Affacturage: Une solution aux problèmes de trésorerie des entreprises

Par Amadou GUÉGUÉRÉ Bamako, 30 nov (AMAP) Les micros, petites et moyennes entreprises (MPME) éprouvent des difficultés à accéder au financement bancaire en raison des risques qu’elles représentent pour les préteurs. Pour contribuer à la dynamisation du financement de ces entreprises confrontées à des difficultés de trésorerie dans leur cycle d’exploitation, le gouvernement a adopté au Conseil des ministres du mercredi 26 octobre dernier, un projet de loi relatif à l’activité d’affacturage au Mali. Ce projet de loi permettra d’offrir des produits et services financiers variés, abordables, accessibles et adaptés aux besoins des MPME et des start-ups. L’affacturage est une opération par laquelle l’adhérent (entreprise) transfère par une convention écrite avec effet subrogatoire, ses créances commerciales à l’affactureur (banque ou Système financier décentralisé : SFD) qui, moyennant rémunération, lui règle par avance tout ou partie du montant des créances transférées, supportant ou non, selon la convention des parties, les risques d’insolvabilité sur les créances cédées. Il permet à l’adhérent de se procurer des fonds et constitue un moyen de recouvrement qui présente, entre autres avantages, l’optimisation de la trésorerie en réduisant l’impact des échéances de paiement, l’élimination du risque d’impayés. Selon le rapport de présentation du projet de loi sur l’affacturage, il s’agit d’une technique couramment utilisée dans les pays développés. Le paysage de l’affacturage en Afrique est nettement dominé par l’Afrique du Sud (85%), le Maroc (10%) et l’Egypte (3%). La part des pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) est encore bien plus faible. Le montant des ressources accordées au titre de l’activité d’affacturage dans notre espace communautaire représente à peine 0,4% du volume global des crédits bancaires qui était de 8.670 milliards de Fcfa en fin septembre 2021. Au Mali, c’est l’Unité d’appui et de suivi de la stratégie de développement du secteur financier (UAS/SDSF), une structure du ministère de l’Économie et des Finances, qui est porteuse du dossier de l’affacturage. Selon son chargé des banques et marchés des capitaux, Aliou Samaké, l’esprit de cette loi part d’un constat qui est commun aux huit pays de l’UEMOA : 80 à 90% des entreprises de cet espace sous-régional sont des MPME. «Partant de ce constat, on s’est dit que soutenir financièrement ces entreprises, c’est in fine soutenir l’économie à 90%», analyse M. Samaké. « Ainsi, poursuit notre interlocuteur, la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a organisé en mars 2019 une concertation afin de présenter un projet de loi uniforme sur l’affacturage qui devrait régir de façon homogène les opérations d’affacturage effectuées au sein des pays de l’UMOA. » Selon Aliou Samaké, le Mali doit insérer cette loi dans son ordre juridique. « Les prochaines étapes de ce processus, affirme-t-il, seront l’adoption de la loi par le Conseil national de Transition (CNT) et celle de son décret d’application. » Le chargé des banques et marchés des capitaux de l’UAS/SDSF explique qu’une opération se réalise par l’adhérent qui est une MPME et l’affactureur qui est soit une banque ou un SFD à travers la signature d’un contrat d’affacturage. Ce contrat définit les factures qui peuvent être pris en compte. Aliou Samaké précise que « le SFD, avant d’avancer de l’argent à l’adhérent sur la base de ses factures, doit se faire une idée de la solvabilité des clients dont les factures doivent faire objet d’un affacturage. » En outre, il souligne que les conditions de créance, surtout en termes de délai, ne sont pas modifiées. «Quand il y a transfert de créance, tous les droits liés à la créance sont aussi transférés à l’affactureur. C’est ce qu’on appelle la subrogation des droits», laisse-t-il entendre. Et d’ajouter que l’affacturage donne droit à une commission pour l’affactureur. MOBILISATION DES CREANCES – Parlant des avantages de l’affacturage pour les MPME, le chargé des banques et marchés explique que l’opération dégage l’entreprise de recouvrement. «Dans les entreprises, souvent, il y a un agent qui est chargé du recouvrement. Avec l’affacturage, si les créances sont cédées à l’affactureur, la fonction recouvrement est réduite, comme une peau de chagrin», dit-il. Pour les banques, l’avantage est que cela vient augmenter le produit net bancaire. «Plus une banque fait des prestations, elle encaisse des commissions. Ce qui diversifie les services financiers offerts», affirme-t-il. L’affacturage va, également,  permettre à l’entreprise (adhérent) de mobiliser ses créances auprès d’un SFD (affactureur) en attendant que les échéances de paiement n’arrivent. Aïssata Naba Coulibaly, directrice (CEO) d’Affacto group, une fintech spécialisée dans le financement et l’accompagnement des PME-PMI, est convaincue que cette loi va soulager les entreprises. «L’affacturage n’était pas réglementé dans l’espace UEMOA. La BCEAO a essayé de recadrer les bords. Aujourd’hui, pour faire de l’affacturage, il faut être une banque… Il faut essayer de synthétiser l’activité pour que les professionnels puissent le faire et que ça soit surtout réglementée de sorte à aider les PME-PMI», dit notre interlocutrice. Ces entreprises font, en effet, face parfois à des mandats qui tardent à être payés. L’affacturage permet de les accompagner «pendant ce laps de temps où les factures ne sont pas payées», selon Aïssata Naba Coulibaly. En outre, la directrice d’Affacto group souligne que cette loi va faire connaitre l’affacturage au Mali et dans les autres pays où elle a été promulguée. « Déjà, dit-elle, une grande majorité des PME-PMI n’est pas bancarisée. Même celles qui sont bancarisées n’ont pas forcément accès au crédit. Et, l’affacturage est la solution à ce problème, parce qu’il peut servir à financer les entreprises qui sont dans le formel ou un peu dans l’informel», commente-t-elle. Aïssata Naba Coulibaly demande à l’État de les accompagner. «Quand on parle de facture, on parle aussi de mandats de l’État parce que ce sont aussi des factures. Donc, on peut accompagner aussi les opérateurs de l’État en finançant leurs mandants, en attendant que l’État nous rembourse», indique la CEO d’Affacto group. AG/MD (AMAP)

