Coopération : 150 millions de litres de gasoil du Niger pour améliorer la fourniture d’électricité au Mali
Bamako, 17 avr (AMAP) La société Énergie du Mali (EDM-SA) et la Société nigérienne de pétrole (SONIDEP) ont signé, mardi, à Bamako, un contrat commercial pour la fourniture de 150 millions litres de gasoil à EDM-SA. Ce contrat à un tarif préférentiel de 328 Fcfa le litre a été paraphé par le directeur général de la SONIDEP, le colonel Ali Seibou Hassane, et le Directeur d’EDM-SA, Abdoulaye Djibril Diallo, faisant ainsi du Mali le premier client du Niger en matière de fourniture de pétrole. Selon la ministre de l’Énergie et de l’Eau, Mme Bintou Camara, le contrat est le résultat de la réunion tenue à Niamey, au Niger, en février dernier, entre les ministres chargés de l’Énergie de l’Alliance des États du Sahel (AES), élargie au Tchad et au Togo. Rappelant la participation du Mali à la cérémonie du lancement officiel du démarrage de la production pour l’exploitation du pétrole du Niger, à la date du 1er novembre 2023 à Koulélé, Agadem (dans la région de Diffa), Mme Camara a indiqué que le Mali et le Burkina Faso ont été les premiers clients du Niger. De cette date à aujourd’hui, EDM-SA a bénéficié d’un volume de 22,6 millions de litres de gasoil comme subvention de l’État du Mali. « Avec cette expérience, a expliqué la ministre Bintou Camara, il s’agira maintenant de corriger toutes les anomalies constatées, surtout sur l’acheminement par la route du carburant. » À cet égard, la ministre chargée de l’Énergie a assuré que ce défi sera relevé. « Nous engageons la société Énergie du Mali à prendre, dès la signature de ce contrat, toutes les dispositions nécessaires pour l’acheminement correct de ce carburant au Mali », a instruit la ministre. Abondant dans le sens, Mahamane Moustapha Boka Barke a déploré que cette première expérience ait connu des difficultés mais dont les causes ont été identifiées. Pour palier ces contraintes, le ministre nigérien du Pétrole a estimé que les solutions passent par, entre autres, la constitution d’un parc de camions citernes du Niger et du Mali, la mise en place d’une escorte pour le transport du carburant dans les trois pays de l’AES, des structures d’exécution et de suivi par les trois entreprises (EDM-SA du Mali, SONABEL du Burkina Faso et SONIDEP du Niger). S’y s’ajoute, l’ouverture et l’approvisionnement conséquent des comptes dédiés dans les banques de représentations de ces trois pays. Pour Mahamane Moustapha Boka Barke, la mise en œuvre effective et diligente de ses mesures garantira le succès de ces opérations. La cérémonie a été présidée par le Premier ministre chef du gouvernement, Choguel Kokalla Maïga. C’était en présence des membres du gouvernement dont le ministre de l’Énergie et de l’Eau, Mme Bintou Camara, et de son homologue nigérien du pétrole, Mahamane Moustapha Boka Barke. Avant la signature de cette convention entre les deux ministres chargés de l’Énergie, dans l’après-midi, le chef de l’État, le colonel Assimi Goïta, a accordé une audience la délégation du Niger. BBC/MD (AMAP)
Le gouvernement malien suspend les activités des partis politiques (Porte-parole)
Bamako, 11 avr (AMAP) Les activités des partis politiques et celles à caractère politique des associations « sont interdites jusqu’à nouvel ordre » au Mali pour raison d’ordre public, a annoncé, mercredi, le porte-parole du gouvernement, le colonel Abdoulaye Maïga. Dans un flash spécial à la télévision nationale et rendant de la décision adoptée en Conseil des ministres du même jour, le colonel Maiga a indiqué que « cette mesure restrictive fait suite au constat de multiplication des activités à caractère subversif de partis et associations, face aux multiples défis auxquels le pays est confronté». Selon le gouvernement, «malgré la volonté et la disponibilité des autorités à agir avec le consensus du peuple et la clarté des dispositions législatives et règlementaires qui encadrent les actions des partis politiques et des autres formes d’organisations à caractère politique, les actions de subversion des partis politiques et de leurs alliés ne font que se multiplier». Au regard de ces constats, pour raison d’ordre public, «le projet de décret adopté suspend les activités des partis politiques et les activités à caractère politique des associations jusqu’à nouvel ordre sur toute l’étendue du territoire national», annonce son porte-parole. Le gouvernement rappelle que la loi nationale sur les associations, «n’autorise pas les partis politiques à former des regroupements sous la forme associative. Alors que « ces regroupements sont constitués sous la forme d’associations non déclarées qui n’ont plus d’existence légale depuis l’adoption de l’Ordonnance n°2024-008/PT-RM du 28 mars 2024 portant modification de la loi relative aux associations», explique le document. Le ministre définit les partis politiques comme « des organisations de citoyens unis par un idéal, prenant la forme d’un projet de société, pour la réalisation duquel ils participent à la vie politique par des voies démocratiques. » Quant à l’association, elle est « la convention par laquelle plusieurs personnes mettent en commun d’une façon permanente leurs connaissances ou leurs activités dans un but autre que de partager des bénéfices. » Cette suspension des activités des partis politiques intervient dans un contexte marqué par le débat politique sur la fin de la Transition. Un regroupement de la classe politique, a indiqué le 31 mars, dans une déclaration commune, avoir acté la fin de la Transition conformément au décret présidentiel du 06 juin 2022. Ce décret fixait la durée de la Transition à 24 mois, à compter du 26 mars 2022, après des négociations intenses avec la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Le Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga, vendredi dernier, à lors d’une rencontre du Comité de pilotage du Dialogue inter-Maliens avec les membres du gouvernement, a repliqué que la Transition en cours prendra fin avec l’investiture d’un président élu. Selon lui, il y a trois référentiels qui guident la Transition au Mali. Il s’agit de la Constitution, la Charte révisée de la Transition et le décret présidentiel du 06 juin 2022 qui établissent la fin de la Transition avec l’investiture du nouveau président élu lors d’un scrutin organisé par les autorités actuelles. AT/MD (AMAP)
