Effondrement d’une mine artisanale à Kéniéba : Cinquante morts dont 98% de femmes (Bilan provisoire)

Kéniéba, 16 fev (AMAP) Cinquante (50) personnes dont 98% de femmes, ont trouvé la mort dans l’effondrement d’une mine artisanale, survenu samedi, vers 6 heures du matin, à Bilalkoto, dans le Cercle de Kéniéba, Région de Kayes (Ouest), selon un bilan provisoire, recueilli par l’AMAP de sources locales. D’après les dernières informations recueillies auprès d’un habitant de Talato, la mine artisanale, appartenant à des Chinois, se trouve entre les villages de Bilalkoto et Talato, entre 13 et 15 km de Dabia, chef-lieu de ladite commune. Les mêmes sources précisent que parmi les victimes, figurent deux ressortissants burkinabè dont les corps auraient été découverts parmi les victimes du village de Talato. Joint au téléphone par la représentation régionale de l’AMAP, le maire de la Commune rurale de Dabia a dit préféré garder le silence sur le drame. Informé, le préfet du Cercle de Kéniéba, accompagné de la protection civile, de la gendarmerie, de la police et de la société civile, s’est rendu sur les lieux où se trouvait déjà une forte délégation de la commune de Dabia. Les recherches continuent pour retirer des décombres d’autre victimes. MFS/BMS/MD (AMAP)

Kéniéba : Au moins 48 personnes ensevelies dans l’effondrement d’une mine artisanale.

Kayes, 16 fév (AMAP) Au moins 48 personnes ont trouvé la mort, samedi, lors de l’effondrement d’une mine artisanale, survenu vers 6 heures du matin, à Bilalkoto, dans le Cercle de Kéniéba, Région de Kayes (Ouest), selon des témoins. Parmi les victimes, dont les corps ont pu être retirés par les populations, de concert avec les services compétents, figurent 33 femmes du village de Talato, et 10 Burkinabé, d’après une source locale. L’enterrement de ces victimes a eu lieu le même jour vers le crépuscule Un engin de terrassement est tombé sur le groupe de femmes qui travaillaient dans un trou à la recherche de l’or sur ce site qui était exploitée par les Chinois. Cette tragédie pose la problématique des mines dans le Cercle de Kéniéba. Certains estiment que les sociétés minières doivent penser à l’aménagement de leurs sites après la fermeture. Beaucoup de familles donnent en bail leurs champs et vergers à des Chinois contre des millions de Fcfa. Cette opération leur permet d’avoir de l’argent pour faire face aux dépenses familiales dans une zone où le coût de la vie devient de plus en plus élevé à cause de l’exploitation de l’or et d’autres ressources naturelles. BMS/MD (AMAP)

Kangaba : Cérémonie de sacrifice pour les victimes de l’éboulement sur le site de Bagama Mining

Kangaba, 04 fév (AMAP) Une cérémonie de sacrifice en hommage aux 12 morts dans l’éboulement survenu, le 29 janvier, sur le site de Bagama Mining, a eu lieu lundi, sous la présidence du préfet du Cercle de Kangaba, Abou Dao, et en présence des légitimités traditionnelles de Danga et environs. Le bilan définitif est de 12 morts dont 11 femmes et 01 garçon de 02 ans. Les éléments de la protection civile, en accord avec le service local du Développement social et les bonnes volontés, après trois jours d’efforts, ont décidé d’arrêter les recherches. Les services sociaux ont alerté sur des risques sanitaires, environnementaux, de contaminations du sol, de l’eau et de l’air, sur les lieux de l’éboulement. Pour éviter ces risques, ils ont recommandé de renforcer la surveillance épidémiologique dans la zone, de mettre en place un réseau d’alerte et de renforcer des activités de sensibilisation. Les légitimités traditionnelles de Danga ont formulé des bénédictions et remercié les autorités de la Transition « dont l’appui a permis de faire des sacrifices pour les victimes. » Elles ont, également, prié « pour que de tels sinistres ne se produisent plus. » Pour sa part, le préfet du Cercle de Kangaba a, au nom des autorités nationales, invité les populations et les détenteurs de permis « à travailler dans la légalité en vue d’éviter de telles catastrophes. » SD/MD (AMAP)

