Le ministre de l’Éducation nationale visite des infrastructures qui étaient inondées
Bamako, 12 déc (AMAP) Le ministre de l’Éducation nationale, Amadou Sy Savané, accompagné d’une forte délégation de membres de son cabinet, a visité, vendredi, les écoles de « Père-Tim » et Séga Diallo inondées parmi tant d’autres, par de fortes pluies qui ont gravement endommagé plusieurs infrastructures scolaires pendant la dernière saison de pluie. La première étape de la visite a concerné l’école communautaire « Père-Tim », au quartier Sans Fil, composée de six classes et d’un jardin d’enfants d’un effectif de 228 élèves. L’étape deux de la visite a concerné l’école « Séga Diallo », au quartier Bozola, qui a un effectif de 1 045 élèves et compte 25 salles de classes. Ces deux établissements se trouvent en Commune II du district de Bamako. La visité était guidé par la présidente de la délégation spéciale de la Commune II, du district de Bamako, Mme Aminata Dramane Traoré, qui a expliqué que dans une approche décentralisée, ils ont pris à cœur leur mission dans les secteurs de la santé, de l’éducation, et bien d’autres. « Après la catastrophe qui a touché les quartiers inondés, nous avons jugé impératif de reloger les sinistrés dans des salles de classe. Certes, de nombreuses écoles ont été visitées, mais l’état de l’école de Bozola était particulièrement préoccupant. C’est pourquoi, au niveau de la délégation, nous avons voulu démontrer qu’avec des moyens modestes, il est possible de réhabiliter ce type d’établissement et de lui redonner une seconde vie », a dit Aminata Traoré « Nous voulons faire de la Commune II un exemple pour montrer que Mali Kura revendiqué par nos autorités, doit se voir dans nos écoles et sur le terrain. C’est dans cet esprit que notre plan d’action communale, intitulé « Siguida Kura », a été lancé », a également dit Mme Traoré. « En très peu de temps et avec des moyens limités, nous avons mobilisé les membres du quartier pour réaliser des travaux exemplaires. Cette visite est l’occasion de montrer ces efforts et d’ouvrir un débat sur les besoins du quartier », a-t-elle ajouté. Elle a indiqué qu’après ce type d’investissement, il est important d’identifier les exigences pour pérenniser ces acquis. Aminata Dramane Traoré a rappelé que les ressources mises à la disposition de la collectivité commencent tout juste à arriver. « Nous avons donc, mis en place un comité de gestion et de suivi des travaux pour garantir que tout se fait dans la transparence et avec efficacité « , a-telle dit, Elle a exprimé son optimisme estimant qu’avec une telle dynamique, « nous pourrons réhabiliter non seulement les écoles des 13 quartiers, mais aussi les centres de santé et de la mairie. » Le ministre en charge de l’Éducation nationale a, pour sa part, rappelé que quand les établissements ont été occupés par les populations sinistrées, quand certains établissements ont été inondés, il a entrepris une série de visites de terrains pour constater ce qui s’y passe. Pour évaluer les dégâts qui étaient importants. « Des établissements qui ont envahis par les eaux et certains autres ont accueillies les populations, c’était un problème humanitaire qu’il fallait constater sur place et voir l’état d’occupation de ces établissements par les populations sinistrées », a rappelé le ministre Amadou Sy Savané. « J’avais commencé par ces deux établissements le 3 octobre et, aujourd’hui, je reviens les visiter l’un après l’autre. Et évidemment, ce que je constate, c’est que la situation s’est beaucoup améliorée parce que quand je venais, ce n’était pas en bon état. Dans les deux établissements, les latrines ont été vidangées et on n’a pas besoin de se pincer les nez pour y rentrer », a a constaté le ministre. Selon lui, même s’il reste encore des travaux, l’essentiel est là, précisant que les tables bancs ont été repeintes et les murs aussi tandis que la cour est rendue à la vie scolaire. « Cela donne envie de rester ici », s’est réjoui le chef du département de l’Education. Concernant les doléances, entre autres, le manque d’enseignants, les conditions de travail, il a assuré que le gouvernement travaille au quotidien sur ces problèmes. « On est donc en phase donc il n’y a pas de doléance qui ne sera pas étudiée », a lancé Amadou Sy Savané. Cette situation d’innondation a entraîné les autorités nationales à déclarer l’état de catastrophe naturelle, le 23 août dernier et à reporter la rentrée scolaire 2024-2025 d’un mois, initialement prévue le 03 octobre et ramenée au 04 novembre dernier. SST/MD (AMAP)
En visite à la Maison de la Presse : Le Premier ministre promet d’aider les médias
