Sikasso : Mobilité des animaux et accès aux ressources naturelles au cœur d’une rencontre du CILSS
Sikasso, 02 fév (AMAP) Une rencontre a regroupé, mercredi dernier à Sikasso (Sud), les préfets, les représentants des organisations des éleveurs, les responsables de la filière bétail-viande des sept cercles de l’ancienne Région de Sikasso, pour la « Validation du rapport provisoire de collecte des données sur l’évolution des conflits liés à la mobilité des animaux et à l’accès aux ressources naturelles dans la Région de Sikasso ». La rencontre, initiée par le Comité inter-États de lutte contre la sécheresse au Sahel (CILSS), à travers l’Unité régionale de coordination (UCR/PRAPS-2), visait, également, à analyser, amender et à valider les résultats de la collecte des données. Les échanges entre les participants ont porté sur la méthodologie de la conduite de l’étude, les résultats de l’étude y compris l’application de la méthodologie assortie des difficultés et approches de solutions. En 2023 dans les sept cercles de l’ancienne Région de Sikasso, il ressort de l’analyse des résultats qu’il y a eu 185 cas de conflits non-violents soit un taux de (91,13%) et 18 cas de conflits violents (8,86%). Les causes de ces conflits sont, notamment liées à la dévastation des cultures, l’accès aux pistes pastorales, aires de repos, vol de bétail, l’utilisation des ressources des espaces officiellement protégés (forêts, parcs…) Comme conséquences, ces conflits ont occasionné des pertes en vies humaines, de bétail, de matériels et des blessés. Les recommandations ont porté, notamment sur la pérennisation du système et la dotation de tous les agents de collecte en outils de travail (Smartphones, tablettes…) Le directeur de cabinet du gouverneur de la Région de Sikasso, Bernard Coulibaly, qui a présidé l’ouverture des travaux, a affirmé que les conflits liés à l’exploitation des ressources naturelles constituent une préoccupation majeure pour le développement des systèmes d’élevage mobile, d’une part et d’autre part, la coexistence pacifique entre les communautés. M. Coulibaly a indiqué que cette collecte des données sur l’indicateur des conflits liés à la transhumance a concerné les sept cercles de l’ancienne Région de Sikasso. « Elle s’inscrit dans le cadre du suivi des conflits permettant de mesurer la dynamique des stratégies mises en œuvre dans les pays. Et ce, pour prévenir et gérer les conflits en lien avec la mobilité pastorale. », a-t-il dit. « Ceci permettra de connaître le nombre de conflits, les causes, les conséquences et les types de règlements », a souligné Bernard Coulibaly. Il a rappelé que le PRAPS-2 constitue une suite opérationnelle de la Déclaration de Nouakchott sur le pastoralisme, adoptée le 29 octobre 2013. Cette déclaration appelle à « sécuriser le mode d’existence et les moyens de production des populations pastorales et à accroître le produit brut des activités d’élevage d’au moins 30% dans six pays (Mali, Burkina Faso, Mauritanie, Niger, Sénégal et Tchad) au cours des cinq prochaines années…». Bernard Coulibaly a ajouté que l’objectif de développement du PRAPS-2 est décliné, entre autres, en amélioration de la santé animale et contrôle des médicaments vétérinaires, en amélioration des chaînes de valeur du bétail… De son côté, l’expert suivi-évaluation du Projet régional d’appui au pastoralisme au Sahel (PRAPS-régional/CILSS), Damien Houndetondji, a affirmé que cette rencontre est l’occasion pour les parties prenantes d’échanger sur les acquis et les insuffisances constatés dans les résultats de la collecte des données. Par ailleurs, M. Houndetondji a saisi l’occasion pour remercier les agents collecteurs pour leurs efforts lors de la collecte des données. MFD/MD (AMAP)
Infertilité dans le couple : La femme toujours au banc des accusées !
Par Aminata DJIBO Bamako, 02 fév (AMAP) Véritable problème de santé publique, l’infertilité dans le couple conduit souvent à des conflits sérieux dans la famille, voire à la rupture des liens conjugaux. Le plus souvent, c’est la femme qui fait les frais des accusations. Au-delà de la famille, le jugement de la communauté pèse également beaucoup sur les épaules de la femme. Sans prendre de gants, certains l’accuse d’être, en grande partie, responsable de cette difficulté de procréer. Oumou (Nom d’emprunt) s’est mariée, il y a 6 ans. Durant toutes ces années, elle a attendu en vain un enfant. Elle explique que la femme commence à souffrir de ce problème à partir de six mois de mariage. « C’est après quatre ans de mariage que j’ai commencé à vivre avec le stress à cause de la pression familiale. Je me sentais exclue du fait que j’étais la seule femme sans enfant dans notre grande famille. Je me demandais ce que j’ai fait à Dieu pour être infertile », confie-t-elle, avant d’ajouter qu’elle a suivi beaucoup de traitements afin de pouvoir procréer. La jeune dame affirme avoir essuyé des critiques acerbes. « Ma belle-mère disait aux autres femmes de la maison que je ne pouvais pas enfanter. Elle souhaitait que mon époux prenne une autre femme », se souvient-elle. Et de déplorer le refus de certains hommes à collaborer franchement avec la femme pour trouver une solution au problème. Selon elle, cette attitude du conjoint est la plus pénible à supporter. « Chaque fois qu’une femme, qui s’était mariée après moi, venait à accoucher, mon époux me demandait la raison pour laquelle ils ont eu un enfant avant nous ?», se rappelle Oumou qui trouvait toujours des formules pieuses. Oumou explique que la femme qui peine à avoir un enfant doit faire face à une société intolérante. Elle en veut pour preuve les interrogations persistantes, rageuses de la communauté quant à la capacité de procréer de la femme qui sont vraiment stressantes pour l’intéressée. « Un comportement, soutient-elle, qui impacte la santé reproductrice de la femme. » Marie, une femme courageuse, partage son parcours douloureux. Elle a fait cinq années de mariage sans pouvoir concevoir. « Chaque mois, c’était une déception. Le poids de l’infertilité semblait