Région de Bandiagara (Centre) : Présence massive et rassurante des Forces armées maliennes (FAMa)
Envoyés spéciaux Madiba KEÏTA Oumar DIOP Mopti, 18 fer (AMAP) Longtemps persécutées par les terroristes, les populations locales commencent à respirer grâce aux forces de défense et de sécurité. Soldats, gendarmes, gardes et policiers mènent des patrouilles d’envergure de jour comme de nuit dans le but de sécuriser la libre circulation des personnes et des biens La Région de Bandiagara a terriblement souffert des attaques terroristes. La plus meurtrière de ces derniers mois a eu lieu le 3 décembre dernier à Songho, à 10 km de la ville de Bandiagara. Les terroristes ont brûlé un car avec ses passagers en partance pour la foire hebdomadaire de Bandiagara. Plus d’une trentaine de personnes dont la plupart des femmes et des enfants, ont péri dans cette attaque atroce qui a choqué plus d’un Malien. Face à la situation, les populations de Bandiagara avaient exprimé leur ras-le-bol en déclenchant une désobéissance civile. Pour calmer les esprits, les autorités de la Transition ont décidé de renforcer la présence militaire à Bandiagara. La traque des terroristes dans la zone se fait sans relâche. Dans cette dynamique, une patrouille du Secteur 4 de l’opération Maliko a quitté, mardi 15 janvier 2022, vers 9 heures le camp de Sévaré en direction de Bandiagara. Des hommes lourdement armés avaient pour mission de faciliter la libre circulation des personnes et des biens sur la Route nationale 15 (RN15) appelée route du Poisson. Ce corridor qui traverse Bandiagara, Bankass et Koro et qui continue jusqu’à la frontière avec le Burkina Faso, avait été le théâtre de plusieurs attaques terroristes ces dernières années qui l’avaient rendu presqu’impraticable. Mais aujourd’hui, avec la montée en puissance des FAMa, cet axe est de nouveau fréquentable. La patrouille de mardi était dirigée par le commandant de la 6è Région militaire en personne, le colonel Karim Traoré. à quelques kilomètres de la ville de Mopti, les hommes du Secteur 4 de l’opération Maliko ont effectué une première reconnaissance au niveau du pont de Goundaga, plusieurs fois saboté par les groupes terroristes. «La reconnaissance permet de s’assurer qu’il n’y a aucun ennemi caché sous le pont pour attaquer le convoi. Les gens contre qui nous sommes en guerre sont imprévisibles. Ils sont capables de tout. Donc, il faut que nous restions sur nos gardes à tout moment», confie le jeune soldat qui conduisait notre véhicule. D’après lui, le fait que les fous de Dieu sont parvenus à faire adhérer des villages à leur cause, cela complique beaucoup la tâche des Forces armées maliennes dans leur mission de ratissage. «Les terroristes circulent à moto et nous en véhicules. Ils ont une mobilité facile. Donc, c’est le renseignement qui peut nous permettre de les localiser et de les frapper avec précision. Il se trouve que beaucoup de villageois refusent de nous donner des renseignements sur les mouvements des groupes armés, craignant de subir des représailles», explique notre soldat. A Yawakanda, à moins de sept kilomètres de Badiangara, un autre ouvrage important a été dynamité par les forces obscurantistes. C’est la Minusma qui est en train de le reconstruire pour le grand bonheur des populations riveraines. Le constat est que tous les ponts se trouvant sur le tronçon Mopti-Bandiagara ont subi des dégradations de la part des terroristes. Si celui de Goundaga a été réparé, les autres sont actuellement en chantier. OFFENSIVES – Le commandant Karim Traoré et ses hommes sont arrivés à Bandiagara vers 10 heures. La vie commence à s’organiser ici après une série d’attaques meurtrières l’année dernière. Les stigmates de ces attaques sont toujours visibles même sur le bâtiment abritant les bureaux du gouverneur de la région. Aujourd’hui, on a installé devant le gouvernorat des bacs à sable pour renforcer la sécurité. Le gouverneur Sidi Mohamed El Béchir qui a récemment pris fonction, s’est dit heureux de recevoir le commandant de la 6è Région militaire. Le chef de l’exécutif régional a fait savoir que la forte présence militaire dans la ville rassure la population. «Certaines organisations non gouvernementales et opérateurs économiques qui avaient quitté Bandiagara à cause l’insécurité, sont sur le point d’y revenir. C’est pour dire que la sécurité s’est nettement améliorée grâce aux opérations offensives menées par les Forces armées maliennes », a témoigné le gouverneur. Le colonel Traoré dira que dans le cadre de l’opération Maliko, les FAMa sont, depuis décembre dernier, dans une posture offensive qui consiste à faire une pression permanente sur les groupes armés terroristes. Le but étant de les neutraliser et de détruire leurs bases logistiques. En plus des opérations militaires pour faciliter la libre circulation des personnes et des biens, l’officier supérieur a fait savoir que l’autre objectif est de renforcer l’autorité de l’état dans les zones libérées. Le commandant de la 6è Région militaire a rendu visite aux différentes forces de défense et de sécurité présentes à Bandiagara, à savoir la gendarmerie, la garde et la police. Partout où il est passé, le message était très clair : continuer les opérations sur le terrain en vue de totalement pacifier la Région de Bandiagara. Le colonel Karim Traoré a salué l’engagement des hommes et surtout la cohésion entre