Pénurie de carburant : Grosse lueur d’espoir à Bamako

Bamako, le 25 nov (AMAP) Comme une traînée de poudre, la nouvelle s’est répandue aussi vite que celle qui annonçait, ces derniers mois, l’arrivée de camions citernes dans une station-service ! Moins de files devant les points de distribution d’essence, contrairement à la période du pic de la crise des hydrocarbures. Fluidité devant les pompes… du moins dans certaines stations-service en Commune III du District de Bamako. Les quelques clients en rang n’ont plus l’angoisse, ce mardi 25 novembre, de s’entendre dire : « A bana » (C’est fini)… Chacun est ravi d’être servi en moins de 20 minutes. Jean, pantalon moulant, tee-shirt rose mettant, teint un peu clair, éclairci, pour être exact Aïcha Touré, âgée 18 ans, n’en revient pas. Sa joie et son excitation sont à la mesure de la nouvelle ! Notre jeune interlocuteur affiche une mine réjouie. Satisfaction et surprise de pouvoir faire le plein de carburant de sa moto « en si peu de temps ! ». « Que c’est réjouissant après plusieurs semaines douloureuses à la quête de l’essence pour pouvoir faire ses courses » dit-elle. Plus d’un la prenait pour une folle. Non, loin de là ! Presque tout le monde était en liesse. Cette scène se passe à Samè Cité des rails. Précisément à la descente, du côté de ce quartier en direction de Kati. Au bas de la colline du quartier, pas de file. « C’est la première fois que nous éprouvons un soulagement depuis la crise du carburant…On se demande par quel miracle l’État a pu faire cela », se réjouit un jeune homme. À N’Tomikorobougou, Badialan III, III, I, Samè, Bolibana, entre autres … c’est le soulagement. OD/MD (AMAP)

Mopti (Centre) : L’armée neutralise un dépôt de carburant terroriste, selon l’Etat-major

Bamako, 26 nov (AMAP) L’état-major général des Armées annonce que les vecteurs aériens des FAMa ont répéré et neutralisé, mardi, « avec efficacité un dépôt de carburant appartenant aux terroristes, situé à 19 km au nord de Sofara, dans la Région de Mopti (Centre). Des frappes, dans le « cadre de la surveillance du territoire » ont, également, détruit « une base des Groupes armés terroristes à 30 km à l’est de Tidermène et à 80 km au nord de Menaka », dans le Nord du Mali, ajoute le communiqué de l’armée. L’état-major général des Armées rassure la population du plein «engagement des Forces armées maliennes (FAMa) dans la lutte contre les terroristes sur l’ensemble du territoire.) MMD/MD (AMAP)

Journée des Droits de l’Enfant à San : Plaidoyers de haut niveau en faveur de la Planification et la budgétisation sensibles aux droits de l’enfant