Mali : Le théâtre à la conquête des jeunes bamakois

Par Mohamed TOURÉ Bamako, 30 nov (AMAP) Faire venir le théâtre au public. L’initiative ambitieuse est du programme KènèKan Plus porté par le consortium Association Anwa Blon et le Journal estival, un outil numérique qui promeut des initiatives culturelles au Mali. Dans le cadre de c.e programme, une pièce de théâtre agrémentée d’intermèdes musicaux notamment d’instruments traditionnels, a été présentée, samedi dernier, à l’Acropole de la Faculté des sciences et techniques de Bamako. La pièce intitulée « Champs d’oiseaux » met en scène l’histoire de deux artistes qui se retrouvent sans public lors de leur concert. Un récit haut en couleurs, plein de rebondissement et de répliques humoristiques. Le public, en majorité des étudiants du Campus universitaire, semblaient conquis. « J’ai beaucoup apprécié le spectacle. Les acteurs ont bien joué. La mise en scène et les jeux de rôles des comédiens étaient captivants. C’était super », s’exclame Salimata Koné, étudiante au Campus, à la fin du spectacle. Selon ses initiateurs, le projet est parti du constat que le public bamakois peinent à avoir accès à du contenu théâtrale de qualité. « L’idée est de proposer des représentations de théâtres de qualité avec un texte, une mise en scène, une distribution en plus des créations lumières. Sans oublier les costumes. En gros,nous touchons tous les corps de métiers du théâtre dans nos spectacles », explique Lévi Togo, directeur artistique du programme Kènèkan Plus. Ce projet propose donc de mettre les artistes sur les planches chaque mois avec deux diffusions afin de permettre au public lambda de découvrir des spectacles vivant de qualité conçus par des artistes professionnels. Kènèkan Plus a effectué sa deuxième représentation après un lancement au Palais de la Culture de Bamako en octobre dernier. Lévi Togo explique que la cible du projet est d’abord les jeunes auxquels le programme prévoit également d’offrir des initiatives d’éducation, de création et de formation théâtrale. Kènèkan Plus ambitionne aussi de promouvoir le changement social et la citoyenneté à travers la diffusion de spectacles vivants. La touche d’innovation est certainement que les spectacles sont filmés. « Au fil du temps l’ambition est de les diffuser à la télévision ou en podcast afin de faire de la promotion du théâtre », a dit Lévi Togo. Samuel Wilsi auteur et mettre en scène, qui a bien aimé la pièce Champs d’oiseaux, trouve « l’idée rafraichissante et intéressante. »  « Je trouve que cette pièce pose la vraie problématique du théâtre ici : où sont les spectateurs ? Il y a les créateurs, les artistes, les professionnels mais les spectateurs ne sont pas souvent au rendez-vous », exhorte l’auteur à la sortie de la salle, avant de montrer le défi qui se cache pour les créateurs derrière cette problématique. Selon lui, les créateurs devraient réinventer leurs productions et faire comprendre au public que le théâtre raconte tout simplement des histoires comme la musique ou les films. « Ceux qui aiment les films à la maison, qu’ils viennent au théâtre regarder un film en live, après ils pourront poser des questions aux acteurs », lance-t-il ironiquement aux jeunes spectateurs. MT/MD (AMAP)

BCEAO : Des défis nouveaux à relever

Envoyé spécial Cheick M. TRAORÉ Dakar, 25 nov (AMAP) Dans le cadre de la célébration de ses 60 ans d’existence, la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a organisé, jeudi,  au Centre international de conférences Abdou Diouf (CICAD) de Dakar, au Sénégal, un symposium sous le thème : «Les banques centrales dans un monde en pleine mutation». La cérémonie officielle d’ouverture a été présidée par le Premier ministre sénégalais, Amadou Ba, qui représentait le président Macky Sall. C’était en présence du directeur national de la BCEAO-Mali, Konzo Traoré et du président du Conseil national du patronat du Mali (CNPM), Mossadeck Bally, président directeur général du groupe Azalaï. Plus de 150 personnes, notamment des opérateurs économiques, d’éminents professeurs et chercheurs, des cadres de l’administration, des gouverneurs de banques centrales… ont pris part à cette célébration. Elle intervient à un tournant décisif pour nos États et pour la Banque centrale. Outre le rejet progressif du Franc de la communauté financière d’Afrique (FCFA) que les populations ouest-africaines considèrent à raison comme un instrument de domination française, ce contexte est marqué par la hausse inquiétante du prix des denrées de première nécessité, la dégradation de la situation sécuritaire dans les pays du Sahel et du Golf de Guinée et les effets du changement climatique. À ces défis s’ajoutent les risques liés aux mutations technologiques et la forte demande sociale. Des chocs exogènes et endogènes qu’il faut maitriser pour espérer atténuer les souffrances des populations. Cela requiert des financements importants surtout dans un contexte où «les conditions financières à l’échelle mondiale ne sont guère favorables à la mobilisation des ressources sur les marchés internationaux». Il s’agit, au vu de ces nombreux défis actuels, se tourner vers l’avenir afin de consolider «les acquis de la dernière décennie» et y trouver les réponses idoines, a souligné Jean-Claude Kassi Brou, le nouveau gouverneur de la BCEAO. Celui qui sera installé officiellement samedi n’a pas manqué d’interpeller. Comment ne pas s’interroger sur la transmission de la politique monétaire, sur le contrôle prudentiel, les implications du nouveau paysage des paiements qui se dessinent, sur la coordination nécessaire entre les politiques monétaire et budgétaire dans ce contexte inflationniste généraliste ? Comment entrevoir la régulation et la supervision dans un tel environnement ? Comment stimuler davantage un financement sain des économies et accroitre ainsi une inclusion financière pour tous les acteurs ? « Autant de questions auxquels les participants aux profils divers tenteront de trouver des réponses qui seront consignées dans les recommandations pertinentes formulées à cet effet », a espéré Jean-Claude Kassi Brou. ESQUISSE DE SOLUTIONS – En attendant, des décideurs présents ont esquissé des pistes de solutions qui, selon eux, aideraient à favoriser un meilleur financement de nos économies et à renforcer la crédibilité de notre monnaie commune. «Nos États y compris la Côte d’Ivoire éprouvent le besoin de donner une impulsion aux reformes économiques et financières en vue de maintenir sur le long terme la dynamique d’une croissance soutenue dans un contexte international et régional difficile», a énoncé le vice-président de la Côte d’Ivoire, Tiémoko Meyliet Koné, ancien gouverneur de la BCEAO. L’objectif étant, selon M. Koné, de parvenir à une transformation structurelle de nos économies qu’il considère comme étant un enjeu stratégique du développement qui «reste une constante préoccupation de tous les pays membres de l’UMOA». Y parvenir impose de maintenir des efforts d’investissements publics et privés pour pérenniser une croissance raisonnable au profit de l’activité économique, a proposé l’ancien gouverneur de la BCEAO. Le Premier ministre sénégalais, Amadou Ba, quant à lui, suggère le renforcement de la coordination entre les politiques économiques et la politique budgétaire commune. Cela contribue, selon M. Ba, à la stabilité des prix et au soutien à la croissance. Pour faire face aux défis du changement climatique, la Banque centrale pourrait également contribuer à mieux identifier les risques financiers liés au climat sur le marché. En agissant en tant que catalyseur pour la transition verte du système financier. Elle devrait, aussi, songer à la diversification des sources de financement de nos économies. « En la matière, estime-le chef du gouvernement sénégalais, la finance islamique offre des opportunités pouvant répondre au besoin de financement des États. À sa création le 12 mai 1962, la BCEAO réunissait la Côte d’Ivoire, le Dahomey (Bénin), la Haute-Volta (Burkina Faso), le Mali, le Niger, la Mauritanie, le Sénégal et le Togo. Elle jouit du privilège exclusif de l’émission monétaire sur l’ensemble des États membres de l’Union monétaire ouest-africaine. Elle émet des signes monétaires, billets et pièces de monnaie, qui ont cours légal et pouvoir libératoire dans l’ensemble des États membres de l’Union. CMT/MD (AMAP)

