Bamako, 8 septembre (AMAP) Un peu plus de 60 % de la zone sahélienne présente actuellement des conditions défavorables à une bonne production fourragère, faisant craindre un stress accru sur les ressources pastorales et des mouvements inhabituels de troupeaux au cours de la campagne pastorale 2026-2027, selon une note d’information du Centre régional AGRHYMET du CILSS.

Dans les zones sahéliennes et sahariennes, le front de végétation reste en retard par rapport à la moyenne des cinq dernières années et à l’année précédente. Dans plusieurs zones administratives du Nord, il demeure inférieur à 100 kg de matière sèche par hectare, un seuil traduisant une disponibilité fourragère très limitée.

Les déficits les plus marqués concernent notamment le nord du Mali, la Mauritanie, plusieurs régions du Niger et du Tchad, ainsi que des zones du Burkina Faso, du Sénégal et du Nigeria. Au Mali, les régions de Tombouctou, Gao et Kidal figurent parmi les zones à production très inférieure.

À l’inverse, certaines zones du centre du Sahel, notamment le nord du Nigeria, la moitié ouest du Niger, l’est du Burkina Faso et la façade atlantique, disposent de conditions favorables à la croissance de la végétation. Les zones soudaniennes et guinéennes constituent également des pôles excédentaires et des réservoirs stratégiques de ressources fourragères.

Selon AGRHYMET, la fin de la campagne dépendra de la régularité des pluies de septembre à novembre. Les zones actuellement très déficitaires devraient rester vulnérables jusqu’à la fin de la saison, tandis que les zones modérément déficitaires pourraient connaître une amélioration si les pluies se maintiennent.

La situation actuelle est notamment liée au mauvais démarrage de la saison des pluies 2026, marqué, selon les zones, par des cumuls inférieurs à la normale, des séquences sèches prolongées et une installation tardive des précipitations.

AGRHYMET recommande un suivi rapproché de la dynamique pastorale, notamment de la croissance des pâturages, de la disponibilité des points d’eau et de l’état corporel du bétail. Le centre préconise également d’anticiper les flux inhabituels de transhumants vers les zones excédentaires et de prévenir les tensions liées à l’accès aux pâturages et aux points d’eau.

« Il est donc nécessaire de redoubler de vigilance », souligne la note, qui recommande notamment un suivi hebdomadaire des flux de transhumance, la mise en place de comités locaux de concertation et le renforcement des dispositifs d’information des communautés.

Le Centre régional AGRHYMET préconise en outre la mise en œuvre rapide de bandes pare-feu afin de protéger les zones excédentaires contre les feux de brousse, ainsi que l’élaboration de plans de gestion des flux transhumants, y compris pour les déplacements transfrontaliers.

OS/KM(AMAP)

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