Visite du chef de l’État en Algérie : Un nouveau souffle aux relations de coopération
Par Madiba KEITA Envoyé spécial Alger, 15 mars (AMAP) Le président de la Transition, Bah N’Daw, a été reçu, dimanche, à Alger, par son homologue, Abdelmadjid Tebboune, avec tous les honneurs au palais présidentiel, après avoir déposé une gerbe de fleurs au sanctuaire du Martyr sur les hauteurs de la capitale algérienne. «Il m’est particulièrement agréable de d’exprimer, ici et avec force, nos remerciements à l’endroit du peuple et du gouvernement algériens. J’ai nourri cette visite au lendemain de ma prestation de serment à la cérémonie d’investiture’ , a déclaré, à la presse, le président Bah N’Daw, après un entretien en tête-à-tête, suivi d’un déjeuner avec le chef de l’État algérien. Dans sa déclaration, Bah N’Daw s’est dit comblé de se trouver en Algérie. « Comblé dans la mesure où j’ai senti l’attention, le dévouement, l’attachement que le président Tebboune nous a accordés, car nous sortons d’une crise assez difficile et complexe. Sans amis certains, nous n’allons pas nous en sortir», a-t-il dit. Le président de la Transition a ajouté qu’à travers les actions de l’Algérie, le Mali se sent soutenu dans la crise multidimensionnelle qu’il traverse. «Nous nous sentons soutenus, compris, aidés, appuyés dans notre démarche. Je ne peux que dire, une fois encore, merci au peuple de l’Algérie», a souligné le président N’Daw. Pour sa part, le chef de l’État algérien s’est dit très heureux de recevoir «son frère N’Daw». «J’ai souhaité que ce jour soit le plus fructueux. Nous sommes à la disposition de nos frères maliens pour tout ce qui les concerne, pour tout ce qu’ils ont tracé comme plan de redressement chez eux. Ils ont notre soutien moral et matériel. Nous répondrons positivement à tout ce que mon frère N’Daw et les ministres qui l’accompagnent demanderont », a déclaré Abdelmadjid Tebboune. « Je vous remercie beaucoup pour cette visite très fraternelle, très positive. C’est le premier jalon de nos relations futures. Je souhaite, dès que les circonstances le permettent, faire un séjour à Bamako, Mopti, Gao et Kidal», a dit le président algérien. Cette visite d’amitié et de travail du président Bah N’Daw a été marquée par la rencontre avec le chef de l’État algérien. À l’issue de leur entretien, les deux dirigeants ont clairement manifesté leur volonté de renforcer davantage l’axe Bamako-Alger. Le président N’Daw a, ensuite, reçu en audience, en sa résidence, le président du Conseil de la nation, Saleh Goudjil, et le Premier ministre, Abdelaziz Djerad. Lors de ces différentes rencontres, il a été question de la relance du Conseil d’affaires algéro-malien, de défense et de sécurité, de la situation de nos compatriotes vivant dans les 58 Wilayas de l’Algérie et bien d’autres sujets concernant les relations de coopération entre les deux pays frontaliers. Par ailleurs, le ministre de la Défense et des Anciens combattants, le colonel Sadio Camara, et son collègue en charge de l’Administration territoriale, le lieutenant-colonel Abdoulaye, ont eu un entretien de plusieurs minutes avec le général de corps d’armée Said Changriha, chef d’État-major de l’Armée nationale populaire d’Algérie. Si rien n’a filtré de ces rencontres, on peut penser que les responsables militaires ont certainement parlé de l’appui que l’armée algérienne pourrait apporter aux Forces armées maliennes (FAMa) dans la lutte contre le terrorisme. Arrivé samedi après-midi à Alger pour une visite d’amitié et de travail de deux jours., le chef de l’État malien est accompagné d’une forte délégation composée notamment de quatre ministres : Zeini Moulaye (Affaires étrangères et Coopération internationale), le colonel Sadio Camara (Défense et Anciens combattants), le lieutenant-colonel Abdoulaye Maiga (Administration territoriale et Décentralisation) et Alhamdou Ag Ilyène (Maliens de l’extérieur et de l’Intégration africaine). MK (AMAP)
Le président Bah N’Daw en Algérie : Défense, sécurité, paix et coopération au menu
