Niafunké : Autorités locales et partenaires au chevet des déplacés internes
Niafunké, 14 janv (AMAP) Les personnes déplacées internes (PDI) arrivées du Haoussa et du Gourma de Niafunké, dans le Nord du Mali, reçoivent des soutiens, dès leurs premières heures dans la ville, grâce á une symbiose entre acteurs locaux et sous l’impulsion du préfet Modibo Kane Togo, en étroite collaboration avec les collectivités, les services du développement social et de l’assainissement. Mardi 7 janvier dernier, sous la présidence du 2ème adjoint au préfet, Zakaridja Samaké, 350 abris, 28 blocs latrines, 16 lampadaires solaires ont été offerts par l’Organisation international pour les migrations (OIM) pour soulager ls souffrances des personnes déplacées. Le même partenaire avait auparavant distribué 400 kits Non-Food Items (NFI) terme humanitaire en anglais, voulant dire (Biens non alimentaires) et comprenant surtout une variété d’articles et d’ustensiles dont des couvertures, matelas, vêtements, savons brosses á dents, lampes, bougies, bâches et tentes… afin de répondre aux besoins fondamentaux des déplacés d’où son nom. En décembre dernier, c’étaient 200 kits de dignité constitués de pommades, savons, serviettes hygiéniques et cotons, soutiens gorges… pour les jeunes femmes en âge de procréer et 10 fosses á ordures installées les 5 et 6 janvier derniers. Ils sont des milliers de déplacés réfugiés à Niafunké ville en 2024. Certains ont tout abandonné derrière eux : champs, animaux, écoles boutiques, pirogues etc. Les causes de leur départ sont multiples, diverses et complexes selon les endroits mais, aussi, et surtout la crainte des Groupes armés terroristes, le banditisme. Comme si cela ne suffisait pas, la montée des eaux du fleuve Niger a atteint une grande partie de leur site de réinstallation, obligeant beaucoup d’entre eux à devenir de véritables nomades sur le site. Installés d’abord dans les écoles et chez des proches en ville, bon nombre d’entre eux ont finispar regagner le site aménagé pour les accueillir à l’Est de la ville. Habitant sous des tentes de fortune en nattes et construites à la hâte, sans eaux ni latrines et d’autres dans les vieux bâtiments coloniaux, au quartier Bamako Coura, près du lycée Bocar Cissé, dans des conditions sanitaires et hygiéniques limites. Aujourd’hui, disposant de tous ces appuis et aussi d’un château d’eau, les déplacés s’estiment heureux. L’OIM, en un mois de présence sur le terrain a mené des enquêtes d’évaluation et de ciblage des déplacés et leurs besoins cruciaux et à réussi à organiser des distributions gratuites dans une très grande transparence, à la grande satisfaction des bénéficiaires et des autorités locales de Niafunké. Lors de chaque distribution, le préfet ne cesse de rappeler que « tous les Maliens ont droit à une vie paisible et, en cas de difficultés, à l’assistance comme le veulent les autorités du pays » avant d’ajouter que « chacun est mieux chez soi. » SAM/MD (AMAP)
Région de Ségou 2024 : Bilan et défis (Présentation de vœux par le directeur de cabinet du gouvernorat)
Ségou, 08 janv (AMAP) La Direction régionale des Douanes de Ségou, a mobilisé 14 692 987 119 Fcfa, a révélé le directeur de Cabinet du gouverneur, Bréhima Angoïba, lors de la présentation de vœux, mardi, dans la salle de conférence du gouvernorat. « Pendant que la Direction régionale des impôts a mobilisé au compte du Budget de l’Etat, la somme de 6, 227 milliards de Fcfa pour la période de janvier à novembre 2024 soit un taux de réalisation de 91% par rapport à l’objectif annuel », a ajouté Bréhima Angoïba. La rencontre a été un moment pour faire la revue rétrospective des principales activités menées dans les différents domaines de la vie publique au cours de l’année écoulée. Elle a regroupé notamment le président du Conseil régional de Ségou, porte-parole des élus, Siaka Dembélé, le maire de la Commune urbaine de Ségou, Nouhoun Diarra, les autorités administratives, coutumières, légitimités traditionnelles, les commandants des forces armées et de Sécurité. L’année 2024 a été marquée par de nombreux évènements, au plan national et au niveau régional. Le directeur de cabinet du gouverneur s’est réjoui notamment de la sécurisation des personnes et de leurs biens dans la Région de Ségou, de la mise en œuvre de l’assainissement total piloté par la communauté dans 92 douze villages du Cercle de Baroueli, de l’émission par la Direction régionale du commerce et de la concurrence de 216 intentions d’importation d’une valeur de 9 615 780 Fcfa.Il a aussi salué la tenue des Activités de la 28e édition du Mois de la solidarité et de la lutte contre l’exclusion marquée par des distributions de vivres aux personnes vulnérables, handicapées et visites aux personnes âgées des Communes de Ségou, de Pélenganna et de Sebougou et l’appui à la population du village de Farabougou. Il ressort de son discours que 130 points d’eau modernes ont été réalisés par l’Etat et ses partenaires. Le nombre de forages réalisés par le président de la Transition s’élève à 11. Egalement 1 800 tonnes de sucre ont été affectés à la région pour faire face aux besoins de la population durant le mois de ramadan. Et la prise en charge des dépenses de fonctionnement des services déconcentrés et décentralisés en 2024 s’est élevée 30 365 029 628 Fcfa ; Sur le plan scolaire les résultats des examens durant l’année scolaire 2023-2024 affichent pour le Diplôme d’études fondamentales (DEF) 34,36% et le Baccalauréat général 21,51%. M. Angoïba a invité à l’ensemble des travailleurs de continuer à servir avec le même