Semaine du Numérique : cybersécurité et confiance numérique au centre des débats sur la souveraineté dans l’AES

Bamako, 31 juillet 2026 (AMAP) Le panel 3 de la Semaine du Numérique, tenu ce vendredi, autour du thème « Cybersécurité et confiance numérique : piliers de la souveraineté », a mis l’accent sur deux sous-thèmes : « État de la cybersécurité au Mali et dans l’espace AES » et « Vulnérabilités prioritaires des systèmes d’information publics et des infrastructures critiques ». Animé par des spécialistes de l’informatique et de la cybercriminalité, le panel réunissait : M. Youssouf Keïta, ingénieur en informatique ; M. Bassirou Porgo, responsable de la digitalisation à la Direction Nationale de l’État Civil ; M. Adama Berthé, ingénieur en informatique à la Présidence ; Mme Goïta Zeinaba BAMANI, responsable de la cybersécurité au ministère de l’Économie et des Finances ; et M. Thomas Alassane Ouattara, conseiller technique à l’Agence nationale de sécurité des systèmes d’information du Burkina Faso. Intervenant lors du panel, M. Youssouf Keïta a défini la souveraineté numérique comme « la capacité d’un État à maîtriser ses infrastructures, ses données, ses technologies, ses compétences, et les règles qui encadrent son fonctionnement, tout en demeurant capable de coopérer avec les autres États ». « La souveraineté, ce n’est pas le fait d’être reclus sur soi-même. Il faut avoir la capacité de coopérer, de choisir et de déterminer son propre schéma », a-t-il précisé. Selon le conférencier, le Mali, le Burkina Faso et le Niger connaissent une accélération de la transformation numérique. Elle est marquée par la dématérialisation progressive des services publics, le développement des infrastructures numériques, l’interconnexion des administrations et la multiplication des plateformes de données. « Depuis 2024, tout le monde parle de dématérialisation, de transformation numérique. On va dans tous les sens : acquisition de plateformes, développement », a-t-il souligné. Cette évolution, a-t-il indiqué, crée de nouvelles opportunités en matière d’efficacité administrative et d’accès aux services. Mais, elle augmente également la surface d’exposition aux cybermenaces. « Lorsqu’on se développe dans le sens de la transformation numérique, on s’expose, parce que cette transformation amène un transfert de gros volumes de données et nécessite l’interconnexion avec d’autres services », a-t-il expliqué. Faisant l’état des lieux, M. Keïta a rappelé que le Mali dispose d’une Stratégie nationale de cybersécurité et de son plan d’action, déjà validés. Il a également salué la création, il y a environ deux semaines, de l’Agence nationale de sécurité des systèmes d’information.« Les trois États disposent d’un cadre institutionnel, ce qui démontre une forme de prise de conscience de la situation », a-t-il affirmé. M. Bassirou Porgo a attiré l’attention sur les enjeux de protection liés à la digitalisation en cours dans les administrations et les entreprises privées. « Les projets de digitalisation sont en cours dans nos administrations et nos entreprises privées. Il faut digitaliser nos systèmes, mais il faut aussi un plan pour leur protection en cas d’attaque », a-t-il déclaré. Pour le conférencier, le renforcement des capacités du personnel est une urgence. « Il faut que les personnels soient compétents. Il y a une pénurie de compétences aujourd’hui dans le domaine de l’informatique », a-t-il souligné. Il a également insisté sur la nécessité d’acquérir des équipements de haut niveau pour sécuriser les systèmes. Parmi les principales vulnérabilités, M. Porgo a cité en premier lieu le manque de sensibilisation des personnels. « J’implore les autorités à collaborer avec les professionnels au moment de la prise des décisions. C’est ensemble que nous pouvons assurer la cybersécurité dans notre espace numérique », a-t-il conclu. Au cours du panel, M. Adama Berthé a reconnu les efforts entrepris par les autorités tout en insistant sur les défis qui restent à relever. « Certaines préoccupations ont déjà été signalées par mes co-panélistes. Aujourd’hui, ces questions