Envoyé spécial MadibaKEITA Alger, 14 mars (AMAP)Le président de la Transition, Bah N’Daw, accompagné d’une forte délégation composée, notamment de quatre ministres, est arrivé, samedi après-midi à Alger, pour une visite d’amitié et de travail de deux jours en Algérie. Le chef de l’Etat est accompagné des ministres Zeini Moulaye (Affaires étrangères et Coopération internationale), du colonel Sadio Camara (Défense et Anciens combattants), du lieutenant colonel Abdoulaye Maiga (Administration territoriale et Décentralisation) et Alhamdou Ag Ilyane (Maliens de l’extérieur et de l’Intégration africaine). C’est aux environs de 13h30 (heure locale) que l’avion présidentiel s’est posé sur le tarmac de l’Aéroport international Houari Boumediene. Le président Bah N’Daw a été accueilli par le Premier ministre algérien, Abdelaziz Djerad. Après le cérémonial protocolaire des hymnes nationaux et de la revue de détachements militaires, les deux personnalités ont échangé dans le salon d’honneur de l’aéroport. Après son installation dans sa résidence, le président de la Transition a rencontré les représentants de la communauté malienne vivant en Algérie. Dans son intervention, l’ambassadeur du Mali, en Algérie, Mahamane Amadou Maiga, a indiqué que nos compatriotes bénéficient de beaucoup de privilèges conyrairement aux immigrés d’autres pays, en raison de la convention sur la libre circulation entre le Mali et l’Algérie. Il a, aussi, souligné que le Mali occupe la première place des pays auxquels l’Algérie accorde des bourses dans divers domaines : enseignement supérieur, sport, formation professionnelle, défense et sécurité. L’ambassadeur a, également, fait savoir que les étudiants évoquent quelques problèmes techniques relatifs aux orientations et filières, « mais la plupart de des problèmes sont résolus avec satisfaction grâce à la bonne coopération entre les universités et instituts et l’ambassade ». Le représentant du Conseil de base des Maliens d’Algérie, Alhousseini Camara, a égrené quelques difficultés auxquelles ses concitoyens sont confrontés comme l’obtention de la carte de séjour en Algérie et de la carte NINA ainsi que des logements sociaux. Sans oublier les difficultés d’envoi des fonds et de rapatriement des corps au Mali. En réponse, le ministre des Maliens de l’extérieur et de l’Intégration africaine, Alhamdou Ag Ilyane, a d’abord salué l’Algérie pour avoir accepté d’accueillir nos étudiants dans ce contexte de Covid-19 où beaucoup de pays ont fermé leurs frontières aux étrangers. Alhamdou Ag Ilyane a rappelé que la Transition a pour missions d’instaurer la sécurité et d’assurer le retour de l’administration sur l’ensemble du territoire. Sur ce point, l’Algérie sera d’un apport considérable. Ainsi que pour le parachèvement de la mise en oeuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger. « Il s’agit, aussi, pour la transition, a-t-il poursuivi, de travailler pour la bonne gouvernance dans le pays avec toutes les réformes qui y sont nécessaires et d’organiser des élections transparentes et crédibles afin de doter notre pays d’institutions légitimes ». Dans son intervention, le président de la Transition a invité nos compatriotes à respecter les lois du pays d’accueil, à savoir l’Algérie qui a énormément fait pour le Mali. Sur les préoccupations soulevées, Bah N’Daw a dit qu’il n’a que des conseils d’usages à l’endroit des uns et autres. A ce propos, il a demandé à tout le monde de retrouver l’hymne national du Mali. « Un peuple-Un but-Une foi…Debout sur les remparts », a-t-il cité, avant de souhaiter bonne année universitaire aux étudiants. Le programme du président Bah est très chargé dimanche. Dans la matinée, il va déposer une gerbe de fleurs au sanctuaire du Martyr. Le président N’Daw sera, ensuite, reçu par son homologue, Abdelmadjid Tebboune. Une autre rencontre est prévue avec le général de corps d’armée Said Changriha, chef d’état major de l’armée nationale populaire. Le chef de l’Etat va déjeuner avec son homologue. Il va recevoir, ensuite, une visite de courtoisie du président du Conseil de la nation, Saleh Goudjil et du Premier ministre Abdelaziz Djerad. Lors des différentes rencontres, il sera question de la relance du Conseil d’affaires algéro-malien, de défense et de sécurité et de la situation de nos compatriotes vivant dans les 58 Wilayas de l’Algérie. MK (AMAP)
Regain d’intérêt pour le maraîchage à Diéma, dans l’Ouest du Mali