dévouement, le même engagement et la même énergie qu’en 2024. Il a encouragé « l’esprit de bonne collaboration » et exhorté « à persévérer pour des résultats encore meilleurs au profit des populations. » Pour mener à bien les différentes missions, le directeur régional du développement social et de l’économie solidaire Dramane Coulibaly a, au nom des directeurs régionaux, du personnel des services techniques de la Région de Ségou, souhaité la prise en charge d’un certain nombre de difficultés parmi lesquelles la vétusté, voir l’insuffisance des équipements et matériels de services. La presse ségovienne, a par la voix de notre consoeur Ramata Konaté, directrice régionale de l’ORTM, souhaité plus d’accompagnement des services déconcentrés de l’Etat, plus de collaboration entre la presse et ces services. D’autant plus que l’année 2024 a été très difficile pour la presse avec le retrait de plusieurs partenaires, la fermeture de certaines ONG, le renoncement de contrats par certaines structures à cause des difficultés d’ordre politique et économique qui ont entrainé des manques à gagner au niveau des radios, empêchant le paiement de la redevance et conduisant à la fermeture de certaines d’entre elles par la Haute autorité de la communication (HAC). La presse a également sollicité l’implication du gouvernorat pour l’acquisition d’équipements (ordinateurs, logistiques, dictaphones, caméras) pour les media, l’implication de la presse régionale dans la couverture des activités des hautes autorités du pays, du gouverneur et des services publics, l’instauration d’un cadre d’échanges semestriel entre le gouverneur et la presse régionale, l’organisation des sessions de formation au profit des hommes de média, l’enlèvement des ordures dans la cour de l’ORTM. Et, enfin, un chargé de communication du gouvernorat à l’instar des autres régions en vue de faciliter le travail des journalistes. ADS/MD (AMAP)
Sikasso : Les secteurs les plus impactés par les effets des changements climatiques
Par Mariam F. DIABATE Sikasso, 08 janv (AMAP) La Région de Sikasso, dans le Sud du Mali, tout comme le reste du Mali sinon le monde entier, fait aujourd’hui face aux effets des changements climatiques. Aucun secteur n’est épargné par les conséquences sur notre planète. Pour toucher du doigt la réalité, notre équipe de reportage s’est intéressé à un certain nombre de secteurs dans la région de Sikasso. Il s’agit notamment de l’agriculture, l’environnement, l’élevage et la santé. « L’arrivée précoce des pluies, celle tardive, les poches de sécheresse en début d’hivernage et l’abondance des pluies lors de l’hivernage », le président de la Chambre régionale d’agriculture, Abdoulaye Bamba, dresse le tableau des défis auxquels les producteurs de Sikasso font face à cause des effets des changements climatiques. Le phénomène a quasiment bouleversé le calendrier des producteurs. Il leur cause de grosses pertes. Il s’agit de l’assèchement de certains plants ou encore la destruction totale d’autres à cause de l’abondance de l’humidité du sol ou encore des inondations. « Cette année l’humidité du sol a détruit ma parcelle de 2ha de papaye », confie Abdoulaye Bamba. Il renchéri avec le cas de la parcelle de riz de la plaine de Loulouni qui a été submergée par l’eau (90% des plants de riz ont été détruits) et celui des orangers qui ont été déracinés par la tornade à Hérémakono. Par ailleurs, le président de la chambre régionale d’agriculture dit que de nos jours, le secteur de l’agriculture de la région est frappé de plein fouet par ces effets. Il reconnaît que Sikasso est une zone tropicale humide mais les producteurs ne sont pas habitués à ces intempéries. « Avant, l’hivernage débutait au mois de mai pour prendre fin en septembre mais actuellement, il commence en juillet et se termine jusqu’en novembre ». Il invite les producteurs à suivre les conseils des techniciens de la direction régionale de l’agriculture, de la Compagnie malienne de développement des textiles (CMDT) ainsi que de la météo qui les encadrent. BOULEVERSEMENTS – Tout comme l’agriculture, l’environnement est également touché. Le directeur régional de l’assainissement du contrôle des pollutions et des nuisances (DRACPN), Moussa Ballo, affirme que l’environnement à Sikasso est confronté à un certain nombre de défis. Il s’agit de la diminution de la biodiversité et des ressources naturelles, de la pollution de l’air et du déversement du contenu des latrines lors des inondations (ce qui a des impacts sur la santé humaine). Pour réduire les effets des changements climatiques sur l’environnement, M. Ballo préconise la réduction de la quantité des déchets. A cet effet, il a mis un accent particulier sur la transformation des cartons en alvéoles, des plastiques blancs en d’autres éléments…Ce qui contribuera à diminuer considérablement la production du gaz carbonique et du méthane (les gaz à effet de serres). Sur le même registre, le responsable de la DRACPN de Sikasso souligne que les exploitants des charrettes doivent verser le contenu des latrines dans les stations de vidange. C’est de là que ces contenus seront transformés en engrais organiques pour les champs de culture. Toute chose qui permettra à la population du Kénédougou de consommer des produits bio (bons pour la santé). Sur le plan sanitaire, l’Étude de cas sur le Mali dénommé « Comment le changement climatique et environnemental aggrave les conflits et les inégalités » précise que la hausse des températures et du nombre de journées très chaudes aboutira à des canicules plus fréquentes. La population touchée