Niono : Ouverture d’un forum sur la paix, en présence de quatre ministres

Niono, 05 Nov (AMAP) Une rencontre sur la paix dans le Cercle de Niono, dans le Centre du Mali) s’est ouverte, jeudi, dans la salle de conférence de la ville, en présence des ministres de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, de la Sécurité et de la Protection civile, de la Réconciliation nationale et de la Santé et des Affaires sociales. Le forum, qui prend fin dimanche, a débuté par une minute de silence observée à la mémoire des victimes. Et le chef de village, Boubacar Samaké, ainsi que le maire de la Commune urbaine de Niono, Abdramane Touré, qui ont, tous deux, exprimé leurs préoccupations, face à la situation actuelle d’insécurité, ont engagé les populations, avec les autorités, à trouver une solution idéale, aux affrontements de toute nature dans la zone, à travers ces discussions. De son côté, le gouverneur de la Région de Ségou, le contrôleur général de police, Alassane Traoré, a axé son intervention sur la situation sécuritaire dans le Cercle, énumérant la longue liste des difficultés auxquelles font face l’administration générale, les collectivités territoriales, les forces de défense et de sécurité, les services techniques. Quant au ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, le lieutenant-colonel Abdoulaye Maiga, au nom du Président, du Vice-président de la Transition, du Chef du gouvernement et de l’ensemble du gouvernement et des populations maliennes, il a présenté aux parents des victimes les condoléances et souhaité prompt rétablissement aux blessés. Il a, également, indiqué que la présence de quatre ministres à cette rencontre est un signe de l’empathie des dirigeants du pays sensibles à la souffrance de la population affectée par cette crise. Il en est ainsi des dons en vivres et médicaments aux populations, l’amélioration de la sécurité des personnes et de leurs biens et, enfin tous les efforts du gouvernement pour promouvoir le dialogue et l’entente entre les communautés. Le Cercle de Niono, zone stratégique, est à la fois l’un des poumons économique du Mali et un espace de grande production agricole qui partage un long cordon frontalier avec la Mauritanie, à travers les communes de Dogofry, Sokolo et Nampala, sur une distance de 85 kilomètres. Son positionnement géographique en fait une zone d’insécurité, depuis la crise multidimensionnelle que notre pays connait depuis 2012. Cette situation d’insécurité est préoccupante et se caractérise par la présence accrue de groupes armés de tout acabit dans le Cercle (jihadistes, bandits armés), les assassinats ciblés, les vols de bétail, les enlèvements de citoyens ordinaires, des villages assiégés (notamment à Farabougou) et des conflits intercommunautaires. La présence d’hommes armés, circulant à bord de véhicules ou sur des motos, est signalée à travers le Cercle. Un soldat malien a été tué à Farabougou au cours d’une attaque dimanche dernier, selon un habitant, cité par Radio France internationale (RFI) sur son site. Selon la même source, après une relative accalmie, la situation s’est nettement dégradée ces derniers jours, quand des jeunes, qui coupaient des broussailles, aux abords du village, ont été la cible de tirs de jihadistes qui encerclent le village. Ces tirs ennemis se sont rapidement dirigés vers les soldats maliens, lesquels ont répliqué et repoussé les assaillants, selon l’Armée malienne. Cela fait près d’un mois que les jihadistes encerclent Farabougou et une dizaine de jours que les soldats maliens sont entrés dans le village. Des stocks de nourriture ont été livrés à plusieurs reprises, par voie aérienne, mais il est impossible d’emprunter les routes ou de se rendre dans les champs voisins. La situation sécuritaire générale  reste tendue dans la Région de Ségou, dans le Centre du Mali où, depuis quelques temps, elle a tendance à se dégrader, de plus en plus, dans le Cercle de Niono, notamment. Les récentes attaques du check point de Sorowel, dans la Commune urbaine de Niono, un accrochage entre des chasseurs traditionnels Dozos et des bandits armés non identifiés à Farabougou, dans la Commune rurale de Dogofry, occasionnant la mort de cinq personnes et des blessés, suivi de l’enlèvement de personnes et de bétail, illustrent ce contexte. MS/MD (AMAP)

