Première réunion historique entre la Confédération des États du Sahel et la Russie à Moscou
Bamako, 03 avr (AMAP) Les ministres des Affaires étrangères de la Confédération des États du Sahel (AES) et leur homologue russe, Sergueï Lavrov, ont tenu leur première réunion, ce jeudi, à Moscou, marquant une étape décisive dans l’établissement d’un partenariat stratégique entre les deux parties, rapporte le ministère russe des Affaires étrangères. Cette rencontre, la première depuis la création de l’AES le 6 juillet 2024 à Niamey, vise à renforcer la coopération pour promouvoir la paix, la sécurité, le développement durable et la prospérité partagée. S’exprimant à l’ouverture des travaux, le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, a salué l’accueil chaleureux de la Russie et rappelé le soutien rapide de Moscou, qui fut le premier État à reconnaître la jeune Confédération AES, moins d’une semaine après sa fondation. « Nous n’oublions pas que la Fédération de Russie a été à nos côtés dans les moments difficiles de notre histoire », a-t-il déclaré, exprimant la gratitude des présidents Assimi Goïta (Mali), Ibrahim Traoré (Burkina Faso) et Abdourahamane Tiani (Niger) envers Vladimir Poutine pour son leadership et son objectivité sur la situation au Sahel. De son côté, Sergueï Lavrov a souligné l’importance de cette réunion quadripartite, une première dans ce format, et a salué la détermination des pays de l’AES à mener une politique indépendante, tout en restant ouverts à une coopération mutuellement bénéfique. « Les contacts entre la Russie et vos pays sont très intenses, et cette réunion contribuera à porter nos relations à un niveau qualitativement nouveau », a-t-il affirmé, évoquant des avancées dans les domaines diplomatique, sécuritaire et socio-économique. Cette rencontre s’inscrit dans la continuité des échanges initiés en novembre 2024 à Sotchi, lors de la première Conférence ministérielle du Forum de partenariat Russie-Afrique. Les discussions à Moscou ont porté sur l’élargissement de la coopération aux piliers de la défense et du développement de l’AES, ainsi que sur des perspectives dans le commerce, les investissements et la logistique. Les deux parties ont exprimé leur volonté de bâtir un partenariat « gagnant-gagnant », destiné à devenir un pilier du dialogue Russie-Afrique. Cette initiative devrait, également, donner un nouvel élan au Forum de partenariat Russie-Afrique, dont la prochaine réunion est prévue en 2025 sur le continent africain, en préparation du troisième sommet Russie-Afrique en 2026. OS/MD (AMAP)
Rencontre russo-malienne à Moscou : renforcement de la coopération et convergence de vue sur les enjeux mondiaux
Bamako, 3 avr (AMAP) Le ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, Sergueï Lavrov, a reçu, ce jeudi 3 avril 2025, à Moscou, son homologue ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, en marge des consultations « Russie – Alliance des États du Sahel », annonce le ministère russe des Affaires étrangères. Dans leurs échanges, les deux ministres ont exprimé leur volonté commune de renforcer les relations traditionnellement amicales entre la Russie et le Mali. Ils ont souligné leur engagement à intensifier une coopération mutuellement bénéfique, notamment dans les domaines commercial, économique et humanitaire, ainsi que dans d’autres secteurs clés, selon la même source. L’entretien a, également, permis un échange de vues sur les questions internationales et régionales, révélant une convergence des positions de Moscou et Bamako. Les deux parties ont insisté « sur la nécessité d’un ordre mondial multipolaire plus équitable, fondé sur le respect des normes du droit international, des principes de la Charte des Nations Unies et sur le rejet des ingérences extérieures et des pratiques néocoloniales. » Sergueï Lavrov a, par ailleurs, réaffirmé le soutien continu de la Russie au Mali, tant dans la lutte contre le terrorisme que dans la promotion d’un développement socio-économique durable, soulignant l’engagement de Moscou à accompagner Bamako face à ces défis majeurs. Cette rencontre illustre la dynamique de rapprochement entre les deux nations, dans un contexte de redéfinition des équilibres géopolitiques et de renforcement des partenariats Sud-Sud. OS/MD (AMAP)