par, au moins, une vague de chaleur par an passera de 2% en 2000 à entre 3,6 et 9% en 2030 au Mali. Ce qui, selon l’étude, pourra se traduire par une hausse de la mortalité liée à la chaleur. BETAIL A LA PEINE – « Cette année, les fréquentes inondations du fait des changements climatiques ont causé des dégâts au cheptel de la région. Il s’agit principalement des animaux dans les localités de Zangaradougou, Finkolo, Kignan et Loulouni », déclare le directeur régional des productions et industries animales, Jean Martin Kamaté. Selon lui, dans les zones de pâturage, les crues ont réduit le mouvement des animaux tout en leur rendant difficile l’accès aux marchés de bétail. « Toute chose qui impacte négativement sur le circuit d’approvisionnement des marchés de bétail », explique-t-il. Les vents violents, également causés par les changements climatiques, détruisent les arbustes et dégradent la nature. Cela complique l’alimentation du bétail. Pour remédier à la situation, M. Kamaté appelle les éleveurs de Sikasso à la résilience. Quant à la présidente de l’Association des femmes engagées pour la lutte contre les effets néfastes des changements climatiques (AFECC) du Mali, Aïssata Keita, elle apporte des éclaircissements. Pour le cas du Mali, elle soutient que le pays est exposé aux aléas climatiques qui perturbent considérablement les activités économiques. Cela, à travers des sècheresses récurrentes, la raréfaction des ressources naturelles et les phénomènes extrêmes. « Tous les secteurs sont impactés mais l’agriculture, l’élevage et l’environnement restent largement tributaires de ces aléas », indique–t-elle. En termes de perspectives, la présidente de l’AFECC priorise notamment l’éducation, l’information et la sensibilisation du public sur les causes et les conséquences des changements climatiques, tout en mettant en lumière les questions urgentes liées au phénomène. Aïssata Keita invite, également, les médias à diffuser des messages de plaidoyer sur les effets du phénomène en direction des décideurs. POLITIQUE NATIONALE – Selon l’assistant technique de l’Agence de l’environnement et du développement durable (AEDD), Abdrahamane Dème, le gouvernement du Mali est conscient des grands risques et enjeux des changements climatiques. « C’est pourquoi la vision de sa politique nationale sur les changements climatiques est de définir d’ici 2025 un cadre de développement socio-économique durable. Ce qui intègre les défis des changements climatiques dans tous les secteurs de son développement afin d’améliorer le bien-être des populations », dit M. Dème. Cette politique se développera autour des cinq piliers opérationnels définis à Bali lors de la COP13 en 2007: la vision partagée, l’adaptation, l’atténuation, le transfert de technologies et le financement, tout en associant de manière intégrée l’ensemble des programmations et acteurs du monde. Egalement, suite à l’accord de Paris, le
Bijoux en argent et plaqué or : Tout ce qui brille n’est pas de l’or
Fatoumata M. SIDIBÉ Bamako, 07 déc (AMAP) L’argent trempé dans l’or, également appelé «or plaqué» ou plaqué or, est un bijou au design inspiré de celui de l’or, notamment du style «Djeddah». Il est souvent difficile de le distinguer de l’or véritable. Cette parure, de plus en plus apprécié par les femmes, offre une alternative abordable pour celles qui souhaitent l’élégance de l’or, sans en supporter le coût. Réalisé désormais à l’aide de machines, ce procédé moderne remplace les techniques artisanales d’autrefois. Fatoumata Diaby, surnommée Latifa, vendeuse de bijoux depuis plus de six ans, affirme que l’argent trempé est actuellement très en vogue. Assise dans sa boutique à Magnambougou (Commune VI de Bamako), elle pèse une chaîne pour en estimer le prix. La commerçante explique que ce type de bijou est apparu il y a longtemps, mais demeurait un secret bien gardé. Elle souligne que ces ornements sont un coût abordable. « C’est un bon bijou car il est en argent et recouvert d’or. En plus, on peut le replonger dans le bain d’or lorsqu’il noircit. Nous avons ici des produits et des machines qui le rendent identique à l’or », précise Faty Diaby, dont les produits proviennent de Dubaï. Elle précise que le prix de l’argent augmente parfois parallèlement à celui de l’or, car le procédé inclut de l’or. Au début, le gramme coûtait 3 000 Fcfa, mais il est maintenant à 3 500 Fcfa, l’or atteignant presque 50 000 Fcfa le gramme. L’avantage de ce modèle, selon elle, est qu’il peut être transformé en argent blanc si l’on souhaite changer de couleur. «L’entretien est simple. En le nettoyant avec de l’eau tiède et le détergent après chaque utilisation, il peut rester intact pendant des années », assure Latifa, qui vend ses articles en gros et au détail. Elle souligne que ses clients incluent des amateurs de bijoux soucieux de leur budget et, même, des personnes fortunées souhaitant varier leur collection sans mélanger leurs bijoux avec l’or. « En termes de bénéfices, on ne dépasse pas 1 000 Fcfa par bijou. Notre stock est souvent écoulé en moins de dix jours », dit-elle. IDENTIQUE À L’OR – Mamou Sow, Une cliente, est présente lors de notre passage. « Ces bijoux en argent sont de qualité et le revêtement en or donne un résultat magnifique. Ce nouveau design Djeddah, identique à l’or, me motive à l’acheter. Lors des cérémonies, on me demande souvent si mes bijoux sont en or », confie-t-elle, en essayant une paire de boucles d’oreilles. Djénéba Traoré, Malienne vivant en Côte d’Ivoire, commercialise également de l’argent trempé. Elle indique qu’il est différent de