Canicule au Mali : De nombreux décès constatés
Bamako, 08 avr (AMAP) Le Centre hospitalier universitaire (CHU) Gabriel Touré de Bamako, au Mali, a enregistré 102 décès du 1er au 4 avril derniers avec 60% des victimes âgées de plus de 60 ans, ont annoncé des sources médicales. Ces statistiques, fournies par le Service d’accueil des urgences (SAU) de l’hôpital Gabriel Touré, comparées aux 130 décès enregistrés pour tout le mois d’avril en 2023 appellent à agir pour éviter la catastrophe. Le tableau n’est guère plus reluisant dans d’autres structures hospitalières alors que le pays connait une vague de canicule. Les températures ressenties sont très souvent très élevées. Le thermomètre affiche une moyenne de 40 à 45° Celsius dans la capitale voire plus dans d’autres localités du pays. Cette chaleur extrême serait à l’origine de nombreux décès, notamment chez les personnes du troisième âge, c’est-à-dire les 60 et plus. L’ampleur de la situation suscite des appréhensions légitimes, mais aussi des interprétations erronées sur les réseaux sociaux. Des personnes sans scrupule alignent des chiffres dans leur post qui sont loin de la réalité. Le Centre hospitalo-universitaire (CHU) Gabriel Touré qui s’inscrit dans la dynamique de partage de la bonne information a organisé, vendredi dernier, une conférence de presse pour expliquer la situation qui prévaut en vue de couper court aux folles rumeurs. Le CHU Gabriel Touré entend surtout sensibiliser la population sur les risques encourus pendant cette période de forte poussée de chaleur par tout le monde, particulièrement par les personnes vulnérables, notamment les 60 ans et plus et les tout-petits, et sur les mesures à adopter pour se préserver d’un éventuel coup de chaleur. La conférence était animée par le chef du département de la médecine d’urgence et d’anesthésie-réanimation, Pr Diango Mahamane Djibo. Le praticien hospitalier dans son exposé liminaire a tenu à préciser qu’il ne faut pas mettre ces décès sur le compte de la canicule. L’esprit cartésien qu’il demeure toujours estime simplement qu’il faut des études pour cerner les causes réelles de ces nombreux décès très souvent constatés à l’arrivée à l’hôpital. Le conférencier explique aussi que 60% de ces personnes décédées durant les quatre premiers jours du mois d’avril étaient âgées de plus de 60 ans. Selon lui, à cet âge, ces personnes sont parfois fragilisées par des pathologies chroniques comme le diabète et l’hypertension artérielle, entre autres. «On est en période de canicule qui décompense ces maladies chez les patients», souligne le Pr Diango Mahamane Djibo. Et l’anesthésite-réanimateur d’indiquer que les enfants à bas âge sont aussi très fragiles face à la canicule parce qu’ils n’ont pas suffisamment d’eau dans l’organisme pour affronter les températures extrêmes. Le toubib relève également que lorsque la température ambiante augmente, l’organisme met en place plusieurs mécanismes pour faire baisser la température. «Si sa capacité de défense est dépassée, cela conduit à un déficit d’eau. Les effets secondaires de cette déshydratation sont notamment une importante fatigabilité, des maux de têtes, des nausées et la perte de conscience», énumère-t-il. Pour le Pr Djibo, en raison de cette vague de canicule, la fréquentation de son service avait atteint, il y a trois jours, plus de 100 patients par jour contre une moyenne de 70. Il invite la population surtout les aînés et les tout-petits à observer les mesures de prévention, notamment se soustraire à un environnement très chaud, se mettre à l’ombre et également boire de l’eau. Le conférencier conseille tout simplement d’éviter de donner de l’eau glacée à une personne lorsque sa température est en train de monter. Selon le spécialiste en médecine d’urgence, la bonne attitude, c’est de lui donner de l’eau tiède en petite quantité et à des petits intervalles pour la réhydratation. Les autres établissements hospitaliers sont tous débordés. Le personnel hospitalier est un peu partout aux petits soins pour tenter de soulager les familles qui accourent avec leurs malades. Certains arrivent trop tard puisque ce sont des Décès constatés à l’arrivée (DCA). Les plus chanceux sont immédiatement pris en charge. A l’hôpital du Mali, par exemple, une source médicale, « sans entrer dans le jeu des chiffres », confirme qu’il y a de nombreux morts parce que la capacité d’accueil de la morgue a été largement dépassée. Cette source hospitalière explique simplement qu’un rapport a été adressé à la ministre de la Santé et du Développement social. A l’hôpital du Point G, c’est le même constat. Dans cet établissement hospitalier, on a enregistré dans la semaine du 1er au 6 avril 34 DCA et 26 décès au service des urgences. A l’hôpital de Kati, c’était aussi le même vécu ou presque. Selon une source hospitalière, l’établissement a enregistré dans la semaine 19 DCA et autant de corps déposés directement à la morgue. MDD/MD (AMAP)
