Montée en puissance des FAMa : Une centaine de terroristes neutralisés en novembre (DIRPA)

Par Aboubacar TRAORÉ Bamako, 03 déc (AMAP) Les Forces armées maliennes (FAMa), avec l’appui de leurs partenaires, ont neutralisé, au cours du mois de novembre, une centaine de terroristes dans plusieurs localités du pays, suite à plusieurs frappes aériennes de l’aviation malienne, en coordination avec les forces terrestres, notamment dans les théâtres Est, Centre et Sud de l’opération Maliko. Toutefois, dans le cadre d’une évaluation générale de la situation sécuritaire du pays, la Direction de l’information et des relations publiques des armées (DIRPA), à la faveur de sa traditionnelle rencontre mensuelle avec les hommes de médias tenue, jeudi ,dans ses locaux, indique avoir constaté que les Groupes armés terroristes (GAT) conservent toujours leur capacité de nuisance sur le terrain. « Les efforts des ennemis de la paix ont consisté à exercer des pressions sur les populations en zone Office du Niger où ils parviennent à créer un climat délétère, rendant difficiles les travaux champêtres et toute entreprise humaine », a dit, au cours de cette conférence de presse, le directeur de la DIRPA, le colonel Souleymane Dembélé qui avait comme invité principal, le chef d’état-major de l’Armée de l’air (CEM-AA), le colonel Alou Boï Diarra. Durant le mois écoulé,. « Pour contenir cette situation, les FAMa sont restées à pied d’œuvre auprès des populations dans les zones de défense sur le théâtre des opérations en consacrant d’importants efforts pour la fluidité des axes logistiques majeures. Et, en sécurisant les travaux champêtres ». Le mois de novembre a été marqué par une accalmie des attaques terroristes contre les FAMa. Cependant, on a assisté à la recrudescence des attaques et des pressions contre les populations civiles, en les empêchant de se livrer normalement à leurs occupations, et en les obligeant à signer des pactes de paix et de non agression. On a assisté aussi à des incendies de récoltes surtout dans le secteur de Niono. La rencontre a aussi enregistré la présence de plusieurs responsables militaires ainsi que des représentants des forces partenaires présentes sur le sol malien. L’exercice, désormais ancré dans les activités de la DIRPA, vise à partager les « bonnes informations qui viennent de l’armée avec les hommes de médias, en mettant en exergue les activités que les militaires mènent sur le terrain en terme d’opérations ». Dans son exposé, le directeur de la DIRPA a, d’abord, fait le point de la situation sécuritaire du mois écoulé, des activités menées au niveau du ministère de la Défense et des Anciens combattants, ainsi qu’au niveau de l’état-major général. Le colonel Souleymane Dembélé a souligné que le théâtre de l’opération Maliko a été marqué par la présence des GAT dans les localités du Centre, notamment les secteurs de Niono, Diabali, Dogofry …, dans l’Ouest du pays, notamment vers Nara, Guiré. Toutefois, selon le patron de la DIRPA, des actions dynamiques sont en cours à travers les Frago (c’est-à-dire ordre de mouvement) Tièssiri, Kélétigui, en vue de détruire les sanctuaires et neutraliser les groupes terroristes. La période a été aussi marquée par la pose d’Engins explosifs improvisés (EEI), des actions de sabotages des installations des lignes téléphoniques, d’enlèvements… En tant qu’invité spécial, le CEM-AA a procédé à la présentation de l’armée de l’air en mettant l’accent sur les missions, ses attributions et sa collaboration avec les autres composantes de notre outil de défense, notamment les forces terrestres. Parlant des missions essentielles de sa structure, le CEM-AA a cité, entre autres, la préservation de l’intégrité de l’espace aérien national, la contribution à la défense opérationnelle du territoire, la recherche et le sauvetage des aéronefs en détresse, la participation aux évacuations sanitaires et au secours médical des populations surtout en cas de catastrophes. S’y ajoute la participation au développement socioéconomique du pays notamment à travers le désenclavement du territoire. Le colonel Alou Boï Diarra a saisi l’occasion pour saluer les efforts remarquables déployés par les autorités pour le renforcement des capacités opérationnelles de l’outil de défense pour lui permettre d’assumer ses missions régaliennes de stabilisation du pays et de sécurisation des populations et de leurs biens. Notamment la consolidation du vecteur aérien avec l’acquisition récente de quatre hélicoptères de type Mi-171 avec les partenaires russes. L’armée de l’air en tant que composante entière au sein des forces armées maliennes a été créée le 6 février 1976 et sous sa dénomination actuelle. AT (AMAP)  

Le président de la Transition remet quatre hélicoptères aux Forces armées maliennes