Bandiagara : Huit civils tués et une dizaine de blessés dans une attaque entre Parou et Songobia (Centre)

Bandiagara, 5 Nov (AMAP) Huit civils ont été tués et dix autres blessés dans une attaque contre un minibus par des hommes armés non identifiés, dans la nuit de mardi à mercredi, entre Parou et Songobia, dans le Cercle de Bandiagara, Région de Mopti (Centre), a appris l’AMAP de source locale. Des hommes armés non identifiés ont attaqué le véhicule de transport qui quittait Bandiagara pour Bankass, entre Parou et Songobia, selon notre source. Un renfort miliaire a été dépêché pour sécuriser la zone, retrouver d’éventuels assaillants selon notre source qui précise que les blessés ont été admis au Centre de santé de  référence de Bandiagara. KM (AMAP)  

Négociation avec les terroristes : Une équation à plusieurs inconnus

Par Issa DEMBELE Bamako, 03 Nov (AMAP) Après le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, il y a une semaine, c’est au tour de sa collègue en charge des Armées de séjourner au Mali. Paris veut-il faire tomber l’entrain général pour un possible dialogue avec les terroristes ? La question taraude les esprits. Pourtant, dans cette guerre, les stratégies déployées jusqu’ici ont montré leurs limites. La force française Barkhane fait, certes, du bon boulot dans la zone dite des «trois frontières» et les Forces armées maliennes (FAMa) montent indéniablement en gamme, mais la réalité sur le terrain est que l’insécurité s’étend sur le territoire national. Après la Région de Mopti, le Nord de la Région de Ségou est en proie au délitement de l’autorité de l’Etat. Des contrées entières dans l’Office du Niger sont abandonnées aux groupes qui y font régner la terreur en toute impunité. Après l’enlèvement massif du bétail, les groupes terroristes s’avisent actuellement à empêcher carrément les populations à faire la récolte du riz. Le grenier à riz du pays est, aujourd’hui, sous une menace très sérieuse. Au-delà de son coût financier et humain, l’option de la guerre amplifie les tensions intercommunautaires qui se révèlent plus meurtrières que le terrorisme. Cet argument, qui n’est pas sans poids, ajouté au fait que l’ennemi dispose d’une assise territoriale et politique non négligeable, devrait amener à envisager l’arbre à palabre. Négocier, essayer de trouver des solutions avec les extrémistes qui n’ont d’ailleurs jamais fermé la porte au dialogue. Le groupe dirigé par Hamadoun Koufa pourrait servir d’entremetteur. Le chef terroriste n’a-t-il pas cité l’imam Mahmoud Dicko et deux autres figures, Mahi Banikane et Cheikh Oumar Dia, comme des partenaires acceptables pour un dialogue ? C’est une ouverture, si mince soit-il, au dialogue. On sait que l’imam Mahmoud Dicko a exprimé à maintes reprises sa disponibilité à aider à nouer les fils du dialogue avec les groupes qui ferraillent pour imposer la Charia au Mali. Lors de sa dernière sortie, sur la place de l’Indépendance, le responsable moral du Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotique (M5-RFP) n’a-t-il pas annoncé qu’il s’apprêtait à prendre son bâton de pèlerin pour aller prêcher la paix partout dans le pays ? Il avait même invité d’autres leaders religieux à se joindre à lui. Reste à déterminer les modalités du dialogue. Que faut-il mettre sur la table pour amener les guerroyeurs à s’asseoir autour de la table de négociation ? Du côté des groupes extrémistes, les revendications principales sont connues. Ils veulent que le Mali soit régi par un «système théocratique» où la loi serait dictée par les préceptes d’un islam rigoriste. Ils réclament, également, le retrait des troupes étrangères et que le Mali coupe ses liens avec la France. Or, ces liens sont historiques et multiformes. L’ancienne puissance coloniale est un partenaire de poids du Mali, aussi bien sur le plan sécuritaire que dans le domaine de l’appui au développement. Paris est, aussi, le parrain de la présence de l’ONU au Mali. Inutile de s’étendre sur l’importance de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) dans la préservation de l’Etat malien sous sa forme actuelle. Voilà pourquoi, l’International Crisis Group (ICG) a fait remarquer que «négocier ne veut pas dire accéder à toutes les doléances des terroristes et accepter l’instauration de la Charia», dans son rapport intitulé « Parler aux djihadistes au centre du Mali : le dialogue est-il possible ? ». À l’État donc de déterminer des compromis acceptables par les deux parties. Le chercheur Ibrahim Yahaya, auteur principal de ce rapport,  donne des pistes, comme les écoles coraniques, qui pourraient être réformées, voire intégrées dans le système éducatif. Il propose, aussi, la question des cadis, ces juges islamiques traditionnels qui n’ont aucune existence légale alors qu’ils sont utilisés, très fréquemment, dans les zones rurales. En la matière, l’Etat pourrait s’inspirer du cas mauritanien. Le Mali ne manque pas de génie pour faire adopter une ligne pragmatique aux groupes extrémistes. L’Etat s’est forgé une expertise en matière de négociation, à travers la gestion de différentes insurrections rebelles dans le Septentrion. Certes, il faut distinguer la rébellion du terrorisme. Mais, on sait que pour le dernier Accord en date, en 2015, Bamako a négocié avec des séparatistes qui ont mené des opérations dont la logique et les moyens étaient ceux du terrorisme. Aujourd’hui encore, difficile de départager, dans l’enchevêtrement inextricable des forces dans le Septentrion, ceux qui relèvent des groupes terroristes et ceux qui sont sous l’autorité de mouvements signataires de l’Accord. On retourne sa veste au gré des circonstances. Au-delà, comme le souligne Ibrahim Yahaya, aujourd’hui, des acteurs étatiques comme non étatiques parlent aux terroristes en permanence. Des leaders communautaires locaux négocient l’allègement de certaines mesures qui pèsent sur les villages, par exemple. Parfois des compromis sont trouvés. Les humanitaires négocient aussi l’accès à des zones de crise. Il a fallu dix-sept ans pour que les Américains comprennent que les terroristes sont incontournables en Afghanistan. Au Mali, il semble évident, après huit ans, qu’on ne pourra pas vaincre militairement ces groupes solidement implantés désormais à mains endroits du territoire. Dès lors, les autorités, qui ont le quitus du peuple, n’ont nullement intérêt à trainer les pieds. Surtout que des centaines de terroristes viennent d’être remis au service d’une machine de guerre qui sait se montrer d’une rare cruauté. ID (AMAP)