les différentes forces opérant sur le terrain. « Nous avons pour missions de sécuriser les hommes et les biens, de permettre aux gens d’aller aux foires et aux enfants d’aller à l’école. Bref, il s’agit de sécuriser toutes les activités de la population », a expliqué le commandant de la 6è Région militaire. Le gouverneur de Bandiagara a appelé à soutenir les forces de défense et de sécurité dans leurs actions de tous les jours. Il a appelé nos frères égarés à déposer les armes et à contribuer au développement du pays. «Je demande à tous ceux qui sont dans cette histoire de déstabilisation de notre pays, de déposer les armes. Il est temps de se retrouver. Beaucoup de sang a coulé. Beaucoup de vies ont été fauchées. Il y a aujourd’hui beaucoup d’orphelins, de veuves. Le pays n’avait pas besoin de ça. Je vous demande donc de revenir. Nous sommes un peuple
Secteur 4 de l’opération Maliko : Déluge de feu sur les repaires des terroristes
Envoyés spéciaux Madiba KEÏTA Oumar DIOP Mopti, 18 fer (AMAP) Socoura, Boulkessi, Mondoro, Boni, Farabougou, Marébougou ou dans la forêt de Wagadou, les différentes missions effectuées par les avions et les hélicoptères de combat de l’Armée de l’air ont permis de neutraliser des terroristes et de détruire leurs bases logistiques. A Mopti, notre équipe a suivi de près la préparation et l’exécution d’une mission spéciale sur le front Super Tucano A29, Mi 35, Mi 171 font aujourd’hui la fierté des Forces armées maliennes (FAMa) à travers l’Armée de l’air. Ces avions et hélicoptères de combat ultra modernes sont en train de faire leur preuve dans la traque des terroristes dans le secteur 4 de l’opération Maliko couvrant les Régions de Mopti, Douentza, Bandiagara et Tombouctou. Comment les frappes aériennes sont-elles planifiées et exécutées dans ces localités? Les objectifs sont-ils atteints ? Pour en savoir davantage, nous avons fait une immersion au sein du Centre de coordination des opérations aériennes du théâtre Centre-Est, dont le poste de commandement opérationnel est basé à l’aéroport de Sévaré. En ce mercredi 16 février 2022, le chef du Centre de coordination des opérations aériennes du théâtre Centre-Est, commandant de la 2è Région aérienne, le colonel Soriba Yacouba Coulibaly et ses hommes sont en plein préparatif des vols du jour. Pilotes, mécaniciens et contrôleurs, tout le monde s’active pour que les missions du jour soient parfaitement exécutées. Le Mi 35 est déjà positionné sur la piste pour effectuer une mission spéciale à Gao. Le capitaine Boubacar Dembélé en est le commandant de bord. D’après ses explications, le Mi 35 est un hélicoptère de combat de fabrication russe qui peut opérer de jour comme de nuit même dans des situations météorologiques extrêmes. «Tous les jours, nous effectuons des missions sur les différents théâtres d’opérations de Nara à Mopti et dans les régions du Nord. On peut faire en moyenne trois ou quatre sorties par jour. Selon les besoins et la réalité du terrain, nous intervenons pour appuyer les troupes terrestres. La spécificité même de notre mission de faciliter l’appui rapproché des troupes terrestres. En dehors des combats, on peut également faire des missions de transport en embarquant des commandos avec nous. On peut aussi faire des missions d’évacuation sanitaire et de transports logistiques», explique le commandant de bord. Le capitaine Hamidou Traoré est pilote de Mi 171 E, un autre appareil de combat de fabrication russe destiné au transport des troupes et de matériels. «Actuellement, nous effectuons plusieurs missions par jour. Cet appareil que nous utilisons est opérationnel du matin au soir », dit le capitaine Traoré, précisant que le Mi 171 E, avec une autonomie de vol de trois heures, peut prendre 27 hommes et leurs équipements. TOURNANT IMPORTANT – Le deuxième Mi 35 opérant sur le front est piloté par le capitaine Amadou Maïga. L’officier est très fier de son appareil dont la puissance de feu contribue considérablement aux succès des FAMa chaque jour sur le front. «Le Mi 35 est un hélicoptère de combat polyvalent qui peut agir de jour comme de nuit, dans des conditions météo extrêmes. C’est un appareil d’appui feu extrême. Il est capable aussi d’effectuer des missions de transport», relève le capitaine Maïga. Ce qui fait encore plus la fierté de l’Armée de l’air, c’est incontestablement le Super Tucano A29, un appareil de chasse léger, rapide et qui ne laisse aucune chance à l’ennemi. Il est piloté par le très expérimenté, le lieutenant-colonel Adama Demba Bembélé. «Le Super Tucano est un avion d’appui feu. Il est équipé de deux mitrailleuses et deux lanceurs-roquettes qui peuvent transporter des bombes pour appuyer nos troupes terrestres au combat. Vu sa rapidité et sa technologie, cet appareil est un bon moyen pour appuyer nos forces dans leurs missions régaliennes», assure le commandant de bord, ajoutant que son appareil a déjà détruit des bases de terroristes à Socoura, Boulkessi, Mondoro, Boni, Farabougou, Marébougou et dans la forêt de Wagadou dans la zone de Nara. Il faut reconnaître que le chef du Centre de coordination des opérations aériennes du théâtre Centre-Est et ses hommes sont en train de faire un travail remarquable dans la montée en puissance des FAMa. Leurs multiples missions sur les théâtres d’opérations ont été un tournant important dans la lutte contre les groupes armés terroristes opérant sur le territoire national. «L’acquisition de nouveaux vecteurs par les autorités de la Transition nous a permis d’être entièrement autonomes sur le terrain. Nous opérons maintenant entre Maliens», a fait savoir le colonel Soriba Yacouba Coulibaly, précisant que l’Armée est aujourd’hui dotée de plusieurs avions de combat, de transport de troupes et de matériels, des avions de reconnaissance TETRAS. «Toutes les missions dédiées à une Armée de l’air normale, nous sommes en mesure de les faire actuellement à cent pour cent», dit le pilote instructeur. Comme dit un adage : «Vaut mieux voir une fois, qu’entendre mille fois». Ce que l’Armée de l’air est en train de faire sur le front nous rapproche chaque jour de la victoire finale sur les groupes obscurantistes. MK/OD (AMAP)