Bamako, 27 nov (AMAP) Le président de la Transition, chef suprême des Armées, le colonel Assimi Goïta a procédé, vendredi après-midi, à la Base aérienne 101 de Sénou, à la remise officielle de quatre hélicoptères de manœuvre M1-171 aux Forces armées maliennes (FAMa). Ces quatre hélicoptères neufs ont été achetés auprès de la société d’État russe en charge de l’exportation de matériels de guerre. Le contrat avait été signé entre le gouvernement et cette société, en décembre 2020, pour un montant total de 36,077 milliards de Fcfa. L’acquisition de ces hélicoptères, des pièces de rechange ainsi que la formation du personnel navigant et technique ont été entièrement financés par le budget national. Le M1-171 est un hélicoptère de manœuvre tactique de conception russe qui est destinée à l’augmentation de la mobilité des troupes au sol et leur appui feu sur le terrain. Ces appareils ont déjà fait leur baptême du feu le 1er novembre dernier, en participant à la libération des ex-otages chinois de l’entreprise de construction Covec. Le chef de l’État est arrivé sur les lieux de la cérémonie à bord d’un de ces nouveaux appareils acquis. Avant lui, un détachement des Forces spéciales est également arrivé à bord d’un autre de ces hélicoptères. La participation du chef de l’État à un vol tactique est presentée comme une illustration des capacités supplémentaires des FAMa qui sont ainsi mieux outillées. “C’est aussi le témoignage de son entière confiance à nos équipages. À travers ce vol tactique, le colonel Assimi Goïta s’est rendu compte de leur qualité et a pu apprécier la performance de ces appareils’. Indique-t-on du côté de l’Armée. Le chef de l’État, après la remise des clés, a visité les nouveaux appareils avant de s’installer à bord d’un avec certains membres du gouvernement. La cérémonie a lieu en présence du Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga, du président du Conseil national de Transition (CNT), le colonel Malick Diaw, du ministre de la Défense et des Anciens combattants, le colonel Sadio Camara, de plusieurs membres du gouvernement, de la hiérarchie militaire et de l’ambassadeur de la Fédération de Russie au Mali, Igor Gromyko DD/MD (AMAP)

Le gouvernement examine les avant-projets de textes de création de trois universités

Bamako, 26 nov (AMAP) Un Conseil de cabinet autour du Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga, a examiné, jeudi, à la Primature, les textes de création des universités de Sikasso (Sud), Tombouctou et Gao (Nord), a appris l’AMAP. Cette réunion du Conseil de cabinet, qui a étudié d’autres dossiers, n’a arrêté aucun calendrier pour la création effective de ces établissements universitaires. Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Amadou Keïta, a seulement indiqué que les trois universités «vont se créer sur le long terme». Les projets examinés entrent dans une stratégie globale de création d’institutions nationales supérieures sur l’ensemble du territoire malien. Cette dynamique d’extension de la couverture universitaire vise à « permettre à tous les enfants du Mali de pouvoir accéder à un enseignement universitaire de qualité», a confié le ministre Amadou Keïta. Lors des échanges, les ministres ont fait des observations qui permettront d’améliorer ces projets pour les soumettre de nouveau au gouvernement, en vue de leur adoption par le Conseil des ministres. Les observations faites ont trait au coût qui sera alors réexaminé de plus près et à la question de la spécialisation en fonction des potentiels que recèlent les différentes régions. À cet égard, le ministre Keïta a indiqué que la préoccupation est de faire en sorte que le Mali ait des pôles universitaires spécialisés qui répondent aux préoccupations en matière de développement du pays. ID/MD (AMAP)  