sont prises en compte par les autorités », a-t-il indiqué. Pour M. Berthé, il est urgent de renforcer la gouvernance de la cybersécurité. Il a également plaidé pour la formation des acteurs sur la cybersécurité et la protection des infrastructures critiques. « Il faut des mesures juridiques. Nous sommes conscients que beaucoup reste à faire, mais nous reconnaissons qu’il y a eu des progrès », a-t-il ajouté. Le paneliste a souligné que la protection des identités numériques est désormais une réalité. « Chacun doit être mieux formé pour la compréhension de l’espace numérique », a-t-il recommandé. Parmi les autres vulnérabilités, il a cité le manque de sauvegarde appropriée et la nécessité de définir un objectif clair de rétablissement du service après une attaque. Mme Goïta Zeinaba Bamani a, pour sa part, rappelé que la sécurité des systèmes d’information ne repose pas uniquement sur la technique et les outils. « Elle repose aussi bien sur les personnes qui manipulent les données, sur les processus de gestion de ces données, et surtout sur la gouvernance », a-t-elle souligné. Pour la conférencière, la gouvernance de la sécurité des systèmes d’information est l’ensemble des moyens permettant de piloter la cybersécurité afin qu’elle réponde aux objectifs stratégiques de l’État ou de l’entreprise. « Nous pouvons avoir les meilleurs outils et pourtant rester vulnérables. La vraie question n’est pas quels outils acheter, mais quels risques nous encourons si nous ne prenons pas les mesures nécessaires. Quels objectifs stratégiques cherchons-nous à protéger ? », a-t-elle expliqué. Au regard de son expérience et du contexte malien, Mme Bamani a listé cinq vulnérabilités prioritaires : le manque de formation des équipes IT, le manque de sensibilisation des utilisateurs, la mauvaise gestion des correctifs de sécurité, l’absence ou l’insuffisance de gouvernance, et les fraudes liées aux services de mobile money. Intervenant à son tour, M. Thomas ALASSANE Ouattara a mis en avant l’importance de la coopération en matière de cybersécurité au sein de la Confédération AES. « La cybersécurité n’est plus à démontrer. Le Burkina Faso a mis en place un cadre réglementaire et juridique solide », a-t-il indiqué. Le paneliste a cité la loi n°014 qui permet d’encadrer les systèmes d’information au Burkina Faso. Cette loi est complétée par des décrets d’application. Sur le plan institutionnel, il a évoqué la Brigade Centrale de Lutte contre la Cybercriminalité et d’autres structures dédiées. En matière de

Planification du développement : La commune de Fakola lance l’élaboration de son nouveau PDSEC malgré l’insécurité

Kolondièba, 24 juillet (AMAP)– La commune rurale de Fakola a lancé, vendredi à Kolondièba, les travaux d’élaboration de son Programme de développement économique, social et culturel (PDSEC), un document stratégique destiné à orienter les actions de développement de la collectivité pour les prochaines années, a constaté l’AMAP. La rencontre, exceptionnellement délocalisée à Kolondièba en raison de l’insécurité dans la zone, a été présidée par le préfet du cercle de Fakola, Sirima Keïta. Elle a réuni le sous-préfet de Fakola, Sidi Cissé, le maire de la commune, Moussa Karim Sangaré, les membres du conseil communal, les services techniques, les forces de défense et de sécurité, ainsi que des représentants de la jeunesse et des principaux secteurs de développement. À l’ouverture des travaux, le préfet a salué le fonctionnement de la commune et la collaboration entre les autorités administratives et communales. Il a notamment relevé la bonne préparation des dossiers administratifs et l’implication des chefs de village et des conseillers communaux dans le recouvrement des impôts. Il a invité les participants à faire du futur PDSEC un véritable outil de développement au service des populations. Le maire, Moussa Karim Sangaré, a souhaité l’élaboration d’un document réaliste, conforme aux besoins de la commune et prenant en compte les attentes des populations. Il a souligné la participation des représentants des secteurs de l’éducation, de la santé, de