Les FAMa opèrent dans le respect des droits de l’Homme
Koutiala, 17 fév (AMAP) Les troupes engagées effectuent des interpellations de suspects lors de leurs missions offensives sur le théâtre d’opérations, dans le strict respect des droits des personnes appréhendées, déclarent les Forces armées maliennes (FAMa). Les suspects sont interrogés et libérées si rien ne leur est reproché. Au sein des troupes combattantes, cette mission spécifique est confiée à la Prévôté. L’adjudant-chef Adama Doumbia est le chef prévôté de la gendarmerie dans le dispositif Kélétigui Groupement tactique inter-armé (GTIA 2). Il explique que la Prévôté est une institution de la gendarmerie auprès des forces combattantes. «La Prévôté accomplit une mission de police judiciaire militaire qui consiste à constater toutes les infractions commises contre les militaires, leurs établissements ou leurs matériels», explique l’adjudant-chef Adama Doumbia. Au cours des différentes missions du GTIA 2 de l’opération Kélétigui, l’adjudant-chef et ses hommes se sont vus confier 20 personnes après leur interpellation. Selon le sous-officier supérieur, 14 suspects ont été conduits devant le procureur de la République de la zone 8 à Sikasso. Les six autres personnes ont été relâchées après les investigations, indique l’adjudant-chef. Notre interlocuteur soutient que le droit humain est respecté par les militaires en opération qui bénéficient de formation dans ce sens. «Les hommes ont à l’esprit la nécessité de respecter les droits des personnes interpellées. Les sévices et autres actes de violence sont bannis», insiste le chef de la Prévôté qui n’a pas manqué de démentir catégoriquement les allégations de violation des droits humains véhiculées pour ternir l’image des militaires dans l’accomplissement de leur mission. MT/HK (AMAP)
Opération «Kélétigui» : Coups de boutoir contre les sanctuaires des terroristes
Envoyés spéciaux Mohamed TOURE Habib KOUYATE Koutiala, 17 fév (AMAP) Les Forces armées maliennes (FAMa) multiplient les actions de combat contre les ennemis nichés dans les collines boisées de la Région de Koutiala, dans le Sud du Mali. L’objectif est de détruire les repaires à partir desquels ils préparaient leurs actions pour faire régner la terreur dans la zone Du haut de sa terrasse, le capitaine Samba Gassama fixe un regard droit sur ses hommes pendant que les premières lueurs du jour se montrent, ce 10 février 2022. Le longiligne officier à la barbe finement taillée est peu bavard. Ce commandant du sous Groupement tactique inter-armé (GTIA 3) de l’opération Kélétigui et sa troupe ont passé la nuit au Centre d’armes infanterie de Koutiala. Après une journée éprouvante de patrouilles offensives aux trousses des combattants terroristes. La nuit tombée, les véhicules avaient été disposés en position stratégique pour prévenir tout risque. Sur ces terrains délicats, les militaires ne dorment que d’un œil. Toujours prêts ! La troupe du capitaine Gassama commence à se mettre en mouvement. Un vent frais balaye les alentours. La colonne de pick-up aux couleurs de camouflage va entamer une nouvelle journée marathon. C’est l’heure de la toilette, des exercices physiques et de la prière. Même en zone d’intervention, les militaires ne lésinent pas sur leur apparence. Les têtes sont minutieusement brossées au peigne pour certains. La toilette s’effectue également pour les engins et les armes qui sont minutieusement vérifiés et chauffés. Certains en profitent pour des coups d’éponge au véhicule. L’unité prend rapidement le petit-déjeuner pendant qu’un air de musique traditionnelle « donso » résonne d’une voiture. Le café au lait et le pain sont rapidement dévorés par les combattants aguerris au maniement des armes. Chacun avance avec son bol pour se servir. Une symphonie infiniment répétée. Le départ peut être donné. Le convoi s’élance lentement, en file indienne, pour rejoindre les autres éléments du Groupement tactique inter-armé (GTIA 2), engagé dans l’opération Kélétigui. Le poste de commandement des opérations est basé à Karangana à 70 km de Koutiala. Ce trajet est effectué à travers les buissons, sur les pistes chaotiques mais sous les regards admiratifs des villageois. «La troupe se porte à merveille, le moral est au beau fixe. L’opération se déroule normalement. «Nous menons des actions offensives en autonome. La motivation est totale depuis que les autorités ont bien voulu mettre à notre disposition les matériels nécessaires pour la réalisation de notre travail», assure le capitaine Gassama, à la tête de l’une des unités combattantes de l’opération Kélétigui. Le secteur