Mali : Eclairages sur les subventions aux produits de grande consommation

Par Cheick Moctar TRAORÉ Bamako, 25 nov (AMAP) «Je ne connais pas grand-chose aux droits de douane, mais je sais une chose, c’est que lorsque nous achetons des biens manufacturés à l’extérieur, nous avons les biens et les étrangers ont l’argent. Mais lorsque nous achetons des biens chez nous, nous avons à la fois les biens et l’argent». Cette vérité primaire avait été dite par l’ancien président américain, Abraham Lincoln. Plus que d’actualité, elle interroge aujourd’hui sur la pertinence, dans la durée, des politiques de subventions à l’importation de certains produits de grande consommation. L’État maliens, à travers un mécanisme à but purement social, mobilise des milliards par an pour permettre aux populations d’accéder à des produits à moindre coût. Malgré tout, certains produits subventionnés semblent hors de portée des consommateurs moyens. Quelle analyse fait-on de cette situation au Mali ? Certaines subventions sont-elles plus utiles que d’autres comme celles du gaz, du carburant, de l’électricité… ? Faut-il continuer à subventionner le riz, le lait, l’huile alimentaire, le sucre, la viande et autres denrées de base, vu les énormes potentialités dont regorge le pays ? La solution peut-elle passer par un soutien massif aux producteurs locaux pour booster la production ou pour un appui aux initiatives locales de transformation de ces produits ? Deux économistes, Cheickna Bounajim Cissé, auteur du livre «Le Sursaut» et Modibo Mao Macalou, ancien conseiller économique à la Présidence de la République, ont donné leurs éclairages sur la problématique. Parlant de la pertinence de ces exonérations, M. Macalou explique que suite à la baisse du pouvoir d’achat et à l’augmentation générale des prix des biens de consommation (inflation), l’État, en tant que puissance publique, mène des politiques de subventions (soutiens) de certains produits de base en vue de soulager les couches sociales les plus fragiles et les plus démunies. Le mécanisme, selon lui, consiste en un transfert de ressources au niveau de la politique fiscale ou à un renoncement à des taxes douanières ou à des impôts. « L’objectif recherché par les autorités, ajoute l’ancien conseiller économique à la Présidence de la République, consiste à rendre certains produits de grande consommation accessibles pour les populations les plus vulnérables afin d’apaiser le climat social et empêcher l’augmentation de l’extrême pauvreté ». 485 MILLIARDS DE FCFA DE SUBVENTIONS – Pauvreté croissante qui contraste avec l’immense potentiel dont dispose notre pays au niveau des secteurs primaires (agriculture, élevage, pêche, sylviculture….). En la matière, le Mali fait face à des difficultés structurelles liées au manque de productivité et de compétitivité de son économie. Les facteurs de production étant insuffisants au niveau des ressources humaines, des infrastructures de base et des financements à moindre coût et, à terme, pour financer l’agro-industrie. En témoigne la forte dépendance du pays aux importations. Cette situation est consécutive au fait que notre économie transforme moins de 2% de ses produits agricoles et pastoraux. «Dans un tel contexte, il est nécessaire de subventionner, pour le moment, les produits de grande consommation afin d’éviter les pénuries sur les marchés et, en même temps, limiter les hausses de prix des denrées de première nécessité», analyse Modibo Mao Macalou. Notre interlocuteur rappelle que dans la loi rectificative de finances pour 2020, les transferts (filets sociaux ou soutiens financiers directs aux couches défavorisées) et les subventions s’élevaient à 485 milliards de Fcfa, dont 43 milliards de Fcfa de subventions pour les intrants agricoles et 30 milliards de Fcfa pour la société Énergie du Mali (EDM). « Leur part est de 385 milliards de Fcfa dans la Loi de finances de cette année, dont 21 milliards de Fcfa pour les intrants agricoles et 30 milliards de Fcfa pour l’EDM-SA », précise l’expert. Il estime à des dizaines de milliards de Fcfa, par an, le manque à gagner (exonérations accordées aux importateurs de produits de base) pour l’État au niveau des cordons douaniers. « À cet effet, insiste l’économiste, un soutien aux producteurs est certes nécessaire mais doit faire partie de la mise en œuvre d’une politique industrielle pour améliorer la diversification et la transformation des produits agro-pastoraux ». Ce qui permettrait, selon lui, d’augmenter les emplois et les revenus pour les populations rurales qui constituent la majorité de la population. DOUBLE PEINE – Ce changement de paradigme s’impose, car rien ne pourrait justifier, à en croire Cheickna Bounajim Cissé, le maintien d’un système d’exonération et de subvention très coûteux pour les finances publiques pour, semble-t-il, « soulager le panier de la ménagère alors que leur efficacité économique et sociale reste très discutable ». « Si l’on sait surtout que la consommation est la conclusion d’un cycle économique et non son début », argumente l’économiste. «La bien-pensance, sincère ou fourbe, a conscience que dans l’absolu, toute importation qui n’a pas un sous-jacent de création interne de richesse ne peut qu’appauvrir le pays importateur», tranche l’auteur du livre «Le Sursaut». En la matière, explique le banquier, notre économie est victime de la «colonialité économique», pour reprendre, selon lui, l’expression de l’économiste camerounais Martial Ze Belinga. « Pour la raison simple qu’elle est pensée et taillée, non pour le marché intérieur, mais pour les besoins de l’extérieur », déplore l’essayiste. Il cite l’économiste togolais Kako Nubukpo pour qui un tel modèle est «une subvention pour les importations et une taxe sur les exportations». « Dans ces conditions, le développement n’est pas seulement un rêve, c’est une véritable utopie », prévient M. Cissé, qui demande de traquer les causes et non les symptômes. « Prenons un exemple simple pour aérer la compréhension. Il est vrai que si on allège le panier de la ménagère (subvention du prix des produits de première nécessité (riz, sucre, farine, eau et électricité, essence, etc.), on améliore, a priori, le pouvoir d’achat des populations adressées et donc on diminue la pauvreté », dit-il. « En théorie seulement, cela est vrai, concède l’économiste. «Mais dans le contexte malien, où l’essentiel des produits manufacturés consommés sont achetés à l’étranger, c’est encourager l’importation et, donc, la sortie de devises, avec tous les effets en cascade sur la balance commerciale et la balance des paiements. Or, si les fonds étaient

