Vive émotion à l’arrivée de la dépouille du président Amadou Toumani Touré à Bamako

Bamako, 14 Nov (AMAP) L’avion présidentiel transportant la dépouille de l’ancien président malien, Amadou Toumani Touré (ATT), a atterri sur le tarmac de l’aéroport international, président Modibo Kéita-Sénou, samedi, aux environs de 4h15mn. C’est dans une atmosphère chargée d’émotion que le vice-président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, le Premier ministre, Moctar Ouane, plusieurs membres du gouvernement, les enfants de l’illustre disparu, ont accueilli l’ancienne première Dame, Mme Touré Lobbo Traoré, visiblement très affectée. Le vice-président de la Transition, le chef du gouvernement, les enfants du président ATT et plusieurs autres personnalités se sont inclinés devant la dépouille drapée aux couleurs nationales de l’ex-chef de l’Etat malien décédé mardi dernier, à Istanbul, en Turquie à l’âge de 72 ans. Le cortège funéraire, constitué de plusieurs dizaines de véhicules, s’est ébranlé, aussitôt, vers le Centre pour le développement des vaccins, à Djiconoini Para. Sur place, à leur tour, beaucoup de parents, collaborateurs et fidèles de l’ancien président se sont inclinés devant sa dépouille. Les obsèques du général Amadou Toumani Touré sont prévues pour mardi au Génie militaire, précédées d’une veillée funèbre lundi au même lieu. MK/MD (AMAP)

Communiqué de presse : Arrivée de la dépouille mortelle du Général Amadou Toumani TOURE

Le Vice-président, le Colonel Assimi GOITA, au nom du Président de la Transition, Chef de l’État, a l’honneur d’informer l’opinion nationale et internationale de l’arrivée de la dépouille mortelle du Général Amadou Toumani TOURE, ancien président de la République du Mali, en provenance d’Istanbul en Turquie ce samedi 14 novembre 2020 à 6h (six heures) du matin, à l’Aéroport international Président Modibo Keita – Sénou. Le Vice-président, le Premier ministre et les membres du Gouvernement seront à l’accueil de la dépouille mortelle. Les obsèques nationales de l’illustre disparu sont prévues à la place d’Armes du Génie militaire le mardi 17 novembre 2020 à 10h sous la présidence de SEM Bah N’DAW, Président de la Transition, Chef de l’État. Les populations et les personnalités désireuses de lui rendre hommage sont invitées à une veillée funèbre le lundi 16 novembre 2020 au Génie militaire. En ces lieux, un Livre d’Or de condoléances sera ouvert du lundi 16 novembre à 8h au mardi 17 novembre 2020 à 8h. Le Président et le Vice-président de la Transition, au nom du Gouvernement, du Peuple malien et de la famille de l’illustre disparu, remercient le Président turc SEM Recep Tayyip ERDOGAN et le Peuple turc pour leur accompagnement dans cette dure épreuve et pour l’hommage rendu à feu Amadou Toumani TOURE à Istanbul, et prient pour le repos de l’âme de l’illustre disparu. Cellule de Communication et des Relations Publiques de la Présidence

Mali: Le président Bah N’Daw est arrivé au Togo

Bamako, 13 Nov (AMAP) Le président de la Transition, Bah N’Daw, est arrivé, vendredi, à Lomé, au Togo, deuxième étape de sa tournée sous régionale, et été accueilli à l’Aéroport international Gnassingbé Eyadema par son homologue togolais, Faure Gnassingbé, annonce un tweet de la présidence malienne. Au cours de son séjour togolais, indique la même source, le Chef de l’État malien visitera le Centre d’entrainement aux opérations de maintien de la paix. Il aura, également, une rencontre avec la Communauté malienne résidant au Togo. Le président N’Daw effectue sa première sortie à l’étranger pour relancer la diplomatie malienne mise à rude épreuve après un soulèvement populaire soldé par la démission de l’ancien président Ibrahim Boubacar Keita. AC/MD (AMAP)

Bah N’Daw au Ghana : Le Mali sur la bonne voie, de l’avis du président en exercice de la CEDEAO, Nana Akufo-Addo