Kangaba : Une digue a cédé à Danga, aucun bilan pour le moment

Kangaba 30 janvier (AMAP) Une digue a cédé, mercredi, inondant des excavations sur le permis minier de Bagama Mining à Danga, dans la Commune rurale de Nouga, sans qu’il soit possible, pour le moment, d’en établir un bilan exact, a appris l’AMAP. Des femmes venues des villages voisins, qui travaillent quotidiennement dans des excavations faites par des pelleteuses, ont été toutes englouties par les eaux. Les autorités locales, aussitôt informées, ont déployé des équipes sur place pour aider les bonnes volontés à extraire les corps des décombres. Les recherches ont duré toute la journée du mercredi avec 11 pelleteuses sans qu’un seul corps ne soit trouvé. Jeudi matin, très tôt, une forte délégation conduite par le gouverneur de la Région de Koulikoro, le colonel Lamine Kapory Sanogo, s’est rendue sur le lieu de l’accident. La mission du gouverneur a été consternée en voyant l’excavation toujours remplie d’eau boueuse sous laquelle se trouveraient plusieurs corps de femmes. Les recherches sont en cours avec les moyens de bord. Le gouverneur et sa délégation ont rencontré les autorités traditionnelles de Danga. Il leur a,, au nom des autorités du pays, présenté « les condoléances les plus attristées » et remis une enveloppe symbolique de 500 000 francs Cfa. Le chef de village de Danga, a informé le gouverneur de l’absence notée de 05 femmes dans son village. A part cela, aucun autre bilan n’est disponible. Les responsables de Bagama Mining ont donné la certitude au gouverneur de déployer rapidement les grands moyens pour vider l’excavation afin de retrouver tous les corps. Avant de quitter les lieux, le colonel Sanogo a invité les responsables de Bagama Mining à « prendre toutes les dispositions afin d’éviter de telles sinistres. » Il y a, à peine deux mois, un incident s’est produit, dans la même localité, entre les chasseurs et les orpailleurs clandestins faisant plusieurs blessés. SD/MD (AMAP)

Kangaba : Mission nationale de supervision des sites et permis miniers par le ministère en charge de l’Environnement

Kangaba, 30 déc (AMAP) Une mission nationale du ministère de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement (MEADD) durable conduite par son Secrétaire général, Mamadou Haidara, a séjourné ce week-end dans le Cercle de Kangaba pour superviser des activités de contrôle et constater de l’état de dégradation des domaines forestier et faunique. Dans les communes rurales de Nouga et de Benkadi où elle s’est rendue, la mission, accompagnée par le sous-préfet central de Kangaba, Chekou Ag Alkalifa, a sillonné quelques sites et permis miniers, de même que les rives du fleuve Niger où les dragues sont nombreux. « Six mois après une première mission de supervision sur terrain, le constat est amer, alarmant et désolant », selon le chef de mission et le chef de Cabinet, Modibo Sacko. La dégradation des terres est très avancée sur de larges étendues. Sur le fleuve Niger, des dizaines de dragues opèrent sans arrêt. Pour le Secrétaire général du MEADD il faut prendre « des dispositions urgentes pour réparer tout ce qui a été détruit. » Quant au chef de Cabinet, il a dit que « les exigences sur les permis d’exploitation sont foulées au pied ». Sur ces mêmes permis « il y a d’autres inégalités, notamment la sous-traitance », a-t-il ajouté. Cette mission fera le point de toutes ces situations pour qu’en 2025, de nouvelles mesures soient prises pour arrêter définitivement la dégradation du domaine forestier et faunique d’une part et préserver notre environnement d’autre part. La mission s’est achevée dans la commune rurale de Benkadi, notamment à Narena et à Kouremalé par la visite des sites d’orpaillage et permis d’exploitation d’or en compagnie du sous-préfet de Narena. SD/MD (AMAP)