Les Assises nationales de la refondation au Mali reportées à une date ultérieure (Communiqué)

Bamako, 24 nov (AMAP) Les Assises nationales de la refondation (ANR) au Mali, initialement annoncées pour la période du 22 novembre au 26 décembre 2021, sont reportées à une date ultérieure, annonce un communiqué officiel. Le Panel de hautes personnalités mis en place par le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta dans un communiqué daté du 22 novembre, indique « qu’en raison des concertations entamées, depuis sa prise de fonction, avec les forces vives de la nation en vue de trouver le consensus le plus large possible pour une participation la plus inclusive, les dates de la tenue des Assises nationales de la Refondation ont été décalées ». “Un nouveau chronogramme devrait être annoncé à l’issue de ces concertations préalables entamées par le Panel des hautes personnalités”, précise la même source qui assure que “toutes les forces vives de la nation demeurent cependant mobilisées pour une participation active et de qualité aux débats à venir”. Outre les concertations engagées par le Panel de hautes personnalités, le président de la Transition a initié, depuis quelques jours, des rencontres avec des acteurs politiques et de la société civile, autour de l’inclusivité des ANR et afin de décrisper davantage le climat sociopolitique du pays. Au cours d’une cérémonie solennelle dans la salle des banquets du palais de Koulouba, le 26 octobre 2021, le colonel Assimi Goïta a installé les 19 membres du Panel de hautes personnalités de la Refondation chargées de conduire les consultations populaires. Ces hautes personnalités ont été nommées par décret du président de la Transition le 16 octobre 2021. Les membres de la Commission d’organisation des Assises nationales de la refondation ont été désignés par un autre décret à la même date. AT/MD (AMAP)