Mali : Les acteurs des Transports font le bilan des réalisations  

Bamako, 25 nov (AMAP) Les acteurs du secteur des transports au Mali, ont commencé, jeudi, à Bamako, la 19è réunion annuelle des services des Transports sous le thème «Développement des transports de masse», afin de faire le bilan des réalisations de l’année écoulée, a constaté l’AMAP. Cette rencontre de deux jours permet, aussi, de planifier les actions futures et d’engager les débats sur des questions relatives à l’amélioration de la qualité des services rendus aux usagers. Dans son discours d’ouverture, la ministre des Transports et des Infrastructures, Mme Dembélé Madina Sissoko, a indiqué que « les transports de masse se présentent comme l’une des solutions les plus optimales aux problèmes rencontrés dans le secteur ». Selon elle, « ce thème permettra d’élargir la discussion sur les mécanismes et possibilités de financement du secteur des transports et les modalités de renouvellement du parc automobile commercial du Mali. » Faisant le bilan des activités menées en 2022, Mme Dembélé Madina Sissoko a mis l’accent sur les efforts consentis dans le cadre de l’assainissement de notre environnement. En effet, l’année 2022 a été particulièrement marquée par l’opération spéciale d’immatriculation des engins à deux et trois roues et de délivrance de permis de conduire à leurs conducteurs. Au total, 22.856 engins ont été immatriculés et 11.390 permis délivrés. Le principal acquis engrangé au plan institutionnel est l’érection de la Direction nationale des transports terrestres, maritimes et fluviaux en Direction générale des transports. Autres activités réalisées, c’est l’organisation des élections consulaires et l’installation d’un nouveau bureau au Conseil malien des chargeurs. La ministre a également mentionné la validation en atelier des projets d’arrêtés d’application du Code de la navigation fluviale et la mise en place des Comités de facilitation des transports du Mali et de la Guinée. S’agissant du trafic ferroviaire, Mme Dembélé Madina Sissoko a annoncé que son département « travaille non seulement à la réhabilitation de la ligne ferroviaire Kayes-Koulikoro mais aussi à l’ouverture de la voie ferrée vers d’autres horizons. » Cependant, selon la ministre, le chantier de la relance du trafic ferroviaire est immense. «Il suscite tant d’espoirs que le moindre essai technique signifie pour les populations la reprise définitive du transport ferroviaire. Les actions réalisées à ce jour entretiennent l’espoir de relance imminente du trafic, malgré les multiples contraintes», a-t-elle déclaré. Le Représentant résident de la commission de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA), Moustapha Barro, a relevé que cette réunion se tient un an après la mise en œuvre de l’Accord sur la zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF). Cette zone devrait accroître le commerce intra-africain des services des Transports de près de 50%, selon les dernières estimations de la Commission économique pour l’Afrique (CEA). Moustapha Barro a estimé qu’il s’agit là d’une opportunité que le Mali devrait saisir à travers le développement du transport de masse. Le représentant de l’UEMOA s’est également appesanti sur les résultats de recherches qui annoncent, d’ici à 2030, une intensification du trafic à tous les niveaux. Le fret routier devrait passer de 201 à 403 millions de tonnes et nécessitera 1.844.000 camions pour les cargaisons en vrac et 248.000 camions pour le fret de conteneur. La demande de wagon pour le transport ferré est estimée à 97.614 wagons pour les cargaisons de fret en vrac et 20.668 wagons pour le fret conteneur. Le fret maritime passera de 58 millions à plus de 131 millions de tonnes et sollicitera 126 navires pour les cargaisons en vrac et 15 navires pour les conteneurs arrimés. Et la quantité transportée par voie arienne va doubler, passant de 2,3 à 4,5 millions. Ayant bien compris les enjeux, la commission de l’UEMOA a anticipé ces opportunités à travers la mise en œuvre de quatre Programmes dans tous les domaines du secteur des transports, selon son représentant au Mali. AG/MD (AMAP)          

