Assises nationales de la refondation : … Dans les Régions aussi

Bamako, 23 déc (AMAP) Les participants sont invités à faire des propositions susceptibles d’être prises en compte lors de la phase nationale qui se déroulera du 27 au 31 décembre prochain dans la capitale, Bamako. Sikasso : le bon démarrage des travaux Les ANR niveau région ont bien démarré dans la Capitale du Kénédougou. Les activités ont été présidées par le gouverneur de la Région, Sinè Dembélé. “Nous devons saisir cette opportunité pour nous prononcer sur les causes de nos crises à travers un dialogue franc et courtois. Cela nous permettra d’endiguer le scepticisme et briser le cercle infernal de la crise multidimensionnelle que nous vivons depuis 2012”, a dit le chef de l’exécutif regional dans son discours d’ouverture. S’agissant de l’importance de ces Assises, le gouverneur Dembélé a affirmé qu’elles seront “le moyen pour les Maliens de valoriser davantage notre vivre ensemble à travers la cohésion sociale, la cohabitation harmonieuse, l’entraide entre les communautés et la promotion du cousinage à plaisanterie”. De son côté, le superviseur de la commission d’organisation des ANR dans la Région de Sikasso, l’ancien ministre Modibo Kadjoké, a souligné que de 1991 à nos jours, il existe de grosses tâches noires sur la démocratie malienne. “Le Mali est confronté à de nombreuses crises notamment d’ordre sécuritaire, politique, social, économique”, a-t-il affirmé. Mariam F. DIABATÉ Amap-Sikasso San : Des discussions sont bien engagéesLe gouverneur de la Région de San, le colonel Ousmane Sangaré, a lancé, mercredi matin, dans la salle de réunion de la préfecture, les travaux de la phase régionale des ANR.C’était en présence des préfets et leurs adjoints des Cercles de San et Tominian, du représentant de la Commission nationale d’organisation, assigné à la région de San, Me Abdrahamane Touré, du maire de la Commune urbaine de San, Mme Félicité Diarra, du point focal de la Région, Adama Jean Dembélé, et de l’ensemble des forces vives de la Région de San. Les discussions sont bien engagées et tout se déroule normalement. Noumballa CAMARA Amap-San Koulikoro : les ANR sont l’occasion de se rassembler La phase régionale des ANR à Koulikoro, a débuté, hier matin, par un acte citoyen : l’hymne national du Mali chanté par les participants dans la salle de conférence du gouvernorat. La cérémonie d’ouverture a été présidée par le gouverneur de la Région de Koulikoro, le colonel Lamine Kapory Sanogo. Pour le maire de la Commune urbaine de Koulikoro, Bakoroba Kané, ce forum constitue « sans nul doute une opportunité historique sur le chemin du rassemblement et du dialogue ». Il a ajouté que ces discussions « sont indispensables pour un diagnostic sans complaisance de la gravité et de la profondeur de la crise et ses enjeux». Selon le gouverneur, « la période de transition en cours est une opportunité pour le peuple malien de se concerter autour de la vision du changement et des réformes globales nécessaires, d’identifier les goulots d’étranglement, qui empêchent la mise en œuvre des propositions de solutions, pour restaurer les principes républicains et démocratiques et corriger les faiblesses et failles qui gangrènent le système de gouvernance au Mali ». Amadou MAIGA & Amadou DIARRA Amap – Koulikoro Kita : le gouverneur invite à des contributions pertinentes C’est parti hier à Kita, pour la phase régionale des ANR, sous la présidence du gouverneur de Région de Kita, Daouda Maiga. Les délégués issus des regroupements de femmes, des jeunes, des légitimités traditionnelles ; religieuses et des Forces de défense et de sécurité sont repartis en deux groupes de travail pour examiner les 13 thématiques de la rencontre. Pour le gouverneur de la Région, «ces Assises sont une opportunité d’apporter des contributions pertinentes dans un esprit de responsabilité partagée ». Mohamed FABRICE Amap-Kita Nioro du Sahel : les couches socioprofessionnelles ont répondu à l’appel Après les communes et les cercles, les ANR ont démarré, ce mercredi, à Nioro du Sahel, en présence du gouverneur de la Région, le colonel Aly Anadji. Les différentes couches socioprofessionnelles de la Région ont répondu présent à l’appel pour participer à l’élaboration des textes qui vont régir la renaissance d’un Mali nouveau. Après une minute de silence observée en la mémoire des populations maliennes victimes des événements douloureux, depuis 2012, dont les vaillants soldats tombés sur le champ de l’honneur, le gouverneur a indiqué que l’objectif principal de ces assises n’est autre que “la mise en exécution d’une vision des nouvelles autorités”. Une dynamique qui s’inscrit dans “un processus de reconstruction de l’État malien qui peine à retrouver ses marques à cause des différentes crises sociopolitiques caractérisées par des ruptures de l’ordre constitutionnel établi”. En outre, le colonel Aly Anadji a exhorté les participants “au dépassement de soi dans le respect mutuel et à l’instauration d’un débat courtois ,convivial et fécond dans la diversité d’opinions”. Moussa DIAKITÉ Amap-Nioro du Sahel Gao : l’insécurité au cœur des travaux À l’instar des autres capitales régionales, la Région de Gao a entamé, hier cette phase des ANR, sous la présidence du gouverneur, le général de brigade Moussa Traoré . Pour le point focal des ANR de Gao, Diabri Abdoualye Maïga, ces ANR sont une chance pour les populations de Gao. Parce que, selon lui, la problématique de l’insécurité qui fait partie des treize sujets sera bien débattu au cours des travaux. Le gouverneur, le général de brigade, Moussa Traoré, a remercié l’ensemble des participants. Il rappelé que depuis 2012, le Mali est confronté aux conséquences d’une rébellion dans son septentrion qui a favorisé l’avènement d’une crise multidimensionnelle ébranlant “les fondements de notre chère nation”.Le chef de l’exécutif régional a aussi demandé à chacun des participants d’être assidu et attentif, compte tenu de l’importance de ces Assises. Abdourhamane TOURÉ Amap-Gao Kayes : la stabilisation de l’école fait partie des préoccupations Les ANR au niveau régional à Kayes enregistrent la participation de 150 délégués représentant l’administration, les collectivités locales (mairie, Conseil de Cercle, Conseil régional), les services régionaux, les Forces armées et de sécurité, les autorités traditionnelles et coutumières, la société civile, bref, de l’ensemble des couches socioprofessionnelles

