Mali : Le Gouvernement crée la Brigade spéciale des Mines

Bamako, le 11 mars (AMAP) Le Gouvernement du Mali a créé la Brigade spéciale des Mines pour la protection et la sécurisation des sites miniers d’orpaillage et de carrière, a appris l’AMAP de source officielle. La Brigade spéciale des Mines aura pour mission d’assurer la Police judiciaire des Mines et de participer à l’exécution des mesures relatives à la protection et à la sécurisation des sites miniers d’orpaillage et de carrière Cette structure spécialisée à compétence nationale, est investie des pouvoirs de Police judiciaire en vue de renforcer les mécanismes actuels de contrôle et de répression des pratiques illégales dans ce secteur. Parmi les pratiques illégales, il est à noter, la prolifération de l’exploitation minière illégale, l’orpaillage clandestin, le trafic illicite de substances minérales, l’utilisation de produits chimiques prohibés, les atteintes graves à l’environnement et les risques sécuritaires dans certaines zones minières. Ses conséquences sont significatives sur la faune, la flore et le bien-être des populations. MD/KM (AMAP)

Communication : Le premier Forum panafricain des médias est prévu du 3 au 10 mai 2026 à Bamako

Bamako, 8 mars (AMAP)  Le premier Forum panafricain des médias aura lieu à Bamako du 3 au 10 mai 2026, à l’occasion de la Semaine de la Liberté de la Presse, a appris l’AMAP des organisateurs. L’information a été donnée vendredi à la Maison de la Presse par le Comité d’organisation du Forum panafricain des médias. Placé sous la haute présidence du Général d’Armée Assimi Goïta avec pour thème : «Unir les voix : les liens entre les médias d’Afrique», le Forum panafricain des Médias ambitionne de créer un cadre panafricain et institutionnel de dialogue réunissant les professionnels des médias du Mali, de l’AES et des autres régions d’Afrique afin de réfléchir aux défis du secteur. Selon le journaliste Salif Sanogo, président des sous-commissions, l’initiative répond à une volonté du Chef de l’État de favoriser un cadre de dialogue entre les professionnels des médias africains. «Au niveau continental, il faut que nous nous donnions la main afin de pouvoir répondre au besoin. L’Afrique dispose de nombreux médias, mais ils restent souvent dispersés», a expliqué M. Sanogo qui est également Coordinateur général de la télévision AES. Il a insisté sur le fait que le Forum ne vise pas à imposer une vision unique : «L’objectif est de rassembler les acteurs africains des médias afin de réfléchir ensemble aux défis communs.» Le forum prévoit ainsi la participation d’invités venus de toutes les régions du Mali, de l’espace de l’AES ainsi que d’une quarantaine d’invités qui viendront d’autres pays africains. « Aujourd’hui, nous vivons dans un monde en pleine mutation […] Nous nous sommes dits qu’il est important de démocratiser ce débat, de réunir autour d’une même table, différentes conceptions et lectures de la question de la liberté de la presse et surtout du droit du citoyen à une information juste et indépendante», a déclaré Bandjougou Danté, coordinateur général du Forum et président de la Maison de la presse. Pour Hamey Cissé, président du Comité scientifique, le Mali possède une tradition d’accueil de grandes rencontres panafricaines comme le Festival Homme de Liberté qui a marqué l’histoire. «Ce forum est un label malien au service de l’AES et du continent appelé à se perpétuer», a-t-il souligné. Le Forum panafricain des médias vise à créer un espace durable de concertation entre les acteurs médiatiques du continent. Il permettra également de renforcer les compétences d’au moins 250 professionnels des médias à travers des panels, ateliers et sessions techniques portant sur la désinformation, l’innovation numérique, la souveraineté médiatique et la sécurité des journalistes. À l’issue des travaux, un rapport continental de recommandations sera produit, accompagné de la mise en place de partenariats inter-médias et d’une plateforme collaborative destinée à promouvoir un narratif africain. KD/CMT (AMAP)