Par Ouka BA Diéma 13 mars (AMAP) Depuis quelques années, les activités de maraîchage se développent dans le Cercle de Diéma. Cette activité de contre saison, contribue aujourd’hui, à l’autosuffisance alimentaire dans cette bande sahélienne où la réussite de la campagne est tributaire des aléas climatiques. Le maraîchage est surtout pratiqué par des femmes et des jeunes. Dès que les pluies s’arrêtent, à partir du mois d’octobre, ils s’adonnent, à cœur joie, au maraîchage. De grands périmètres, les alentours des habitations, jusqu’aux recoins des maisons, sont aménagés pour la pratique du maraîchage dont les bénéfices touchent directement de nombreux foyers. Du fumier organique issue des parcs d’animaux est utilisé pour accroitre les rendements. Les puits, les forages, les mares servent de sources d’eau pour le maraîchage. L’activité permet à de nombreuses femmes de s’épanouir. Les légumes qu’elles récoltent, quotidiennement, leur permettent d’enrichir leurs rations alimentaires et, du coup, de prendre en charge une bonne partie des frais de condiments. Surtout, si l’on sait que dans certains milieux soninkés, c’est la femme qui « se débrouille », le plus souvent, pour avoir des ingrédients et faire sa cuisine. L’essentiel, pour le mari, c’est de puiser dans le grenier, chaque matin, la mesure de mil, de sel et de poudre de feuilles de baobab qu’il faut pour préparer le repas. Les plus généreux associent à ces produits, quelques cubes alimentaires pour relever la sauce. C’est une question de dignité, même s’il lui faut aller quémander, la femme prépare pour les membres de la famille dont certains ne manquent pas de mots pour l’apprécier ou la déprécier selon la qualité de ses mets. Mais, toutes les productions maraîchères des femmes n’entrent pas dans la marmite. Dès fois, elles en utilisent pour régler leurs petits besoins ou assurer l’entretien de leur progéniture. PLUVIOMETRIE FAVORABLE – Interrogé, le chef du secteur de l’Agriculture de Diéma, Aguibou Bah, explique que le cumul des pluies au cours de la campagne 2020 a été excédentaire. La quantité de pluie enregistrée au niveau du secteur de l’agriculture de la localité s’élève à 797, 5 mm en 49 jours, en 2020, contre 506,45 mm en 48 jours, en 2019. La campagne de contre saison 2020 a démarré avec un léger retard, à cause des récoltes. Le niveau des cours d’eau est bon dans l’ensemble. Les nappes phréatiques ont été bien alimentées, « compte tenu de la bonne pluviométrie avec une bonne répartition dans le temps et dans l’espace ». La situation phytosanitaire est relativement calme. Toutefois, des cas d’attaques de chenilles, pucerons, acariens ou araignées rouges, mouches blanches et autres nuisibles ont été constatées sur des légumes, des feuilles et des fruits. « Aucun dégât majeur n’est à déplorer pour le moment », assure le technicien. Grâce aux semences et équipements fournis à certains maraichers par des projets et programmes, les activités de production évoluent normalement. L’aspect végétatif des cultures est satisfaisant, que ce soit au niveau des périmètres collectifs ou individuels. Ainsi, cette année, la production de la pomme de terre, a connu une augmentation d’environ 20%, selon des chiffres provisoires. Sur une prévision de 120 tonnes, la production en cours a en atteint 125. Avant de conclure, comme il se plait à le dire, le chef du secteur de l’Agriculture, Aguibou Bah, a insisté sur la réalisation de points d’eau permanents, équipés d’un système d’irrigation adéquat en vue de donner un nouveau souffle au maraîchage dans le cercle de Diéma. « Des techniques innovantes doivent être à tout moment enseignées aux producteurs pour mieux renforcer leurs capacités », conseille-t-il. GROS PRODUCTEURS – Le président, fraîchement élu à la tête de la Délégation locale de la chambre d’agriculture (DLCA), Boubou Traoré, indique que la culture de la pomme de terre dans le Cercle de Diéma, est en pleine expansion. Le kilogramme de pomme de terre, vendu à 600 Fcfa, a été ramené à 400 Fcfa. Avant, la pomme de terre était importée de Sikasso (Sud) et de Kati (près de Bamako). Actuellement, le cercle de Diéma en produit une quantité importante. M. Traoré compte, en début de mandat, s’attaquer au problème crucial de l’eau pour faciliter les activités des producteurs maraîchers. La dotation des maraîchers en intrants, ainsi que le renforcement de leurs capacités, figurent dans les objectifs du nouveau président, qui tire lui-même du maraîchage des bénéfices. Massiga Diawara, maraîcher, réside à Lattakaf, dans la Commune rurale de Lakamané. Il est marié et père de dix-huit enfants. Il exerce cette activité depuis plusieurs décennies. Il exploite un périmètre de deux hectares et demi. Il est parvenu à acheter trois motopompes, dont une solaire, une à moteur diésel et une à l’essence, pour plus de trois millions de Francs Cfa afin de faciliter l’arrosage des ses parcelles par ses femmes et enfants. M. Diawara produit divers légumes, notamment l’aubergine, la tomate, la laitue, l’échalote, le chou, le gombo, la carotte, la pomme de terre. Il fait, également, de la riziculture et de