Bamako, 12 déc (AMAP) Le Premier ministre, ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, le général de division Abdoulaye Maiga, a promis, jeudi, à Bamako, d’aider la presse et de voir les doléances de la profession. Le chef du gouvernement, dans le cadre de sa prise de contact avec les couches sociales et professionnelles du pays, a rencontré à la Maison de la Presse, les hommes de médias pour échanger et partager avec eux des préoccupations de la corporation. Après avoir écouté les intervenants, des hommes de médias, sur certaines de leurs préoccupations, le général de division Abdoulaye Maiga a promis une réponse « après avoir vu avec les services centraux et déconcentrés compétents. » Au cours des échanges, le Premier ministre a expliqué que le Mali est dans une période exceptionnelle et que « nous sommes tous des Maliens qui nous devons, tous, travailler pour l’intérêt du Mali. » Il a demandé la cohésion nationale autour du Mali, que chacun fasse sa part et joue son rôle pour l’édification du Mali. Il a souligné que la presse joue un rôle important dans cette édification de la nation. Le président de la Maison de la Presse, Bandiougou Danté, s’adressant à la presse après les echanges, a exprimé ses remerciements au Premier ministre pour cette marque « de respect et de considération » à l’endroit de la presse malienne, en se déplaçant « pour venir nous écouter, échanger et partager des préoccupations avec nous. » « Nous sommes très contents et nous sommes reconnaissants de sa présence ici, ce matin, à la Maison de la Presse. Avec lui, nous avons abordé toutes les questions essentielles, notamment celles liées à la liberté de la presse, celles de nos textes qui sont en souffrance depuis 2021 et l’aide à la Presse », a fait savoir Bandiougou Danté. En réponse à une question d’une consœur, à savoir « si on peut espérer quelques actions venant du Premier ministre », M. Danté a répondu : « Nous devons espérer quelque chose venant du cgef du gouvernement. » « Le Premier ministre est dans une logique de rassembler les Maliens et de faire en sorte qu’on puisse trouver ensemble des solutions aux problèmes du Mali. Nous sommes tous des Maliens avant tout », a-t-il dit. La rencontre s’est déroulée dans la salle de conférence de la Maison de la Presse, en présence du ministre de la Communication, de l’Économie numérique et de la Modernisation de l’administration, Alhamdou Ag Ilyène, du président de la Haute autorité de la Communication (HAC), Gaoussou Coulibaly, du président de la Maison de la Presse, Bandiougou Danté, des patrons de presse publique, notamment le directeur général de l’ORTM, Alassane Baba Diombélé, le directeur général de l’Agence malienne de presse été de publicité (AMAP), Alassane Souleymane et de la presse privée ainsi qu’un parterre de journalistes. Sadou Yattara, journaliste, réagissant à la visite du Premier ministre à la Maison de la Presse, a souligné qu’elle a été « très utile. » « D’abord, cela permet d’actualiser tous les dossiers chauds que la presse a soumis au gouvernement. Celui qui était là, c’est le chef du gouvernement avec qui on a actualisé nos dossiers. » « Ensuite, il a pris des engagements. Ce qui donne toute son importance à cette rencontre. « « Un autre aspect de cette visite est qu’elle doit être la troisième ou quatrième que le premier ministre a rendue à des structures depuis sa prise de fonction. A mon avis, cela dénote de l’importance que la Presse aux yeux du chef du gouvernement », a analysé M. Yattara. Il a estimé que c’est une opportunité qu’il fallait saisir au bond et la matérialiser ajoutant que « ce n’est pas tous les jours que le Premier ministre se déplace pour voir la presse. » Il a qualifié la démarche du chef du gouvernement de « pédagogique » pour échanger avec l’ensemble des couches socio-professions « afin d’établir une feuille de route pour son mandat. « Nous lui avons dit les vérités sur nos préoccupations et il nous a fait des propositions », a fait savoir Abdoulaye Handane, directeur général de radio Kledu. « Si souvent, les gouvernants descendent pour voir les gouvernés et, surtout, les structures, pour s’enquérir de leurs problèmes le pays ira de l’avant », a ajouté le directeur général de radio Kledu. SST/MD (AMAP)
Relance du GEPPAO : Le nouveau bureau a tenu sa première réunion d’information à Abidjan