Kangaba : Mission de la chambre régionale pour constater le changement de couleur des eaux du Niger

Kangaba, 26 déc (AMAP) Une mission conduite par le président de la Délégation régionale de la chambre des mines de Koulikoro, Mamadou Touré dit Tabouta, dans la commune rurale de Nouga, Cercle de Kangaba, mardi, a pu constater le changement de la qualité et la couleur de l’eau du fleuve Niger. « Mieux vaut voir une fois que d’entendre plusieurs fois », a affirmé le président de la Délégation régionale des mines, pour qui « il faut agir avant qu’il ne soit trop tard. » « Les dragues ont certes des côtés négatifs. Quant à la rougeur caractéristique de l’eau du fleuve, la cause remonte depuis l’intérieur de la Guinée », a-t-il ajouté. Il en veut pour preuve que la mission n’a « observé aucune présence de dragues sur le fleuve en ces endroits. » La rivière elle-même ne reçoit pas les dragues. Sur des dizaines de mètres, on peut observer nettement le cours d’eau qui présente une différence nette du nord au sud. Le côté sud est clair et le côté nord, où se déversent les eaux des rivières, est totalement rouge. Depuis longtemps, les propriétaires de dragues sont pointés du doigt comme es seuls à polluer les eaux du fleuve. C’est pourquoi, ces derniers, après plusieurs enquêtes disent que les eaux rouges viennent des marigots pour se jeter dans le fleuve. Pour confirmer leurs enquêtes, ils ont demandé à plusieurs reprises l’aide de la Délégation régionale de la chambre des mines de Koulikoro, la structure la mieux indiquée, « pour faire toute la lumière sur cet inquiétant phénomène. » Pour le président national des détenteurs de dragues, Mamadou Kanté, le dragage peut troubler l’eau du fleuve qui se décante peu après. « Quant à la rougeur des eaux, il faut chercher la source », a-il ajouté. La mission régionale a sillonné le long du fleuve jusqu’à la frontière. Elle a constaté que les eaux rouges viennent se déverser dans le fleuve à partir des cours d’eau qui prennent leur source en Guinée voisine. La rivière dénommée ‘Bandon’ qui sert de frontière naturelle en est la preuve tangible. La mission s’est rendue à son embouchure pour contacter et voir les eaux rouges qu’il déverse dans le fleuve. Les responsables villageois de Dioulafoundou sont, également, inquiets car les eaux rouges sont déversées dans les plaines rizicoles causant d’énormes dégâts aux cultures. Selon ces légitimités traditionnelles, les orpailleurs qui travaillent le long des cours d’eau et qui utilisent les engins lourds et le petit matériel « sont les seuls coupables. » Le président de la Délégation régionale de la chambre des mines de Koulikoro, qui était accompagné par ses proches collaborateurs, a assuré les populations riveraines qu’il rendra « fidèlement compte » de sa mission sur le terrain. En quittant les lieux, il a invité les acteurs à « dénoncer sans cesse les activités qui peuvent nuire à la santé des populations à cause de la destruction des eaux du fleuve. » SD/MD (AMAP)

Économie : Hausse de 2,3% des exportations de biens au Mali par rapport à 2022 (BCEAO)