Banques : Le Syndicat menace d’une grève de 72 heures à partir du 17 avril 2025
Bamako, le 03 avr (AMAP) Le Bureau exécutif du Syndicat national des banques, assurances, établissements financiers, microfinances, entreprises pétrolières et commerces du Mali (SYNABEF) a lancé un préavis de grève de 72 heures, à partir du 17 avril 2025, reconductible à 120 heures, du 22 au 26 avril 2025, a appris, mercredi, l’AMAP de source syndicale Dans une lettre datée du même jour, adressée au directeur national du travail, signée par son secrétaire général, Hamadoun Bah, le SYNABEF énumère 15 points de revendication dont « la relaxe immédiate et l’abandon des poursuites à l’encontre des camarades Biram Diop et Alassane Touré d’Ecobank-Mali, placés sous mandat de dépôt « pour avoir agi conformément aux procédures et à la réglementation bancaire ». « Faute d’avoir satisfaction entière aux doléances, le SYNABEF observera une grève de 72 heures reconductible à 120 heures sur toute l’étendue du territoire national », prévient Hamadoun Bah dans sa lettre. On rappelle que les deux cadres d’Ecobank-Mali sont incarcérés depuis quelques semaines pour « leur implication présumée dans une affaire de malversation financière » liée à la Société énergie du Mali (EDM). OD/MD (AMAP)
Serguei Lavrov salue le “deuxième réveil” de l’Afrique et annonce un renforcement de la coopération avec l’AES
Bamako, 3 avr (AMAP) Le ministre des Affaires étrangères russes, Serguei Lavrov, a qualifié l’Alliance des États du Sahel (AES) d’ « illustration éclatante du ‘deuxième réveil’ de l’Afrique », rapporte l’Agence de presse russe, Africa Initiative. Cité par la même source, M. Lavrov a souligné « la détermination des Africains à s’émanciper du néocolonialisme et à jouer un rôle autonome sur la scène internationale. » « Nous continuerons à soutenir pleinement le renforcement des positions du continent », a-t-il affirmé lors d’une rencontre avec les ministres des Affaires etrangères de l’AES, présents à Moscou. Les ministres des Affaires étrangères de la Confédération des États du Sahel Confédération AES, qui séjournent dans la capitale russe, y ont tenu, mercredi, une séance de travail préparatoire, élargie aux membres de leur délégation, en prélude aux consultations entre (AES) et la Fédération de Russie, prévues les 3 et 4 avril 2025. Au cours de ces consultations, Abdoulaye Diop, du Mali, Bakary Yaou Sangaré du Niger et Karamoko Jean-Marie Traoré du Burkina Faso, ont déjà, avec leur hôte Russe, pris des engagements concrets pour approfondir la coopération économique entre la Russie et les trois pays de l’AES. « Nous avons convenu de mesures supplémentaires, déjà en cours d’élaboration, pour des projets économiques prometteurs, tant dans un cadre bilatéral que quadripartite, en tenant compte des mécanismes d’intégration efficaces au sein de la Confédération », a précisé Lavrov. Il a également noté une progression spectaculaire du commerce entre les partenaires dont le volume a été multiplié par plus de dix en un an, tout en soulignant que « les chiffres absolus restent modestes et en deçà des opportunités existantes ». Enfin, le ministre russe a annoncé l’institutionnalisation de ces rencontres. « Un communiqué adopté à l’issue de la réunion sera publié. Il prévoit des réunions quadripartites annuelles, alternant entre la Russie et les pays de l’AES », a-t-il déclaré. OS/MD (AMAP)
Réactions après l’enlèvement du préfet et de son chauffeur sur l’axe Ansongo-Gao