l’or, car il peut se déteindre après un certain temps. « Mes clients l’achètent pour pallier le manque d’or, devenu très coûteux. Après plusieurs utilisations, il peut perdre son éclat. Ce que j’explique toujours clairement aux acheteurs », dit-elle. Ce bijou reste très prisé, puisqu’il est polyvalent et s’adapte à toutes les occasions avec élégance, que ce soit pour une sortie en ville ou une soirée. Factory Mali, une industrie spécialisée dans la transformation des bijoux en or et en argent, fabrique de l’argent trempé localement grâce à des machines similaires à celles de Dubaï. Souleymane Traoré, son directeur général, explique que face à la demande croissante, il a investi dans des machines pour la production nationale. Debout derrière son comptoir, il fait face à 2 kg de production qu’il vient de tremper dans un liquide d’or. Il tient dans ses mains une boucle d’oreille et une chaine pesant 10 grammes pour un coût estimé à 27 500 Fcfa. « Nos produits sont très appréciés dans la sous-région. Initialement, je voulais produire à Dubaï, mais j’ai décidé de le faire ici pour contribuer au développement du Mali », dit-il, expliquant que l’argent blanc est importé. Notre interlocuteur affirme que ses bijoux sont trempés dans trois bains et un dernier contenant du liquide d’or pur. A Factory Mali, des articles sont cédés à 1 250 Fcfa en gros, ce qui permet à chacun d’y trouver son compte. Et en détail, il faut débourser 2 000 Fcfa contre 2 400 en gros à Dubaï. « J’ai eu le témoignage de plusieurs personnes dans la sous région confirmant qu’il préfère mes designs à celui de Dubaï à cause de la couleur. Parce qu’il y a des clandos à Dubaï qui ne sont pas reconnus et qui vendent de la mauvaise qualité », fait savoir celui qui travaille avec une trentaine de personnes actuellement. Souleymane Traoré ajoute que ces bijoux sont trempés dans trois liquides et le quatrième se fait avec le liquide de l’or appelé lingot. PRIX ABORDABLES – Ces détails sur le prix et la qualité du produits fournis par Souleymane Traoré semblent motiver le choix de Fatoumata Haïdara pour le plaqué or. Cette jeune mariée raconte avoir opté pour des bijoux en argent trempé dans l’or, qu’elle juge plus accessibles et tout aussi beaux que l’or. « Avec 80.000 Fcfa, j’ai pu acheter trois ensembles de bijoux complets et quelques boucles d’oreilles. Ce montant n’aurait même pas suffi pour acheter trois grammes d’or », conclut-elle avec satisfaction. Bana Coulibaly, qui opère dans l’achat et la vente des bijoux de Dubaï à Bamako, depuis une vingtaine d’années, nuance cette comparaison entre le plaqué or et l’or véritable. Ce spécialiste en bijoux précise que le plaqué or Djeddah est un ensemble de colliers non dégradables avec de très jolies couleurs et motifs en fleur. « Contrairement à l’or, soutient-il, l’argent ternit, provoquant une coloration brun clair qui s’assombrit jusqu’à devenir brun foncé, et finalement, gris foncé ou noire ». Et d’ajouter qu’avec l’or plaqué, le principal avantage est son prix inférieur par rapport à l’or massif. « Généralement, l’or utilisé pour le placage est un or de 14 ou de 18 carats. Les bijoux dorés à l’or fin sont recouverts d’une épaisseur d’or qui se situe entre 0,3 et 1 micron d’or », signale-t-il. Le commerçant note que les gens achètent des bijoux plaqués or parce qu’ils sont durables
Cercle de Tenenkou Démarrage de la campagne de vaccination 2024- 2025 du cheptel
Tenenkou, 06 janv (AMAP) Le préfet Mamadou Dao, a donné, lundi, le clap de départ de la campagne de vaccination du cheptel dans le Cercle de Tenenkou (Centre), après le lancement officiel de la campagne nationale de vaccination, le 14 décembre 2024, à Konobougou, par le Premier ministre, ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation. Le maire de la Commune urbaine de Tenenkou, Allaye Cissé, s’est réjoui de l’organisation de cette campagne avant d’inviter les éleveurs à se mobiliser pour une réussite totale. Le mandataire de Tenenkou central, Sirafa Traoré, a salué cette initiative des autorités avant de rappeler que la vaccination est cruciale dans la prévention des maladies qui touchent les animaux. Il a invité les leaders communautaires à se mobiliser pour que le maximum de têtes puissent être vaccinés. Il a égrené quelques difficultés auxquels ils sont confrontés. Il s’agit de l’inaccessibilité de certains parcs du fait de la crue, l’automédication et la vétusté des parcs de vaccination dans le cercle. Le préfet Mamadou Dao s’est félicité de l’organisation de cette campagne de vaccination avant de rappeler la place de choix qu’occupe l’élevage dans le cercle de Tenenkou. Selon lui, cette « campagne de vaccination revêt une importance capitale pour la préservation du cheptel et la lutte contre les maladies qui impactent directement et négativement la sécurité alimentaire et les revenus des éleveurs dont le manque à gagner est colossal. » Il a aussi invité les présidents des coopératives d’éleveurs à s’investir davantage et à intensifier la sensibilisation pour que cette campagne 2024- 2025 atteigne les résultats escomptés. Après son intervention, le chef de l’exécutif local a administré la première dose de vaccin à un taureau. Plusieurs spécialistes ont constaté que l’état des animaux n’est pas du tout reluisant et satisfaisant cette année « à cause de plusieurs facteurs , entre autres, l’insécurité, la forte pluviométrie et la crue observée cette année dans le cercle. » Selon nos interlocuteurs, l’insécurité a empêché les animaux de rejoindre leur zone de transhumance habituelle entraînant une