Approvisionnement en hydrocarbures : La Région de Kayes est toujours à l’abri de la pénurie
Kayes, 16 nov (AMAP) L’approvisionnement des populations de la Région de Kayes en carburant (essence et gas-oil) est normal, en dépit de certaines difficultés d’ordre technique, a constaté l’équipe de reportage de l’AMAP. Dans la journée du 8 novembre 2025, à l’approche d’une grande station située au cœur de la Cité des rails, d’un signe de main, le pompiste nous a signalé qu’il n’y avait pas d’essence. D’après des clients rencontrés à cette station, il s’agissait d’une rupture temporaire. « Ce genre de situation arrive souvent, même en temps normal. En cas de rupture de stock, les pompistes demandent à leurs clients d’attendre quelques heures ou réorientent ceux qui sont pressés vers d’autres stations », disent certains conducteurs d’engins. Au même moment, beaucoup de stations et de points de vente continuaient à vendre du carburant, Contrairement à Bamako, il n’y a pas de grands attroupements, à plus forte raison, de file indienne aux stations-service et autres points de vente de Kayes. Souvent, dix clients peuvent se retrouver à un même point de vente et sont vite servis sans bousculade. Généralement, ce sont les conducteurs de motos ou de tricycles (katakatani) et moto-taxis qui forment le rang aux stations-services aux grands carrefours de la ville. En d’autres endroits, les pompistes attendent désespérément les clients. Qui viennent au compte-goutte. Des scènes aux antipodes des rumeurs d’éventuelle pénurie d’essence dans la cCté des rails. Surtout que des transporteurs refusent de servir certaines stations pour non-paiement d’arriérés. Cependant, la situation est moins reluisante dans les zones à risques, comme les Cercles de Yélimané et d’Oussoubidiagna, à cause de l’insécurité et de la gestion des autorisations pour l’acheminement des hydrocarbures et l’approvisionnement des stations-service et points de vente. Les autorités, appuyées par les Forces de défense et de sécurité, veillent au respect des procédures et des consignes afin que les marchandises puissent arriver dans cette partie Ouest du Mali. Des agents de sécurité ont récemment arrêté sur la route du Cercle d’Aourou (Nord de Kayes) un véhicule qui transportait un stock de carburant destiné à Sadiola (Sud de Kayes). Hormis ces problèmes, la situation demeure moins alarmante dans la Région de Kayes où des quantités suffisantes d’essence et de gas-oil. D’après le Directeur régional du commerce, de la consommation et de la concurrence, Robo Bayo, les prix des hydrocarbures sont restés stables dans l’ensemble. A la date du 13 novembre 2025, le prix moyen du litre d’essence était de 774,46 Fcfa et celui du gas-oil de 724,64 Fcfa. Dans capitale régionale, Kayes, le litre d’essence coûte moins (770,16 Fcfa) tandis que dans les Cercles de Kéniéba, Bafoulabé, Yélimané, Ambidédi, Sadiola, Diamou, Ségala et autres stations/points de vente, le litre est vendu au prix plafond (775 Fcfa). Le gas-oil est entre 721,72 Fcfa à Kayes et 725 Fcfa pour les autres localités. Dans la région, le stock d’essence est estimé à 1 622 066 litres contre 1 227 168 litres (précédents statistiques) soit une hausse de 394 898 (32,17%). La quantité de gas-oil est évaluée à 900 742 litres contre 539 623 litres (situation antérieure) soit une hausse de 361 119 litres de plus par rapport à la situation précédente et une augmentation de 66,92%. Les autorités impliquées dans la gestion des hydrocarbures sont en train de prendre des dispositions pour approvisionner l’ensemble des Cercles de la région et pour faire respecter les prix. Le gouverneur de la Région de Kayes, le Général de brigade Moussa Soumaré, a, lors de la réunion hebdomadaire du Comité de gestion de crises et catastrophes sur l’approvisionnement de la région en hydrocarbures, tenue le 14 novembre 2025, au gouvernorat, a appelé les populations à faire preuve de vigilance. « C’est vrai qu’il y a des difficultés. Il faut que les conducteurs de citernes acceptent de collaborer avec d’autres stations-service. Nous sommes dans une situation particulière marquée par la crise sécuritaire », a-t-il dit. Il y a aussi les cas de certaines aires de stationnement et certaines compagnies qui profitent de la situation pour remplir d’important nombre de bidons destinés à d’autres fins. BMS/MD (AMAP)
Projet présidentiel d’urgence hospitalière : C’est parti pour 15 projets d’hôpitaux
