Zones de production de l’Office du Niger : La campagne agricole s’annonce prometteuse

Par Aminata Dindi SISSOKO Ségou, 26 sept (AMAP) Une délégation de l’Office du Niger 9ON) a effectué, du 16 au 18 septembre dernier une visite de terrain dans les sept zones de production, à savoir Ké Macina, Kolongo, M’Bewani, Kouroumari, N’Débougou, Molodo et Niono, dans le cadre de la supervision de la campagne agricole 2022-2023 afin d’apprécier la physionomie de la campagne, de s’imprégner de l’état d’approvisionnement des engrais (chimique et organique) et des efforts fournis par les producteurs. Les trois jours de tournée ont permis à l’équipe de supervision, avec à sa tête, le chargé de communication de l’ON, Moulaye Alassane Diarra de s’enquérir de la situation sécuritaire dans les différentes zones de production. Elle s’est assurée du bon déroulement des travaux d’entretien effectués au début de la campagne et de la disponibilité des producteurs. La mission, lors de son passage, a pu constater un grand engouement dans les différents magasins de vente d’intrants après les efforts du gouvernement d’augmenter et d’ouvrir la livraison aux gros fournisseurs traditionnels. Des camions déchargeaient des stocks d’engrais dans les différents magasins à Ké-Macina et Kolongo. La campagne agricole 2022-2023 dans les zones de production de l’ON, d’une manière générale s’annonce prometteuse. La physionomie des champs est satisfaisante dans l’ensemble, comme a pu constater l’équipe de reportage de l’AMAP. Malgré le retard dans la disponibilité de la subvention du gouvernement en intrants et l’insécurité dans certaines zones, les producteurs espèrent une bonne campagne. Mamadou Diarra est un producteur de riz que nous renncontré dans son champ situé dans la zone de production de Ké-macina. «Nous remercions Dieu. Au début, nous avons eu des difficultés liées l’engrais. Le DAP était cédé à 39.000 Fcfa, l’urée 35.000 Fcfa. Pour mes premiers travaux, j’ai dû vendre des stocks de riz pour acheter de l’engrais. Mais, récemment j’ai reçu la subvention de l’Etat à raison de deux sacs par hectare. Cela a été un bol d’air. A l’heure actuelle, mon champ a reçu tout l’engrais dont il a besoin » a-t-il indiqué. Mamadou Diarra, qui espère une grosse production, cette année par rapport à l’année précédente, salue les autorités pour leur engagement dans le cadre de la sécurisation de leur zone et remercie la direction de l’Office du Niger pour avoir réhabilité le canal et le distributeur de Ké-Macina qui a réglé le problème d’eau dans leur zone. Dans la zone de production de Kolongo, Souleymane Coulibaly dit Koblen, un producteur de riz a pu exploiter une superficie de huit ha et demie cette année. Son champ que nous avons visité, présente une bonne physionomie et est rassurant quant à une bonne récolte. Son secret : la fumure organique. « Je n’ai pas eu de difficulté par rapport à la campagne. J’ai commencé mes premiers travaux avec la fumure organique que je prépare moi-même. Appréciez, vous même, le résultat » s’est-il exclamé. Le vieux producteur salue la présence des forces de l’ordre qui font des patrouilles. « La zone s’est beaucoup stabilisée. Cette année je compte sur 100 à 120 sacs à l’ha » a-t-il confié. De vendeuse de son, Maïmouna Coulibaly dite Bou Maï est aujourd’hui productrice de riz. Dans la zone de production de l’Office du Niger à Molodo, elle exploite une superficie de quatre ha. Bou Maï cultive du riz, du maïs, du haricot et fait du maraîchage en contre saison. Pour la campagne en cours,, elle espère un bon rendement : « Les superficies cultivées nous donnent espoir. La difficulté majeure a été l’engrais. Les sacs que j’ai reçus n’ont pas été donnés à temps. Il y a une période pour mettre l’engrais. Passé ce délai, cela peut avoir un impact sur la production ». a-t-elle expliqué. Tout comme Koblen, elle a d’abord utilisé la fumure organique. Bou Maï estime que la sécurité s’est beaucoup améliorée. «J’ai pu travailler sans contrainte aucune grâce à la présence des forces de l’ordre», a-t-elle dit. Gaoussou Traoré, producteur de riz à Dogofry, souhaite plus de sécurité dans sa zone. « La campagne se déroule bien même si on a été confronté à des difficultés liées à la sécurité et à l’engrais. J’ai dû faire des manœuvres pour acheter la quantité nécessaire pour mon champ. Mais il y a trois jours, j’ai bénéficié de la subvention », a-t-il dit. Il a expliqué que là où se trouve son champ à Dogofry, la situation s’est améliorée. « Cependant, a-t-il indiqué, les producteurs à cause de l’insécurité, n’arrivent pas à accéder à leurs champs situés sur la ligne de Farabougou. » EFFORTS CONTINUS – Dans les zones de production de l’Office du Niger, les directeurs ont bon espoir quant à l’atteinte des objectifs. Ils souhaitent que les efforts se poursuivent sur le plan sécuritaire afin que l’espoir ne s’effrite au moment des récoltes. Le directeur de la zone de production de Ké Macina, Daouda Diarra, a précisé que sa zone compte sur un rendement de 6 tonnes à l’hectare, cette année. «Sur une prévision de 10.352 ha en casier, nous avons tout cultivé soit 100%. La sécurité est assurée dans nos trois casiers. Il n’y a pas d’endroit où nos producteurs ne peuvent se rendre. Les travaux d’entretien ont, aussi, été faits à cent pour cent. C’est ce qui nous a permis cet bon résultat», a-t-il expliqué. A Niono, le directeur, qui se veut rassurant,  est convaincu que sa zone fera une campagne exceptionnelle cette année. « La physionomie est satisfaisante. Sur une prévision de 14.346 ha, nous avons pu mettre en valeur 14.145 soit 98,60%. Un taux record cette année », a-t-il indiqué, soulignant que la situation sécuritaire s’est beaucoup améliorée cette année par rapport à l’année dernière. Le directeur de la zone de production de M’bewani, Auguste Drago, espère sur une production de 149.890 tonnes. Dans sa zone, sur une prévision de  23 060 ha en casier, environ 19.500 ha ont été mis en valeur soit un taux de réalisation de 81%. « Les terres aménagées et réceptionnées de l’Union européenne (UE) et de la Banque mondiale, d’une superficie de 3.000 ha n’ont pas été exploitées à cause de l’insécurité. Les préparatifs

Dépôt de gerbe de fleurs au monument de l’indépendance : Devoir de mémoire et de reconnaissance 