La consommation de stupéfiants se banalise à Sikasso, dans le Sud du Mali

Par Mariam F. DIABATÉ Sikasso, 22 nov (AMAP) A Sikasso, tout comme dans des zones frontalières, le trafic et la consommation de stupéfiants ont tendance à se banaliser. Que ce soit dans la ville ou dans les localités de la région, les jeunes de 14 à 20 ans s’adonnent à la drogue. Conséquences : des cas de troubles psychiatriques et de « désocialisation », en un laps de temps. Selon les différents acteurs du secteur que notre équipe de reportage a approchés, la situation est alarmante. « Youssouf Togo, la vingtaine, réside au quartier Mamassoni. Ce jeune garçon a abandonné l’école en 8ème année quand il a commencé à consommer des stupéfiants », témoigne la vieille Babintou, voisine de la famille Togo. On l’a conduit deux fois chez les spécialistes de santé mentale car il avait perdu la raison. « A chaque fois qu’il est guéri et qu’il revient à la maison, il replonge, les mauvaises fréquentations aidant. Puis, on le ramène encore au centre de santé », dit-elle. Le cas du jumeau Lassine Koné est encore pire. Résidant à Wayerma II, un quartier de Sikasso, Lassine est dépendant des stupéfiants. Il passe toute la journée à trainer en ville. Il n’arrête pas lancer des propos incohérents aux passants. La situation financière de sa famille fait qu’elle n’arrive pas à procurer les soins adéquats au jeune homme. Hamidou Diarra, avant sa mauvaise rencontre avec les stupéfiants, a été brillant dans les classes inférieures. Il vit les affres de la dépendance aux drogues. Selon ses anciens camarades de classe, c’est à l’université, à Bamako, qu’il n’a pas pu échapper à la tentation. La consommation du jeune Hamidou s’accroissait. En fin ce compte, il a abandonné ses études. Aujourd’hui, il est retourné à Sikasso. Régulièrement, ses parents le conduisent chez les spécialistes de santé mentale. Par finir, Hamidou Diarra s’est complètement métamorphosé. Il est devenu taciturne. SAISIES EN BAISSE – « De novembre 2020 à août 2021, l’Office centrale des stupéfiants (OCS) de Sikasso a saisi plus d’une tonne de cannabis ou chanvre indien, dix comprimés de diazépam, plus de 277 grammes de produits pharmaceutiques contrefaits et 133 comprimés de tramadol » révèle le commandant de l’Antenne régionale de l’OCS, Moumini Bengaly, qui estime que les saisies des stupéfiants est en régression dans la région. Par contre, au cours des années 2018 et 2019, l’OCS a, respectivement, incinéré plus de 4,5 tonnes de chanvre indien, 1,5 kg de graine de cannabis et plus de 6 500 comprimés de tramadol. En 2019, la structure a incinéré 7,8 grammes de cocaïne, 12 grammes de crack, 1 gramme de off, plus de 245 kg de cannabis, 389 boules de cannabis, 1,5 kg de graine de cannabis et plus de 300 comprimés de tramadol. « Sikasso est une zone carrefour, car c’est le point de rencontre des Burkinabés, des Ivoiriens et des Guinéens. C’est cela qui explique l’entrée des stupéfiants », explique-t-il. Selon lui, de tous les pays limitrophes, le Burkina Faso est celui d’où arrive au Mali la plus grande quantité de stupéfiant. « Presque chaque jour, les stupéfiants nous proviennent du Burkina Faso », insiste-t-il. Dans le hit parade des types de stupéfiants consommés à Sikasso, M. Bengaly a cité le tramadol car celui-ci est facile à cacher et il n’a pas d’odeur, suit le cannabis. Par ailleurs, le chef d’escadron estime que la mauvaise fréquentation, la solitude et le stress sont des raisons qui poussent les jeunes à la consommation de stupéfiants. La drogue ne concerne pas que la ville. Les stupéfiants sont consommés dans les cercles et même dans les villages de la région. A cet effet, Moumini Bengaly a affirmé que sa structure a tout récemment saisi, à travers la douane et les Forces armées maliennes (FAMa) de Sikasso, 115 briques de cannabis à Yorosso et plus de 30 sacs de cent kilo du même type de drogue à Tièrè. Se prononçant sur les techniques de dissimilation des stupéfiants, M. Bengaly explique que les dealers et les consommateurs ont mille et une astuces pour cacher la drogue. Ils la dissimulent dans les pneus de voiture, le volant, le tableau de bord et les feux rouges des véhicules. D’autres se servent de poupées, de boîtes de sardine, de mannequins (en plastique) ou de marionnettes. Certains se servent des corps de personnes décédées et de faux cercueils. Les boucles d’oreilles et les seins (par voie chirurgicale) sont fortement utilisés par les femmes. En termes de stratégies pour contrer le trafic et la consommation dans la région, le chef de l’OCS de Sikasso affirme que ses services reçoivent des informations, en temps réel, sur les consommateurs de stupéfiants dans les cercles et les villages de la région. « Au cours de l’année 2020, nous avons effectué cinquante voyages et interpellé soixante-neuf dealers dont trois ressortissants nigérians, trois Burkinabés, trois Guinéens et soixante Maliens », a annoncé M. Bengaly. « De novembre 2020 à ce jour, nous avons effectué seize voyages et interpellés dix-neuf individus dont un Burkinabé, un Ivoirien, un Nigérian et quinze Maliens ». TROUBLES MENTAUX – Le médecin colonel Nayara Sanou est un praticien en santé mentale à Sikasso. Du haut de son expérience de quarante-deux ans, le spécialiste affirme que le phénomène prend de l’ampleur dans la région. Le Dr Sanou révèle qu’il existe bien des liens entre la santé mentale et la consommation de stupéfiants. A cet effet, il a indiqué nombre de ses patients consomment du cannabis afin d’oublier leurs soucis ou encore accéder à un « confort ». « Or, poursuit-il, cette drogue contient du tétrahydrocannabinol qui crée le trouble de comportement chez la personne ». « Le consommateur se croit à l’aise. Il a l’insomnie. Il ne craint rien et il donne libre cours à ses actes » dont les injures et l’agressivité, nous explique Dr Sanou. Selon lui, le chômage, les mauvaises fréquentations expliquent, en partie, la consommation de drogue. S’exprimant sur ses patients qui consommaient des stupéfiants, à leur arrivée dans son cabinet de soins psychiatriques, le spécialiste en santé mentale a affirmé que sur dix à quinze consultations, en une semaine, il peut avoir deux toxicomanes ou consommateurs