Bamako, 19 nov (AMAP) Le président de la Transition, le général d’Armée, Assimi Goïta, a procédé ce lundi à la pose de la première pierre du projet de 15 hôpitaux au Mali qui s’inscrit dans le cadre de l’initiative présidentielle du Projet d’urgence hospitalière visant à doter le Mali d’infrastructures sanitairesmodernes de qualité. C’est à Korofina en Commune I du District de Bamako que la cérémonie de lancement des travaux de réalisation de ce vaste chantier hospitalier s’est déroulée. C’était en présence du Président du Conseil national de Transition, le Général de corps d’armée, Malick Diaw, du Premier ministre, le Général de division, Abdoulaye Maïga ainsi que de plusieurs membres du gouvernement dont la ministre de la Santé et du Développement social, Colonel-major Assa Badiallo Touré. Selon la ministre, cette initiative présidentielle va beaucoup améliorer les conditions de prise en charge de la santé de nos populations. Ainsi, dira-t-elle, la pose de la première pierre marque le début des travaux de construction de plusieurs infrastructures sanitaires à l’échelle du pays. Le programme sera exécuté en trois volets. Il s’agit notamment de transformer les Centres de santé de référence (CSRéf) des arrondissements de Bamako en hôpitaux de district, de construire de nouveaux hôpitaux de district à Bla et Kangaba et de réaliser des hôpitaux régionaux dans les Régions de San, Bandiagara (Centre), Koutiala, Bougouni (Sud), Nioro (Ouest), Dioïla et Koulikoro. Dans une interview accordée à la presse, le chef de l’État a indiqué que l’un des avantages de ce projet est qu’il vise à rapprocher les structures sanitaires des populations tout en garantissant des soins de santé de qualité. « C’est avec un immense espoir que j’ai procédé aujourd’hui au lancement de ce projet présidentiel « , a déclaré le Général d’armée Assimi Goïta. AC/MD (AMAP)
L’Union africaine appelle à une action internationale urgente face à l’escalade de la crise au Mali (Communiqué)
Bamako, 9 nov (AMAP) Le Président de la Commission de l’Union africaine (UA), Mahmoud Ali Youssouf, a appelé dimanche à une « action internationale urgente face à l’escalade dramatique de la crise sécuritaire au Mali » où des groupes terroristes imposent un blocus, coupant l’accès aux biens essentiels et aggravant la catastrophe humanitaire qui frappe les populations civiles. Dans un communiqué publié depuis Addis-Abeba, le Président de la Commission de l’UA condamne fermement les attaques ciblant les populations innocentes, qui ont provoqué « des pertes humaines inacceptables », ainsi que les enlèvements, dont celui récent de trois ressortissants égyptiens, exigeant leur « libération immédiate et inconditionnelle ». Qualifiant ces actes de « graves violations des droits humains et du droit international humanitaire », M. Youssouf réaffirme la solidarité de l’UA avec le gouvernement et le peuple maliens et renouvelle l’engagement de l’organisation panafricaine pour la paix et la stabilité au Sahel. Il plaide pour une réponse internationale « forte, coordonnée et cohérente », incluant un renforcement de la coopération, du partage de renseignements et du soutien technique et financier aux États confrontés au terrorisme, conformément au communiqué de la 1304e réunion ministérielle du Conseil de paix et de sécurité de l’UA du 30 septembre 2025. L’UA se déclare « pleinement disponible » pour accompagner le Mali et l’ensemble des pays du Sahel dans cette phase critique, en appuyant leurs efforts pour le retour de la paix et de la sécurité. OS/MD (AMAP)
Lutte contre le terrorisme : L’armée déjoue des attaques terroristes (état-major général)
Bamako, 08 nov (AMAP) Les Forces armées maliennes (FAMa) ont déjoué, vendredi, des attaques terroristes, respectivement à Hermakono , dans la Région de Sikasso (Sud) à 04h30 et Soumpi, dans la Région de Tombouctou à 14h, a annoncé, dimanche, l’état-major général des armées Dans un communiqué, l’armée précise que «ces attaques ont été vigoureusement repoussées, suivies de ratissages avec d’importants pertes humaines et matérielles des terroristes», Elle ajoute : « les appuis des vecteurs aériens ont permis de localiser et neutraliser les rescapés terroristes en débandade. » L’État-major général des armées assure «de l’engagement des FAMa à défendre le territoire national. MMD/MD (AMAP)
Macina, au Centre du Mali, renoue avec le poisson