Ansongo, 3 avr (AMAP) Ce matin du 2 avril 2025, un nouvel incident sécuritaire a frappé le cercle d’Ansongo, dans le Nord du Mali. Le préfet Ahmed Ag Aklini et son chauffeur, Attafa Haidara, ont été enlevés par des hommes armés non identifiés alors qu’ils se rendaient à Gao, le chef-lieu de Région. L’enlèvement a eu lieu aux environs de 8 heures, entre les villages de Nonia et Dawoga, sur l’axe en direction de Gao. Cette information a été confirmée par des sources officielles contactées par la rédaction de Radio Coton FM d’Ansongo. L’axe Ansongo-Gao, souvent qualifié de « route de tous les dangers » par les usagers, est régulièrement le théâtre d’incidents sécuritaires. Ce n’est pas la première fois que des personnalités publiques d’Ansongo sont ciblées. Il y a à peine cinq mois, le Commandant de la brigade de la gendarmerie d’Ansongo avait été victime d’une tentative similaire alors qu’il transportait un prisonnier à Gao. Heureusement, il n’avait pas été identifié par les assaillants. CHOC – Pour l’heure, aucune revendication n’a été formulée. L’identité des assaillants reste inconnue. Les forces de défense et de sécurité ont immédiatement engagé des poursuites pour tenter de retrouver les victimes. Cependant, au moment de la rédaction de cet article, le préfet et son chauffeur n’ont pas encore été localisés. Cet énième incident met en lumière l’urgence de renforcer la sécurité sur cet axe routier vital pour les activités socioéconomiques de la région. Une synergie d’actions et des mesures concrètes sont nécessaires pour protéger les usagers et prévenir de tels drames à l’avenir. La nouvelle de cet enlèvement a plongé Ansongo dans la consternation. La veille encore, le préfet Ahmed Ag Aklini formulait ses vœux de bonne fête à l’occasion de l’Eid El Fitr sur les ondes de Radio Coton FM. Connu pour son humilité, sa courtoisie et son dévouement, il est très apprécié de la population. Les habitants prient pour son retour sain et sauf, ainsi que celui de son chauffeur. Cet incident tragique rappelle une fois de plus les défis sécuritaires auxquels la région est confrontée et l’importance d’une mobilisation collective pour y faire face. (AMAP) avec Coton infos
Immatriculation et ré-immatriculation : Près de 25 000 véhicules déjà enregistrés
Par Babba B. COULIBALY Bamako, 3 avr (AMAP) Les premières plaques issues de la nouvelle procédure d’immatriculation et de ré-immatriculation ont commencé à circuler le 22 septembre 2024. De cette date au 28 février 2025, 24 963 véhicules ont été immatriculés. L’immatriculation des véhicules au Mali a connu des changements depuis la première République. Par décret n°264-PG du 12 octobre 1960 relatif au changement d’immatriculation des véhicules en République du Mali, l’État a procédé à la ré-immatriculation des véhicules, moins d’un mois après son accession à la souveraineté internationale. Le système d’immatriculation coloniale a été ainsi abandonné pour adopter la combinaison alphanumérique portant sur le format RM A-0001. L’article 5 du décret en question précisait que les propriétaires de véhicules doivent se mettre en règle au plus tard le 30 avril 1961. Depuis, l’immatriculation a vécu sa petite évolution jusqu’à la dernière ré-immatriculation, en date de 1996, avec la combinaison «2 RMA, 7 RMA, 3 RMD ». C’est en 2000 que la dernière actualisation des statistiques concernant les véhicules automobiles et des remorques est intervenue à travers une grande opération de ré-immatriculation menée par le ministère en charge des Transports d’alors. En effet, à cette date la combinaison A-001-M1, N-1895-M3, P-2021-MD a été adoptée. Tout récemment, à la faveur de l’application du décret n°509 du 12 septembre 2023 du nouveau Code de la route, le ministère des Transports et des Infrastructures a adopté l’arrêté n°51-50 qui, par les règles générales d’immatriculation des véhicules au Mali, a donné une nouvelle combinaison alphanumérique. Cela près de 17 ans après la dernière. Où en est-on à ce jour avec le nouveau processus ? Notre équipe de reportage a rencontré le directeur général des Transports, Mamadou Sow. Notre interlocuteur a rappelé que l’article 2 de l’arrêté n°203-5150/MTI-SG du 29 décembre 2023 fixant les détails des règles générales d’immatriculation des véhicules, précise qu’« il est affecté à tout véhicule automobile, tout matériel roulant d’entreprise agricole, de travaux publics et de mines, toute motocyclette, tout tricycle et quadricycle, un numéro d’ordre dit numéro d’immatriculation attribué par la direction générale des Transports. » Le numéro d’immatriculation est porté sur un certificat d’immatriculation valable pour cinq ans. Selon le directeur