Cheick M. TRAORÉ Envoyé spécial Accra, Ghana 13 Nov (AMAP) Le président de la Transition, Bah N’Daw, est arrivé, jeudi, dans la capitale ghanéenne, Accra, première étape d’une tournée sous régionale qui le conduira ensuite au Togo, au Sénégal et en Guinée-Bissau, Bah N’Daw, qui est accompagné des ministres des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Zeïni Moulaye, et des Maliens de l’extérieur et de l’Intégration africaine, Alhamdou Ag Ilyene, a, dès son arrivée à Accra, eu une séance de travail avec son homologue ghanéen, Nana Akufo-Addo, également président en exercice de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Le chef de l’État a abordé avec son homologue ghanéen le processus du retour à l’ordre constitutionnel normal au Mali. Il a, aussi, exprimé la reconnaissance du peuple malien au peuple ghanéen et à son président, pour son rôle déterminant et son implication personnelle à convaincre les autres chefs d’État sur la nécessité de l’allègement et de la levée des sanctions imposées au Mali, suite au coup d’Etat du 18 août dernier. Bah N’Daw est, également, venu faire le point de l’état de mise en œuvre des engagements pris par les autorités de la Transition vis-à-vis de la CEDEAO pour le retour rapide à l’ordre constitutionnel. En la matière, des progrès notables ont déjà été enregistrés. « Le dernier acte posé, a souligné Bah N’Daw, a été la signature du décret pour la désignation et la mise en place du Conseil national de Transition (CNT) ». «Sa mise en place mettra fin aux engagements que nous avons vis-à-vis de la CEDEAO», a indiqué le chef de l’État malien. Il a également rappelé le retour de l’ancien président Ibrahim Boubacar Keïta «chez lui au Mali», après son séjour médical aux Émirat arabes unis. Prenant la parole à son tour, le président ghanéen a réaffirmé l’engagement et la détermination de de l’organisation régionale et de son pays à soutenir les autorités de la Transition. Le but étant, selon Nana Akufo-Addo, « d’arriver à un aboutissement heureux de la Transition, au retour de la paix et de la stabilité au Mali ». «Au regard de tout ce que nous constatons et entendons, nous sommes sûrs que nous verrons très bientôt un changement positif et qualitatif au Mali», a déclaré Nana Akufo-Addo. Faisant allusion au règlement de la crise malienne, il a rappelé : «Les solutions doivent venir de nous. Les autres viendront nous accompagner». Concernant les relations bilatérales, le chef de l’État ghanéen a précisé que le Mali est, en tant que porte d’entrée de l’Afrique de l’Ouest, un partenaire stratégique et historique pour son pays. Il a fait un bref rappel de la contribution des pères des indépendances de nos deux pays à la création de la Fédération Ghana-Guinée-Mali. «Nos relations étaient très étroites aux premières heures des indépendances. C’est à nous d’approfondir et d’écrire une nouvelle page de cette histoire», a-t-il exhorté. Le chef de l’État ghanéen a témoigné du comportement exemplaire et la contribution de nos compatriotes vivant chez lui à la construction de son pays. «La communauté malienne est la plus intégrée et la plus respectée au Ghana», a-t-il reconnu. En réponse aux questions des journalistes, le président Bah N’Daw a souligné que la présence dans le gouvernement des représentants des groupes armés témoigne des progrès en cours pour le rétablissement de la paix et de la stabilité au Mali, notamment dans les Régions du Nord. Concernant le refus du Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP) de siéger au CNT, il a répondu : «C’est une question extrêmement sensible. Je n’ai pas eu l’occasion d’en parler à l’intérieur. Permettez-moi de ne pas l’évoquer ici à l’extérieur». Le président du Ghana a rappelé que la situation au Mali est abordée de manière collégiale à la CEDEAO. Insistant sur son attachement au principe d’interdépendance et de complémentarité entre les États membres, Nana Akufo-Addo a invité à faire en sorte qu’il y ait, dans un bref délai, des pouvoirs élus démocratiquement comme c’est aujourd’hui la seule voix d’accéder au pouvoir dans la CEDEAO. La conférence de presse a été suivie d’un déjeuner offert par le président ghanéen à son hôte du jour. L’ensemble du corps diplomatique présent au Ghana a pris part au déjeuner, offrant ainsi l’occasion aux deux leaders de réaffirmer leur attachement au respect des engagements pris vis-à-vis de la CEDEAO et la détermination de celle-ci à accompagner la Transition au Mali. La visite du président de la Transition au Ghana a coïncidé avec le décès de l’ancien président ghanéen John Jerry Rawlings, à l’âge de 73 ans. Cet ancien militaire est considéré comme étant à l’origine du redressement du Ghana pour en faire un des pays les plus stables de la région ouest-africaine. CMT/MD (AMAP)