Ségou : Le respect des règles générales de construction au cœur d’une rencontre avec les légitimités traditionnelles
Ségou 28 mar (AMAP) Le gouverneur de la Région de Ségou, le contrôleur général de police Alassane Traoré, a présidé mercredi, la rencontre trimestrielle avec les légitimités traditionnelles de la ville de Ségou, dans le Centre du Mali. Cette rencontre qui s’est tenue dans la salle de conférence du gouvernorat, avait pour thème “le respect des règles générales de construction”. La terre est devenue un enjeu capital au Mali. Son accès fait l’objet de compétition sans précédent créant ainsi des spéculations et des pratiques anormales de tout genre. Le gouverneur a rappelé que la ville de Ségou et ses environs sont dotés, depuis 1986, d’un Schéma directeur d’urbanisme qui a été révisé par le décret N° 06-128/P-RM du 20 mars 2006. Malgré ce texte, le phénomène de l’occupation anarchique de l’espace se poursuit dans la ville de Ségou et ses environs. Il se manifeste par un développement spatial de la ville avec la prolifération de quartiers spontanés. La prolifération de constructions irrégulières dans la ville de Ségou entraine la désurbanisation avec comme conséquences, des problèmes d’inondation, de salubrité, d’aération et même de perte de l’esthétique. « Face à ce constat moins réjouissant, nous avons jugé utile au cours de la rencontre de ce trimestre avec les légitimités traditionnelles, d’échanger sur le respect des règles de construction afin que chacun à son niveau s’engage dans la sensibilisation des populations et des usagers sur le bon respect des règles et des procédures en matière de construction d’habitation”, a dit le Gouverneur. Le Contrôleur général de Police a souligné le rôle plus que déterminant des légitimités dans la résolution ce problème. « En tant que garant des valeurs sociales qui guident la vie dans nos communautés, vous représentez pour les populations des repères et pour l’administration, vous constituez le premier maillon de contact et d’échanges avec les populations », a-t-il indique Selon lui, c’est à juste titre qu’à l’occasion de cette rencontre, « nous vous mettions solennellement en mission auprès de vos concitoyens afin de les sensibiliser sans relâche sur le respect des règles de construction et l’amélioration du cadre de vie dans la ville de Ségou. » Le gouverneur Alassane Traoré s’est réjoui de l’organisation de cette rencontre avec les légitimités traditionnelles et souhaité l’implication de toutes et tous dans la recherche de solution. A sa suite, le directeur régional de l’urbanisme et de l’habitat de Ségou, Ousmane Baby, a dit que cette rencontre offre l’opportunité d’informer et de sensibiliser les légitimités traditionnelles qui, désormais, seront des ambassadeurs du ministère chargé de l’Urbanisme, à travers sa direction régionale à Ségou. Ses éclaircissements ont porté sur les règles générales de la construction ainsi que certaines normes spécifiques en ce qui concerne la construction des équipements publics urbains ; le rôle des spécialistes dans la construction ; la procédure à suivre depuis le choix du site jusqu’à la réception des travaux, l’occupation du terrain. Les échanges ont également porté sur le permis de construire les modalités de délivrance, les modes d’attributions des parcelles ; la régularisation des lotissements illicites et les processus à suivre dans le cadre des opérations d’urbanisme. ADS/MD (AMAP)
Communiqué du Conseil des ministres du mercredi 27 mars 2024
Le Conseil des ministres s’est réuni en session ordinaire, le mercredi 27 mars 2024, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba, sous la présidence du Colonel Assimi GOITA, Président de la Transition, Chef de l’Etat. Après examen des points inscrits à l’ordre du jour, le Conseil a : – adopté des projets de texte ; procédé à des nominations et entendu des communications. AU CHAPITRE DES MESURES LEGISLATIVES ET REGLEMENTAIRES 1. Sur le rapport du ministre d’Etat, ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, le Conseil des Ministres a adopté un projet d’ordonnance portant modification de la Loi n°04-038 du 05 août 2004 relative aux associations. L’association est la convention par laquelle plusieurs personnes mettent en commun d’une façon permanente leurs connaissances ou leurs activités dans un but autre que de partager les bénéfices. Elle est régie, quant à sa validité, par les principes généraux du droit applicables aux contrats et obligations. La Loi n°04-038 du 05 août 2004 relative aux associations dispose que les associations de personnes pourront se former librement sans autorisation ni déclaration préalable, mais elles ne jouiront de la capacité juridique que si elles sont rendues publiques par les soins de ses fondateurs. Dans la pratique, la non déclaration de certaines associations est source de prolifération d’associations de toute nature, sans le moindre contrôle de l’Etat, rendant très difficile l’application de la loi. Le projet d’ordonnance adopté permettra de soumettre toutes les associations à la formalité administrative d’autorisation et de déclaration préalable et de faciliter l’exercice du contrôle nécessaire de l’Etat. Sa mise en œuvre ne porte pas atteinte à la libre formation des associations prévue par la Constitution. 