Mali : Mesures du gouvernement contre la flambée des prix

Bamako, 19 nov (AMAP) Le ministère malien de l’Industrie et du Commerce a fixé les prix indicatifs plafonds de vente, en gros et au détail, du riz brisure non parfumé importé, de l’huile alimentaire importée, du sucre importé et du pain, applicables sur l’ensemble du territoire et quel que soit le stade de distribution de ces produits. Cette mesure, suivant l’arrêt n°2021 4712/MIC-SG du 15 novembre dernier, sera certainement détaillée par le ministre de l’Industrie et du Commerce, Mahmoud Ould Mohamed, lors de sa conférence de presse d’aujourd’hui, vendredi. Ainsi, au regard de ces prix, le commerçant grossiste doit céder le sac de 50 kg du riz brisure non parfumé importé à un prix ne dépassant pas 15.000 Fcfa. Le détaillant lui est tenu de revendre le kg à un tarif inférieur ou égal à 350 Fcfa. Le prix de gros du bidon d’huile alimentaire importée de 20 litres ne doit pas excéder 17.000 Fcfa, contre 1.000 Fcfa le litre pour le prix au détail. Le prix indicatif plafond du sac de 50 kg du sucre importé est fixé à 22.500 Fcfa au gros, contre 500 Fcfa le kg au détail. Le grossiste donnera la miche de pain de 300 g à 200 Fcfa au détaillant qui la revendra à 250 Fcfa. La baguette de 150 g sera monnayée à 100 Fcfa au prix de gros, contre 125 Fcfa au détail. Il est utile de préciser que le prix indicatif plafond est la moyenne des prix sur l’ensemble du territoire national. En conséquence, les prix en vigueur dans certaines zones du pays peuvent, en fonction des zones d’approvisionnement ou de l’abondance du produit, être inférieurs à ceux fixés par le ministère en charge du Commerce. Mais, en aucun cas et pour quels que motifs que ce soit, les prix en vigueur, dans nos marchés et autres lieux de vente, ne peuvent excéder ces prix indicatifs plafonds concernant ces denrées subventionnées. À cet égard, «toute violation des dispositions du présent arrêté est punie conformément à la règlementation en vigueur», prévient le département en charge de l’Industrie et du Commerce. Les directeurs généraux du commerce, de la consommation et de la concurrence, de la Police nationale, de la Gendarmerie nationale « sont chargés, chacun en ce qui les concerne, de l’exécution du présent arrêté qui sera publié partout où besoin sera », précise l’arrêté. Cette décision est une réponse de l’engagement des autorités de Transition, notamment le chef de l’État, le colonel Assimi Goïta, qui a chargé «le gouvernement de prendre toutes les mesures et dispositions nécessaires, dans la mesure du possible, pour soulager les Maliens du fardeau de la cherté des prix des produits de première nécessité». Cela, malgré la flambée des prix sur le marché international de l’offre et de la demande, et les projections peu rassurantes qui n’écartent pas d’éventuelles hausses des prix. L’instruction du président Goïta a été traduite dans les faits lors du Conseil des ministres du mercredi 10 novembre dernier. Le gouvernement a, en effet, décidé de subventionner certains produits de grande consommation tels que le riz, le sucre et l’huile alimentaire. Cette subvention se traduira par la réduction de la base taxable de 50% sur l’importation de 300 mille tonnes de riz, 60 mille tonnes de sucre, 30 mille tonnes d’huile alimentaire. Des quantités de produits dont l’importation avait été subordonnée, entre autres, « à la signature avec les importateurs d’un cahier de charges portant notamment sur le prix au détail et la disponibilité des produits concernés sur l’ensemble du territoire national », a précisé le gouvernement dans son communiqué. Il a insisté, également, sur le «respect des quantités autorisées pour cette opération, la mise en place d’un mécanisme de suivi à travers des brigades de contrôle pour garantir l’efficacité de cette opération». L’objectif ultime étant d’atténuer les effets de la flambée des prix des produits de première nécessité. Un souhait aujourd’hui matérialisé à travers la fixation de ces prix indicatifs plafonds pour soulager les populations. CMT/MD (AMAP)