l’arboriculture. Sa production en pomme de terre, cette année, avoisine les 30 tonnes. Il se rend dans les différentes foires hebdomadaires de Lakamané, Diéoura, Sansankidé, Diangounté Camara, etc. pour écouler ses fruits et ses légumes. Il vend le kilogramme de pomme de terre à 400 Fcfa. Il a besoin de quatre employés pour l’aider à entretenir son vaste périmètre mais, « le genre de manœuvres que je cherche, n’existe pas sur le marché… », se désole l’homme. Le président de l’Association des producteurs d’oignons, à Fangouné Kagoro, Tiéssama Fofana, a mis en terre le contenu de plusieurs caisses de pommes de terre importées de Sikasso (Sud). « Dès leur arrivée, les jours de foire de Diéma, les clients raflent les paniers de pomme de terre des femmes de notre village. La culture de la pomme de terre commence à se vulgariser dans le Cercle de Diéma », raconte l’homme. « Dans quelques années, on ne fera, certainement, plus recours à Sikasso ou Kati. Nos propres productions pourront nous nourrir. C’est un projet qui nous aide dans la culture de la pomme de terre », déclare-t-il. Après sa retraite, Mamadou Diallo, conseiller pédagogique, s’est consacré au maraîchage. Son verger, d’un hectare, est au Sud-Est de la ville, non loin du barrage. Un puits à grand diamètre doté d’une pompe
Affaire des bérets rouges : le délibéré sera vidé lundi
Bamako, 12 mars (AMAP) Le délibéré sur les observations et exceptions présentées au procès Amadou Haya Sanogo et co-accusés dans l’affaire dite des bérets rouges sera vidé le lundi 15 mars, a ordonné la Cour d’Appel, jeudi. À l’ouverture de la séance, le président de la Cour a appelé les accusés à la barre. Ils étaient tous présents, sauf, deux d’entre eux qui sont décédés. À l’appel de son nom, Amadou Haya Sanogo s’est présenté comme «général de corps d’armée et ancien chef d’État». Le général Yamoussa Camara, ministre de la Défense et des Anciens combattants au moment des faits, a dit se présenter à la barre « par respect pour la Cour, » sinon il n’est « en rien concerné par cette affaire ». Le président de la Cour a, ensuite, vérifié si les conseils des parties étaient régulièrement constitués. À l’appel des témoins, seules quatre personnes ont répondu présent. Sur le banc de la partie civile, il n’y avait qu’une dame du nom d’Aminata Soumaré qui dit avoir été enlevée et violée par des ex-membres du Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l’État (CNRDRE). Lecture a ensuite été faite de l’arrêt de renvoi qui relate le film des évènements macabres du contre coup d’État d’avril 2012. Et il est clairement indiqué que certains membres du CNRDRE ont reconnu leur responsabilité dans l’enlèvement et l’assassinat de 21 bérets rouges. Il s’agit de Mamadou Koné et Fousseyni Diarra qui ont indiqué dans les moindres détails l’endroit où étaient enterrés les corps des bérets rouges au milieu d’un champ de culture dans les environs du village de Diago, près de Kati. Après la lecture de l’arrêt de renvoi, un des avocats de la partie civile a souligné l’existence d’un protocole d’accord avec ses clients. Et en exécution de ce protocole d’accord, le collectif des parties civiles a désisté de sa position de partie civile. Les avocats de la défense, par la voix de Me Alassane Sangaré, ont émis des observations. L’ancien bâtonnier a invité la Cour à appliquer la Loi d’entente nationale adoptée le 27 juin 2019. «Et cette loi dit que les faits issus des évènements de 2012 sont amnistiés et les auteurs exonérés de toute poursuite», a-t-il rappelé. Pour Me Sangaré, les faits évoqués dans ce procès doivent être amnistiés sur la base de cette loi. Il a rappelé que ce procès a eu lieu pour la première fois en 2016. À cette occasion, les nombreuses exceptions formulées avaient conduit au renvoi de l’affaire pour complément d’information. Parmi ces exceptions, il y avait la question des tests d’ADN. «Nous demandons que sur la base de cette loi, les poursuites soient abandonnées. Sur la base de cette loi, les parties civiles ont été entièrement indemnisées et elle se sont désistées », a insisté Me Sangaré, ajoutant qu’un autre inculpé est décédé avant l’Arrêt de renvoi mais il n’est pas fait cas dans le dossier. Me Tièssolo Konaré, un autre avocat de la défense, a abondé dans le même sens en mettant en avant les articles 3, 18 et 24 de ladite loi. Au cours du procès, la dame Aminata Soumaré qui a dit avoir été enlevée et violée par certains ex-membres du CNRDRE, a demandé que justice lui soit rendue. Le procureur général près la Cour d’appel de Bamako, Idrissa Arizo Maïga, a souhaité que le droit soit dit dans cette affaire. Après avoir entendu les avocats et le parquet, le président de la Cour a renvoyé l’affaire en délibéré pour le lundi 15 mars prochain. DD/MD (AMAP)