2. Sur le rapport du ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, le Conseil des Ministres a adopté des projets de décret portant nomination aux fonctions de notaire. Le notaire est un officier public institué pour assurer le service public de la preuve. L’Ordonnance n°2013-027/P-RM du 31 décembre 2013 portant statut des notaires détermine les conditions d’accès à la profession de notaire, les modalités de gestion de la vacance et du transfert des charges notariales. En application des dispositions de cette ordonnance et après avis conforme de l’Ordre des notaires, les projets de décret adoptés, nomment en qualité de notaires, les aspirants notaires dont les noms suivent : – Madame Aïssata SIDIBE et Monsieur Mohamed KOUMARE, avec résidence à Bamako ; – Madame Fatoumata COULIBALY, avec résidence à Bamako ;- Monsieur Bakary Simbon KEÏTA, avec résidence à Bamako ; – Monsieur Lamine Bassirou DIOP, avec résidence à Bamako ; – Monsieur Issa SY, avec résidence à Bamako. AU CHAPITRE DES MESURES INDIVIDUELLES Le Conseil des Ministres a procédé aux nominations suivantes : AU TITRE DU MINISTERE DE LA RECONCILIATION, DE LA PAIX ET DE LA COHESION NATIONALE – Conseiller technique : Colonel Sapeur-pompier Fatoumata Bakoroba COULIBALY. AU TITRE DU MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE – Chef de Cabinet : Monsieur Ahmadou FANE, Professeur de l’Enseignement supérieur. AU TITRE DU MINISTERE DE L’AGRICULTURE– Conseiller technique : Monsieur Brahima KONATE, Ingénieur de l’Agriculture et du Génie rural. AU TITRE DU MINISTERE DE L’URBANISME, DE L’HABITAT, DES DOMAINES, DE L’AMENAGEMENT DU TERRITOIRE ET DE LA POPULATION – Directeur Général des Domaines et du Cadastre : Monsieur Youssouf COULIBALY, Ingénieur des Constructions civiles. AU CHAPITRE DES COMMUNICATIONS 1. Le Premier ministre, Chef du Gouvernement a informé le Conseil des Ministres de l’abrogation de décrets relatifs à l’architecture institutionnelle mise en place pour promouvoir la Paix et la Réconciliation nationale dans le cadre de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger. Les textes concernés par cette abrogation sont : – les textes de création, d’organisation et de fonctionnement et ceux fixant les avantages accordés aux membres des organes du cadre institutionnel de la Réforme du Secteur de la Sécurité et du Secrétariat permanent du cadre de Gestion de la Crise au Centre ; – les décrets de nomination au sein du Cadre institutionnel de la Réforme du Secteur de la Sécurité. Cette abrogation est proposée à la suite de la décision du Gouvernement de mettre fin à l’Accord avec effet immédiat.2. Le ministre de l’Agriculture a informé le Conseil des Ministres : a. de la participation du Mali à la 33ème Session ministérielle de la Conférence Régionale de la FAO pour l’Afrique, prévue du 18 au 20 avril 2024 à Rabat au Maroc. La Direction Générale de l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture organise la 33ème Session de la Conférence Régionale de la FAO pour l’Afrique sous le thème : « Systèmes agroalimentaires résilients et transformation rurale inclusive ». La rencontre est ouverte à tous les Etats membres de la FAO de la Région Afrique, aux représentants des organisations et institutions spécialisées des nations Unies, ainsi qu’aux observateurs. La participation du Mali à cet important évènement sera une véritable opportunité d`échange d`expériences et de partenariat, avec des partenaires au développement et des entreprises multinationales, pour la mise en œuvre de Programmes et Projets visant à accélérer la transformation des systèmes agroalimentaires et de soutien au développement rural. b. de l’Organisation de la 14ème Session du Conseil Supérieur de l’Agriculture. Les Départements de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche et le Commissariat à la Sécurité alimentaire élaborent annuellement, conformément aux dispositions de la Loi d’Orientation Agricole, le document de Plan de campagne Agricole harmonisé et consolidé. Ce document élaboré de façon participative, porte sur le bilan de la campagne Agricole 2023 et le plan triennal de la campagne Agricole 2024-2026. Il définit un ensemble d’objectifs, d’activités, de stratégies cohérentes, d’indicateurs de mesure des résultats et de ressources financières destinées à promouvoir les activités Agricoles. Le Plan de Campagne Agricole sera soumis à la 14ème Session du Conseil supérieur de l’Agriculture. Sa mise en œuvre contribuera à l’atteinte des objectifs liés à la souveraineté et la sécurité alimentaire et nutritionnelle ainsi qu’à l’amélioration des revenus des exploitants Agricoles et à la réduction
Entreprenariat des jeunes ruraux : Le projet FIER II va créer 5 000 micro-entreprises individuelles
Sikasso, 27 mar (AMAP) Le deuxième projet de Formation professionnelle, insertion et appui à l’entreprenariat des jeunes ruraux (FIER II), d’un coût de 59,5 milliards de Fcfa, cible 60.000 jeunes ruraux qui bénéficieront d’une formation professionnelle ou d’une insertion économique dans un créneau porteur, a été lancé, vendredi, à Sikasso (Sud) par le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, Porte-parole du gouvernement, le colonel Abdoulaye Maïga. FIER II est une initiative de l’État malien qui bénéficie du soutien technique et financier du Fonds international de développement agricole (FIDA). D’un coût de 59,5 milliards de Fcfa, ce projet cible les jeunes ruraux femmes et hommes âgés de 15 à 40 ans. À terme, 60.000 jeunes ruraux bénéficieront d’une formation professionnelle ou d’une insertion économique dans un créneau porteur. Le projet couvrira les Régions de Koulikoro, Sikasso, Kayes et Ségou. 