Par Namory KOUYATÉ Bamako, 22 sept (AMAP) 22 septembre 1960, 22 septembre 2022, jour pour jour,  cela fait  exactement 62 ans que le Mali est indépendant. Coïncidence du calendrier, la proclamation  de l’indépendance et la célébration de ce 62e anniversaire se font le même jour, un jeudi.  Et, dans le même contexte, celui de la rupture d’avec l’ancienne puissance coloniale et  la diversification de notre partenariat. Cette date symbolique de l’accession du Mali à la souveraineté nationale et internationale,  est l’occasion pour le gouvernement de rendre hommage aux héros et aux médaillés d’or de l’indépendance. Le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, a procédé, le jeudi 22 septembre, au dépôt de gerbe de fleurs  au monument de l’Indépendance. Là, le chef de l’État a été accueilli par le Premier ministre par intérim, ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation le colonel Abdoulaye Maïga, en présence du président du Conseil national de Transition (CNT), Malick Diaw, et des membres du gouvernement. Y étaient, également, des diplomates accrédités au Mali, des officiers généraux ainsi que des autorités politiques et administratives du District de Bamako, la capitale malienne. Ce  geste du colonel Assimi Goïta salue la mémoire des personnalités civiles et militaires, nationales et étrangères qui se sont illustrées par leur engagement, bravoure et assiduité. Mais, aussi, par leur esprit civique et patriotique. Ces médaillés sont issus de différentes couches socio-professionnelles. Après l’exécution de l’hymne national par le piquet d’honneur constitué d’éléments de la Garde nationale, le président de la Transition a déposé une gerbe de fleurs, près du bûcher où s’allume la flamme de l’indépendance. Puis, la sonnerie aux morts a retenti dans un silence de respect aux disparus. Dans ses propos, le chef de l’État a rendu grâce « à Allah, le Tout-Puissant qui a permis de voir ce jour béni ». Selon lui, c’est un jour symbolique pour la nation malienne. Et d’ajouter que « c’est un jour de méditation pour nos devanciers qui se sont battus pour l’indépendance de notre nation, en l’occurrence le président Modibo Keïta et ses fidèles compagnons ». « Nous avons placé ce 62e anniversaire  sous le signe de l’union dans la souveraineté retrouvée», a dit le chef de l’État, avant de mettre l’accent sur la défense et le respect de la souveraineté. Pour lui, ceux-ci reposent nécessairement sur les intérêts du peuple malien. Et cela « est un combat de génération pour chaque Malien pétri de patriotisme, d’intégrité et de loyauté », a dit le colonel Assimi Goïta. « C’est la raison pour laquelle, a-t-il dit,  je lance un appel solennel à tous les Maliens de faire l’union sacrée autour des idéaux de la refondation. » À la fin de la cérémonie, le président de la Transition, à pied, a pris un bain de foule, pour saluer ses compatriotes venus nombreux assister à cet hommage de la nation. On rappelle que ce monument a été inauguré le 22 septembre 1995 lors du 35e anniversaire de notre indépendance par le président Alpha Oumar Konaré. Le décret 2012-118/PR-RM du 24 février 2012 le classe dans le patrimoine culturel national pour ses valeurs historiques, culturelles et architecturales. D’après l’explication du chef de division des parcs publics et monuments à la Direction nationale du patrimoine culturel (DNPC), Daouda Koné, le monument est bâti en marbre blanc sur une hauteur de 20 mètres et une base de 30 mètres. M. Koné a indiqué qu’il est inscrit sur les banquettes tout autour de ce monument les noms des médaillés d’or de l’indépendance. L’ouvrage d’art a quatre portes orientées aux quatre points cardinaux avec des coupoles et des minarets. NK/ MD (AMAP)

Me Mountaga Tall : «Il faut rassembler les énergies et compétences pour parachever l’évolution socio-politique du Mali»

Propos recueillis par Bembablin DOUMBIA Bamako, 20 sept (AMAP) Dans cette interview, le président du Congrès national d’initiative démocratique- Faso Yiriwa Ton (CNID-FYT) fait un diagnostic des différents régimes qui se sont succedé depuis l’indépendance. Me Mountaga Tall évoque aussi les réformes politiques et institutionnelles initiées par les autorités de la Transition ainsi que le chronogramme du réferendum et des élections    L’Essor : Cette année, notre pays célèbre le 62è anniversaire de son accession à l’indépendance. Quel est votre regard sur le parcours du Mali, 62 ans après ? Me Mountaga Tall : Vous savez, 62 ans pour les êtres humains, c’est l’orée du troisième âge. Mais pour une Nation, 62 ans sont presque insignifiants dans la durée. Pour autant, avec tant d’années, il est important de jeter à la fois un regard rétrospectif et prospectif sur ce que nous avons fait de notre indépendance, tirer les enseignements et nous projeter dans l’avenir. Il faut, en effet, se remémorer que l’indépendance ne nous a pas été servie sur un plateau d’argent. Ce n’était pas un octroi, mais au contraire une conquête difficile, aussi difficile qu’a été l’opposition de nos aïeux à la pénétration coloniale. Et le combat pour l’indépendance ne pouvait aboutir qu’avec la mobilisation des masses populaires. Ce qui signifie, pour leur engagement, que des promesses ont été faites, non seulement pour leur liberté, mais aussi pour leur dignité et pour un mieux-être individuel et collectif, c’est-à-dire le développement. Qu’avons-nous fait de cela en 62 longues années ? Nous avons connu trois Républiques et différents régimes. Personne ne pourrait soutenir valablement que chacun de ces régimes ou que chacune de ces Républiques ait tout réussi ou tout raté. On ne gouverne pas impunément, dit-on. Donc, il y a des insuffisances partout, des reproches à faire à chacun de ces régimes et à ces différentes Républiques. Mais il y a aussi des acquis. Ce qui est regrettable, aujourd’hui, nous n’avons pas eu le courage, au Mali, de faire le bilan. Et pour ceux qui ont gouverné de faire leur autocritique. Or, en prenant chacun de ces régimes, on peut trouver une part d’actions qui nous ont conduit vers la tenue des promesses faites mais, aussi, une part sombre. Allons-nous avoir l’intelligence et le courage d’aller, non pas vers ce qui s’est vu ailleurs, c’est-à-dire des Commissions vérité, justice et réconciliation, mais que pour le Mali et son bien, nous allions vers une Commission vérité et réconciliation en se disant qu’on n’a pas besoin, aujourd’hui, d’aller vers des règlements de compte judiciaires ? Si nous réussissons à faire cela, nous pourrions réconcilier ceux qui, sous la première République, ont bénéficié des retombées du développement économique et social de notre pays et ceux qui ont connu une répression dure. Ceux qui, sous la deuxième République, ont bénéficié de la protection de l’Etat à travers un certain nombre de dispositifs et ceux qui ont souffert le martyre sous le parti unique et constitutionnel. Sous la troisième République, il y a des acquis fondamentaux dans différents domaines qui sont réels mais aussi la chasse aux opposants. Et nous avons connu des ruptures brutales et sanglantes plus d’une fois. Il faudrait que nous ayons le courage d’en parler. Quoi qu’il en soit, 62 ans après, nous pouvons, aujourd’hui, nous enorgueillir d’un certain nombre d’acquis qui se sont consolidés ces dernières années. Au-delà de l’indépendance juridique et formelle, aujourd’hui, chaque Malien au plus profond de lui-même, parle de la souveraineté du Mali, de l’indépendance du Mali, de respect dû au Mali et à ses autorités, du respect de la dignité du Malien. Sur ce socle, consolidé après six décennies, nous pouvons avoir droit à tous les rêves pour aller vers ce mieux-être individuel et collectif que nous continuons à rechercher. L’Essor : Quelle est votre appréciation de l’évolution de la situation sociopolitique du Mali ? Me M.T : Il y a deux ans, une vague de fond s’est soulevée dans notre pays pour contester la gouvernance. Ce mouvement a été porté par le Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP) qui s’inquiétait des dérives et qui avait dit très clairement que si des solutions n’étaient pas apportées, le Mali risquait de disparaitre en tant que Nation, République laïque et démocratique. Cet appel a été entendu. Nous avons été témoins des manifestations monstres non seulement à Bamako, à l’intérieur du pays mais aussi au niveau de la Diaspora, pour demander essentiellement un nouveau Mali, le Mali Kura, qui devrait en vérité traduire en actes concrets tous les engagements, toutes les promesses formulées depuis soixante années : consolider les acquis, corriger et rectifier les insuffisances. Depuis, une refondation du Mali est en cours. Un chronogramme sur la refondation est élaboré qui ne pourrait s’achever pendant la Transition en cours, mais dont les fondements devraient être posés avant la fin de la Transition. Ce qui suppose que sur le plan institutionnel et politique, il faudrait aller vers des normes nouvelles qui devraient, avant tout, être fixées dans une nouvelle Constitution. Les Maliens se rappelleront que trois tentatives de réviser notre Constitution ont échoué. Il y a aujourd’hui une opportunité extraordinaire, enfin, à tenir compte de l’œuvre du temps. Parce que notre Constitution, aujourd’hui, a 32 ans. Donc, il faut l’adapter au contexte actuel. Mais, une Constitution ne se mange pas, ne se boit pas. Il faut qu’au-delà, la refondation porte sur les avancées en matière économique, social et de sécurité qui sont, aujourd’hui, notre talon d’Achille. Pour cela, il faudrait que chacun des Maliens se sente comptable du devenir de notre Nation. Nul ne doit s’auto-exclure et nul ne doit être exclu. Il s’agit, aujourd’hui, dans une démarche intelligente, de rassembler tous ceux qui ont l’amour et le souci du Mali sur des bases très claires : le patriotisme, l’intégrité et la compétence. Et ces différentes qualités se retrouvent chez les jeunes et les anciens, chez les femmes et les hommes, dans la société civile et dans la classe politique, chez les militaires comme chez les civils. Rassembler ces énergies et compétences vont nous