Par Demba GAKOU Macina, 8 nov (AMAP) La pêche occupe une place de choix dans l’économie de la commune de Macina (Centre) et mobilise beaucoup de personnes dont les Bozos kelingas et autres personnes venant d’ailleurs pour la circonstance. Ils sont des centaines à exercer cette activité et beaucoup se sont installés le long du fleuve Niger sur près de 2km, chacun avec sa pirogue munie de moteur. Fin octobre c’est la décrue et les pêcheurs s’en réjouissent, la pêche a commencé. En cette période, le long du fleuve est très animée. Des piroguiers s’en vont à la pêche, d’autres en reviennent, Des femmes, des enfants ramassent le poisson de différentes variétés dont les sardinelles, les carpes, les silures… Ces pêcheurs, qu’ils soient Bozos kelingas ou autres, pour la plupart, ont appris le métier de père en fils, « dans la famille », comme l’explique Adama Keita. Il est né « dans la pêche », celle de son époque « est différente » de celle d’aujourd‘hui. TEMPS ANCIEN, TEMPS PRESENT – « Autrefois, les pêcheurs se contentaient d’une petite pirogue munie de perche et de pagaie pour pêcher. Les outils de pêche ne coûtaient pas aussi chers. Il n’y avait pas de surpeuplement de pêcheurs », se remémore-t-il. « Après deux ou trois mois ici, on pouvait aller dans le Massina profond pour y passer trois à quatre mois. Là, profitant du séjour, on avait l’opportunité d’amasser une importante réserve de poissons que l’on pouvait conserver et qui était destinée à la commercialisation », se souvient notre interlocuteur, un brin nostalgique. Aujourd’hui ce temps est révolu, « la pêche se fait sur de grandes pirogues poussées de puissants moteurs. Le matériel de pêche coûte les yeux de la tête. Ne parlons pas du carburant, aujourd’hui introuvable ». « A cause de l’insécurité, on ne peut plus rejoindre les coins reculés. Les Bozos traversent des moments difficiles. Ils ne sont pas prêts à dire combien ils gagnent exactement par jour., se contentant de lâcher : « Les prises varient et dépendent de beaucoup de facteurs. » DIVISION DU TRAVAIL – La conservation pour la commercialisation est, aussi, l’affaire des pêcheurs qui utilisent les techniques du séchage, du fumage, du brûlis et de congélation avec une unité de production de barres de glace installée sur place. Point de magasins de stockage. Juste un hangar moderne. La commercialisation passe par les mareyeurs venus de Ségou, Bamako où d’ailleurs. La pêche est autorisée à tout détenteur de permis de pêche délivré par le chef service local de la pêche. Le permis, s’il est de catégorie A, concerne les grands filets de barrage et coûte 15 000 Fcfa, La catégorie B concerne les éperviers, les filets maillants dérivant et dormants. La catégorie C, les nasses appâtées et les filets à deux mains 3 000f Fcfa. Quant à la catégorie D, ce sont les permis sportifs pour ceux qui pêchent à la ligne pour 1 500 Fcfa. Tout contrevenant s’exposerait à des sanctions prévues par la réglementation en vigueur. PERCEE DE LA PISCICULTURE – Avec la rareté du poisson, consécutive au changement climatique, les services techniques en charge de la pêche, en partenariat avec le Programme d’appui aux collectivités territoriales (PACT), ont initié la pisciculture qui consiste à élever les poissons dans un espace contrôlé. Pour sa réussite dans les étangs et les cages flottantes, d’après un praticien, « il faut tenir compte de l’aliment poisson de qualité qui coûte cher, choisir les alevins de qualité à partir de la production artificielle surtout pour les clarias. » La pisciculture, depuis plus d’une décennie, a fait de grands pas dans la filière pêche, à Macina. La Coopérative des pisciculteurs de Macina dont le bureau est installé depuis 2007 est présidée par le vieux Kokè Haidara, La pisciculture, en dépit de ses exigences est plus rentable que la pêche traditionnelle, d’après un praticien De février à mars, la pêche collective appelée «Yaya » qui remonte loin dans l’histoire de la contrée occupe tous les pêcheurs, qu’ils soient de Macina où d’ailleurs. Elle peut durer un à deux mois et commence à Myon, village à l’ouest de Kolongotomo jusqu’à Komara, dernier village à l’est de Macina. Ces mares, regorgent de poissons en quantité et en qualité. Après la crue, la pêche se poursuit dans les retenues d’eau, les mares, les canaux d’irrigation de l’Office du Niger mais les prises sont faibles. A côté de la pêche certains pêcheurs font de la riziculture, d’autres de petits métiers, du commerce. DM/MD (AMAP)
Crise des hydrocarbures : Vue de l’intérieur du Mali