12 cercles seront retenus dans des zones de concentration. Il sera étendu aux bassins de production dans les Régions de Mopti, Gao, Tombouctou et Kidal. Le projet sera ensuite étendu à l’ensemble des régions du Mali. « En ratissant aussi large, les autorités de la Transition tiennent à réaffirmer leur engagement en faveur des actions concrètes visant l’amélioration des conditions de vie de nos populations, a souligné le colonel Abdoulaye Maïga, qui représentait le chef de l’État. L’ambitionne en la matière est, selon lui, de consolider les acquis de la première génération du projet FIER; exécuté de 2014 à 2022 et qui «a donné un espoir en apportant des solutions adaptées au bien-être des jeunes et des communautés». Il importe, pour ce faire, d’intensifier les actions de terrain en mettant l’accent sur la productivité. Pour y arriver, « un Fonds de garantie financière durable et un fonds de refinancement des Systèmes financiers décentralisés sont mis en place », a assuré la ministre de l’Entreprenariat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Mme Bagayoko Aminata Traoré. Elle a ajouté que 12 000 Activités génératrices de revenus (AGR) et 5 000 micro-entreprises rurales individuelles sont promues et financées. S’y ajoutent, selon elle, la création de 40 000 emplois directs et l’installation d’infrastructures économiques agrégatives. Elle a invité les jeunes ruraux à en tirer le maximum de profil. Le représentant du FIDA, Oumarou Mazou, a qualifié ce lancement qu’il de « début d’un voyage passionnant vers l’acquisition de compétence et de développement personnel, la transformation professionnelle chez les jeunes ruraux dans des métiers agricoles. » Le secteur agricole est un pilier important du développement du Mali. Premier pourvoyeur d’emplois avec près de 80% de la population active, il contribue à hauteur de plus de 36% à la formation du Produit intérieur brut (PIB). Les autorités de la Transition entendent poursuivre la promotion de l’esprit d’entreprise en milieu rural, tout en facilitant l’intégration économique des jeunes dans les chaînes de valeurs agricoles et les métiers non agricoles. La population malienne est majoritairement rurale et jeune, près de 77% des Maliens vivent en milieu rural. Potentiel inestimable dont il faut profiter en résolvant les défis liés à l’équipement agricole et à l’accès au financement auxquels ces jeunes sont confrontés. Surtout de qualification pour permettre à cette jeunesse de jouer sa partition dans un monde très compétitif et très ouvert. La cérémonie de lancement a enregistré la présence des représentants du Conseil national de Transition (CNT), des autorités locales et régionales de Sikasso, Bougouni, Koutiala, Segou, Koulikoro et Kayes ainsi que des fédérations nationales des organisations des femmes et des jeunes ruraux. FD/MD (AMAP)
Ramadan et canicule : Difficile à concilier
Par Fatoumata NAPHO Bamako, 25 mar (AMAP) Seule la foi peut aider les jeûneurs à tenir pendant cette forte poussée de chaleur. Pour ceux qui ne se ménagent pas sous le soleil, il y a un gros risque de déshydratation qui peut avoir de graves conséquences. Selon les exégètes, le musulman est paré de nombreuses vertus dont la patience et l’endurance susceptibles de l’aider à affronter les peines et les difficultés mais, aussi, à consentir des sacrifices pour se rapprocher d’Allah, le Clément et Miséricordieux. C’est donc une épreuve difficile pour le musulman de jeûner dans des conditions caniculaires. « Pas du tout facile ce mois de Ramadan », lance le cordonnier Sékou Sylla tout en secouant la tête. Il confesse être simplement aidé par la foi pour continuer à observer le jeûne, sinon il aurait renoncé. Comme lui, de nombreux fidèles confirment toutes les difficultés à jeûner pendant cette poussée de chaleur. Le soleil ne facilite aucunement la tâche. Et « le délestage chronique » n’est pas fait non plus pour arranger la situation des jeûneurs. Concilier le jeûne et le travail relève de l’ordre normal des choses. Mais, certains semblent avoir des difficultés à concilier les deux ou, du moins, à pouvoir travailler sous la forte chaleur surtout avec de longues séquences de coupure d’électricité un peu partout au Mali. Adama Coulibaly, mécanicien de son état et chef de garage soutient la thèse. Il dit franchement avoir des difficultés à travailler pendant la canicule encore plus dans les conditions actuelles. « Le jeûne lors de ces deux dernières années se fait dans des conditions difficiles », explique le mécanicien. Pour se couvrir des rayons solaires, il porte une casquette noire qu’il plonge dans de l’eau de temps en temps avant de la remettre. Il répète à satiété cette gymnastique ou essaie de trouver le réconfort dans des ablutions faites avec de l’eau fraiche. « Je fais tout cela pour tenir parce qu’un vent chaud et sec souffle », souligne-t-il. Il explique boire suffisamment à la rupture du jeûne pour étancher sa soif mais, aussi, éviter d’être déshydraté. Non loin du garage d’automobiles de notre mécanicien se trouvent des cambistes reconnaissables avec les liasses de billets de banque qu’ils agitent au nez et à la barbe des usagers de la voie publique. Ceux-ci confirment aussi avoir des difficultés à concilier le Ramadan et la canicule. Tous les moyens sont bons pour se préserver d’un coup de chaleur. Oumar Samaké, casquette sur la tête se verse à intervalle régulier un sachet d’eau. Il fait des émules puisqu’un collègue, Bourama Camara, accomplit le même rituel. Il explique avoir du mal à s’éloigner de son bidon d’eau à la