Rentrée scolaire : Des parents d’élèves dans l’angoisse de la hausse des prix  

Par Sidi Y. WAGUE  Bamako, 19 sept (AMAP) La rentrée scolaire 2022-2023, au Mali, est prévue pour le 16 septembre 2022 pour les administrations scolaires, notamment les Académies d’enseignement (AE), les Centres d’animation pédagogique (CAP) et le 3 octobre 2022 pour la reprise effective des  cours pour les élèves. Au même moment, des populations souffrent toujours des séquelles des sanctions économiques et financières de la Communauté économique des Etats l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA) qui lui avaient été imposées, du 9 au janvier au 3 juin 2022. Ces sanctions ont entamé le portefeuille et le revenu de bon nombre de parents d’élèves. Ainsi, l’annonce des premières dates de la reprise des classes a fait l’effet d’un tollé dans le pays. Malgré cette difficile conjoncture économique, les parents d’élèves n’ont pas le choix. Ils doivent se plier à cette obligation d’offrir à leurs enfants des fournitures scolaires, après avoir payé leur réinscription. A quelques semaines de la reprise de l’école, l’équipe de reportage de l’AMAP est allée à la rencontre de certains parents d’élèves et revendeurs de fournitures. Sinaly Gakou, revendeur de pièces détachées et père de deux enfants. L’une de ses filles doit faire la 9è année du niveau fondamental, tandis que l’autre passe du jardin d’enfants à la 1ère année de l’école primaire. Ce chef de famille, qui doit acheter des fournitures scolaires pour ses enfants, se fait déjà des soucis face aux multiples dépenses auxquelles en vue. « Car, les conséquences de la crise sanitaire liée à la Covid-19 auxquelles se sont ajoutées les sanctions de la CEDEAO, la hausse du prix du carburant provoquée par la guerre Russie-Ukraine ont installé notre pays dans une conjoncture actuelle très difficile », constate M. Gakou. Notre interlocuteur explique donc, par ces facteurs, ses difficultés financières du moment à pouvoir faire face aux dépenses de fournitures scolaires de ses enfants. Avec aussi deux enfants, dont l’un doit faire la 3è année du primaire et l’autre qui doit commencer en maternelle, Oumar Diaw est un chef de famille qui ne respire pas la sérénité. Revendeur de pomme de terre et d’oignons au marché de N’Tabacoro, Diaw, doit payer 10.000 Fcfa, par mois, pour chacun de ses enfants inscrits dans un établissement privé. Il dit avoir, pour le moment, des difficultés financières pour acheter les fournitures scolaires des enfants. « Mes énormes dépenses de famille, le loyer qui s’ajoutent à la conjoncture actuelle du pays, ne sont pas étrangers à mes soucis », soutient-il. Oumar Diaw se propose d’attendre, quelques jours, avant la rentrée scolaire, pour s’informer auprès des écoles de ses enfants. Pour cette veuve, qui a voulu rester dans l’anonymat, la situation économique n’est pas, non plus, confortable. Pour l’achat des fournitures scolaires, elle espère rencontrer des personnes charitables. Elle n’a, pour le moment, aucune idée du nombre de livres, de cahiers et autres fournitures scolaires qu’il faut acheter. Yaya Guindo est revendeur de fournitures scolaires (cahiers, livres, sacs). Il soutient que les achats de matériel didactique sont très timides. Les clients, par jour, peuvent se compter sur les doigts d’ une main. Ce commerçant qui cédait un matériel pédagogique à 500 Fcfa, l’année dernière, le vend, en 2022, entre 750 à 1 000 Fcfa « à cause de la situation économique actuelle du pays ». « Les clients, fait remarquer Guindo, ont la volonté d’offrir des fournitures scolaires à leurs enfants mais, les difficultés financières qui les assaillent douchent leur élan ». « Les temps sont durs pour certains renchérit, de son côté, le revendeur de matériel didactique, AllayeTembely. Il en veut pour preuve le nombre de 4 à 5 clients qu’il reçoit par jour, cette année, « contre 20 à 25 par jour, l’année dernière ». Et d’ajouter que les cahiers de 100 pages étaient vendus entre 1 100 à 1 250 Fcfa en 2021 contre 1 500 Fcfa ,cette année. à cause de la cherté de la vie. Il ne travaille que de 7 heures du matin à 18 heures. Alors que sa boutique ouvrait ses portes, l’année dernière, à 7 heures pour ne fermer que vers 21 heures. « Car il y avait de la clientèle et les produits coulaient », dit le revendeur. Les achats de fournitures scolaires n’ont pas encore décollé chez son collègue Yacouba Diarra à N’Tabacoro. « Je crois que cette situation est due au manque d’argent chez les parents d’élève » dit le commerçant-détaillant qui rappelle que les autres années, les achats se multipliaient. Il explique la situation économique actuelle des parents par la mauvaise saison des pluies de l’année dernière. « En 2021, rappelle le revendeur de fournitures scolaires, les sacs d’écoliers des classes de 1ère et 2è années du fondamental étaient cédés entre 1 750 et 2 000 Fcfa. Ceux des classes de 4è et 5è années étaient cédés entre 4 000 à 5 000, voire 7 500 Fcfa, la même année ». Yacouba soutient qu’en 2022, les prix n’ont pas, pour l’instant, connu de hausse. SYW/MD (AMAP)   