De nos correspondants régionaux et locaux Bamako, 8 nov (AMAP) Depuis 11h, vendredi, il y a du carburant à Fougadougou à une vingtaine de kilomètres de Koulikoro en direction de Bamako. De 2 H du matin à 11 il y avait du carburant à la station Niantao à kayo dans la commune urbaine de Koulikoro. Il y a des camions citernes positionnées aux deux stations Yara. Ces stations-service n’ont pas d’abord commencé la distribution, mais il y a du monde. Tout comme à la sortie de Koulikoro vers Banamba, il y a du carburant dans un point de vente non loin du gouvernorat. A Kolondièba, dans le Sud, par où transite en ce moment le gros des camions citernes venant de la Côte d’Ivoire, la situation s’améliore. Depuis le 3 novembre, il y a du carburant dans plusieurs stations de la ville. Sur huit grandes stations-service, quatre sont en activité SOTRAKA, Mali Sadio I et II, et Corridor). Les stations-service Kolondiè, Petro Sy, SONEF et Tadjiso sont dans l’attente. Ici, le litre d’essence se vend à 775 et 725 Fcfa celui de gaz oil . SOTRAKA livre de l’essence et du gaz oil. Par contre les trois autres offrent uniquement de l’essence aux clients. À Dioila, 13e Région administrative du Mali, aucune station ne dispose de carburant pour l’instant. Une rencontre d’information et d’échanges a été organisée par la gouverneure de la Région de Dioila, Mme Mariam Coulibaly, le mardi 04 novembre 2025 au gouvernorat sur le sujet. Lors des échanges, l’exécutif régional a expliqué » les efforts déployés par l’État » et a, par la suite, promis de l’arrivée prochaine du carburant sans préciser de date. Les populations ont apprécié la démarche et se montrent plus que jamais résilientes. Il faut, tout de même, préciser que cette pénurie d’hydrocarbures a rendu difficile les récoltes et leur acheminement vers les lieux de stockage parce que bon nombre de paysans ont abandonné les charrettes au profit des tricycles comme moyen de transport. Les détaillants, dans un commerce essentiellement informel, se livrent à toute sorte de spéculations. Le litre de carburant est vendu, dans des bouteilles, au prix oscillant entre 2 500 à 4 000 Fcfa. D’ici l’amélioration de la situation, les populations qui relèvent avec inquiétude que la reprise de l’école est prévue pour le lundi 10 novembre 2025, font preuve de résilience, en prenant leur mal en patience et en faisant confiance aux autorités. Dans la ville de San (Centre), le litre d’essence se vend au marché noir entre 2 750 et 3 000 Fcfa. Au niveau de certaines stations-service, le carburant est disponible mais jour les cas d’urgence, notamment la santé et la sécurité. A Ségou (Centre) il n’y a pas d’amélioration. Beaucoup de stations-services sont fermées. Au gouvernorat, une commission a été créée pour la gestion de la crise carburant. On espérait l’arrivée de citernes de carburant cette semaine mais jusqu’à ce jour, aucune nouvelle. Le litre se vend sur le marché noir entre 4 000 et 5 000 Fcfa. CRISE MULTIFORME – Le cercle de Bla, également au Centre du pays, dans la région de Ségou, traverse depuis plusieurs semaines une crise socio-sécuritaire et humanitaire d’une gravité inédite, provoquée par une pénurie quasi-totale de carburant. Ici, c’est une crise multiforme (de tout en un) de pénurie de carburant, de services vitaux paralysés et d’exode administratif Cette situation a entraîné l’arrêt complet des services publics essentiels et l’exode d’une partie des autorités administratives. La rupture des stocks d’hydrocarbures a mis à l’arrêt les deux principaux opérateurs publics de la ville : Énergie du Mali (EDM) et la Société malienne de gestion de l’eau potable (SOMAGEP). La centrale locale d’EDM est totalement inactive, faute de carburant, plongeant la ville de Bla dans l’obscurité depuis plusieurs semaines. Sa sœur jumelle, la SOMAGEP, qui parvenait à maintenir un service minimal, a également cessé ses opérations. La population est contrainte de s’approvisionner exclusivement auprès des forages de quartier ou des puits domestiques. La pénurie d’hydrocarbures s’est étendue au secteur privé : les six stations-service de la ville sont à l’arrêt. Sur le marché noir, les prix du carburant ont flambé, atteignant 3 250 à 4 000 Fcfa le litre d’essence et 2 750 à 3 000 Fcfa le litre de gasoil. Cette flambée paralyse l’ensemble des activités économiques. Le secteur de la santé est le plus durement touché. L’absence de carburant rend impossible l’acheminement des produits pharmaceutiques vers les Centres de santé communautaires (CSCOM). Plus grave, les références et évacuations de malades vers les hôpitaux sont suspendues. Ce sont désormais les familles qui doivent « se débrouiller » pour trouver des moyens de transport de fortune pour les patients, mettant en péril la vie des personnes nécessitant des soins urgents. Face à la pénurie, la population utilise massivement les vélos, les charrettes, se déplacent à dos d’ânes ou de chevaux, témoignant d’un retour à des modes de vie anciens. Simultanément à cette crise logistique, le Cercle de Bla fait face à une insécurité grandissante et à de multiples menaces. Cette situation a poussé les autorités administratives à quitter leur poste : le préfet