Agences de presse de l’Union de la coopération islamique : Table ronde sur le soutien des médias à l’action humanitaire

Envoyé spécial Moussa DIARRA Djeddah (UNA-AMAP) – L’Union des agences de presse de l’Organisation de la coopération islamique (UNA) a tenu une table ronde, samedi 26 octobre 2024, à Djeddah, qui a recommandé de promouvoir les échanges de contenu sur l’actualité humanitaire entre les agences de presse et les médias en général. La table ronde, à laquelle ont participé des directeurs d’agences de presse dont l’AMAP et des experts en travail humanitaire international, a notamment demandé de renforcer la coordination, le partenariat et les canaux de communication entre les médias et les institutions de secours internationales. En plus, d’approfondir le concept de « communication pour le développement » dans les médias pour servir le progrès global de la société. Les participants ont, également, recommandé de concentrer la couverture médiatique sur les histoires humanitaires et la nature individuelle des crises humanitaires, loin du langage des statistiques qui peuvent réduire la souffrance humaine en nombre. Il faut, tout aussi, travailler à renforcer les capacités des professionnels travaillant dans le domaine de la communication humanitaire, en plus de se méfier de la désinformation dans les médias humanitaires et de chercher à la corriger pour s’assurer que les personnes dans le besoin reçoivent des informations correctes sur l’aide et d’autres questions humanitaires. Placé sous le thème « Vers les médias humanitaires : Le rôle de la presse dans le soutien au travail humanitaire et la mise en lumière des efforts de secours », la table ronde a été organisée en marge de la « Conférence ministérielle de haut niveau des donateurs sur la crise humanitaire au Sahel et au lac Tchad », qui s’est tenue, le même jour, au siège de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) à Djeddah. Cette conférence, elle-même, était organisée conjointement par le Centre d’aide et de secours humanitaires du roi Salman (KSrelief) et l’OCI, en coopération avec le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) et le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). S’adressant aux participants, le directeur général de l’UNA, M. Mohammed bin Abd Rabbo Al-Yami, a souligné que les « médias » sont l’un des principaux éléments de la réponse aux crises humanitaires. Selon lui, « les travailleurs humanitaires parient sur le ‘pouvoir des médias’ et leur influence pour mettre en évidence les situations humanitaires et encourager leurs activités d’aide et de secours. » Al-Yami a ajouté que les médias font face à certains défis pour jouer ce rôle, y compris dans le cadre de programmes spéciaux face aux crises. Ainsi « certaines crises sont visibles tandis que d’autres sont ignorées, sans critères clairs, au point que la notion de ‘crises oubliées’ est devenue populaire, en référence aux crises hors du champ des médias, malgré les tragédies et les difficultés qu’elles impliquent. » Il a appelé à renforcer le partenariat entre les institutions et organisations humanitaires et à ouvrir des canaux de communication directs pour coordonner la couverture médiatique des efforts des organisations humanitaires et de leurs initiatives. Al-Yami a loué les efforts du KSrelief dans ce domaine, soulignant que ses « diverses initiatives humanitaires, à travers le monde, sont toujours accompagnées d’opérations médiatique et de communication des plus professionnelles », dans le but de mettre « en évidence le rôle de premier plan du Royaume d’Arabie saoudite et de son sage leadership pour tendre la main à ceux dans le besoin, quelles que soient leurs appartenances religieuse et ethnique. » Pour sa part, le porte-parole officiel du KSrelief, le Dr Samer bin Abdullah Al-Jutili, a expliqué, dans son intervention, le concept de « communication pour le développement », « approche de communication participative centrée sur l’atteinte des résultats souhaités » et qui cherche « à tirer le meilleur parti de l’impact et de la durabilité des initiatives de développement. » Il a ajouté que ce concept, « qui est central dans le rôle de soutien des médias au travail humanitaire, se concentre sur la ‘communication persuasive’, cherchant à influencer la société avec ses organisations et ses individus, afin de parvenir à un développement communautaire global. » Abordant le processus de planification de la communication pour le développement, Al-Jatili a fait noter que ce processus comprend plusieurs axes, « y compris l’identification des parties prenantes, la construction du plan de communication, en plus de la formation de groupes de travail et la création de groupes de discussion, le développement de la coopération et des partenariats locaux. » Il a exhorté les praticiens à adopter « la communication pour le développement pour couvrir l’impact de manière professionnelle tout en se concentrant sur les histoires humaines. » À son tour, le directeur exécutif de l’Agence de presse des Émirats (WAM), le Dr Jamal bin Nasser Al-Suwaider, a appelé au lancement d’initiatives dans le cadre de l’UNA « pour améliorer les efforts conjoints des agences de presse membres dans le domaine des questions humanitaires et mettre en évidence les efforts des pays de l’OCI à cet égard. » Au cours de son intervention, le directeur de l’Agence nationale de presse du Mali, Moussa Diarra, a abordé des aspects du travail des agences de presse dans le domaine des médias humanitaires, indiquant que « les agences pourraient contribuer à sensibiliser et à mobiliser un soutien financier et des dons pour atténuer les crises humanitaires, ainsi qu’à donner des alertes précoces. » Le directeur de l’Agence de presse de Djibouti, le Dr Abdul Razzaq Ali Diranah, a souligné le rôle central des médias dans l’amélioration de la participation de la communauté dans la gestion des crises humanitaires. Son homologue, le directeur général de l’Agence de presse camerounaise (CAP), Baba Wamé, a passé en revue un aspect de l’utilisation des médias au Cameroun et en Afrique de l’Ouest pour la couverture des crises humanitaires dans la région, notant que ce « traitement a joué un rôle important dans l’atténuation de ces crises. » Pour sa part, le directeur adjoint de l’Agence de presse pakistanaise, Iqbal Madthar, a souligné la nécessité pour les médias de renforcer leur coopération avec les organisations internationales de secours, indiquant qu’ « en travaillant en étroite collaboration avec des institutions telles que le KSrelief, nous pouvons nous assurer en tant que médias que notre couverture est non seulement précise,