concentration des animaux dans les zones d’attentes et, par ricochet, du surpâturage. Par ailleurs, la crue a submergé les zones de pâturages avec pour conséquences beaucoup d’eau et peu d’herbes. Une situation qui a entraîné une sous-alimentation des animaux les rendant plus vulnérables aux maladies. Selon cette même source, les animaux sont touchés par plusieurs maladies notamment la péripneumonie contagieuse bovine appelée « Boutial » en peulh, une maladie très contagieuse qui commence à décimer certains troupeaux de la zone. Pour prévenir toute désillusion, le maître mot demeure la vaccination rien que la vaccination. Le Cercle de Tenenkou, zone d’élevage par excellence, compte de troupeaux estimés à plusieurs dizaines de milliers de têtes, toutes espèces confondues. Ici l’élevage est plus qu’une activité, c’est surtout un facteur d’identification pour certaines communautés, une identité culturelle surtout en cette année 2025, année de la culture décrétée par le président de la Transition lors de ses vœux du nouvel An. Des communautés qui ont un lien séculier avec le bétail qui mérite d’être protégé pour la leur survie, surtout en cette période où le monde subit de plein fouet les effets néfastes des changements climatiques. L’actuelle campagne de vaccination va durer plusieurs jours et permettra de lutter contre la péripneumonie contagieuse bovine, la peste des petits ruminants, les pasteurelloses, la maladie de Newcastle, la variole aviaire, la bronchite infectieuse, les charbons et bien d’autres maladies qui touchent les animaux. La cérémonie de lancement a enregistré également la présence du sous- préfet de l’arrondissement central, le lieutenant Boubacar Sissoko, du représentant du commandant de la brigade territoriale de gendarmerie, du représentant du secteur de l’élevage, du président de la Chambre locale d’agriculture, du représentant du chef de village, du président de l’association Tabital Pulaaku, du mandataire de Tenenkou central et de nombreux éleveurs. AS/MD (AMAP)
Visite présidentielle : Koulikoro se prépare pour accueillir le chef de l’Etat
Koulikoro 05 janv (AMAP) Le président de la transition est attendu à Koulikoro le 15 janvier prochain, a annoncé, jeudi, le gouverneur de la Région de Koulikoro, le col Lamine Kapory Sanogo, lors d’une rencontre avec les légitimités traditionnelles, les chefs de services régionaux et locaux, les responsables des collectivités décentralisées et l’ensemble des forces vives de la région. « L’accueil du président de la Transition doit être exceptionnel à la hauteur de son rang’, a déclaré le col Sanogo. « Cette visite vise trois objectifs à savoir la pose de la première pierre du vestibule des légitimités traditionnelles, celle de la salle de basket-ball moderne et l’inauguration du stade Mamadou Diarrah rénové », a indiqué le gouverneur. il a, également, évoqué la prochaine sortie d’une promotion de l’Ecole militaire inter armes (EMIA). Tous ces événements, selon lui, méritent une mobilisation de la population. Le directeur de cabinet du gouverneur, Mohammar Haïdara, a donné ;a liste des commissions. Les débats ont porté sur la composition de ces commissions, comment réussir une mobilisation exceptionnelle, l’engagement tous et de chacun. Les responsables de la société civile, les chefs de quartiers, les chefs de services régionaux ont tous promis au gouverneur d’être à ses côtés pour gagner le pari de la mobilisation. Ils ont, par ailleurs, exprimé leurs remerciements au gouverneur pour tous ses efforts pour changer l’image de Koulikoro (la restauration du tronçon du gouvernorat, direction régionale de la santé, l’électrification des lieux publics, l’adduction d’eau dans certains villages, les appuis financiers ou matériels à certaines structures, les aides aux victimes des inondations entre autres). AD/MD (AMAP)
Conseil d’administration de l’AMAP : L’excellence éditoriale et la transformation digitale au menu du budget 2025
Bamako, 02 janv (AMAP) Les administrateurs, lors de la 47è session ordinaire du Conseil d’administration de l’Agence malienne de presse et de publicité (AMAP), ont examiné, jeudi, le plan stratégique jusqu’en 2027 que la direction générale a élaboré, figurant au nombre des cinq points inscrits à l’ordre du jour. Le ministre de la Communication, de l’Économie numérique et de la Modernisation de l’Administration, Alhamdou Ag Ilyène, a présidé les travaux, qui se sont tenus au ministère en charge de la Communication. Les administrateurs ont adopté le compte-rendu de la 46è session ainsi que le programme des activités et projet de budget 2025. Ils ont égalementf ait le point de l’exécution des recommandations. Le plan stratégique (2025-2027) dont l’exécution est adossée au programme d’activités et au projet de budget 2025, est bâti sur 5 axes. Il s’agit de la diversification des activités, la transformation numérique, l’excellence éditoriale, le renforcement de la gouvernance et la performance financière. Selon le président du Conseil d’administration (PCA), ce plan stratégique a la particularité d’avoir eu « une forte dose d’inclusivité dans son élaboration avec l’ensemble des directions techniques et de leurs agents respectifs. » Alhamdou Ag Ilyène a renchéri qu’à travers ce plan, il s’agit pour l’AMAP, d’améliorer ses outils, produits et services « tout en perfectionnant ses agents afin que la structure devienne davantage compétitive et solide. » Pour ce faire, le ministre chargé de la Communication a cité les actions phares attendues pour la transformation de l’AMAP. Parmi celles-ci, on note « la relance de