Mali-CEDEAO : Goodluck Jonathan notifie au président Goïta les décisions du sommet d’Abuja

Bamako, 21 déc (AMAP) Le médiateur de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a effectué, mardi, une visite de quelques heures à Bamako, porteur d’un message des chefs d’État sur les conclusions du sommet tenu, à Abuja, dans la capitale nigériane, le 12 décembre dernier. «Il fallait venir avec les recommandations des chefs d’Etat et avec l’espoir que, d’ici la fin de l’année, nous aurons un calendrier en place pour l’organisation des élections qui est justement l’une des recommandations phares de la CEDEAO», a confié Goodluck Jonathan à sa sortie de l’audience que lui accordée le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta. Les dirigeants ouest-africains restent intransigeants sur la tenue de l’élection présidentielle en février 2022. À Abuja, ils ont brandi la menace de sanctions économiques et financières qui viendront s’ajouter à la suspension du Mali e des instances de l’organisation et aux sanctions individuelles visant les autorités de la transition. Cette menace sera mise en application, dès le 1er janvier 2022, si aucun progrès tangible n’est réalisé dans la préparation des élections à la fin de ce mois. Goodluck Jonathan espère que «d’ici la fin de l’année, les autorités vont sortir toutes les décisions et un calendrier pour la conduite des évènements au Mali». Pendant cette visite de quelques heures, le médiateur n’a pas rencontré les acteurs politiques et de la société civile. Mais, il compte revenir à Bamako, au mois de janvier, pour poursuivre les discussions et les échanges, notamment avec les autorités de la transition. Les chefs d’État de la CEDEAO, réunis le 12 décembre dernier, lors du 60è sommet ordinaire de l’organisation sous-régionale, à Abuja au Nigéria, ont pris des décisions concernant le Mali. Ont pris part à cette conférence des chefs d’Etat le président Muhammadu Buhari du Nigéria, le président Mohamed Bazoum du Niger, le président Macky Sall du Sénégal, le président Faure Essozimna Gnassingbé du Togo, le président Umaro Sissoco Embaló de la Guinéen Bissau. A l’issue de leurs échanges, les chefs d’Etat ont pris des décisions qui ont été officiellement notifiées hier au président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, par le médiateur de l’organisation sous-régionale, l’ancien président nigérian Goodluk Jonathan. L’émissaire et son hôte ont, aussi, évoqué les derniers développements de la situation politique. Rappelons que le président Assimi Goïta a adressé une communication à la CEDEAO, dans laquelle il s’est engagé à transmettre un chronogramme des élections au plus tard le 31 janvier 2022. Ce chronogramme sera défini par les Maliens lors de la phase finale des Assises nationales de la refondation (ANR). La phase finale des ANR débutera le lundi prochain pour s’achever le 30 décembre. Les dirigeants maliens veulent attendre les conclusions de ces concertations nationales avant d’établir un chronogramme sur la tenue des élections devant conduire à l’installation d’un pouvoir élu démocratiquement. ID (AMAP)