Vieux Farka Touré : L’album du retour aux sources

Par Moussa BOLLY Bamako, 16 sept (AMAP) Après avoir exploré plusieurs pistes et expérimenté des genres musicaux afin de se faire une identité musicale propre, Vieux Farka Touré semble désormais décidé à suivre les traces de son illustre père en s’abreuvant aux racines du blues. Et cela avec un album bien nommé : «Les Racines». Une œuvre de dix titres produite sous le label World Circuit et qui est disponible sur toutes les plateformes depuis le 10 juin 2022. «Revenir aux racines de cette musique est un nouveau départ pour moi et je n’ai jamais passé autant de temps ou travaillé aussi dur sur un album. Je savais que ça devait être profond, durable et puissant. J’ai donc pris beaucoup de temps pour réfléchir à comment le faire et le mettre ensemble». C’est la confession faite par Vieux Farka (de son vrai nom Bouréima Touré) à la presse, à la veille de la sortie de son nouvel opus, «Les Racines». Même si son talent est incontestable, le jeu de guitare et les arrangements des œuvres de Vieux Farka Touré s’apparentaient, jusque-là, à un bruyant rock ‘n’ roll (Rock and Roll) qu’aux envoûtantes mélodies des monstres sacrés du blues, comme son père, feu Ali Farka Touré. Au début de sa carrière, l’ambition du jeune artiste était sans doute de s’affranchir de la notoriété de son charismatique et légendaire papa, en s’ouvrant sa propre voie vers la célébrité. Et, il y est parvenu avec plus ou moins de succès avec ses différents albums. Il s’agit notamment de «Vieux Farka Touré» (Modiba/World Village ; 2006), «Fondo» (Six Degrees Records, 2009), «The Secret» (Six Degrees Records, 2011), «Mon Pays» (Six Degrees Records ; 2013) et «Samba» (Six Degrees Records, 2017). Des œuvres qui lui ont  quand même ouvert les portes du showbiz mondial. Et cela à travers un genre atypique défini par certains critiques comme «un syncrétisme musical à base de blues, funk et reggae, agrémenté de tradition malienne». Et cela avec des sources majeures d’influence comme Jimmy Hendrix, James Brown, Michael Jackson, Bob Marley… Ce qui fait que les fanatiques du blues l’écoutaient beaucoup plus par reconnaissance que par admiration. Aujourd’hui, le jeune virtuose de la guitare semble avoir pris conscience de toute sa responsabilité en tant qu’héritier, en tant que fils d’un terroir qui s’est toujours ouvert au brassage, sans jamais y laisser son âme. «Quoi que tu fasses, quel que soit l’endroit où tu pars, quel que soit le domaine où tu évolues, à un moment, tu dois retourner chez toi… Il faut savoir regarder en arrière, vers nos ancêtres», déclare Vieux pour justifier son retour aux sources. SUR LES TRACES DU PERE – Selon des critiques, les dix titres de «Les Racines» dégagent l’exquis parfum d’un «desert blues» pur et accrocheur. «Ça, c’est vraiment la musique que je dois faire. C’est la musique de chez moi, de là où je suis né, de là où j’ai grandi», a-t-il reconnu devant des confrères de la presse internationale. Ce nouvel album marque certainement un tournant décisif dans la carrière de ce talent jovial et taquin. Il propulse sa carrière dans une autre dimension avec des titres captivant comme «Gabou Ni Tie». En plus de le ramener aux racines du blues, reconnaissent des critiques, «ce titre propulse aussi Vieux Farka dans la dynamique de l’engagement artistique» de son regretté père. «Dans mon pays, le Mali, l’éducation traditionnelle est très importante pour remplir par la suite ses fonctions d’adultes. Il s’agit ici d’une jeune fille qui ne veut pas suivre cette éducation ancestrale. Elle passe tout son temps à vagabonder, elle n’écoute pas les conseils de ses parents et ne fait que des mauvaises fréquentations. Là, on lui demande de revenir dans le rang parce qu’on a des valeurs coutumières à respecter. Tu dois respecter tes parents et toute la communauté pour la conservation de nos valeurs traditionnelles», raconte le fils d’Ali Farka à propos de ce titre dans lequel il doit, sans doute, se reconnaître en partie. Quant au titre «Les Racines», il le réconcilie  avec la musique songhaï que des critiques qualifient de «desert blues». Un genre atypique rendu célèbre par le regretté Ali Farka Touré. Une légende qui a su brillamment relever le défi de prouver que les racines du blues sont Afrique, notamment sur les berges du Djoliba (fleuve Niger). Et pour ce virage dans sa carrière, Vieux ne pouvait mieux trouver que «World circuit», une maison de production qui a été le tremplin du rayonnement mondial de son défunt et illustre père. Une première ! «C’est compliqué de travailler avec Nick Gold parce que ce n’est pas n’importe qui : c’est un père pour moi», confesse Vieux. Et d’ajouter, «il a voulu attendre que je fasse d’autres projets avant de collaborer. Pour ce disque, c’est comme si Ali était avec moi, donc c’était une très grosse pression pour moi de travailler avec lui. Nick est très exigeant… Le jour où j’ai enfin soufflé, c’est quand il m’a appelé pour me féliciter pour l’album. C’était comme si Ali Farka venait me dire : mon fils, tu as bien travaillé» ! Un soulagement d’autant plus que, reconnaît le jeune artiste, «quand tu viens d’un monde musical de rock et de pédales… et, soudain, revenir à la tradition, à ce monde de savoir, ce n’est pas facile, surtout quand tu sais que Nick Gold est le producteur. C’était vraiment marcher dans les pas de mon père, sans aucun artifice». Le guitariste virtuose suit également les traces de son père en collaborant sur cet album avec des stars comme Amadou Bagayoko (Gabou Ni Tie) et Madou Sidiki Diabaté (Les Racines). QUETE D’UNE SONORITE ATYPIQUE – Absent des bacs depuis 2017 (l’album Samba), Vieux Farka Touré, a profité du coup d’arrêt imposé par la pandémie du Coronavirus pour faire le point de sa carrière et penser à l’avenir. «J’avais envie de faire un album plus traditionnel depuis très, très longtemps. C’est important pour moi et pour le peuple malien de rester connecté à nos racines et à notre histoire», reconnaît-il. «C’est toute une réflexion qui me travaille depuis très