et les sous-préfets ont déserté les lieux. La majorité des maires des Communes ont également changé de domicile « par mesure de sécurité. » Les Forces de défense et de sécurité (FDS) demeurent cependant mobilisées. Des patrouilles sont assurées en ville pour sécuriser la population. Une force spéciale a été récemment déployée dans le Cercle afin de renforcer les unités déjà sur place. La crise à Bla requiert une attention urgente des autorités nationales pour la mise en place d’un corridor logistique sécurisé afin de ravitailler la ville en carburant et de permettre le redémarrage des services vitaux. GESTION RATIONNELLE DIEMA – A ce jour, le cumul de carburant, disponible dans les Stations de la ville de Diéma, à savoir Sahel, SOTRAKA, SODIES, Total, SEBAF, SOMAYAF, se présente comme suit : essence 521 litres, au seuil d’alerte et 21 552 litres pour le gasoil. Cette ville carrefour n’a pas été ravitaillée en essence depuis
Crise des hydrocarbures : Pas de panne sèche ce week-end à Bamako
De nos reporters et correspondants Bamako, 07 nov (AMAP) Depuis de la crise d’hydrocarbures, imposée à notre pays, il faut admettre que Bamako n’a été autant ravitaillée en produits pétroliers que ce week-end. D’où la disponibilité du carburant dans de nombreuses stations-service où nous nous sommes rendus Sur quatorze points de vente de carburant dans certains quartiers des Communes III et IV, sept servent du carburant. Mieux, nous avons constaté moins d’attroupement dans certaines stations- service. Comme pour confirmer la disponibilité du liquide tant précieux, ce vendredi 07 novembre à Bamako. La joie se reflétait sur les visages, sur des motos, une centaine de jeunes garçons et filles se côtoient, à coup de plaisanteries et taquineries, ils tiennent le rang, se suivent en deux files sur la descente de la côte au quartier Samè, en Commune III du District de Bamako, sur la route de Kati. Ces files continuent jusqu’à la station-service au flanc de la colline, contigüe au bar appelé Peid de colline. Dans cette station Yara, un cordon de sécurité, bien établi et formé d’agents de police et de jeunes portant des gilets roses, les pompistes servent du gasoil depuis 11 heures du matin. Et le service de l’essence a commencé à 14 heures, à notre passage. DES FILES FLUIDES – « Aucun incident. Tout le monde est discipliné et suit notre dispositif de sécurité », dit le sergent de police Coulibaly, en maintien d’ordre avec d’autres collègues. Selon Issa Dembélé, président de la jeunesse du quartier de Samè, depuis le début de la crise du carburant, les membres sont déployés à cette station, chaque fois que le carburant disponible. Ces jeunes en gilets rose aident les policiers à maintenir l’ordre et faciliter en même temps la fluidité de la distribution. Et oui ! A croire que « Résilience est malienne. » Du moins, c’est ce que nous avons constaté lors de notre reportage. A la station- service SOMAYAF, au terrain de foot de la Commune III, où le ravitaillement est en cours, des populations ne sont pas stressées. « Nous n’allons jamais céder à n’importe quelle crise. Nous supportons la crise énergétique, plutôt de l’électricité … et nous resterons à jamais dernière ces autorités de Transition…», nous lance gaillardement Moussa Traoré, de son véhicule dans une file de plus de 500 mètres jusqu’à la pompe. Ici, aussi pas de tohu-bohu. Tout le monde respecte le cordon de sécurité. En tout cas pas de bousculade dans la station. La station Total non loin du monument Hippopotame (Maliba), le service avait commencé à notre arrivée. Le rang n’est pas aussi long comme celui de la première station que nous avons visitée. Mais la joie se lit sur les visages car chacun est confiant de ne pas passer une nuit blanche pour se faire servir du carburant. PAS D’ATTROUPEMENT – Non loin, à l’ex- usine IMACI, deux stations-service, SOMAYAF et SHELL, fonctionnent normalement. Pas d’attroupement. « C’est une question de patience. C’est vrai que nous avons souffert mais, nous sommes contents aujourd’hui », se réjoui Bintou Sissoko, très proche de la pompe à la SOMAYAF. Non loin, Aichata Diakité est sereine. « Toute difficulté a une fin », lâche-t-elle, philosophe. Sur le même trajet, en direction du quartier de Lafiabougou, deux points de vente sont opérationnels. SHELL, non loin du monument Éléphant (Samaba), où il y a moins de personnes dans la file. Le service est en cours. C’est toujours la même consigne de sécurité qui est de mise. Pas de couac. Tous la respectent. Vers le monument Cabral, à Lafiabougou, la queue est un peu longue, avons-nous constaté Par contre, de Yara Oil (au tournant de