San, 26 nov (AMAP) La Journée internationale des droits de l’enfant dont la 36e anniversaire a été célébrée, mardi, 25 novembre 2025 à Santoro et Karantéla, est destinée à mener des plaidoyers de haut niveau pour renforcer les mesures politiques, législatives et institutionnelles en faveur de la Planification et la budgétisation sensibles aux droits de l’enfant, a indiqué le conseiller aux Affaires économiques et financières du gouverneur de la Région de San (Centre), Seydou Bagayoko. M. Bagayoko, qui a présidé la cérémonie, a poursuivi : « Les objectifs spécifiques visent à favoriser la participation active des enfants à travers l’élaboration d’un mémorandum contenant des recommandations concrètes, pertinentes et actionnables, formulées par les enfants eux-mêmes, à l’occasion de la Journée mondiale de l’enfance (novembre 2025), » Il s’agit, aussi, de renforcer les capacités des enfants à porter le plaidoyer sur la planification et la budgétisation sensibles aux enfants, réaliser des sessions de plaidoyer auprès des autorités (présidence, gouvernement, Conseil national de la Transition, Conseil économique, social, culturel et environnemental). Il s’agit, tout aussi, à travers cette édition, « d’organiser un atelier impliquant tous les acteurs étatiques concernés, les Partenaires techniques et financiers et les enfants pour élaborer des notes budgétaires sectorielles selon les priorités choisies par les enfants et la finalisation du document de plaidoyer avec des recommandations fortes et actionnables. » Il faut, également informer et sensibiliser les décideurs, la population, le secteur privé, les femmes et les enfants aux niveaux national, régional et local sur la Planification et la budgétisation sensibles aux droits de l’enfant. Parlant de la situation des droits de l’enfant au Mali, M. Bagayoko a dit, à cet effet, que « notre pays a enregistré, ces dernières années, des progrès significatifs en matière de réduction de la pauvreté et des inégalités, contribuant à l’amélioration des droits de l’enfant. » « Toutefois, de nombreux enfants restent confrontés à des privations majeures limitant la pleine réalisation de leurs droits’, a alerté. le conseiller aux Affaires économiques et financières. Les données de pauvreté révèlent, également une forte exposition des enfants aux privations multiples : en 2021, 28 % des enfants manquaient d’au moins trois services importants pour leur bien-être, (santé, éducation, eau, hygiène, nourriture, logement sûr, énergie et protection). Ce taux a augmenté pour atteindre 35,6 % en 2024, selon les données provisoires. S’agissant de l’intégration des droits de l’enfant dans la planification à  l’échelle sectorielle, plusieurs documents de planification prennent en compte les problématiques spécifiques aux enfants, notamment le Programme de développement socio-sanitaire (PRODESS), depuis sa première génération en 1998 jusqu’à la cinquième actuellement en cours, couvre notamment la santé maternelle et infantile. La Politique nationale de nutrition (2011–2021), en cours de révision, continue de cibler la malnutrition des enfants de moins de cinq ans de manière holistique ; le Programme décennal de l’éducation (PRODEC II) propose des réformes éducatives multisectorielles, la stratégie WASH en milieu scolaire (2018–2025), révisée en 2021, prend en compte les enjeux d’hygiène menstruelle. « Depuis 2010, l’intégration des enjeux liés aux enfants dans les documents de planification s’est renforcée, avec des interventions de plus en plus multisectorielles, sensibles au genre et inclusives des enfants vulnérables ou marginalisés », a fait remarquer le conseiller aux affaires économiques et financières. En ce qui concerne la budgétisation sensible aux droits de l’enfant, le représentant du gouverneur a affirmé que dans le secteur de l’Education, les dépenses ont plus que doublé, passant de 233 milliards Fcfa en 2010 à 558 milliards Fcfa en 2025 (+105 %). L’éducation de base représente près de la moitié de ces dépenses, avec une croissance de 19% entre 2018 et 2024. L’éducation secondaire générale, bien que modestement financée, est passée de 9 à 65 milliards Fcfa sur la même période. Toutefois, la part du budget national consacrée à l’Education est restée relativement stable, autour de 19–20 %. Les dépenses dans le secteur de la Santé ont augmenté de 29% entre 2011 et 2025, passant de 120 à 154,4 milliards FCFA. Malgré cette hausse, leur part dans le budget total reste autour de 7 %. Les programmes de Soins de santé primaires et de lutte contre la maladie en absorbent environ un tiers. Les dépenses pour la disponibilité de médicaments et de vaccins, bien qu’en forte progression (de 9 à 65 milliards Fcfa entre 2018 et 2024), demeurent insuffisantes face aux besoins. Les états généraux sur la situation de la femme, de l’enfant et de la famille tenus dans toutes les Régions du Mali et du District de Bamako ont, pour une meilleure prise en compte des besoins spécifiques des enfants, notamment des filles et des enfants en situation de vulnérabilité, entre autres, recommandé la planification et la budgétisation sensibles aux droits de l’enfant. Outre des autorités administratives, on notait aussi la présence, à cette célébration, des représentants des services techniques déconcentrés de l’État, des légitimités traditionnelles, des organisations de la Société civile, des enfants venus majoritairement d’écoles professionnelles et de l’orphelinat Dofini de Parana. NC/MD (AMAP)