Le président Bah N’Daw attendu au Ghana, au Togo, au Sénégal et en Guinée-Bissau

Bamako, 12 Nov (AMAP) Le président de la Transition, Bah N’Daw, entame ce jeudi une série de visites d’amitié et de travail, du 12 au 17 novembre, qui le conduiront, successivement, au Ghana, au Togo, au Sénégal et en Guinée Bissau, annonce les services de la présidence. Au cours de cette tournée sous régionale, le président N’Daw entend raffermir les liens d’amitié, de fraternité et de solidarité entre le Mali et ces différents pays. Il va, également, les assurer de la volonté des autorités de la Transition de maintenir et de poursuivre les relations de coopération bilatérale et multilatérale. Le chef de l’Etat débutera cette toute première sortie officielle, depuis sa prise de fonction le 25 septembre 2020, par le Ghana dont le président, Nana Akufo-Addo, assure la présidence en exercice de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). La visite au Ghana fait suite à celle effectuée au Mali, le 11 octobre2020, par le président ghanéen. Une visite au cours de laquelle M. Akufo-Addo a exprimé la solidarité de l’Organisation sous régionale envers le Mali et réitéré son engagement et sa disponibilité à accompagner le processus de Transition. Au cours de son séjour à Accra (du 12 au 13), le président Bah N’Daw aura un tête-à-tête avec son homologue ghanéen. Également au programme, des échanges bilatéraux et une rencontre avec la forte communauté malienne établie au Ghana. Ce sera, aussi, l’occasion pour Maliens et Ghanéens d’échanger sur les multiples domaines de coopération reliant nos deux pays : l’économie, le transport, le développement, l’agriculture, l’emploi, l’énergie, l’environnement, l’éducation, la santé, la culture, le tourisme, le sport, la sécurité, la justice, etc. Bah N’Daw se rendra au Togo dont des casques bleus sont présents au Mali et dont le port autonome de Lomé, est un partenaire de clé des commerçants maliens. Le chef de l’État sejournera ensuite au Sénégal, premier partenaire économique du Mali au sein de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA), voire de la CEDEAO. Son président, Macky Sall, a pesé de tout son poids diplomatique et économique pour obtenir un allègement de l’embargo sur le Mali suite au coup d’Etat du 18 août 2020. Le président N’Daw se rendra en Guinée Bissau dont le dirigeant, Umaro Sissoco Embalo, a assisté à la cérémonie d’investiture du président et du vice-président de la Transition. CMT/MD (AMAP)