Le théâtre pour enseigner la citoyenneté dans la Commune de Massigui

Par Youssouf DOUMBIA Bamako, 16 sept (AMAP) Le théâtre de sensibilisation ou théâtre utile a de beaux jours devant lui, surtout dans un pays frappé par une crise multidimensionnelle comme le Mali. Deux pièces de théâtre pour sensibiliser la jeunesse et les populations à la citoyenneté de dix villages de la Commune rurale de Massigui, dans la Région de Dioïla, pas loin de Bamako, la capitale malienne. Voilà la dédicace du comédien Seydou Doumbia. «Jeunesse et cohésion sociale» et «San bèna k’a ko to ngomi yé» ou « Après la pluie, c’est la rosée» des œuvres écrites et mises en scène par un duo bien connu dans le théâtre malien, Aguibou Dembélé et Issa Coulibaly. La pièce «Jeunesse et cohésion sociale» est jouée par onze personnages. Ce sont deux groupes de jeunes issues de mouvements politiques différents, les jeunes du même bord que les autorités communales convient à une réunion avec le camp adverse, initiée par le secrétaire général de la jeunesse communale, pour parler de travaux d’utilité publique qui rentrent dans le cadre de la citoyenneté. Au départ, il y avait la réticence du camp adverse qui pensait que toute personne qui ne milite pas dans le même parti que les autorités ne doit pas contribuer au développement communautaire. Par finir, l’entente revient au sein de la jeunesse, pour le bonheur de la commune. Quant à la deuxième pièce, elle regroupe six personnages et parle d’une incompréhension entre la jeunesse et les personnes âgées aux commandes des affaires communales. Les jeunes pensent que les ainés ne veulent pas aller à la retraite pour céder la place. Chaque partie a des arguments à avancer mais. à travers une initiative prise par les jeunes pour le développement communautaire, les ainés finissent par faire confiance aux jeunes pour préparer la relève. C’est à travers une tournée populaire très suivie que les 17 jeunes, de la Commune qui venaient d’être initiés à l’art dramatique par Seydou Doumbia, lui-même,  ont, non seulement, égayé les populations mais, également les ont sensibilisées sur les enjeux de la citoyenneté. Une tournée qui a eu lieu du 13 au 30 août dernier. En effet, dans le cadre du projet de sensibilisation avec pour thème : « Jeunesse et participation citoyenne au développement communautaire de Massigui », financé par l’ambassade royale du Danemark à travers le Famoc, la troupe a eu des représentations dans dix localités : Massigui, Ndjissembougou, Sérimanbougou, Falla Massara, Toukoro, Sanankoro, Séribala, Togo et Baba. La troupe Sigida est composée  de Oumar Thiero dans le rôle de Barou, Monzon Dembélé dit Jean, Nah Doumbia, Djénébou Coulibaly, Nana Konaté, Boubacar Diossé Doumbia, Maimouna Thiero, Karia Koné, Bintou Sangaré, Mahawa Coulibaly, Drissa Dramé, Konimba Coulibaly, Bakary Coulibaly, Moustapha Doumbia et Drissa Coulibaly. Malgré la saison des pluies qui bat son plein, les populations ont tenu à montrer leur enthousiasme par rapport à un tel évènement. L’initiateur, originaire de Massigui, en était le premier surpris. « A chaque étape, le public est sorti massivement pour envahir les différentes places publiques qui recevaient les représentations. Les enfants, les femmes, les adultes, malgré la fatigue des travaux champêtres de la journée tenaient à venir se faire plaisir à travers les deux pièces de théâtre que nous leur avons proposées, témoigne notre interlocuteur. Le spectacle a eu un tel succès que les 43 autres localités de la Commune de Massigui nous ont sollicité. Malheureusement, le projet ne permettait pas de couvrir ces derniers. » Le projet a pour but de renforcer le degré d’implication et de participation des jeunes à leur propre développement au niveau local. Il consiste à amener la jeunesse à devenir les vrais acteurs du développement de la commune de Massigui. Il doit permettre de renforcer l’engagement de la jeunesse dans l’exercice du leadership et de la citoyenneté. Au cours de la formation, qui a regroupé 90 jeunes, l’accent a été mis sur le leadership des jeunes. Ils doivent être les acteurs du développement local et du bien-être social. Vingt jeunes dont dix filles, y compris les personnes marginalisées, ont suvi la formation dramatique. YD/MD (AMAP)

Amadou Sanogo : Le peintre qui fait voyager le Mali

Par Youssouf DOUMBIA Bamako, 16 sept (AMAP) Le week-end dernier, du 9 au 12 septembre, la célèbre Foire internationale d’art de New York dénommée «Armory Show» a donné l’occasion au Malien Amadou Sanogo de présenter six de ses récentes œuvres au monde entier : Le voyage, Le boubou, Les charmeurs, Le flou, Le maître et Récoltes sombres. Toutes issues de la collection Courtesy Galerie Magnin-A de Paris. « Malgré les rumeurs d’une récession imminente et l’anniversaire du 11 septembre 2001, un grand nombre d’exposants de cette foire ont affiché des résultats spectaculaires », indique Le Quotidien de l’art. Organisé dans le Javit Center, l’Armory Show, qui couvre un espace de 23 mille kilomètres carrés, a reçut  90 exposants de plus que l’an dernier. C’est l’une des plus grandes foires au monde avec plus de 250 mille visiteurs par jour. Notre compatriote, le peintre Amadou Sanogo, dont les œuvres parcourent le monde et font connaître le Mali aux quatre coins de la planète, doit sa présence à cette foire importante à l’originalité de ses créations, à sa célébrité et, en partie à la Galerie Magnin-A de Paris. Une structure reconnue au niveau international. Cette forme de reconnaissance s’explique en partie, d’après l’artiste lui-même, par le fait que nombreuses de ses œuvres sont dans des collections américaines comme The West Collection de Pennsylvania et The Pizzuti Collection de l’Ohio. Et, de plus en plus de professionnels américains de l’art s’intéressent, depuis quelques temps, à son travail. Amadou Sanogo est né au Mali, à Ségou (Centre) en 1977 et vit à Bamako. Il est diplômé de l’Institut national des arts (INA) à Bamako, une école des Beaux-Arts réputée en Afrique de l’Ouest. Dans ses œuvres, Amadou Sanogo raconte l’histoire du Mali, tout autant que des évènements plus récents ou ses expériences de vie. C’est un artiste qui s’exprime avec des symboles d’apparence simples mais qui évoquent des thèmes d’une grande profondeur comme les identités au sein de nos sociétés. SINGULARITÉ – Amadou Sanogo a exposé dans diverses biennales dont Dak’art ainsi que dans de nombreuses foires dont 1.54, Foire d’art contemporain à Londres et à New York ou encore AKAA Foire d’art contemporain à Paris. Ses travaux ont voyagé à travers le monde (Portugal, Sénégal, Belgique, Côte d’Ivoire, France, Maroc, Burkina Faso, Grande-Bretagne). «Je me pose beaucoup de questions sur les paroles bambara, le système de fermeture social malien et même international qui sont des handicaps pour notre développement. Je me demande comment faire pour arrêter cette fermeture». Amadou Sanogo évoque volontiers ses origines : « pour savoir où l’on va, il faut savoir d’où l’on vient ». Il est l’héritier de cette terre d’histoire, symbole de résistance et dotée d’un riche patrimoine artistique. Obstiné, Amadou Sanogo a trouvé sa voie en dehors de celles qu’on lui avait tracées. On le voulait ingénieur, il a préféré l’INA. Alors « qu’un noble ne doit pas se permettre des activités de griots », il se forme à la technique du Bogolan, tissu emblématique de la culture malienne, avant de se tourner vers la peinture. Contrarié par l’enseignement académique, Amadou Sanogo décide de poursuivre ses recherches plastiques et développer son propre langage. Sa singularité l’amène à collaborer en 2006 avec Simon Njami et Pascale Marthine Tayou. L’artiste, Abdoulaye Konaté, ancien directeur du Conservatoire des arts et métiers, multimédia Balla Fassé Kouyaté (CAMM-BFK) lui apporte son soutien. Humaniste et libre-penseur, il se nourrit également de la tradition qu’il utilise comme source de connaissances, de sagesse et d’inspiration. Il s’intéresse aux proverbes bambara qu’il considère comme essentiels à la compréhension de la culture malienne dans toute sa diversité. Dès son plus jeune âge, il est respecté par tout son entourage pour sa capacité d’écoute et son objectivité. Engagé et fédérateur, il crée en 2014 l’Atelier Badialan où il accueille des jeunes artistes. Pour la première fois à Bamako, sans chercher d’aide, des artistes financent leur propre atelier, vivent et travaillent ensemble, créent dans l’émulation, en toute liberté et mettent leurs connaissances au service du public. YD/MD (AMAP)