Mali : B2Gold met en avant le succès de la mine de Fekola au PDAC 2026 à Toronto

Bamako, 5 mars (AMAP) – Birama Cissé, Directeur Pays de B2Gold Mali, a participé  au Forum PDAC 2026 (Prospectors and Developers Association of Canada), tenu du 1er au 4 mars à Toronto, pour valoriser les performances de la mine de Fekola, renforcer l’attractivité du Mali comme destination minière et explorer de nouveaux partenariats en Afrique de l’Ouest, rapporte Mali-EcoFinews. Le PDAC, principal rendez-vous mondial de l’exploration minière, a réuni plus de 30 000 participants de plus de 135 pays, près de 1 100 exposants et 700 conférenciers, autour de panels, sessions techniques, formations et rencontres B2B. M. Cissé est intervenu lors de la Table ronde sur les Opportunités d’Affaires en Afrique de l’Ouest, organisée par le Service des Délégués Commerciaux des Ambassades du Canada en Afrique francophone, ainsi que dans un panel de Mine Africa en collaboration avec la Chambre de commerce Canada–Afrique. Ces échanges, en présence de Mme Lee-Anne Hermannet, Chargée d’affaires de l’Ambassade du Canada, et de M. Ernest Akpoue, délégué commercial, ont réuni représentants gouvernementaux, délégués commerciaux et entreprises minières actives en Afrique. La mine de Fekola, projet phare de B2Gold au Mali, a été présentée comme une « success story » de l’investissement canadien. Après dix ans d’exploitation, elle affiche une production annuelle moyenne de 400 000 à 500 000 onces d’or, avec une production cumulée dépassant 4 millions d’onces fin 2025. Fekola représente plus de 50 % des activités globales du groupe B2Gold, confirmant son statut d’actif stratégique. M. Cissé a mis en avant les retombées socio-économiques : plus de 3 000 emplois (98 % occupés par des Maliens), un transfert continu de compétences et plus de 6 milliards de FCFA investis dans des projets communautaires. Dans un contexte de couverture internationale parfois défavorable, il a défendu une image factuelle du Mali : « Notre responsabilité, c’est de parler du Mali tel qu’il est sur le terrain : un pays de ressources, de compétences et d’opportunités, où des projets structurants peuvent réussir lorsqu’ils sont conduits avec rigueur, conformité et dialogue », a-t-il déclaré en marge des échanges. Il a également évoqué le nouveau Code minier de 2023 et le renforcement des dispositions sur le contenu local, qui priorisent les nationaux, communautés locales, entreprises maliennes et intrants produits sur place. B2Gold, engagé dans cette voie avant même la loi, a salué la collaboration avec les autorités et réaffirmé son soutien aux orientations nationales : élargissement des opportunités de sous-traitance aux champions nationaux, développement des compétences et partenariats structurants. Les présentations ont donné lieu à des discussions interactives sur les besoins en sous-traitance, équipements, services, financement et collaborations. Le PDAC est la plateforme mondiale de référence pour mobiliser des investissements miniers. La participation de B2Gold Mali intervient après l’adoption du Code minier 2023 au Mali, qui renforce le contenu local et l’implication de l’État, dans un secteur stratégique pour l’économie malienne. OS(AMAP)

Economie : Le secteur privé malien organise un dialogue sur la loi de finances 2026