Mali- CEDEAO : La médiation des autorités traditionnelles africaines

Bamako, 21 déc (AMAP) Une délégation de têtes couronnées, africaines en séjour au Mali, a été reçue ,lundi, par le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, avec pour mission d’œuvrer d’éviter à notre pays de nouvelles sanctions de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). La délégation du Conseil panafricain des autorités traditionnelles et coutumières (CPATC) était conduite par son président, Son Altesse Dada Awiyan Kokpon Houdegbe du Bénin. Les autorités traditionnelles et coutumières du continent s’impliquent pour que notre pays et l’organisation ouest-africaine parviennent à un terrain d’entente sur la conduite de la Transition au Mali. Ces hautes personnalités sont venues écouter les autorités maliennes et l’ensemble des parties prenantes afin que la volonté du peuple malien soit prise en compte dans les décisions le concernant. Après la rencontre avec la délégation et un tête-à-tête entre le chef de l’État et lesdites autorités, le prince Théophile Tatsitsa Gha, chargé de la Mission coopération et paix du CPTC et coordinateur du secrétariat technique permanent, a expliqué à la presse que son organisation a été informée qu’il y avait une réunion de la CEDEAO qui pourrait infliger de nouvelles sanctions à l’État du Mali. Il a précisé que les membres du Danbé-Ton du Mali ont invité leurs pairs du Conseil à intervenir pour dialoguer avec les chefs d’État de la CEDEAO afin que la situation soit apaisée. Mais également pour que le Mali ne subisse pas des sanctions supplémentaires. Selon le prince Théophile Tatsitsa Gha, le pays est déjà sous le poids de l’insécurité et de la pandémie de la Covid-19. Pour lui, les sanctions de la CEDEAO pénalisent les populations du Mali. C’est pourquoi, il était important que les chefs traditionnels interviennent auprès des chefs d’État de la Région pour calmer la situation, et que les consultations nationales en cours au Mali puissent produire des résultats. Le prince Théophile Tatsitsa Gha a indiqué que le président du Conseil a adressé une dépêche royale au chef de l’État ghanéen, président en exercice de la CEDEAO, pour lui exprimer les préoccupations des légitimités traditionnelles et celles du peuple du Mali. Le porte-parole de la délégation a indiqué que le peuple du Mali et les autorités de la Transition ont accepté la voie du dialogue. Il a précisé que le chef de l’État, le colonel Assimi Goïta, est réceptif à cette approche de dialogue qui puise dans les traditions maliennes. En outre, le prince Théophile Tatsitsa Gha a rappelé que le Mali est un peuple de culture qui a gardé les valeurs culturelles. Aussi, il a souligné que le colonel Assimi Goïta a, dans le cadre de sa politique culturelle, institué la journée du 11 novembre pour rendre hommage aux légitimités coutumières. Pour le porte-parole du Conseil, le président de la Transition est tout à fait en accord, dans la philosophie et la ligne de conduite, pour la préservation des valeurs culturelles africaines. Selon lui, il faut dialoguer avec ses pairs de la CEDEAO « afin qu’ils puissent comprendre la situation particulière du Mali pour que les directives qui seront données ne viennent pas de l’extérieur. Mais celles qui rencontreront les aspirations du peuple malien». « C’est pour cela, dira-t-il, que le Conseil est venu pour écouter le peuple du Mali afin d’aller auprès de la CEDEAO pour dire quel est son sentiment. «Nous ne sommes pas venus seulement pour écouter les membres du gouvernement», a-t-il précisé, avant d’annoncer qu’à partir de ce mardi, les consultations s’ouvrent. Car le Conseil est venu pour rencontrer les responsables politiques, de la société civile, des organisations religieuses afin de les écouter. La mission du Conseil panafricain s’inscrit dans le prolongement des consultations nationales qui sont en cours. «Nous apportons seulement un regard extérieur pour soutenir les aspirations du peuple du Mali », a-t-il insisté. Théophile Tatsitsa Gha a souligné que les chefs traditionnels sont les gardiens des traditions. À ce titre, ils sont au Mali pour parler au nom du peuple et non pour prendre partie. « Ils sont là pour faire en sorte que ce qui sera décidé, qui sortira des consultations, soit la volonté du peuple du Mali pour ensemble, avec les autres frères de la communauté, trouver une situation apaisée afin que les populations ne subissent plus de sanctions ». L’audience s’est déroulée en présence du ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Andogoly Guindo, et du ministre des Affaires religieuses, du Culte et des Coutumes, Mamadou Koné. Auparavant, la délégation du Conseil panafricain des autorités traditionnelles et coutumières avait été reçue par le Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga, et les familles fondatrices de Bamako. DD (AMAP)    

Abdoulaye Diop, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale : «Nous souhaitons que la CEDEAO écoute les Maliens et les accompagne »

