Fakola, de Kadana, de Kolondièba, la 2e adjointe du préfet de Ouélessebougou, de Yanfolila et des maires des Communes des Cercles concernés. BHT/MD (AMAP)  

Bafoulabé : la jeunesse de Diakhaba réhabilite la piste d’accès au Centre de santé communautaire (CSCOM)

Bafoulabé, 24 août (AMAP) La jeunesse de Diakhaba, commune rurale de Diokeli, du cercle de Bafoulabé, situé entre Kalla et le fleuve Bafing en aval de Manantali, a exécuté, samedi, des travaux de réhabilitation de la voie principale menant au Centre de santé communautaire (CSCOM) dégradée de façon alarmante, a constaté l’AMAP. Cette route menant au CSCOM était dégradée, empêchant l’ambulance d’y accéder. L’action de la jeunesse, sous le leadership de son président, Djimo Souaré, permettra une meilleure praticabilité de la voie d’accès au Centre de santé par les usagers sur deux ou quatre roues dont l’ambulance. La dégradation de cette voie, loin d’être une simple question d’inconfort, avait de lourdes conséquences tant sur le plan sanitaire qu’économique.
 Ce qui a amené la jeunesse à prendre conscience de l’urgence du danger. Munie des moyens de bord, elle a entretenu la piste principale du village, dans un acte « hautement salué » par les autorités villageoises et le Directeur technique du CSCOM. Le président des jeunes, Djimo Souaré, a souligné la nécessité de réparer la route, car selon lui, « personne ne va faire ce travail à (leur) place et la qualité de la route est essentielle à la sécurité, la mobilité et le développement économique. » Dans le village de Diakhaba, outre l’agriculture, l’élevage et la pêche, la localité a joué un rôle important dans l’islamisation des peuples noirs d’Afrique. Il existe un CSCOM, un 1er et un 2nd Cycles de l’enseignement fondamental et une médersa. BM/MD (AMAP)  

Tiendobougou, un village de la commune rurale de Kaladougou, région de Dioila inondé samedi

Dioila, 24 août (AMAP) Le village de Tiendo, à sept kilomètres de la ville de Dioila, a été inondé samedi 23 août 2025, à la suite de fortes pluies dans les villages situés à l’Ouest de Tiendobougou qui n’a pas connu de fortes précipitations mais a été un réceptable des eaux. Après un premier constat, le bilan provisoire fait état d’une centaine de familles sinistrées et des dégâts matériels importants. Et aucune perte en vie humaine, n’a été jusque-là enregistrée. Dès que l’information est tombée, la protection civile et la police se sont rendues sur les lieux afin de secourir les familles touchées. Une délégation conduite par le conseiller aux Affaires administratives et juridiques du gouverneur, Moussa Coulibaly, s’est également rendue sur place dans le but d’apporter aux populations de Tiendobougou « la compassion » des autorités maliennes. Cette délégation était composée du conseiller aux Affaires économiques et financières, Aly Telly, et du 2e adjoint au maire de Kaladougou, Salif Nianzon Sidibé. Les autorités locales ont donné des consignes de sécurité en demandant aux familles sinistrées d’évacuer le village. Des salles de classes ont été affectées aux populations affectées. DF/MD (AMAP)  

Les Fonctions publiques africaines sont un levier majeur de coordination stratégique (Premier ministre, Abdoulaye Maiga)

Bamako, le 23 août (AMAP) « Eu égard à leur rôle, les Fonctions publiques africaines constituent un levier majeur, à l’échelle régionale pour la coordination stratégique de toutes les actions d’amélioration de la gouvernance publique dans chacun de nos pays », a déclaré, samedi, le Premier ministre malien, le général de division Abdoulaye Maïga, a constaté l’AMAP. Abdoulaye Maïga, également ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, qui intervenait à l’ouverture des travaux de la 12ème Conférence des ministres de l’Observatoire des fonctions publiques (OFPA), a relevé que cet organe régional « a un rôle qui dépasse la simple observation et demeure un outil de veille, d’analyse et d’accompagnement des réformes administratives. » Le Mali organise, ce samedi 23 août, à Bamako la 12ème Conférence des ministres de l’Observatoire des fonctions publiques africaines. L’OFPA, institution panafricaine, a pour vocation d’étudier et d’analyser les Fonctions publiques africaines. Elle propose des réformes et solutions innovantes aux difficultés que rencontrent les différents Etats membres, dans le respect de leur souveraineté. Selon le chef du gouvernement malien, « face aux défis multiples et complexes que connaissent nos Etats », la Fonction publique doit être à la hauteur des enjeux. « Il s’agit de relever, notamment, les défis de la bonne gouvernance, de la lutte contre la corruption, du renforcement de l’état de droit, de la transformation économique et sociale et répondre efficacement aux attentes légitimes des citoyens », a indiqué le Général de division Abdoulaye Maïga. « Avec ses 26 Etats membres, l’Observatoire est appelé à être, ainsi, un véritable outil de transformation de nos Fonctions publique s», a rappelé le chef du gouvernement. Il a déclaré que cette 12ème Conférence représente une occasion, pour les experts et les administrateurs, de partager leurs expériences, leurs bonnes pratiques et leurs réflexions sur les défis et les perspectives de la Fonction publique africaine. Pour le ministre du Travail, de la Fonction publique et du Dialogue social, Fassoun Coulibaly, il s’agit de donner une nouvelle dynamique à l’organisation afin qu’elle puisse relever les nombreux défis auxquels « nos Fonctions publiques sont confrontées ». Parmi ces défis, «  le défi de la digitalisation de l’administration pour garantir une meilleure prestation aux usagers, une meilleure gouvernance et renforcer la transparence. » OD/MD (AMAP)