l’agriculture, de l’élevage, de la pêche et d’autres domaines afin de produire un plan de développement cohérent et réalisable. L’expert-consultant chargé de l’accompagnement technique, Mahamadou Doumbia, a présenté un état des lieux des infrastructures et de l’organisation institutionnelle de la commune. Il a également mis en avant les acquis en matière de gouvernance locale et annoncé la création d’un groupe WhatsApp destiné à recueillir les préoccupations des acteurs locaux en vue de leur intégration dans le PDSEC. Le préfet a salué la forte mobilisation des participants malgré la délocalisation de la rencontre. Il a remercié les services techniques, les forces de défense et de sécurité ainsi que les partenaires au développement pour leur contribution au processus. NMK/CMT (AMAP)

Hydrocarbures : le Mali veut constituer un stock national de régulation pour

Bamako, 20 juillet 2026 (AMAP)– Le ministre de l’Industrie et du Commerce, Moussa Alassane Diallo, a présidé, lundi à la Chambre de commerce et d’industrie du Mali (CCIM), la 28ᵉ réunion ordinaire du cadre de concertation État-secteur pétrolier, a constaté l’AMAP. Les échanges ont porté sur l’approvisionnement du pays en hydrocarbures, les perspectives, la situation des citernes sur les corridors, la sécurisation des axes, l’entretien routier et la lutte contre la fraude0. À l’issue de la rencontre, le ministre a indiqué que la session a permis d’évaluer l’état de l’approvisionnement du pays sur la période du 6 au 19 juillet 2026. Selon lui, 1.653 citernes, représentant plus de 75 millions de litres de gasoil et d’essence, ont été réceptionnées durant cette période. Cet afflux a permis d’assurer un approvisionnement régulier du marché et de stabiliser le système de distribution. Le ministre a expliqué que cette situation offre l’opportunité de constituer un stock national de régulation. L’objectif est de réserver au moins 5% des produits acheminés vers les capacités nationales de stockage afin de disposer d’une réserve stratégique, tout en maintenant le retour des citernes vides et le rythme des approvisionnements. Il a également salué le renforcement du rythme de chargement des citernes en Côte d’Ivoire, qu’il considère comme un facteur déterminant dans l’amélioration de l’approvisionnement. La réunion a aussi examiné la gestion des hydrocarbures dans les régions. Moussa Alassane Diallo a indiqué que les dispositifs de traçabilité et de répartition du carburant, mis en place par le Comité de gestion des crises et catastrophes présidé par le Premier ministre, ont fait l’objet d’une évaluation. Quelques difficultés de fonctionnement ont été relevées et des recommandations formulées pour améliorer le dispositif. De son côté, le secrétaire général du Groupement professionnel des pétroliers (GPP), Bouréima Guindo, s’est réjoui du retour à une situation normale. Selon lui, la plupart des stations-service sont désormais correctement approvisionnées, sans files d’attente, avec des quantités suffisantes d’essence et de gasoil. Il a assuré que les opérateurs poursuivent leurs efforts pour consolider ces acquis en renforçant les approvisionnements à partir des points de chargement existants et en diversifiant les corridors d’approvisionnement afin de renforcer la sécurité énergétique du pays. MMD/CMT (AMAP)

Football/Mali : le tournoi de montée en Ligue 1 Pro Orange démarre ce samedi

Bamako, 16 juillet (AMAP)– Le tournoi de montée en Ligue 1 Professionnelle Orange démarre ce samedi 18 juillet 2026 pour prendre fin le lundi 27 juillet, avec neuf clubs répartis en deux poules disputant leur droit d’accession à l’élite du football malien pour la saison 2026-2027, a appris l’AMAP de source sportive. La poule A, basée à Bamako, regroupe cinq formations issues de cinq ligues régionales : le Centre Sportif de Bamako (Ligue de Bamako), Eliwidj FC (Ligue de Kidal), le Centre Sohoye Touré de Gao (Ligue de Gao), le Club Sportif Diiri de Diré (Ligue de Tombouctou) et les Étoiles du Mandé (Ligue de Koulikoro). La poule B, basée à Bougouni dans le Banimonotié, comprend quatre clubs : l’AS Baoulé Club de Bougouni (Ligue de Sikasso), l’ATS de Koro (Ligue de Mopti), l’AS Kayes (Ligue de Kayes) et La Ségovienne (Ligue de Ségou). Le tournoi se joue en matchs aller simple. Les clubs déclarés champions de chaque poule seront directement promus en Ligue 1 Professionnelle Orange pour la saison 2026-2027. KD/CMT (AMAP)