Journées minières et pétrolières : Un espace de découvertes et d’opportunités

Babba B. COULIBALY Bamako, 18 nov (AMAP) Les Journées minières et pétrolières du Mali (JMP), qui se tiennent depuis mardi au Centre international de conférences de Bamako (CICB), sont une véritable plateforme d’échanges au service des relations commerciales. Pour en profiter au maximum, sociétés minières, fournisseurs, banques et autres sous-traitants y tiennent des stands où ils exposent, outre des projets et services, des équipements dédiés à l’activité minière. Destinés aux visiteurs composés d’experts de l’industrie, d’universitaires, d’entrepreneurs en herbe et de potentiels acheteurs, ces stands proposent des solutions innovantes à fort potentiel de rentabilité. Une exposante, la société Hydroma, semble être la vedette de cette 9ème édition. «Pionnière dans la recherche, la découverte, l’extraction et l’exploitation d’hydrogène naturelle au service de la transition énergétique». Elle y expose les piles à combustible. «Depuis 2012, Hydroma a réussi la production d’électricité avec l’hydrogène naturel par combustion directe en brûlant l’hydrogène pour produire de l’électricité et alimenter un petit village à Bourakebougou. « Maintenant, on veut augmenter le rendement à la production d’électricité. En brûlant directement, il y a un rendement mais en utilisant la présente pile à combustible, on augmente le rendement à la production d’électricité. Cela peut atteindre jusqu’à 50%, alors qu’avec la production directe, on est à moins de 30%», explique son directeur général, Aliou Boubacar Diallo. Il a ajouté que la pile à combustible permet une électrification décentralisée du Mali pour éviter de transporter l’électricité par les lignes à haute tension. « Transport lors duquel, déplore-t-il, on perd 18 à 20% de l’électricité produite. » « Les piles à combustible, dotées d’une puissance allant de 1 à 2 mégas, peuvent alimenter les petits villages », précise M. Diallo, ajoutant que la transition énergétique est impossible sans l’utilisation de l’hydrogène. «Notre pays est à la pointe en la matière grâce aux travaux de ma société», se félicite le promoteur d’Hydroma. Sidi Traoré est le président directeur général de l’entreprise Sokana. Évoluant dans le domaine de la prestation et du commerce général, elle participe à cette messe des mines pour la première fois. Venu tisser de nouvelles relations d’affaires, M. Traoré dit avoir établi des contacts avec six opérateurs économiques de premier plan. «Cette mobilisation montre que les acteurs économiques sont engagés pour le développement de notre pays. Ce salon est une opportunité pour nous les jeunes entrepreneurs», reconnait le président directeur général de Sokana. Présent aux Journées minières et pétrolières, le chef de service de l’industrie et des mines du Liptako-Gourma recherche des potentiels candidats capables de financer un projet couvrant le Mali, le Niger et Burkina Faso. «Nous sommes en train de développer un projet qui va couvrir les trois basins sédimentaires des trois pays du Liptako-gourma, en matière de renforcement des capacités des acteurs publics et privés. Nous recherchons de potentiels candidats pouvant prendre en charge ce projet, en partie ou en totalité, pour accompagner tous les acteurs du secteur minier», confie Adama Sankaré. Cette année, les stands des exposants contiennent uniquement des produits «made in Mali», c’est-à-dire confectionnés par des entrepreneurs locaux. « Ce qui constitue l’une des innovations majeures de cette édition », note le directeur administratif et des relations publiques de B2Gold, Birama Sidibé. Aïssata Traoré et ses camarades de l’Université African Business School y sont présents pour faire des découvertes et trouver des opportunités de stage auprès des opérateurs miniers. Comme pour dire que chacun y trouve son compte. BBC (AMAP)

Barkhane quitte Tessalit, dans l’extrême Nord du Mali  

Bamako, 17 nov (AMAP) La Force française Barkhane a remis officiellement, aux Forces armées maliennes (FAMa) les installations qu’elle occupait à Tessalit., dans l’extrême Nord du Mali, vers la frontière algérienne, ont annoncé, mardi, des sources militaires françaises . «Après celle de Kidal, l’emprise occupée par la force Barkhane à Tessalit a été transférée le 13 novembre aux Forces armées maliennes (FAMa). Les derniers soldats français ont quitté le site le 15 novembre », indique un communiqué de l’État-major des armées françaises publié le même jour. L’opération « dans le cadre de l’adaptation du dispositif militaire français déployé dans la bande sahélo-saharienne », précise le communiqué. « Ce réaménagement a été acté en juillet 2021 par le président français Emmanuel Macron et par ses homologues du G5 Sahel », rappelle l’État-major des armées françaises. Selon lui, le « transfert a été progressif, maîtrisé et étroitement coordonné avec les FAMa et avec la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), dont un contingent de plusieurs centaines de militaires est déployé en permanence à Tessalit ». «Ce transfert s’inscrit dans le cadre du partenariat de combat qui lie les forces françaises et les forces maliennes. Ainsi, les unités maliennes et françaises se sont entraînées ensemble pendant plusieurs semaines pour partager leurs savoir-faire et préparer la pleine prise en compte de l’emprise par une compagnie renforcée des FAMa », poursuit le communiqué de l’Armée française. « Différentes procédures de réassurance ont notamment pu être mises en œuvre», détaille son communiqué, ajoutant que comme à Kidal, cette nouvelle étape dans l’adaptation du dispositif militaire français dans la bande sahélo-saharienne « a été conduite dans de très bonnes conditions de dialogue avec les forces partenaires ». MD (AMAP)  