Paix et réconciliation : Echanges fructueux entre le ministre Wagué et Youssouf Toloba
Bamako, 11 mars (AMAP) Le ministre de la Réconciliation nationale, le colonel-major Ismaël Wagué, et le chef du mouvement armé dogon, Dan na Amassagou, Youssouf Toloba, se sont rencontrés, mardi, dans le pays dogon, pour des discussions en vue d’apaiser le climat dans la Région de Mopti (Centre) dont le potentiel agricole et touristique est d’un apport considérable pour le Mali. La prise de contact entre les deux hommes a été marquée par un franc-parler entre les deux hommes, indiquent des sources proches de la rencontre. Le chef du département de la Réconciliation nationale s’est rendu, sans escorte à l’endroit indiqué par Youssouf Toloba, dans un souci d’apaisement dans la région, avec l’intention de recoudre le tissu social. Le colonel-major Ismaël Wagué, à peine revenu de Gao (Nord) où il a co-parrainé le tournoi sportif pour la paix et la réconciliation, s’est rendu sur le plateau Dogon pour rencontrer Youssouf Toloba, le chef du mouvement des chasseurs Dan na Amassagou. Au cours de cette rencontre, les échanges ont essentiellement porté sur la situation socio-sécuritaire dans le Centre du Mali, le désarmement des milices d’autodéfense et leur réinsertion, les relations entre les populations et la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) dans la lutte contre le terrorisme. Le chef du mouvement Dan na Amassagou s’est dit ouvert au dialogue, tout en assurant que son seul souci est de voir le pays Dogon apaisé. Youssouf Toloba a, par la suite, souhaité la mutualisation des forces entre le gouvernement et les populations de la Région, « afin de lutter efficacement contre le terrorisme ». À son tour, le ministre de la Réconciliation nationale s’est dit satisfait de cette première rencontre et a exprimé le souhait d’entretenir cette dynamique pour que le retour de la paix ne soit pas un vain mot dans notre pays. Il a donné l’assurance de faire remonter toutes ces informations aux plus hautes autorités. Cette rencontre a enregistré la présence de Sékou Allaye Bolly, chargé de mission au ministère de la Réconciliation nationale et de Mamoudou Goudienkilé, président de la coordination d’une milice d’autodéfense. La démarche du colonel-major Ismaël Wagué est destiné à faire le déclic dans la réconciliation dans cette partie du Mali où les communautés Dogon et Peulh ont toujours cohabité dans la paix et la concorde depuis des siècles. MK/MD (AMAP)
Un nouveau Code minier pour booster le secteur au Mali
Par Babba B. COULIBALY Bamako, 10 mars (AMAP) La nouvelle législation de 2019 remplace celui de 2012. Promulgué en novembre 2020, son adoption met ainsi fin à la coexistence de plusieurs textes régissant le domaine minier au Mali. La nouvelle législation définit les conditions de détention, de recherche et d’exploitation des ressources minières au Mali. Elle précise, également, les relations entre l’activité minière et les administrations impliquées dans la gestion minière (ministères des Finances, de l’Environnement, de la Santé, de la Sécurité, en collaboration avec celui chargé des Mines). Elle apporte des innovations majeures dont l’application rigoureuse devrait permettre une meilleure gestion des revenus engendrés par le secteur. L’or contribuant à près de 10% au Produit intérieur brut (PIB), 20% au budget national et 70% des produits d’exportation du Mali. Au total, 19 innovations ont été adoptées pour corriger les lacunes constatées, renforcer l’attractivité du pays et booster l’économie nationale et locale. Ces nouvelles directives permettront «une amélioration de la gestion des revenus de la mine, l’augmentation des revenus de l’Etat (certaines exonérations sont limitées), des populations, de donner une part importante aux fournisseurs maliens. En un mot, « faire en sorte que l’or brille pour tous les Maliens», développe le chef de cabinet du ministre des Mines, de l’Energie et de l’Eau, Lamine Alexis Dembélé. Au cours d’un entretien dans son bureau, celui qui est, aujourd’hui, considéré comme l’un des plus grands spécialistes des questions minières au Mali précise que ces innovations se rapportent à la réduction de la durée de la période de stabilité qui passe de trente à vingt ans. « Il s’agit là, explique l’expert en