Sécurité au Mali : La situation reste sous le contrôle de l’Armée (DIRPA)

Bamako, 15 oct (AMAP) Les Forces armées maliennes (FAMa) ont fait face à plusieurs attaques en septembre dernier et ont neutralisé 27 terroristes et interpelé une soixantaine d’autres et leurs complices, a déclaré, lundi, le patron de la Direction de l’information et des relations publiques des Armées (DIRPA), le colonel-major Souleymane Dembélé. Lors de sa traditionnelle conférence de presse mensuelle, le colonel-major a indiqué que « la situation sécuritaire de septembre a été marquée par 13 attaques directes, 9 incidents d’Engins explosifs improvisés (EEl), des embuscades et des exactions sur les populations civiles. » En dépit de ces incidents, « la situation reste sous le contrôle des FAMa qui gardent l’initiative sur le terrain. » Le plus grave de ces évènements malheureux a été la double attaque terroriste du 17 septembre dernier contre l’École de gendarmerie de Faladiè et la partie nord-est de l’aéroport international président Modibo Keita-Sénou. « La riposte vigoureuse des FAMa contre ces attaques a permis de neutraliser 27 terroristes et d’interpeler une soixantaine d’autres et leurs complices », a dit l’officier. Dans son exposé, le directeur de la DIRPA a fait le point de la situation sécuritaire, en fournissant certains détails des opérations exécutées. Il a, aussi, analysé la situation sécuritaire globale avant de faire le résumé des activités du ministère en charge de Défense, dans les états-majors généraux ainsi qu’au niveau de la Force conjointe de la Confédération des États du Sahel. Il ressort de l’analyse de la situation que les Groupes armés terroristes (GAT) entendent mettre à profit la période de l’hivernage marquée par des inondations rendant difficile le déplacement des troupes, surtout avec les engins lourds. Cela, dans le but de renverser la tendance et reprendre l’initiative sur le terrain face aux FAMa, pour étendre leurs zones d’action. À ce sujet, le colonel-major Dembélé a évoqué certaines appréhensions de militaires face à des mouvements de personnes qui ont convergé vers Bamako pour diverses raisons. « Malgré tout, la dextérité et la vive réaction de nos Forces ont permis de vite circonscrire la situation », a assuré l’officier supérieur. Il a, ensuite, déploré «la perte de quelques éléments FAMa lors de ces attaques et de nombreux blessés qui sont tous rétablis aujourd’hui ». Ainsi, du 1er au 30 septembre dernier, les attaques terroristes contre les populations civiles et l’armés ont concerné les localités, entre autres, de Cinzana-gare, Léré, Matomo, Tonka, Bandiagara, Nampala, Moussa Wèrè, Mourdiah, Dogofri, Timissa, Youwarou. Mais aussi, Dirakala, Kationa, Pel-kandia, Songo, Antaba, Wessembougou-peulh dans le théâtre Centre. Sur les théâtres Sud et Est, outre les attaques contre l’École de gendarmerie de Faladié et l’aéroport de Bamako, les actions terroristes ont ciblé les localités de Monzombougou, Dioumara et de Koima (Région de Gao). En réponse aux questions des journalistes, le conférencier a indiqué que la situation dans la Région de Kidal (Nord) est toujours sous le contrôle des FAMa. Il a indiqué que les unités de l’Armée ont aussi mené, du 29 septembre au 9 octobre, une mission de routine dans la localité de Tinzawatène (Nord, vers á la frontière avec l’Algérie). « Cette opération a permis de récupérer les corps de nos éléments tombés lors de l’embuscade de la coalition terroriste, en juillet dernier, qui ont été inhumés avec tous les honneurs », a-t-il dit AT/MD (AMAP)    