Journalisme de solution, lutte contre la désinformation et discours de haine : 90 journalistes outillés

Bamako, 25 nov (AMAP) Quelque 90 journalistes et blogueurs, ont été formés en journalisme de solution, sur la lutte contre la désinformation et les discours de haine, pendant deux jours (24-25 novembre 2025), au centre Abbé David, de Sébénicoro, à Bamako. Cette session de formation est une initiative du groupe de presse Mali-Tribune, en partenariat avec le ministère des Affaires étrangères du Danemark et le Fonds d’appui aux moteurs de changement (FAMOC), dans le cadre du projet : Campagne de communication sur « la coexistence pacifique ». La responsable du projet, Aminata Yattara s’est rejouie de la réussite de la formation. « Nous sommes dans un pays qui traverse aujourd’hui une multitude de crises et comment nous, journalistes, on peut faire face à ces crises, comment apaiser la population tout en faisant notre travail, en étant intègres et équilibres dans le traitement de l’information », a dit Mme Yattara. Elle a fait savoir que ce projet de formation a été orienté sur «  le journalisme de solution » pour renforcer les capacités, non seulement, des journalistes de la rédaction de Mali-Tribune mais, aussi, des journalistes d’autres rédactions et certains blogueurs. La première journée a été consacrée au « journalisme de solution », exposé par le Alex Kalambry, directeur du Groupe de presse Mali-Tribune. Dans ses explications M. Kalambry a développé les modulessur « comprendre le journalisme de solution », « repenser le rôle du journalisme », « identifier un sujet solutionnable », entre autres. Il a souligné que le journalisme de solution « est une démarche journalistique rigoureuse qui consiste à enquêter sur les problèmes et sur les réponses apportées à ces problèmes, en évaluant leur efficacité, leurs limites et les enseignements qu’elles offrent. » Selon le journaliste formateur, il ne s’agit pas d’un journalisme « de compliments, ni de communication intentionnelle, c’est un journalisme d’enquête, fondé sur des faits vérifiables et qui cherche à répondre à une question simple. » « Il n’est pas centré sur l’émotion, il est centré sur l’impact réel, sur les mécanismes qui expliquent les résultats et sur les limites de la réponse étudiée », a-t-il précisé. Lors de deuxième journée, les échanges ont porté sur l’éthique et la responsabilité sociale du journalisme (la définition de la déontologie du journalisme, le respect de la vérité, l’honnêteté et l’exactitude, l’impartialité et l’indépendance, l’équité, la protection des sources)  et sur la désinformation et vérification des faits. Ces sujets ont été présentés par le directeur technique de l’Agence nationale de presse du Mali, Moussa Diarra. ST/MD (AMAP)

16 jours d’activisme : le Mali mobilisé contre les violences faites aux femmes et aux filles