trop lourd à porter », confie-t-elle, des larmes aux yeux. Sa quête incessante pour devenir mère l’a conduite à une dépression. Cependant, des ténèbres, émerge une lueur d’espoir avec l’histoire d’Élise. Malgré les difficultés à concevoir, elle bénéficie du soutien inébranlable de son mari et de sa famille. « Leur amour m’a aidée à traverser les moments les plus sombres. Nous avons abordé la question d’infertilité en toute compréhension et avec la manière la plus courtoise en vue d’arrondir les angles de la frustration », explique Élise avec un sourire empreint de gratitude. La solidarité familiale a été son bouclier contre le découragement. Devenir mère est le désir profond de toute femme depuis son enfance. C’est pourquoi, l’on voit les petites filles porter les poupées au dos pour s’identifier à leur mère. CONSULTATION PRÉNUPTIALE – Pour le psychologue Bourama Sangaré, l’infertilité est perçue par la femme comme « une atteinte à son estime de soi, une frustration, une incapacité à remplir son rôle. » Les femmes qui en souffrent généralement sont exposées au stress chronique au fur et à mesure que l’attente d’un enfant perdure. « Découvrir qu’elle peine à enfanter est une frustration qui l’enfonce dans l’isolement et dans la dégradation de l’image de soi. Les sentiments d’échec chez ces femmes sont aggravés par la pression de l’environnement social », explique-t-il. Par ailleurs, le gynéco-obstétricien Kokeina Oumar Koné apporte des éclaircissements sur cette difficulté d’avoir des enfants. En premier lieu, le praticien tient à préciser la différence entre une personne infertile et celle stérile. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’infertilité est l’absence de conception après 12 mois de rapports sexuels normaux en fréquence et en qualité, chez un couple qui vit sans contraception, «On dit qu’elle est primaire lorsque la femme n’a jamais eu de grossesse. On le qualifie de secondaire quand la femme n’arrive pas à tomber enceinte après de nombreuses fausses couches», explique-t-il. Quant à la stérilité, indique Dr Kokeina Oumar Koné, c’est quand la femme ne peut pas tomber enceinte. Le gynéco-obstétricien affirme que les anomalies des trompes constituent la première cause d’infertilité. Il explique que les infections au niveau des trompes, comme le microbe appelé «chlamydia», sont très fréquentes chez les jeunes. Le spécialiste signale que ce microbe, asymptomatique, agit en silence jusqu’à altérer les trompes de la femme infectée. Le professionnel de la santé cite également les anomalies au niveau du vagin qui altèrent la qualité de la glaire cervicale (qui permet aux spermatozoïdes de passer pendant la bonne période). « Celle au niveau de l’utérus dont le fibrome, déclare-t-il, est considérée comme la deuxième cause d’infertilité chez la femme. » « Car ces fibromes, justifie-t-il, par leur volume et leur localisation, contribuent beaucoup à l’avènement de l’infertilité. Les anomalies de l’ovulation, selon le praticien, sont aussi l’une des principales causes d’infertilité. Il ajoute que des facteurs environnementaux, l’alcoolisme, le tabagisme et l’obésité provoquent l’infertilité. Dr Koné rassure la population qu’aucune étude n’a démontré que les contraceptions sont la cause de l’infertilité. Le praticien explique que l’infertilité concerne aussi bien la femme que l’homme. « Dans 100% des cas, précise-t-il, l’homme est fertile à 30% autant que la femme. » « Dans 30% des cas, poursuit-il, c’est un problème mixte. » Et les autres 10%, dit le medecin, portent sur des causes inconnues. Il invite les femmes à adopter ou privilégier la consultation prénuptiale (consultation avant le mariage permettant de dépister des pathologies qui poseront problème en cas d’éventuelle conception Ndlr). « Toutefois, reconnaît-il, ceci n’est pas une pratique propre à notre culture. Il conseille aux femmes de traiter leurs infections et de vivre dans un environnement sain. Selon le gynéco-obstétricien, il faut éviter l’alcool, le tabagisme et faire régulièrement du sport. Ce n’est pas tout, Dr Koné estime que pour se donner toutes les chances de procréer, il
CAN Côte d’Ivoire 23 : Des quarts de finales alléchants
Ladji M. DIABY Habibou KOUYATE Envoyés spéciaux Bouaké, 1er fév (AMAP) Cette Coupe d’Afrique des nations (CAN) est entière, particulière et pour laquelle, il difficile de faire des pronostics. C’est une CAN des surprises et une véritable révolution du football africain. Le titre de favori, c’est désormais sur le papier, le terrain révèle une autre réalité. Aucun mondialiste n’a pu dépasser le cap des huitièmes de finale (Maroc, Ghana, Cameroun, Tunisie, Sénégal). Après les huitièmes de finale, aucun quart de finalistes de la précédente édition au Cameroun n’est resté dans la compétition : le Sénégal (battu par la Côte d’Ivoire en huitièmes), la Guinée équatoriale (battue par la Guinée en huitièmes), le Burkina Faso (battu par le Mali en huitièmes), la Tunisie (sortie en poules), le Cameroun (battu par le Nigeria en huitièmes), la Gambie (éliminée en poules), l’Égypte (battue par la RD Congo en huitièmes) et le Maroc (battu par l’Afrique du Sud en huitièmes). Il ne reste que quatre anciens vainqueurs : le Nigeria (1980, 1994, 2013), la Côte d’Ivoire (1992, 2015), la RD Congo (1968, 1974) et l’Afrique du Sud (1996) qui seront face aux équipes qui cherchent à inscrire leurs noms au palmarès de la compétition. Parmi les équipes considérées comme les favoris de la compétition, seulement la Côte d’Ivoire et le Nigeria restent dans la course au titre. Les Super Eagles vont disputer le premier quart de finale de la 34è édition de la CAN contre l’Angola, au stade Félix Houphouët-Boigny, à Abidjan. Grâce au doublé d’Ademola Lookman (36è min, 90è min), les Nigérians ont éliminé les Camerounais et visent un quatrième titre. L’Angola a battu la Namibie (3-0), grâce aux buts de Gelson Dala (38è min, 42è min) et Mabululu (66è min). Les deux équipes s’affrontent pour la première fois dans la compétition. « On se prépare pour le prochain match qui sera plus