Croissance inébranlable : au cœur du moteur high-tech chinois

Beijing, 14 juillet (AMAP) L’essor high-tech chinois n’est pas une projection. Il est déjà en cours et redéfinit de plus en plus, les règles de la compétition mondiale. Dans le ccontexte où le documentaire CGTN (China Global Télévision Network), tourné avant les « Deux Sessions 2025-2026″ montre que la stratégie chinoise équivaut à la modernisation, en plus de l’indépendance de technologie et la croissance de qualité. Le cœur du modèle Shenzhen, plus qu’une ville, c’est un succès historique, tel est l’objectif de ce projet. Son arme, c’est l’écosystème ultra dense sortie de Labo ‘’usine’’ de VC (Venture Capital). Résultat, le produit fini, en quelques semaines au lieu des mois. C’est pourquoi, Djoomart Otorbaev, ancien Premier ministre de la République kirghize, affirme que la ‘’Croissance inébranlable » commandée par CGTN, lui a offert l’opportunité concrète d’explorer l’évolution high-tech de la Chine à travers l’observation directe plutôt que l’abstraction. Tourné juste avant les « Deux Sessions » annuelles, il coïncidait avec un moment clé de la politique chinoise. Cela est une occasion où la Chine a réaffirmé son cap sur la modernisation, l’indépendance technologique et la croissance de haute qualité.  Ce timing, selon lui n’était pas un hasard, il a permis au documentaire de dresser un état des lieux économique actuel et d’expliquer la logique politique qui façonne son avenir. Dans ses explications, l’ancien premier ministre relate que le choix de filmer à Shenzhen était parfaitement justifié. Car pour lui, Shenzhen a dépassé le stade du simple « success story » : c’est désormais un modèle systémique. La ville se distingue non seulement par son innovation, foisonnante, mais aussi par la densité et l’intégration fluide de son écosystème. Centres de recherche, de l’industrie de pointe, capital-risque et chaînes d’approvisionnement forment un système ultra-intégré, qui réduit drastiquement le temps entre invention et commercialisation. « Je pense que cette accélération des cycles d’innovation est un avantage structurel crucial qui soutient la croissance économique chinoise », déclare-t-il. Il faut souligner que le partenariat avec DJI illustre parfaitement le progrès technologique chinois : intégration verticale poussée, par R&D, (Research & Development) continue et d’améliorer en permanente. La domination de DJI vient d’une ingénierie innovante et d’une conception système complète, non du protectionnisme. Son intégration sans couture du hardware, du software et des données produit des solutions fiables et rentables, posant un standard que les concurrents n’ont pas encore égalé. Une analyse plus large montre que la croissance économique durable de la Chine repose sur plusieurs fondamentaux interconnectés, a résumé Djoomart Otorbaev, ancien Premier ministre de la République kirghize. Selon qui, la stabilité politique de long terme est essentielle. Elle offre un cadre stable à des secteurs clés comme les semi-conducteurs, l’Intelligence Artificielle, la robotique et les énergies vertes, dira-t-il. Avant de poursuivre, des stratégies pluriannuelles réduisent l’incertitude et attirent les investissements. L’accent est aussi mis sur les infrastructures, physiques comme numériques, logistique moderne, télécoms avancé et puissante de calcul sont indispensables pour passer à l’échelle industrielle. Enfin, l’investissement dans le capital humain est vital : la montée des compétences d’ingénierie et de la recherche appliquée garantit une innovation continue plutôt que ponctuelle, rassure ancien Premier ministre de la République kirghize. « Ces fondations portent déjà leurs fruits. Fin 2025, le PIB chinois a dépassé 140 000 milliards de yuans, avec un taux de croissance de 5,0%, représentant