de Koutiala avait connu une recrudescence des attaques terroristes menées notamment par des groupes affiliés à Al-Qaeda qui avaient sanctuarisé les forêts et les collines à la lisière de la frontière entre le Mali et le Burkina Faso. Les groupes qui écumaient le secteur du Cercle de Yorosso étaient à l’origine de l’enlèvement, en février 2017, de la religieuse colombienne sœur Gloria Narvaez, dans la localité de Karangasso (40 km de Koutiala). La religieuse a été libérée par les Forces armées maliennes (FAMa) en octobre 2021. Les terroristes ont également mené plusieurs attaques contre des postes de police, de douanes et de la gendarmerie, notamment à Koury et Sienso. En plus des sévices qu’ils imposaient aux paisibles populations auxquelles, ils récoltaient des taxes, ils s’illustraient par des vols de bétail. Tout ceci n’est qu’un mauvais souvenir désormais. La montée en puissance des FAMa est perceptible aux moyens déployés et la motivation dont font preuve les soldats. Ils débusquent désormais au couteau et à la fourchette les terroristes aux confins de leurs sanctuaires. EN DEBANDADE – La capacité de nuisance des groupes terroristes a été amoindrie par la forte mobilisation des FAMa dans la zone. Ce dispositif en 8è Région miliaire a pour fer de lance le GTIA 2 engagé dans l’opération Kélétigui, sous le commandement du lieutenant-colonel Mohamed Dramane Sidibé. Bien bâti, l’officier barbu que nous retrouvons au PC est entouré de ses adjoints. D’une démarche déterminée, il donne des explications claires et nettes sur les opérations. «A travers Kélétigui, les FAMa mènent des actions d’envergure contre les groupes armés terroristes en vue de regagner du terrain et reprendre l’initiative sur ces groupes», explique le lieutenant-colonel Mohamed Dramane Sidibé. « L’objectif, insiste-t-il, est de neutraliser les groupes terroristes et détruire leurs sanctuaires identifiés. Chose à laquelle lui et ses hommes travaillent activement, recherchant les zones de présence des terroristes et leurs bases pour les détruire. L’opération concerne la zone de Sikasso et celle de Koutiala. Essentiellement dans les localités de Denderesso, Zantiguila, Tièrè, Misanso, Kabalé, les collines situées entre le Mali et le Burkina Faso, la zone de Maou et sur Boura où la présence ennemie est signalée. «Nous évoluons avec les nouvelles acquisitions que les autorités ont mises à disposition. Je vois que les hommes sont déterminés pour mener à bien la mission. Récemment, la visite du chef d’état-major des armées a permis de réarmer le moral de la troupe», se réjouit le lieutenant-colonel Mohamed Dramane Sidibé. Les moyens engagés dans l’opération expliquent le succès engrangé contre les ennemis. La hiérarchie a notamment mis à disposition des hommes, des engins blindés et d’autres matériels efficaces. Selon l’adjudant-chef Abdoul H. Niang, chef du peloton blindé du GTIA 2, les équipements blindés viennent en soutien aux troupes d’infanterie, celles à pieds, dans les pick-up ou les unités motorisées. «Certains endroits sont touffus. On ne peut pas y avoir accès. Nous ouvrons le feu, nous pouvons faire des détonations avant que les fantassins ne pénètrent la zone. Nous pouvons tirer à longue distance avec toujours des effets», souligne l’adjudant-chef Abdoul H. Niang avant de monter à bord d’un de ses engins lourds. MOYENS D’ENVERGURE – Pour le lieutenant Moulaye Ould Gouba, commandant sous GTIA 2 de l’opération Kélétigui, les moyens d’envergure déployés ont rapidement fait la différence sur le terrain. Ce militaire trapu, aguerri au combat contre les groupes terroristes, laisse transparaitre à chaque geste ses qualités de meneur d’hommes expérimenté. Turban autour de la tête et cartouchière sur le gilet, il multiplie les échanges avec ses
Marche de soutien aux autorités de la Transition : Dakar-Bamako à pied
Dakar, 17 fév (AMAP) L’association Marche Internationale Dakar-Thieytou, une ONG sénégalaise, a initié une marche de 1.362 km (distance Bamako-Dakar) pour apporter son soutien aux autorités de la Transition au Mali. Partis de l’ambassade du Mali, dans la capitale sénégalaise, mercredi matin, à 9 heures 30 minutes, les marcheurs au nombre de 12 estiment pouvoir couvrir la distance en un peu plus d’un mois. « Sur la route, nous serons rejoints par des Africanistes. Dans chaque grande ville ou village que nous traverserons, nous prendrons contact à travers les médias, avec la population à qui nous expliquerons que le Mali ne doit pas être sacrifié sur l’autel d’un club de valets de l’impérialisme », promet DJ Keeman, un responsable de l’association dont une partie du nom (Thieytou) porte le nom du village du savant africaniste Cheikh Anta Diop. Et de préciser que l’action de son association est spontanée. En plus de son objectif principal qui est de soutenir le Mali dans l’épreuve que lui font subir les dirigeants de la Communauté économique des Etats de l’Afrique du Monde CEDEAO), cette marche vise à démontrer la façon dont ces derniers « veulent tuer à petit feu leurs propres populations ». « Imaginez comment les populations sur le corridor Dakar-Bamako sont en train de souffrir. Les cimenteries risquent bientôt de fermer si la situation perdure », a ajouté un membre de la délégation qui a été reçue, avant son départ, par la 3è conseiller Mme Konaté Djenebou Doucouré et le conseiller consulaire Boubacari Minta. « C’est