Mali: un soldat tué dans une attaque à Farabougou (Témoin)

Bamako, 2 Nov (AMAP) Un soldat a été tué à Farabougou (Centre) au cours d’une attaque dimanche matin, selon un habitant, cité par Radio France internationale (RFI) sur son site. Selon la même source, après une relative accalmie, la situation s’est nettement dégradée ces derniers jours, quand des jeunes, qui coupaient des broussailles aux abords du village, ont été la cible de tirs de jihadistes qui encerclent le village. Ces tirs ennemis se sont rapidement dirigés vers les soldats maliens, lesquels ont répliqué. L’accrochage a duré « près d’une demi-heure », selon le témoin cité. Sollicitée par RFI, l’armée malienne précise qu’un soldat a été tué, mais que la riposte a permis de repousser les assaillants. Lundi matin, sur place, la situation était calme. Cela fait près d’un mois que les jihadistes encerclent Farabougou et une dizaine de jours que les soldats maliens sont entrés dans le village. Mais ils sont arrivés par hélicoptère et, depuis, tout comme les habitants, ils sont cantonnés dans le village. Des stocks de nourriture ont été livrés à plusieurs reprises, par voie aérienne, mais impossible d’aller sur les routes, ni même dans les champs voisins. Ceux qui s’y sont risqués, vendredi dernier, dans la Commune toute proche de Dogofry, ont été enlevés par les jihadistes, avant d’être rapidement relâchés. Au tout début du siège de Farabougou, neuf paysans ont été enlevés dont on est toujours sans nouvelles. De nombreuses sources locales expliquent que les jihadistes ont clairement fait passer le message : interdiction de procéder aux récoltes. Depuis plusieurs jours, des discussions difficiles ont été engagées avec les jihadistes. Cette médiation, menée par des notables locaux, avec le soutien de l’armée et des autorités, a dans un premier temps bien avancé. Des tensions intercommunautaires, préalables à l’action des jihadistes, ont notamment été réglées. Mais des blocages sont apparus la semaine dernière. Plusieurs sources au sein de la médiation expliquent que les jihadistes exigent, à présent, pour lever le siège, de récupérer les armes des chasseurs traditionnels dozos de Farabougou. Ils exigent aussi que la charia, telle qu’ils la conçoivent, entre en application. Les discussions sont donc plus difficiles, mais elles se poursuivent. Une rencontre est d’ailleurs prévue, très prochainement, entre les membres de cette équipe de médiation, les forces de sécurité et les autorités du cercle. « Nous continuerons toujours, explique un médiateur, pour ramener les uns et les autres à la raison. » Le village est toujours encerclé par des combattants jihadistes. Une situation qui perdure en dépit de l’arrivée de soldats de l’armée malienne  il y a une dizaine de jours, pour protéger les habitants. MD (AMAP)    