ATT, l’homme du passage de témoin en 92, a été celui du come-back en 2002

Par Moussa DIARRA Bamako, 10 Nov (AMAP) Quand le général à la retraite, Amadou Toumani Touré (ATT), candidat indépendant, arrivé en tête du premier tour de l’élection présidentielle malienne du 28 avril 2002, avec 28, 71% des voix, avait passé, dix ans plus tôt, le 8 juin 1992, le témoin au président démocratiquement élu, Alpha Oumar Konaré, il était entré dans l’Histoire. Et, quand il finit par réaliser un come-back en politique, après avoir remporté, le 12 mai 2002, le 2ème tour avec 65,01%, il s’est installé dans l’Histoire. Son départ du pouvoir, en dépit des pressions pour qu’il reste, a laissé aux Maliens l’image d’un militaire qui a su tenir parole, après avoir mis fin au régime d’un autre porteur d’uniforme, le général Moussa Traoré emporté par un mouvement populaire le 26 mars 1991. « Si j’étais resté, j’aurais triché. Si je m’étais présenté aux premières élections, j’aurais faussé le jeu », avait dit le général ATT dans un entretien à un journal panafricain pour expliquer les raisons de son départ du pouvoir. L’homme, qui avait ainsi quitté les fonctions de chef de l’Etat, est né le 4 novembre 1948 à Mopti, dans le Centre du Mali. Initialement formé comme maître de l’enseignement fondamental, en 1966, il a intégré, par la suite, l’Armée en 1969 après un concours d’admission à l’Ecole militaire interarmes de Kati, à 15 km de Bamako. Il a grimpé très vite les échelons mais des évènements historiques qui mirent à l’écart de nombreux responsables de l’Armée ne furent pas sans effet sur sa carrière. Le jeune militaire du camp des commando-parachutistes de Djikoroni, à l’ouest de Bamako, a surtout bénéficié des avantages de ses formations effectuées à l’Ecole supérieure des troupes aéroportées de Riazan, en ex-URSS et au Centre national d’entraînement commandos de Mont-Louis, en France. En 1978, il a obtenu ses galons de capitaine et est devenu, le 28 février 1981, le commandant de la garde du président Moussa Traoré. Monté au grade de commandant, Amadou Toumani Touré obtint, du coup, le commandement du bataillon des parachutistes en 1984. Ce fut de la direction de ce bataillon que le commando parachutiste s’en est allé en 1989 se perfectionner à Paris, à l’Ecole supérieure de guerre interarmées. Revenu au Mali le 8 décembre 1990, Amadou Toumani Touré, longtemps resté sans poste, retrouvera le 11 mars 1991, le commandement de son bataillon d’origine. Deux semaines plus tard, les bérets rouges, avec en leur tête, Amadou Toumani Touré, ont renversé le régime du général Moussa Traoré. ATT, comme on l’appelle, dorénavant, devient le président du Comité de réconciliation nationale (CRN), structure qui regroupe les putschistes de mars 1991. Cette dernière fusionne, le 26 mars, avec la Coordination des associations du mouvement démocratique pour former le Comité de transition pour le salut du peuple (CTSP) avec, à sa tête, ATT qui devient aussi chef de l’Etat. En tant que responsable du camp para de Djikoroni, il a vu passer presque tous les grands détenus et contestataires politiques du Mali mais assure les avoir «traités avec respect et dignité» et gardé le contact avec certains. ATT est présenté comme étant à la base de la naissance dans les années 80 d’un mouvement démocratique au sein de l’Armée malienne qui a toujours cherché une adhésion populaire à tout projet de changement politique au Mali. C’est le mouvement démocratique de 1990 à 1991 qui a favorisé les conditions de maturation de cette adhésion populaire au changement politique, disent les observateurs. L’homme, après le coup d’Etat de mars 1991, mit 15 mois pour réaliser la transition politique qui a conduit à la proclamation du multipartisme intégral, l’organisation de la Conférence nationale et la signature du Pacte national mettant fin à la rébellion touarègue au Nord du Mali. Après sa sortie de l’arène politique, redevenu simple citoyen en 1992 et élevé au grade de général d’armée, par la suite, ATT a déclaré éprouver le besoin de relever un autre « défi » : «travailler à la consolidation des processus démocratiques en Afrique» et, depuis 1992, s’est consacré à la promotion de la démocratie et à des missions de bons offices dans des conflits armés en Afrique. Il s’est engagé dans des actions humanitaires, notamment la lutte contre le vers de guinée avec l’aide de la Fondation Carter. Il a, en outre, créé une Fondation pour l’enfance œuvrant dans la réduction de la misère sociale et a contribué dans des actions de médiation pour la paix, notamment dans la crise centrafricaine qui l’ont maintenu sur la scène internationale. Le 5 septembre 2001, il a sollicité du président Alpha Oumar Konaré la retraite anticipée «pour convenance personnelle» et l’a obtenue, le 20 septembre, pour pouvoir se présenter à l’élection présidentielle, conformément aux dispositions constitutionnelles maliennes, exigeant de tout militaire, qui veut briguer un mandat politique, de démissionner six mois avant l’élection. Motivé par le soutien enthousiaste de nombreux associations et clubs de supporters au Mali et à travers le monde, de plusieurs partis politiques tels l’Union soudanaise-Rassemblement démocratique africain (US RDA), le Mouvement pour l’indépendance, la renaissance et l’intégration africaine (MIRIA), le Bloc démocratique pour l’intégration africaine (BDIA), le Mouvement pour la solidarité et le progrès (MPSP) et entre les deux tours, par le Parti pour la renaissance nationale (PARENA), le général, qui a été élève d’Alpha Oumar Konaré à l’Ecole normale secondaire, a finalement succédé à son ancien professeur. ATT, qui s’apprêtait à quitter le pouvoir, est victime en mars 2012, d’un coup d’État militaire, dans un contexte marqué par une avancée de hordes djihadistes associées à des rebelles touaregs, dans le Nord du Mali. Il est revenu, triomphalement à Bamako, en décembre 2019, après un exil au Sénégal, suite à ce coup d’état qui l’a renversé. Celui que les Maliens appelaient, affectueusement, par ses initiales, ATT, était marié et père de deux filles. MD (AMAP)  