général des Transports, la nouvelle combinaison alphanumérique constituant l’immatriculation est composée de deux lettres indiquant la série de base, d’un trois chiffres indiquant le numéro dans la série de base et de deux lettres indiquant la série déroulante de mille. Pour la première fois au Mali, la plaque d’immatriculation porte la carte du Mali et arbore les couleurs nationales ainsi que le sigle international du Mali, à savoir «ML». Également, la nouvelle plaque affiche le sigle de la région d’appartenance du propriétaire et la codification du cercle. Pour le District de Bamako, la plaque mentionne les arrondissements de 1 à 7 en lieu et place des Communes. « Les opérations d’immatriculation, qui concernent les véhicules nouvellement introduits au Mali, se poursuivent normalement dans les directions régionales des transports et au niveau des subdivisions des transports, tous les jours ouvrables. Ces véhicules bénéficieront automatiquement de la nouvelle immatriculation», explique Mamadou Sow. Pour les véhicules précédemment immatriculés, ils seront concernés par la ré-immatriculation, lorsque la nécessité l’exige, notamment le renouvellement de carte grise après 5 ans, la mutation (changement de propriétaire), le duplicata (perte de la carte grise ou de la plaque d’immatriculation) ou la transformation apportée sur le véhicule. Selon notre interlocuteur, outre la recherche de statistiques actualisées et fiables, la ré-immatriculation a pour objet la conformité entre l’actuelle code de la route et la pratique qui veut que la nationalité d’un véhicule en circulation internationale soit connue. « L’opération est en conformité avec la volonté de digitalisation de l’Administration publique et de lutte contre la contrefaçon des documents de transport. Tous les véhicules automobiles sont concernés ainsi que les engins motorisés à deux ou trois roues (motos et katakatani)», précise-t-il. Selon Mamadou Sow, tous les 10-15 ans, les Etats procèdent à des ré-immatriculations pour connaître l’état exact du parc automobile actif. Il s’agit des engins de deux, trois et quatre roues (véhicules personnels, cars, sotrama, taxis, remorques, semi-remorques). «Il y a beaucoup de véhicules qui sont dans notre base de données qui ne sont pas réellement actifs. Mais puisqu’on n’a pas reçu la carte grise pour les faire sortir de la base, ils sont donc comptabilisés. Or, réellement, ils sont inopérants depuis plus de 10 ans », déplore le directeur général des Transports. PLUS DE 3 MILLIARDS INVESTIS – Les premières plaques de la nouvelle immatriculation et ré-immatriculation ont commencé à circuler le 22 septembre 2024. De cette date au 28 février 2025, 24 963 véhicules immatriculés soit 11 941 du 22 septembre au 31 décembre 2024 et 13 022 de janvier au 28 février 2025. « L’État a investi plus de 3 milliards de Fcfa pour que nous puissions mettre les plaques à la disposition des Maliens. La date butoir, c’est la fin de la carte grise. Il n’y a pas de sanction pécuniaire», souligne le directeur des Transports. Et d’expliquer que la ré-immatriculation impose au déclarant qui veut faire le véhicule en son nom, la fourniture du certificat de résidence en plus de la carte d’identité pour actualiser les adresses. « Les cartes Numéro d’identification nationale (NINA) qu’on exige sont faites depuis 2013. Beaucoup ne sont plus à leurs anciennes adresses et les fonctions aussi ont évolué », justifie-t-il. La ré-immatriculation permet donc de non seulement connaître réellement le nombre de véhicules en circulation mais, aussi, d’actualiser les adresses. «C’est très important pour la sécurité et la sûreté. Beaucoup d’attaques ou de cas de banditisme avérés ont été faits avec des véhicules dont on ne connaît pas les propriétaires », soutient l’expert. Tous les pays ont procédé à la ré-immatriculation des véhicules en mettant leurs drapeau, carte et sigle international. Et la particularité du Mali, fait constater le directeur général des Transports, « est que les immatriculations sont conduites de bout en bout par l’État. » Pas par une société privée, un partenariat public-privé (PPP) ou une société étrangère.