Envoyé spécial Souleymane Bobo TOUNKARA Abidjan, 12 dec (AMAP) Le nouveau bureau du Groupement des éditeurs de presse publique d’Afrique de l’Ouest (GEPPAO), a tenu une réunion d’information, mardi dernier à Abidjan, avant d’être reçu, quelques heures plus tard, par le ministre ivoirien de la Communication, Porte-parole du gouvernement ivoirien, Amadou Coulibaly. Le nouveau bureau élu pour un mandat de quatre ans est dirigé par l’Ivoirien Serge Abdel Nohou, le directeur général du Groupe Fraternité Matin. Le premier vice-président, chargé des relations extérieures est Lamine Niang, directeur général du Quotidien national du Sénégal, Le Soleil, tandis que le directeur général de l’Agence malienne de presse et de publicité (AMAP), Alassane Souleymane, occupe le poste de deuxième vice-président, chargé de l’animation et de la vie associative. Parmi les autres membres du bureau, figurent Dr Sawakoudé Bertin du Bénin qui occupe le poste de secrétaire général. Il est secondé par le Nigérien Alou Moustapha, le Guinéen Ibrahima Koné occupe le poste de trésorier principal, avec comme adjoint l’Ivoirien Adama Koné, directeur général adjoint du Groupe Fraternité Matin. Quatre grands sujets ont été abordés lors de cette rencontre : la prochaine tournée d’une délégation du GEPPAO dans les pays membres pour présenter le programme d’activités aux autorités, la redynamisation de l’association, le problème de siège du groupement et l’organisation des Awards de la presse pour récompenser les meilleurs journalistes de la sous-région. Le ministre Amadou Coulibaly a salué la reprise des activités du GEPPAO et assuré le nouveau bureau du soutien total du gouvernement ivoirien. « C’est une excellente idée (la reprise des activités du GEPPAO, ndlr). J’ai été très séduit par le nouveau programme que vous avez élaboré. Pour moi, le GEPPAO est une belle entreprise et un bon véhicule de l’intégration sous-régionale », a dit le ministre Coulibaly qui était entouré de ses principaux collaborateurs dont le directeur de cabinet, Jean Martial Adou. « Je suis sûr que la relance du Journal de L’Intégration sera bien accueillie par l’ensemble des pays de la sous-région», a conclut Amadou Coulibaly qui a été désigné parrain de l’association, alors que le trophée de la 1ère édition des Awards portera le nom du Président ivoirien, Alassane Ouattara. La date et le lieu de l’évènement seront précisés dans les semaines à venir, après la validation du nouveau programme d’activités de l’association. En 2025, le programme prévoit, entre autres, une série de visites dans les pays membres et aux patrons des organisations sous-régionales (CEDEAO, UEMOA, Conseil de l’Entente, BCEAO), la recherche de ressources à travers des partenariats et des sponsors, la création d’une banque de données pour favoriser le partage d’expériences et de bonnes pratiques, la création d’un site web du GEPPAO et du Journal de l’Intégration, la mise à jour des statuts et, bien entendu, l’organisation de la 1ère édition des Awards. Le programme est ambitieux, mais pour le président du GEPPAO, Serge Abdel Nohou, comme pour le ministre de la Communication, Porte-parole du gouvernement ivoirien, Amadou Coulibaly, c’est un programme réalisable qui peut donner un coup de fouet à l’intégration sous-régionale pour le bonheur des populations. Le Mali est membre fondateur de ce groupe média porté sur les fonts baptismaux en décembre 2014 (les trois autres pays fondateurs sont le Bénin, le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire). Après sa création, le GEPPAO avait lancé Le Journal de L’Intégration, un magazine trimestriel qui ne fera malheureusement pas long feu. La disparition de ce journal a porté un coup fatal à l’association et il a fallu attendre le 25 octobre dernier pour voir le groupe média renaître de ses cendres avec la mise en place d’un nouveau bureau et l’adhésion de trois autres pays : la Guinée, le Niger et le Sénégal. SBT/MD (AMAP)
L’Alliance Joining Force/UNICEF organise un Panel sur la protection des droits de l’enfant face au changement climatique
Bamako, 12 dec (AMAP) L’Alliance Joining Force, en partenariat avec l’UNICEF, a organisé, mercredi dernier, au Centre international de conférence de Bamako (CICB) un panel avec les enfants autour du thème : « la protection des droits de l’enfant face au changement climatique », l’activité entre dans le cadre de la journée internationale de l’enfant. Le directeur pays de World vision, Patrick Danière, a précisé que l’Alliance Joining Force qui regroupe six organisations internationales travaillant sur le bien-être des enfants (World vision, Terre des Hommes, Save the children, Plan international, SOS village et Educo) et UNICEF « ont décidé de conjuguer leurs efforts pour valoriser de nouveaux espaces et supports d’expression des droits de l’enfant, en particulier sur le thème des droits de l’enfant et l’environnement. » M. Danière