difficile que ce match. Les joueurs sont conscients, ils ont un d’état d’esprit fantastique. On va mette l’accent sur le repos et l’entraînement. L’Angola est une bonne équipe, performante. Si on doit gagner ce match, on doit être à notre meilleur niveau, donner le meilleur de nous-mêmes », a déclaré le sélectionneur du Nigeria, José Peseiro, après la victoire de son équipe devant le Cameroun. Le deuxième quart de finale est également prévu ce vendredi entre la RD Congo et la Guinée en deuxième heure au stade Alassane Ouattara, à Abidjan. Les Congolais se sont qualifiés en éliminant l’Égypte aux tirs aux but (7-8) après un match âpre et pauvre en occasions, Le score était de 1-1. Lors de la séance des tirs aux but, les deux équipes se sont, en revanche, très bien comporté au point d’utiliser chacune neuf tireurs. Le Syli National s’est qualifié en battant la Guinée équatoriale – réduite à dix depuis l’heure de jeu – 1-0 grâce à une réalisation en toute fin de rencontre de Mohamed Bayo. C’est la première victoire du pays dans un match à élimination directe à la CAN depuis 1976. Le choc entre les deux outsiders promet des étincelles. Le dernier quart de finale mettra aux prises le Cap-Vert et l’Afrique du Sud, samedi au stade Charles Konan Banny, à Yamoussouko. Des Sud-Africains qui ont créé la sensation en éliminant le Maroc (2-0), l’un des favoris de la compétition, peuvent s’offrir le droit de rêver. Mais le Cap-Vert est l’une des autres belles surprises de cette CAN, tentera de prolonger le rêve après avoir terminé à la tête du groupe C et battu la Mauritanie (1-0) en huitième de finale. Le Mali joue contre la Côte d’Ivoire en première heure à Bouaké. Le vainqueur Mali-Côte d’Ivoire affrontera le vainqueur RD Congo-Guinée alors que la première demi-finale mettra aux prises le vainqueur Nigeria-Angola et le vainqueur Cap-Vert-Afrique du Sud. Les deux matches sont prévus le 7 février. LMD/MD (AMAP)
Retrait des pays de l’AES de la CEDEAO : Le Premier ministre malien rencontre les acteurs du secteur privé
Bamako, 1er fév (AMAP) Le président de la Transition a déjà mis en place un comité de pilotage de haut niveau pour exploiter ce retrait comme une opportunité de développement, a annoncé, mercredi, au Centre international de conférences de Bamako (CICB), le Premier ministre malien, Choguel Kokalla Maïga. Le chef du gouvernement s’est adressé aux responsables et membres des organisations professionnelles et faîtières du secteur privé qui, de leur côté, attendent les mesures gouvernementales pour faire face à la nouvelle donne. Selon le chef du gouvernement, qui avait à ses côtés le ministre de l’Industrie et du Commerce, Moussa Alassane Diallo, les présidents du Conseil national du patronat du Mali (CNPM), Mossadeck Bally et de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali (CCIM), Madiou Simpara, et plusieurs membres du gouvernement, cette Transition est celle de la rupture et dans tous les domaines. « L’hésitation, la peur, trop de questions amènent toujours à rester sur place et faire le jeu de l’adversaire », a dit M. Maïga, pour soutenir la décision des chefs d’État des pays de l’Alliance des Etats du Sahel (AES) de se retirer de la de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) Ces Etats accusent l’organisation sous régionale de s’être éloignée des idéaux de ses fondateurs et d’avoir « brillé par son manque d’empathie, de solidarité et de vision stratégique face aux États de l’AES ». Le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont annoncé, dimanche 28 janvier, leur « retrait sans délai » de la CEDEAO. Le choix de ces pays, regroupés au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES), suscite quelques inquiétudes dans le monde des affaires où certains acteurs craignent la fin des facilités qu’offre l’appartenance à cet ensemble sous-régional. Pour les pessimistes, ce retrait suppose surtout des implications sur les exemptions de visa et les exonérations de taxes. Si l’éventualité d’un durcissement des règles régissant nos rapports avec la CEDEAO n’est pas à négliger, cette décision ne saurait, cependant, conduire aux malheurs prédits par les Cassandres. Au contraire, selon le Premier ministre Choguel Kokalla Maïga, « ce que nous perdons en acceptant cette vassalisation, est mille fois pire que ce que nous allons assumer en restant nous-mêmes ». Mieux, les trois pays « restent membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) pour le moment, donc bénéficient de la liberté de circulation » au sein de tous les pays de cette Union. COMPLICITÉ POSITIVE – Sans ambages, le chef du gouvernement a déclaré que la CEDEAO est progressivement devenue une menace, car son dessein lugubre consistait clairement à mettre à genoux nos pays, à provoquer des changements politiques pour satisfaire les intérêts des puissances étrangères. « Elle a très peu écouté nos États, elle s’est mise à donner des injonctions. Et son plan, c’était de déstabiliser le Niger, avant de passer au Burkina, puis au Mali », a-t-il révélé. Et de résumer : « l’accumulation d’actes inamicaux a rendu inévitable le retrait de nos États qui subissent au quotidien l’injustice, l’acharnement et l’austérité d’une organisation à l’avènement de laquelle ils ont contribué. » Le Premier ministre a assuré que le gouvernement prend la pleine mesure de la situation des préoccupations de nos compatriotes, en particulier les opérateurs économiques face à cette décision. Le président de la Transition a déjà mis en place un comité de pilotage de haut niveau pour exploiter ce retrait comme une opportunité de développement, de croissance économique. Objectif difficile à atteindre sans une complicité positive avec le monde des affaires. « C’est pour cela que j’ai décidé dans le lot des forces vives de la nation qu’il faut rencontrer et leur expliquer ce qui se passe, il fallait commencer par vous. Parce que les questions qui sont posées aujourd’hui sont d’ordre économique et financier », a déclaré Choguel Kokalla Maïga, comptant sur « l’ingéniosité » des acteurs économiques pour réussir ce challenge. « Notre réussite dépend en grande partie de vous », a indiqué le chef du gouvernement qui est formel : « Économiquement, ce que nous perdons en acceptant cette vassalisation est mille fois pire que ce que nous allons assumer, en restant nous-mêmes ».