l’agence d’information, organe stratégique pour un État dans un contexte de guerre informationnelle et communicationnelle, le positionnement de l’imprimerie pour faire face à la demande nationale en termes d’impression de documents officiels et administratifs à gros tirage. » S’y ajoutent la refonte de la maquette du quotidien national «L’Essor», avec une ergonomie plus attrayante, de nouvelles rubriques, l’augmentation des pages en couleurs de 4 à 8 et de la pagination de 16 à 24 pages. « Il est notamment prévu la relance de la presse communautaire dans un contexte de nouvelle législation sur les langues nationales devenues officielles, ainsi que l’opérationnalisation d’une rédaction Web et l’introduction du journalisme de données ou data journalisme ». Un plan ambitieux de rénovation et de modernisation du parc de panneaux d’affichage publicitaires viendra couronner ces actions. Pour le ministre Ag Ilyène, la redynamisation ou la mise en place des services commerciaux, marketing, de recouvrement et de relations publiques font partie de ce plan. On peut également citer le développement de nouvelles applications Web et l’acquisition de systèmes virtuels de gestion et d’information. Sans oublier la relance des projets de construction du bâtiment de la direction générale à Bamako et de la représentation régionale de Sikasso ainsi que celle de Kidal. La mise à disposition de toutes les plateformes physiques et numériques de l’AMAP renforcera la stratégie de communication de la Confédération des États du Sahel. « À terme, ce plan, s’il est bien exécuté et évalué chaque année, devrait permettre à l’AMAP de se positionner, sinon de se repositionner comme l’outil stratégique d’information et de communication tel que l’ont voulu les législateurs. Nous en attendons à coup sûr, les premiers résultats dès cette année », a assuré le ministre chargé de la Communication. Cela sera possible grâce à un projet de budget estimé à près de 2,463 milliards de Fcfa pour l’exercice 2025. Les ressources propres s’élèvent à environ 1,543 milliards de Fcfa contre une subvention de l’État chiffrée à un peu plus de 920 millions de Fcfa. La cérémonie d’ouverture s’est déroulée en présence des administrateurs représentant les pouvoirs publics, les consommateurs, le personnel ainsi que le directeur général de l’AMAP, Alassane Souleymane. FC/MD (AMAP)
Suspension de l’exportation des produits oléagineux : L’huile alimentaire disponible et à prix abordable
Par Fatoumata M. SIDIBÉ Bamako, 03 janv (AMAP) Nos transformateurs locaux saluent la décision prise par les autorités de suspendre, de façon temporaire, l’exportation de certains produits oléagineux du Mali. « La suspension temporaire de l’exportation des amandes de karité est une décision qui favorise le développement industriel du pays. Cette mesure incite les transformateurs locaux à augmenter leur capacité de production et à encourager la création d’emplois tout au long de la chaîne de valeur », explique Kancou Keita Cissé, directrice de Mali-Shi, première unité industrielle de transformation des amandes de karité au Mali. Mme Cissé que nous avons Rencontrée dans son bureau, estime que la décision « permet de conserver une plus grande part de la richesse générée par cette filière au sein de l’économie nationale. » Elle précise que cette ressource est valorisée localement par la production de beurre de karité et de tourteaux. Son entreprise a pour mission de soutenir l’économie locale en transformant les amandes au Mali, contribuant ainsi à la création d’emplois et de valeur ajoutée nationale. Plus de 12 000 femmes collectrices regroupées en coopératives collaborent avec Mali-Shi. « Cette suspension représente une opportunité de sécuriser l’approvisionnement en matières premières, car jusqu’à présent, l’usine ne parvenait pas à produire à pleine capacité », révèle la directrice de l’entreprise Mali-Shi. Selon elle, son entreprise dispose d’une capacité de transformation de 30 000 tonnes d’amandes de karité par an, ce qui permet de produire environ 12 000 tonnes de beurre de karité. Elle s’engage à maximiser cette opportunité en renforçant ses partenariats locaux, en augmentant la production et en valorisant chaque composant de l’amande, au bénéfice de l’économie nationale. La Fédération nationale des producteurs d’huile et d’aliments de bétail du Mali, regroupe plus de 115 huileries. Son secrétaire général, Boubacar Sidiki Diabaté, indique que la fédération utilise toute la production de graines de la Compagnie malienne pour le développement des textiles (CMDT) et en importe du Brésil, pour environ 350 000 tonnes. « L’huile que nous produisons ne couvre pas les besoins de consommation de la population. Chaque année, nous constatons que le marché est inondé d’huile venant de n’importe où. Lors de mon voyage au Brésil pour le compte de ma fédération, j’ai étudié les possibilités de diversification afin de reproduire ces modèles au Mali. En cette période d’insécurité, le suivi est cependant compliqué », explique-t-il. Face à l’insuffisance des graines de coton, la fédération explore la transformation d’autres produits oléagineux comme substits, notamment le soja, l’arachide et le sésame. Boubacar Sidiki Diabaté souligne que son organisation produit entre 40 et 50 millions de litres d’huile par an. « L’État a organisé deux ateliers pour encourager les acteurs à diversifier leurs produits. Certains testent actuellement le soja, l’arachide et même la noix de karité. Nous avons besoin d’une structure pour encadrer ces filières, comme le fait la CMDT la graine de coton », dit-il, rappelant que l’exportation de graines de coton est interdite au Mali depuis plus d’une décennie. Le président de la filière sésame, Soumaila Coulibaly, affirme que cette interdiction concrétise une vieille revendication des acteurs agricoles dont la vision est axée sur le développement de la production, de la transformation et de la commercialisation en produisant des biens de qualité supérieure à moindre coût. « Nous avons discuté pour préserver les acquis de la filière sésame, notamment concernant le prix. Toute transformation repose sur une production suffisante. Avec le prix fixé à 600 Fcfa, nous espérons maintenir l’intérêt des producteurs », déclare Soumaila Coulibaly. Il insiste sur l’importance de la collaboration entre les acteurs de la chaîne de valeur, de la production au stockage, jusqu’à la transformation et la commercialisation, pour maximiser les bénéfices pour le pays. Abdoulaye Konaté est le président du marché de Ouolofobougou. Il estime qu’à travers cette décision, les autorités souhaitent promouvoir la transformation locale et garantir un approvisionnement adéquat des usines. Cependant, il plaide pour que certaines variétés d’arachides, comme celles destinées à l’huile, soient transformées localement, tandis que d’autres, comme les arachides fraîches, puissent être exportées. « L’arachide fait vivre des milliers de personnes au Mali. Nous pensons que les usines ne peuvent pas absorber toute la production. L’exportation est donc essentielle, même pour l’État », pense-t-il. Lors de la signature du protocole sur la décision de suspension, le directeur général du Commerce, de la Consommation et de la Concurrence (DGCC), Zédion Dembélé, a expliqué que l’objectif principal est d’assurer l’engagement des unités locales à acheter les stocks disponibles. « Une fois les besoins en matières premières couverts, les excédents pourront être exportés », a-t-il précisé. Cette mesure vise à approvisionner les industries tout en garantissant des prix équitables pour les producteurs. La mesure permettra, selon lui, de rendre l’huile alimentaire accessible aux populations à des prix abordables et en continu. FMS/MD (AMAP)
Intronisation du nouveau chef de village, chef coutumier de Goundam (Nord)
Goundam, 27 déc (AMAP) Elhadj Ibrahim Touré, officier de police à la retraite, a été intronisé, en qualité de nouveau chef de village, chef coutumier de Goundam, lors d’une cérémonie qui s’est déroulée, dimanche, sur la grande place de la mosquée de la ville. Cette cérémonie d’intronisation, placée sous le thème : » Paix et développement durable du cercle de Goundam » et sous la présidence du préfet du Cercle de Goundam, Kabaou Dolo, du maire de Goundam et de l’Association des Ressortissants de Goundam, consacre le remplacement du précédent chef coutumier de la ville, feu Raffi Amirou Touré. De nombreux parents, amis, proches, des autorités administratives et politiques, toutes les légitimités traditionnelles, jeunes et femmes, des représentants de légitimités traditionnelles des villages voisins de Goundam, une forte représentation des ressortissants de la diaspora au Sénégal, de l’Europe, ont pris part à cet important événement. Dans un cadre dressé pour recevoir les illustres invités, parfaitement décoré et des sièges bien ordonnés, les marabouts, à leur tête le grand Imam de la grande mosquée de Goundam, Amadou Almamy Cissé, ont procédé à la lecture du saint Coran. Les autorités installées en face ont suivi religieusement la mélodie des versets coraniques entonnée par les guides religieux. Des griots, qui se tenaient autour du nouveau chef coutumier ont chanté ses louanges. De l’autre côté de l’abris en bâche, les femmes ont chanté des oeuvres du terroir, exprimant ainsi toute leur joie au son de tam-tams et sur des pas de danse cadencés, accompagnés de cris stridents ou de « you-you ». Une ambiance chaleureuse et conviviale de grand jour de fête. S’en suivi la cérémonie traditionnelle proprement dite, la remise des symboles de la chefferie et la frappe du turban d’investiture. Plusieurs témoignages, notamment, d’amis d’enfance, de collaborateurs, de frères et sœurs et ceux de la diaspora. Tous ont, unanimement, rendu grâce à Dieu en ce « jour mémorable qui consacre officiellement M. Touré chef de village de la ville de Goundam » Ils ont exprimé des vœux de longévité, de santé, la foi, pour lui permettre d’accomplir « sa noble et exaltante mission. » A la fin de la cérémonie, le chef de village a été accompagné à son domicile au son du tam-tam et de danses par une foule enthousiaste et fière après le sacre de leur nouveau chef. AAT/MD (AMAP)
Région de Kayes : « Kakoulou 2025 », un modèle de développement communautaire durable
Par Bandé Moussa SISSOKO Kayes, 26 déc (AMAP) Les populations de Kakoulou (maison propre en Soninké), un village de la Commune rurale de Logo, dans le cercle de Kayes (Ouest), ont adopté la règle selon laquelle le développement local nécessite l’implication de tout le monde. Deux jours avant la fête de Noël, sur invitation des populations de ce village à dominante chrétienne, le gouverneur de la Région de Kayes, le général de brigade Moussa Soumaré, a procédé au lancement officiel du Projet Kakoulou 2025. Une initiative communautaire, dont l’objectif est de promouvoir le développement local, et qui est estimée à plus de 200 millions de Fcfa, dont une mobilisation initiale d’environ 70 millions de Fcfa. « Kakoulou 2025 n’est pas seulement un plan de développement, c’est aussi un témoignage de ce qui peut être accompli lorsqu’une communauté s’unit autour