a ajouté que le thème revêt une importante capitale, parce que les enfants du Mali ne sont pas épargnés par les effets du changement climatique notamment les inondations et les fortes chaleurs que le Mali a connu cette année. « En tant que membres de l’Alliance Joining Forces, nous ne ménagerons aucun effort pour écouter les enfants, qui représentent l’avenir du pays, sur leurs droits face au changement climatique », a-t-il promis. Le directeur national de la Promotion de l’Enfant et de la Famille, Harouna Samaké, a déclaré avoir « apprécié cette initiative de l’Alliance Joining Force et UNICEF, pour échanger sur l’avenir des enfants et sur le changement climatique. » « Car, chaque fois qu’il y a inondation, on constate qu’il y’ a au moins un enfant victime. Cela joue essentiellement sur leurs droits de leur protection », a souligné M. Samaké. Selon le maire délégué de la Commune III, Abdoulaye Traoré, l’ambition de l’Alliance Joining Force et UNICEF pour le bien-être des enfants « répond au souci partagé des autorités du pays et des autres acteurs au développement, car elle vise à trouver des solutions durables aux problèmes auxquels les enfants sont confrontés, particulièrement les enfants les plus vulnérables. » Il a exhorté les collectivités locales et les services techniques de l’Etat ainsi que les organisations communautaires de base, à être des acteurs majeurs du processus dans la protection des droits des enfants. Après les exposés des panélistes (les conseillers techniques Sékou Koné et Mme Traoré Djénéba Diakité) sur le thème, des enfants ont posé des questions de compréhension. Les enfants ont aussi fait des plaidoyers et des recommandations, quant à leur avenir, en depit de tout ce que le gouvernement du Mali a fait par rapport aux respects des droits des enfants. Ils ont interpelé le ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille le cas au cas particulier des enfants avec un handicap dans le cadre des initiatives de lutte contre le changement climatique au Mali. En 2023, le gouvernement, pour protéger les écoliers, a exigé que les établissements scolaires arrêtent les cours à partir de midi à cause des fortes chaleurs ; quelles sont les solutions à mettre en place pour que le climat impacte moins l’éducation ; cette année la montée des eaux a eu beaucoup de conséquences sur l’éducation et l’épanouissement des enfants, la rentrée scolaire 2024-2025 en a été retardée, quelles dispositions à prendre pour atténuer les possibles de futures inondation sur les enfants… Sont entre autres des préoccupations que les enfants ont soulevées. Selon Fatoumata Cissé, déficiente visuelle, étudiante à l’Institut de formation des aveugles, satisfaite des réponses, « les questions ont par les panelistes. SST/MD (AMAP)
Burkina Faso : Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo nommé Premier ministre
Bamako, 7 dec (AMAP) Le Président de la Transition du Burkina Faso, le capitaine Ibrahim Traoré a nommé ce samedi 07 décembre, Jean Emmanuel Ouédraogo, 44 ans, Premier ministre, apprend-on par un décret lu à la télévision nationale burkinabé (RTB) par le secrétaire du gouvernement burkinabè, Mathias Traoré. Précédemment ministre d’État, ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Jean Emmanuel Ouedrago remplace Appolinaire Kyelem remercié 24 heures plus tôt. Né le 26 décembre 1980 à Ouagadougou, Jean Emmanuel Ouédraogo est journaliste de formation. Avec une brillante carrière dans la presse le nouveau PM fut présentateur à la télévision nationale. Réputé humble et gros travailleur il dispose d’un court mais riche parcours politique depuis l’avènement du Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration II (MPSR II) en septembre 2022. Jean Emmanuel Ouedrago aura la lourde tâche de former un gouvernement de mission dans un contexte sécuritaire et géopolitique complexe marqué par la lutte contre le terrorisme, la concrétisation et le renforcement de Confédération des États du Sahel (AES). KM/MD (AMAP)
Société : La part des femmes dans le «nansongo»