Bamako, 25 février (AMAP) Le Conseil national du patronat du Mali (CNPM) a organisé ce mercredi,  à son siège à Bamako, une rencontre professionnelle pour examiner la loi de finances 2026 du pays, a constaté l’AMAP. Les participants ont salué l’orientation « souveraineté et développement économique » du budget tout en exprimant des préoccupations sur la prédominance des dépenses de fonctionnement, le faible niveau d’investissement et la nécessité d’une plus grande implication du secteur privé dans la croissance. La rencontre a été animée par l’économiste Modibo Mao Makalou en tant que conférencier principal. Ce dernier a présenté les grandes lignes du projet de loi de finances 2026, qui prévoit des recettes d’environ 3 057,8 milliards de FCFA et des dépenses de 3 578,2 milliards de FCFA, soit un déficit budgétaire programmé de 522 milliards de FCFA (environ 520,4 milliards selon les chiffres finalement adoptés). Le budget met l’accent sur la défense et la sécurité, l’éducation et la santé, tout en projetant une croissance réelle du PIB de 6,3 % et une inflation maintenue sous les 3 %, en cohérence avec les efforts de respect des critères de convergence de l’UEMOA. M. Makalou a qualifié la loi de finances d’instrument à la fois législatif, politique, juridique et financier, reflétant les priorités du gouvernement au titre du Plan d’action du gouvernement. Il a souligné le passage progressif au budget-programme depuis environ 2018, avec la défense et la sécurité comme premier poste fonctionnel, suivies d’augmentations pour l’éducation et la santé, bien que l’agriculture ait enregistré une légère baisse d’enveloppe. « La loi des finances est bien plus qu’un simple document financier, c’est le reflet de nos valeurs, de nos priorités et de nos engagements envers nos citoyens », a déclaré Modibo Mao Makalou, insistant sur l’importance de la transparence et de l’inclusivité dans le processus budgétaire. Les échanges ont porté sur la pression fiscale concentrée sur un petit nombre d’entreprises formelles, l’impact des crises persistantes (énergétique, sécuritaire et chocs externes), la soutenabilité de la dette, le développement des partenariats public-privé (PPP), ainsi que les mesures visant à élargir l’assiette fiscale, notamment par la formalisation partielle de l’économie informelle et une meilleure captation des recettes minières.   Le président du CNPM, Mossadeck Bally a, pour sa part, rappelé le rôle central du secteur privé en tant que principal créateur de richesses et contributeur fiscal, plaidant pour une meilleure compréhension du budget par les opérateurs économiques.   Dans sa synthèse de clôture, Mossadeck Bally a qualifié le budget 2026 de budget essentiellement de fonctionnement, avec plus de 70 % des dépenses consacrées aux charges courantes et moins de 30 % aux investissements. Il a appelé à une révision urgente de la loi sur les PPP afin d’attirer des capitaux privés pour les infrastructures, citant les modèles réussis des pays voisins. Il a également évoqué le problème persistant des retards de paiement de l’État aux entreprises locales, le stock élevé d’arriérés intérieurs et l’insoutenabilité d’une assiette fiscale reposant sur seulement 5 % des contribuables. Adoptée par le Conseil national de la transition (CNT) en décembre 2025 à l’unanimité lors des phases clés, la loi de finances 2026 est présentée comme un « budget de souveraineté et de développement économique ». OS/KM (AMAP)

Economie : La 11ème édition de la revue des reformes politiques, programmes et projets communautaires de l’UEMOA au Mali s’ouvre demain

Bamako, 24 février (AMAP) La 11ème édition de la revue des reformes politiques, programmes et projets communautaires de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) au Mali s’ouvre demain à Bamako, a appris l’AMAP de sources concordantes. Les mêmes sources précisent qu’au cours des travaux, les experts de l’organisation sous régionale et les autorités maliennes vont examiner 145 textes règlementaires et 6 programmes et projet pour un montant estimé à plus de 23 milliards de nos francs. Le Mali, à la dernière évaluation en 2024, a réalisé des progrès significatifs avec un taux de 80,6% dans la transposition et l’application des reformes communautaires. KM (AMAP