Les marchés de Bamako dans un sale état

Par Siguéta Salimata DEMBÉLÉ Bamako, 15 oct (AMAP) Légumes pourries jetées à même le sol, sacs plastiques, boue, eau stagnante… C’est dans ce mélange nauséabond que des commerçants de certains marchés passent leurs journées. Et que les clients doivent affronter pour s’approvisionner en denrées alimentaires. De nombreuses plaintes se font entendre dans des marchés de la capitale malienne, Bamako, depuis le début de l’hivernage. Au marché Sougouni coura, selon les usagers, il n’y existe pas d’initiatives concrètes en matière d’assainissement. Les marchands sont alors souvent contraints d’étaler leurs marchandises au milieu des ordures. « La gestion des déchets en cette période d’hivernage constitue un défi majeur », dit Awa Diarra, vendeuse de légumes. D’après elle, les marchands sont obligés de payer eux-mêmes les éboueurs pour faire évacuer les ordures. «Nous cotisons quotidiennement 100 Fcfa chacun pour l’évacuation des déchets. Ma voisine, elle seule, dépense souvent 15 000 Fcfa pour avoir des tricyclistes afin de se débarrasser des siennes», fait-elle savoir. Et cette situation dure depuis une décennie. Même réalité au marché de Kabalabougou. Ici, vendeuses et ménagères déplorent l’insalubrité du marché. Interrogée, Kadiatou Kéïta, vendeuse de légumes frais, affirme que les conditions du marché se sont détériorées au cours des dernières années. Pour faire face à la situation, nos interlocuteurs invitent les autorités à prendre des dispositions pouvant garantir l’assainissement des marchés pendant les saisons pluviales prochaines. «Tous ces déchets que vous voyez ne proviennent pas du marché. 50% de ces déchets viennent des ménages riverains. Cela crée des tensions», regrette Mme Cissé, assise devant sa boutique. Soutenant les propos de nos précédentes interlocutrices, Abdoulaye Cissé, président du Collectif national des marchés du Mali (CNAM-Mali), confirme qu’il y a plusieurs années que l’insalubrité persiste dans les marchés. Se prononçant particulièrement sur le cas du marché Sougouni coura, où il a sa boutique, il déplore le manque de dépotoirs. Ce qui explique le fait que les commerçant collectent individuellement leurs déchets et payent aux éboueurs jusqu’à 2 000 Fcfa pour les faire ramasser. «L’assainissement des marchés ne fait pas, en principe, partie de notre mission. Mais avec la situation actuelle des marchés, nous faisons ce que nous pouvons», ajoute-t-il. Le président de l’Association «Sugu Dieya Ton», Moussa Traoré Bill, soutient également que pendant l’hivernage, de nombreuses activités sont menées au niveau des marchés pour l’assainissement et la protection de l’environnement des marchés de Bamako. Son regroupement organise régulièrement des campagnes de nettoyage en collaboration avec les commerçants et les collectivités locales. « Ces campagnes, poursuit-il, incluent le ramassage des ordures, la désinfection des lieux de vente et la sensibilisation des commerçants et des clients aux bonnes pratiques d’hygiène et de gestion des déchets. « Nous fournissons également des équipements comme des poubelles et des kits de nettoyage pour faciliter l’entretien quotidien des marchés », précise notre interlocuteur. SSD/MD (AMAP)

Mois du consommer local : c’est parti pour la 5è édition

Bamako, 14 oct (AMAP) Le ministre de l’Industrie et du Commerce, Moussa Alassane Diallo, a lancé, jeudi, dans les locaux de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali (CCIM), les travaux de la 5è édition du Mois du consommer local, sous le slogan : « Valorisons et consommons nos produits locaux. » Cette édition est placée sous le thème «Consommer local, un levier de développement industriel, de compétitivité et de résilience des économies de l’UEMOA»  Selon le ministre de l’Industrie et du Commerce, « le mois du consommer local est une occasion pour faire la promotion des petites, moyennes et grandes industries afin d’assurer la transformation de la redistribution de revenus (qui n’est) pas seulement une urgence, mais une exigence. » Il a invité les uns et les autres à donner la priorité au produit local, voire en compétition avec un produit importé, venant d’une zone hors UEMOA. Il a invité les opératrices et opérateurs économiques à travailler davantage en termes de quantité et en mettant plus l’accent sur la qualité de nos produits locaux alimentaires et artisanaux. Le ministre Diallo a affirmé que « Dans le cadre de la matérialisation de cette vision (celle des autorités), nous avons relancé les activités de la Compagnie malienne des textiles (COMATEX) et de l’Usine malienne des produits pharmaceutiques (UMPP) en 2023. » « Les projets structurants en cours, notamment la réalisation de deux usines de filatures CMDT à Koutiala et Bamako, participent de cette vision stratégique », a-t-il ajouté. Pour sa part, le représentant résident de la Commission de l’UEMOA, Mamadou Moustapha Barro, au Mali a indiqué que « l’initiative, Mois du consommer local, est une des réponses de la promotion des échanges intra-communautaires à travers la production, la transformation et la consommation des biens et service au sein de l’Union. » Il a rappelé que l’édition 2024 se tient dans un contexte international marqué par des crises sécuritaire, économique et socio-politique. « Dans ce contexte, a-t-il poursuivi, notre espace communautaire reste résilient. » «Le résultat des travaux de l’assurance multilatérale de l’UEMOA de juin 2024 indique que l’activité économique au sein de l’Union fait montre d’une résilience remarquable face aux nombreux chocs. Le taux de croissance de l’Union a été 5,3% en 2023», a fait savoir le représentant résident. Pour 2024, a-t-il expliqué, les perspectives économiques se situent à 7% en lien avec le haut dynamisme dans les différents secteurs d’activités. Le ministre malien en charge du Commerce était accompagné de son collègue de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Andogoly Guindo. C’était en présence du président de la CCIM, Madiou Simpara   Cet évènement a été initié par la CCIM et la Commission de l’UEMOA pour booster la production, la consommation et la commercialisation des produits locaux. La cérémonie a été marquée par la visite des stands. FC/MD (AMAP  