Le Mali en deuil : le président Amadou Amadou Touré n’est plus

Bamako, 10 Nov (AMAP) Le général Amadou Toumani Touré, président de la République de 2002 à 2012, est décédé, à l’âge de 72 ans, dans la nuit du 9 au 10 novembre, en Turquie, suite à une évacuation sanitaire., a-t-on appris tard dans la nuit. Celui que les Maliens avaient surnommé par ses initiales, ATT, a dirigé la Transition politique de 1991, après les événements de mars de 1991 et le coup d’Etat contre le général Moussa Traoré. Sa gestion de la Transition et la remise du pouvoir aux civils après les élections de 1992, ont valu à l’ancien chef d’État le surnom de « Soldat de la démocratie ». Amadou Toumani Touré est né le 4 novembre 1948 à Mopti, dans le Centre du Mali. Il fréquente l’école fondamentale dans la « Venise malienne », avant devenir à l’Ecole normale secondaire de Badalabougou, à Bamako, pour devenir instituteur entre 1966 et 1969. L’ancien président intègre l’Armée, notamment le 33e Régiment des commandos parachutistes dont il devient le commandant. Il gravira les échelons et deviendra général. ATT est revenu à Bamako en décembre 2019, après un exil au Sénégal, suite au coup d’état qui l’a renversé en mars 2012. MT/MD (AMAP)