Bacodjicoroni-Golf) à Total (Djicoroni), aucune station en service ni de file de voitures ! OUELESSEBOUGOU RETROUVE SON SOUFFLE – La distribution de carburant connaît une nette évolution ce vendredi dans la ville de Ouélessébougou, à 80 kilomètres au sud de Bamako. Sur la dizaine de stations-service que compte la localité, quatre dont la Station SOTRAKA, les Stations KDF 1 et KDF 2 et la Station Dièna sont actuellement en mesure de distribuer de l’essence et du gasoil. Cette évolution de la situation a considérablement réduit l’affluence des véhicules et les attroupements habituels dans les routes principales ces derniers jours, grâce aussi à la bonne collaboration entre le Conseil communal de la jeunesse (CCJ) de Ouélessébougou et les forces de l’ordre. Cependant, la ville a retrouvé une mobilité notable ce vendredi, jour de grand marché. Malgré la disponibilité limitée du carburant, l’activité économique a repris permettant aux habitants de Djitoumou de vaquer à leurs occupations commerciales et sociales. Cette accalmie, bien que temporaire, est un soulagement pour une population qui espère une normalisation rapide de l’approvisionnement. Le contraste est frappant à Niono, dans le Centre du Mali : aucune station se ne dispose de carburant pour la vente. La crise du carburant, ici, aurait pu compromettre la campagne agricole (fauchage, transport, décorticage). Mais, avec l’ingéniosité des populations, un palliatif est trouvé. C’est l’huile de consommation désormais (les 05 litres et 20 litres) qui fait fonctionner les moteurs diesel. A Niafunke (Nord), où il n’y a pas pas de station service, juste des vendeurs ambulants, le prix du carburant n’a pas connu un grand changement. Le litre d’essence est à 1 200, 1 250 fcfa par endroit et le gasoil 800 à 900 fcfa, selon les lieux de vente. Jusque là, les vendeurs n’ont pas signalé de crise malgré la forte demande due à la période de la campagne agricole où le riz en épiaison réclame plus d’eau donc plus de pompage au niveau des périmètres rizicoles OD/AC/AC/MS/SM/MD (AMAP)
Crise des hydrocarbures : Le Premier ministre salue l’engagement des chauffeurs routiers
Bamako, le 6 nov (AMAP) Le Premier ministre, le général de division Abdoulaye Maïga, en rencontrant, ce jeudi 6 novembre à la Primature, les quatre centrales syndicales des chauffeurs et conducteurs routiers du Mali, sur la crise du carburant, a déclaré que « les chauffeurs font plus que leur travail », a appris l’AMAP. Le Premier ministre Maïga, en compagnie de quatre ministres dont ceux en charge de la Fonction publique et du Dialogue social, Fassoun Coulibaly, des Transports et des Infrastructures, Mme Dembélé Madina Sissoko, a salué et encouragé les chauffeurs et conducteurs routiers pour le travail abattu en cette période de crise du carburant. « Aucun chauffeur n’a choisi ce métier de conduire les camions sous les balles, dans des zones à risque où sévissent les terroristes…», a dit le Premier ministre, appréciant le patriotisme des conducteurs routiers dans la grande salle de conférences de la Primature pleine de chauffeurs dont certains blessés lors de l’attaque de leur véhicule par des terroristes. Après une brève genèse de la crise que le Mali traverse, depuis plus de 10 ans, le général de division Abdoulaye Maïga a appelé ses compatriotes « à se donner la main pour relever le défi, surtout que la lutte contre le terrorisme n’est pas chose aisée. » Il a également dénoncé, ce qu’il a qualifié d « intoxication médiatique » ou du moins, de « lynchage médiatique » orchestré contre le Mali depuis le déclenchement de cette crise des hydrocarbures que le pays traverse. Tout en réaffirmant sa reconnaissance « aux braves chauffeurs et conducteurs routiers », le Premier ministre les a appelés « à respecter les consignes sécuritaires lors de l’escorte des convois. » Selon lui, les Forces armées maliennes (FAMa) ne ménageront pas leurs efforts « pour mieux sécuriser les chauffeurs et conducteurs routiers dans les missions de ravitaillement. » Le Chef du gouvernement a adressé ses voeux de « prompt rétablissement aux blessés et (ses) condoléances à ceux qui ont perdu la vie. » Le secrétaire général du Syndicat national des chauffeurs et conducteurs routiers du Mali (SYNACOR-Mali) a transmis le message de ses syndiqués : « Les chauffeurs disent que le Mali, c’est eux. Et eux sont le Mali », a déclaré Moussa Bagayako pour assurer de l’engagement des conducteurs à acheminer le carburant en cette période de crise. Pour sa part, le secrétaire général du Groupement des Syndicats des conducteurs routiers du Mali a soutenu qu’aucune difficulté n’est insurmontable. « Nous, les