Radio : un travail méticuleux au quotidien

Par Moussa M. DEMBÉLÉ La radio demeure l’un des médias les plus écoutés au Mali. Discrets, ses journalistes accomplissent chaque jour un travail exigeant pour livrer une information de qualité.   Ce mardi 27 janvier 2026, vers 9 heures, nous franchissons le seuil de la Maison de la presse, à Médina Coura, en Commune II du district de Bamako. C’est ici qu’émet la radio « Studio Tamani ». Avant d’accéder aux bureaux, des vigiles contrôlent l’identité des visiteurs. Le bureau du rédacteur en chef est fermé. Dans le couloir, un employé assure qu’il ne tardera pas.   À 9h15, la conférence de rédaction débute. La station compte 16 journalistes contractuels et 10 pigistes à Bamako, sans compter les correspondants régionaux. Ce matin-là, ils ne sont qu’une dizaine autour de la table. La séance est présidée par un journaliste, en l’absence du rédacteur en chef. Devant son ordinateur, il projette les sujets proposés sur un écran.   La réunion, qui dure moins d’une heure, structure pourtant l’essentiel de la journée. L’équipe passe d’abord en revue l’édition précédente, dans un esprit de critique constructive. Puis les sujets du jour sont discutés et validés. L’actualité impose son rythme.   Ce matin, l’ouverture de la 11e édition du Festival culturel Ogobagna domine l’agenda. Dédié à la promotion de la culture dogon et, plus largement, de la culture malienne, l’événement sera traité sous l’angle de son impact sur la cohésion sociale après dix années de célébration. Il fera la Une. D’autres sujets, proposés par les correspondants régionaux, sont retenus : le recensement à Koutiala, l’impact du froid sur le quotidien des habitants de Bandiagara et la formation de femmes à la fabrication du savon à Bafoulabé.   À l’issue de la conférence, chacun s’attelle à sa tâche. Certains contactent des personnes ressources, d’autres partent en reportage. Mariam Coulibaly, journaliste à Studio Tamani depuis plus de dix ans, est chargée de réaliser un enrobé sur le Festival Ogobagna. Une responsabilité de taille : son sujet ouvrira le journal.   Installée dans la salle des reporters, face à son ordinateur, celle qui rêvait autrefois d’une carrière à la télévision détaille son planning. « J’ai déjà appelé les correspondants dans le pays dogon pour recueillir les réactions des habitants sur l’impact du festival », explique Mariam Coulibaly. Elle prévoit ensuite de se rendre sur le terrain pour compléter ses informations.   Un travail à la chaîne   À 14 heures, tous les reporters sont de retour à la rédaction. Le métier repose sur un travail d’équipe, sans exclure l’initiative individuelle. Le montage s’enchaîne. Les éléments doivent être déposés avant 15 heures. La diffusion se fera en cinq langues : bambara, sonrhaï, français, peul et tamasheq. Chaque journaliste traduit son sujet.   À 16h30, tout est prêt. Le rédacteur en chef, Sékou Gadjigo, détaille les choix éditoriaux. « Le travail du journaliste repose sur l’actualité. Pour ce numéro, nous avons choisi trois sujets majeurs : un enrobé sur le festival Ogobagna et son impact sur la cohésion sociale, un papier sur le blocus des localités, et une réaction des acteurs de l’éducation sur la grève des syndicats », précise-t-il, quelques minutes avant la diffusion.   La journée est minutieusement orchestrée. La radio doit informer en temps réel, après vérification. Accessible à tous, elle accompagne le paysan dans son champ comme le fonctionnaire sur le chemin du travail. Média de proximité, elle attire de nombreux passionnés, ces « vedettes de l’ombre » reconnues à travers leur voix. « La radio annonce, la télévision montre et la presse écrite démontre », résume Tiona Mathieu Koné, professeur à l’École supérieure de journalisme et des sciences de la communication de Bamako (ESJSC).   Imirana Maïga entre dans le métier par vocation en 2003. « Mon aventure a commencé à la Radio Annia de Gao. Je suis arrivé sans formation, sans connaissance de l’éthique ni de la déontologie, mais avec une passion profonde. À mes débuts, je me suis totalement investi dans l’animation musicale », raconte-t-il. Malgré deux échecs au baccalauréat, le natif de Gao persévère et obtient finalement le diplôme en série Sciences exactes à Koulikoro, avant d’entamer des études supérieures à Bamako. « Mais l’amour de la radio ne m’a jamais quitté. En 2008, j’ai rejoint la Radio La Voix du Citoyen où je suis resté jusqu’en juillet 2013 », poursuit-il.   Rokia Doumbia, journaliste à la Radio Klédu, confie avoir d’abord envisagé une carrière à la télévision. « Ici, ce n’est pas le visuel qui compte, mais plutôt la voix. C’est un média qui m’a séduite », explique-t-elle.   Selon une récente enquête menée par l’Union des journalistes reporters du Mali, la radio occupe une position prépondérante face à la télévision et à la presse écrite. Son atout principal : l’instantanéité.   MMD/OS (AMAP)