géologie, de la période pendant laquelle les dispositions fiscales sont stables ». Donc impossible, selon lui, de les changer même si une nouvelle loi fiscale venait à être adoptée. « Le nouveau Code redéfinit le nombre de titres miniers par la suppression de l’autorisation de prospection, la clarification des concepts de sous-traitants, prestataires, sociétés affiliées, fournisseurs, en passant par l’extension des obligations de protection de l’environnement à la phase de recherche et le réaménagement des groupes de substances minérales afin de promouvoir la diversification », détaille Lamine Alexis Dembélé. Selon lui, la nouvelle législation clarifie, également, le domaine de l’exploitation artisanale mécanisée, à petite échelle, la suppression de l’autorisation d’exploitation par dragage, l’interdiction du dragage et toute autre forme d’exploitation dans les lits des cours d’eau. 20% DES REVENUS – La nouvelle charte minière innove avec l’introduction de la possibilité d’attribution des titres miniers par appel d’offres. « Elle précise, aussi, les dispositions concernant les obligations sociétales des entreprises minières par la création d’un Fonds minier de développement local alimenté à hauteur de 20% des revenus tirés des mines et 0,5% du chiffre d’affaires des sociétés minières », indique le chef de cabinet. Il ajoute que le nouveau texte introduit, également, de nouvelles dispositions régissant l’approvisionnement local, l’emploi et la sous-traitance. L’exonération de la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA) pendant la phase de production (souvent à l’origine d’incompréhensions entre les parties), est supprimée, tout comme les avantages douaniers et fiscaux liés aux investissements portant sur les infrastructures et installations d’hébergement, de restauration, d’éducation, de santé et de loisirs. Autres nouveautés apportées au secteur minier national, le paiement des droits de douanes au taux de 5% et de la taxe intérieure sur les produits pétroliers à partir du démarrage de la production et la suppression de l’exonération sur les machines, les équipements, les outillages, les pièces de rechange et les matériaux à partir du démarrage de la production, ajoute le géologue senior. Il précise que le nouveau Code prévoit, également, la création d’un Fonds de réhabilitation, de sécurisation des sites miniers artisanaux et de lutte contre l’usage des produits chimiques prohibés. Il introduit, aussi, un nouveau dispositif relatif à l’arbitrage des différends. En matière de gouvernance et redevabilité, le nouveau Code fait une part belle aux principes de transparence, tels que l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (Itie) et le Processus de Kimberley (PK). Il innove avec l’introduction d’une disposition relative à la mise en place d’un compte séquestre pour garantir l’après-mine. Les modalités de taxation des plus-values de cession ou de transmission réalisées directement ou indirectement, et de surproduction y sont, également. définies. L’article 19 du nouveau Code minier stipule que l’activité minière sur les substances soumises au régime des mines, est autorisée en vertu d’un titre minier délivré conformément aux dispositions du présent Code. à cet effet, les titres miniers prévus par le présent Code sont : l’autorisation d’exploration, le permis d’exploitation artisanale, ceux d’exploitation semi-mécanisée et de recherche et le permis d’exploitation de petite mine et de grande mine. S’agissant des infractions, l’article 194 précise que sont punis d’un emprisonnement allant de onze jours à deux ans et d’une amende d’un à cinq millions de Fcfa ou de l’une de ces deux peines seulement, les auteurs de fausses déclarations pour obtenir un titre minier. Ceux qui s’opposent, de quelque manière que ce soit, à l’occupation d’un périmètre minier par le titulaire du titre minier sont assujettis aux mêmes sanctions. Il vise, également, les titulaires miniers qui effectuent l’analyse des échantillons en dehors du Mali sans l’autorisation préalable de la direction générale des mines et ceux qui acceptent de faire travailler les enfants sur leur chantier. L’article 195 indique que sont punis d’un emprisonnement d’un mois à trois ans et d’une amende d’un à cinq millions de Fcfa ou de l’une de ces deux peines seulement, ceux qui se livrent à des travaux de recherche ou d’exploitation de substances minérales soumises au régime des mines sans détenir de titre approprié. Sont punis des mêmes peines ceux qui, au sens des dispositions du Code pénal, apportent aide et assistance aux prospecteurs et aux exploitants clandestins ou qui ne déclarent pas l’arrêt définitif des travaux relatifs à la réhabilitation du site. BBC (AMAP)