rupture. Sur ces entrefaites, Oumar Ouattara arrive sur sa moto. Il enroule autour de son cou une serviette mouillée pour se rafraichir. « Le soleil est vraiment brûlant. C’est ma manière d’y faire face », explique-t-il sur le ton de la plaisanterie. Il explique utiliser cette petite serviette depuis le deuxième jour du Ramadan. Seydou Guindo est un agent de sécurité qui assure la garde 12h sur 24H (6h à 18h) sur son lieu de travail. « En cette période de forte chaleur, ce n’est pas facile de travailler à jeûn », dit-il. Pour souffler un peu, il ne se gêne pas souvent de s’asseoir à l’ombre d’un mur. Quant à Kadiatou Diallo, vendeuse de sachets d’eau, elle confirme se frotter les mains dans la vente de glaces en ce mois de Ramadan. Et d’expliquer écouler souvent 15 paquets de sachets d’eau et réalise sur chaque paquet un bénéfice de 250 Fcfa. Non loin d’elle se trouve un vendeur de dattes, Issouf Dicko. Pour qui le mois de Ramadan est rentable sur le plan financier. Il vend sa denrée alimentaire sous un arbre pour être à l’abri du soleil, parce que ce n’est jamais facile de concilier le travail avec le jeûne. Il ne sort sa tête que pour prendre des ablutions. A côté de lui, Fatoumata Traoré propose des poissons à la clientèle. Elle révèle la timidité du marché en ce mois de Ramadan alors qu’à la même période l’année dernière, c’était encore beaucoup mieux. La canicule y est peut-être pour quelque chose. « Je peux acheter plus de 5 000 Fcfa de glace par jour » pour conserver les poissons. Elle, au moins, est sous un hangar pour se protéger du soleil. Boukary Karambé, qui entretient aussi les véhicules, se dit apte à travailler même sous une forte chaleur. « Je ne me verse pas d’eau, encore moins me mettre une petite serviette mouillée sur la tête », soutient-il. Mohamed Guindo vendeur de cartes de recharge a sa serviette toute trempée au cou lorsque nous l’avons rencontré. Il avoue faire ses ablutions avec de l’eau fraiche. Des environs du ministère de l’Education nationale jusqu’au « Rail da », presque tous les marchands ambulants avaient un sachet d’eau en main. Certains se mouillaient uniquement la tête tandis que d’autres se le versaiten sur tout le corps. Les femmes ne sont pas en reste. La plupart de celles dont nous avons croisé le chemin, avaient de gros glaçons posés sur la tête ou sur le corps. Les ménagères ont également des difficultés à faire la cuisine le soir parce qu’elles suffoquent sous la chaleur. C’est le cas de Mme Diallo Néné qui avoue avoir eu du mal à faire la cuisine, les deux premiers jours du Ramadan. Finalement, elle a abandonné le jeûne. Pendant le Ramadan, les jeuneurs se bousculent dans les mosquées bien climatisées. Ils y restent avant et après les horaires de prière. On observe le même spectacle dans l’enceinte des banques. Certains clients ne boudent pas leur plaisir d’y profiter de l’air conditionné. A la maison, tout le monde se retrouve, surtout le week-end, sous les arbres. Et ceux qui ont des climatiseurs ne sortent pas de leur chambre. C’est le cas de la vieille Mariam Dembélé qui a même prévenu son fils de s’attendre à une facture d’électricité assez relevée à
Mali : Hommage aux Martyrs du 26 mars
Bamako, 22 mar (AMAP) L’Association pour la défense des victimes de la répression (ADVR) a organisé, vendredi, une marche funèbre pour commémorer les martyrs de la révolution malienne, à l’occasion du 33è anniversaire du « Vendredi noir. » Il y a trente-trois ans, (22 mars 1991-22 mars 2024) des centaines de jeunes gens, à la fleur de l’âge, ont payé de leur sang, voire leur vie pour l’avènement de la démocratie et du multipartisme au Mali. La commémoration, qui s’est déroulée au Carré des martyrs près du cimetière de Niarela, s’est déroulée dans une atmosphère de recueillement et d’émotion, a été bien encadrée par les Forces de l’ordre. Les pionniers dirigeaient la marche en tenant une banderole de fond noire. C’était écrit : « Hommage aux martyrs ». Après le dépôt de la gerbe de fleurs par la ministre de la Santé et du Développement social, le colonel Assa Badiallo Touré, la sonnerie aux morts a suivi. Ensuite, l’assistance a observé une minute de silence. Le colonel Assa Badiallo Touré en présence d’anciens ministres et de plusieurs figures importantes du Mouvement démocratique dont Mme Sy Kadiatou Sow, Pr Aly Nouhoum Diallo, Tiébilé Dramé, Yaya Sangaré, a dit que ces victimes méritent le respect et la considération de l’ensemble de la nation. Selon la ministre en charge de la Santé ces « Martyrs de la Nation étaient et demeurent dans le cœur et dans l’esprit du peuple malien. » « De 1992 à nos jours, mon département continue de soutenir les activités de l’Association pour la défense des victimes de la répression », a rappelé la ministre. Elle a souligné que « malgré le contexte difficile que traverse le Mali, la détermination du gouvernement reste ferme et totale à apporter assistance et sécurité à tous les fils du pays. » Le président de l’ADVR, Abdoulaye Dembélé, a rendu hommage « à ces héros, martyrs et enfants qui sont tombés sur le champ de l’honneur, au nom de la patrie. » M. Dembélé a affirmé que l’ADVR « s’engage à contribuer, conformément aux aspirations de nos autorités et de l’ensemble des forces vives, à bâtir une nouvelle nation « un Mali Kura », dont le fondement essentiel est le pardon, la justice et la tolérance. » Au nom de l’ensemble des victimes des répressions de janvier à mars 1991, il a salué « les efforts du gouvernement pour toute l’attention particulière qu’il n’a cessé d’accorder à l’organisation. » Le président Dembélé a sollicité l’opérationnalisation de la fondation du 26 mars, tant espérée par les victimes et leurs ayants-droits. « Votre prédécesseur a posé les jalons, il vous revient d’en assurer la finition », a-t-il dit s’adressant à la ministre de la Santé et du Développement social. SS/MD (AMAP)