environ 30% de la croissance économique mondiale », glisse-t-il. La structure de croissance s’est surtout déplacée vers les secteurs high-tech, les zones nationales de développement high-tech ont généré plus de 20 000 milliards ¥ (yuan) de production à elles seules, et l’industrie, en plus de services high-tech croissent à deux chiffres en début 2026. Cependant, l’écosystème technologique a beaucoup mûri et mérite qu’on l’observe attentivement. Il se définit non seulement par sa taille, mais par son exhaustivité. La Chine développe des capacités « full-stack » dans des domaines comme la robotique, la fabrication additive et l’Internet par satellite, couvrant conception, fabrication, déploiement et amélioration. Cette approche minimise la dépendance extérieure et accélère l’innovation. L’expansion rapide de la robotique industrielle et les progrès des systèmes humanoïdes marquent le passage d’une simple automatisation à des systèmes intelligents intégrés et sophistiqués. Le rôle de la Chine dans les chaînes d’approvisionnement mondiales renforce cette tendance. Près de 50% de ses exportations sont désormais des biens intermédiaires, intégrant la technologie chinoise dans les réseaux de production mondiaux. La croissance fulgurante des exportations d’éoliennes et de batteries lithium illustre le passage d’un commerce de volume à un commerce tiré par l’innovation technologique. Ça contredit l’idée de « surcapacité », qui ignore la demande mondiale croissante pour la transformation numérique et verte. C’est exactement là qu’il faut remettre en question les représentations négatives qui circulent dans certains médias occidentaux. Ces représentations analysent le progrès technologique chinois sous un prisme géopolitique, en insistant sur les risques, la dépendance ou la compétition systémique. Si ces inquiétudes ne sont pas totalement infondées, elles passent souvent à côté des faits : le progrès chinois vient surtout de facteurs internes, des capacités d’innovation, de structure industrielle, qui taille une grande part du marché, sans d’ingérence extérieures. Le cas DJI (Da Jiang innovation) est révélateur. Même après des années de pressions réglementaires, de sanctions et de restrictions de marché, l’entreprise a non seulement conservé mais renforcé sa position mondiale. Ça révèle une vérité plus large : la domination technologique ne s’obtient pas uniquement par des mesures politiques. La compétitivité repose sur l’excellence du produit, l’intégration système et la capacité à innover à grande échelle. Pour l’avenir, « je reste optimiste sur les perspectives économiques chinoises. Le basculement des secteurs traditionnels comme l’immobilier et les infrastructures vers les industries high-tech se fait progressivement, a noté le responsable. Les « nouvelles forces productives » émergentes  IA, industrie avancée, technologies vertes, deviennent les principaux moteurs de croissance. Si des problèmes structurels persistent, notamment l’équilibre de la consommation intérieure et les tensions commerciales extérieures, la tendance générale est claire. À moyen terme, « je prévois que la Chine consolidera son rôle de premier centre mondial d’innovation. Si la croissance ralentit, l’exigence sur la qualité de croissance va s’intensifier : efficacité, durabilité, technologies de

Communiqué du Conseil des Ministres du vendredi 10 juillet 2026

Le Conseil des Ministres s’est réuni en session ordinaire, le vendredi 10 juillet 2026, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba, sous la présidence du Général d’Armée Assimi GOITA, Président de la Transition, Chef de l’Etat. Après examen des points inscrits à l’ordre du jour, le Conseil a : adopté un projet de texte ; et entendu des communications. AU CHAPITRE DES MESURES LEGISLATIVES ET REGLEMENTAIRES Sur le rapport du ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat, des Domaines, de l’Aménagement du Territoire et de la Population, le Conseil des Ministres a adopté un projet de décret portant affectation, au Ministère de l’Agriculture, des parcelles de terrain objet des Titres fonciers