« Aussi, la sortie de la CEDEAO permettra-t-elle au Mali de définir des politiques commerciales optimales et plus avantageuses, d’avoir la liberté de prendre certaines décisions politiques et économiques. » Au niveau de l’AES, il faudra identifier et alléger les barrières tarifaires, faciliter les transactions économiques et commerciales pour les opérations d’exportation et d’importation. CONJUGUER LES EFFORTS – Le Premier ministre a également évoqué la fin de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger. Une décision responsable, qui découle de plusieurs constats dont la mauvaise foi des mouvements signataires de l’accord qui s’en sont écartés et éloignés depuis fort longtemps. Cette décision est aussi la conséquence logique du comportement de la République sœur d’Algérie, chef de file de la médiation internationale qui a sapé sa crédibilité et son autorité de médiateur impartial dans la gestion d’une série d’actes. Choguel Kokalla Maïga a longuement évoqué les agissements inamicaux du voisin algérien, qui ont pris la forme, ces dernières semaines, d’ingérences intolérables dans les affaires internes du Mali. Cependant, a-t-il tenu à préciser, « nous ne sommes pas dans une guerre contre le gouvernement algérien ni contre le peuple algérien ». Le ministre Moussa Alassane Diallo s’est dit convaincu que le Mali va transformer cette sortie de la CEDEAO en un point de compétitivité et de rentabilité pour notre économie. À condition que « nous ayons confiance en nos forces». « Aucun pays côtier ne peut fermer ses ports au Mali, parce que quand on investit dans les ports on s’attend aussi à des retours sur investissements. Et le Mali est le principal retour sur investissements de ces pays-là », a soutenu le ministre Diallo, assurant que le gouvernement a déjà son plan d’action pour aborder cette phase importante de notre histoire. Et que le secteur privé est au cœur de ce dispositif. « D’ici le 31 décembre 2026, le
Entretien routier au Mali : Indispensable mais plombé par des contraintes
Par Cheick Amadou DIA Bamako, 1er fév (AMAP) Le secteur des transports peut, en effet, être considéré comme un catalyseur du développement économique. De bonnes infrastructures routières facilitent le déplacement des personnes et des biens en favorisant les échanges économiques. La contribution de ce secteur au Produit intérieur brut (PIB) national est passée de 3,61% en 2010 à 5% en 2013. Le budget moyen alloué au secteur des transports est d’environ 110 milliards de Fcfa par an et varie, d’une année à l’autre, entre 10 et 15% du budget total de l’État. Ce qui montre l’importance qui lui est accordée par le gouvernement. Au Mali, les routes interurbaines desservent les capitales régionales et diverses localités de l’intérieur du pays, et traversent en plusieurs endroits, des forêts classées et de grands espaces boisés. Ce qui expose les usagers aux dangers liés au passage des animaux sauvages et domestiques, mais aussi à l’insécurité. Car, les arbres qui longent ces voies, obstruent la vue des conducteurs à distance et facilitent les actes de banditisme commis par des « coupeurs de route » qui se cachent dans les bois. C’est pourquoi, l’entretien routier, qui concerne aussi bien les voies urbaines qu’interurbaines, intègre l’élagage des arbres et le dégagement des emprises en rase campagne. Cette mission est du ressort du ministère chargé des Transports et des Infrastructures à travers ses différents services techniques. Le financement de l’entretien routier est assuré par l’Autorité routière avec des ressources provenant du recouvrement des différentes redevances d’usage routier (sur les produits pétroliers, la charge à l’essieu et le péage) faisant d’elle, à terme, un véritable Fonds d’entretien routier de deuxième génération. La direction nationale des routes (DNR) assure la maîtrise d’ouvrage du patrimoine routier de l’État. À ce titre, elle exerce les missions de gestion du réseau routier, de planification des investissements et de programmation des travaux. L’exécution des travaux d’entretien routier est assurée par l’Agence d’exécution des travaux d’entretien routier (AGEROUTE) à travers une convention de maîtrise d’ouvrage conclue avec la DNR sur la base de programmes annuels d’entretien définis préalablement par cette direction. Les travaux sont confiés à des petites et moyennes entreprises (PME) locales et contrôlés par des bureaux d’études locaux recrutés par l’AGEROUTE à la suite d’appels à concurrence. La Cellule des travaux routiers d’urgence (CETRU) exécute les travaux d’entretien routier ne pouvant pas faire l’objet d’appel d’offres au regard de leur caractère d’urgence, notamment les dégâts causés sur les ouvrages et routes par les intempéries et les calamités, etc. Notre pays possède un réseau routier qui compte 4 621 liaisons totalisant un linéaire de 89 024 km, correspondant à une densité de 7,17 km/100 km², selon la loi n°05-041 du 22 juillet 2005, portant principe de classement des routes et le décret n°05-431/P-RM du 30 septembre 2005, portant classement des routes et fixant l’itinéraire et le kilométrage des routes classées, qui définissent le réseau routier classé du Mali. Ce classement élaboré en fonction du contexte de la décentralisation, repartit le réseau routier en routes d’intérêt national (RN), dont la construction et l’entretien sont assurés par l’État. Elles totalisent 44 liaisons pour 14 102 km, soit 15,8% du linéaire total. Il y a les routes d’intérêt régional (RR) dont la construction et l’entretien sont assurés par la région. Elles totalisent 40 liaisons pour 7 052 km, soit 8% du linéaire total. Les routes d’intérêt local (RL) sont construites et entretenues par le cercle. Elles totalisent 836 liaisons pour 28 929 km, soit 32,5% du linéaire total. La