Mali : Le vérificateur général remet son rapport 2019 au président de la Transition

Bamako, 30 Oct (AMAP) Le président Bah N’Daw, a averti, vendredi, que « tous ceux qui voudront se servir du Mali, au lieu de le servir, le feront à leurs risques et périls », a appris l’AMAP de source officielle. « Qu’ils le sachent ! », a insisté Bah N’Daw, dans son discours, lors de la cérémonie solennelle de remise, au Chef de l’Etat, du rapport annuel 2019, du Bureau du Vérificateur général, dans la salle des banquets du palais de Koulouba, indique un texte de la Présidence. Le chef de l’Etat a promis que, dès lundi 1er novembre, les départements ministériels concernés seront mobilisés pour que les responsables des entités incriminées sachent que la performance n’est pas facultative mais obligatoire. « Il n’y a pas d’hésitation possible : c’est soit le Mali, soit la porte ! », a-t-il indiqué. Le Vérificateur général, Samba Alhamdou Baby, a rappelé, lors de la cérémonie, les 31 missions conduites en 2019. Selon le Vérificateur général, les vérifications de performance, au nombre de huit, ont porté sur des entités en charge de la gouvernance du service public de l’Etat et des collectivités territoriales. Selon le Président N’Daw, la Transition ne pourra pas tout faire. Elle a des domaines de priorités où elle est attendue. « Dès lors, il est hors de question, pour moi, que l’or du Mali ne brille pas pour le Mali. L’or du Mali brillera aussi pour le Mali. L’or du Mali brillera surtout pour le Mali », a promis le Chef de l’Etat, selon la présidence de la République. La cérémonie officielle s’est déroulée en présence, notamment, du Vice-président de la Transition, Colonel Assimi Goita et du Premier ministre, Moctar Ouane. AC/MD (AMAP)

Mali : Les auteurs des attentats de La Terrasse et du Radisson condamnés à la peine de mort