une honte d’être derrière certains dirigeants africains », s’est indigné Nicko Junior Bouassi qui fustige la perméabilité de ceux-ci à la manipulation. Pour ce trentenaire, « le temps est venu de se dire la vérité ». « Et la vérité, c’est que le Mali ne doit pas échouer car son échec tel que planifié et souhaité par la France et ses ‘’nègres de service’’ sonnerait la fin de toute tentative de l’Afrique de se libérer définitivement de la servitude néocoloniale ». C’est pourquoi, les marcheurs invitent « les Maliens à être résilients et les assure du soutien de la jeunesse africaine qui s’organise pour converger vers Bamako », révèle-t-il. Bouassi a conclue par un hommage à Yérè Wolo, une organisation malienne qui, pour lui, est le fer de lance de cet engagement pour la libération du Mali. Un engagement qui mérite d’être soutenu par les organisations sœurs qui manifestent depuis l’imposition des sanctions à un pays dont la Constitution est l’une des plus panafricanistes et unionistes du continent. « Le Mali n’est pas seul dans cette épreuve voulue et entretenue par certains organisations ouest-africaines. On peut le sentir partout au Sénégal où la population est plus que convaincue que Maliens et Sénégalais ne sont que les organes d’un même corps », disent les marcheurs qui sont les héritiers de Cheikh Anta Diop. Ils présentent leur geste de solidarité comme la démonstration que la lutte pour la dignité et la souveraineté bénéficie de l’appui de nombreux Africains Les initiatives des souverainistes africains ont commence le gigantesque rassemblement du 28 janvier 2022 à la place de l’Indépendance de Dakar. GAD/MD (AMAP)
Cybercafé : Le salut par la reconversion
Par Makan SISSOKO Bamako, 16 fer (AMAP) Face à la rude concurrence des téléphones portables, les promoteurs de ces espaces informatiques survivent aujourd’hui grâce à d’autres activités connexes qu’ils assuraient, (Lire suite :http://lessor.ml )
N’Golobabougou : Les soldats accueillis en libérateurs
Envoyés spéciaux Cheick Amadou DIA Aliou SISSOKO Ségou, 16 fév (AMAP) Perdu au milieu des champs de canne à sucre et entouré de mares et de canaux d’irrigation des cultures, le village de N’Golobabougou a comme seule voie d’accès, une route latéritique longue de 9 kilomètres qui le sépare de la plus grande ville de la zone, Dougabougou. C’est au marché de Dougabougou que les habitants de N’Golobabougou ont l’habitude de s’approvisionner en produits de première nécessité (céréales, huile, sucre, sel, etc.). Soumis à un blocus depuis près de 90 jours, les habitants de cette bourgade, privés d’eau et de nourritures souffrent le martyr. Ils sont cernés et soumis à un harcèlement quotidien par les terroristes. Les femmes ne peuvent plus travailler dans leurs jardins maraîchers à 400 mètres de leurs maisons. Les hommes sont cloîtrés entre les quatre murs de la cour de l’école pour se protéger contre les assauts quasi quotidiens des assaillants. «Chaque matin, ils viennent sur des motos et tirent des rafales sur nous, et nous ripostons avec les moyens du bord», nous confie Tiefing Koumaré, un habitant du village, en brandissant son fusil artisanal. « Il y a quelques semaines, la tension était montée d’un cran entre la population et les terroristes », indique notre interlocuteur. Les combats qui ont suivi l’embuscade tendue deux semaines avant notre arrivée sur place, a coûté la vie à un des leurs. On voyait encore à notre passage, son corps en putréfaction, exposé au bord de la route. Le chef du village, Ba Kamité, se dit terrifié par la suite des évènements. En effet, le village n’a jusque-là, pas pu faire le deuil de son ressortissant. Il affirme que les autorités militaires qui font la patrouille dans la zone, leur ont défendu de toucher au corps. Car, une des méthodes des terroristes, selon l’armée, consiste à piéger les cadavres, pour faire le plus de victimes parmi les éléments des Forces armées qui tenteront de les évacuer. Sinon, ce sont les populations civiles qui sont visées. « La venue des Forces armées dans notre village est un grand ouf de soulagement pour nous», se réjouit le chef traditionnel. Il estime que cette présence est bien dissuasive pour l’ennemi et permet aux habitants de souffler, en se procurant des vivres, au moment où ils étaient au bord de la famine. Cependant, ils demandent la diligence des FAMa pour enfin accéder au corps et permettre à sa famille et au village tout entier de faire son deuil. CAD/AS (AMAP)
Région de Ségou (Centre) : Les Forces armées maliennes (FAMa) en position de force
Envoyés spéciaux Cheick Amadou DIA Aliou SISSOKO Ségou, 16 fév (AMAP) Dans une guerre, il ne faut jamais sous-estimer la capacité de l’ennemi. C’est ce principe qui trempe l’esprit et la stratégie des troupes de la 2è Région militaire du Mali, commandée par le colonel Didier Dembélé. En osmose avec ses hommes dans une ambiance bon enfant, il nous amène en immersion dans les préparatifs des opérations futures. Lancée le 1er janvier 2022, l’opération «Maliko» dans les zones infestées par le terrorisme islamiste donne des résultats tangibles sur le terrain. Nous sommes le vendredi 12 février 2022, sur l’aire d’entrainement du camp qui abrite le poste de commandement de la 22è Compagnie d’infanterie motorisée (CIM), 155 éléments sont en atelier de formation sur le secourisme, les différentes formes d’attaque de l’ennemi et la détection