Parc zoologique : La grande attraction

Par Djénèba KASSOGUÉ Bamako, 15 sept (AMAP) Juché sur les flancs de la colline de Koulouba, le jardin zoologique national. Il est très fréquenté par les enfants en cette période de vacances. Animaux, installations de divertissement, paysage boisé, cet endroit unique dans la capitale permet aux petits et aux grands de se détendre en cette période de vacances. Une visite qui participe de l’éducation des enfants, surtout des écoliers. Le parc zoologique communément appelé «Waraba fèlè so» informe à travers l’exposition de panneaux (fiche d’identité des animaux et des espèces). Un jour de samedi, vers 16 heures, aux alentours du zoo national, notre équipe de reportage a été pris dans un embouteillage monstre. Les enfants accompagnés de leurs parents font le rang devant l’entrée du parc. À tour de rôle, les adultes passent au guichet pour prendre leurs tickets. Le prix du ticket varie selon l’âge. Il est de 500 Fcfa pour les enfants âgés de 5 à 12 ans. C’est 1 000 Fcfa pour 14 ans et plus. Des vigiles, en uniforme, procèdent à des fouilles de sécurité. Les sacs y passent, pour s’assurer qu’ils ne contiennent pas d’objets tranchants : couteau, lame, ciseaux. Sur le visage des enfants, de la joie et un sourire. Ils ont  hâte de voir les animaux. Une quarantaine minutes d’attente, et nous voilà, enfin, à l’intérieur du jardin zoologique. Le décor est beau. Le paysage est boisé. Les espaces vides sont couverts de verdure. La partie dédiée aux chimpanzés est bordée d’arbres sur lesquels sont fixés des hamacs. Dans une fosse coule une rivière artificielle. Un pré est destiné aux biches, aux buffles et aux autruches. La mobilité des visiteurs du jardin zoologique est facilitée par des allées revêtues de gazon ou de dalles. Le parc recèle une grande volière, un aquarium et un vivarium. Le zoo propose un espace de détente et de loisirs. C’est une école sur la nature pour les visiteurs. Les parents et leurs enfants peuvent approfondir leurs connaissances sur la préservation et la conservation des espèces animales. Lors du passage de notre équipe de reportage, il y avait une ambiance bon enfant. Les tout-petits, heureux de se retrouver dans un cadre si enchanteur, couraient dans tous les sens. Les vendeurs de pop-corn, de crevette, de barba papa et de glace font de bonnes affaires. Les enfants sont friands de ces délices qu’ils dévorent, tout en savourant le moment de bonheur. TICKET TROP CHER – Assis sur un banc en train de savourer leurs glaces, trois enfants se font prendre en photo par leur père. À côté d’eux, le jeune Sékou Diallo, 8 ans, se tient près de ses parents. Il en était à sa troisième visite au zoo depuis le début des vacances. «J’adore venir au parc car j’aime regarder les animaux et apprendre le maximum sur les différentes espèces», souligne le petit garçon qui dit sa préférence pour l’éléphant et le lion. Son père Ibrahima Diallo estime que le zoo permet aux enfants de voir les animaux de près. «On devrait revoir le prix. Le ticket d’entrée pour un enfant de 13 à 16 ans est de 1 000 Fcfa et les enfants de 4 ans à 13 ans déboursent 500 Fcfa. C’est trop cher», regrette Ibrahima Diallo. Un jeune couple en uniforme de couleur bleuâtre assis sur un drap étalé à même le sol regarde les enfants jouer à la balançoire. Le jeune futur marié Souleymane Bamba  habite  Bolibana. Le zoo est son lieu de détente préféré et il adore regarde l’éléphant. Il appelle la direction du zoo à baisser le prix du ticket d’entrée. « Tout le monde ne peut pas payer 1 000 Fcfa », indique Souleymane. Son ami, Bourama Bamboudjou, qui a entendu notre conversation sur le prix, rappelle qu’autrefois, le prix du zoo n’était pas élevé comme il l’est aujourd’hui. Il se souvient que les enfants payaient 300 Fcfa et les adultes 500 Fcfa. « Je me demande pourquoi ils ont augmenté le prix de 500 à 1 000 Fcfa», confie Bourama. Au centre du zoo est aménagé un petit bac à sable. Une balançoire, un toboggan (jeu pour enfant)  attirent les gosses. Moussa Keïta, 5 ans, joue sur le toboggan. Il se réjouit d’être au zoo. Il commente sa visite : «J’ai vu le serpent, l’éléphant, le lion, le singe, le poisson, le crocodile ». Le petit Moussa, un grand sourire aux lèvres, confesse : «l’animal qui m’attire le plus est le lion». Certains enfants jouent à effrayer d’autres. C’est le cas de Mohamed Sissoko. Assis sur la balançoire, il pousse des cris pour faire peur à sa grande sœur. L’élève de 2è année dit être venu au zoo pour jouer et regarder les animaux. «À l’école, si quelqu’un me montre la photo d’un animal, après ces visites, je serai en mesure de dire l’espèce et le nom, car je l’ai déjà vu au zoo», révèle Mohamed. Il s’empresse d’ajouter que les animaux qui le fascinent sont l’hyène et le singe. Quatre jeunes filles sont debout sur un pont en bois. En dessous, coule une rivière.  Un éléphant s’y ébat. Mariam Sangaré, une jeune lycéenne, trouve que le zoo est un véritable lieu de détente, de distraction et de rencontres entre amies. «Il nous permet de nous revoir entre amies et de passer une excellente journée autour des animaux», ajoute-t-elle, toute à sa joie. La sexagénaire Fatoumata Coulibaly est venue accompagner ses petits-enfants. Elle souligne que le zoo ne représente aucun danger pour les enfants et il leur permet, au contraire, d’approfondir leurs connaissances et l’apprentissage à l’école. Mais elle pense que le prix d’entrée est élevé. Le parc zoologique reçoit combien de visiteurs par jour ? Combien gagne-t-il par jour ? Y a-t-il souvent des incidents entre les visiteurs et les animaux ? Autant de questions auxquelles les responsables et les agents du zoo n’ont pas voulu répondre. DK/MD (AMAP)            