Mali Un atelier de deux jours sur la problématique de l’électrification rurale 

Bamako, 25 nov (AMAP) La problématique du développement de l’électrification rurale au Mali est au cœur d’un atelier national de deux jours, ouvert, jeudi, sous l’initiative du Haut conseil des collectivités (HCC) en collaboration avec le ministère des Mines, de l’Energie et de l’Eau, à travers l’Agence malienne pour le développement de l’énergie domestique et de l’électrification rurale (AMADER). Afin de faciliter l’accès à l’électrification à plus de 70% de la population du Mali, le HCC et le ministère en charge de l’Energie à travers l’AMADER ont décidé d’instituer un cadre de collaboration intersectorielle pour assurer une meilleure coordination entre les différents secteurs. Et de renforcer les synergies possibles pour améliorer l’accès aux services énergétiques en milieu rural Durant deux jours, les acteurs proposeront des recommandations concrètes relatives aux enjeux, défis, acquis, perspectives et au mode de financement durable de l’électrification en milieu rural. Le milieu rural a toujours été un vecteur majeur de développement du Mali. Cependant, le sous-secteur de l’électrification rurale est confronté à d’énormes difficultés qui compromettent la pérennisation de ses acquis et son développement. Il s’agit, notamment, des difficultés de planification, d’investissement, d’exploitation des installations et d’évaluation économique, financière et sociale. OBSTACLES – Dans son intervention, le président du HCC, Mamadou Satiqui Diakité, a attiré l’attention sur le fait que « les zones rurales sont au cœur de la bataille de l’accès universel à l’électricité à l’horizon 2030 ». Selon M. Diakité, la majorité de la population privée d’électricité se situera « encore pour longtemps, si rien n’est fait, en zone rurale, où la dispersion des habitats, les faibles revenus de la population et les coûts de raccordement sont autant d’obstacles à la disponibilité d’un service électrique pérenne. » Dans ce contexte, l’électrification rurale s’impose non plus seulement comme une solution, maisaussi comme une nécessité. L’expérience apprise des interventions de l’AMADER démontre que les projets d’électrification rurale sont d’abord ceux de développement. Car, l’arrivée de l’électricité dans une localité rurale entraine un développement économique et social. Ainsi, au cours de cet atelier, il sera discuté des thèmes relatifs aux « enjeux, défis, acquis, perspectives et au mode de financement durable de l’électrification en milieu rural ». L’électricité étant une nécessité absolue au bien-être pour les milieux urbain que rural, le citoyen qui vit en ville et celui qui vit en campagne doivent jouir de l’électricité en commun. L’HORIZON 2030 – À cet effet, le PDG de l’AMADER, Amadou Sidibé, a dit que le Plan directeur d’électrification rural (PDER) de sa structure, en cours d’élaboration, prend en compte la satisfaction des besoins en énergie électrique de qualité à un coût abordable. Ce PDER va, aussi, préserver l’environnement à tous les Maliens quel que soit leur lieu de résidence sur le territoire national et quelle que soit leur classe sociale. « Les infrastructures communautaires comme la santé, l’éducation, les adductions d’eau potable, les unités de production de transformation et de conservation et agricoles sont pris en compte par ce nouveau modèle », a précisé M. Sidibé. Et d’ajouter que 18.000 localités abritant des populations de 100 habitants ou plus ont été répertoriées dans le cadre d’un programme ambitieux d’accès universel d’électricité en milieu rural à l’horizon 2030. Le Premier ministre par intérim, le colonel Abdoulaye Maïga, qui a présidé l’ouverture de la rencontre, a soutenu qu’ « aujourd’hui plus que jamais, la disponibilité de l’électricité en milieu rural contribue à l’amélioration de la productivité en vue de soutenir une dynamique de croissance forte, durable et inclusive permettant de consolider la lutte contre la pauvreté et à l’atteinte des objectifs du développement durable (ODD) . » Il a, dès lors, a rappelé que l’amélioration de la qualité de vie des populations à travers le renforcement de l’accès aux services sociaux de base tels que l’électricité fait partie des objectifs prioritaires de l’action gouvernementale, notamment l’axe 4 du Plan d’action du gouvernement de la Transition. L’accès aux services énergétiques modernes en général et à l’électricité en milieu rural, en particulier, est une composante importante de cette politique qui vise à assurer un développement intégré des zones rurales et urbaines du Mali. Le chef du gouvernement par intérim a assuré que les autorités de la Transition ont engagé la relecture des documents, des stratégies et des textes du secteur de l’énergie ainsi que l’élaboration de divers plans d’investissements. La cérémonie d’ouverture des travaux a eu lieu en présence du ministre  de la Refondation de l’Etat, chargé des Relations avec les Institutions, Ibrahim Ikassa Maïga, et des gouverneurs de région. OD/MD (AMAP)    