Montée du niveau du fleuve Niger : Des dégâts et des désagréments

Bamako, 14 oct (AMAP) « On a prié pour qu’il pleuve abondamment cette année. Faut-il faire la même chose pour que ça s’arrête ?», s’interroge Modibo Koné. Ce jeune cadre de l’administration, habitant de la Cité de 320 logements de Kati Sicoro, a lancé cette phrase lorsqu’il a vu jeudi matin de gros nuages se former dans le ciel. Mais quelques minutes plus tard, ces nuages se sont dissipés laissant place au dame soleil. Ça a été ainsi un ouf de soulagement pour Modibo Koné et d’autres chefs de famille qui s’apprêtaient à regagner leurs services dans le centre-ville de Bamako. Nous sommes au mois d’octobre et la pluie continue de s’abattre en grande quantité causant des dégâts énormes dans nos villes et campagnes. À Bamako, les eaux pluvieuses ont envahi plusieurs quartiers. Particulièrement les zones riveraines du fleuve Niger où la montée historique du niveau de l’eau est très spectaculaire. La situation est encore pire à Kalabancoro sicoro (Commune rurale de Kalabancoro), où l’eau du fleuve a débordé transformant certaines rues en marre. Ici, plusieurs habitants n’ont pas eu d’autre choix que de fuir, laissant leurs domiciles dans l’eau. Ceux qui sont restés au péril de leur vie se déplacent avec des pirogues. Un spectacle désolant qui fait froid dans le dos. Se déplacer aujourd’hui à Kalabancoro sicoro est devenu un parcours du combattant. Les résidents qui ne veulent pas attendre les petites embarcations, essayent de nager ou de marcher sur les murs des habitations. Chapelet autour du cou, Aminata Dienta, vient de descendre d’une pirogue. Elle raconte que sa maison a été engloutie par l’eau. «Au début, l’eau du fleuve montait dans les rues avant de se retirer. Mais à partir du 25 septembre, les eaux ont commencé à inonder nos maisons en détruisant nos vivres et nos meubles », dit-elle, avant de signaler que sa famille a décidé de chercher une maison en location dans un autre quartier loin des zones inondables. L’Académie d’enseignement (AE) de Kalabancoro n’a pas non plus été épargnée par les eaux de pluie. «Nous avons presque tout perdu. On s’inquiète beaucoup pour la rentrée des classes cette année», dit un agent qui a requis l’anonymat. Kassim Coulibaly, un jeune piroguier, est très actif dans le transport de ses voisins du quartier. « Mon service est payant. Mais quand ce sont des connaissances, je prends ce qu’elles me donnent volontairement », avoue le jeune homme équipé d’une pagaie. Il indique que le secteur a souffert en 2018 des inondations de maisons par les eaux du fleuve. « Cette année, reconnait-il, le phénomène a empiré. » À Kalabancoro plateau également, des habitations proches du fleuve  sont aujourd’hui presque vides. De belles villas et des bâtiments en étage se trouvent dans l’eau. Bandiougou Traoré, un habitant du quartier, vit à une centaine de mètres du fleuve. Il affirme que la crue est à l’origine des déplacements forcés des résidants. L’enseignant explique que certains sinistrés et leurs biens ont pu être évacués par des pirogues. À Kalabancoro sicoro et Kalabancoro plateau, plusieurs habitants ont abandonné leurs maisons dans l’eau. Cet endroit de Kalabancoro plateau est devenu un secteur fantôme. La situation est aggravée par les coupures d’électricité. «Nous qui sommes restés, nous vivons dans l’eau et dans l’obscurité totale», déplore Bandiougou Traoré qui espère que l’eau du fleuve se retire vite pour que ses voisins puissent regagner leurs maisons. D’après les spécialistes de l’hydraulique, la montée des eaux est spéculaire de Bamako à Sofara en passant par Beleny Kegny à San, Banankoro, Ké-Macina et Mopti, provoquant des débordements et des inondations. Et que les seuils d’alerte de 1967 sont atteints et même dépassés. Donc, la vigilance doit être de mise de la part des populations riveraines du fleuve Niger. MD/MD (AMAP)

Affaire d’achat de l’avion présidentiel et des équipements militaires : Report sine die pour complément d’informations  

