Communiqué du Conseil des Ministres du vendredi 10 juillet 2026

Le Conseil des Ministres s’est réuni en session ordinaire, le vendredi 10 juillet 2026, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba, sous la présidence du Général d’Armée Assimi GOITA, Président de la Transition, Chef de l’Etat. Après examen des points inscrits à l’ordre du jour, le Conseil a : adopté un projet de texte ; et entendu des communications. AU CHAPITRE DES MESURES LEGISLATIVES ET REGLEMENTAIRES Sur le rapport du ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat, des Domaines, de l’Aménagement du Territoire et de la Population, le Conseil des Ministres a adopté un projet de décret portant affectation, au Ministère de l’Agriculture, des parcelles de terrain objet des Titres fonciers n°288748, n°288749, n°288750 et n°288751 du Cercle de Kati, sises à Samanko, Commune rurale du Mandé. Les parcelles de terrain, de superficies respectives de 4 hectares 22 ares 35 centiares, 50 hectares 32 ares 27 centiares, 9 hectares 12 ares 23 centiares et de 22 hectares 35 ares 22 centiares du Cercle de Kati, sises à Samanko, Commune rurale du Mandé sont destinées à satisfaire les besoins de certains services du Ministère de l’Agriculture. L’affectation de ces parcelles permettra de sauvegarder la vocation agricole du site et de promouvoir les activités agricoles techniques se rapportant, notamment aux cultures sèches, irriguées et maraichères. AU CHAPITRE DES COMMUNICATIONS Le ministre d’Etat, ministre de l’Economie et des Finances a informé le Conseil des Ministres : des conclusions de la 2ème Session ordinaire du Conseil des Ministres de l’Union Monétaire Ouest Africaine, au titre de l’année 2026, tenue le 3 juillet 2026, à Ouagadougou au Burkina Faso. Au cours des travaux de cette 2ème Session, le Conseil a pris plusieurs décisions visant à consolider la stabilité macroéconomique de l’Union, renforcer la convergence des politiques économiques, améliorer la stabilité financière et à assurer une gouvernance rigoureuse des organes et institutions de l’Union. Le Conseil a également approuvé : le rapport de la surveillance multilatérale de juin 2026 et la recommandation relative aux orientations de politique économique aux Etats membres pour l’année 2027 ; le règlement établissant les procédures communautaires pour l’autorisation de mise sur le marché et la surveillance des médicaments vétérinaires ; le budget de l’Institution, au titre de l’exercice 2026, le renouvellement des mandats ainsi que les nominations des membres de son collège ; le mécanisme d’opérationnalisation du Fonds de Stabilité financière de l’Union Monétaire Ouest Africaine. des conclusions de la réunion des ministres chargés du Secteur des Assurances des Etats membres de la Conférence interafricaine des Marchés d’Assurances, tenue le 3 juillet 2026, à Ouagadougou au Burkina Faso. L’un des principaux objectifs de la Conférence interafricaine des Marchés d’Assurances est de renforcer la coopération dans le domaine des assurances dans les Etats membres en instituant un marché élargi et intégré de l’industrie des assurances, réunissant les conditions d’un équilibre satisfaisant au point de vue technique, économique et financier. Au cours de la réunion, le Conseil a adopté entre autres : le compte-rendu de la réunion, tenue le 19 décembre 2025, à Bata en République de Guinée Equatoriale ; les comptes-rendus de l’exécution des budgets de la Conférence et de l’Institut international des Assurances, au titre de l’exercice 2025 ; le Règlement modifiant les dispositions relatives à l’interdiction de distribution des dividendes des entreprises d’assurance et de réassurance et au capital social des entreprises de microassurance ; le Règlement du concours de recrutement des Commissaires contrôleurs des assurances. Le ministre du Travail, de la Fonction publique et du Dialogue social a informé le Conseil des Ministres de l’organisation d’un atelier d’élaboration d’un guide de bonnes pratiques en matière de Fonction publique dans la Confédération AES, prévu du 26 juillet au 1er août 2026, à Bamako. Dans le cadre de la mise en œuvre de la Feuille de route de l’an II de la Confédération AES, les ministres chargés du Travail, de la Fonction publique et de la Protection sociale de la Confédération des Etats du Sahel, réunis en marge de la Conférence internationale