Bamako 28 Oct (AMAP) Les auteurs des attentats de l’hôtel Radisson Blu et du restaurant-bar La Terrasse de Bamako, en 2015, ont été condamnés à la peine de mort et à 10 millions de francs CFA d’amende, mercredi, par la Cour d’Assises de Bamako. Le mauritanien, Fawaz Ould Ahmed alias « Ibrahim 10 » et son complice, Sadou Chaka dit « Oussama », ont comparu, depuis lundi, dans un procès sous haute sécurité, avec plusieurs filtres de contrôle. L’accusé principal, Fawaz, poursuivi pour plusieurs chefs d’accusations se rapportant au terrorisme, a, sans ambages, reconnu les faits qui lui sont reprochés. L’homme a affirmé avoir agi pour venger les caricatures du prophète Mohamed publiées par le journal satirique francais, Charlie Hebdo. «Nous sommes des djihadistes et non des terroristes, nous faisons le djihad. Cela fait partie de notre religion », a-t-il dit, avant de s’en prendre, également, à la France. Celui, qui se faisait appeler le lieutenant de Belmoktar a expliqué avec forces détails les faits. A la barre, Ibrahim 10 n’a exprimé aucun regret de ses actes. Son compagnon, Sadou Chaka, accusé de complicité et qui a acheminé les armes à Bamako a, pour sa part, déclaré qu’il était au service de Fawaz. « On me demande d’aller déposer ou d’accompagner des gens, j’exécute et c’est tout », a-t-il. Le ministère public, dans son réquisitoire, a demandé la peine de mort. « Ils doivent être fusillés », a-t-il ajouté. Face aux culpabilités établies de leurs clients, les avocats de la défense ont plaidé pour un allègement de peine pour circonstances atténuantes. Après six heures de débats contradictoires, le verdict est finalement tombé : la Cour a suivi le parquet dans ses réquisitions, en condamnant les accusés à la peine capitale et au paiement de 10 millions de francs CFA d’amende chacun. Quant au troisième prévenu Abdoulbaki Abdramane Maiga alias « Abou Mahamdoune » absent au procès, il a été jugé par contumace à la même peine. Pour rappel, Fawaz était accusé d’avoir perpétré des attentats contre le restaurant la Terrasse de Bamako, en mars 2015, tuant 5 personnes dont un Français, un Belge et trois Maliens et aussi l’attentat de l’hôtel Radisson, le 20 novembre de la même année, qui a fait une vingtaine de morts dont 14 étrangers. S’y ajoutent l’attentat contre l’hôtel Byblos à Sévaré, qui avait fait 13 morts, en août 2015, et celui de l’hôtel Nord-sud de Bamako, en mars 2016 qui n’avait pas fait de victime. Ces attaques ont été commis avec le soutien logistique de Sadou Chaka et de Abdoulbaki Abdramane Maiga. TC/MD (AMAP)

Négociation avec les terroristes : La France isolée ?

Par Issa DEMBELE Bamako 28 Oct (AMAP) Faut-il négocier ou non avec les terroristes ? La question a refait surface à l’occasion de la récente visite du ministre français des Affaires étrangères et de l’Europe, Jean-Yves Le Drian, au Mali. Paris et Bamako ne sont pas sur la même longueur d’ondes sur le sujet. L’ancienne puissance coloniale s’en tient exclusivement à la mise en œuvre de l’Accord pour ramener la paix. Les Maliens, las d’une crise interminable, veulent bien dialoguer avec certains chefs terroristes. S’étalant au grand jour, cette divergence, qui n’était qu’un secret de polichinelle, a quelque peu froissé les enthousiasmes suscités par l’arrivée du chef de la diplomatie française. Nombre de Maliens ne s’expliquent pas la posture de l’ancienne puissance coloniale qui devrait pourtant se rendre à l’évidence : malgré les actions militaires, aucune amélioration substantielle de la situation ne semble se concrétiser du point de vue de la sécurité. Un constat qui a d’ailleurs amené nombre d’analystes à préconiser un changement de cap via l’instauration d’un dialogue avec les groupes terroristes, tout particulièrement avec Iyad Ag Ghaly et Hamadoun Koufa. L’instauration d’un tel dialogue permettra, au moins, d’assurer aux populations une baisse des actions terroristes et ouvrir la voie aux convois humanitaires à destination des zones où les hommes de ces deux chefs terroristes sont actifs. Nul doute que les populations dans la Région de Mopti sont aujourd’hui preneuses d’un cessez-le-feu, même précaire. Et dans les rangs des forces armées, on applaudirait pour moins que ça. Car le décompte des victimes est devenu lassant dans les états-majors. Un tel dialogue avait été proposé, naguère, par les rédacteurs d’un rapport de l’International Crisis Group (ICG). Ce rapport a eu un fort impact, tant dans le monde de la recherche qu’auprès des décideurs politiques. Pour le chercheur Ibrahim Yahaya, auteur principal de ce rapport rendu public le 28 mai dernier, négocier est une nécessité pour l’Etat malien. «Il n’y a pas d’autres alternatives crédibles et il devient urgent de sortir de l’impasse », soutient le chercheur. Mieux, les appels à engager des négociations avec les groupes terroristes ont émané des milieux où on s’y attendait le moins. Dans une tribune parue dans le quotidien suisse  « Le Temps », le commissaire de l’Union africaine à la paix, Smaïl Chergui, soutient qu’il convient désormais « d’explorer la voie du dialogue avec les extrémistes » en faisant le parallèle avec l’Afghanistan. Quelques jours plus tard, dans une interview au journal « Le Monde », le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a appuyé clairement cette approche. « Il y aura des groupes avec lesquels on pourra parler et qui auront intérêt à s’engager dans ce dialogue pour devenir des acteurs politiques dans le futur», a analysé Antonio Guterres, citant aussi l’exemple afghan. A l’échelle nationale, l’ancien président, Ibrahim Boubacar Keïta, avait publiquement reconnu « la nécessité d’explorer les voies d’une sortie de crise après huit années de guerre sans issue rapide en vue». Lui aussi avait cité les modèles algérien et afghan. Il sera conforté dans son analyse par les conclusions du Dialogue national inclusif (DNI) lors duquel, les participants ont jugé utile d’engager des pourparlers avec les « terroristes maliens». Il est important que la France souscrive à cette démarche. Paris aurait une voix beaucoup plus audible si les actions militaires avaient un tant soit peu réduit l’ampleur des activités des terroristes. Malgré l’action de Barkhane et des militaires des pays sahéliens, les groupes terroristes continuent d’étendre leur emprise sur le territoire malien. Un temps, l’ampleur des attaques et leur caractère meurtrier avait même provoqué une levée de bouclier contre la présence militaire française sur notre sol. Ceux qui voulaient pousser les soldats français hors de nos frontières soutenaient que leur présence n’avait pas de sens du moment où elle ne nous évitait pas de subir les assauts meurtriers des terroristes. Si cette position semblait extrémiste, il est vrai que l’attitude des militaires français ne manquait pas de susciter des interrogations. Les soldats maliens isolés subissaient des assauts massifs des terroristes et les combats duraient des heures. Mais Barkhane ne volait pas au secours des soldats submergés par l’ennemi. Aussi, Paris feint d’ignorer l’existence de passerelles entre certains groupes signataires et les groupes terroristes. Les experts indépendants des Nations unies ont même révélé récemment les identités de ceux qui pêchent en eau trouble. Confirmant ainsi les accusations portées par le président nigérien à l’encontre des maîtres de Kidal, d’où seraient « planifiées des attaques terroristes contre les forces nigériennes ». On ne perd rien en essayant la voie du dialogue avec ceux qui veulent bien faire la paix. ID (AMAP)