Bamako, 10 oct (AMAP)  Le procès de l’achat de l’avion présidentiel et des équipements militaires, après une suspension lundi dernier, a repris mercredi, avant d’être renvoyé sine die, quelques heures après pour « complément d’informations », À la demande du parquet, les juges ont ordonné le renvoi de l’affaire devant la Chambre civile d’instruction de la Cour suprême pour l’audition d’anciens Premiers ministres Prenant la parole, le contentieux de l’État a soulevé des exceptions par rapport à l’audition de certaines personnes pour la manifestation de la vérité, notamment les anciens Premiers ministres Oumar Tatam Ly et Moussa Mara, le ministre délégué du Budget d’alors, Madani Touré, l’ancien ministre délégué auprès du ministre de l’Economie et des Finances, chargé de la Promotion des Investissements et de l’Initiative privée, Moustapha Ben Barka et l’homme d’affaires français Marc Gaffajolli. Le ministère public a appuyé le contentieux de l’Etat, estimant que même l’ancien président de la République, feu Ibrahima Boubacar Keïta (IBK) devait être entendu dans cette affaire, s’il n’était pas décédé, Le parquet a ensuite demandé le renvoi du dossier pour une autre session pour complément d’informations. « Il y a des zones d’ombre dans la procédure. Nous estimons qu’il y a encore des personnes à entendre. Il faut que celles-ci soient là pour asseoir certaines vérités. Ordonnez un complément d’informations, conformément à l’article 285 du Code pénal », a-t-il requis. Les avocats de la défense sont pas du tout de cet avis du procureur général Kokè Coulibaly. S’alignant sur une même ligne de défense, ils ont sollicité la Cour de ne pas suivre l’avocat général dans sa démarche. « C’est un manque de courage de sa part, il n’a pu rien démontrer », a lancé l’un des conseils. Et un autre d’ajouter que l’intervention du parquet et celle du contentieux démontrent qu’ils n’ont rien contre leurs clients. Ajoutant que le ministère public est en difficulté et devrait être courageux en renonçant à la poursuite. Pour les avocats de la défense, le dossier est vide et cela a été compris par tous après deux semaines de débats et que son renvoi est impossible à moins qu’un acquittement ne soit prononcé. Le parquet est revenu à la charge en expliquant clairement la nécessité de l’audition de certaines personnes. « C’est déterminant pour la manifestation de la vérité ». Après cette joute verbale entre les parties, la Cour s’est retirée pour statuer sur la question. Elle est revenue pour suivre le ministère public dans sa logique, en ordonnant le renvoi de l’affaire devant la chambre civile d’instruction de la Cour suprême pour « complément d’informations » pour entendre les anciens Premiers ministres Ly et Mara et le ministre délégué du budget à l’époque Madani Touré, ainsi que pour produire les factures des contrats du protocole Guo-Star au niveau du budget. Lorsque le président de la Cour, Bamassa Sissoko, a annoncé le renvoi du procès, la salle s’est immédiatement vidée. Et les inculpés présents n’ont pas caché leur mécontentement face à cette décision. Les mis en cause doivent attendre encore pour connaître leur sort. En attendant, seul Mahamadou Camara qui a obtenu une libération sous caution rentre chez lui. Quant aux autres accusés, ils retournent tous en détention. Leurs conseils entendent user des voies de droit pour demander la liberté provisoire avant la reprise du procès. Selon l’avocat de Mme Bouaré Fily Sissoko, Me Dianguina Tounkara, sa cliente avait demandé en vain auprès de la même chambre l’audition de ces personnalités. « On a ignoré cette demande de l’ancienne ministre chargée des Finances, mais la même requête a été réitérée au cours des débats », a déclaré Me Tounkara, tout en précisant que la Cour n’a pas pu statuer sur le sort de leurs clients détenus, mais sur le renvoi demandé par le parquet. TC/MD (AMAP)  