Koulouba : le Médiateur de la République présente ses rapports 2023 et 2024 au Chef de l’Etat

Bamako, 22 août (AMAP) Le Médiateur de la République, Mme Sanogo Aminata Mallé, a présenté, ce vendredi 22 août, les rapports annuels 2023 et 2024 de la Médiature au président de la Transition, le général d’Armée Assimi Goïta, a constaté l’AMAP au Palais de Koulouba, . Ces rapports sont une compilation des activités menées, à l’interne et à l’international, par le Médiateur de la République au cours des deux dernières années. Pour ce qui concerne le rapport annuel 2023, les services de l’Institution ont accueilli, écouté et orienté 6 074 usagers au niveau du siège à Bamako et dans les délégations territoriales contre 5 230 en 2022. Selon le Médiateur de la République, cela dénote de l’intérêt toujours croissant de nos concitoyens à saisir la structure. Le rapport signale que les services du Médiateur ont reçu, du 1er janvier au 31 décembre 2023, 240 dossiers de réclamations dont 153 ont été entièrement traités et 87 en cours de traitement, soit un taux d’exécution de 63,75%. Ces réclamations portent essentiellement sur la gestion domaniale et foncière, les demandes de régularisation de situation administrative, la protection sociale, les lenteurs et les difficultés d’exécution des décisions de justice, les retards dans l’exécution des contrats et marchés publics. « Outre les réclamations, l’Espace d’interpellation démocratique (EID) a enregistré un chiffre record de 599 dossiers d’interpellation contre 334 en 2022, soit une augmentation de 265 dossiers », souligne le document. S’agissant du rapport 2024, les services du Médiateur de la République ont accueilli, écouté et orienté 11 693 usagers dont 7 568 au siège de l’institution et 4 125 dans les délégations territoriales contre 6 074 en 2023. « Cette hausse du taux de saisine se justifie par l’intensification des campagnes de sensibilisation et d’information sur l’institution », a déclaré Mme Sanogo Aminata Mallé. « Du 1er janvier au 31 décembre 2024, le Médiateur a reçu au total 208 dossiers de réclamations dont 138 entièrement traités et 70 en cours de traitement », souligne le document. Ces réclamations concernent principalement la gestion domaniale et foncière, la protection sociale, les difficultés liées à l’exécution des décisions de justice, les marchés publics et contrats. Après avoir reçu les deux rapports, le président de la Transition a félicité le Médiateur de la République pour la qualité des documents. Le général d’Armée Assimi Goïta a indiqué que la mission de l’Institution « est en parfaite cohérence avec nos valeurs sociétales, véritables ressorts qui ont toujours permis de résorber les crises dans la gouvernance. » Selon lui, les efforts du Médiateur sont fort encourageants, comme en témoigne le chiffre record de 599 dossiers d’interpellations en 2023. Le Chef de l’Etat a ajouté que la récurrence des réclamations relatives à la gestion domaniale foncière, à la protection sociale ou lenteur et difficulté d’exécution des décisions de justice pour l’État dans l’exécution des contrats des marchés publics « justifie largement l’impérieuse nécessité d’insister sur le respect des textes en vigueur, gage de satisfaction des usagers de l’administration. » Le général d’armée Assimi Goïta a assuré avoir pris bonne note des recommandations formulées et qu’elles seront mises en œuvre « dans la mesure du possible. » La cérémonie s’est déroulée en présence du Premier ministre, le général de Division Abdoulaye Maïga, du président du Conseil national de Transition (CNT), le général de Corps d’armée Malick Diaw, des membres du gouvernement et des présidents des Institutions. BD/MD (AMAP)

Pépiniéristes :  C’est le client qui manque le plus !