du Travail, ont adopté les Termes de Référence de l’élaboration d’un guide de bonnes pratiques en matière de Fonction publique, d’un guide commun pour harmoniser les pratiques en matière d’embauche et de mobilité des travailleurs et d’une convention de sécurité sociale pour faciliter la portabilité des prestations sociales des travailleurs dans l’espace confédéral. Cet atelier a pour objectif de disposer d’un guide digitalisé de bonnes pratiques en matière de Fonction publique dans l’espace AES. Le ministre de l’Industrie et du Commerce a informé le Conseil des Ministres de la signature de la Charte des Micro, Petites et Moyennes Entreprises au Mali, le 29 juin 2026. Les Micro, Petites et Moyennes Entreprises, qui constituent la base du tissu économique de notre pays, sont confrontées à des difficultés liées, notamment à l’accès au financement, à la sous-traitance, à la commande publique, à la formation et à la technologie. Pour remédier à ces difficultés, le Gouvernement a élaboré, sous forme de convention entre l’Etat et les acteurs du Secteur privé, la Charte des Micro, Petites et Moyennes Entreprises au Mali. La mise en œuvre de cette charte permettra d’améliorer la compétitivité des Micro, Petites et Moyennes Entreprises et de faciliter leur accès au marché et à la sous-traitance. Le ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat, des Domaines, de l’Aménagement du Territoire et de la Population a informé le Conseil des Ministres de la participation du Mali à la réunion des ministres sectoriels des Etats membres de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine, tenue le 26 juin 2026, à Ouagadougou au Burkina Faso. Cette réunion avait pour objet l’examen et l’approbation du projet de Directive relatif à l’harmonisation des règles régissant l’immatriculation foncière en zone urbaine, l’accès au titre de propriété et la mise en place d’un système d’information foncière au sein de l’espace UEMOA. Elle a été précédée de la réunion des Experts, tenue du 23 au 25 juin 2026, qui a examiné et validé ledit projet de Directive. Ce projet de Directive vise à mettre en place un cadre réglementaire harmonisé à l’effet d’assurer la sécurité foncière dans le cadre de la
Portrait : Dr Youssouf Tata Cissé, l’un des plus grands spécialistes des traditions orales africaines

Bamako, 8 juillet (AMAP) Le regard de l’Agence Nationale de Presse du Mali, en cette année dédiée à l’éducation et à la culture, se tourne vers une autre célébrité Malienne qui a marqué son temps et qui a apporté une touche particulière à la culture malienne, africaine et mondiale. Il s’agit de Dr Youssouf Tata Cissé, l’une des figures qui fait briller la culture et les valeurs du Mali à travers le monde. Ethnologue, historien, sociologue et spécialiste des traditions orales africaines, il a consacré sa vie à la collecte, la sauvegarde et à la valorisation du patrimoine culturel du Mandé et de l’Afrique de l’Ouest. Ses œuvres ont profondément contribué à faire reconnaître la tradition orale comme une source légitime de connaissance historique. Ne le 04 mars 1935 à san au Mali. Il grandit dans un environnement profondément marqué par les traditions orales, les récits historiques transmis par les griots et les pratiques culturelles ancestrales. Dès son jeune âge, il manifeste une curiosité particulière pour les savoirs traditionnels et les récits historiques transmis oralement. Cette proximité avec la culture mandingue influencera durablement son orientation intellectuelle. Parcours scolaire et professionnel : Après ses études primaires à l’école élémentaire de San, ancien cercle de la Région de Ségou avant de poursuivre à l’Ecole Normale de Katibougou. A la fin de ses études, Youssouf Tata Cissé a travaillé à la « Mission Haute Vallée du Niger » pour le compte d’un projet de développement agricole (BDPA). Dans le cadre de ses activités professionnelles il a fait beaucoup de tournées dans le mandé où il rencontré en 1959 le célèbre griot Wa Kamissoko. Ce dernier devient par la suite son meilleur ami et son maître qui nourrit son intérêt pour l’histoire du Mandé. Après les indépendances, il a été affecté à l’Institut des Sciences Humaines où il servi comme enseignant chercheur jusqu’ en 1968. A la suite d’un grave accident de circulation, Youssouf Tata CISSE a été évacué en France pour des soins médicaux en 1968. En