Bamako, 25 nov (AMAP) La campagne des 16 jours d’activisme contre les violences basées sur le genre, a démarré, mardi, Journée internationale contre les violences faites aux femmes, celebree au Centre international de conférences de Bamako (CICB), sous la présidence de la ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, Mme Diarra Djénéba Sanogo. Dans son intervention, Mme Diarra a rappelé que la communauté internationale a décidé, cette année, de mettre l’accent sur les violences numériques, à travers le thème : « Unité pour mettre fin à la violence numérique contre toutes les femmes et les filles ». Elle a souligné qu’à l’échelle mondiale, une femme sur trois subit des violences physiques ou sexuelles au cours de sa vie. En 2025, 117 pays ont déclaré agir contre les violences numériques, mais les efforts demeurent dispersés face à un phénomène transnational. Le Mali, pour sa part, a retenu le thème national : « L’utilisation responsable des réseaux sociaux, gage de protection, de promotion et de préservation des valeurs culturelles des femmes et des filles au Mali ». Selon Mme Diarra Djénéba Sanogo, l’objectif est de sensibiliser les autorités politiques, administratives, religieuses ainsi que les populations sur les violences numériques, afin d’assurer une meilleure prévention et des réponses adéquates à toutes les formes de violences dirigées contre les femmes et les filles. De son côté, le représentant de l’UNICEF, Pierre Ngom, a rappelé que  « la violence numérique constitue une forme de violence en pleine expansion, amplifiée par les nouvelles technologies et difficile à encadrer juridiquement. Selon lui, « ces violences en ligne réduisent au silence les femmes, les isolent et fragilisent leur participation à la vie publique mais, aussi, leur accès aux opportunités sociales, éducatives, économiques et politiques. » Le représentant résident de l’UNICEF a, également, précisé que, « malgré les progrès, une femme sur trois dans le monde continue de subir des violences physiques ou sexuelles au cours de sa vie. » L’espace numérique, quant à lui, génère de nouvelles formes de menaces : abus d’images, deepfakes, désinformation sexiste, harcèlement coordonné, traque numérique, entre autres. Les données disponibles indiquent que la violence numérique touche entre 16 et 58% des femmes et des filles, selon les contextes, et qu’elle est souvent liée à des violences hors ligne, y compris des féminicides. Les femmes journalistes, responsables politiques, défenseures des droits humains et jeunes femmes figurent parmi les cibles les plus exposées. AC/MD (AMAP)  

Mali : Formation de deux jours en journalisme de solution, sur la lutte contre la désinformation et les discours de haine 

Bamako, 24 nov (AMAP) Le groupe de presse Mali-Tribune, en partenariat avec le ministère des Affaires étrangères du Danemark et le Fonds d’appui aux moteurs du changement (FAMOC), organise, depuis lundi matin, au centre Abbé David, de Sébénicoro, une session de formation au profit d’une cinquantaine de journalistes et bloggeurs sur le journalisme de solution, la lutte contre la désinformation et les discours de haine. Selon Aminata Yattara du Grouge de presse Mali-Tribune, cette session de formation de formation de deux jours (24-25 novembrec2025)a été initiée dans le cadre de la subvention que « nous avons obtenue sur le thème : La coexistence pacifique ». « Notre pays traverse, depuis des années, des tensions, des fractures sociales, des incompréhensions communautaires et des crises multiformes qui ont profondément affecté la cohésion nationale », a-t-elle rappelé. « Pourtant, au cœur de ces épreuves, de nombreuses initiatives locales, citoyennes, religieuses, institutionnelles ou traditionnelles œuvrent chaque jour pour maintenir des ponts, rétablir la confiance, apaiser les conflits et reconstruire des liens de paix », a dit Aminata Yattara. Mais, « malheureusement, ces efforts restent souvent invisibles dans l’espace médiatique », a-t-elle déploré. « Notre responsabilité, en tant que journalistes, est de les rendre visibles. Il ne s’agit pas d’embellir la réalité ou de produire des récits naïfs, il s’agit de chercher, documenter et expliquer ce qui fonctionne, ce qui apaise, ce qui redonne de l’espoir avec la même rigueur que celle que nous appliquons lorsque nous enquêtons sur les problèmes. » Elle a expliqué que « le journalisme de solutions n’est pas un journalisme de bonne nouvelle. C’est un journalisme rigoureux, utile, responsable, et constructif. » Elle a précisé que les résultats attendus de cette formation sont d’identifier des réponses crédibles et pertinentes aux défis de coexistence pacifique, d’enquêter sur les initiatives porteuses, d’analyser leurs résultats, leurs limites et leurs enseignements et de produire des articles approfondis, équilibrés et inspirants, au service du public. Aminata Yattara a exprimé sa gratitude au FAMOC pour la confiance placée en sa rédaction. « Cette subvention n’est pas seulement un appui financier, elle représente un investissement dans une presse engagée, rigoureuse et capable d’apporter un regard neuf sur les défis auxquels notre pays est confronté », a fait savoir Mme Yattara.   ST/MD (AMAP)      