Par Moussa M. DEMBELE Bamako, 22 août (AMAP) Au Mali, l’hivernage est traditionnellement une période propice à la plantation d’arbres. Il n’y a pas si longtemps, les pépiniéristes en profitaient pour faire leur chiffre d’affaires. La donne a changé ces dernières années. La clientèle se fait rare pendant la saison des pluies. Situé à Faladié, en Commune VI du district de Bamako, sur l’avenue de l’OUA (UA), la voie principale reliant le centre-ville à la Tour de l’Afrique, un petit jardin de pépinières ressemble à une forêt verdoyante. Les plantes luxuriantes attirent le regard et l’atmosphère y est agréable. Il est 14h36, un lundi du mois d’août 2025. Une moto tricycle est garée à l’entrée du jardin. Deux jeunes, accompagnés du propriétaire, Bourama Coulibaly, chargent l’engin avec des plants de henné africain. C’est le seul client de la matinée ! « C’est un client fidèle qui achète des plants chaque hivernage. D’habitude, il prend jusqu’à 4 000 pieds mais, aujourd’hui, il a acheté seulement1 000 », explique M. Coulibaly, sans s’étendre sur le sujet. Dans le jardin, les plants sont soigneusement alignés sous des arbres ou à ciel ouvert, répartis entre différents pépiniéristes. On y trouve des manguiers, des orangers, des goyaviers, des pots de fleurs et bien d’autres espèces. Mais l’activité est au ralenti. Certains s’occupent à remplir des pots avec de la terre enrichie au fumier, tandis que d’autres, sous des hangars, lisent des journaux de pari hippique ou discutent de l’actualité, de la politique à la culture, souvent sans arguments convaincants. Un homme d’un certain âge, confortablement installé sur une chaise, refuse de répondre à nos questions. « Vous avez de l’argent ? On ne parlera plus à ceux qui viennent exploiter nos propos pour en faire du commerce. Vous dites que vous êtes journalistes, mais en réalité, vous êtes des enquêteurs pour des projets », lance-t-il avec méfiance. Un autre pépiniériste, sous couvert d’anonymat, explique : « Cet homme n’est pas un producteur formel. Il profite de l’arrivée des clients pour proposer ses services, d’où sa crainte de perdre sa place. » Ce jardin, un espace géré par l’État, est dédié à la production et à la vente de plantes. Habituellement, l’hivernage attire propriétaires de champs, particuliers et ONG. Cependant, depuis quatre ans, les ventes chutent, selon les producteurs. Ils attribuent cette baisse à la conjoncture économique du pays. « L’hivernage, c’est notre haute saison. Nous produisons pour répondre à la demande mais, ces dernières années, la différence entre saison sèche et pluvieuse est quasi inexistante », déplore Aboubacar Sidiki Compaoré, pépiniériste et musicien. « En dehors de la musique, j’ai choisi ce métier, car il peut rapporter plus que l’art », ajoute-t-il. Bakary Diarra, originaire de Kolokani, dans la région de Koulikoro, partage ce constat : « Pas de ventes. Nous sommes en août mais les clients ne viennent pas. L’hivernage est notre seule période pour booster notre chiffre d’affaires. La situation économique touche tous les secteurs. » Pour dynamiser leur activité, les pépiniéristes des six communes de Bamako ont créé une coopérative. Facourou Keita, 56 ans, président de la coopérative de la Commune VI, travaille dans ce secteur depuis plus de trente ans. « J’ai tout connu dans la production et la vente de plantes. C’est un métier que j’aime. Protéger l’environnement en plantant des arbres est une passion », confie-t-il, vêtu d’un t-shirt vert et d’un pantalon noir. Assis face à trois de ses cinq ouvriers – les deux autres étant partis aux champs faute de clients –, il déplore le manque de formations pour les pépiniéristes. « Nos efforts ne portent pas leurs fruits. L’État devrait valoriser ce secteur, car le développement d’un pays passe aussi par l’environnement », insiste-t-il, appelant à des programmes de renforcement des capacités. En deux heures sur place, un seul client, M’Famoussa Diawara, est venu acheter 20 plants de manguiers, d’orangers et de goyaviers. « Les prix sont plus élevés cette année par rapport aux années précédentes », note-t-il. Il suggère que l’État régule les prix et subventionne certaines plantes pour les rendre plus accessibles. Cette rareté de la clientèle chez les pépiniéristes, en cette période d’hivernage, peut s’expliquer par diverses raisons. En tout cas, c’est ce que nous dit Markatié Daou, journaliste, qui s’intéresse aux questions de la protection de l’environnement. « Cette année les pluies ont pris du retard ou elles tombent de façon irrégulière. La deuxième raison : la situation économique du pays qui a une répercussion sur les ménages », avance-t-il. Il ajoute que « beaucoup d’ONG, qui finançaient les campagnes de reboisement, sont en situation de crise financière ou ont quitté le Mali. La situation sécuritaire joue, également, sur la campagne. Certains sites à reboiser sont infestés d’éléments armés. » Quant à Papa Namory Traoré, ingénieur en environnement et santé publique, il estime que la plupart des agriculteurs n’achètent plus les pépinières. « Ils travaillent en réseau maintenant. Ils forment des coopératives qui leur permettent dacheter des plantes entre eux », précise-t-il. « Je ne suis pas spécialiste du domaine mais, je crois que c’est l’offre et la demande. Il se peut aussi que d’autres paramètres viennent s’ajouter, comme la vie chère », argumente le spécialiste de l’environnement. M. Traoré conclut : « J’ai des arbres fruitiers dans mon champ. Je suis, aussi, dans des réseaux et coopératives agricoles. Dans ma coopérative, nous sommes plus de mille personnes à travers tout le Mali. » MMD/MD (AMAP)