Circulation des gros porteurs et hors gabarit : Samè, la zone de tous les dangers !
Reportage Oumar DIAKITE Bamako, 2 avr (AMAP) Entrant et sortant de Bamako, les véhicules gros porteurs, hors normes et hors gabarit sont de véritables dangers pour les riverains de la voie, au quartier Samè, à l’entrée de la capitale malienne, sur la route du Sénégal. De la route endommagée, des murs et des maisons endommagés, de la mosquée détruite, aux poteaux électriques renversés…des pertes en vie humaine. De longues files indiennes, des véhicules gros porteurs renversés, des accidents spectaculaires, des bouchons interminables…ainsi se résume le quotidien des usagers du tronçon Kati-Bamako via le quartier Samè, en commune III du District de Bamako. Les habitants du quartier ainsi que les usagers de la route souffrent le martyre, à cause des véhicules gros porteurs, hors norme et hors gabarit surchargés, en partance ou en provenance de Dakar dont le port sert, pour une large part, aux importations et exportations du Mali. Les embouteillages, qui ne sont que le moindre mal, sont fréquents sur cette voie. Déjà, à partir de 22 heures c’est la croix et la bannière pour se frayer un chemin. Cette heure prévue pour le passage des véhicules gros porteurs est celle de tous les dangers sur le tronçon Kati-Bamako, en passant par Samè. Ce, souvent, jusqu’au lendemain à la mi-journée. Circuler au-delà de 22 heures sur ce chemin est encore plus dangereux pendant les week-ends. Ce samedi du mois de février, il est 5h00 lorsque nous empruntons cette route pour participer au baptême du bébé d’un ami dans une mosquée à N’Tomikorobougou. De Samè à N’Tomikorobougou, moins de deux kilomètres, nous avons raté la prière de l’aube avant le baptême qui devrait suivre. La raison, un embouteillage bloquait le passage, même ceux qui circulent sur des engins à deux roues ne sont épargnés. Au ‘Pied de la colline’ (un bar) à la descente, à gauche, lorsqu’on vient de Kati, un gros porteur s’est renversé avec tout son chargement déversé à même le bitume. Le capot du camion s’est retrouvé à l’autre côté de la vix. Ironie du sort, le camion grue du Groupement de la compagnie de la circulation routière, devenu du Groupement de maintien de sécurité (GMS) n’arrive pas à se défaire de l’engin lourd. « Nous avons été alerté pour cet accident qui implique un gros porteur et un autre véhicule que nous avons déjà conduit à la fourrière… », tente de nous expliquer le sergent-chef Koné, cherchant une solution pour dégager la voie. Le charivari a duré jusqu’aux environs de 12 heures. De nombreux autres véhicules hors gabarits, des bus de transport en commun à destination de Kayes, entre autres, sont immobilisés. La circulation bloquée, des usagers sont contraints de se frayer un chemin par la colline de Samè, en passant devant Wèrèda (parc à bétail) sur les hauteurs de N’Tomikorobougou, afin de rallier la ville. ZONE HANTEE ! Du poste de contrôle des agents des eaux et forêts à l’entrée du quartier de Niomirambougou, plus de la moitié des habitations, des murs des riverains ont été refaits. Des camions terminent leur course ou se renversent sur des familles. La mosquée en construction à Samè, aux abords de la route, a plusieurs fois été endommagée. Le poteau électrique vers l’unique pharmacie du quartier, également, est fréquemment écrasé. Et le bitume, endommagé sous le poids de véhicules hors gabarits, de Samè à l’entrée de Niomirambougou, s’est gondolé. « Heureusement, il n’y avait personne dans la chambre lorsque le camion s’est renversé sur la maison. Mais le fracas a provoqué une grande panique. Les propriétaires du véhicule, sans discuter, ont réparé les dégâts… », explique Hubert, chef de famille d’une des maisons démolies par des camions gros porteurs à Samè. Il ajoute que la mosquée, aussi, a été réparée par des transporteurs, à chaque fois qu’elle a subi des dégats causés par les camions-remorques. Tout comme les autres victimes qui ont été indemnisés. Une autre scène s’est produite vers la fin du mois de février 2024, non loin du poste de contrôle des agents des eaux et forêt, à l’entame du quartier quand vous arrivez de Kati. Là, il y a eu