Par Djènèba BAGAYOKO Bamako, 6 dec (AMAP) Karim Keïta et son épouse Assetou Traoré sont unis par les liens sacrés du mariage depuis cinq ans. De loin, le couple semble vivre une vie faite d’eau douce et d’amour. Les disputes sont rares et la marmite bout tous les jours. De près pourtant la vie n’est pas un long fleuve tranquille comme l’explique Assetou Traoré parlant de la gestion de sa popote. «Nous sommes dans une famille de quinze personnes. Avant, mon mari me donnait 5.000 Fcfa comme prix de condiments, déjeuner et dîner compris. Il y a deux ans maintenant que Keita ne me donne que 3.500 Fcfa prétextant une diminution de la clientèle de son garage. Je me vois donc dans l’obligation de me plier en deux pour compléter le ‘’nansogo’’. C’est une situation embarrassante, surtout que je dois souvent faire recours à mes parents pour assurer un repas acceptable à ma famille », explique notre interlocutrice. Pour faire face à cette nouvelle donne, dame Traoré s’est vu obliger de contracter une dette auprès d’une caisse d’épargne. Ce qui lui a permis d’ouvrir un petit commerce de pagnes wax, de chaussures et pleins d’autres choses. Mais tous les bénéfices vont dans le prix de condiments, explique Mme Keita. Et lorsque les affaires ne marchent pas, elle peut compter sur la participation de sa belle-mère. Une vieille femme qui n’hésite pas à apporter de temps en temps des légumes et de l’huile. Zeneïbou Maïga, secrétaire de direction dans un service national, est quant à elle mariée depuis deux ans et vit dans la grande famille de son mari. Elle aussi soutient affronter le problème de l’insuffisance du prix des condiments et donc dans l’obligation de se débrouiller pour le compléter. «Mon mari me donne 2 500 Fcfa par jour. J’ajoute 1 000 à 1 500 Fcfa pour avoir 3 500 à 4 000 Fcfa. Ce qui me permet d’avoir un déjeuner copieux. Pour le dîner, personne n’intervient, je m’en occupe seule. Il m’arrive de dépenser 2.000 Fcfa voire plus», dit-elle. Zeneïbou Maïga va plus loin et soutient que les femmes qui vivent dans les grandes familles sont les plus fatiguées. Elle se justifie : «Dans la grande famille, il faut beaucoup plus de condiments pour que la nourriture soit acceptable». Zeneïbou Maïga et Assetou Traoré ne sont pas les seules à participer au prix de la popote. Comme elles, Aminata Dakouo est ménagère. Mariée depuis 2000, elle aussi participe à l’achat des condiments. «Depuis le début de mon mariage, mon mari a fixé le prix des condiments à 1.000 Fcfa par jour. Jusqu’au moment où je vous parle, il n’a pas augmenté d’un franc. Ces 1.000 Fcfa ne peuvent plus suffire. Surtout avec l’arrivée des enfants», se plaint-elle. Et de préciser : «Mon premier fils est par la grâce de Dieu commerçant. Il m’aide énormément, sinon ce serait un calvaire car sur le marché, tout est cher et tous les jours les commerçants augmentent les prix des produits alors que la famille continue de s’agrandir au fil des années.» ÉMANCIPATION DE LA FEMME – Assurer la popote est un devoir pour l’homme sous nos cieux. Mais aujourd’hui, certains chefs de famille en font le cadet de leurs soucis. Prenant à la lettre le concept de l’émancipation de la femme, ils se dérobent à leurs devoirs, arguant inconsciemment que la femme est aujourd’hui l’égale de l’homme et donc se doit de prendre part à toutes les dépenses. Soit ! Dans tous les cas, la femme africaine en général et la femme malienne en particulier ne se sont jamais dérobées à leurs obligations familiales. C’est le cas de cette autre dame qui a sollicité l’anonymat et qui nous raconte : «Je vis depuis une quinzaine d’années avec le père de nos trois enfants. Ma situation financière étant plus confortable que la sienne, c’est à moi de m’occuper des charges alimentaires du foyer. Lui se contente d’apporter un sac de maïs, un autre de riz et 10 litres d’huile dans le magasin et basta ! Le reste ne le regarde visiblement pas malgré mes plaintes.» Le comportement de cet homme ressemble à bien des égards à celui de nos frères de la campagne qui estiment que leur charge se limite à remplir le grainier. À la femme de s’arranger pour assurer le reste. Baba Doumbia, enseignant de profession, n’est pas d’accord avec les propos de nos interlocutrices. Il estime que les femmes ne complètent pas le prix des condiments, «au contraire, elles utilisent une partie de l’argent pour l’investir dans leurs tontines», accuse-t-il. Et de poursuivre : «Sur dix femmes, il peut avoir une seule qui complète le prix de condiments». C’est aussi l’avis de Madou Koné qui raconte à cet effet une anecdote qu’il dit avoir vécue. «Je donne 2.000 Fcfa par jour à mon épouse pour l’achat de condiments et à chaque repas je ne vois que deux petits morceaux de viande dans la sauce. Un jour je l’ai prise en flagrant délit. En effet, elle payait chaque jour une tontine journalière de 1.000 Fcfa. Les femmes passent leur temps à nous accuser alors que c’est de leur faute », confie-t-il en souriant. Devant ces accusations et contre accusations, nous avons voulu savoir ce qu’en pensent les observateurs de notre société. Nous nous sommes adressé au sociologue Modibo Touré. Pour lui, la « popote » représente le budget alimentaire d’une famille. Elle est une charge qui incombe aux deux conjoints. «L’homme a des charges reconnues auxquelles il ne peut pas se dérober comme le loyer, l’électricité, etc. » Mais, les réalités de la vie en Afrique font que la « popote » est aussi considérée et perçue comme un devoir que l’homme, en tant que premier responsable du foyer, doit accomplir. Cependant, si la femme peut l’aider, alors cette aide est toujours bienvenue. La vie devient de plus en plus difficile et nos femmes doivent-elles contribuer à l’achat des condiments ? Débat toujours ouvert et dont la fin n’est surement pas pour demain. DB/MD (AMAP)