Réforme domaniale et foncière au Mali : Un million de parcelles numérisées dans le district de Bamako (officiel)
Bamako, 21 mar (AMAP) Un million de parcelles ont été numérisées dans le district de Bamako, dans le cadre de la réforme domaniale et foncière du Mali, a appris l’AMAP, jeudi, en marge d’une rencontre que le Conseil national du patronat du Mali (CNPM) a organisée. « Nous sommes à peu près à un million numérisé sur l’ensemble de ce territoire qui est le secteur prioritaire aujourd’hui », a déclaré le Secrétaire permanent de la réforme domaniale et foncière du Mali, le colonel-major Checkiné Mamadou Dieffaga, interrogé après la cérémonie. Organisé sur le thème « La digitalisation du foncier au Mali », cette rencontre a pour l’objectif « de montrer à l’équipe du CNPM, la nouvelle digitalisation du foncier au Mali sur laquelle nous sommes très avancés au niveau du District de Bamako. » a dit le colonel-major Dieffaga. Devant des membres du bureau et des présidents des groupements professionnels membres du CNPM, le secrétaire permanent a d’abord expliqué que l’objectif de la réforme domaniale et foncière est de refonder les rapports sociaux, mettre la terre au service du développement et appuyer la bonne gouvernance de l’État. « La digitalisation, a-t-il dit, permet de savoir l’existence d’une parcelle, son numéro d’identification national unique cadastral (NINACAD), son propriétaire et ses documents mais, aussi, de créer un référentiel. » « Nous demandons à tous les propriétaires de parcelles sur le District de Bamako et ses communes limitrophes de venir s’enregistrer », a exhorté le secrétaire permanent qui a, par ailleurs, annoncé que dans les six prochains mois, un guichet unique foncier sera mis en place. L’objectif recherché étant de permettre aux propriétaires de parcelles de remplir les formalités administratives, et réduire le délai de traitement des dossiers du foncier. Ce déjeuner professionnel a permis aux participants de mieux cerner les différents contours de la réforme domaniale et foncière, à travers l’exposé du secrétaire permanent. Pour le président du CNPM, la digitalisation du foncier est aujourd’hui indispensable pour améliorer la transparence, l’efficacité et la sécurité dans la gestion du foncier. Ce qui peut contribuer au développement économique et social du pays, dira-t-il. Elle permettra, selon Mossadeck Bally, « d’enregistrer les transactions foncières et de demander des titres de propriété en ligne, ce qui simplifie les processus administratifs et réduit les risques de corruption et de fraude. » La digitalisation du foncier permettra aussi de représenter de manière précise les limites des parcelles et les caractéristiques géographiques des terres, d’assurer les investisseurs et les propriétaires terriens contre les risques de conflits mais également de contribuer à protéger les droits fonciers des populations locales. « Avec la croissance de population et le développement des villes, nous constatons de plus en plus des besoins d’accès au foncier et nous faisons face depuis des années à des problèmes fonciers : les litiges, doublons, titres illégaux. En 2018, les services du médiateur de la République ont reçu 454 plaintes, contre 290 en 2017 », a fait remarquer Mossadeck Bally. Sur le plan privé, les investisseurs font face à ce problème d’accès au foncier qui est non seulement cher mais qui n’est pas sécurisé. « Cela réduit les décisions d’investissement d’un grand nombre d’investisseurs », a déploré le président du CNPM. Et de souligner que ce problème des litiges foncier est très fréquent en milieu urbain entre les investisseurs (immobiliers, industriels et particuliers), tout comme en milieu rural entre les exploitants agricoles. Au Mali, le foncier n’est pas fiscalisé. Un des avantages de cette digitalisation, est qu’elle sera un moyen pour l’État de créer de la richesse sur le foncier bâti et non bâti. « En résumé, la digitalisation du foncier offre de nombreux avantages potentiels en termes de transparence, d’efficacité et de protection des droits fonciers », a dit le premier responsable du patronat malien. Cependant, il a estimé que sa mise en œuvre réussie nécessite un engagement politique, des investissements dans les infrastructures technologiques et une collaboration entre les différentes parties prenantes, principalement le secteur privé. La rencontre professionnelle est un cadre d’échanges entre les acteurs du privé et le public. Il a pour objectif de contribuer à l’amélioration du climat des affaires. Initié en 2017, dès la mise en place du nouveau bureau en octobre 2022, le CNPM a décidé de relancer cette activité de dialogue avec ses partenaires pour une meilleure contribution à l’amélioration du climat des affaires au Mali, a rappelé Mossadeck Bally. BBC/MD (AMAP)
Tâches ménagères et impératifs professionnels : Comment les femmes relèvent le défi durant le ramadan