des engins explosifs improvisés. L’instructeur du jour, le sous-lieutenant Gérard Armand Diarra, explique que l’objectif de cet exercice, qui est nouveau dans la stratégie des FAMa, est la préparation opérationnelle avant le déploiement (POAD). La formation se déroule en collaboration avec les instructeurs de la Mission d’entraînement de l’Union européenne au Mali (EUTM). Quelques heures plus tard, la nouvelle tombe. Les habitants de N’Golobabougou, un village d’environ 2.000 âmes, situé à 9 km de la ville de Dougabougou le bassin sucrier du Mali, appellent à l’aide. Depuis trois mois, ils sont sous l’emprise des terroristes qui sévissent dans la zone. Le lendemain, ils doivent se rendre à la foire de Dougabougou pour se ravitailler en vivres. Mais ils ne peuvent pas s’y rendre, à cause des hommes armés qui occupent ou piègent la piste rurale d’une longueur de 9 km, qui relie le village à Dougabougou. À 12h 35 minutes, le samedi, 13 février, un convoi d’une quinzaine de véhicules transportant une compagnie renforcée de 200 éléments lourdement armés, prend la direction du village martyr. Leur mission est de «nettoyer» la voie et d’escorter les habitants, afin qu’ils puissent se rendre à la foire et retourner en toute sécurité. Après 1h 30 minutes pour parcourir les 71 kilomètres qui séparent la ville de Ségou de la localité, la troupe sous le commandement du lieutenant Fousseyni Traoré, entre à Dougabougou sous les applaudissements des populations en liesse, en scandant «Armée Mali, Armée Mali». L’espoir se lisait sur tous les visages, hommes, femmes et enfants. À l’entame du tronçon Dougabougou-N’Golobabougou, le convoi ralentit sa progression. Les véhicules avancent à pas de tortue. Les fantassins marchent des deux côtés de la route. Chaque mètre carré est scruté, à la recherche d’engins explosifs improvisés (EEI). « Car, c’est l’arme fatale des ennemis invisibles », explique le lieutenant Traoré. Soudain, des tirs nourris retentissent ! Des suspects ont été repérés. Mais ils réussissent à se fondre dans la nature. Sur le parcours, on constate les stigmates de cette guerre asymétrique imposée à nos forces armées. Des hameaux de culture sont déserts. Les occupants ont tout abandonné sur place pour sauver leur peau. 25 terroristes capturés – Après deux heures de route environ, nous arrivons finalement à destination. On retrouve une population désemparée. Tous les hommes du village portent des fusils artisanaux ou de chasse en bandoulière, pour leur autodéfense. Ce sont les chasseurs «donzos». Ils ont installé leur base dans la cour de l’école du village qui ne compte que six salles de classes. Les femmes et les enfants sont cachés dans les maisons pour se mettre à l’abri des feux des assaillants. Bâ Kamité, le chef du village, prend la parole pour saluer l’arrivée des FAMa. «Vous nous avez sauvé la vie, que le bon Dieu vous récompense», lance-t-il. Il raconte le calvaire que vivent lui et ses administrés. Cela fait des semaines que je ne ferme pas les yeux, affirme le septuagénaire d’une voix tremblante, visiblement très affaibli. Chaque jour, ces villageois sont harcelés par les terroristes qui envoient quelques éléments leur tirer dessus pour leur faire peur et les empêcher de sortir du village. Des impacts de balles sont visibles sur les murs de l’école. « La stratégie consiste à nous affamer pour nous contraindre à les rallier », estime Kariba Koumaré, un chef de famille de N’Golobabougou. En fin de journée, une dizaine d’hommes du village est embarquée à bord des véhicules militaires en direction du marché de Dougabougou. Une fois sur place, des sacs de riz, mil, maïs et quelques denrées alimentaires qui étaient disposés sur place, sont transportés par le convoi. Il reprend le chemin du retour pour ramener les sinistrés et leurs vivres à bon port. À 20 heures, la mission prend fin. Le lieutenant Traoré et ses hommes font route vers Ségou, en attendant de se retrouver sur d’autres théâtres d’opération. À l’instar de N’Golobabougou, plusieurs localités situées sur la rive gauche du Niger, se trouvent dans la même situation. Mais avec l’opération «Maliko», l’espoir renaît peu à peu chez les populations. Ce qui fera dire au commandant du secteur 5, le colonel Didier Dembélé, que la montée en puissance des FAMa « est aujourd’hui une réalité » dans la région militaire dont il a la responsabilité. En mouvement constant, une autre compagnie renforcée cette fois, de plus de 2.000 hommes se rend le lundi 14 février, dans la Commune rurale de Pogo, village situé à 22 km de Markala. Les renseignements recueillis par l’armée confirment la présence d’une base djihadiste dans la forêt de Bambougou, à 6 kilomètres de Niono. Mercredi à l’aube, le capitaine Abdel Kader Issa Ouédraogo et ses hommes ont donné l’assaut sur la base logistique qui abritait une infirmerie de campagne. Le bilan de l’opération se chiffre à 25 terroristes capturés, une grande quantité de vivres et de matériels de guerre récupérée. « La base a été complètement détruite », assure le chef de l’opération. « Dans les jours à venir, toute la zone sera sécurisée et stabilisée, pour permettre aux populations de reprendre une vie normale », poursuit le capitaine Ouédraogo. L’étape suivante concerne la libération définitive du village de Farabougou dont la principale voie d’accès est bloquée par la présence d’engins explosifs improvisés.