Le reporter sportif Cheick Amadou Barry de l’ORTM est décédé mardi à l’âge de 55 ans

Bamako, 28 octobre (AMAP) Le reporter sportif Cheick Amadou Barry de l’ORTM est décédé mardi à l’âge de 55 ans, à Bamako dès suite d’une maladie, a appris l’AMAP de sources concordantes. Cheick Amadou Barry a rejoint l’Office de radiodiffusion télévision du Mali (ORTM), en 2002, après avoir travaillé à Radio Guintan et à Radio Patriote. En 2008, il intègre la fonction publique et commence, à l’instar des autres reporters sportifs, à travailler simultanément à la radio et à la télévision nationales. Ainsi, il faisait régulièrement des reportages à la radio et animait des débats et des émissions à la télé. Sans compter les animations de plateau lors des directs de football, notamment la Ligue des champions d’Europe. Les vendredis, il présentait l’émission Performance à la télé et Mondial sport à la radio. Ce n’est pas tout, Barry, comme on l’appelait familièrement présentait également le journal de 22h30 à la radio et l’émission « Chronique des expatriés » qui était très appréciée par les auditeurs de la radio nationale et les téléspectateurs de l’ORTM. À travers l’émission « Chronique des expatriés », il a grandement contribué à la promotion des jeunes sportifs du pays, toutes disciplines confondues», témoigne l’actuel directeur des infos de l’ORTM, Kalifa Naman Traoré qui a travaillé avec Barry pendant plus d’une décennie (avant d’être directeur des infos de la télé, Kalifa Naman avait occupé le poste de chef du Desk sport de l’ORTM, ndlr). Pour Alassane Souleymane, son collègue de service et voisin de quartier, à Yirimadio aux 759 Logements, Cheick Amadou Barry était un peu le chef de leur grin. « C’est chez lui qu’on se retrouvait et si on avait le temps, on parlait de tout. C’était presque la famille. Il avait la passion du journalisme de sport et s’est beaucoup battu dans la vie pour arriver à ce niveau. Il est passé par beaucoup d’épreuves comme tout humain. Il avait la passion de ce qu’il faisait», souligne Alassane Souleymane. Et d’ajouter : «On s’est connu en 1997. Lors des éliminatoires de la CAN 1998, nous avons voyagé ensemble pour le match Côte d’Ivoire-Mali à Bouaké. C’est depuis là-bas que nous avons sympathisé. Il était à la Radio Guintan. Ce voyage a déterminé nos rapports et nous avons collaboré à l’ORTM où il est venu dans les sillages de la CAN 2002 car l’ORTM avait besoin du personnel pour pouvoir faire face au défi de la CAN que le Mali a abritée. Il n’a pratiquement fait que du sport à la radio et à la télé. Il a suivi les équipes nationales et les clubs à travers le monde». Dans sa carrière, Cheick Amadou Barry a couvert plusieurs grands événements sportifs au Mali et en Afrique. Entre autres on peut citer la CAN 2002, la CAN U17, Niger en 2015, l’Afrobasket, Bamako 2011. Notre confrère sera conduit à sa dernière demeure ce mercredi, au cimetière de Yirimadio, laisse dernière lui une veuve et trois enfants inconsolables.  LD/KM (AMAP)     