Mali : Onze leaders politiques arrétés en juin en liberté provisoire
Bamako, 6 déc (AMAP) Onze leaders politiques maliens, arrêtés le 20 juin dernier au domicile de l’ancien ministre Moustaph Dicko, ont recouvré, hier jeudi, la liberté provisoire à la suite une médiation initiée par l’ancien Premier ministre Ousmane Issoufi Maïga, en sa qualité de président de la Commission de rédaction de l’avant-projet de Charte pour la paix et la réconciliation nationale. Ces leaders avaient été mis sous mandat de dépôt par un juge d’instruction du tribunal de Grande instance de la Commune V, pour « opposition à l’exercice de l’autorité légitime », le 25 juin 2024 Il s’agit de Moustapha Dicko, Yaya Sangaré (Adema-PASJ), Mamadou Traoré (Président du parti Union), Moulaye Haïdara (Pdes), Samba Coulibaly (parti Nema), Abdramane Korera (Asma), Laya Guido (ADRP), Adama Maïga (RPM), Male Camara (CNDR), Amadou Traoré (Alternative pour le Mali) et Mohamed Aly Bathily (M5-RFP Mali kura). La décision de la justice a surtout été motivée par la mesure de suspension des activités des partis politiques et des associations à caractère politique par le gouvernement. Cette décision avait été prise le 10 avril dernier. Joint par nos soins, l’un des avocats qui a requis l’anonymat, a affirmé qu’il y a plus un côté politique que juridique. La même source ajoute que l’ancien Premier ministre Ousmane Issoufi Maïga s’est rendu, samedi dernier à Kéniéroba, pour rencontrer les détenus. « Lors de l’entretien, a-t-elle révélé, le médiateur avait promis de faciliter leur libération. » C’est ainsi que la demande de liberté a été déposée le lundi 2 décembre. Et le juge a transmis ce document, le mardi suivant pour être sur la table du procureur près le tribunal de Grande instance de la Commune V. C’était le mercredi 4 décembre dernier. L’avocat se réjouit de la «liberté provisoire» accordée aux 11 leaders politiques. Le 12 novembre dernier, les juges de la Cour d’appel, à travers la chambre d’accusation, ont demandé de faire retourner le dossier pour prendre en compte les observations du procureur de la République. Avant leur regroupement à Kénioraba, les 11 leaders politiques étaient répartis entre les maisons d’arrêt de Bamako, de Koulikoro et de Doïla. NK/MD (AMAP)
Marché du poisson : La saison du fretin est ouverte
Par Aminata DIARRA Bamako, 5 déc (AMAP) Aux environs de 17 heures, tout le long des logements sociaux, à partir de la grande porte de la « Cité vénézuélienne » jusqu’à la direction générale des Eaux et Forêts sur la route de Ségou, les pastèques, le fourrage, les fruits et légumes ornent les deux côtés de la voie. Mais il n’y a pas que ces produits. Nous sommes dans l’intersaison. Le froid s’installe petit à petit. L’hivernage s’en est allé sur la pointe des pieds laissant derrière lui des perspectives de bonnes récoltes des céréales et produits de consommation. Mais, aussi, une grande promesse de production halieutique comme on peut le constater en faisant un tour dans les différents marchés de la capitale où le fretin trône sur les étals des femmes et hommes spécialisés dans la commercialisation de cette espèce de poisson. En effet, c’est l’abondance de fretins cette année. Et les témoignages ne manquent pas. L’unanimité sur la bonne saison des «tinɛni» est faite et les spécialistes comme les profanes se l’expliquent. Tous s’accordent à lier l’abondance à la saison des pluies précédente qui a vu les cours d’eau déborder et les étangs rejeter le trop-plein. Les uns et les autres reconnaissent aussi la précocité de la saison du tinɛni et l’expliquent par le phénomène climatique. « Cette année, le fretin est vite arrivé. C’est dû aux grandes pluies de l’hivernage et à l’entrée progressive du froid », explique une vendeuse de poisson qui dit pratiquer cette activité depuis plus de 20 ans. L’occasion faisant le larron, une grande partie des vendeurs de poisson se sont lancés dans la commercialisation de cette espèce dont les grands centres de production sont, à en croire plus