Banane plantain : Un business florissant

Par Kadiatou OUATTARA Bamako, 24 nov (AMAP) Beaucoup de Maliens soutiennent que la banane plantain est une alimentation complémentaire dans notre pays. Parce que notre régime alimentaire de base repose sur les céréales (mil et riz entre autres), ils pensent que sa consommation régulière est exclusivement réservée aux familles nanties. En tout cas, le Malien moyen dont le portefeuille est pressuré par une conjoncture économique à nulle autre pareille ne peut se permettre d’en manger très souvent en famille, surtout élargie. Ceux-ci qui font le commerce de la banane plantain se frottent, quand même, les mains. Ils importent ce fruit comestible de la Côte d’Ivoire  et de la Guinée Conakry, parfois avec de nombreux risques liés à la cueillette et au transport. Un tour au marché de Médine ou «Sougouni coura», nous avons rencontré deux points de vente de banane plantain. Ceux-ci sont tenus par les Groupements d’intérêt économique (GIE) «Sababougnouma» et «Benso Angola». Ces marchands reçoivent 5 à 10 chargements de camions en banane plantain, par jour. Grossistes et détaillants s’y bousculent pour s’approvisionner. En notre présece, un client passe sa commande. «Yoro prépare moi deux cartons. Je voudrai acheter pour 15 000 Fcfa», invite-t-il ainsi, Soumaïla Diallo, alias Yoro, du GIE Benso Angola. La cinquantaine, ce diplômé en droit, reconverti commerçant de banane plantain, officie dans ce domaine depuis 20 ans. Tous trois jours, il commande un camion en provenance de la Côte d’Ivoire. Il est livré au bout de trois à cinq jours de route. Une fois la cargaison sur place, il procède à un tri (enlevant les déchets), avant de proposer la marchandise à la clientèle. Il en vend plus souvent en gros entre 50 000 à 250 000 Fcfa aux revendeurs. Ceux-ci, aussi, vendent au détail entre 500 et 1 000 Fcfa le tas. Selon Soumaïla, « Il faut avoir des fournisseurs fiables parce que les échanges se font par téléphone pour passer les commandes ». Ensuite il faut louer un camion qui fera l’aller-retour entre le Mali et la Côte d’Ivoire pour apporter la marchandise. En termes de coût, le grossiste estime la location d’un camion à 1 million de Fcfa par voyage. Et il passe généralement une commande de 2 à 3 millions de Fcfa en fonction des fournisseurs. AMENDE OU PRISON – Les sanctions infligées au Mali par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) ont coïncidé avec la saison sèche (une saison morte dans le commerce de la banane plantain). Donc, pour lui, il est clair que l’embargo n’a pas eu d’impact. Il estime que pendant la saison sèche, qui dure 4 mois, ses partenaires vont dans la forêt classée (forêt interdite) cueillir la marchandise. Yoro explique que les commerçants choisissent des personnes appelées : «voyageurs» qui se rendent dans les champs de cacao dans les forêts classées. Il s’empresse de préciser que le bon rendement de la culture du café est lié à la production de la banane plantain. «Dans ce contexte, l’achat se fait avec les producteurs de café, mais clandestinement», déclare-t-il. Seydou Diallo est l’un de ces voyageurs, depuis deux ans. Il explique les risques encourus. « On se retrouve souvent en pleine forêt, sans réseau téléphonique, ni nourriture et eau potable. Nous sommes exposés à des morsures de reptiles géants. Il y a aussi le risque de passer à la trappe avec les agents des Eaux et Forêts».  Le voyageur ajoute que cette pratique frauduleuse peut coûter une forte amende ou la prison. Ousmane Doumbo est vendeur de banane plantain à Faladié sur la rive droite du District de Bamako. Il explique évoluer, depuis une dizaine d’années, dans ce business qui lui permet d’exploiter de nombreuses opportunités. Il vit de son commerce qui lui a aussi permis de construire une maison. « En fin d’année, il est difficile de trouver des camions du fait de leur sollicitation. Ce phénomène a un impact sur les frais de location », explique le commerçant. Il ajoute que les pannes de camions entrainent, aussi, des pertes considérables. Selon lui, la banane plantain est très difficile à conserver. Au-delà de cinq jours, elle peut pourrir. Youssouf Sanogo est un chauffeur de camion qui réside à Sikasso. Il avale régulièrement les kilomètres qui séparent Sikasso (Sud) de la Côte d’Ivoire, depuis 30 ans. «Les grands commerçants de Bamako nous sollicitent très souvent par simple coup de fil pour leur approvisionnement», confie-t-il. Pour le conducteur de camion, les multiples barrages et péages sont les premières contraintes sur le tronçon, les frais à payer sont nombreux et coûtent les yeux de la tête. A cela, s’ajoute l’état défectueux des routes. La hausse du prix du carburant est aussi une préoccupation commune de milliers d’acteurs qui interviennent dans le commerce de banane plantain. KO/MD (AMAP)

Mali : Le gouvernement fait le point de ses efforts sur le pouvoir d’achat 

Bamako, 23 nov (AMAP) Depuis des mois, le gouvernement du Mali consent d’énormes efforts pour, non seulement, renforcer le pouvoir d’achat mais aussi atténuer l’impact de la hausse des prix à l’international sur les prix pratiqués au plan national, ont indiqué, mardi, les ministres de l’Industrie et du Commerce, Mahmoud Ould Mohamed, et de l’Economie et des Finances, Alousséni Sanou Face à la presse, pour faire le point des mesures et des stratégies pour soutenir le pouvoir d’achat, le ministre Mahmoud Ould Mohamed, a ajouté qu’un plan d’action a été élaboré pour rendre possible l’approvisionnement du pays et permettre aux consommateurs d’accéder aux produits à des prix abordables. Le gouvernement a fourni des efforts pour renforcer le pouvoir d’achat des Maliens, en dépit de la persistance de la crise sécuritaire qui a fait perdre à l’État 400 milliards Fcfa. D’autres difficultés, notamment la crise sanitaire, ont eu un fort impact négatif sur l’économie nationale. Malgré l’insuffisance des ressources, le gouvernement a déployé des mesures qui ont notamment permis l’approvisionnement correct du marché et la maitrise des prix des produits de première nécessité, selon le ministre. FLAMBEE DES PRIX – C’est ainsi que le prix du riz a augmenté de seulement 1,1% au Mali alors que le taux était de l’ordre de 50% au niveau international. « Et pour cause, a expliqué le ministre, le gouvernement a accordé des subventions. Les efforts de l’Etat ont évité une flambée incontrôlable des prix de la farine, du lait et de l’huile alimentaire. » S’agissant de la farine, le prix a augmenté de 43% sur le marché international, mais l’impact au niveau national a été de 1,4 %. Pour le lait, l’impact a été de 0,6% alors que le prix a augmenté de 43,4% au niveau international. Quant aux huiles alimentaires, le Mali a enregistré une augmentation de 0,3%, contre 14, 4% à l’international. Les prix appliqués au sucre ont augmenté de 3% au Mali, tandis que le taux d’augmentation à l’international est de 7,6%. Si les hydrocarbures ont augmenté de 36,4% au niveau international, l’amplitude au Mali était de 0%. Pour s’assurer du respect des prix sur le marché national, «Cinq cents contrôles ont été effectués », selon Mahmoud Ould Mohamed, ajoutant que les efforts vont se poursuivront pour appliquer les prix plafonds sur le marché. Abondant dans le même sens, le ministre de l’Economie et des Finances a affirmé que pour augmenter le pouvoir d’achat des salariés et leur permettre d’avoir un revenu supplémentaire pour faire face aux différentes crises, le gouvernement est passé par une justice sociale avec les partenaires sociaux. Ce qui a permis d’avoir une harmonisation de la grille salariale avec un impact annuel d’environ 200 milliards de Fcfa. ABATTEMENTS FISCAUX – Au même moment, des discussions sur les indemnités liées à beaucoup de corps et pour améliorer la vie des Maliens ont eu lieu. « Pour les entreprises privées, le gouvernement a fait des abattements fiscaux, avec comme impact 7,5 milliards de Fcfa et pendant la période 2020-2022, quelque 390 milliards de Fcfa de dettes intérieures ont été apurées », a expliqué le patron de l’hôtel des finances. L’objectif est de permettre aux entreprises de pouvoir continuer à fonctionner. Par ailleurs, 39 milliards de Fcfa ont été investis dans le payement des ménages en difficulté. A ces efforts s’ajoute, la subvention des produits de première nécessité. Le riz et le sucre ont été subventionnés en deux vagues, en plus du lait et de l’huile alimentaire. Sur la période 2021-2022, plus de 17,640 milliards Fcfa de manque à gagner sont enregistrés sur l’importation du riz. Il est de 8,151 milliards de Fcfa pour le sucre en 2022. Concernant le lait, le manque à gagner est de 3,93 milliards de Fcfa, 1,675 milliard de Fcfa  pour l’huile alimentaire et 115 milliards de Fcfa pour les produis pétroliers. Pour le gaz sur lequel les subventions ont été arrêtées au mois de mai, le manque à gagner est de 17 milliards en 2021 et 2022 et 3,252 milliards de Fcfa pour les graines de coton. Le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, a instruit la mise en place d’une Commission interministérielle qui va plancher sur la question de l’approvisionnement du pays en denrées de première nécessité. Cette Commission s’attèlera, aussi, à la maîtrise de la hausse des prix. Babba B. COULIB(AMAP)  