Niono : Contrôle de Farabougou par les forces spéciales maliennes, après l’encerclement du village par les terroristes durant 2 semaines

Niono, 23 octobre (AMAP) Des éléments du Bataillon des Forces spéciales de l’Armée Maliennes sont arrivés jeudi à Farabougou à bord d’un avion de l’Armée de l’Air de type Mi-24, a appris l’AMAP de source officielle. L’annonce a été faite dans un communiqué rendu public jeudi par le Ministère de la Défense et des Anciens Combattants. « En plus du personnel, beaucoup de colis dont des médicaments ont aussi été largués. Il s’agit d’abréger la souffrance des populations », déclare le communiqué qui précise  que cette « situation qui fait l’objet d’une grande préoccupation est suivie avec attention par le Ministère de la Défense et des Anciens Combattants ». Ces derniers jours, l’Armée avait déjà annoncé avoir largué des vivres en vue de soulager les habitants du village de Farabougou, localité située dans le Cercle de Niono, région de Ségou, qui a subi un blocus des hommes armés non identifiés qui l’ont encerclé deux semaines durant. MT/KM (AMAP)

Mali: Soutien ferme de la CMAS aux autorités de la Transition

Bamako, 18 Oct (AMAP) Le coordinateur des mouvements, associations et sympathisants de l’imam Mahmoud Dicko (CMAS), Issa Kaou N’Djim, a réaffirmé, vendredi, le soutien ferme de son organisation aux nouvelles autorités du pays dans la mise en œuvre de la charte de la Transition. Dans une déclaration lue lors d’une conférence de presse, la CMAS s’est dite «prête à accompagner la transition à travers sa participation au Conseil national de la Transition qui sera mis en place ». Elle a exigé que « justice soit rendue aux victimes des crimes commis lors des événements des 10, 11 et 12 juillet derniers à travers la poursuite des auteurs ». Pour ce faire, l’organisation a indiqué suivre « avec une attention particulière l’évolution de la procédure dont l’ouverture a été annoncée par le procureur de la République près le tribunal de grande instance de la commune III ». Par ailleurs, l’organisation a félicité les autorités de la Transition pour avoir réussi la libération de l’ex chef de file de l’opposition, Soumaila Cissé. « La CMAS réaffirme son soutien total et inconditionnel à son parrain l’imam Mahmoud Dicko tout en condamnant fermement et énergiquement les allégations calomnieuses dont il fait l’objet », a dit son coordinateur général, Issa Kaou Djim. Il a, en outre, annoncé que son organisation est en train de poursuivre ses activités de structuration sur l’ensemble du territoire national et auprès de nos compatriotes établis à l’extérieur. BD/MD (AMAP)