Campus universitaire de Badalabougou : Le règne de la violence 

Par Oumar DIAKITÉ Bamako, 10 Nov (AMAP) Nous sommes le 19 novembre 2004. Deux groupes d’étudiants s’affrontent au sujet de la tenue ou non des examens partiels au sein d’une faculté. Après une brève altercation, un leader estudiantin est maîtrisé par le camp adverse et a fini par trouver la mort dans des circonstances troubles. Une année plus tard, l’affaire a été jugée par la Cour d’assises de Bamako qui a condamné les meneurs de ces troubles à un an de prison avec sursis. Depuis cette date, la violence s’est installée sur le campus universitaire de Badalabougou qui abrite plusieurs universités, avec son lot d’affrontements à coups de machettes, tirs à balles réelles, menaces proférées contre le corps professoral, business juteux, l’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM) a transformé la «Colline du savoir» en un véritable champ de bataille où le sang ne cesse de couler. L’endroit est devenu dangereux aussi bien pour les étudiants que pour le corps enseignant. En effet, chaque année, l’élection des bureaux de l’AEEM des différentes facultés donne lieu à des échauffourées dont l’issue est parfois dramatique. Les étudiants se livrent à des batailles rangées afin de prendre le contrôle du bureau de l’AEEM de leur faculté. Le dernier épisode de cette violence remonte au 12 octobre dernier. Il s’est produit au sein de l’Institut universitaire de gestion (IUG) à l’occasion du renouvellement du bureau de l’AEEM. Cet incident malheureux a causé la mort à l’étudiant Sadio Moussa Kanté, en licence II commerce international. Il y a eu aussi plusieurs blessés dont cinq graves. La direction de l’IUG a été obligée de suspendre les activités pédagogiques et administratives pendant 72 heures, en attendant que des dispositions soient prises pour assurer la sécurité des travailleurs et des étudiants. UNE CASERNE MILITAIRE – Jeudi 22 octobre 2020, le calme était revenu au campus universitaire de Badalabougou communément appelée la «Colline du savoir». Les cours avaient repris presque normalement dans les différentes facultés. Mais ici, le sujet de la violence entre étudiants ou à l’égard du corps enseignant est tabou. Par peur de représailles, beaucoup préfèrent se taire. Un étudiant de l’IUG, visiblement pas à l’aise pour évoquer le sujet, s’est contenté de dire que les perturbations de l’AEEM sont une triste réalité qui joue sur le programme universitaire. Au niveau de l’administration, c’est également le silence radio. Avec notre insistance, un responsable lâche : «même présentement, nous sommes en train de gérer une crise, car il y a encore des groupes d’étudiants qui veulent s’affronter». A la Faculté des sciences et techniques se trouvent les dortoirs des étudiants. Mais aussi le QG du bureau de coordination de l’AEEM. Parler de l’AEEM ici est un gros risque qu’aucun étudiant ne veut prendre. Un groupe d’étudiants nous fait signe d’aller dans un coin tranquille pour dénoncer «l’immaturité, la barbarie et l’irresponsabilité des dirigeants de l’AEEM et de leurs complices». «On dirait souvent que nous sommes dans une caserne militaire. Des nouvelles recrues de l’AEEM chantent à l’honneur de leurs dirigeants», dénonce l’un de nos interlocuteurs. Une étudiante, très angoissée, se plaint du surnombre dans sa chambre au campus. «Au lieu de trois, l’AEEM a installé huit lits dans notre chambre», déplore-t-elle. A la Faculté de droit privé, l’amertume et l’angoisse se lisent sur le visage des étudiants parce qu’ils sont en retard sur l’année universitaire par rapport aux autres facultés en raison du fait que les membres de l’AEEM ont empêché la tenue des examens. Notre passage a coïncidé avec les examens de l’année 2018-2019. « Le décanat voulait organiser les examens au titre de l’année 2018-2019. L’administration a pris les dispositions sécuritaires afin que les étudiants puissent composer, mais l’AEEM a boycotté et seuls cinq ou six étudiants ont pu composer », regrette Fatoumata Diallo, en licence III. Elle explique qu’après, les dirigeants de l’AEEM ont été arrêtés et jetés en prison. Aussitôt, le bureau de coordination de l’AEEM a décrété une grève illimitée pour l’ensemble des facultés jusqu’à ce que leurs camarades soient libérés. Pour cet autre étudiant, tant que l’AEEM continue d’exister, il n’y aura ni paix ni quiétude dans le milieu estudiantin. Un avis partagé par la majorité de nos compatriotes. Sur les réseaux sociaux, beaucoup d’entre eux ont souhaité la dissolution de l’AEEM après les événements du 12 octobre dernier. « Je ne peux que m’en prendre aux différents gouvernements. Ce sont les politiques qui sont complices de la situation. Par exemple, la plupart des anciens dirigeants de l’AEEM sont directement nommés chargés de mission dans les départements ministériels», fulmine Amadou Sidibé, responsable dans une banque de la place. DES ENSEIGNANTS INQUIETS – Le corps professoral est également inquiet de la violence sur son lieu de travail. «Souvent, on arrive la peur au ventre. Nous recevons tout le temps des menaces. Il y a des étudiants qui ont l’habitude d’aller faire sortir les enseignants des salles de classe pour les séquestrer. C’est très grave. Il faut que le gouvernement prenne ses responsabilités face à la situation», s’indigne une enseignante. Le secrétaire principal de la FDPU, Dr Mamadou Fomba, qui sert depuis 22 ans dans cette faculté, en a vu de toutes les couleurs avec l’AEEM. Selon lui, la violence n’est pas que physique, elle est aussi psychologique. «L’AEEM m’a séquestré dans son bureau en 2012, avec l’actuel ministre de l’Enseignement supérieur qui était mon doyen à l’époque, pour nous sermonner. C’était par rapport au problème de l’admission des étudiants», se souvient-il. «Ils ont crevé les pneus de mon véhicule comme ceux des autres administrateurs. Quand les violences commencent, tout le monde a peur. Nous sommes tous exposés ici », fulmine notre interlocuteur. A l’en croire, il faut la résistance de l’administration des facultés sinon l’AEEM veut la cogestion des examens. Dr Mamadou Fomba nous conduit dans un bureau pour nous montrer des machettes et des pistolets saisis sur des étudiants. Selon le ministère de l’Enseignement supérieur, de 2012 à 2018, on comptabilise environ une dizaine de morts et plus de 500 blessés. Les étudiants s’affrontent avec des