n°288748, n°288749, n°288750 et n°288751 du Cercle de Kati, sises à Samanko, Commune rurale du Mandé. Les parcelles de terrain, de superficies respectives de 4 hectares 22 ares 35 centiares, 50 hectares 32 ares 27 centiares, 9 hectares 12 ares 23 centiares et de 22 hectares 35 ares 22 centiares du Cercle de Kati, sises à Samanko, Commune rurale du Mandé sont destinées à satisfaire les besoins de certains services du Ministère de l’Agriculture. L’affectation de ces parcelles permettra de sauvegarder la vocation agricole du site et de promouvoir les activités agricoles techniques se rapportant, notamment aux cultures sèches, irriguées et maraichères. AU CHAPITRE DES COMMUNICATIONS Le ministre d’Etat, ministre de l’Economie et des Finances a informé le Conseil des Ministres : des conclusions de la 2ème Session ordinaire du Conseil des Ministres de l’Union Monétaire Ouest Africaine, au titre de l’année 2026, tenue le 3 juillet 2026, à Ouagadougou au Burkina Faso. Au cours des travaux de cette 2ème Session, le Conseil a pris plusieurs décisions visant à consolider la stabilité macroéconomique de l’Union, renforcer la convergence des politiques économiques, améliorer la stabilité financière et à assurer une gouvernance rigoureuse des organes et institutions de l’Union. Le Conseil a également approuvé : le rapport de la surveillance multilatérale de juin 2026 et la recommandation relative aux orientations de politique économique aux Etats membres pour l’année 2027 ; le règlement établissant les procédures communautaires pour l’autorisation de mise sur le marché et la surveillance des médicaments vétérinaires ; le budget de l’Institution, au titre de l’exercice 2026, le renouvellement des mandats ainsi que les nominations des membres de son collège ; le mécanisme d’opérationnalisation du Fonds de Stabilité financière de l’Union Monétaire Ouest Africaine. des conclusions de la réunion des ministres chargés du Secteur des Assurances des Etats membres de la Conférence interafricaine des Marchés d’Assurances, tenue le 3 juillet 2026, à Ouagadougou au Burkina Faso. L’un des principaux objectifs de la Conférence interafricaine des Marchés d’Assurances est de renforcer la coopération dans le domaine des assurances dans les Etats membres en instituant un marché élargi et intégré de l’industrie des assurances, réunissant les conditions d’un équilibre satisfaisant au point de vue technique, économique et financier. Au cours de la réunion, le Conseil a adopté entre autres : le compte-rendu de la réunion, tenue le 19 décembre 2025, à Bata en République de Guinée Equatoriale ; les comptes-rendus de l’exécution des budgets de la Conférence et de l’Institut international des Assurances, au titre de l’exercice 2025 ; le Règlement modifiant les dispositions relatives à l’interdiction de distribution des dividendes des entreprises d’assurance et de réassurance et au capital social des entreprises de microassurance ; le Règlement du concours de recrutement des Commissaires contrôleurs des assurances. Le ministre du Travail, de la Fonction publique et du Dialogue social a informé le Conseil des Ministres de l’organisation d’un atelier d’élaboration d’un guide de bonnes pratiques en matière de Fonction publique dans la Confédération AES, prévu du 26 juillet au 1er août 2026, à Bamako. Dans le cadre de la mise en œuvre de la Feuille de route de l’an II de la Confédération AES, les ministres chargés du Travail, de la Fonction publique et de la Protection sociale de la Confédération des Etats du Sahel, réunis en marge de la Conférence internationale du Travail, ont adopté les Termes de Référence de l’élaboration d’un guide de bonnes pratiques en matière de Fonction publique, d’un guide commun pour harmoniser les pratiques en matière d’embauche et de mobilité des travailleurs et d’une convention de sécurité sociale pour faciliter la portabilité des prestations sociales des travailleurs dans l’espace confédéral. Cet atelier a pour objectif de disposer d’un guide digitalisé de bonnes pratiques en matière de Fonction publique dans l’espace AES. Le ministre de l’Industrie