conducteurs routiers du Mali sont fiers d’être reçus par le Premier ministre…C’est une marque de reconnaissance qui nous va droit au cœur », s’est réjoui Dramane Koné. Le responsable du Syndicat des chauffeurs affilié à la Confédération des travailleurs du Mali (CDTM), Marafa Touré, a abordé dans ce sens, tout en appréciant les remerciements et l’appel du Chef du gouvernement. Quant à Souleymane Diallo, le secrétaire général du Syndicat affilié à l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM), il a appelé « à la retenue (ses) collègues qui se manifestent de façon négative sur les réseaux. » Enfin, le Premier ministre Abdoulaye Maïga a promis à ses hôtes de « réagir dans une semaine, à travers les ministres des départements concernés », aux quelques revendications exprimes par les syndicalistes, lors de la rencontre. Parmi ces revendications, l’immatriculation des chauffeurs et conducteurs routiers du Mali à l’Institut national de prévoyance sociale (INPS) et à l’Assurance maladie obligatoire (AMO). OD/MD (AMAP)
Le ministre malien des Affaires étrangères,Abdoulaye Diop, dénonce une pénurie « artificiellement créée » pour entrainer un soulèvement populaire
Bamako, 5 nov (AMAP) « C’est une situation qui est artificiellement créée pour justement obtenir un soulèvement de la population », a déclaré, mercredi, à Bamako le ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, a constaté l’AMAP. S’exprimant lors d’une rencontre avec le corps diplomatique, dans la salle Me Alioune Blondin Bèye du Ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale (MAECI) à Koulouba, consacrée aux défis sécuritaires et à la pénurie de carburant, M. Diop a salué « la bravoure des Forces de défense et de sécurité maliennes, qui maintiennent une pression constante sur les groupes armés malgré des circonstances complexes. » Il a rendu hommage aux victimes maliennes et étrangères tombées pour la stabilité du Mali, tout en soulignant la mutualisation des efforts au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES) et l’ouverture à une collaboration avec les pays voisins. Le ministre a dénoncé une évolution des stratégies terroristes qui ciblent, désormais l’économie, les infrastructures civiles, les chantiers routiers et les convois d’approvisionnement pour créer un soulèvement populaire. « Ces terroristes ne sont pas seuls, souvent sponsorisés et coachés de l’extérieur », a-t-il déclaré, assurant que le Mali s’adaptera pour protéger sa souveraineté et sa liberté. M. Diop a expliqué que la pénurie de produits pétroliers, qualifiée de « temporaire et artificielle », résulte d’attaques ciblées sur les couloirs logistiques, visant à contrer les succès militaires. Il a loué la résilience et la dignité des populations maliennes et étrangères, qui ont refusé la panique malgré les difficultés. Sous l’impulsion du chef de l’État, le général Assimi Goïta, un comité interministériel présidé par le Premier ministre Abdoulaye Maïga suit la crise au quotidien. « Des mesures fortes sont prises : réorganisation des couloirs sécurisés, ratissages actifs par les Forces armées maliennes (FAMa), et renforcement de la souveraineté énergétique via des réserves stratégiques. » « Le carburant arrive progressivement à Bamako et dans les régions. Les effets se font déjà sentir », a-t-il assuré, appelant à la patience « le temps d’absorber le déficit. » Abdoulaye Diop a en appelé au sens des responsabilités des missions diplomatiques dans leur communication, afin d’éviter d’aggraver la situation par des messages non coordonnés. Il a plaidé pour une coopération accrue, une transparence et une concertation, tout en réaffirmant la responsabilité de l’État malien pour la sécurité des étrangers. De son côté, l’ambassadeur de la Fédération de Russie au Mali, Igor Anatolievitch Gromyko, doyen du corps diplomatique, a exprimé la gratitude des diplomates « pour ces informations de première main. » Il a salué les efforts du gouvernement pour stabiliser l’approvisionnement en carburant, rationaliser les ressources et réduire les dépendances extérieures. Convaincu que le Mali surmontera ces épreuves grâce « à la sagesse de sa direction et à la résilience de son peuple », M. Gromyko a loué le courage des FAMa face au terrorisme. Au nom du corps diplomatique, il s’est dit « prêt à renforcer le dialogue, les relations bilatérales et multilatérales, ainsi que les actions conjointes pour la paix, la sécurité et la prospérité du peuple malien. » À l’issue de la partie ouverte à la presse, l’ambassadeur du Royaume d’Espagne au Mali, Antonio Guillen Hidalgo, a qualifié la rencontre de « très