Circulation routière à Bamako : La priorité au plus téméraire

Par Mohamed D. DIAWARA & Oumar DIAKITE Bamako, 09 Nov (AMAP) Le long d’une route à Magnambougou, un quartier de Bamako, la capitale malienne, deux jeunes hommes sur une moto asiatique, portent un matelas de trois places. Subitement, leur charge se retrouve sur la voie, en pleine circulation, à cause d’un coup de vent ! Le fait n’a pas échappé à Ismaël Sangaré, vendeur d’accessoires d’électronique. « C’est vraiment insensé et imprudent de porter un matelas d’une telle épaisseur sur un engin à deux roues ! » s’exclame-t-il, avant de s’interroger sur ce qui pousse les motocyclistes, à Bamako, à porter des objets dont le transport peut mettre en danger, leur vie et celle des autres usagers. Énième comportement d’indiscipline d’usagers de la circulation dans la capitale malienne auquel il faut ajouter le stationnement abusif, l’intolérance des usagers et le non-respect du Code de la route. La probabilité est assez faible, pour ne pas dire très mince, d’aller faire ses courses dans la ville de Bamako ou de se rendre à son travail à moto et de retourner sain et sauf. La gamme de comportements irresponsables des usagers dans la circulation routière de la capitale malienne va de la conduite à tombeau ouvert, au non-respect des feux tricolores. Entre les deux, on note le dépassement par les motocyclistes, en toute vitesse, à droite et à gauche et le rabat immédiat à la diagonale ou à l’oblique, devant le conducteur de voiture, surpris et médusé. Ou encore de la conduite entre les deux files de véhicules, au risque de « tracer » la carrosserie de voitures ou d’emporter le rétroviseur. Pour ensuite se confondre en excuses… De la course-poursuite derrière des ambulances transportant des patients/blessés, des véhicules de secours des sapeurs-pompiers, en passant par l’intrusion dans un cortège funèbre, la conduite sur la voie réservée aux quatre-roues, sans compter le zig-zag des tricycles, (engins hybrides dont la circulation n’est prévue nulle part sur nos voies) entre les motocyclistes et les voitures, à Bamako, nos vies et nos biens ne valent pas bien chers et sont exposés, à longueur de journée. Des injures, aux sales mots, des disputes et, souvent des bagarres …Bref, la circulation routière à Bamako est le lieu d’expression des comportements irresponsables et anarchiques. Peu d’usagers respectent le Code la route. Chacun agit, comme dans l’urgence, un réel casse-tête pour tous. Aucune explication des agissements quotidiens des usagers de la route. Que ce soit de la part de motocyclistes, de véhicules de transport en commun ou privés, ces agissements ne traduisent-ils pas un manque de civisme, pire, d’éducation des usagers ? Ces cas d’incivisme de motocyclistes, dont on peut mieux mesurer le danger et les risques mortels, quand on est à bord d’une voiture, vont crescendo, selon les agents en charge de la circulation. Notre équipe de reportage, en faisant le tour de la ville, a pu constater, à « la place Samaba (Eléphant) » à Hamdallaye, à notre grande surprise, un véhicule de transport en commun, « sotrama », qui débarque des clients au beau milieu de la voie. Les autres véhicules, derrière, sont contraints de s’arrêter pour que les passagers débarqués traversent la double voie, en toute sécurité. IMPATIENCE ET INTOLERANCE – A Torokorobougou, pour éviter les bouchons, un policier dirige la circulation. Des motocyclistes, impatients n’attendent pas que l’agent de police les autorise à partir. Ils forcent, progressivement, le passage, obligeant le policier à leur céder la priorité. Notre véhicule de reportage s’est empêtré dans un bouchon au rond-point de Baco-Djicoroni ACI et Kalaban-Coro. Chaque usager essaie de se sortir d’affaire. « Regarde, elle va fermer le passage des motocyclistes », fait remarquer un homme, sur un engin à deux roues, pour attirer l’attention d’un autre motocycliste sur le comportement intolérant d’une conductrice. Il accuse : « La plupart des femmes automobilistes ne sont pas tolérantes dans la circulation car elles cèdent, difficilement, le passage, surtout, aux motocyclistes ». Quelques minutes après, notre homme, qui n’arrive pas à se frayer un chemin, s’en prend aux policiers chargés de la fluidité de la circulation. « Ils (les policiers) voient très bien les chauffeurs de ‘sotrama’ perturber son travail mais hélas ! Voilà qu’il a disparu pour aller racketter quelqu’un », accuse-t-il. Au même carrefour, l’embouteillage est devenu une habitude pour les usagers à partir du crépuscule. Il suffit que les feux tricolores tombent en panne pour que la circulation prenne en otage ses usagers. Infernal cul de sac ! Motifs ? Personne ne veut céder la priorité à personne. Nous avons été témoins, un vendredi du mois d’août 2020, au rond-point de Daoudabougou, sur la rive droite du District de Bamako, sur la route de l’aéroport menant au monument Sogolon, du cas d’une jeune victime du non-respect du Code de la route. Ce jour, aux environs de 16 heures, sous une fine pluie, le jeune motocycliste, qui a grillé le feu rouge, en toute vitesse, percute un véhicule 4X4. Il n’y a pas que sa moto qui soit devenue méconnaissable, La voiture, aussi, a été endommagée. Pire, on ne pouvait pas regarder la tête du jeune adolescent. Le sang coulait de plusieurs parties de sa tête. Sentiments ambivalents des témoins de l’accident. D’un côté, ceux qui sont très sensibles et inquiets de l’état du blessé. De l’autre, ceux qui sont dépassés par le comportement suicidaire de non-respect du Code de la route et de la conséquence immédiate et dramatique pour le fautif. Comme ce cas, de nombreux jeunes motocyclistes forcent la circulation routière, une infraction au Code de la route, devenue banale, au désarroi total des autres usagers. Samedi 03 octobre 2020, aux feux tricolores, à côté de la station Shell, au Quartier du Fleuve, à Bamako. Il est 07 heures, un taximan ignore le feu rouge et vient percuter une jeune dame sur sa moto. Des policiers venus sur les lieux pour constater les faits, note que la bonne dame ne peut plus se remettre sur ses pieds. Elle a une fracture à la cuisse. Les témoins de l’accident voulaient en découdre avec le chauffeur du taxi. Aux alentours de la même station, trois jours plus tard,