Arachide : Une denrée à la fois importée et exportée

Par Fatoumata M. SIDIBÉ Par Bamako, 9 oct (AMAP) En cette période, l’arachide est le produit vedette qui capte immédiatement l’attention des usagers du marché de Ouolofobougou, en Commune III du District de Bamako. Les sacs d’arachides de certains commerçants grossistes et les étals surchargés des détaillants, peu soucieux de l’ordre public, débordent sur la principale voie bitumée qui traverse ce marché. Piétons et conducteurs d’engins doivent redoubler de vigilance pour éviter les accidents. Entre commerçants, la concurrence est rude : chacun interpelle, à sa manière, les passants. Dans cette zone surnommée «Bougouni place», l’arachide se vend comme du petit pain. Président du marché des arachides de Ouolofobougou, Abdoulaye Konaté, entouré de plusieurs vendeurs et revendeurs, explique que l’arachide est à la fois une denrée importée et exportée. « Avant que notre propre récolte ne débute, nous importons l’arachide de la Côte d’Ivoire. Ensuite, nous l’exportons au Sénégal, d’où les Gambiens s’approvisionnent également », explique notre interlocuteur. Il précise que la « campagne de l’arachide » commence au Mali après celle de la Côte d’Ivoire. « Ici, l’exportation se fait avec un chargement quotidien de quinze à vingt wagons », dit-il. Le prix du sac d’arachide de 100 kg fluctue selon l’état du marché : vendu actuellement à 18 000 Fcfa, il peut parfois atteindre 25 000 Fcfa ou descendre à 15 000 Fcfa. Et le sac de 100 kg de cacahuètes destinées à la fabrication de pâte d’arachide est vendu à 70 000 Fcfa. Abdoulaye Konaté estime que ce commerce est très bénéfique pour l’économie nationale, notamment grâce aux frais de douane qui peuvent aller jusqu’à plus de 250 000 Fcfa par camion. « Chaque camion doit s’acquitter de ces frais, ce qui constitue une source de revenus non négligeable pour le pays », commente le commerçant. Il note qu’une bonne partie de sa marchandise provient des Régions de Sikasso et de Bougouni, notamment des localités de Kolondièba et de Wassolo. À quelques mètres de là, Moussa Haïdara, un autre exportateur, explique que ses principaux clients sont des étrangers et des femmes locales. « Nous avons des jeunes qui se chargent d’exporter notre arachide vers le Sénégal et la Gambie », affirme-t-il. Selon lui, la qualité du produit joue un rôle déterminant dans les revenus. « Avec une arachide de bonne qualité, il n’y a pas de souci à se faire. Les clients paient le prix fort pour la qualité », assure-t-il. Cependant, des problèmes peuvent survenir, comme quand les cacahuètes pourrissent en cas de panne des véhicules de transport. Selon Moussa, la production est excédentaire cette année, ce qui permet de couvrir largement la demande locale et d’exporter vers des pays voisins, particulièrement le Sénégal. « Nos gros clients sont des Sénégalais. Certains achètent jusqu’à 60 sacs à la fois », confie-t-il. TracasserieS – Medoun Sarr, un exportateur sénégalais, fait face à d’importantes difficultés lors de l’acheminement de ses cargaisons. Bien que « les documents requis (feuille de route, certificat sanitaire, etc.) soient en règle », il se plaint des contrôles routiers fréquents qui bloqueraient les marchandises pendant des heures. « Nous obtenons ces documents qui coûtent 40 000 Fcfa auprès de transitaires agréés, mais lors des contrôles, on nous dit souvent qu’ils ne sont pas valides », se plaint-il. « Récemment, ma cargaison a fait deux jours de route à cause des douaniers. Pour éviter des pertes, j’ai été obligé de payer 500 000 Fcfa », accuse le commerçant sénégalais. Il appelle les autorités maliennes à s’impliquer pour faciliter les procédures. Massama Sidibé, un vendeur d’arachide depuis plus de dix ans, discute avec un client en français du prix des sacs d’arachide. Prenant quelques graines dans sa main pour bien le faire voir au client, il met en avant l’importance de l’exportation pour soutenir la production locale. « Le Mali ne peut pas consommer toute l’arachide qu’il produit. L’exportation est donc essentielle pour réguler les excédents et stimuler la production », soutient-il. Selon le chef de la division statistique, suivi et évaluation à la Direction nationale de l’agriculture (DNA), Samba Barry l’arachide constitue l’un des moteurs de l’économie nationale. M. Barry estime que la promotion de cette filière peut contribuer à améliorer le Produit intérieur brut (PIB) à travers la vente de l’arachide coque et l’huile d’arachide. Et de souligner qu’en 2023, les superficies emblavées en arachide sont de 494 788 ha sur une prévision de 493 174 ha, soit 100,33% de réalisation. La production est de 454 736 tonnes en 2023 contre 442 679 tonnes en 2022, soit une hausse de 3%. Samba Barry précise que les principaux bassins de production sont les régions de Koulikoro, Kayes, Bougouni, Kita et Sikasso. FMS/MD (AMAP)  

Campagne agricole 2024-2025 au Mali : Koutiala (Centre) produit sa première balle de coton

Par Envoyé spécial N’Famoro KEITA Bamako, 8 oct (AMAP) Le président directeur général (PDG) de la Compagnie malienne pour le développement des textiles (CMDT), Mamadou Moustapha Diarra, a assisté, samedi dernier, à l’usine de Koutiala (Centre), à la sortie de la première balle de coton fibre de la campagne 2024-2025. « Les producteurs doivent protéger la production contre les pluies qui sont annoncées pour perdurer. Les gestionnaires du dispositif de transport de coton graine, des champs jusqu’aux usines, doivent se mobiliser tous. Les industriels, eux-mêmes, doivent pouvoir assurer une cadence optimale afin de produire du coton de qualité, a dit M. Diarra. Il était accompagné de l’administrateur général de la filiale Nord-Est, Ousmane Sanogo et plusieurs dirigeants de la chaine coton. Les premières productions, qui ont été égrainées, sont venues des secteurs de Kimparana et de Karankana B. Le Pdg leur a tout de suite remis les factures de payement en guise d’encouragement. Pour Tidjani Dieng, chef d’usine 1 de Koutiala, la sortie de cette première balle dans son unité réconforte toute son équipe et cela relance déjà les travaux de la nouvelle campagne d’égrainage. Il a assuré que tous les membres de l’encadrement vont conjuguer leurs efforts pour égrainer le coton dans les meilleures conditions et dans le délai souhaité. Déjà, il y a eu beaucoup de sacrifices dans toute la chaine pour que ces premières productions parviennent à l’usine, a-t-il ajouté. Après avoir été témoin de la sortie de la première balle de la campagne, le Pdg de la CMDT et sa suite se sont rendus à Bandiagara 2, dans la Commune de Zangasso, pour visiter des installations de pompes, de récupération de pluies, de toilettes modernes permettant de récupérer les défécations et les utiliser en engrais. Il y a aussi des champs d’essais consistant à fertiliser des terres pauvres, en leur apportant les doses d’engrais nécessaires. Ces réalisations sont l’œuvre de la coopération brésilienne. À la fin de sa visite, le Pdg de la CMDT s’est réjoui de la sortie de cette première balle de coton qui est, selon lui, symbolique et importante. Il a appelé l’ensemble des acteurs de la chaine de transformation de coton à se mobiliser. Son message est aussi destiné à « ceux qui sont chargés d’expédier les balles aux destinations (ports) pour qu’ils prennent toutes les dispositions nécessaires afin d’éviter des pertes de qualité des balles pour qu’on puisse réaliser des ventes et avoir des revenus ». Mamadou Moustapha Diarra a salué les travailleurs pour leurs efforts, avant d’affirmer que la CMDT restera toujours à leur côté. « Chacun doit redoubler d’effort pour que la campagne se déroule dans le meilleur délai. J’exhorte les dirigeants de la chaine à écouter les travailleurs pour maintenir la cohésion sociale entre eux », a-t-il lancé. Et de souhaiter aussi que tous les employés se sentent propriétaires de la CMDT pour la bonne marche de la filière. Mamadou Moustapha Diarra a apprécié les installations faites à Bandiagara 2 par le partenaire brésilien. Des réalisations qui vont améliorer la productivité dans les champs, surtout en système coton. « Il y a des essais dans le champ d’expérimentation sur la fertilisation des sols et sur la gestion de l’eau. Ils sont installés sur des sols très pauvres et abandonnés, donc c’est comme un moyen de récupération des terres. Ces essais qui sont à leur 3è année permettent d’avoir de rendement à hauteur d’environ 1 tonne par essai. C’est un bon résultat », s’est félicité le PDG de la CMDT. FK/MD (AMAP)  