Bamako, 19 déc (AMAP) Les exportations de biens au Mali ont atteint 77 milliards, soit une hausse de 2, 3% par rapport à l’année 2022, a révélé, jeudi à Bamako, le directeur national de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) pour le Mali, Baréma Bocoum, qui a partagé quelques chiffres clés de la balance des paiements au titre de l’année 2023. Le directeur de la Banque centrale, qui s’exprimait lors de la 17ème journée de diffusion des comptes extérieurs du Mali, a ajouté que cette hausse s’est réalisée « en liaison avec celle des ventes extérieures d’or non monétaire et de bétail, qui représentent respectivement 81% et 2, 8%, pour des montants de 2, 790 milliards. » Les importations de biens en FOB, c’est-à-dire hors frais et assurance, se sont établies à 3, 475 de Fcfa, en baisse de 0, 4% par rapport à 2022. M. Bocoum a précisé que la balance commerciale, qui représente la différence entre la valeur des biens exportés et celle des biens importés, est déficitaire de 45 milliards, en amélioration de 89 milliards par rapport à 2022 où elle avait affiché un déficit de 135 milliards. Il a imputé cette évolution « à la progression plus rapide des exportations concomitant à la baisse des importations. » Selon lui, le solde courant est à -977 milliards en 2023, après -920 milliards en 2022 et représente -7,8% du Produit intérieur brut (PIB). « Le solde global s’est établi à -555 milliards de Fcfa après un déficit de -459 milliards en 2022 et -58 milliards en 2021 », a indiqué le directeur national de la BCEAO pour le Mali. Pour sa part, le secrétaire général du ministère de l’Économie et des Finances, Abdoulaye Traoré, qui a présidé l’ouverture des travaux, a souligné que son département « suit de très près l’évolution des comptes extérieurs car, a-t-il dit, ces derniers sont fondamentaux pour les économies ouvertes comme la nôtre. » « Leur importance est encore plus accentuée en ces périodes de fortes incertitudes et de tensions dans plusieurs parties du monde, caractérisées par la volatilité des marchés financiers et des prix des matières premières », a insisté M. Traoré. Il a souligné que l’organisation de la journée a offert aux acteurs économiques, tant publics que privés, une opportunité de s’approprier les concepts de la balance des paiements et que l’initiative leur « permet non seulement de mieux analyser notre économie mais, aussi, de prendre des décisions de politique économique plus éclairées. » Les participants travailleront sur les dossiers en deux phases : la première partie va concerner, notamment la présentation de l’évolution des comptes extérieurs en 2023 ainsi que les perspectives pour les années 2024 et 2025. Et, la deuxième partie concernera la présentation sur le thème de « la sensibilisation des agents économiques sur les enjeux liés au respect de la réglementation financière extérieure des États membres de l’UEMOA. » ST/MD (AMAP)      

Transformation des fientes de poules en biogaz : Une solution énergétique et écologique