perte en vie humaine. Alors qu’un engin grue tentait de faire évacuer une remorque accidentée sur la route, le wagon est tombé sur un apprenti-chauffeur. Ce dernier, en train de régler la circulation, en faisant de grands signes aux usagers de s’arrêter, a été malheureusement surpris par le wagon décroché de la grue et s’est écrasé de tous son poids sur le malheureux garçon. Des accidents avec perte de vie humaine causés par des véhicules hors gabarits sont fréquents sur cette zone à l’entrée de capitale malienne. Il y a quelques années, un habitant du quartier Koulouniko, en rentrant chez lui, est mort sous les roues d’un camion. Selon les témoignages, c’est à la suite à l’éclatement d’un pneu de l’engin lourd que le jeune homme, en moto, aurait paniqué avant de se faire tuer par le même véhicule. Cette scène s’est déroulée entre les deux collines, un peu avant d’arriver au commissariat de police. en allant vers Samè. Au cours du dernier trimestre de l’année dernière, un autre camion hors gabarit a tué un conducteur de taxi-moto et sa cliente, une dame. Le chauffeur du camion était de nationalité sénégalaise. Cet acte s’est passé devant le bar « Pied de colline » à la descente de la côte, nous disent des témoins. Et de nous rapporter les propos du chauffeur : « J’ai vu une dame en train de travers tenant dans ses bras son bébé. C’est en voulant les éviter que l’accident s’est produit ». Pourtant, les témoins soutiennent qu’aucune personne ne traversait la route au moment de l’accident. Toutefois, ils révèlent que beaucoup de chauffeurs de nationalité sénégalaise ayant fait des accidents estiment que l’endroit est hanté. Tout compte fait, aucun gros porteur vide n’a jamais eu d’accident sur le tronçon. La construction de cette route en 2×2 dont le projet a pris corps à partir de Kati serait du pain béni pour les habitants de Samè et les usagers de
Kolondièba : La lutte contre les véhicules hors-normes a commencé par la sensibilisation
Par Nouhoum KONE Kolondièba, 2 avr (AMAP) La sensibilisation a été engagée à Kolondièba, jusqu’à la date limite de la tolérance, le mardi 1er avril 2025, à la suite du communiqué du ministère des Transports et des infrastructures engageant les administrations compétentes à assurer le respect des normes relatives aux gabarits, aux poids et à la charge à l’essieu des véhicules lourds de transport de marchandises,. Le correspondant de l’Agence malienne de presse et de publicité (AMAP) a effectué des échanges avec les services techniques concernés sur la circulation des gros porteurs hors normes. A l’issue des rencontres avec la police, le chef de service local de la subdivision des routes, le chef de service local des Douanes de Kolondièba, il a été confirmé qu’effectivement, les camions gros porteurs hors normes et surchargés circulent sur la route RN 30 (axe Zantièbougou-frontière ivoirienne, en passant par la ville de Kolondièba). Ces mastodontes ont endommagé la route en plusieurs endroits. Des dépressions et des nids de poule sont visibles, plusieurs panneaux de signalisation et des glissières sont cassés. Tout ceci occasionne des accidents de la circulation, des dégâts sur les véhicules et entravent le trafic. Le ministère des infrastructures et des transports a initié une période de sensibilisation, allant du 5 février au 1er avril 2025. Passé ce délai les services techniques chargés du contrôle de l’application de la réglementation procéderont à l’immobilisation des gros porteurs hors normes et hors gabarit qui circulent sur les corridors routiers du Mali, en contrevenant aux dispositions légales en vigueur. Malgré cette sensibilisation qui a pris, des véhicules gros porteurs hors normes lourdement chargés passent chaque jour a Kolondièba. NK/MD (AMAP)
Surcharge et chargements hors gabarit : Péril sur les infrastructures routières à Ségou