Kangaba : Fin de la formation des jeunes ruraux ayant choisi les filières techniques de production maraîchère

Kangaba, 24 nov (AMAP) Quelque 37 jeunes ruraux dont 22 hommes et 15 femmes de Kangaba (Ouest), en attente de financement, ont pris part à une formation, du mardi au samedi, dans le cadre du deuxième Projet formation professionnelle, insertion et appui à l’entrepreneuriat des jeunes ruraux (FIER II). Les apprenants qui ont choisi les filières techniques de production maraîchère, vont, durant cinq jours, planché sur trois thèmes principaux : les itinéraires techniques de la culture de la tomate, du gombo et de la pomme de terre, la fabrication et l’utilisation du compost liquide et le Bokachi, la fabrication et l’utilisation des bio pesticides. Les formations pratiques se sont déroulées dans le jardin maraîcher des femmes de Kangaba. Ces dernières ont partagé leur expérience avec les nouveaux apprenants qui viennent de boucler ainsi leur formation théorique. Ces jeunes hommes et femmes sont pressés d’avoir leur financement pour s’installer à leur propre compte afin de participer pleinement au développement local. Fini l’exode rural et les départs vers les pays étrangers pour ces jeunes ruraux. SD/MD (AMAP)

Crise d’adolescence : A prendre avec des pincettes

Par Maimouna SOW Bamako, 24 nov (AMAP) La puberté est la période d’adolescence durant lequel, le corps se modifie pour permettre la reproduction. Ces changements durent plusieurs années et influent sur l’ensemble de la personnalité, s’ils ne sont pas compris par les parents. Cela, assure le psychologue, crée des conflits parents-enfants. L’adolescent devient agressif et irrespectueux à l’école, par exemple. Triste comme la pluie, B.16 ans, prépare son couchage sous le regard indifférent du flot humain qui écume ce soir de février 2025 « vox da ». Il s’apprête à passer sa 32è nuit ici sur des morceaux de cartons recouverts d’un haillon en guise de drap. La nonchalance avec laquelle il fait son « lit », trahit son amertume de cette vie de clodo à laquelle sa fugue l’expose. « Je me retrouve ici à cause de l’hostilité entre mon oncle et moi. Il me battait sans arrêt et, souvent, pour des raisons que j’ignore toujours », se lamente-t-il. Il y a environ deux mois, ajoute l’adolescent, une dame m’a reconduit à la maison et en suppliant mon oncle de me pardonner mais, il a juré que même si le bon Dieu descendait sur terre, il ne me tolérerait pas. Dépité, le garçon déborde de rancœur et se résigne à vivre dans ce lieu dangereux qui est, pour lui, un havre de paix. Rassurez-vous, ce gamin n’est pas un délinquant. Au contraire, il travaille honnêtement comme apprenti de Sotrama (Véhicule de transport en commun), ces pataches dans lesquelles les Bamakois se serrent, tous les jours, qui pour aller au bureau, qui pour aller au marché. Issu d’une famille où sa mère est mariée à un autre, sevré de relation père-fils, Barou en est à sa troisième fugue en deux ans. Il affirme que sa grand-mère n’accepte pas qu’il soit dans la rue. Elle envoie des personnes le chercher souvent mais, le garçon ne se sent pas en sécurité avec son oncle. Il préfère prendre ses distances. Pourtant, son vœu est de vivre dans un environnement normal, en famille, comme tous les enfants. Comme lui, beaucoup d’adolescents rejoignent la rue alors qu’ils ont de la famille dont les revenus leur éviteraient l’aventure. A.A a suivi B., quand il était chef de division du Centre d’accueil et d’orientation (CEAO). Une structure qui, par manque de financement, a cessé d’exister. Mauvaise nouvelle pour la kyrielle d’adolescents qui boivent dans la grossière coupe de la vie de clochard. Barou fait partie des neuf adolescents dont Ali suivait la