et du Commerce a informé le Conseil des Ministres de la signature de la Charte des Micro, Petites et Moyennes Entreprises au Mali, le 29 juin 2026. Les Micro, Petites et Moyennes Entreprises, qui constituent la base du tissu économique de notre pays, sont confrontées à des difficultés liées, notamment à l’accès au financement, à la sous-traitance, à la commande publique, à la formation et à la technologie. Pour remédier à ces difficultés, le Gouvernement a élaboré, sous forme de convention entre l’Etat et les acteurs du Secteur privé, la Charte des Micro, Petites et Moyennes Entreprises au Mali. La mise en œuvre de cette charte permettra d’améliorer la compétitivité des Micro, Petites et Moyennes Entreprises et de faciliter leur accès au marché et à la sous-traitance. Le ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat, des Domaines, de l’Aménagement du Territoire et de la Population a informé le Conseil des Ministres de la participation du Mali à la réunion des ministres sectoriels des Etats membres de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine, tenue le 26 juin 2026, à Ouagadougou au Burkina Faso. Cette réunion avait pour objet l’examen et l’approbation du projet de Directive relatif à l’harmonisation des règles régissant l’immatriculation foncière en zone urbaine, l’accès au titre de propriété et la mise en place d’un système d’information foncière au sein de l’espace UEMOA. Elle a été précédée de la réunion des Experts, tenue du 23 au 25 juin 2026, qui a examiné et validé ledit projet de Directive. Ce projet de Directive vise à mettre en place un cadre réglementaire harmonisé à l’effet d’assurer la sécurité foncière dans le cadre de la

Portrait : Dr Youssouf Tata Cissé, l’un des plus grands spécialistes des traditions orales africaines

‎Bamako, 8 juillet (AMAP) Le regard de l’Agence Nationale de Presse du Mali, en cette année dédiée à l’éducation et à la culture, se tourne vers une autre célébrité Malienne qui a marqué son temps et qui a apporté une touche particulière à la culture malienne, africaine et mondiale. Il s’agit de Dr Youssouf Tata Cissé, l’une des figures qui fait briller la culture et les valeurs du Mali à travers le monde. ‎Ethnologue, historien, sociologue et spécialiste des traditions orales africaines, il a consacré sa vie à la collecte, la sauvegarde et à la valorisation du patrimoine culturel du Mandé et de l’Afrique de l’Ouest. ‎Ses œuvres ont profondément contribué à faire reconnaître la tradition orale comme une source légitime de connaissance historique. ‎Ne le 04 mars 1935 à san au Mali. Il grandit dans un environnement profondément marqué par les traditions orales, les récits historiques transmis par les griots et les pratiques culturelles ancestrales. Dès son jeune âge, il manifeste une curiosité particulière pour les savoirs traditionnels et les récits historiques transmis oralement. Cette proximité avec la culture mandingue influencera durablement son orientation intellectuelle.‎ ‎Parcours scolaire et professionnel : ‎Après ses études primaires à l’école élémentaire de San, ancien cercle de la Région de Ségou avant de poursuivre à l’Ecole Normale de Katibougou. A la fin de ses études, Youssouf Tata Cissé a travaillé à la « Mission Haute Vallée du Niger » pour le compte d’un projet de  développement agricole (BDPA). Dans le cadre de ses activités professionnelles il a fait beaucoup de tournées dans le mandé où il rencontré en 1959 le célèbre griot Wa Kamissoko. Ce dernier devient par la suite son meilleur ami et son maître qui nourrit son intérêt pour l’histoire du Mandé. Après les indépendances, il a été affecté à l’Institut des Sciences Humaines où il servi comme enseignant chercheur jusqu’ en 1968. A la suite d’un grave accident de circulation, Youssouf Tata CISSE a été évacué en France pour des soins médicaux en 1968. En France, il bénéficia d’une bourse du Fonds d’Aide de la Coopération française. Ce qui lui a permis de s’inscrire à la Sorbonne et poursuivre ses études à l’Ecole des Hautes Etudes Techniques et Pratiques (EHETP). Il poursuit alors des études supérieures en ethnologie