Un premier lot de 396.000 doses de vaccin sous la Facilité COVAX arrive vendredi à Bamako
Bamako, 4 mars (AMAP) Le Premier ministre malien, Moctar Ouane, va procéder, vendredi, à l’aéroport international de Bamako, Président Modibo Keita-Senou, à la réception du premier lot de 396.000 doses du vaccin AstraZeneca, pour la prévention de la transmission de la maladie à coronavirus, annonce le bureau de l’UNICEF au Mali. Dans un communiqué qui nous est parvenu mercredi, l’agence onusienne signale que «le Mali est le premier pays du Sahel central à recevoir ces vaccins contre la Covid-19 en Afrique de l’Ouest ». Dans le cadre de l’attribution au Mali du vaccin AstraZeneca AZD1222 produit par le Serum Institute of India (SII) sous la Facilité COVAX, l’Unicef a confirmé les commandes pour le Mali sur la période courant jusqu’à la fin mai 2021 avec près de 1.4 million de doses. « Son acheminement par fret aérien ainsi que sa livraison à Bamako ont été organisés par l’Unicef. Le pays est à féliciter. C’est un moment de fierté au regard de la mobilisation logistique massive déployée qui permettra au gouvernement de transporter, stocker et conserver les vaccins dans les conditions optimales de sécurité», a indiqué la représentante résidente de l’UNICEF, Sylvie Fouet, La délégation officielle, qui réceptionnera le précieux lot, comprendra, notamment, la ministre de la Santé et du Développement social, Dr Fanta Siby, le représentant de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), Dr Jean Pierre Baptiste et la représentante de l’UNICEF au Mali, Sylvie Fouet. Le 25 février dernier, la division approvisionnement de l’UNICEF à Copenhague (Danemark) et la firme pharmaceutique AstraZeneca ont signé un accord à long terme pour la fourniture de vaccin contre la Covid-19 dans le cadre de la Facilité COVAX. L’objectif de la Facilité COVAX est de veiller à ce que des vaccins contre la Covid-19 sûrs et efficaces soient rapidement disponibles et abordables pour tous les pays du monde, quel que soit leur niveau de revenu. On rappelle que le Mali a connu une deuxième vague de la pandémie de Covid-19 plus forte que la première depuis le début de l’année 2021. Environ 85 pays à travers le monde, bénéficient des vaccins contre la Covid-19, grâce à la Facilité COVAX qui est initiée par l’Alliance du Vaccin (GAVI), la Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies (CEPI) et l’OMS, avec l’UNICEF. MD (AMAP)
Rebondissement dans l’affaire dite « complot contre le gouvernement » au Mali : Le Parquet général envisage de se pourvoir en cassation
Bamako, 3 mars (AMAP) Le Parquet général envisage de se pourvoir en cassation contre l‘arrêt de la chambre d’accusation de la Cour d’Appel, qui a ordonné, mardi, l’annulation de la procédure et la mise en liberté immédiate de tous les inculpés dans l’affaire dite « Complot contre le gouvernement ». Le procureur général de la République, Idrissa Arizo Maiga, opposé à cette décision, a indiqué, dans une communication diffusée sur les antennes de la télévision nationale, mardi soir, que le Parquet « se réserve le droit de se pourvoir en cassation ». Contacté par nos soins, mercredi, Me Addourhamane Ben Mamata Touré, membre du pool d’avocats de la défense, confirme la décision du pourvoi en cassation du procureur général de la République. « Il nous a réaffirmé ce qu’il a dit à la télévision. Ce qui va maintenir encore nos clients dans les liens de la détention », a-t-il dit. L’avocat qui se veut rassurant pour ses clients a déclaré : « Il est, désormais, clair, que le combat va se faire au niveau de la Cour suprême ». Par ailleurs, Me Abdourhamane Ben Mamata a rappelé que le pourvoi en cassation, en matière criminelle, est prévu par le Code de procédure pénale. « Il s’exerce légalement dans un délai de 72 heures pour toutes les parties », a-t-il dit. À ce propos, Me Touré a précisé que le pourvoi suspend les effets de la décision de la Chambre d’accusation, ajoutant que les avocats de la défense évalueront d’abord la situation avant de réagir. Cinq des inculpés, en l’occurrence ceux qui sont en prison depuis deux mois, Youssouf Mohamed Bathily ‘RasBath’, activiste et chroniqueur radio, Vital Robert Diop, directeur général du Pari mutuel urbain (PMU-Mali), Aguibou Tall, directeur général adjoint de l’Agence de gestion du Fonds d’accès universel (AGEFAU) et Mamadou Koné, payeur général du Trésor public, devraient encore prendre leur mal en patience. La Chambre d’accusation de la Cour d’appel de Bamako a annulé, mardi, la procédure dans l’affaire du «complot contre le gouvernement, association de malfaiteurs et outrage à la personne du chef de l’État» dans laquelle, fin décembre 2020, plusieurs personnalités civiles maliennes ont été interpellées puis placées sous mandat de dépôt. Dr Boubou Cissé, ancien Premier ministre et Sékou Traoré, ancien secrétaire général de la Présidence de la République sont cités dans la même affaire. AT/MD (AMAP)