vendeurs, Mopti, Macina, Markala et San. Ces vendeurs et vendeuses de fretins tirent-ils leur épingle du jeu ? À en croire les unes et les autres, la réponse est affirmative. Fatoumata Sanou affirme subvenir aux besoins de sa famille grâce à la vente du tinɛni : «Par jour, je peux vendre jusqu’à environ 20 000 Fcfa». Tout comme Mme Sanou, sa consœur Djeneba Diaouné se frotte les mains avec cette manne venue des eaux. «Je peux faire un bénéfice de 35 000 Fcfa par jour en cette période», confie-t-elle. Pendant que nous nous entretenons avec Mme Diaouné, arrive Moussa Coulibaly. Client habituel de la vendeuse. Il passe une commande et explique son choix pour la consommation du petit poisson : «Ma famille ne consomme pas de viande, c’est pour cela que je passe chez ma cliente pour me ravitailler vers le petit soir avant de rentrer à la maison.» À LA PLACE DE SELINGUÉ– Les consommateurs n’ont pas de soucis à se faire en cette saison. Tous les marchés sont bien approvisionnés comme on peut le constater en faisant un tour à la place dite de Sélingué. Ici de vieilles tables et de vieux réfrigérateurs et congélateurs sont disposés à même le sol. Sur ces récipients, des quantités de petits poissons autour desquels tournoient des essaims de mouches. Ce jour-là dans cette mini-gare, les femmes semblent être les seules vendeuses présentes sur le marché. Elles appellent et interpellent les passants pour leur proposer avec force détail les petits poissons dont certains commencent déjà à … pourrir. « Ces poissons relativement moins chers ne sont pas pourtant à la portée de tous les revendeurs. La vente en gros se fait par panier. Et ce dernier se négocie entre 20 000 et 25 000 Fcfa », explique Hamara Guindo qui suit des yeux une cargaison en déchargement. « Malgré tout, reconnait-il, chacun tire son épingle du jeu. » « Nous revendons le kilogramme au bas prix à 1 100 Fcfa », dit-il. Une jeune fille, elle aussi, revendeuse de la même marchandise abonde dans le même sens. «Je peux prendre plus de trois paniers par jour et ils sont tous vendus au cours de la journée. Et je ne me plains pas de mon profit», affirme-t-elle sans entrer dans les détails sur ses bénéfices. Et de préciser que sa clientèle n’est pas composée que de femmes, des chefs de famille passent après le travail pour en emporter à la maison. DELTA CENTRAL DU FLEUVE NIGER – À la direction régionale de la Pêche de Ségou, Moussa Koumaré explique que l’espèce vient en majorité du le delta central du fleuve Niger, dans la Région de Mopti (Centre). « Ils se reproduisent dans cette zone pendant les hautes eaux lorsque toutes les plaines sont inondées et la végétation abondante », explique ce spécialiste. Précisant que « ces alevins apparaissent d’abord dans la zone de Mopti, ensuite avec le retrait des eaux, quand les eaux baissent, ils migrent pour rejoindre les plans d’eaux stables des fleuves. » Moussa Koumaré estime que dans certaines zones (Markala et Macina), la production peut culminer entre 15 à 18 tonnes par jour et peut se poursuive jusqu’en janvier. Et Bekaye Tangara, le chef de service suivi statistique à la direction nationale de la pèche d’expliquer que les fretins représentent 1 à 2% de la production nationale de poisson. Selon lui, il y a des années où la production peut atteindre jusqu’à 2 000 tonnes. Pour cette année, il estime que les prises cumulées pourraient atteindre les 2 000 tonnes, c’est-à-dire 2% de la production nationale. AD/MD (AMAP)
Irrégularités dans la gestion de l’Assurance maladie : Les recommandations du Vérificateur général
Par Amara Ben Yaya TRAORÉ Bamako, 4 déc (AMAP) Le dernier rapport du Vérificateur général, sur la période de 2020 à 2022, qui établit un montant non payé de 19,396 milliards de Fcfa de cotisations à l’Assurance maladie obligatoire (AMO), recommande de renforcer les pratiques de gestion, d’assurer une meilleure conformité aux règlements en vigueur et d’améliorer l’efficacité des processus internes. La recommandation du Vérificateur général de corriger les manquements dans la gestion de l’Assurance maladie relève l’importance d’une meilleure gouvernance et d’une transparence accrue dans ce secteur. Renforcer le suivi de la liquidation des prestations, selon les clauses contractuelles, est essentiel pour garantir que « les fonds publics sont utilisés efficacement et que les bénéficiaires reçoivent les services auxquels ils ont droit », indique le rapport. Il insiste sur « la mise en œuvre stricte du contrat d’objectifs et de moyens, ainsi que le respect de la convention type de délégation de gestion (qui) sont des étapes clés pour assurer la pérennité et l’efficacité de