Par Fadi CISSÉ Bamako, 21 mar (AMAP) Il est 15 heures. Sous le soleil ardent de ce mois de Ramadan, Amina, une secrétaire de direction, ne songe même pas à profiter une minute de plus de son bureau climatisé. Trop d’obligations à gérer à la maison. Elle plie bagage et enfourche son engin à deux-roues pour se rendre au marché. L’esprit un peu confus, la nouvelle mariée n’est pas encore fixée sur ce qu’elle va acheter au marché pour le dîner à offrir à sa belle-famille. « Je pense que des pâtes seraient plus rapides à préparer. Ou bien as-tu d’autres suggestions, maman ? », demande-t-elle au téléphone à sa mère avant de quitter son lieu de travail. Comme Amina, pour de nombreuses femmes actives dans les secteurs public et privé, jongler entre les tâches ménagères et les impératifs professionnels est un défi de taille en cette période. Heureusement, elles savent se montrer débrouillardes pour trouver des solutions ingénieuses. Après une journée de travail consciencieusement accomplie et grâce aux conseils de sa mère, notre secrétaire de direction trouve ainsi le plat tout indiqué à servir au dîner : du fonio précuit accompagné d’une sauce rouge à la viande. Une recette savoureuse et facile à cuisiner, résume-telle. « Je fais mes achats au marché et prépare mes ingrédients avant de rentrer chez moi. Une fois à la maison, je gagne du temps en déléguant certaines tâches », explique-t-elle, en révélant avoir recruté une aide-ménagère pour que le repas soit servi à temps pour la rupture du jeûne. « Avant mon arrivée, celle-ci prépare le quinquéliba, la bouillie et dresse la table. Une fois sur place, je prends le relais pour m’occuper des tâches restantes tels que la préparation du jus et les autres mets », confie-t-elle. Le programme est, évidemment, beaucoup plus chargé pour les femmes qui doivent préparer les repas de rupture du jeûne à la fois pour le service et le domicile. Habibatou Mariko, employé de bureau, vit cette réalité depuis plus de dix ans. Elle s’en sort grâce à son expérience. « Il m’arrive de quitter le bureau à 16 heures. Quand les embouteillages deviennent insupportables, je gare ma voiture dans un lieu sûr et prends une moto taxi pour rentrer un peu plus tôt à la maison. Je n’ai jamais engagé d’aide-ménagère. Je prépare ma bouillie et ma tisane la veille au soir, que je mets ensuite au frigo. Une fois rentrée, je les réchauffe et les mets sur la table avant la rupture », dit-elle . « C’est après que je me concentre sur le dîner. Pour cela, je demande à ma belle-sœur d’acheter les condiments pour gagner du temps lorsque je rentre», dit-elle, sans s’émouvoir outre mesure. Pour elle, en effet, réaliser toutes ces tâches difficiles en ce mois béni est un acte d’amour envers Dieu et les jeûneurs. ELLES-MÊMES À JEUN– Stagiaire dans une structure publique, Kourouni Diarra jongle, elle aussi, avec les mêmes contraintes. Depuis 7 heures du matin au petit soir, cette jeune femme d’une vingtaine d’années consacre son temps à ses activités professionnelles à Ouolofobougou, en Commune III de Bamako. Mais depuis le début du Ramadan, elle a changé son emploi du temps. Elle rentre désormais chez elle à Yirimadio, en Commune VI, à 15 heures pour avoir le temps de s’occuper de ses fourneaux. Kourouni a une particularité : elle est l’unique fille de ses parents et a, par conséquent, la responsabilité des activités ménagères. « Les jours où je prends un peu de retard, je me fais aider par ma maman et la servante. Parfois, certains de mes frères m’épaulent pour aller plus vite même si cela me gêne », confie celle qui veut tout faire seule afin de soulager sa maman de cette corvée. De nombreuses femmes qui, se surmultiplient en cette période pour se mettre au service des jeûneurs, sont elles-mêmes à jeun. Mais pas toutes. Alima, par exemple, est l’une des trois belles-filles de la famille. Elle arrête de jeûner chaque fois que c’est son tour de faire la cuisine. « Je ne peux pas aller au travail et ensuite venir faire la cuisine car on s’épuise rapidement sous ce soleil. Donc, pour mener à bien toutes mes tâches, je ne jeûne pas », indique cette mère de trois garçons. Cette justification fait tiquer Abdoulaye Maïga, professeur de matières religieuses au lycée Madina. « La femme, souligne-t-il, ne peut pas abandonner son jeûne à cause de ses tâches ménagères, tout comme l’homme pour des motifs similaires. Le jeûne est une obligation pour tout musulman adulte. » En récitant un passage de versets coraniques, l’érudit explique que Dieu a dit qu’il a créé les hommes et les djinns pour l’adorer. Il cite néanmoins quelques raisons susceptibles d’empêcher un musulman de jeûner, notamment la maladie, le voyage, la période menstruelle de la femme. L’encadreur au Centre islamique de formation et de documentation (CIFOD) indique que le jeûne est une priorité pour le musulman et ne peut être supplanté par le travail quotidien. À ce sujet, il propose aux femmes qui travaillent de prendre un congé pour le mois de Ramadan. Assan et son époux n’envisagent pas cette éventualité tout simplement car ils n’ont aucun problème pendant ce mois béni. Cela fait bientôt quatre années qu’ils sont mariés et vivent ensemble avec leur bébé de six mois. Tous les deux travaillent et finissent à la même heure dans leurs différentes entreprises. En l’absence de leurs beaux-parents à la maison, ils parviennent à vivre en parfait accord. Ainsi, celui qui rentre à la maison le premier s’occupe des tâches ménagères avant l’arrivée de l’autre. «Mon mari nettoie la maison, il dresse la table et fait les petites tâches avant mon arrivée pour la rupture. Après la rupture, je me charge du dîner pas compliqué tandis qu’il s’occupe de l’enfant», détaille notre interlocutrice. FC/MD (AMAP) Coulibaly Gogo Bathily : Plus qu’une secrétaire de direction Elle fait face à tous les travaux à la maison comme au bureau, toujours avec le même courage tranquille et le sourire accueillant. Elle, c’est Mme