Tiandougou-coura : Un sorgho à double usage, fruit de la recherche agronomique du Mali  

Par N’Famoro KEITA Bamako, 15 sept (AMAP) L’agriculture, nourrir tous les Maliens, doit relever un double défi : accroître la production et la productivité et l’intégrer à l’élevage. Les chercheurs du Mali, notamment ceux du programme sorgho au Centre régional de recherche agronomique (CRRA) de l’Institut d’économie rurale (IER) de Sotuba travaillent sur ces questions. Fruit de leur recherche : Tiandougou-coura, une variété hybride, est un sorgho à double usage : ses grains sont utilisés pour la consommation humaine et les pailles (tiges, feuilles) qui sont jugées riches en fer, zinc, calcium et protéine, servent d’aliment pour le bétail. Le but visé est de réussir l’intégration de l’agriculture et de l’élevage. Cela à travers la mise au point de variétés de sorgho combinant le haut potentiel de rendement grain, la qualité de grain et une bonne qualité de paille plus digestible pour les animaux. Mardi 30 août dernier. Un soleil doux berce la cour de l’IER à Sotuba, en Commune I de la capitale, Bamako. D’une superficie de 264 hectares, cette quasi-forêt classée embaume les lieux de son odeur. Son climat doux et humide attire des oiseaux qui gazouillent sans discontinuer. Chercheur et chef au programme sorgho de l’IER, Dr Abdoulaye Diallo, et son équipe se dirigent vers les parcelles destinées aux différents types de sorgho à double usage. Sous un ombrage dense, s’entrecoupent plusieurs pistes parsemées de flaques d’eaux. Elles mènent chacune à une parcelle de culture. Ces variétés de sorgho à double usage ont été améliorées par les chercheurs de l’IER. Leur état végétatif est impressionnant, à tout point de vue. Parmi elles, le Tiandougou-coura est le plus convoité par les cultivateurs. Le chercheur basé au CRRA de Sotuba explique le centre détient actuellement 4 hectares de semences de base de Tiandougou-coura, une variété photosensible de taille réduite (2,5 m) par rapport aux variétés locales (4 à 5 m). « Ce qui, précise Dr Abdoulaye Diallo, lui confère une résistance à l’averse contrairement aux variétés de haute taille ». « Sa paille renferme plus de protéines brutes et moins de cellulose que les variétés locales. Donc plus digestible par les animaux que les variétés locales », ajoute-t-il. DES TONNES DE PAILLES PAR HECTARE – Selon lui, son rendement est, tout aussi, intéressant. Tiandougou-coura produit 2,5 tonnes de graines et 15 tonnes de paille par hectare. « Elle n’est cultivée que dans les conditions pluviales entre les isohyètes (lignes de même pluviosité) 800 et 1000 mm », explique Dr Abdoulaye Diallo. Il précise la floraison de cette espèce a lieu entre fin septembre et début octobre quelle que soit la date de semis. «La variété résiste à la sècheresse post florale», assure le chercheur en agro-pastoralisme. « C’est pourquoi elle continue de gagner du terrain depuis son homologation en 2012 », sourit le chercheur. « Les agriculteurs l’apprécient également grâc, notamment, à sa qualité culinaire, sa résistance à la sécheresse, au striga et à sa qualité fourragère», renchérit-il. Les paysans sont unanimes que la consommation de ses grains est bénéfique pour les femmes allaitantes et les personnes atteintes de diabète. Tiandougou-coura est une variété caractérisée par son trait «stay green» c’est-à-dire la majorité de ses feuilles restent vertes jusqu’à la maturité physiologique lui conférant ainsi le caractère de double usage. « Pour conserver son fourrage, conseille-t-il, les pailles (tige et feuilles) récoltées sont séchées soit à l’ombre ou étuvées puis stockées dans un endroit sec ». «Pour alléger la charge des producteurs contre la flambée des prix de l’engrais, on améliore un système de 45 kg d’engrais par hectare, ce qui fait 2 grammes par poquet», explique le chercheur. « Pour éviter les petits problèmes, ajoute-t-il, il est demandé aux paysans d’avoir un ou un voire trois pieds de plants par poquet ». Le sarclage est fait trois fois, tous les 15 jours. « Après la récolte, indique notre interlocuteur, ses grains doivent être séchés au soleil avant de les garder dans un endroit propre ».   RICHES EN NUTRIMENTS – « Plusieurs recettes, développées en collaboration avec le Laboratoire de technologie alimentaire de Sotuba sont faites à base Tiandougou-coura », s’émerveille Diallo. Il cite la brisure de sorgho aux légumes, du couscous de sorgho malté, Soral instant (sorgho-arachide-lait), le pain de sorgho aux légumes et la bouillie de sorgho aux arachides. Le chercheur sexagénaire estime que ces recettes qui sont riches en nutriments, peuvent constituer une source de revenus pour les femmes. Autant d’atouts qui lui valent l’appréciation des producteurs. Djanko Coulibaly cultive Tiandougou-coura à Kéniéroba, Commune de Boudofo, Région de Kita. Joint au téléphone, il confirme avoir cultivé 1,5 hectare de sorgho à double usage. Pour l’entretien de son champ, il recourt au service d’ouvriers qu’il paie à 1 500 voire 2 000 Fcfa par jour. Le travail dure de 8 à 16 heures. «Il pousse robustement sur notre sol. Ma production est de 2 à 4 tonnes par hectare selon la façon d’aménager le lopin de terre», indique-t-il, attestant que son fourrage est très nutritif pour le bétail. Et depuis deux ans, Djanko Coulibaly nourrit ses ovins avec du fourrage de Tiandougou-coura, avant de les vendre à la veille de la fête de Tabaski. « Grâce à l’utilisation de l’engrais organique, se réjouit-il, la parcelle donne un bon rendement ». «Je peux, souvent, décharger 400 charretées dans le champ», explique le sexagénaire. Il invite les cultivateurs à suivre les conseils utiles des spécialistes et à choisir la variété céréalière améliorée. Depuis une trentaine d’année, Djanko Coulibaly collabore avec l’IER qu’il a connu grâce à son père. Conseiller d’agriculteur et vendeur de semences à Dioïla, près de Bamako, Yalali Traoré, nous confirme au téléphone que de nombreux producteurs achètent la semence de Tiandougou-coura dans sa localité. Il ajoute que « ces agriculteurs font de bonnes productions et arrivent à assurer leur approvisionnement en aliment bétail ». Outre Tiandougou-coura, les chercheurs de l’IER ont amélioré d’autres variétés mais peu connues du grand public : Sassilon, le Double usage 17 (U-17) et le Soubatami, etc. NK/MD (AMAP)