L ‘insécurité affecte certaines foires de la région de Gao (Nord du Mali)

Par Abdourhamane TOURE Bamako, 23 nov (AMAP) L’insécurité et l’état de l’axe Gao-Sévaré freinent l’acheminement des produits locaux vers les régions, dans le Nord du Mali. En effet, c’est à partir de la Région de Gao que les autres (Ménaka et Kidal) se ravitaillent en produits locaux venant du sud du Mali, pour ensuite fournir les autres localités de leurs circonscriptions. Dès que la Région de Gao n’est pas approvisionnée, les autres régions en subissent les contrecoups. Le marché à bétail de Wabaria, qui accueille des forains de 13 villages, en plus de ceux de la Commune urbaine de Gao et ses communes rurales, se tient chaque mardi. C’est une foire à bétail distante de 15 km de la ville de Gao. Il est fréquenté par les acheteurs et vendeurs d’animaux de toutes les autres communes de la région ainsi que ceux de Bamako, du Niger, du Burkina Faso et d’Algérie. « Même si ce marché hebdomadaire n’a jamais été la cible d’attaque,  l’insécurité et l’état de la route de Gao-Sévaré découragent les acheteurs potentiels à s’y rendre, par peur d’être spolié ou enlevé par des bandits armés qui sévissent dans la zone », a dit le maire de la Commune rurale de Gounzourèye, Abdoul Kader Maiga, La Commune rurale d’Inchawadji est distante de 70 km de la Commune rurale de Gao. Elle a deux foires hebdomadaires. La foire du village d’Emnagul et celle de Djabock. Le maire de la localité, Rhissa Ag Mohamed, nous a dit que malgré l’insécurité, les deux foires  hebdomadaires d’Inchawadji se tiennent régulièrement. Selon lui, ces marchés sont toujours approvisionnés par les forains de la Commune urbaine de Gao. Ces commerçants viennent écouler leurs produits (l’huile, le lait et les condiments venants des Régions dans le Sud du Mali). « Mais, certains aussi fréquentent ces foires pour acheter les petits ruminants, du charbon de bois et du beurre des vaches qu’ils revendent sur les marchés de l’Algérie, de Gao et du Niger » a fait remarquer le maire de la localité. Il a ajouté que, « souvent, des hommes armés font irruption sur les sites des foires soit pour collecter la zakat ou pour enlever des personnes ». « Ces actes barbares ont beaucoup effrayé certains commerçants, surtout ceux en possession de fortes sommes d’argent.  Cela a suffisamment réduit la fréquentation des foires de notre commune », a poursuivi l’édile. Il regrette qu’avec l’absence de l’Etat dans ces localités, la commune ne puisse pas collecter les taxes. Samedi est jour de foire de la commune rurale de Sonni Ali Ber. Ce marché est fréquenté par commerçants des Cercles de Gao et de Bourem. Selon l’édile de la Commune rurale, Abdoul Razack Maiga , « à cause de l’insécurité, la fréquentation a diminué ».  « Tous ces commerçants viennent  à la foire  pour acheter du paddy ou des animaux. Evidemment, certains aussi approvisionnent le marché avec les condiments et des légumes », dit M. Maiga. « Depuis la crise de 2012, l’incivisme a gagné du terrain. Aujourd’hui, dans nos communes, les citoyens ne paient plus les impôts. Et ceux qui avaient l’habitude de payer leurs taxes ont épousé le comportement des récalcitrants. Pratiquement, aucun Groupement d’intérêt économiques (GIE) de la commune n’est pas à jour », a révélé le maire, Abdoul Razack Maiga. PERTE – Avec la dégradation de l’axe Gao-Sévaré et l’insécurité, tous les produits qui quittent le Sud du Mali pourrissent avant même d’arriver à Gao. Il s’agit des légumes et des tubercules (pomme terre,  igname, oignon, gingembre, tomates, choux, banane plantain). « Avec l’état actuel de la route Gao-Sévaré, nous nous sommes rabattus sur les produits qui viennent de l’Algérie et du Niger. Et, c’est la raison pour laquelle tous les produits sont chers sur le marché », a confirmé Boubacar Traoré, ressortissant de Sikasso (Sud) et vendeur de condiments sur le marché de Gao. « Tous les produits qui partent de Sikasso pour Gao se décomposent avant même d’arriver à destination. Cela constitue une grande perte pour nous les revendeurs. Tant que cette route de Gao-Sévaré n’est pas réparée, aucun produit en provenance des régions du Sud du Mali, ne pourra arriver à Gao dans un état de consommation », se plaint notre interlocuteur. « Avec l’insécurité certains transporteurs ont cessé de pratiquer cet axe. Cinq camions-remorques de ma belle-sœur ont été calcinés sur l’axe Gao-Douentza », a-t-il rappelé. Hamidou Traoré est revendeur de beurre de  karité à la Place de Sikasso à Gao. Il partage le même avis que son prédécesseur. Pour lui, l’état de la route et l’insécurité défavorisent le ravitaillement du marché de la Cité des Askia en produits locaux originaires du Sud du Mali. Seul point de satisfaction, pour le commerçant, en cette période de froid,  son beurre de karité « arrive sans fondre ». S’il arrive… AT/MD (AMAP)    