France, il bénéficia d’une bourse du Fonds d’Aide de la Coopération française. Ce qui lui a permis de s’inscrire à la Sorbonne et poursuivre ses études à l’Ecole des Hautes Etudes Techniques et Pratiques (EHETP). Il poursuit alors des études supérieures en ethnologie et en anthropologie à l’École pratique des hautes études. En 1973, il soutient une thèse de doctorat sous la direction de la célèbre ethnologue Germaine Dieterlen. Son travail, intitulé Un récit initiatique de chasse Boli-Nyanan, porte sur les traditions initiatiques des chasseurs du Mandé. Cette recherche constitue déjà une illustration de ce qui deviendra la marque de toute son œuvre : l’étude scientifique des savoirs transmis oralement. Ses travaux universitaires l’amènent à développer une méthodologie originale associant enquêtes de terrain, collecte de récits traditionnels, analyse historique et interprétation anthropologique. Cette approche lui permettra de devenir l’un des plus grands spécialistes des traditions orales africaines. Il rejoint le Centre national de la recherche scientifique où il mène l’essentiel de sa carrière académique Après ses premières expériences dans l’enseignement au Mali, Youssouf Tata Cissé s’oriente pleinement vers la recherche scientifique. Il rejoint le Centre national de la recherche scientifique où il mène l’essentiel de sa carrière académique. Ses recherches portent principalement sur les sociétés mandingues, les confréries de chasseurs, les mythes fondateurs et les systèmes de pensée africains. Parallèlement à ses activités de chercheur, il enseigne à la Sorbonne. Son enseignement contribue à former plusieurs générations d’étudiants, de chercheurs et d’anthropologues intéressés par l’Afrique de l’Ouest. Une partie importante de son travail repose sur sa collaboration avec Wa Kamissoko, considéré comme l’un des plus grands dépositaires de la mémoire du Mandé. Ensemble, ils parcourent de nombreuses régions du Mali afin d’enregistrer, transcrire et analyser les récits historiques transmis depuis des siècles. Cette collaboration exceptionnelle a permis de préserver un patrimoine culturel qui risquait de disparaître avec la disparition progressive des anciens détenteurs du savoir traditionnel. Membre de la confrérie des chasseurs depuis 1959, il connaît de l’intérieur les rites, les croyances et les systèmes de transmission des connaissances traditionnelles. Cette expérience personnelle enrichit considérablement ses recherches scientifiques. Principales œuvres Parmi ses ouvrages majeurs figurent : Les Fondements de la société d’initiation du Komo (1972), écrit avec Germaine Dieterlen, qui analyse les structures initiatiques bambara. La Grande Geste du Mali (1988), réalisée avec Wa Kamissoko, retrace les origines et la fondation de l’Empire du Mali à travers les traditions mandingues. Soundjata ou la gloire du Mali (1991) constitue l’une des références les plus importantes sur l’épopée du fondateur de l’Empire du Mali. La Confrérie des chasseurs malinké et bambara (1994) est considérée comme son œuvre majeure. Fruit de plus de trente années d’enquêtes, cet ouvrage étudie les mythes, rites et traditions initiatiques des chasseurs ouest-africains. La Charte du Mandé et autres traditions du Mali (2003) contribue à faire connaître l’un des textes fondateurs les plus importants de l’histoire africaine. Disparution Youssouf Tata Cissé s’éteint le 10 décembre 2013 à Paris à l’âge de 78 ans. Sa disparition suscite une vive émotion dans les milieux universitaires, culturels et intellectuels africains. Beaucoup le considèrent comme l’un des plus grands gardiens de la mémoire historiques. En 2010, le Centre d’études linguistiques et historiques par tradition orale de l’Union africaine lui consacre plusieurs conférences-hommages à Bamako, Abidjan et Niamey. En 2019, l’Institut des Sciences Humaines du Mali organise un colloque international intitulé « Youssouf Tata Cissé, un pionnier des sciences humaines et sociales : de l’oralité à l’écriture », afin de célébrer son héritage intellectuel. Son héritage demeure immense. Grâce à ses recherches, des milliers de pages de traditions orales, d’épopées et de récits historiques ont été sauvegardées. Aujourd’hui encore, ses ouvrages constituent des références majeures pour l’étude du Mandé, de l’Empire du Mali et des civilisations africaines. MLHD/KM (AMAP)