Macina : une cinquantaine de pinasses, en provenance de zones sous embargo de groupes armés terroristes, s’approvisionnent

Macina, 19 août (AMAP) Un convoi de plus de 50 pinasses est arrivé, entre le 17 et le 18 août 2025, à Macina (Centre), par ce seul moyen de transport en période de hautes eaux, en provenance de Komara, Diafarabé, Nouh Bozo, localités sous embargo de groupes armés terroristes, a constaté l’AMAP sur place. Ce type de convoi est la seule possibilité pour les populations sous embargo de se ravitailler  en denrées alimentaires et produits de premières nécessité (mil, riz, maïs, sucre, sel, condiments etc.) pour deux ou trois mois de provisions. Ces déplacements sont rendus possibles grâce aux forces de défense et de sécurité que les populations bénéficiaires remercient et félicitent Ces populations déprimées, sous le poids de l’embargo, lancent un cri de cœur aux autorités maliennes afin de mettre fin à leurs souffrances. Sans vivres, condiments et autres denrées de première nécessité, elles sont privées de cultures hivernales, laissant présager, déjà, des jours difficiles sans nourriture. Le retour du convoi est prévu sous escorte militaire quand les embarcations auront fini de charger leurs achats de provision Méfiants, ces compatriotes des deux cercles Macina et Tenenkou (Centre), en proie  à l’insécurité, n’ont voulu aucun contact avec la presse. DG/MD (AMAP)

12e Conférence des ministres de l’Observatoire des fonctions publiques africaines : Les experts balisent le terrain

Bamako, le 21 août (AMAP) Des experts des 26 pays membres de l’Observatoire des fonctions publiques africaines (OFPA), ont entamé, ce jeudi 21 août, à Bamako, au Mali, deux jours de travaux portant, entre autres, sur l’examen et l’adoption du compte-rendu de la 11e session, du budget 2025, 2026, l’examen et l’analyse des rapports financiers du secrétaire exécutif, a constaté l’AMAP. Cette rencontre des experts précède la 12ème Conférence des ministres de l’OFPA, le 23 août 2025, que le Mali accueille pour la première fois. Le ministre malien du Travail, de la Fonction publique et du Dialogue social, Fassoum Coulibaly, a présidé la cérémonie d’ouverture des travaux  des experts. L’OFPA, une institution régionale créée le 05 novembre 1991, à Cotonou (Bénin) regroupant 26 pays dont le Mali, a pour mission essentielle « de participer aux réflexions sur l’évolution du rôle de l’Etat face aux défis du respect de la gouvernance, de la démocratie, de l’Etat de droit et des droits de l’Homme ainsi que la modernisation de l’Etat et de  l’Administration, dans le respect de la souveraineté des Etats. » A cet effet, l’OFPA est chargé, entre autres, « de collecter, traiter, diffuser les informations sur l’état des Fonctions publiques africaines et constituer des banques de données et un fonds humanitaire, d’identifier les problèmes communs aux Fonctions publiques africaines et proposer des solutions adaptées », a rappelé Fassoum Coulibaly. C’est en 2018, lors de la 11ème Conférence des ministres, tenue à Cotonou au (Bénin), que la présidence de l’OFPA a été confiée au Mali. Selon le ministre du Travail, la présente Conférence « vise à débattre des difficultés que traverse l’institution, les défis à relever afin de lui donner une nouvelle impulsion. » « Elle permettra aux pays membres de donner un nouvel élan à l’institution afin qu’elle joue son rôle avant-gardiste pour des Fonctions publiques plus productives », a-t-il indiqué, avant de souligner que cette rencontre sera « un cadre d’échanges pour chaque pays membre de décliner ses priorités dans les domaines d’intervention afin de trouver des solutions idoines aux difficultés qu’il rencontre. » OD/MD (AMAP)