réconciliation et le retour en famille en 2022. « Ce n’est pas un enfant raté, rassure-t-il, parlant de Barou. « Ce sont  juste les affres de l’adolescence qui ont pris le dessus sur lui », précise-t-il. « Le jeune homme vivait chez sa grand-mère avec son père et son oncle à Lafiabougou Bougoudani. J’ai été dans leur famille. L’oncle lui reproche de mauvaises fréquentations, son indiscipline, son manque de considération et un relâchement à l’école », dit le professionnel. « Il se pavane dans les champs avec des amis peu recommandables. Il a été une fois surpris en train de prendre de l’alcool avec les enfants du quartier lors d’une fête de Noël », a rapporté l’agent de CEAO. Pour le spécialiste, la plupart de ceux qu’il accompagne ont l’imagination débordante. « Exemple, relate-il, quand j’ai demandé à l’enfant, (B.) ce qu’il veut faire de sa vie, il me répond qu’il a un plan pour éradiquer la faim au Mali. Il veut se lancer dans l’agriculture et la pisciculture. » « Je l’ai écouté attentivement et lui ai expliqué que ce sont des rêves d’enfants, Je l’ai assuré qu’il mérite d’être accompagné même si c’est avec les mots. C’est, d’ailleurs, ce que j’ai expliqué à son oncle : il faut le comprendre, il est en période de puberté, et pense que ses idées et imaginations sont réalisables. D’un côté, sans ironiser ses propos, il faut le laisser tenter ses expériences car la vie va se charger de lui montrer ses limites. D’un autre côté, son oncle doit lui faire croire qu’il peut tout faire mais en parallèle avec les études qui sont prioritaires », a expliqué Ali. Selon le spécialiste, beaucoup de parents pensent qu’il suffit d’assurer la nourriture, la santé, le transport, etc. à l’enfant, pour qu’il soit sage. « Il faut, soutient-il, beaucoup plus que cela. » « L’enfant a besoin d’être rassuré, compris, protégé. En plus, il faut de la communication. C’est ce qui fait défaut dans nos familles. Les parents ont des enfants mais n’ont pas le temps pour eux », regrette-t-il. Ajoutant que les parents pensent que leur rôle, c’est d’imposer les choses et par la suite réprimander. « A l’adolescence, poursuit A., beaucoup se révoltent et deviennent parfois violents. C’est qui fait que l’enfant se sent mieux avec ses amis qu’avec ses parents. » PERIODE DE TRANSITION – Cependant, l’adolescence est une période de transition entre l’enfance et la vie adulte. Elle nécessite une transformation sur tous les plans : physique, psychologique, intellectuel et social. Elle commence avec le début de la puberté, de 10 à 19 ans. La crise d’adolescence est faite de troubles, de sautes d’humeurs, d’attitudes de défiance, d’affirmation de soi, d’opposition aux parents, besoin d’intimité et d’excès de confiance en soi face aux adultes. C’est, aussi, une période de créativité, de rêverie et d’expériences. Ce passage de la vie de l’enfant n’est très pour les parents qui veulent s’imposer. En effet, beaucoup de parents passent mal ce moment. Ils sont indignés, impuissants et voient leur autorité contestée et bafouée. Pour certains parents, comme Malado Kanté, cette crise laisse de bien mauvais souvenirs. Elle l’a pris de plein fouet avec le cas de sa fille. D’après cette maman, son enfant de 16 ans, est devenue « si bizarre », qu’elle l’avait crue envoutée. « Elle fréquentait une personne qui avait l’âge de son père. Quand on lui a interdit de le voir, elle passait plus de temps avec lui. Elle a été punie de toutes les manières possibles mais en vain », raconte Malado. « J’ai eu peur qu’elle fugue avec lui. Et, cerise sur le gâteau : elle a osé réunir toute la famille un

Projet communautaire de relèvement et de stabilisation du Sahel et projet Malidenko: Session des Comités d’orientation et de pilotage