construction et l’entretien des routes d’intérêt communal (RC) sont assurés par la commune. Elles totalisent 3 701 liaisons pour 38 941 km, soit 43,7% du linéaire total. PLUS DE DEUX MILLIARDS DE FCFA – Le réseau routier ainsi classé, permet, s’il est aménagé, d’assurer le désenclavement total du territoire national. Au stade actuel, seuls 21 681 km sont aménagés et bénéficient, plus ou moins, d’un entretien régulier. Cet investissement représente un patrimoine d’environ 2 200 milliards de Fcfa. Malgré tout, ce budget reste insuffisant au regard des besoins de financement du secteur. Selon Oumar Diallo, ingénieur du génie civil et spécialiste des questions d’entretien routier, le mauvais état général du réseau routier s’explique par un déficit d’entretien chronique, l’insuffisance des ressources allouées à l’entretien routier, la mauvaise qualité des travaux de construction des routes et les effets de la surcharge des véhicules de transport qui accélèrent la dégradation des routes. Cependant, le transport routier bénéficie d’un vaste réseau d’infrastructures et d’une grande part de marché des transports. Toutefois, il rencontre un certain nombre de difficultés qui sont, entre autres, l’engorgement du trafic dans les centres villes et l’insécurité routière, l’insuffisance des ressources affectées à l’entretien routier qui ne couvrent que moins de 50% des besoins actuels d’entretien courant du réseau routier et le manque de ressources pour financer l’entretien périodique. On note également l’insuffisance du contrôle et de la pénalisation des surcharges constituant des facteurs de dégradations précoces des routes, le manque d’outils adéquats de planification des projets routiers, l’occupation anarchique des emprises des routes, l’insuffisance d’une méthode précise de gestion routière et de programmation des travaux d’entretien routier. D’autres contraintes sont liées à l’insuffisance ou la vétusté du parc des matériels des PME évoluant dans le cadre de l’entretien routier. À celles-ci, s’ajoutent les faibles moyens alloués aux unités déconcentrées pour le suivi du réseau routier, l’inadéquation du mode d’exécution des travaux d’urgence et travaux exceptionnels avec les procédures de passation de marchés publics en vigueur, l’insuffisance du réseau des pistes rurales et la desserte des zones de production. Il y a aussi la multiplicité des intervenants dans le domaine de la construction des pistes rurales et l’absence d’une coordination efficace, l’insuffisance dans la régulation du marché des transports de marchandises et des transports en commun, le manque de professionnalisme des entreprises de transport, la vétusté du parc de véhicules commerciaux et son inadéquation aux besoins de transport entraînant ainsi une concurrence au niveau des prix, l’augmentation constante du coût du carburant qui menace les avantages
CAN Côte d’Ivoire 2023 : Entre Maliens et Ivoiriens, les autorités appelées à faire redescendre la tension
Par Ladji M. DIABY Habibou KOUYATE Envoyéz spéciaux Korhogo, 29janv (AMAP) La tension a monté d’un cran avec les supporters ivoiriens et maliens depuis le match nul des Aigles contre les Brave Warriors de Namibie, mercredi dernier, au compte de la 3è journée de la phase de poules de la CAN, Côte d’Ivoire 2023. En effet, une victoire du Mali devant la Namibie et conjugué avec un match nul entre la Tunisie et l’Afrique permettait à la Côte d’Ivoire, battue par la Guinée équatoriale (4-0), lors de la 3è journée, de se qualifier pour les huitièmes de finale en tant que meilleure troisième. Les Aigles ont fait match nul et les supporters ivoiriens ne digèrent pas ce match nul, estimant les Aigles ont refusé de gagner pour éliminer la Côte d’Ivoire, oubliant que la Namibie a tout donné pour obtenir ce match qui lui a permis de passer le premier tour, pour la première fois de son histoire, que les premiers coupables sont les Éléphants qui n’ont pu gagner qu’un de leur trois matches de poule. Dans cette CAN, chaque équipe défend son drapeau. On ne doit pas lier son destin à celle d’une autre équipe. Pourtant en conférence de presse d’avant-match, le défenseur central des Aigles, Sikou Niakaté a été bien clair : « La position des Ivoiriens ne nous regarde pas trop, On a un Drapeau à défendre, on se concentre sur nous. On va tout donner pour gagner et obtenir la première place ». Depuis ce match nul, les Maliens sont indexés en Côte d’Ivoire et certains membres de la délégation malienne ont été agressé verbalement par les supporters ivoiriens. La Fédération malienne de football (FEMAFOOT) a publié un communiqué pour envoyer un message de paix, d’entente aux passionnés du football, supporters maliens et ivoiriens, indiquant que les récents incidents regrettables ne reflètent pas les valeurs du football, ni celles qui font la richesse de nos cultures communes. La FEMAFOOT a, aussi, condamné toutes forme de violence physique et les atteintes aux biens matériels des supporters maliens. « Le sport est un terrain d’unité, de respect et de fair-play. En cette période cruciale, faisons preuve de solidarité et de fraternité, et rejetons toute forme de division », a écrit la FEMAFOOT. Il faut conseiller à certains supporters maliens, des Maliens qui résident en Côte d’Ivoire, d’éviter la provocation, en n’applaudissant pas une défaite du pays hôte. Des confrères ivoiriens appellent les autorités des deux pays à travailler pour faire baisser la tension. « Depuis un certain temps, la tension est palpable entre les Ivoiriens et les Maliens. Si les autorités n’appellent pas au calme et ne travaillent pas à baisser la tension, cela peut dégénère un jour alors qu’il y a des millions de Maliens qui vivent en Côte d’Ivoire. Que Dieu nous en garde », dii un journaliste d’une radio privée de San-Pedro. LMD/MD (AMAP)
Sikasso : Immersion dans le monde burlesque de la confrérie des Korèdugaw