Ouverture du viaduc de Yirimadio : Grand ouf de soulagement pour les usagers

Par Aminata Dindi SISSOKO Bamako, 16 nov (AMAP) Le viaduc de Yirimadio, d’une longueur de 196 mètres, qui a coûté à l’État environ 40 milliards de Fcfa, destiné à mettre fin au calvaire des populations de Baguinéda, Yirimadio, Niamana par la fluidité du trafic a été inauguré, lundi, par le Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga. Ce Projet d’aménagement en 2×2 voies de la voie, reliant le 3è Pont de Bamako, la capitale malienne, à la RN6 (Bamako-Ségou), inclue la construction d’un échangeur au croisement avec la RN6 et la réhabilitation de la section Tour de l’Afrique-Yirimadio de la RN6, a été retenu parmi les Projets routiers prioritaires (PRP). Le ministère des Transports et des Infrastructures avait programmé leur mise en œuvre sur la période allant de 2016 à 2018. Leur mise en œuvre s’inscrit dans le cadre du Plan d’actions 2015-2019 de la Politique nationale des transports, des infrastructures de transports et du désenclavement (PNTITD), adoptée par le gouvernement en octobre 2015. La réalisation du projet contribue à l’atteinte de l’objectif spécifique consistant à «développer et améliorer l’efficacité des infrastructures de transport» de l’axe stratégique qui porte sur la «croissance inclusive et la transformation structurelle de l’économie» du Cadre stratégique pour la relance économique et le développement durable (CREDD) 2019-2023. La mise à disposition de ce viaduc, réalisé par l’entreprise Razel, vise la modernisation du réseau routier dans le District de Bamako, la fluidité de la circulation sur la section urbaine de la RN6 (Bamako-Ségou) et la voie d’accès au 3è Pont de Bamako, l’amélioration de la mobilité urbaine et la sécurité routière dans le District de Bamako, la diminution de la congestion du trafic au carrefour de la RN6, l’embellissement de la ville de Bamako, l’amélioration du cadre de vie des populations riveraines. C’est une foule joyeuse qui a accueilli le Premier ministre. «La réalisation de cette voie est un soulagement pour nous. Nous étions obligés de quitter très tôt le matin nos familles pour joindre nos lieux de travail. Nous passions des heures dans les embouteillages. Nous remercions les autorités pour nous avoir enlevé les épines du pied», a dit Mamadou Kanté, un usager. Le maire de la Commune VI est du même avis. «La population de la Commune VI est très contente de cette réalisation. Cette commune, qui représente 38% de la population du district de Bamako, est une commune où les gens quittent leurs domiciles pour aller travailler en ville. Pour revenir chez eux, ils mettent deux heures ou plus. Ce viaduc va désengorger notre commune et nous soulager beaucoup», a indiqué Boubacar Keïta, avant d’inviter la population à prendre soin de l’ouvrage et à la prudence en roulant doucement. Après avoir inauguré le viaduc, le Premier ministre a exprimé la volonté des autorités « de rendre la vie des Maliens, chaque jour plus agréable malgré les difficultés et les drames que le pays traverse ». Choguel Kokalla Maïga a exprimé toute la joie des membres du gouvernement d’inaugurer ce joyau financé sur fonds propres de l’État. Le chef du gouvernement a souligné tout le calvaire des populations de Baguinéda, Yirimadjo, de la zone de Niamana qui avaient énormément de difficultés pour rejoindre le centre ville. «Tous les matins, tous les après-midi, tout le monde connaît le calvaire que la population vit. Ces populations vont être soulagées fortement avec ce viaduc. Il permet la fluidité de la circulation, va éviter un certain nombre d’accidents. Plus généralement, il va rendre agréable la ville de Bamako de vue et pratiquement dans la vie au quotidien», a dit le locataire de la Primature. Le chef du gouvernement a souligné que les autorités sont conscientes des difficultés que les populations traversent au quotidien pour accéder à leurs lieux de travail, leurs domiciles. C’est pourquoi, elles ont inauguré le viaduc. Il a précisé que les autres travaux de finition et la signalisation horizontale vont suivre. En attendant, Dr Choguel Kokalla Maïga a invité la population à éviter les excès de vitesse, à respecter de façon stricte le code de la route et tous les principes édictés par les services de l’État en charge de la circulation et surtout à entretenir ce bien public, ce gros investissement. C’était en présence de plusieurs membres du gouvernement, notamment la ministre des Transports et des Infrastructures, Mme Dembélé Madina Sissoko. ADS (AMAP)