Propos recueillis par Madiba KEITA Bamako, 20 déc (AMAP) Dans cet entretien exclusif, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale du Mali explique la complexité de la crise de notre pays. Abdoulaye Diop évoque également les relations un peu tendues entre le Mali et la France, la polémique autour du groupe Wagner. Le chef de la diplomatie malienne fait aussi le point des discussions avec la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) pour éviter d’autres sanctions contre notre pays. L’Essor : Les relations entre le Mali et la France sont tendues depuis quelques mois. En tant que chef de la diplomatie malienne, comment voyez-vous l’évolution de cette relation? Abdoulaye Diop : C’est vrai que les relations entre le Mali et la France connaissent des moments difficiles mais cela est dû au fait que nous avons souhaité que ces relations soient fondées sur de bases nouvelles. Le Mali et la France entretiennent des relations historiques parce que d’abord c’est l’ancienne puissance coloniale. Ensuite, sur le plan de la relation politique et économique, nous avons beaucoup de choses en commun. Mais depuis la mise en place du processus de Transition, nous avons souhaité que cette relation prenne davantage en charge la nécessité du respect de la souveraineté du Mali sur un certain nombre de questions. Nous avons souhaité qu’il y ait davantage de sincérité dans cette relation vis-à-vis du Mali. Nous avons souhaité qu’il y ait plus de clarté dans l’engagement de la France vis-à-vis du Mali, notamment dans les efforts de stabilisation. Nous voudrions aussi que cette relation soit une relation d’égal à égal. Ce sont ces questions qui sont sur la table, et sur lesquelles nous travaillons. Sur le fond, nous souhaitons que la France inscrive son action dans le cadre d’une posture plus constructive vis-à-vis du Mali. Or, on voit aujourd’hui que notre pays fait l’objet d’attaques de façon constante, de campagne orchestrée contre les autorités de Transition. Il y a des déclarations de part et d’autre qui n’ont pas contribué à apaiser la situation. Mais de tout le temps, le Mali a inscrit son action dans le cadre du dialogue, de la coopération. Nous restons dans cette dynamique mais nous ne transigerons pas sur la protection des intérêts du Mali et des Maliens. L’Essor : Qu’est-ce que les autorités maliennes attendent concrètement de la France ? AD : Nous attendons de la France qu’elle comprenne qu’à Bamako, il y a une autorité de Transition dirigée par Son Excellence, le colonel Assimi Goïta. Qu’il y a aussi un gouvernement dirigé par le Premier ministre Choguel Kokalla Maïga. Ce sont ces autorités avec lesquelles il faut travailler aujourd’hui pour aller vers un retour à l’ordre constitutionnel au Mali. Il faut que l’action de la France s’inscrive dans ce cadre et qu’elle puisse, comme elle l’a indiqué, inscrire aussi son action dans le cadre du respect de ce qui est convenu dans le cadre régional : la CEDEAO et l’Union africaine. Même si nous sommes suspendus de ces institutions, il y a quand même un dialogue en cours afin de lever les entraves. L’Essor : Quelles sont ces entraves ? AD : Ces entraves sont de plusieurs ordres parce que nous sentons souvent des interférences par rapport à notre politique intérieure. Il est important que la France prenne quelque distance dans la gestion de la crise au Mali. C’est pourquoi, j’ai rappelé qu’il y a des autorités et qu’il faut que la France travaille avec ces autorités et non avec des parties maliennes ici et là. L’Essor : Vous pensez que le partenaire français est en train d’ignorer nos autorités ? AD : C’est une question à laquelle la France doit répondre. Mais nous souhaitons qu’il y ait un engagement et un dialogue constructifs avec les autorités maliennes pour résoudre l’ensemble de ces questions. C’est seulement à ce prix que nous allons pouvoir avancer dans le cadre d’un dialogue apaisé pour résoudre les problèmes parce que le processus de Transition n’est pas géré par les pays individuellement. Notre engagement par rapport au processus de Transition, c’est dans le cadre de la CEDEAO essentiellement. Toutes les exigences de la CEDEAO ont été satisfaites par le Mali. Le seul élément sur lequel nous n’avons pas encore eu d’accord, c’est le chronogramme de la Transition. Les autres partenaires doivent s’aligner sur ces questions et engager une discussion avec nous sur cette base. L’Essor : Le Mali envisage de diversifier ses partenariats dans le domaine de la sécurité. Cette initiative soulève une levée de boucliers du partenaire français qui a battu le rappel de ses alliés pour mettre la pression sur les autorités de la Transition. Quel commentaire faites-vous de cette situation ?  AD : Je pense qu’il y a souvent des exagérations par rapport à cette question. Je me rappelle que quand moi-même j’ai rejoint les Affaires étrangères en tant que jeune cadre au début des années 90, la diversification des partenaires était déjà un principe cardinal de notre diplomatie. Peut-être qu’aujourd’hui, il y a une vigueur qu’on veut donner à cette diversification des partenaires. Ce qui est normal. D’ailleurs, tous les pays du monde, mêmes ceux qui nous font ce reproche, s’inscrivent dans le cadre de la diversification de leur partenariat. Nous estimons que le Mali n’est l’exclusivité de personne et chaque partenaire aura sa place pour travailler avec nous. Le Mali veut avoir des relations de partenariat avec chacun des pays en fonction des avantages comparatifs. Il y a certains qui ont des atouts dans le domaine de l’équipement. Il y a d’autres dans le domaine de la formation. Il faudra donc que le Mali puisse jouer de l’équilibre qu’on peut trouver que ça soit avec la Chine, la Russie ou avec les pays européens, américains ou asiatiques. Nous n’avons besoin de la permission de personne pour faire cela. Je sais qu’il y a une compétition géopolitique. Il y a des problèmes entre les grandes puissances mais ces problèmes ne concernent pas le Mali. Comme on le dit