Par Mariam F. DIABATE Sikasso, 26 janv (AMAP) Les bouffons ou «Korèdugaw», en langue bamanakan répondent à d’autres noms dans d’autres localités du Mali, notamment dans le Cercle de Sikasso (Sud) où les Senoufo leur collent les appellations «mpwugni» ou «mpwubi». Dans le Cercle de Kadiolo, les «Shènnabele» (Senoufo) les affublent du sobriquet de «mpuwi» et «mpuubii» tandis que les Minianka leur collent aussi le nom «xodubalaa». Le korèdugaw représente une personne qui a le sens du burlesque, du rire, voire de la dérision. C’est aussi un être qui s’exprime ou passe des messages par des grimaces, des codes de résignation et une forme de sagesse. Les spécialistes définissent le korèdugaya comme une confrérie initiatique du patrimoine culturel du Mali. L’origine de la confrérie date de la nuit des temps. On les rencontre dans les milieux bambara, malinké, senoufo, minianka et samogo. Tout comme les confréries des chasseurs, des prêtres, des divinités du monde bambara, chaque communauté à ses propres korèdugaw. Le korèdugaya tirerait son nom de «korè» (l’une des six divinités du monde bambara qui joue un rôle rituel et public) et de «duga» qui signifie vautour en français. En milieu senoufo, il officie comme maître de cérémonie, amuseur du public et interface entre les groupes d’âge. Grossomodo, le korèduga, c’est cet être humain qui a la particularité de s’habiller bizarrement. Il porte des haillons, des colliers, des pantalons dont l’un des pans est plus souvent long que l’autre. A Sikasso, ces personnages atypiques sont toujours présents dans les rencontres culturelles. Ils se caractérisent par leur gestuelle mais, aussi, leurs chants, danses, accoutrements, parures, langages verbaux et non-verbaux. Mais, surtout, cette façon ubuesque de faire des bénédictions, annonçant une chose à travers son contraire. C’est un code propre aux korèdugaw. Certains, sans prendre de gants, déclarent que les korèdugaw n’ont pas de pudeur (autrement sans scrupule). C’est une perception erronée de cette couche sociale. Parce ces manières, ils révèlent la beauté et la qualité du korèdugaya. Feu Tiémoko André Sanogo, qui a été rappelé à Dieu, en octobre 2021, était le président de l’Association des korèdugaw de la Région de Sikasso. Dans une publication intitulée : ‘’Les korèdugaw en milieu Senoufo’’, il évoquait l’initiation à la confrérie des korèdugaw ou « tuer quelqu’un à la confrérie », selon l’expression consacrée par la confrérie. D’autres confréries comme celles des chasseurs, géomanciens et sorciers ont une appellation à l’initiation. L’initiation se fait tous les 3 ou 7 ans, selon les aires culturelles. Les initiés suivent toujours un cursus de formation. Les étapes de la formation commencent de 0 à 7 ans jusqu’à 42 à 63 ans. Au-delà de 63 ans, le korèdugaw se résigne à limiter ses déplacements et apparitions publiques. Il se contente du peu qu’on lui donne et s’interdit de quémander. « C’est à 63 ans que le korèduga devient un (duga mansa) signifiant roi des vautours ou un (duga koro) vieux vautour », expliquait l’ancien chef de l’Association des korèdugaw. Et d’ajouter que c’est en cette période que le «duga koro» entre dans l’univers du mysticisme visionnaire. Par ailleurs, les interdits des korèdugaw, selon Tiémoko André Sanogo sont notamment ne jamais allumer le feu de la discorde, du malentendu ou de la guerre mais, surtout, être ouvert aux autres et recevoir le pêcheur comme le bienfaiteur avec la même courtoisie et ne jamais toucher ce qui ne lui appartient pas ou ne lui a pas été donné. Sur un tout autre registre, le défunt affirmait que leur confrérie est sollicitée par les couples stériles pour réaliser leur aspiration à la parenté. Le couple prête serment et, une fois, le vœu exaucé, juste après le baptême, l’enfant est amené à la confrérie. Cette dernière lui donnera un prénom korèdugaw comme «malokini» (plat de riz), «tobogo» (boue de to), «dèguè» (brouet ), «galama» (louche), «gnama» (ordures), «duga» (vautour), «tchètèmalo» (l’homme qui n’a pas froid aux yeux). En outre, les chants évoqués par les korèdugaw sont relatifs à l’éducation, la religion, la politique, etc. De son côté, le chercheur au Centre de recherche pour la sauvegarde et la promotion de la culture senoufo de Sikasso, Abbé Edouard Coulibaly, fait beaucoup d’investigations dans les villages senoufo, surtout sur le korèdugaya. Le Senoufo et l’originaire de Kadiolo dresse le tableau de la vie des korèdugaw du Folona (Kadiolo). Selon lui, les korèdugaw de Sikasso sont différents de ceux de Kadiolo. Le symbole du korèdugaya est représenté par la sculpture d’un oiseau appelé « calao ». Son bec fermé appelle les initiés à ne pas dévoiler ce qu’ils ont appris lors de l’initiation ; le long bec de la sculpture qui se traine sur le ventre signifie que le vrai korèdugaw se nourrit par lui-même (indépendance) ; ses ailles déployés l’encouragent à bondir sur le travail; la position droite de la sculpture appelle les bouffons à ne pas mentir, à ne pas toucher à la femme d’autrui et à ne pas voler. Qui n’apprécie pas ces valeurs ? MFD/MD (AMAP) Encadré : Apparats de korèduga En général, les bouffons sont reconnus par leurs habillements qui sortent de l’ordinaire. On les rencontre, très souvent, avec des becs d’oiseaux sur les chapeaux, des haillons, des sacs, des colliers ou chapelets, des chevaux, des caméras, des masques, des éventails … à ce niveau, le chercheur du Centre de recherche pour la sauvegarde et la promotion de la culture senoufo de Sikasso, Abbé Edouard Coulibaly, précise que le bec de l’oiseau «calao» que les bouffons de Kadiolo portent sur leur chapeau signifie l’entente, le porte bonheur, la procréation… ; les haillons sont des habits tout terrain (on s’assoie par terre et on fait tout avec); les sacs contiennent des objets dont l’antidote contre les poisons ; les flûtes sont leurs instruments de musique. Ils égrainent les colliers pour apaiser les malentendus, les tensions ; leurs chevaux sont symboliques, c’est pourquoi, les cavaliers ne sont pas choisis par hasard; c’est grâce aux éventails que les korèdugaw se nourrissent. C’est en ventant les repas des gens que ces derniers leur offrent de la nourriture
L’harmattan : c’est bon pour le maraîchage !