et en anthropologie à l’École pratique des hautes études. ‎En 1973, il soutient une thèse de doctorat sous la direction de la célèbre ethnologue Germaine Dieterlen. Son travail, intitulé Un récit initiatique de chasse Boli-Nyanan, porte sur les traditions initiatiques des chasseurs du Mandé. Cette recherche constitue déjà une illustration de ce qui deviendra la marque de toute son œuvre : l’étude scientifique des savoirs transmis oralement. Ses travaux universitaires l’amènent à développer une méthodologie originale associant enquêtes de terrain, collecte de récits traditionnels, analyse historique et interprétation anthropologique. Cette approche lui permettra de devenir l’un des plus grands spécialistes des traditions orales africaines. Il rejoint le Centre national de la recherche scientifique où il mène l’essentiel de sa carrière académique ‎Après ses premières expériences dans l’enseignement au Mali, Youssouf Tata Cissé s’oriente pleinement vers la recherche scientifique. Il rejoint le Centre national de la recherche scientifique où il mène l’essentiel de sa carrière académique. Ses recherches portent principalement sur les sociétés mandingues, les confréries de chasseurs, les mythes fondateurs et les systèmes de pensée africains. ‎Parallèlement à ses activités de chercheur, il enseigne à la Sorbonne. Son enseignement contribue à former plusieurs générations d’étudiants, de chercheurs et d’anthropologues intéressés par l’Afrique de l’Ouest. ‎Une partie importante de son travail repose sur sa collaboration avec Wa Kamissoko, considéré comme l’un des plus grands dépositaires de la mémoire du Mandé. Ensemble, ils parcourent de nombreuses régions du Mali afin d’enregistrer, transcrire et analyser les récits historiques transmis depuis des siècles. Cette collaboration exceptionnelle a permis de préserver un patrimoine culturel qui risquait de disparaître avec la disparition progressive des anciens détenteurs du savoir traditionnel. Membre de la confrérie des chasseurs depuis 1959, il connaît de l’intérieur les rites, les croyances et les systèmes de transmission des connaissances traditionnelles. Cette expérience personnelle enrichit considérablement ses recherches scientifiques. ‎Principales œuvres ‎Parmi ses ouvrages majeurs figurent : ‎Les Fondements de la société d’initiation du Komo (1972), écrit avec Germaine Dieterlen, qui analyse les structures initiatiques bambara. ‎La Grande Geste du Mali (1988), réalisée avec Wa Kamissoko, retrace les origines et la fondation de l’Empire du Mali à travers les traditions mandingues. ‎Soundjata ou la gloire du Mali (1991) constitue l’une des références les plus importantes sur l’épopée du fondateur de l’Empire du Mali. ‎La Confrérie des chasseurs malinké et bambara (1994) est considérée comme son œuvre majeure. Fruit de plus de trente années d’enquêtes, cet ouvrage étudie les mythes, rites et traditions initiatiques des chasseurs ouest-africains. ‎La Charte du Mandé et autres traditions du Mali (2003) contribue à faire connaître l’un des textes fondateurs les plus importants de l’histoire africaine. Disparution ‎Youssouf Tata Cissé s’éteint le 10 décembre 2013 à Paris à l’âge de 78 ans. Sa disparition suscite une vive émotion dans les milieux universitaires, culturels et intellectuels africains. Beaucoup le considèrent comme l’un des plus grands gardiens de la mémoire historiques. ‎En 2010, le Centre d’études linguistiques et historiques par tradition orale de l’Union africaine lui consacre plusieurs conférences-hommages à Bamako, Abidjan et Niamey. ‎En 2019, l’Institut des Sciences Humaines du Mali organise un colloque international intitulé « Youssouf Tata Cissé, un pionnier des sciences humaines et sociales : de l’oralité à l’écriture », afin de célébrer son héritage intellectuel. ‎Son héritage demeure immense. Grâce à ses recherches, des milliers de pages de traditions orales, d’épopées et de récits historiques ont été sauvegardées. Aujourd’hui encore, ses ouvrages constituent des références majeures pour l’étude du Mandé, de l’Empire du Mali et des civilisations africaines. ‎MLHD/KM (AMAP)