Hivernage au Mali : Montée inquiétante des eaux

Par Babba B. COULIBALY Bamako, 8 oct (AMAP) La saison des pluies de cette année est particulièrement dévastatrice aussi bien au Mali que dans la sous-région. À ce jour, la cote d’alerte de 1967 est est atteinte et même dépassée sur différentes portions des cours d’eau du Mali. On déplore 64 cas de pertes en vies humaines et 148 blessés dans les inondations à travers le Mali. Il y a 187 767 sinistrés dont certains sont logés dans des écoles. C’est donc désormais une évidence : les cours d’eau débordent et la situation hydrologique du Mali inquiète. De Banankoro, sur le fleuve Niger, à Gourbassi  (Ouest) sur le Falémé, en passant par Kéniéroba et Sélingué sur le Sankarani, Koulikoro, Ségou, Ké-Macina (Centre), Diré et Ansongo (Nord) sur le Niger, l’alerte critique aux crues est déjà lancée depuis des semaines. La montée des eaux est spéculaire de Bamako, la capitale à Sofara (Centre) en passant par Beleny Kegny à San, Banankoro, Ké-Macina et Mopti (Centre). Selon un communiqué du Centre de coordination et de gestion des crises, les précipitations enregistrées dans la Bande sahélienne et localement au nord des pays du golfe de Guinée (Niger, le Burkina Faso, le Sénégal, la Mauritanie, le Mali, le Nigeria et la Guinée Conakry) ont été supérieures de 120 à 200% aux moyennes de ces cinq dernières années. La situation hydrologique le long des fleuves Niger et Bani est marquée par la poursuite de la montée des niveaux d’eau. Une situation qui provoque déjà des débordements des eaux du cours normal par endroits. Les seuils d’alerte sont dépassés notamment à Bamako. Plusieurs zones de la capitale sont mises en vigilance rouge, indique le Centre de coordination et de gestion des crises. Il s’agit de Kalaban Coro, sur toute la partie de la station de pompage de la Société malienne de gestion de l’eau potable (SOMAGEP), Djicoroni para, de Badalabougou (sur toute la zone située entre le palais de la culture et l’ancienne ambassade du Sénégal), de la Cité du Niger surtout la zone de l’hôtel Mandé, de Sotuba zone industrielle, de la Corniche du cinquantenaire (aux alentours de la brigade fluviale). Autres localités concernées : Koulikoro (partie avale de la brigade fluviale, le village de Diarrabougou), Ségou (village de Sekoro et quartier Somono), San (Bélény Kegni. Goukoro), Djénné (Sy, Touara, Soala), Mopti ville (zone périphérique de la confluence Ban/Niger), Diré, Tombouctou (Koryoumé), Banankoro, Ké-macina et Diafarabé. A cet égard, le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, secrétaire permanent du Comité interministériel de gestion des crises et des catastrophes, invite « les populations à l’évacuation des zones riveraines car la montée continue et les apports d’eau sont très importants. » Pour mieux appréhender la situation actuelle, l’analyse des spécialistes de l’hydraulique comme le Dr Abdrahamane Sylla, spécialiste en hydrologie et observateur des cours d’eau, assure que les risques de débordement et d’inondations sont réels. « La montée des eaux continue avec une cadence très importante, ce qui présage des risques d’inondations dans les semaines à venir », alerte-t-il. Selon lui, la situation hydrologique particulière de cette année a été prédite par les services météorologiques annonçant que cette année, l’hivernage sera marqué par une pluviométrie exceptionnelle. « Ainsi, à ce jour, explique-t-il, la cote d’alerte est dépassée de 20 cm à Bamako. « Ce dépassement va continuer. Il faut noter que Banankoro (Kangaba) constitue la première station d’observation du fleuve Niger à son entrée sur le territoire malien à partir de la Guinée. À ce jour, le niveau de montée d’eau à Banankoro est estimé à 744 cm contre 508 cm en 2023, 691 cm en 2018 et 712 cm en 1967. Le seuil d’alerte étant fixé à 750 cm », explique notre interlocuteur. De la réunion du Comité interministériel de gestion de crises et catastrophes, tenue le 19 septembre dernier au Centre de coordination et gestion des crises (CECOGEC), il ressort un cumul de 377 cas d’inondations depuis le début de l’hivernage, 6 cas de vents violents, 8 cas de foudre, 30 209 cas d’effondrements et 32 822 cas de maisons à risque d’effondrement ou endommagées. Cette situation a engendré 187 767 personnes sinistrées, soit 53 417 hommes, 58 676 femmes et 75 674 enfants. On déplore 64 cas de pertes en vies humaines et 148 blessés. SEUIL D’ALERTE – Il ressort du bulletin d’information des services hydrauliques qu’à Kénieroba, à la confluence Sankarani/Niger, le niveau d’eau actuel est estimé à 608 cm contre 428 cm en 2023, 647 cm en 2018 et 650 cm en 1967, alors que le seuil d’alerte est de 650 cm. Quant au barrage de Sélingué, toujours sur le Sankarani, le niveau d’eau est estimé aujourd’hui à 346,48 m contre 346,50 m requis. À Bamako, sur le Niger, le niveau d’eau est estimé à 390 cm contre 393 cm en 2018 et 390 cm en 1967, le seuil étant de 380 cm, soit un dépassement de 10 cm. À Kayes sur le fleuve Sénégal, le niveau de l’eau est de 752 cm contre 379 cm en 2023, 587 cm en 2022 et 976 en 1967, alors que le seuil est fixé à 859 cm. À Gourbassi sur la Falémé, le niveau d’eau est aujourd’hui de 650 cm contre 377 cm en 2023, 444 cm en 2022 et 538 cm en 1967. Dr Sylla indique que cette situation présage divers types d’inondations, notamment les celles par la formation de crues torrentielles suite aux fortes pluies, les inondations par le ruissellement urbaine et agricole mais aussi les inondations par les montées d’eau ou celles liées à la crue du fleuve. Notre interlocuteur signale aussi les apports d’eau qui viennent toujours de la Guinée et de la Côte d’Ivoire, de façon générale des pays voisins. Pour cause, les fleuves sont interconnectés entre les pays. Parlant des lâchers d’eau qui ont commencé, il y a un mois, au niveau de différents barrages, notre interlocuteur explique que le processus se fait à travers un mécanisme bien maîtrisé par les services hydrologiques. « Ici, le mécanisme est