Ecoles publiques : Les toilettes de tous les risques sanitaires
Par Mohamed D. DIAWARA Bamako, 15 fév (AMAP) Dans certains établissements scolaires, les élèves ne disposent pas de latrines décentes. Les filles, surtout ,préfèrent se contenir quand elles n’ont pas accès à des familles voisines de leurs établissements. «Pan, pan, pan ! », la cloche du Groupe scolaire Mamadou Lamine Diarra I (MLD) de Djicoroni Para retentit pour annoncer la récréation. Des élèves qui ont la vessie remplie se précipitent vers des pans du mur de clôture de l’établissement pour se soulager, sous le regard inquisiteur de votre serviteur. Le spectacle est digne d’une époque sauvage, mais s’explique. Les toilettes ou latrines repartis entre deux blocs sont sans portes et dans un état de délabrement tel qu’elles exposent les déjections à la vue de tous. Les environs sont souillés par des traces d’urine. Malgré l’état désastreux de ces lieux d’aisance, des jeunes élèves, inconscients des risques d’infection qu’ils encourent, y vont, sans se poser trop de questions. Pour eux, l’essentiel est de se vider la vessie même si les conditions d’hygiène laissent à désirer. C’est une situation qui interpelle la conscience humaine, d’abord et les autorités scolaires, après. L’aménagement de toilettes décentes dans nos établissements scolaires est une exigence de premier ordre pour éviter que les scolaires soient contaminés par des microbes d’infections urinaires, des maladies diarrhéiques voire d’autres pathologies. Fatoumata Traoré et Sériba Diawara, tous deux écoliers, préfèrent recourir aux toilettes de familles voisines de leur école pour se soulager (uriner ou aller au petit coin). Les deux mômes expriment leur gêne à choisir cette solution. Dans le même groupe scolaire, l’effectif de l’école fondamentale G s’élève à 232 élèves, y compris 112 filles. Une enseignante de l’établissement explique que les élèves ne disposent pas de toilettes décentes dans cet établissement scolaire depuis 10 ans. Quant à la directrice de l’école G, Aminata Ouédraogo, elle pointe du doigt des jeunes délinquants qui seraient responsables de la détérioration des lieux d’aisance dans son groupe scolaire. Et de préciser que ces bandits volent les portes des toilettes, en dépit de la vigilance des gardiens. Mme Ouédraogo déplore aussi le manque d’eau dans l’unique toilette des 5 enseignants qui officient dans son établissement. A l’entrée principale du Groupe scolaire MLD I, les latrines de l’école F se sont même écroulées. Les 302 élèves dont 157 filles de cette école n’ont pas de toilettes depuis plusieurs années. Le directeur de l’établissement, Adama Keïta, explique à qui veut l’entendre qu’avant que ces toilettes ne s’affaissent, pendant l’hivernage dernier, elles n’étaient pas utilisables. «Nous avons informé le Centre d’animation pédagogique (CAP) et la mairie de la Commune IV de l’état de détérioration de ces latrines», confie-t-il Le directeur coordinateur du Groupe scolaire MLD II, Madjogué Keïta, soutient qu’il n’y a que deux toilettes délabrées pour les quatre seconds cycles de son groupe scolaire. Il explique que la direction du Groupe scolaire fait de son mieux pour assainir les lieux. Mais, cela n’est pas suffisant. Selon lui, cette situation perdure parce que son établissement est délaissé par la mairie de la Commune IV et le Cap. Il déplorait le fait que les élèves de son Groupe scolaire étaient en évaluation depuis deux jours et qu’aucun conseiller pédagogique n’ait daigné se rendre à son établissement pour s’enquérir, au moins, du déroulement des épreuves. Le directeur par intérim de l’un des seconds cycles du Groupe scolaire MLD II, Sékou Diawara, ne fait pas non plus dans la dentelle. Il confirme que les 161 élèves et les enseignants de son école ne disposent pas de toilettes depuis plus de 7 ans. L’enseignant ajoute que les maitres sont contraints de parcourir une relative longue distance qu’il évalue à près d’un demi kilomètre pour se soulager. IMPLICATION DES ELEVES – Le mercredi 19 janvier dernier, les élèves des 11è et 12è années du lycée Massa Makan Diabaté, à Baco Djicoroni, en Commune V, étaient en composition. Certains élèves expliquaient clairement que l’affluence était moindre ce jour parce que leurs camarades des 10è années étaient restés à la maison. Ils font simplement remarquer que d’ordinaire, il y a une file d’attente devant les toilettes supposées être assez propres. Pour les besoins sanitaires des 3.000 élèves de cet établissement d’enseignement secondaire, 5 toilettes sont utilisables sur une dizaine prêtes à servir. Le proviseur de ce lycée, Amadou Guindo, explique que la restriction imposée à l’accès à toutes les toilettes tient au