Immatriculation des motocycles, vélomoteurs et tricycles : En demie teinte

Par Amadou GUÉGUÉRÉ Bamako, 14 sept (AMAP) Plus de 1.500 cartes grises délivrées sur une prévision d’au moins 15.000, quelque 9.402 personnes ont obtenu leur permis de conduire sur 11.390 candidats présentés. Tel est le bilan de la phase initiale de l’opération spéciale d’immatriculation des motocycles, vélomoteurs et tricycles et de délivrance de permis de conduire. Lancée le 15 novembre 2021, elle a pris fin le 15 août dernier. L’objectif était de créer des conditions pour que de nombreux usagers puissent se mettre en règle. A l’heure du bilan de cette phase initiale, les attentes ne sont pas comblées. Des voix s’élèvent pour demander une prolongation. Le directeur national des transports terrestres, maritimes et fluviaux, Mamadou Sow, plaide pour la prolongation jusqu’à la fin de l’année, au regard des difficultés constatées durant ces 9 mois d’activités. Beaucoup de Maliens se souviennent encore des souffrances endurées, notamment dans la cour de la Direction régionale des transports du District de Bamako, ex-Office national des transports (ONT), qui abritait l’un des trois centres d’examen de l’opération dans la capitale. Un interlocuteur anonyme, qui a obtenu son permis de conduire, raconte : «J’ai passé plusieurs mois sans obtenir la carte grise. Ils te demandent de déposer une copie de l’acte de dédouanement de l’engin et d’attendre le temps de retrouver l’original dans les archives de la douane ». « J’ai attendu quatre mois sans être appelé. J’ai changé de moto entre-temps. Il y a moins d’un mois, j’ai été voir si les choses avaient évolué mais rien de nouveau», déplore notre interlocuteur. Il regrette le non-respect par les autorités de la promesse de l’adoption de nouvelles mesures pour éviter les désagréments que causent la recherche des actes de dédouanement originaux. Si lui, comme de nombreux Maliens, s’est plié en quatre pour les avoir, d’autres ne se sont pas donnés de la peine. Tidiane, la trentenaire, fait partie de ceux-ci. «Faute de moyens», ce résident de Djicoroni-Para ne dispose ni de carte grise, ni de permis de conduire. «J’aimerais vraiment me mettre en règle, mais c’est l’argent qui me manque. Je le ferai si l’opération se prolongeait», dit cet usager qui dit avoir acheté sa première moto, il y a plus de 10 ans. DIFFICULTÉS – Faman Kéita, un autre motocycliste, explique qu’une urgence survient chaque fois qu’il décide de se mettre en règle. «Ainsi, j’utilise l’argent que j’avais mis de côté pour me procurer ces pièces», confie-t-il, l’air visiblement gêné. Ladji Sanghanta pensait, plutôt, que l’opération concernait uniquement les mototaxis et les tricycles (Katakatani). Cependant, le jeune électricien admet qu’il est bon de se mettre en règle. Le président du Syndicat national des mototaxis (Synamota) abonde dans le même sens. «Cette immatriculation permet de nous sécuriser aussi bien que nos clients. Elle empêche, également, le vol de motos. La réduction des  coûts des différents documents, a été un soulagement pour nous», commente M. Traoré. Il déplore la lenteur administrative au niveau des douane et le manque d’information comme difficultés majeures, lors de cette première phase. Selon lui, la douane a, par exemple, des difficultés à délivrer aux motocyclistes le Certificat de mise à la consommation (CMC) exigé pour avoir la carte grise. « Les activités d’information et de sensibilisation devraient se poursuivre du début jusqu’à la fin de l’opération », souligne le syndicaliste, ajoutant que de nouvelles motos sont mises en circulation tous les jours. À cet égard, Adama Traoré invite les autorités à proroger l’opération jusqu’à la fin de l’année et retirer le dédouanement de la procédure d’immatriculation. « Car, pense-t-il, il constitue à ce stade le plus grand obstacle à l’accomplissement de l’opération. » En effet, lors de cette première phase, « les engins à deux roues et les tricycles sont immatriculés à 7.500 Fcfa contre 22.750 Fcfa. Et le permis de conduire coûte 5.000 Fcfa contre 15.200 Fcfa », rappelle le directeur national des transports terrestres, maritimes et fluviaux. « En la matière, l’accès au CMC est un casse-tête pour les motocyclistes », reconnaît Mamadou Sow. Cela au regard, selon lui, de la nature de l’opération. «C’est une opération spéciale caractérisée par la proposition de paiement de frais forfaitaires. Le système douanier a été vraiment ignoré parce qu’il devrait intégrer la somme de 5.000 Fcfa non prévue par les paramètres», argumente Mamadou Sow. « Durant les neuf mois d’activités, précise-t-il, 22.856 CMC ont été reçus sur la base du tarif plein contre 751 sur la base des 5.000 Fcfa forfaitaire. Au plan régional, la Région de Bougouni a délivré le plus de CMC avec 325 CMC au tarif promotionnel de 5.000 Fcfa, 212 au tarif normal. Elle est suivie, respectivement ,par San (169) et Sikasso (94). » IMPLICATION FORTE – Quant à la direction régionale des douanes du District de Bamako, « elle n’a traité aucun CMC à 5.000 Fcfa, souligne-M. Sow. Selon lui, l’implication forte et formelle de la Direction générale des douanes est nécessaire pour faire avancer les choses dans le sens souhaité. « Si un propriétaire d’engin dispose de ces documents, on est habilité à lui accorder un numéro d’immatriculation en lui fournissant une carte grise et en apposant une plaque d’immatriculation sur l’engin », soutient le directeur national. «Nous avons saisi la direction générale des douanes sur instruction de la ministre en charge des Transports pour pouvoir proroger le délai. Avec des changements, nous espérons que les usagers pourront être satisfaits», indique M. Sow. Pour ce faire, un rapport partiel a été envoyé à la hiérarchie, en attendant de finir l’élaboration du rapport final. M. Sow ajoute : «Nous avons tenu une réunion qui est allée dans le sens de la prolongation de la date de l’opération», assure-t-il. Une réunion de restitution aura lieu dès que le rapport final sera disponible. « Au cours de cette rencontre, explique Mamadou Sow, les participants décideront de proroger ou non l’opération jusqu’au 31 décembre ». En attendant, ce n’est plus l’affluence des grands jours dans la cour de l’ex-ONT. Les mouvements bruyants des conducteurs de moto venus passer leur examen de conduite a cédé la place à l’ambiance monotone ordinaire du quotidien. AG/MD