Niono : Le forum de la paix débouche sur un accord d’arrêt des affrontements communautaires

Niono 08 Nov (AMAP) Les chasseurs traditionnels et la communauté peulh ont scellé, samedi, un accord de cessation des hostilités, au dernier jour du forum de la paix, ouvert jeudi, à Niono, dans le Centre du Mali, a constaté l’AMAP sur place. Au troisième jour du forum et au terme d’une rencontre, au stade municipal de Niono à laquelle la délégation nationale a assistée, chasseurs traditionnels et communauté peulh, à travers leurs représentants, Wadie Issa et Boubou Cissé, et avec une forte implication de hautes personnalités nationales, ont décidé de la cessation de toutes formes de violence, de Farabougou à San. Auparavant, une séance de questions-réponses avait précédé d’autres rencontres entre chasseurs traditionnels d’une part, et communauté peulh d’autre part, sur leur propre initiative. Le forum a, enfin, recommandé d’assurer le désarmement de toute personne possédant illégalement une arme, d’assurer la sécurité des personnes et des biens, de multiplier les concertations intercommunautaires dans le cadre de la mise en œuvre des recommandations issues de la rencontre, d’impliquer le Haut conseil islamique dans la résolution des crises, d’inviter l’ensemble des communautés du Cercle de Niono à créer les conditions de la paix et de l’entente. A la fin des travaux, le premier adjoint au maire de la Commune rurale de Dogofry Zoumana Coulibaly, a dit toute sa satisfaction. « Les populations affectées par la crise ont reçu des vivres et des non vivres et, aussi, l’armée a pu entrer à Farabougou par voie terrestre. Mieux, grâce à l’accord intervenu, nos populations pourront bien dormir et vaquer à leurs occupations », a-t-il déclaré. Pour Tahirou Sow du village de Tiemaba, « grâce au bon Dieu et aux autorités, il y a eu cet accord ». «  Je suis très content, car nous avons beaucoup souffert. Nos familles sont endeuillées et nous avons également perdu des biens’, a dit M. Sow. Le forum, ouvert dans la salle de conférence du Cercle et qui s’est poursuivi vendredi et samedi dans la salle de conférence de l’Office du Niger de la ville, a regroupé des élus locaux, des chefs de village, des religieux, la société civile, des chasseurs traditionnels et des représentants de la communauté peulh venus des 12 communes du Cercle de Niono. L’objectif de la rencontre était de ramener la paix et la quiétude dans le cercle en proie depuis quelques temps à la recrudescence des attaques terroristes. Le Forum était présidé par le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, le lieutenant-colonel Abdoulaye Maiga. Il avait à ses cotés ses collègues de la Sécurité et de la Protection civile, le colonel Modibo Koné, de la Réconciliation nationale, le colonel-major, Ismaël Wagué, de la Santé et du Développement social, Dr Fanta Siby. Après une première journée marquée par des visites aux autorités traditionnelles et religieuses, la remise de 5 tonnes de maïs, des kits sanitaires de plus de 7 millions de francs Cfa F au premier adjoint du maire de la Commune rurale de Dogofry, et la cérémonie d’ouverture, la deuxième journée s’est poursuivie avec les interventions des participants. Tous ont exprimé leurs préoccupations face à la situation d’insécurité actuelle dans le Cercle de Niono marquée par la présence accrue de groupes armés de tout acabit (terroristes, bandits armés) les menaces, les assassinats ciblés, les vols de bétail, les enlèvements de citoyens ordinaires, des villages assiégés (notamment à Farabougou) et des conflits intercommunautaires. Mahamadou SAMAKÉ Amap-Niono