positive » pour sa transparence et sa volonté de coopération. « C’est une situation vraiment difficile […] qui affecte d’une façon inhumaine la population la plus faible », a-t-il regretté, saluant les décisions du gouvernement. Il a assuré que l’Espagne maintient tous ses services à 100 %, y compris pour les Maliens en Espagne, et partage l’essence disponible avec ses collaborateurs pour soutenir la population. L’ambassadrice du Burkina Faso au Mali, Mme Dembélé Julienne Sanon, a félicité le peuple et le gouvernement maliens pour leur résilience. « Cette situation va passer Inch’Allah », a-t-elle dit, réaffirmant la solidarité des pays de l’AES et le destin commun des trois nations. OS/MD (AMAP)
Ex-travailleurs partants volontaires à la retraite : Signature d’un accord sur le payement de plus de 9 milliards de Fcfa de droits et d’indemnités
Bamako, 5 nov (AMAP) Le gouvernement, l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM) et la Coordination des anciens travailleurs partants à la retraite ont signé, mardi, 04 novembre 2025, à Bamako, un protocole d’accord autorisant le paiement de plus de 9 milliards de francs CFA de droits et indemnités aux anciens travailleurs partants volontaires à la retraite. C’est un montant servira à indemniser les anciens fonctionnaires qui ont adhéré à un programme de départ volontaire à la retraite, dans le cadre du Programme d’ajustement structurel (PAS) auquel le Mali a souscrit, entre 1987 et 1993. Deux ans de dialogue et de négociation ont été nécessaires pour sceller cet accord qui va remettre dans leurs droits ces partants volontaires à la retraite, victimes du PAS. L’officialisation de l’accord dans la salle de conférence du ministère du Travail, de la Fonction publique et du Dialogue social, (MTFPDS), a été présidée par le ministre de l’Économie et des Finances, Alouseni Sanou, en présence du Secrétaire général de l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM), Yacouba Katilé, et des représentants de la Coordination des associations des partants volontaires, victimes du Programme d’ajustement structurel (PAS). Dans une volonté d’améliorer le climat social, le gouvernement avait déjà collaboré avec l’UNTM et le Conseil national du patronat du Mali (CNPM, aboutissant à un procès-verbal de conciliation le 5 février 2021. Une commission conjointe avait, ensuite, été mise en place pour étudier et traiter les revendications des partants volontaires. Ce dossier vieux de 30 ans, « résulte de la gestion du Programme d’ajustement structurel que notre pays a connu entre 1987 et 1993 », a rappelé le ministre en charge de la Fonction publique et du Dialogue social, Fassoun Coulibaly. « Au niveau du point trois de ce procès-verbal, l’UNTM et le gouvernement ont convenu de la mise en place d’une commission afin de traiter ce dossier. Cette commission mise en place par mon département, sur instruction des autorités de la Transition, était composée par des membres du gouvernement et de l’UNTM », a encore rappelé M. Coulibaly. « Après plus de deux ans de travaux, a-t-il dit, la commission a déposé son rapport consacrant ainsi la fin du traitement du dossier en trois point, qui sont le traitement social du volet réinsertion, le remboursement de la part patronale des 8% et le maintien du droit à pension de 61 agents ayant conclu 15 ans de cotisation et qui ont demandé et obtenu le remboursement de leur cotisation », a expliqué le ministre Coulibaly. Selon lui, « dans ce protocole d’accord, le gouvernement et l’UNTM ont convenu des moratoires de paiement sur trois ans qui sera fait sur les comptes individuels de chaque partant », a précisé le ministre. « C’est avec une profonde émotion et un sentiment d’accomplissement que je m’exprime à cette occasion solennelle, marquant la conclusion d’un long processus de concertation et de dialogue entre le gouvernement et UNTM », s’est réjoui le Secrétaire général de l’UNTM, Yacouba Katilé. Il a souligné que « parmi les points majeurs de doléances syndicales, figurait la question douloureuse du paiement des avantages des partants volontaires à la retraite », a précisé M. Katilé. « Ces travailleurs, qui ont accepté de quitter volontairement la Fonction publique dans un contexte économique difficile, portaient depuis plus de 30 ans le poids d’une injustice administrative et humaine », a-t-il fait savoir. « Aujourd’hui, par la signature de cet accord, nous posons un acte de réparation moral et social, de justice à l’endroit de ces anciens travailleurs qui ont contribué par leur sueur et leur loyauté à la construction du Mali », a indiqué le secrétaire général de l’UNTM. ST/MD (AMAP)