Bamako, 24 nov (AMAP) La 7ᵉ session du Comité d’orientation et de pilotage du Projet communautaire de relèvement et de stabilisation du Sahel (PCRSS) et de la 2ᵉ session du Comité d’orientation et de pilotage du Projet de résilience communautaire et de services inclusifs au Mali (Malidenko) ont démarré ce lundi au ministère en charge de la Réconciliation nationale et de la Paix. Cette rencontre revêt une importance toute particulière, selon le ministre de la Réconciliation nationale et de la Paix, le général de corps d’Armée Ismaël Wagué, en ce qu’ « elle constitue un espace stratégique d’échanges, d’évaluation et d’orientation, permettant d’apprécier les avancées réalisées, de mettre en lumière les résultats probants enregistrés sur le terrain. » Elle permet, également, « d’identifier avec lucidité les défis persistants et de dégager des directives claires pour la poursuite harmonieuse et efficace de nos interventions. » Cette session, a précisé le ministre Wagué, permet d’examiner plusieurs documents essentiels relatifs à la poursuite de la mise en œuvre du PCRSS et du projet Malidenko pour l’exercice 2026. Il s’agit notamment de « l’état d’exécution des recommandations issues de la session précédente, de faire le compte rendu des travaux de ladite session, du rapport d’activités couvrant la période de janvier à septembre 2025, ainsi que du plan de travail et du budget annuel (PTBA) 2026. » « Au 30 septembre 2025, les résultats obtenus illustrent non seulement la pertinence et l’efficacité de l’approche de Développement conduit par les communautés (DCC) mais, également, la qualité de la coordination institutionnelle, la mobilisation soutenue de l’ensemble des acteurs et l’implication dynamique des communautés de base », a ajouté le ministre en charge de la Réconciliation nationale. « Si les avancées enregistrées méritent d’être saluées, elles nous interpellent aussi sur la nécessité de préserver cet élan, de redoubler d’efforts et d’accélérer l’exécution des activités afin d’atteindre pleinement les objectifs assignés », a-t-il reconnu. Par ailleurs, il a invité les participants à aborder les travaux de cette session avec « le sens de la responsabilité, la hauteur de vue et la rigueur méthodologique qui ont toujours caractérisé (leurs) engagements ». « Les orientations et décisions que nous adopterons, au terme de nos échanges, auront des répercussions directes sur la stabilité, le relèvement socio-économique et la cohésion des communautés dans les zones d’intervention », a-t-il ajouté. Le coordinateur du projet Malidenko, Amadou Traoré, a rappelé qu’il s’agit d’un projet dont l’objectif est de doter les communautés rurales d’infrastructures sociales de base, résilientes aux changements climatiques. Le projet a démarré en février 2025 pour une durée de quatre ans. Les zones d’intervention sont six régions dans le Nord du Mali (Kidal, Taoudénit, Tombouctou) et trois dans l’Ouest (Kayes, Nioro, Nara) Aliou N’Diaye, spécialiste du suivi-évaluation du projet PCRSS, a affirmé qu’« en termes d’acquis, le projet a beaucoup apporté dans les différents secteurs, notamment l’éducation, la santé, l’hydraulique, le commerce dans ces zones d’intervention. Aujourd’hui, plus de 184 projets ont été réalisés dans ces zones. » MMD/MD (AMAP)

Frappes aériennes des FAMa dans la Région de Kidal (Communiqué)

Bamako, 23 nov (AMAP) Les Forces armées maliennes (FAMa) ont mené samedi, 21 novembre 2025, deux frappes ciblées dans la Région de Kidal (Nord), a annoncé l’état-major général des Armées dans un communiqué. À 5 km au sud d’Abeïbara, un véhicule logistique terroriste camouflé sous une bâche a été détruit par une frappe aérienne, provoquant une violente explosion. Dans la foulée, un second objectif abritant un regroupement de terroristes a été neutralisé par une frappe distincte, selon la même source. « Ces objectifs, précise le communiqué, avaient fait l’objet d’une observation prolongée avant leur traitement. » L’état-major général des Armées indique que les opérations de recherche et de destruction des refuges terroristes « se poursuivent activement sur l’ensemble du théâtre nord. » OS/MD (AMAP)