Complot contre le gouvernement : La Chambre d’accusation de la Cour d’appel annule la procédure
Bamako, 2 mars (AMAP) La Chambre d’accusation de la Cour d’appel de Bamako a annulé, mardi, la procédure dans l’affaire du «complot contre le gouvernement, association de malfaiteurs et outrage à la personne du chef de l’État» dans laquelle, fin décembre 2020, plusieurs personnalités civiles maliennes ont été interpellées puis placées sous mandat de dépôt. Ainsi, les mandats de dépôts sont annulés par la Chambre d’accusation qui ordonne la mise en liberté des 5 personnalités détenues. Youssouf Mohamed Bathily ‘RasBath’, activiste et chroniqueur radio, Vital Robert Diop, directeur général du Pari mutuel urbain (PMU-Mali), Aguibou Tall, directeur général adjoint de l’Agence de gestion du Fonds d’accès universel (AGEFAU) et Mamadou Koné, payeur général du Trésor public, devraient sortir incessamment de prison, selon leurs avocats. À l’issue de deux heures et demi de débats au cours de l’audience de délibéré présidée par le procureur général près la Cour d’appel de Bamako, Bandiougou Diawara, tenue à huis clos, le porte-parole des avocats de la défense, Me Kassoum Tapo, a déclaré à la presse, que « la Cour, conformément au réquisitoire oral du procureur général, a annulé la procédure, les mandats de dépôt du juge d’instruction et ordonné la mise en liberté immédiate de tous les inculpés ». Selon Me Tapo, l’annulation de la procédure met un point à cette affaire. Pour l’ancien ministre de la Justice, à travers cette annulation, la Cour a indiqué que “désormais les libertés qui sont garanties par la Constitution, doivent être respectées”. “Au même titre que le délai de garde à vue et les procédures prévues par le Code de procédure pénale doivent être respectées sous peine de nullité”, a-t-il ajouté. Il a déclare que la défense avisera “en ce qui concerne la possibilité d’une demande de réparation”. La Chambre d’accusation devait délibérer, le 23 février 2021, sur le réquisitoire de l’avocat général près la Cour d’Appel de Bamako, lors de l’audience du 16 février dernier. L’avocat général avait demandé «l’annulation de la procédure et la levée des mandats de dépôt contre le chroniqueur Youssouf Mohamed Bathily et ses coaccusés ». La Cour d’appel a rabattu le délibéré et ordonné la réouverture des débats, en renvoyant la cause et les parties à l’audience de ce 2 mars 2021. En fin d’année 2020, ces personnalités civiles ont été interpellées puis placées sous mandat dans cette affaire. Dr Boubou Cissé, ancien Premier ministre et Sékou Traoré, ancien secrétaire général de la Présidence de la République sont cités dans la même affaire. Si Boubou Cissé était «introuvable», selon les termes du procureur, par contre, M. Traoré a été entendu et relâché du «fait de son statut de magistrat et de son rang de ministre au moment des faits présumés». MD (AMAP)
Attaque du poste frontalier de Hérèmakono (Sud) : Un mort, un blessé et des dégâts matériels importants
Sikasso, 01 mars (AMAP) Le poste frontalier (avec le Burkina Faso) de Hèrèmakono, à une trentaine de kilomètres de la ville de Sikasso, dans le Sud du Mali, a été attaqué, lundi matin, par une cinquantaine d’hommes non identifiés, lourdement armés, a appris l’AMAP de source sécuritaire. Deux chauffeurs en transit avec des véhicules importés ont été atteints par les tirs des agresseurs. L’un a succombé et l’autre a été grièvement blessé à la jambe. Les assaillants, qui sont restés sur le site, de 2 heures à 3 heures 30 mn, ont brulé le bâtiment de la douane, seize véhicules dont trois appartenant à des douaniers en service. Au poste de la gendarmerie, ils ont brulé trois véhicules ainsi que le bureau. Selon les services de sécurité, des impacts des balles sont toujours visibles sur les bacs de sable disposés autour du poste. Des renforts ont été, immédiatement, dépêchés sur les lieux à partir de Sikasso. FD/MD (AMAP)