Par Amadou GUÉGUÉRÉ Bamako, 18 déc (AMAP) L’innovation naît souvent d’un regard nouveau porté sur des ressources sous-estimées. Face aux défis environnementaux croissants et à la nécessité de promouvoir des énergies renouvelables, certaines initiatives locales se distinguent par leur originalité et leur impact. Le projet de transformation des fientes de poules en biogaz, encore en phase de développement, illustre bien que les ressources, souvent négligées, peuvent être aussi transformées en solutions énergétiques durables.  Ce projet, qui allie écologie et énergie, a été développé par une équipe du Laboratoire de recherche en biomasse et bioénergie (LaReb) de la Faculté des sciences et techniques (FST). Composée de cinq membres, l’équipe ambitionne de répondre à des enjeux cruciaux liés à l’environnement, à la santé publique et à la gestion durable des déchets avicoles. Le biogaz, rappelons-le, est un mélange de gaz composé de 50 à 70 % de méthane. Ousmane Diakité, l’un des responsables du projet, explique que le processus repose sur la méthanisation. « La méthode consiste à décomposer les matières organiques à l’aide de micro-organismes dans des enceintes spécialisées, appelées digesteurs ou biodigesteurs, permettant ainsi de produire une énergie renouvelable tout en réduisant les déchets », dit-il. « Cette innovation contribue à réduire les gaz à effet de serre et à mieux gérer les déchets organiques », poursuit M. Diakité. Les avantages écologiques du projet sont nombreux. « En réduisant les déchets avicoles et les émissions de gaz à effet de serre, nous contribuons à la lutte contre le changement climatique. De plus, notre approche est adaptable à d’autres types de déchets, tels que les déchets agricoles, urbains ou industriels grâce à la co-digestion», détaille-t-il. À court terme, l’équipe ambitionne de développer un prototype fonctionnel et, à long terme, de passer à l’échelle industrielle. Le chemin est cependant semé d’embûches. « La technologie de biodigestion est très coûteuse et les défis physico-chimiques, notamment le rapport carbone-azote qui rentre dans les paramètres de production de biogaz, constituent des obstacles », explique le chercheur. De plus, pour assurer une production continue, une grande quantité de matière première est nécessaire. « Nous avons opté pour des technologies en continu. Cela signifie qu’il faut alimenter quotidiennement le digesteur avec de la matières première », ajoute le Laborantin. Et de préciser que la taille du digesteur dépend des besoins énergétiques de chaque famille : « Pour une famille de moins de six personnes, un digesteur de 1 000 litres avec un volume de travail de 800 litres peut suffire. Il faudrait alors alimenter le digesteur quotidiennement. Par exemple, pour un digesteur de 100 litres avec un volume de travail de 80 litres, il faudrait l’alimenter chaque jour avec environ 4 litres de matières premières pour garantir une production continue ». solution À la crise ÉnErgÉtique – En outre, le chercheur souligne que cette technologie pourrait constituer une solution durable face à la crise énergétique que traverse le pays. Il appelle les autorités à encourager de tels projets en facilitant l’accès aux financements et en soutenant les initiatives locales. «Il est essentiel de vulgariser ce type de production d’énergie renouvelable, qui est non seulement bénéfique pour l’environnement, mais également pour les économies locales», dit-il. Les cibles prioritaires de cette innovation sont les aviculteurs, les agriculteurs et les populations rurales. « La bioénergie est l’énergie la plus proche des communautés. Elle offre une solution pratique et accessible pour résoudre les problèmes énergétiques auxquels elles font face», explique notre interlocuteur. Avant d’appeler également la population à adhérer à cette initiative, qu’il décrit comme une réponse au bon sens face aux enjeux actuels. Cependant, le projet manque pour l’instant de partenaires solides, même si un début de collaboration existe entre l’Agence nationale de développement des biocarburants (ANADEB) et la FST. Ousmane Diakité conclut en insistant sur l’urgence climatique et la nécessité de solutions innovantes : « Nous sommes tous concernés par la menace climatique qui pèse sur notre planète. L’énergie verte, comme le biogaz, est une solution d’avenir qui mérite d’être soutenue. » Si la technologie parvient à surmonter les obstacles financiers et techniques, elle pourrait offrir une alternative écologique précieuse tout en contribuant à la gestion des déchets agricoles. Le projet a remporté le premier prix du concours «Innovation challenge sur les énergies renouvelables», organisé par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), en partenariat avec le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. AG/MD (AMAP)        

Pr Amadou Keïta, ministre des Mines : « L’objectif final des reformes du secteur minier est que tout l’or produit au Mali soit raffiné sur place »