comportement des élèves. Ceux-ci ne font pas d’effort pour maintenir les lieux propres. Et aussi parce que les personnes extérieures utilisent mal les lieux. C’est un argumentaire qui vaut ce que ça vaut. Les élèves sont-ils sensés nettoyer des toilettes ? Les autorités scolaires ne doivent-elles pas prendre les dispositions qui s’imposent pour lever cette restriction mais, aussi, mettre les moyens à la disposition de l’administration scolaire de l’établissement pour assurer de meilleures conditions d’hygiène ? Ne peut-on pas identifier les élèves à la tenue scolaire pour éviter que des intrus n’utilisent les toilettes de l’établissement ? En tout cas, il ressort des explications du proviseur que son établissement n’a pas de gardien pour préserver les lieux et éviter que le tout venant n’utilise les toilettes, mais aussi les vols des installations de plomberie et la détérioration des installations sanitaires. Le premier responsable du lycée Massa Makan Diabaté indique avoir suffisamment dépensé pour la réhabilitation et l’assainissement des toilettes afin de réunir les meilleures conditions d’hygiène pour les élèves. Le proviseur et d’autres élèves souhaitent plus d’implication du comité de l’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM) de l’école afin d’amener les élèves à participer au nettoyage des toilettes. Dans la cour, des jeunes filles révisaient en attendant de passer l’épreuve suivante de l’évaluation. Celles-ci expliquent se retenir suffisamment d’utiliser les toilettes scolaires à cause «d’odeur nauséabonde» des lieux et de risques d’infection. Aminata, élève, confie que l’AEEM reste bien indifférente aux conditions d’hygiène dans les latrines. Selon elle, cette situation n’encourage pas les élèves à étudier dans les écoles publiques. Les spécialistes préviennent que sans les conditions d’hygiène requises, il y a péril
Ligne de front à Mopti (Centre) : De moins en moins de blessés
Envoyés spéciaux Madiba KEITA Oumar DIOP Sévaré, 15 fés (AMAP) S’il y a une chose qui a vraiment traumatisé la population de Sévaré, ce sont les bruits de sirènes des ambulances transportant les blessés de guerre à l’hôpital Somino Dolo ou à l’infirmerie du camp Hammadoun Bocary Barry dit Balobo. Les cas les plus graves sont évacués sur Bamako par l’Armée de l’air à partir de l’aéroport Ambodedjo de Sévaré. Il y a seulement quelques mois, les blessés de guerre affluaient, par dizaines, dans ces établissements sanitaires, tant les groupes terroristes multipliaient les embuscades et les attaques aux engins explosifs contre les Forces armées maliennes (FAMa) sur la route du Poisson (Bandiagara, Bankass et Koro), dans le secteur de Douentza ou Djenné. Cependant, les contre offensives lancées par les FAMa, sur instruction des autorités de la Transition, ont complètement changé la donne sur le terrain. Depuis que les FAMa ont multiplié les offensives contre les groupes terrorismes, elles enregistrent moins de blessés dans leurs rangs. Un ouf de soulagement aussi bien pour la hiérarchie que pour la population de Sévaré. En effet, l’Armée enregistre de moins en moins de blessés de guerre et des cas de mort. Pour en savoir davantage, nous avons approché le médecin colonel Mamadou Salif Konaté, directeur santé de la 6è Région militaire. «Il y a une année de cela, nous recevions 3 ou 4 blessés par jour. Parfois 30 ou 40 blessés par jour. Il s’agit des blessés par balle ou par engin explosif improvisé. Mais aujourd’hui, l’Armée est en train de monter en puissance, cela a changé les rapports de force sur le terrain »le médecin colonel Mamadou Salif Konaté « Aujourd’hui, on peut passer des semaines sans recevoir un seul cas de blessé grave», fait-il remarquer. Quelques blessés de guerre passent actuellement leur rééducation à l’infirmerie de la garnison de Sévaré. Il s’agit de soldats qui ont été touchés par balle lors des combats contre les forces obscurantistes ou par les engins explosifs improvisés. Le sergent Lassine Sangaré a pris une balle lors d’une attaque terroriste contre le poste militaire de Boni. «Les terroristes sont venus nuitamment attaquer notre poste. Lors des combats, une balle de PKM a touché mon bras», indique le militaire. Le sergent Lassine Sangaré est pressé de retrouver toutes ses aptitudes physiques pour retourner au front. «S’il s’agit du Mali, aucun sacrifice n’est de trop. Je suis pressé de guérir pour rejoindre ma troupe au front afin de libérer complètement notre pays», dit-il. À l’image du sergent Lassine Sangaré, les blessés que nous avons rencontrés à l’infirmerie de la garnison de Sévaré, sont tous déterminés et motivés à débarrasser définitivement notre pays des hordes terroristes. MK/OD (AMAP)