Mali : La visite du président Macron annulée (sources françaises)

Bamako, 18 déc (AMAP) Le président français Emmanuel Macron a finalement renoncé à se rendre au Mali du 20 au 21 décembre, officiellement à cause de la situation sanitaire, ont annoncé plusieurs sources notamment françaises. Cette annulation intervient «  surtout pour cause de différend sur le format de la visite avec les militaires au pouvoir au Mali», ajoutent ces mêmes sources. Les autorités maliennes auraient refusé le format proposé par Paris. Et qui consistait à organiser, le 20 décembre, dans la capitale malienne, un mini-sommet du G5 Sahel avec le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad, profitant de la présence du président français à Bamako. Par ailleurs, le président du Niger, Mohamed Bazoum, était attendu à Bamako pour ce sommet qui aurait dû permettre d’associer aux discussions des représentants de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). « Si Bamako avait, dans un premier temps, accepté le principe d’un tel événement, la junte a finalement fait savoir le 16 décembre qu’elle en refusait l’organisation ainsi que la présence de représentants du G5 Sahel et de la CEDEAO », disent les sources françaises. La présidence française a officialisé l’annulation de ce déplacement au Mali d’Emmanuel Macron, annoncé le 15 décembre dernier. Le président français devait se rendre à la base de l’opération Barkhane de Gao, dans le Nord du Mali. Le chef d’État français devait rencontrer le colonel Assimi Goïta, président de la Transition au Mali pour évoquer plusieurs sujets dont la lutte contre le terrorisme marquée par une réorganisation des forces françaises déployées au Mali. Dans un contexte de tensions diplomatiques entre Bamako et Paris, les avis des deux capitales divergent, entre autres, sur la durée de la Transition et la diversification des partenaires dans la lutte contre le terrorisme prônée par les autorités maliennes. MD (AMAP)    

Le président Emmanuel Macron au Mali : pour dissiper les malentendus ?

Par Issa DEMBÉLÉ Bamako, 16 déc (AMAP) La visite du chef d’État français, Emmanuel Macron, à Bamako, lundi, est une opportunité pour crever l’abcès qui gangrène les relations entre le Mali et la France, depuis quelques mois Le président français rencontrera le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, avant de se rendre à Gao (Nord) pour partager un dîner de Noël avec les militaires de l’opération Barkhane. Pour la première fois, les deux chefs d’État aborderont, de vive voix, un certain nombre de sujets, dont le nouveau format de Barkhane, la coopération militaire avec la Russie et la situation politique. Cette visite pourrait être l’occasion de clarifier les choses sur le plan sécuritaire, à la lumière notamment des derniers développements intervenus. Une conciliation des points de vue pour harmoniser la conduite à tenir face aux défis de l’heure, paraît possible. Et c’est, certainement, ce que souhaitent les autorités de la Transition qui n’ont jamais nié l’importance de l’apport des troupes françaises, tout comme celui des Casques bleus dans la stabilisation du Mali. Elles ne sauraient pour autant, lors des échanges qui meubleront cette visite, taire les tares dont l’évocation heurte visiblement l’allié français. Paris n’a jamais caché son agacement face au changement intervenu à la tête de la transition malienne en mai dernier. Et le message délivré par le Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga, à la tribune des Nations unies à New York, en septembre dernier, accusant la France “d’abandon en plein vol”, a davantage tendu les relations bilatérales. Mais, comment ne pas être d’accord avec les officiels maliens quand on voit la France réduire ses effectifs, sans une réelle concertation avec le Mali. Ce n’est tout de même pas difficile de comprendre l’inquiétude de Bamako et sa volonté de trouver d’autres partenaires capables de l’épauler contre l’hydre terroriste, loin d’être vaincu, malgré les sévères coups que les soldats français et maliens lui ont portés. Le départ de la force Barkhane de Kidal, Tessalit et Tombouctou, dans le Nord du Mali, laisse un vide qui n’échappe pas au plus mauvais des stratèges militaires. Pendant ce temps, la situation sécuritaire continue de se dégrader. Le pays est encore sous le choc du drame de Songho, dans la Région de Mopti (Centre), où 31 personnes, dont des nourrissons et leurs mères, ont péri dans le feu, suite à une attaque terroriste, particulièrement cruelle. Le bilan en rappelle d’autres – Sobane Da, Ogossagou et Ouatagouna -, d’une ignominie tout aussi indescriptible, mais également les attaques qui ont récemment visé des véhicules de transport, dans le Cercle de Niono, toujours dans le Centre. Les passagers de ces véhicules n’ont été que dépouillés de leurs biens, quand ils n’ont pas été tout simplement contraints à les regarder partir en fumée. La Région de Kayes (Ouest) n’est pas épargnée non plus. Tout comme celle de Sikasso (Sud) Clairement, les terroristes veulent transformer les axes routiers stratégiques en mouroirs. Les économies locales, estropiées par ricochet, flancheront inéluctablement. Les populations deviendront alors si vulnérables qu’elles n’auront d’autre choix que de pactiser avec le diable. Songho ne bouclera peut-être pas la série noire. Puisque les lugubres individus qui nous imposent la guerre resteront ce qu’ils ont toujours été, c’est-à-dire des fanatiques arriérés. Que les autorités de la Transition fassent, dans ces conditions, de la sécurité leur priorité absolue relève du bon sens. Tout comme cette volonté assumée de multiplier les partenaires, de sorte à ne plus dépendre d’un seul allié. La coopération militaire entre le Mali et la Russie occupera, sans doute, une place de choix dans les échanges entre Macron et le colonel Goïta. Les susceptibilités quant aux intentions de nos autorités de contracter avec le partenaire russe, ont servi de levier pour braquer la communauté internationale. L’ancienne puissance coloniale a mobilisé tous ses alliés occidentaux pour barrer la route du Mali devant la Russie. Même l’Oncle Sam est entré dans la danse avec le récent communiqué du Département d’État, mettant les autorités maliennes en garde contre l’arrivée de soldats russes sur notre sol. On aurait dit que nous n’étions plus État souverain qui mérite d’être compris et accompagné par la communauté internationale. Les puissances mondiales ayant les gros moyens militaires regardent ailleurs quand elles ne font pas le service minimum, pendant que les populations maliennes continuent de subir le joug meurtrier des hordes obscurantistes, prétendument mobilisés pour défendre l’islam. Le Mali a besoin de soutien. Mais un soutien qui nous permet de venir à bout d’un ennemi retors et cruel. C’est pourquoi, Bamako accueille son allié français, Emmanuel Macron, à bras ouverts. Car, le Mali et la France ont plus à gagner en taisant leurs divergences. Le Mali n’est pas dans une « bonne posture » sur le plan sécuritaire et la France a tout intérêt à faire en sorte que son intervention au Sahel ne se solde pas par un échec. Cette zone de l’Afrique fait partie de sa « sphère d’influence ». Ses alliés occidentaux semblent décidés à l’épauler pour qu’elle ne perde pas pied en Afrique de l’Ouest. Si les relations entre nos deux pays sont glaciales, c’est que l’Hexagone exige que la situation politique se gère à ses conditions, qui ne sont pas forcément celles susceptibles de sortir notre pays du gouffre dans lequel il est plongé depuis une décennie. Certes, il faudra revenir à l’ordre constitutionnel. Mais ce mantra répété pour exiger l’organisation des élections, ramène la crise à sa seule dimension politique. Or, c’est précisément le très peu de tout ce qui est démocratique et républicain qui émerge dans les Régions de Mopti et Ségou où les élections sont certainement le cadet des soucis des populations. À ce sujet, les recommandations issues de la phase communale des Assises nationales de la Refondation dans ces régions sont éloquentes. ID (AMAP)          