Par Oumou SACKO Bamako, 24 janv (AMAP) L’harmattan (de novembre à janvier) fait l’affaire des maraîchers. C’est la période de la fertilité et de l’humidité des sols. Y compris celle de la vache grasse. Tôt le matin, sur un vaste terrain situé au bord de la route de l’Aéroport international président Modibo Keïta-Senou, à Kalaban coura, en Commune V du District de Bamako, de belles plantes de carotte, de betterave, de laitue et de papaye émerveillent les passants. Cette réalisation est le fruit du travail acharné de Zoumana Mariko. Le quinquagénaire exerce le maraîchage depuis neuf ans. En cette heure matinale, il tient un tuyau en plastique bleu au bout duquel est insérée une pome d’arrosage. Le dispositif arrose les plantes de carotte. Le maraîcher explique que ce métier est rentable et facile en période de fraîcheur que durant la chaleur. Le jardinier ajoute que le sol est plus fertile et bien humidifié en ce moment que pendant les autres saisons. Pendant l’harmattan, l’eau est disponible en quantité. «Par contre, en saison chaude tel n’est pas le cas. On enregistre beaucoup de pertes suite au dessèchement des cultures», affirme-t-il. Zoumana Mariko est satisfait de sa récolte. Mais, il se plaint des dépenses lourdes du jardin qui pèsent sur ses bénéfices. « Je peux acheter 20 litres d’essence tous les trois jours pour mon groupe électrogène pair arroser mes cultures maraîchères » déplore-t-il. Non loin du périmètre maraîcher du quinquagénaire, Adiara Koné fait sa sieste sous un grand manguier. La maraichère, 10 ans d’expérience dans le domaine, a soufflé ses 56 bougies. La brave dame confie que la fraîcheur en cette période l’aide beaucoup dans l’humidification de ses plantes. Elle dit manquer de moyens nécessaires pour s’acheter un groupe électrogène qui pourra l’aider à puiser de l’eau pendant la période de chaleur. « À mon âge, puiser de l’eau à la main est très fatigant. En plus, il te faut trois séances d’arrosage par jour pour que les cultures obtiennent suffisamment d’humidité. Tandis qu’en ce moment, une seule fois par jour suffit aux plantes», fait savoir la quinquagénaire. BONNE CROISSANCE DES CULTURES – À Niamakoro, en Commune VI du District de Bamako, sur les berges d’un petit marigot, Aminata Mallé et sa fille, toutes joyeuses, font du maraîchage. Selon la mère de 5 enfants, son activité lui permet d’aider son mari à faire face aux besoins de la famille. Elle fait ce travail avec amour et beaucoup de soin. Notre interlocutrice avoue qu’elle manque d’équipements nécessaires pour travailler sur son lopin qui contient trois puits. Et de regretter le prix élevé de l’engrais chimique. Une situation qui l’oblige à utiliser seulement l’engrais organique. Selon elle, les deux éléments ont chacun un rôle dans l’accroissement des cultures. « Pendant l’harmattan, on peut se limiter à l’engrais organique, parce que la terre est riche et très fertile. Pour la saison chaude, il nous faut de l’engrais chimique pour la bonne production des légumes. Et pour cela, nous devons débourser beaucoup d’argent pour l’achat. Donc, nous préférons la saison froide qui nous est bénéfique surtout avec la récolte de la laitue », laisse-t-elle entendre du haut de ses 4 ans d’expérience dans le jardinage. L’agronome et expert en environnement, Dr Mamadou Nagalé Sanogo, note que le maraîchage offre plusieurs avantages pendant l’harmattan. « Avec le climat favorable, explique-t-il, les cultures maraîchères ont une bonne croissance et les risques de maladies fongiques sont réduits. » Il assure que la fraîcheur permet aux maraîchers de cultiver des légumes de manière plus saine. Le docteur en agronomie indique que durant cette saison, les maraîchers doivent pratiquer l’irrigation adaptée pour les plantes et s’assurer de les contrôler contre les ravageurs pour avoir de très bonnes cultures. Dr Sanogo leur conseille d’utiliser les semences de qualité adaptées à l’harmattan, qui peuvent résister à la sécheresse et germer dans des conditions moins favorables. Pour l’expert en environnement, l’engrais équilibré en nutriments tels que l’azote, le phosphore et le potassium serait favorable en cette saison pour une croissance saine des plantes. Il cite également les composants à base de matières organiques et le phosphate de Tilemsi. Les ménagères jubilent en ce moment en raison de la diminution des prix des légumes comparé à d’autres saisons. Mme Coumba Traoré affirme qu’en cette période, avec un peu d’argent, elle arrive à obtenir assez de légumes pour sa cuisine. «Je ne complète pas le prix du condiment. Les légumes sont de bonne qualité et conservables sans recourir au réfrigérateur », dit-elle. Les vendeuses se frottent les mains surtout celles qui proposent des tomates. Le prix du grand panier de la tomate varie de 15 000 à 20 000 Fcfa pendant cette saison contre 25 000 à 30 000 Fcfa en période de chaleur. Kiatou Coulibaly, vendeuse de tomates, au Grand marché de Bamako, assure que ses clients sont satisfaits de la qualité et du prix de sa tomate. OS/MD (AMAP)
Portefeuille de la Banque mondiale au Mali : 200 milliards de fcfa décaissés en 2023
Bamako, 26 janv (AMAP) Le portefeuille des projets et programmes de la Banque mondiale au Mali a décaissé plus de 200 milliards, avec un taux de décaissement de 36,7%, a appris l’AMAP, mardi. A la clôture des travaux de la session politique de la revue conjointe de la performance du portefeuille des programmes et projets financés par la Banque mondiale au Mali, la directrice des opérations de la Banque mondiale pour le Mali, Clara de Souza, a indiqué que ce montant a permis de fournir de l’électricité à plus de 300 000 personnes en milieu rural et de réaliser plus de 1 000 kilomètres de pistes rurales. «Ces ressources ont contribué à tripler l’utilisation des services de santé dans les zones couvertes», a révélé Mme de Souza. À cet égard, elle a félicité les différents acteurs impliqués dans la mise en œuvre des projets et remercié les autorités maliennes pour leur soutien et l’excellent partenariat à l’origine de cette