d’un objectif commun, ouvrant la voie à un avenir brillant et durable pour les générations à venir », a expliqué Georges Diawara, représentant de la communauté de Kakoulou. « Nous pouvons faire de grandes choses sans attendre l’Etat et ses partenaires. C’est ça le Mali Kura : ne pas croiser les bras et attendre l’Etat, les partenaires », a déclaré le général de brigade Moussa Soumaré, qui félicité les habitants de cette contrée pour leur initiative exemplaire. Kakoulou fait partie du riche patrimoine culturel et historique de la Région de Kayes. Rappelons que le royaume de Logo, dont la capitale est Logo-Sabouciré, fut fondé en 1600 par Dra-Makan Sissoko ou Makan Fatouma Sissoko, un Malinké originaire du Diébé. Le Djébé regroupe essentiellement les Communes de Kassama et Sitakily, relevant toutes du Cercle de Kéniéba. Sabouciré « Sabouya Kagni (une bonne opportunité en Soninké) » constituait pour les Français un « verrou » qu’il fallait faire sauter pour poursuivre la colonisation vers Bafoulabé. Le 22 septembre 1878, le roi Nia Mody Sissoko, chef de canton d’alors, refusant le joug de l’homme blanc qui venait de pénétrer dans son royaume, a été abattu sur le fleuve Sénégal. D’après certains récits, des notabilités lui auraient conseillé de se rendre sur la rive droite du fleuve Sénégal pour échapper à la captivité. Cet assassinat a vu le premier coup de canon tiré au Mali. C’est en mémoire de cette bataille que le défunt président Amadou Toumani Toure (2002-2012) a lancé le mois du Cinquantenaire de l’indépendance du Mali, le 1er septembre 2010 à Sabouciré. Le 14 novembre 2011, le Conseil des ministres a adopté un projet de décret relatif au classement dans le patrimoine culturel national du site historique du champ de bataille de Logo. Plus tard, la Mission catholique s’est installée dans le village voisin de Kakoulou où elle s’est investie dans le domaine de l’éducation, de la santé, parmi tant d’autres. Grâce aux missionnaires chrétiens, beaucoup d’enfants de ce village, parmi tant d’autres, sont devenus des cadres. Avant la création du second Cycle de Kassama, les élèves de l’Ecole catholique de ce village poursuivaient leurs études fondamentales à Kakoulou. L’unique établissement scolaire de Kassama est devenu une école publique vers 1975. Cependant, force est de constater que malgré cette richesse culturelle, les habitants de Kakoulou, à l’instar de ceux des autres villages de la Commune rurale de Logo, peinent à disposer de fonds pour des investissements afin d’avoir accès à l’eau potable, à l’électricité et à un système éducatif moderne. Ayant pris conscience de ces insuffisances, la jeunesse de Kakoulou s’est, sous l’égide de Mamady Kanté, organisée pour mener des réflexions sur des voies et moyens pouvant faire sortir son village du gouffre. Kakoulou 2025 a ainsi pris corps à travers l’instauration d’une cotisation mensuelle et volontaire pour tous les habitants, selon leurs moyens. L’approche a permis de réorienter progressivement la dynamique collective vers un développement durable du village, chef-lieu de la Commune rurale de Logo. Après de récents travaux qui ont permis aux habitants d’ériger un mur d’enceinte tour du cimetière commun (musulman et chrétien), les populations se sont engagées à améliorer de manière significative la qualité de vie dans leur village. C’est pour cette raison qu’ils ont initié le projet « Kakoulou 2025 ». Les actions envisagées s’articulent autour de cinq domaines clés. Pour améliorer les infrastructures, la communauté entend construire et équiper trois nouvelles salles de classe pour la nouvelle école de Kakoulou. Elle envisage d’achever la construction de l’école de Ségankané situé sur la rive droite du fleuve. L’éducation étant une des clés du développement durable, ces améliorations visent à créer un environnement propice aux apprentissages, à réduire le taux d’abandon scolaire et à offrir de meilleures opportunités aux enfants et aux adolescents du village. Au chapitre des infrastructures routières, les villageois prévoient la construction de six km de routes et des systèmes de canalisation pour faciliter davantage la mobilité et l’accessibilité, stimuler les activités de l’économie rurale et contribuer à l’amélioration de la santé publique et de l’assainissement à travers une meilleure évacuation des eaux de pluie. Grâce à ce projet, Kakoulou sera aussi doté de cent lampadaires solaires le long des voies qui seront aménagés en vue d’améliorer la sécurité routière et permettre aux gens de mener leurs activités après le coucher du soleil. Il contribuera à réduire les actes de délinquance accentuée d’année en année par la pauvreté. Dans le cadre de l’Approvisionnement en eau potable (AEP), un forage sera entièrement rénové et équipé d’un système de pompage solaire. Trois nouvelles bornes fontaines seront installées à des points stratégiques du village. Un second forage sera destiné à l’école publique, distante du village d’un kilomètre. Ces systèmes d’adduction d’eau auront un impact significatif sur la santé de la population, par la réduction des maladies d’origine hydrique, et améliorera la qualité de vie, en général, dans le village en allégeant le travail domestique des femmes. Le projet prévoit la rénovation du terrain Kalakoto Sissoko, l’organisation de tournois sportifs impliquant les villages, la valorisation de places publiques ou « beras (en langues Malinké et Khassonké », la célébration avec éclat de la traditionnelle « Fête de l’Indépendance » qui sera marquée par l’inauguration des réalisations de « Kakoulou 2025 » et