Par Mamadou SY Ségou, 2 avr (AMAP) Les routes jouent un rôle fondamental dans le développement d’un pays. Véritables artères vitales, elles facilitent à la fois le commerce, le transport des marchandises et des individus ainsi que la connexion entre les zones rurales et urbaines. Malgré leurs apports à l’économie et à la mobilité quotidienne, ces infrastructures routières sont, chaque jour, mises à mal par la circulation de véhicules gros porteurs hors norme, hors gabarit et en surcharge. Ces géants de la route dégradent les infrastructures routières. Ce cercle vicieux pèse lourdement sur les finances publiques. Devant l’ampleur du phénomène, le ministère des transports et des infrastructures a annoncé l’interdiction de la circulation des véhicules hors norme, hors gabarit, en surcharge sur le réseau routier national à partir du 1er avril 2025. « Tout transporteur ne respectant pas les dimensions imposées par la réglementation sera passible des sanctions prévues par les lois en vigueur », souligne le communiqué du département de tutelle. Chauffeur de poids lourds à Ségou, Abdoulaye Diarra apprécie cette mesure d’interdiction de circulation des véhicules hors norme, hors gabarit et en surcharge. Il estime que cette initiative permettra de préserver la sécurité des usagers de la route et de leurs véhicules, tout en assurant la durabilité de notre réseau routier. «La surcharge rend aussi difficile la conduite et augmente le risque d’accidents», dit-il savoir. Selon lui, il faut davantage mettre l’accent sur la sensibilisation des propriétaires de véhicules et les transporteurs routiers afin qu’ils puissent respecter les normes et préserver le patrimoine routier national. Pour le trésorier général de la délégation régionale du Conseil malien des transporteurs Routiers de Ségou, cette mesure du ministère des transports et des Infrastructures est salutaire. Amadou Cissé déplore, cependant, que nos routes, conçues pour une durée de vie de quinze ans, soient déjà endommagées en moins de cinq ans. Afin de préserver nos infrastructures routières, le Conseil malien des transporteurs routiers de Ségou a entrepris des activités de sensibilisation à destination de ses membres. Pour notre interlocuteur, la faute incombe à l’administration qui a donné des pièces administratives à ses véhicules (cartes de transport, certificats de visite technique). Son souhait est que tout le monde respecte les normes établies. Issa Fofana, un usager de la route, redoute de circuler près d’un véhicule hors gabarit et en surcharge, en raison de l’imprévisibilité et des risques accrus. Il suggère qu’après la phase de sensibilisation, de durcir le ton et punir sévèrement les auteurs qui ne respectent pas les normes. L’effondrement du réseau routier est imputable au facteur humain. Une situation qui doit interpeller tous les acteurs des transports dont l’administration, les forces de défense et de sécurité, les transporteurs, chauffeurs et acteurs de la société civile. MS/MD (AMAP)
Diéma : Gros porteurs, fossoyeurs des routes
Par Ouka BA Diéma, 2 avr (AMAP) Stratégiquement, la ville de Diéma est située au cœur du Kaarta, à la jonction des routes internationales Diéma-Kayes-Diboli (RN1) et Bamako-Diéma- Nouakchott (RN3). Durant ces dix dernières années, la ville a connu une démographie galopante avec l’arrivée massive d’étrangers en quête d’un mieux-être. Dans cette ville-carrefour, cohabitent, en symbiose, Soninkés, Bamanans, Peuls, Maures, Diawambés et Kagoros. Les principales activités économiques reposent essentiellement sur l’agriculture, l’élevage, le maraîchage, le commerce et l’artisanat. La pêche y est un secteur très peu développé. Avec la construction de ces routes internationales, le commerce transfrontalier s’est renforcé au fil des ans. Ces voies sont régulièrement empruntées par des véhicules hors normes qui assurent le transport des marchandises, en provenance des ports de Dakar, au Sénégal et de Nouadhibou, en Mauritanie. A cause de l’utilisation toujours grandissante de ces tronçons, force est de constater aujourd’hui, que l’état des infrastructures routières laisse à désirer. Ces routes sont parsemées de nids de poule, de « nids d’éléphant », traduisant un degré de dégradation plus avancé. Cet état de fait occasionne souvent des accidents et accroît l’insécurité avec ses corollaires de braquages à main armée, de banditismes, de viols. Suite au communiqué du ministère des Transports et des Infrastructures, engageant les administrations