belle performance. Toutefois, elle a souligné que les débats lors de la session technique ont, également, fait ressortir le besoin d’une action soutenue de toutes les parties prenantes afin de réaliser les objectifs de développement des projets et assurer la durabilité des résultats enregistrés. En outre, elle a indiqué qu’il ressort de la mise en œuvre du plan d’actions issu de l’édition 2021 que 41,16% des actions convenues ont été totalement réalisées. Quant ministre malien de l’Economie et des Finances, Alousséni Sanou, qui a présidé, la session de clôture, il a, au nom des plus autorités, remercié la Banque mondiale pour avoir conduit l’exercice conjointement avec la partie malienne. M. Sanou a confié que les contraintes majeures identifiées et relevées lors des travaux de la session technique sont d’ordre institutionnel, sécuritaire et/ou opérationnel. Il a noté que les problèmes évoqués ont connu un début de résolution. Selon lui, la mise en œuvre effective des recommandations issues de cette revue « nous permettra de les résoudre définitivement et d’améliorer significativement la performance du portefeuille actif. » Le ministre Sanou s’est dit satisfait de la bonne performance réalisée dans la mise en œuvre des projets/programmes du portefeuille au titre de l’année fiscale précédente (juillet 2022 à juin 2023). Ce qui à mettre au crédit de toutes les parties prenantes, Malgré tout, a dit le ministre en charge des Finances, des facteurs d’ordre exogène ont suffisamment perturbé le niveau des décaissements au cours des six premiers mois de l’année considérée, notamment les sanctions financières et économiques imposées au Mali par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA). «Le Mali a, en effet, atteint un taux de décaissement exceptionnel de 36.9% le plaçant en tête de peloton, loin devant les autres pays de la zone Afrique de l’Ouest et du Centre voire de la zone Afrique», a-t-il révélé. Cette session politique fait suite à deux jours de travaux de la session technique, durant lesquels les participants ont examiné le portefeuille des programmes et projets financés par la Banque mondiale au Mali afin d’en améliorer la performance, dans le but d’obtenir de meilleurs résultats en matière de réduction de la pauvreté. Ils ont ainsi pris connaissance de l’état et de la performance du portefeuille, discuté des problèmes transversaux qui l’affectent, examiné les facteurs qui alourdissent les procédures de décaissement et esquissé des solutions possibles aux différents défis rencontrés. Cette cérémonie a été marquée par la remise d’attestation aux Unités de gestion des projets (UGP) les plus performantes pour l’exercice fiscal 2023. AG/MD (AMAP)
Concours FAAPA 2023 : Le journaliste Oumar Sankaré de l’AMAP a reçu le grand prix du meilleur article de presse
Envoyé spécial Oumar SANKARE Rabat, 24 janv (AMAP) Le journaliste Oumar Sankaré de l’Agence malienne de presse et de publicité (AMAP) a reçu mardi à Rabat, au Maroc, le grand prix du meilleur article de presse de l’édition 2023 du concours de la Fédération atlantique des agences de presse africaines (FAAPA). Oumar Sankaré a été récompensé pour sa production intitulée : «Consommation de viande : la charogne dans nos assiettes». Le grand prix du meilleur reportage vidéo a été attribué au journaliste producteur de médias, Kamongnin Sylla, de l’Agence ivoirienne de presse (AIP) pour son reportage télévisé sur les enfants atteints d’hydrocéphalie. Enfin, le grand prix de la meilleure photo est revenu au reporter-photographe, Blaise Irenge, de l’Agence congolaise de presse (ACP). La légende de la photo primée indique que des enfants rescapés des inondations meurtrières ayant causé plus de 500 morts et plus de 5.000 disparus à Kalehe dans la province du Sud-Kivu, portent du bois ramassé dans les décombres des maisons détruites pour la cuisine. La cérémonie de remise du grand prix de la FAAPA pour les lauréats s’est déroulée, mardi dernier, en marge de la 7e assemblée générale de la FAAPA à Rabat qui s’est tenue, lundi et mardi, sous le thème : «L’information africaine : un enjeu de souveraineté majeur». Le directeur général de l’Agence Maghreb Arabe Presse (MAP) et président de la FAAPA, Fouad Arif, a exprimé sa satisfaction. «Une information africaine faite avec une patte africaine. Aujourd’hui je me rends compte qu’il manquait quelque chose quand j’ai vu les lauréats de cette année, des jeunes brillants avec des reportages, des photos qui sont tous impactant, qui ont eu un retentissement non seulement sur le continent africain, mais aussi hors du continent. Il n’y a pas seulement la patte africaine authentique, mais il a aussi le génie africain’. «Je suis plus qu’heureux que ce génie africain se soit exprimé à travers des jeunes qui en veulent, qui sont dans la vingtaine. Je suis rassuré quant à l’avenir du journalisme en Afrique», s’est-il réjoui. Au terme de cette assemblée générale, d’importantes résolutions ont été retenues parmi lesquelles : le renforcement de la coopération entre les Agences de presse africaines, les échanges d’informations et la création d’une rédaction virtuelle, celle-ci permettra d’assurer un meilleur suivi des différentes productions, a expliqué Fouad Arif. Par ailleurs, il préconise la création d’un réseau africain qui permettra de circuler les informations entre africains. Pour sa part, le directeur général de l’AMAP, Bréhima Touré, a été plus explicite sur la nécessité de conter l’histoire de notre continent par les Africains eux-mêmes. «L’Afrique peut raconter un récit africain, on peut produire pour nos populations et raconter la réalité africaine, le narratif africain», a expliqué le patron de l’AMAP. Un accord de partenariat et de coopération a été signé entre l’Agence marocaine de presse (MAP) et l’Agence ivoirienne de presse (AIP), l’Agence de presse du Nigéria (NAN), l’Agence guinéenne de presse (AGP) et l’Agence de presse d’Angola (ANGOP). Mais aussi entre l’Agence ivoirienne de presse et l’Agence guinéenne de presse (AGP). OS/MD (AMAP)