Emmanuel Macron attendu à Bamako le 20 décembre 2021

Bamako, 14 déc (AMAP) Le président français, Emmanuel Macron, effectuera une visite à Bamako, lundi prochain, selon des informations du magazine Jeune Afrique et Rfi, confirmées par d’autres médias, citant des sources diplomatiques. Au cours de cette visite, le chef d’État français rencontrera son homologue, colonel Assimi Goïta, président de la Transition. Les deux chefs d’État évoqueront plusieurs sujets dont la lutte contre le terrorisme marquée par une réorganisation des forces françaises déployées au Mali. Cette visite du président français intervient dans un contexte de tensions diplomatiques entre Bamako et Paris. Les avis des deux pays divergent en effet, entre autres, sur la durée de la Transition et la diversification des partenaires dans la lutte contre le terrorisme prônée par Bamako. Le président français va, également, au cours de son séjour au Mali, rencontrer les militaires français de l’opération Barkhane avec lesquels il devrait célébrer le réveillon de Noël. MT/MD (AMAP)    

Organisation des élections : Le Mali toujours incompris par la CEDEAO

Par Issa DEMBELE Bamako, 14 déc (AMAP) Les actions entreprises par les autorités de la Transition au Mali pour être « comprises» et « accompagnées» n’ont pas l’heur de rencontrer une oreille attentive auprès des chefs d’État de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Réunis dimanche en sommet ordinaire à Abuja, au Nigeria, ils ont brandi la menace de sanctions économiques et financières censées, en sus de la suspension de notre pays des instances de l’organisation et des sanctions individuelles. Ce durcissement des mesures de rétorsion pourrait intervenir dès le 1er janvier 2022, si aucun progrès tangible n’est réalisé dans la préparation des élections à la fin de décembre 2021. La CEDEAO tient à ce que l’élection présidentielle se tienne le 27 février 2022, alors que, côté malien, les choses semblent pourtant claires depuis un bon moment. L’un des forts souhaits des Maliens est la mise en place de réformes politiques et institutionnelles devant assurer une stabilité institutionnelle durable au pays. Et les autorités de la Transition, conscientes des engagements pris vis-à-vis de la communauté internationale, sont décidées à jeter les bases de quelques réformes, notamment celles qui puissent garantir l’inclusivité et la transparence des élections. D’où l’idée des Assises nationales de la refondation (ANR), qui ne fixeront pas qu’un chronogramme électoral mais définiront aussi les contours du Mali Kura (Mali nouveau). Cette position, le chef du gouvernement l’a maintes fois expliquée. C’est dans ce même esprit que le président de la Transition a adressé, le 9 décembre, une communication officielle à la CEDEAO pour l’informer que le chronogramme des élections sera transmis, au plus tard le 31 janvier 2022. Sortir un chronogramme à cette date et tenir les élections en février paraît fort improbable. Ce qui fait dire aux dirigeants ouest-africains que « l’échéance du 27 février 2022 pour la tenue des élections risque de ne pas être respectée ». Ils avaient pourtant, lors du précédent sommet, pris acte de « l’officialisation par les autorités maliennes qu’elles ne respecteraient pas leur engagement à organiser fin février des élections présidentielle et législatives ». Mais bien plus que la tenue des élections, c’est l’insécurité qui préoccupe au Mali. La Conférence des chefs d’État concède d’ailleurs la « détérioration de la situation sécuritaire au Sahel, caractérisée par la récurrence des attaques terroristes au Burkina Faso, au Mali, au Niger et au Nigeria, et l’extension des attaques aux pays côtiers». Réussir des élections dans un tel contexte ne tient pas qu’à la seule force de la volonté. Les autorités de la Transition se doivent de créer les conditions propices à la tenue d’élections qui ne réveilleront pas les vieux démons. Et c’est dans ce cadre que le gouvernement s’attèle, entre autres, à la finalisation d’une Stratégie globale de gestion intégrée de la crise au Centre. Cette stratégie comprend des mesures politiques et sécuritaires, notamment le renforcement du dispositif de sécurité et le dialogue envisagé avec nos compatriotes modérés pour isoler les groupes extrémistes radicaux, majoritairement étrangers. ID (AMAP)  

Assises nationales de la refondation : Quelques recommandations des communales