compétentes à assurer le respect des normes relatives aux gabarits, aux poids et à la charge à l’essieu des véhicules lourds de transport de marchandises, l’équipe de reportage de l’AMAP de Diéma, a pu établir le constat que les véhicules hors normes, de l’avis général, détruisent les routes et les rendent impraticables, surtout en période d’hivernage. Le chef du service de la subdivision des routes de Diéma, Karamoko Diallo, salue l’initiative du département des Transports et des infrastructures du contrôle de la surcharge des gros porteurs. Selon lui, plusieurs actes d’incivisme provoquent des déformations structurelles de la chaussée et la rendent difficilement carrossable. Il s’agit, notamment, de la surcharge, le fait aussi de freiner brusquement le véhicule et d’autres attitudes jugées incommodes. Toutes ces pratiques néfastes concourent à la détérioration des voies publiques, occasionnant souvent des accidents mortels. « Un chauffeur de remorque, poursuit notre interlocuteur, qui ne parvient pas à regarder dans les rétroviseurs de son véhicule à cause du volume des bagages que son camion transbahute, cause inévitablement des dégâts. » Face à l’ampleur de la situation, M. Diallo invite les transporteurs au respect strict des textes en vigueur dans notre pays en matière de transport. Il fait remarquer que les autorités de la Transition sont à pied d’œuvre pour la réhabilitation des tronçons Diéma-Sandaré et Didiéni – Diéma, appelés corridor Bamako – Dakar par le Nord, afin de booster le secteur du transport dans notre pays. Selon lui, les missions de suivi du réseau routier et la supervision des travaux d’entretien, qui incombent à sa structure, sont exécutées convenablement, malgré parfois le peu de moyens disponibles. Faisant écho, le chef de la Brigade d’intervention mobile, Moussa Dabo a dit que les dispositions prises à l’encontre des véhicules hors normes sont salutaires à plus d’un titre. Les routes, selon lui, constituent de véritables atouts pour le développement. C’est pourquoi les usagers doivent à tout prix en prendre soin. « Quand on limite la charge à l’essieu, cela permettra de donner plus de durabilité aux routes, dont la réalisation pèse lourdement sur le budget de l’Etat », conclut-il. Rencontré dans son bureau, le commandant de la Brigade territoriale de gendarmerie de Diéma, Abdoulaye Amadou Diarra, s’est appesanti sur le respect des règles du transport. Il souligne que les accidents liés aux surcharges, sont fréquents. Le premier adjoint au maire de la Commune rurale de Diéma, Abdoulaye Touré, laisse entendre qu’un pays, qui n’applique pas ses textes, ne peut prétendre au développement réel. L’élu encourage les démarches entreprises par les autorités du pays. Il préconise une plus large sensibilisation pour l’abandon total de cette pratique destructrice. Le syndicat des transporteurs installé sur l’axe Diéma-Nioro, conduit par Badjiri Diakité, est catégorique, fustigeant les surcharges des gros porteurs. Badjiri déclare que les véhicules hors normes qui se renversent sur la route, barrent le passage durant des heures… empêchant jusqu’aux évacuations de malades et de femmes en travail. Moussa Kanté, du Syndicat des transporteurs de Ségala, en séjour dans la localité, explique qu’en cas de crevaison, certains véhicules continuent de rouler sur le goudron. « Si un véhicule en surcharge, s’il passe sous des câbles électriques, il peut arriver causer un court-circuit en endommageant les fils », ajoute Djindé Konté qui qualifie de « nobles » ces mesures du ministère des Transports et des infrastructures. « En cas de panne, certains chauffeurs creusent le bitume pour placer le cric. C’est inadmissible ! » s’emporte l’homme, en grinçant des dents. Une vendeuse ambulante, Mariam Bathily, s’intéresse peu à l’état des routes. L’essentiel pour elle, c’est d’aller quotidiennement au Razel pour servir du dégué à ses clients. En définitive, tous les acteurs interrogés sur le sujet, jugent anormales les surcharges des véhicules hors normes et demandent, par conséquent, l’application immédiate des mesures pour sauver le secteur du transport qui peine à se relever dans notre pays. OB/MD (AMAP)