Cercle d’Ansongo (Nord) : Les patrouilles de la MINUSMA rassurent les populations

Par Abdourhamane TOURÉ Gao, 17 nov (AMAP) La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) a dépêché une mission, du 6 au 7 novembre 2022, dans les villages de Tacharane, Kobé, Gargouna, Bara, Tabango, dans le Cercle d’Ansongo (Nord) et dans la Commune rurale d’Ansongo. L’objectif était d’échanger avec les communautés, les autorités locales et communales sur le rôle de la Mission onusienne dans le processus de paix, les activités des casques bleus en appui aux forces de défense et de sécurité maliennes (FDS) dans le cadre de la protection des civils. Cette mission conduite par l’assistant aux affaires civiles de la MINUSMA, Badarou Maïga, comprenait des responsables de la section Démobilisation, Désarmement et Réinsertion (DDR), de la justice correctionnelle, de l’information publique et celle des droits de l’Homme. La sécurisation de la mission était assurée par le contingent suédois de la MINUSMA. L’insécurité est devenue un problème récurrent dans la Région de Gao (Nord). En attestent les derniers événements malheureux, d’il y a quelques jours, sur le tronçon Gao-Ansongo et qui ont causé de nombreux morts et blessés graves. À Tacharane, le chef de village, Mohomodou Maïga, a expliqué à ses hôtes que sans la paix et la sécurité, personne ne peut penser au développement. Tacharane est certes épargné par l’insécurité, mais toutefois, il enregistre un afflux massif de personnes déplacées internes (environ 350 ménages) qui ont fui leurs localités. Tacharane est une zone de pâturage et de transhumance par excellence. L’année dernière, les éleveurs ont été victimes d’enlèvement de milliers de têtes de bovins et de petits ruminants. La majorité des habitants du village sont des éleveurs, des pêcheurs et des cultivateurs. C’est pourquoi, le chef de village a jugé utile de solliciter de la MINUSMA pour l’aménagement des mares et des périmètres irrigués sur 70 hectares afin que les populations puissent assurer leur sécurité alimentaire. Il a, aussi, sollicité l’appui de la MINUSMA pour la réalisation des forages, ce qui évitera aux habitants de se ravitailler en eau à partir du fleuve Niger qui passe par là. Mohomodou Maïga a également expliqué que le village dispose de six classes du premier cycle, 2 classes de second cycle, 6 medersas. À cause de l’insécurité, toutes ses classes sont confrontées à un manque d’enseignants. Il a souhaité l’appui de la MINUSMA. De Tacharane, la délégation a mis le cap sur Kobé. Il faut rappeler que ce village a subi, le mois dernier, « des assassinats ciblés et les enlèvements de personnes et de bétail en plein jour, à trois reprises, par des individus armés sans foi ni loi », a expliqué le fils du chef de village, Abdoulaye, le seul que la délégation a trouvé sur place, à part les enfants et les femmes. Selon lui, tous les autres habitants ont trouvé refuge derrière le fleuve. À Gargouna, la situation sécuritaire n’est guère reluisante. Les visiteurs s’en sont rendus compte avec les explications données par le chef de village, Mohamed Asaliha. « Ici, plus de 2 000 têtes de bétail ont été emportés », a-t-il dit. La majeure partie du bétail que les terroristes ont emporté représente les vaches qui ont laissé des veaux derrière elles. Cet acte de banditisme a laissé les ménages sans source de protéine que constituait le lait des vaches. « Le village a besoin d’appui de toutes natures, mais sans la sécurité aucune activité de développement ne peut se réaliser, aussi nous souhaitons que la MINUSMA organise des patrouilles souvent par là, car leur présence peut dissuader les bandits armés », a dit le chef de village Mohamed Asaliha. À son arrivée dans le village de Tabango, la mission n’a trouvé que les femmes et les enfants qui puisaient de l’eau dans un puits à grand diamètre. À la question de savoir où sont passés les hommes ? Elles ont répondu que ces derniers sont au champ. Est-ce que vous savez que l’eau du puits n’est pas potable ? Les dames ont répondu qu’elles le savent très bien, mais elles n’ont pas le choix puisqu’elles ne disposent pas d’autre source d’eau potable, elles sont obligées de s’accommoder avec ce qu’elles ont. Après les entretiens sommaires dans les différents villages visités, le préfet du Cercle d’Ansongo, Ahmed Ag Akilini, a salué la MINUSMA pour cette initiative. Il a renouvelé ses remerciements à l’endroit de la Mission onusienne pour son appui en équipements, en infrastructures. Dans le seul Cercle d’Ansongo, plus de 2 milliards de Fcfa ont été investis dans le cadre des services sociaux de base, dans les projets de communautés ainsi que dans les infrastructures étatiques. Le capitaine du contingent suédois, Sante Nathanson, a expliqué que les missions de terrain de la MINUSMA sont toujours appréciées par les populations. «Nous leur fournissons un niveau de sécurité plus rassurant et nous savons aussi que ces populations locales sont meurtries dans leur âme à cause des groupes terroristes. Chaque semaine, nous tenons des réunions de coordination avec les forces de défense et de sécurité maliennes pour mener des opérations dans les mêmes zones et dans des zones différentes sans s’interposer. Nous sommes très fiers de servir le Mali et nous soutenons les populations et les autorités maliennes pour la promotion de la paix», a souligné le casque bleu suédois. Badarou Maïga a relevé que les populations attendent de la MINUSMA des patrouilles de longue portée en appui aux forces de défense et de sécurité, en vue d’assurer la libre circulation des personnes et de leurs biens. À ce titre, elles souhaitent aussi le renforcement des communautés à la base. Dans le secteur de l’éducation, les points focaux ont souhaité que les forces de défense et de sécurité multiplient les patrouilles pour que les écoles soient fonctionnelles. Les enseignants ont souhaité des garanties sécuritaires pour revenir en classe. Dans le secteur de la santé, les points focaux ont réclamé des appuis en équipements sanitaires et en intrants en vue de faire face au traitement des maladies les plus courantes à savoir le paludisme, les maladies respiratoires et les malnutritions sévères.