Bamako, 12 décembre (AMAP) Les travaux des Assises nationales de la refondation (ANR), dans leur phase communale, se sont déroulées ce weekend, dans plusieurs localités du Mali, selon un bilan des correspondants régionaux et locaux de l’AMAP sur place. A KAYES… Tard dans l’après-midi, dimanche, les participants aux Assises nationales de la refondation au niveau de la commune urbaine de Kayes étaient en train de discuter, en plénière, des résultats des travaux de groupe. Il ressort des premiers débats que la commune urbaine de Kayes a opté pour le maintien du régime semi-présidentiel, d’un État républicain, démocratique et laïc. Outre une décentralisation accompagnée de ressources et de moyens financiers adéquats, les participants prônent, également, la participation effective de la société civile aux affaires publiques, la réduction du quota (0,10% au lieu de 0,25%) réservé pour le financement des partis politiques. Ils optent pour une révision constitutionnelle et la dépolitisation des cadres de l’administration. S’agissant des institutions, ils souhaitent la suppression de la Haute Cour de Justice dont la mission sera confiée à la Cour Suprême et la réduction du rôle de la Cour Constitutionnelle. Ils proposent que les résultats des élections soient proclamés par l’organe unique de gestion des élections ou une autre structure. SAN : Dans la Commune urbaine de San, les participants aux Assises nationales de la refondation, ont proposé, entre autres, la limitation du nombre de partis politiques de 03 à 04, la réduction du financement des partis politiques, l’option d’un régime présidentielle, l’élaboration d’une nouvelle constitution. Du 11 au 12 décembre 2021, dans la salle de délibération de la mairie de la commune urbaine de San, sous la présidence du 2ème adjoint au préfet de cercle, Hamma Madjou, les participants ont débattu des résultats des travaux des deux groupes de 50 personnes, chacun. Ils ont, également, recommandé l’appel à candidature pour la nomination des directeurs nationaux, régionaux et de certains hauts cadres de l’administration, la réduction du nombre de syndicats à un seul par corporation, le licenciement du fonctionnaire pour faute grave, la redéfinition des critères du découpage territorial de façon consensuelle. La reprise des semaines culturelles, artistiques et sportives, l’organisation des foires artisanales, l’intégration du mouvement pionnier dans les écoles, la valorisation du consommer malien, le renforcement des vacances citoyennes et des activités sportives pour faciliter le brassage des jeunes, la dépolitisation de la société civile, la limitation de la grève syndicale à10 jours, sont aussi des propositions sorties des discussions. Tout comme le renforcement du suivi et du contrôle des services publics, l’application stricte de la loi de programmation militaire, l’établissement d’un plan de carrière pour les cadres de la fonction publique, la promotion de l’entreprenariat des jeunes. Les participants proposent, dans le cadre de la lutte contre la corruption au sein des tribunaux,  que le Conseil supérieur de la magistrature ne soit plus placé sous l’autorité du Président de la République, que le parquet ne soit plus lié au Ministre de la Justice. À ces propositions,  s’ajoutent le renforcement des institutions judiciaires existantes pour lutter contre la cybercriminalité, le renforcement des projets de développement et de la diplomatie malienne en matière d’intégration africaine en faveur du développement du Mali, le rapprochement des centres de santé des populations et la mise en œuvre opérationnelle de l’Assurance maladie universelle, le financement des activités génératrices de revenus pour les jeunes et l’impartialité des chefs coutumiers dans la gestion des conflits. En plus de ces propositions, les participants ont aussi recommandé la prise en charge effective des salaires de tous les fonctionnaires des collectivités territoriales et de prévoir un salaire pour les élus des collectivités territoriales. C’est dans la courtoisie et le respect mutuel que l’ensemble des forces vives ont tenu ces assises qui interviennent dans un contexte marqué par une crise multidimensionnelle menaçant l’existence même de l’État. KORO : Les rideaux sont tombés sur les travaux de la phase communale des Assises nationales de la refondation. Après deux jours d’échanges et de discussions sur les 13 thématiques soumises aux participants, le rapport final des ANR au niveau de la commune de Koro a été adopté par acclamation. Après les travaux de groupe entamés hier et la synthèse des travaux de groupe aujourd’hui, les participants ont formulé les recommandations suivantes : la sécurisation du cercle avant la tenue des élections, la sécurisation de la Route nationale (RN)15, l’ ouverture du tronçon Ouo-Somadougou, la réouverture des écoles, le retour des déplacés, l’érection du cercle de Koro en région. Il faut signaler que conformément à la cartographie envoyée par le ministère de l’administration, les Assises se sont tenues seulement au niveau de la commune de Koro, chef lieu du cercle. Au niveau des 15 autres communes du cercle, il n’y a pas eu d’ANR. NARA : Après deux jours de discussions intenses et houleuses et dans le plus grand respect, les différentes couches socio-professionnels de la base, participant à la phase communale des ANR, ont exprimé leurs préoccupations par rapport à la vie de la nation et ont une contribution positive pour la refondation de l’état. Les recommandations portent, entre autres, sur la prolongation de la transition, le renforcement de la sécurité, la reprise des travaux de bitumage du tronçon Kwala-Nara, l’augmentation des jours de concertations de deux à quatre jours vue le nombre élevé des thématiques. A la clôture des travaux le préfet du cercle de Nara a remercié les participants pour leur courage et abnégation qui ont été déterminants pour la bonne tenue de cette concertation communale. BMS/NC/MN/BC (AMAP)  