Liban : Les migrants maliens à l’abri

Bamako, 7 oct (AMAP) Le bureau de Beyrouth du Haut conseil des Maliens de l’extérieur (HCME) qui a recensé 20 compatriotes au Liban, âgés majoritairement de 18 à 55 ans, s’est assuré qu’ils sont en sécurité et a informé les autorités afin de prendre les mesures idoines. Le chargé des affaires sociales et des questions migratoires au secrétariat exécutif du HCME, Mamadou Lamine Bane, a assuré que deux de nos compatriotes qui étaient dans la zone de conflit ont rejoint les autres Maliens dans une zone plus sure. M. Bane, qui précise que ces informations ont été fournies par le Bureau du HCME de Beyrouth, assure qu’« aucun des 20 Maliens recensés n’est impacté par cette crise. » « À la date d’aujourd’hui, indique Mamadou Lamine Bane, ces expatriés n’ont pas encore exprimé un besoin de retour assisté. » Il assure que le secrétariat exécutif du HCME suit l’évolution de la situation. Le conflit opposant le Hezbollah, parti politique et paramilitaire chiite, à l’Etat d’Israël a engendré une crise humanitaire préoccupante, notamment au Liban. Dans les villes ciblées, les civils fuient les bombardements israéliens. L’Organisation des Nations unies (ONU) estime qu’environ un million de personnes ont été déplacées depuis octobre dernier. Parmi eux des migrants. Sur son compte X, l’ONU a cité le chef du bureau de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), Mathieu Luciano, qui a déclaré que plus de 165 000 travailleurs migrants sont dans 800 abris collectifs à travers le pays. Il s’agit d’écoles ouvertes d’urgence par le gouvernement. M. Luciano ajoute que « les chiffres continuent d’augmenter, alors que les bombardements intensifs se poursuivent au sud, dans la vallée de la Bekaa, à Beyrouth et dans d’autres régions. » Le bureau régional de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour la Méditerranée orientale a indiqué sur le réseau social X, que « le 4 octobre dernier la guerre a causé au Liban la mort de 1 974 personnes et blessé 9 384 autres. » Selon l’organisation onusienne, plus de 340 000 personnes ont quitté leur domicile. MD/MD (AMAP)