Education : L’UNICEF et le PAM font œuvre utile à travers le PAIS

Bamako, 17 nov (AMAP) Une caravane de presse, organisée par le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) et le Programme alimentaire mondial PAM afin de s’imprégner de l’état d’avancement de la mise en œuvre du Projet d’appui à l’inclusion scolaire (PAIS), financé par l’Union européenne (UE), s’est déroulée du 07 au 11 novembre 2022 dans trois établissements des villages du cercle de Kolokani, Région de Koulikoro, a constaté l’AMAP. Les écoles publiques des villages concernés sont Tenezana, Kodjan et Kodjè ont accueilli la caravance, en présence des directeurs, des Centres d’animation pédagogique (CAP) de Nossombougou et de Kolokani, des directeurs d’école, des responsables des ONG G Force et la Fondation Strome, des parents d’élèves, des responsables de cantines scolaires et des présidentes de la scolarisation des filles. L’objectif du projet est d’insérer, de réinsérer et de maintenir à l’école 250 000 enfants dont au moins 50% de filles non scolarisées dans les régions du Sud du Mali à haute démographie et forte exclusion scolaire . D’autre part, il offre des opportunités éducatives aux enfants démunis et non scolarisés, dont au moins 50% de filles et permettre le retour et le maintien à l’école primaire dans les zones affectées par l’insécurité au Centre et dans le Nord du Mali. Enfin, il vise à pérenniser le fonctionnement des cantines dans les communes ayant les plus faibles indicateurs éducatifs et de sécurité alimentaire pour favoriser l’accès, le maintien et la performance éducative des enfants, notamment des filles. La mise en œuvre du projet a permis d’insérer et de réinsérer plus de 67 000 enfants à l’école formelle à travers la stratégie de scolarisation accélérée/passerelle (SSAP) et l’insertion directe, à 6 000 familles de recevoir des transferts monétaires qui ont servi à l’inscription et le maintien de leurs filles à l’école et 96 écoles des régions de Koulikoro et de Sikasso (Sud) ont été dotées d’infrastructures d’hygiène et d’assainissement à travers des points d’eau, des latrines équipées de dispositifs de lavage des mains bénéficiant à 23 381 élèves (11 061 filles) ainsi que 88 enseignants ; (19 femmes) ; 72 000 filles ont reçu des kits d’hygiènes menstruelle ; Sur le plan de la  qualité, 7 148 enseignants (1 692 femmes) ainsi que 178 animateurs (dont 46 femmes) ont été formés sur la didactique et la pédagogie et dotés de kits enseignants ; plus de 150 000 élèves ont reçu des kits scolaires en 2021-2022 ; Par ailleurs, la mise en œuvre du projet a été l’occasion pour 14 105 membres de 1 848 CGS dont 4 209 femmes d’être formées sur leurs rôles et responsabilités dans la gestion de l’école ainsi que l’élaboration et la mise en œuvre de projets d’amélioration de l’environnement scolaire ; Les élèves du fondamental 1 ciblés par l’action possèdent des compétences en lecture/écriture et en calcul correspondant à leur niveau ;
Les élèves inscrits dans les centres d’apprentissages accélérés ciblés par l’action sont préparés et réintégrés dans l’école formelle ;
L’engagement des parents et des responsables dans l’éducation formelle et non formelle des enfants et les moyens d’envoyer régulièrement les filles et les garçons à l’école sont améliorés. Le représentant de l’UNICEF, Amadou Samaké, a précisé que son institution couvre à travers le projet PAIS, la Région de Ségou (Centre), Sikasso (Sud), Koulikoro et Kayes (Ouest) et vise à insérer, et à maintenir à l’école 250 000 enfants de la tranche d’âge de 7 à 12 ans. Il mène, aussi, des activités accessoires dont la formation des CGS, des enseignants, la dotation en point d’eau, l’organisation de cours de rattrapage… Les élus locaux, les  directeurs des CAP de Nossombougou et de Kolokani ont salué les organisations onusiennes « pour le travail remarquable sur le terrain » avant de les assurer de leur accompagnement et du suivi du projet. Les parents d’élève, les président des CGS, de tous les établissements visités ont remercié les partenaires avant d’exprimer leur satisfaction pour cet appui de l’UNICF et du PAM, à travers des dotations en kits scolaires et alimentaires qui ont permis d’accroitre le taux de scolarisation et de réussite scolaire. « Les élèves issus du Programme de la scolarisation accélérée passerelle (SSAP) font des merveilles dans leurs écoles d’accueil respectives, car ils figurent toujours parmi les meilleurs », selon le  directeur de l’école de Tenezana, Abdoulaye, Il donne en exemple Binta Ba,10 ans, et Dramane Coulibaly, 12 ans, tous deux, issus de SSAP, en 4 ème année, à Tenezana, qui ont obtenu respectivement une moyenne de 7,84 et de 8,02. « Le PAM évolue dans le domaine de l’alimentation scolaire notamment dans les cantines, à travers le projet PAIS, qui couvre 44 écoles, dans la Région de Koulikoro, avec environ, 9 000 pensionnaires qui bénéficient tous les jours, d’un repas chaud », a précisé son représentant, Issa Diakité, qui est confiant quant à la relève du projet, « avec la détermination de la communauté ». KM (AMAP)