Le Mali et la Guinée au menu du 60è Sommet ordinaire de la CEDEAO à Abuja, au Nigeria

Bamako, 12 déc (AMAP) Le 60è Sommet ordinaire des chefs d’État et de gouvernement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), consacré à la situation politique au Mali et en Guinée, s’ouvre ce dimanche 12 décembre 2021, à Abuja, au Nigeria. Au cours de la rencontre les dirigeants ouest-africains devraient se pencher, également, sur les questions liées au terrorisme et à l’extrémisme violent dans la sous-région, ainsi que sur la mise en place de la monnaie commune. Les chefs d’État de la CEDEAO vont, en priorité, examiner l’évolution de la situation politique, après la suspension du Mali et de la Guinée de toutes les instances de l’organisation, suite à la prise du pouvoir par des militaires et des ruptures constitutionnelles. Les autorités de la Transition, exceptés le chef de l’État, le colonel Assimi Goïta. et le ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale, Abdoulaye Diop, sont sous le coup de sanctions ciblées, depuis le sommet extraordinaire de la CEDEAO tenu le 07 novembre dernier à Accra, au Ghana. Conformément à une décision prise le 16 septembre 2021, l’organisation communautaire a décidé d’imposer, avec effet immédiate, une interdiction de voyager et un gel des avoirs financiers aux membres du gouvernement et du Conseil national de Transition (CNT). Ces sanctions sont également elargies aux membres de leur famille. Enfin, la CEDEAO avait informé que la situation au Mali et en Guinée sera examinée lors du sommet ordinaire des chefs d’État et de gouvernement de ce dimanche 12 décembre 2021. En prélude du sommet, le ministre malien des Affaires étrangères et de Coopération internationale a multiplié les rencontres. M. Abdoulaye Diop a, ainsi, rencontré le président de la Commission de la CEDEAO, Jean-Claude Kassi Brou et certains chefs d’État ouest-africains. Le ministre Diop a rencontré, les 08 et 09 décembre à Abuja, le médiateur et Envoyé spécial de la CEDEAO au Mali, Goodluck Jonathan, pour faire le point de l’évolution de la situation politique. Auparavant, il avait été reçu, le 07 décembre, par le président ghanéen, Nana Addo Dankwa Akufo-Addo, président en exercice de l’organisation. Le chef de la diplomatie malienne était porteur d’un message du président de la Transition, le colonel Assimi Goïta. Le vendredi 10 décembre, le ministre Diop a été reçu par le président ivoirien, Alassane Ouattara, toujours porteur d’un message du colonel Assimi Goïta. AT/MD (AMAP)