Bamako 1er Oct (AMAP) Les chantiers de réformes dans le secteur des mines avancent. Plusieurs entreprises minières s’apprêtent à migrer sur le code de 2023 et elles s’engagent toutes à appliquer les mesures du contenu local. Aussi, notre dispositif se renforce-il avec la perspective de création d’une brigade spéciale des mines et d’un commissariat chargé des activités minières. Ces informations sont données par le ministre des Mines, Pr Amadou Keïta, dans cette interview exclusive. L’Essor : Que peut-on retenir de la mise en œuvre du nouveau code minier et de la loi sur le contenu local, une année après leur adoption ? Pr Amadou Keïta : Notre pays a pris l’option en 2023 d’adopter un nouveau code minier et, pour la première fois de notre histoire, une loi relative au contenu local. Ce sont là des réformes majeures qui s’inscrivent dans une vision globale de la refondation de notre État. Ces deux textes sont l’émanation d’une aspiration forte du peuple malien exprimée lors des Assises nationales de la Refondation et ont été conçus pour apporter une nouvelle perspective malienne à la gestion des ressources minérales. C’est donc une réforme qui suscite beaucoup d’espoir et qui nous engage, en tant qu’administration en charge des Mines, à travailler à leur applicabilité. C’est dans ce sens qu’en juillet 2024, les décrets d’application du Code minier et de la loi relative au contenu local dans le secteur minier ont été adoptés. C’est dire qu’il n’est pas venu le temps de tirer un bilan de la mise en œuvre de ces nouvelles dispositions, mais que nous avons espoir que lorsqu’ils seront appliqués dans leur amplitude, le Mali pourra s’enorgueillir d’un secteur minier totalement intégré à l’économie nationale et capable d’impulser le développement. Il faut, cependant, souligner la convergence de vue avec l’ensemble des acteurs du secteur minier. En effet, plusieurs entreprises minières, après des négociations, s’apprêtent à migrer sur le code de 2023 et elles s’engagent toutes à appliquer les mesures du contenu local. L’Essor : Aux yeux de nombreux Maliens, la Société de recherche et d’exploitation des ressources minérales du Mali (SOREM) connaît un démarrage timide. Que faut-il aujourd’hui pour rendre cette structure véritablement opérationnelle ? Pr Amadou Keïta : C’est un constat qui ne prend pas toujours en compte le contexte dans sa globalité et les actions en cours pour permettre à la Sorem de faire face aux défis du moment. En effet, la société d’État SOREM, créée en août 2022, porte en elle une volonté affirmée du président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, de remettre l’État au cœur du système de recherche, d’exploitation et de commercialisation des produits miniers. Son opérationnalisation est l’une des priorités du département des Mines. Cette société a tenu la 2ème session de son conseil d’administration le 25 juillet 2024 et vient de se voir attribuer par le Conseil des ministres un permis de recherche d’or sur le périmètre de N’Tahaka d’une superficie de 97,41 km², dans le Cercle de N’Tillit à Gao. Les données recueillies suite aux travaux de recherche géologique et minière exécutés dans le district géologique du Gourma oriental, nous ont permis de mettre en évidence plusieurs secteurs d’intérêt potentiel dont celui de N’Tahaka et la SOREM est déjà engagée à approfondir l’exploration en vue d’une exploitation prochaine des richesses du sous-sol au bénéfice des peuples du Mali. Elle s’active, également, depuis quelques semaines à un positionnement stratégique sur les mines en difficultés dans notre pays. C’est le cas de la mine de Morila qui reviendra sous la coupe de la SOREM afin de s’assurer de la continuité de son exploitation après les moments difficiles que la mine a connus du fait de l’indélicatesse de son précédent opérateur. Les autres actifs miniers appartenant à cette société australienne reviendront également à la SOREM. L’État entend apporter les moyens utiles et adéquats à la SOREM pour mener à bien sa mission. L’Essor : Où en êtes-vous avec le projet d’installation de l’usine d’affinage d’or ? Pr Amadou Keïta : Ce projet est une des dimensions du partenariat que nous avons avec la Russie dans le secteur minier et il se présente comme un tournant décisif dans l’organisation et la gestion de ce secteur. Vous n’êtes pas sans savoir que l’objectif final de ce processus est que tout l’or produit sur le territoire du Mali soit raffiné au Mali dans des conditions optimales. C’est un processus qui évolue bien et demande une coopération intense à plusieurs niveaux. L’État a mis à la disposition de ce projet d’usine d’affinage un espace de 10 hectares et dispose d’un plan de conception sommaire de l’unité. Le cahier de charges ainsi que les éléments nécessaires pour la conduite d’une étude de faisabilité sont disponibles. Un suivi régulier est fait avec le partenaire russe pour que notre pays dispose, après un peu plus de 60 ans d’exploitation de l’or, d’une usine d’affinage répondant aux standards internationaux. L’Essor : La renégociation du contrat de lithium de Goulamina a permis de porter la participation de l’État et des nationaux à 35% contre 20% précédemment. Que représente cette part en termes de ressources pour les caisses publiques ? Pr Amadou Keïta : Je voudrais d’abord féliciter le gouvernement du Mali pour cet accord et pour le projet de la mine de lithium de Goulamina, l’un des plus grands projets de lithium en Afrique et dans le monde. Il reflète la politique de diversification que nous prônons dans l’exploitation des ressources minérales de notre pays. Pour revenir à votre question, il est important de voir au-delà des pourcentages énoncés qui concernent, uniquement, l’apport direct du secteur minier, en termes de dividendes, à l’État et aux nationaux qui seront actionnaires. À ce niveau, une première estimation fait état d’une augmentation du budget de l’État à hauteur d’environ 100 milliards de Fcfa par an. Mais, je voudrais faire noter que ce projet de la mine de lithium de Goulamina aura des apports sous d’autres formes qui permettront une contribution additionnelle significative au financement du développement des secteurs minier et énergétique, du secteur des infrastructures et