l’AMO. » Ces mesures visent à améliorer la qualité des services offerts, tout en garantissant la viabilité financière du système. Ainsi, le document recommande au directeur général de la CANAM « de s’assurer que les feuilles de soins soient correctement liquidées avant que les prestataires ne soient payés, afin de garantir une utilisation appropriée des fonds. » De plus, il suggère que les coûts de gestion qui ne sont pas justifiés soient remboursés à la Caisse, accompagnés des intérêts créditeurs. Quant aux irrégularités financières, « en raison de leur gravité potentielle, elles ont été transmises aux autorités judiciaires compétentes pour enquête et poursuite éventuelle. » Le rapport soutient que « la CANAM ne respecte pas les clauses du contrat d’objectifs lors de la liquidation des prestations. » Plus précisément, il constate que « le système d’information de ce service (CANAM) a enregistré des montants de prestations liquidées pour la CMSS qui dépassent les liquidations réelles effectuées. » À l’inverse, pour l’INPS, le rapport indique que les montants de prestations liquidées enregistrés sont inférieurs aux liquidations réelles. « Ces incohérences indiquent une gestion inefficace et soulèvent des préoccupations quant à la fiabilité des systèmes d’information et de gestion de ces institutions. » IRRÉGULARITÉS ET MANQUEMENTS – Selon le rapport, la CMSS n’a pas fourni de justification complète des coûts de gestion, ce qui signifie qu’elle n’a pas détaillé comment les fonds alloués pour couvrir les frais administratifs ont été dépensés. Cela peut soulever des questions sur la transparence et l’efficacité de la gestion de ces fonds. De plus, le rapport mentionne que l’INPS a effectué des paiements « à 115 prestataires avant d’avoir terminé le processus de liquidation de leurs feuilles de soins. » Cette pratique révèle un manque de conformité avec les procédures établies « qui entraînerait des erreurs de paiement ou des fraudes. » « Ces observations montrent la nécessité d’améliorer les systèmes de contrôle interne et de rendre les processus financiers plus transparents au sein de ces structures », estime le rapport. Sur le plan financier, le rapport constate un problème préoccupant concernant le non-paiement des cotisations AMO par certains employeurs dans plusieurs régions du Mali, notamment Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou et Gao et le District de Bamako. En effet, 275 employeurs se trouvent en défaut de paiement, accumulant une dette totale de 19,396 milliards de Fcfa envers l’INPS. Cette situation « pose un défi majeur pour la viabilité du système d’assurance sociale et marque la nécessité d’une meilleure conformité et des mesures de recouvrement plus efficaces », analyse le document. La question soulève, également, des inquiétudes quant à la protection sociale des employés concernés, qui pourraient être privés de couverture adéquate en raison de ces manquements. Le document dénonce également des irrégularités au sein des directions régionales de l’INPS, impliquant les chefs de liquidation des assurances maladie, les contrôleurs médicaux et les comptables. Il est révélé que ces acteurs ont procédé à des paiements frauduleux en utilisant des codes praticiens fictifs sur des feuilles de soins à l’antenne de l’INPS de Sikasso et en omettant d’utiliser des codes praticiens à l’Institut de Ségou. Ces manœuvres ont conduit à un détournement de fonds s’élevant à un montant total de 385.245 Fcfa. AYT/MD (AMAP)
Nation : Le Chef du Gouvernement rencontre les responsables politiques jeudi au CFCT
Bamako, 4 décembre (AMAP) Le Chef du Gouvernement, le Général de Division Abdoulaye Maïga rencontre les présidents ou représentants des formations politiques, jeudi au Centre de Formation des Collectivités Territoriales, (CFCT), a appris l’AMAP de sources concordantes. Les mêmes sources précisent qu’au cours de cette prise de contact du Premier Ministre avec les responsables politiques, les échanges porteront sur le point de la révision annuelle des listes électorales, la présentation des réformes politiques, les perspectives et les questions diverses. Pour rappel, cette rencontre intervient une semaine après la tenue du premier Conseil des ministres du nouveau gouvernement, au cours duquel le président de la Transition a donné des instructions concernant l’organisation d’élections transparentes et apaisées. Il est à noter que le Général d’Armée Goïta avait également saisi l’opportunité pour inviter les membres du gouvernement à créer les conditions nécessaires à l’organisation de ces élections, afin de mettre fin à la Transition. KM (AMAP)