Coopération : 150 millions de litres de gasoil du Niger pour améliorer la fourniture d’électricité au Mali

Bamako, 17 avr (AMAP) La société Énergie du Mali (EDM-SA) et la Société nigérienne de pétrole (SONIDEP) ont signé, mardi, à Bamako, un contrat commercial pour la fourniture de 150 millions litres de gasoil à EDM-SA. Ce contrat à un tarif préférentiel de 328 Fcfa le litre a été paraphé par le directeur général de la SONIDEP, le colonel Ali Seibou Hassane, et le Directeur d’EDM-SA, Abdoulaye Djibril Diallo, faisant ainsi du Mali le premier client du Niger en matière de fourniture de pétrole. Selon la ministre de l’Énergie et de l’Eau, Mme Bintou Camara, le contrat est le résultat de la réunion tenue à Niamey, au Niger, en février dernier, entre les ministres chargés de l’Énergie de l’Alliance des États du Sahel (AES), élargie au Tchad et au Togo. Rappelant la participation du Mali à la cérémonie du lancement officiel du démarrage de la production pour l’exploitation du pétrole du Niger, à la date du 1er novembre 2023 à Koulélé, Agadem (dans la région de Diffa), Mme Camara a indiqué que le Mali et le Burkina Faso ont été les premiers clients du Niger. De cette date à aujourd’hui, EDM-SA a bénéficié d’un volume de 22,6 millions de litres de gasoil comme subvention de l’État du Mali. « Avec cette expérience, a expliqué la ministre Bintou Camara, il s’agira maintenant de corriger toutes les anomalies constatées, surtout sur l’acheminement par la route du carburant. » À cet égard, la ministre chargée de l’Énergie a assuré que ce défi sera relevé. « Nous engageons la société Énergie du Mali à prendre, dès la signature de ce contrat, toutes les dispositions nécessaires pour l’acheminement correct de ce carburant au Mali », a instruit la ministre. Abondant dans le sens, Mahamane Moustapha Boka Barke a déploré que cette première expérience ait connu des difficultés mais dont les causes ont été identifiées. Pour palier ces contraintes, le ministre nigérien du Pétrole a estimé que les solutions passent par, entre autres, la constitution d’un parc de camions citernes du Niger et du Mali, la mise en place d’une escorte pour le transport du carburant dans les trois pays de l’AES, des structures d’exécution et de suivi par les trois entreprises (EDM-SA du Mali, SONABEL du Burkina Faso et SONIDEP du Niger). S’y s’ajoute, l’ouverture et l’approvisionnement conséquent des comptes dédiés dans les banques de représentations de ces trois pays. Pour Mahamane Moustapha Boka Barke, la mise en œuvre effective et diligente de ses mesures garantira le succès de ces opérations. La cérémonie a été présidée par le Premier ministre chef du gouvernement, Choguel Kokalla Maïga. C’était en présence des membres du gouvernement dont le ministre de l’Énergie et de l’Eau, Mme Bintou Camara, et de son homologue nigérien du pétrole, Mahamane Moustapha Boka Barke. Avant la signature de cette convention entre les deux ministres chargés de l’Énergie, dans l’après-midi, le chef de l’État,  le colonel Assimi Goïta, a accordé une audience  la délégation  du Niger. BBC/MD (AMAP)