Ségou : le réseau Wassa Mali promeut les bonnes pratiques agroécologiques

Par Mamadou SY Ségou, 11 fév (AMAP) La 4ème édition du Forum pratique en agroécologie paysanne Croisade (Croisement des initiatives et actions de base) s’est ouverte le mardi 10 février à Ségou, dans le Centre du Mali, avec comme thème principal : «Les savoirs paysans et innovations locales : piliers d’une transition agroécologique réussie». La cérémonie d’ouverture s’est tenue dans la salle de conférence de la Maison des jeunes sous la présidence du conseiller aux Affaires administratives et juridiques du gouverneur de la région de Ségou, Mohamed Ag Mohamed Aly. C’était en présence du maire de la Commune rurale de Pelengana, Mme Diabaté Mariam Bamba, du préfet de Cercle, Daouda Diarra, du président du Réseau Wassa Mali, Abdramane Zakaria Traoré et du représentant de la Plateforme nationale de l’agroécologie paysanne et de l’agriculture biologique (PNAEPB), Mamadou Goïta. Prévue du 10 au 12 février, ce forum organisé par le Réseau Wassa Mali et ses partenaires vise à promouvoir et valoriser les savoirs paysans et les innovations locales comme leviers essentiels pour accélérer la transition agroécologique dans les communautés rurales, en facilitant les échanges pratiques, le dialogue multiacteurs et le renforcement des capacités des acteurs de terrain. Plusieurs acteurs prennent part à ce rendez-vous dont des organisations partenaires au développement, des communautés paysannes membres du Réseau Wassa Mali, des autorités traditionnelles et coutumières, des techniciens agricoles et des formateurs locaux, des organisations de femmes et de jeunes, des chercheurs, médias et personnes ressources. Plusieurs activités sont au programme, notamment des présentations dynamiques, des ateliers de terrain, des études de cas, des discussions en groupe et des sessions de co-création de visions partagées. Selon le président du Réseau Wassa Mali, Abdramane Zakaria Traoré ce forum se veut « un espace de réflexion collective autour des résultats obtenus et des difficultés rencontrées dans la mise en œuvre des pratiques agroécologiques. » M. Traoré a signalé que les précédentes éditions ont permis d’aborder des thématiques importantes ayant trait à l’élevage pastoral et paysan face aux défis du changement climatique, la gestion des ravageurs et les systèmes de semences paysannes. D’après le président du Réseau Wassa Mali, « l’agroécologie est une alternative sérieuse pour relever le défi de la sécurité alimentaire dans notre pays. » Pour le conseiller aux Affaires administratives et juridiques du gouverneur de Ségou, cette rencontre revêt une portée toute particulière. «Elle constitue un moment de fierté et d’espérance, au cours duquel la voix du monde paysan, longtemps insuffisamment entendue, retrouve la place centrale qui lui revient légitimement », a indiqué Mohamed Ag Mohamed Aly. « C’est également l’occasion de mettre en lumière les champs, les savoirs endogènes transmis de génération en génération, ainsi que les innovations issues de l’ingéniosité et de la résilience des communautés rurales», a-t-il ajouté. Il a rendu hommage au Réseau Wassa Mali, dont « l’engagement constant et exemplaire a permis de faire de l’agroécologie paysanne un véritable mouvement, ancré à la base et reconnu tant au niveau national que régional. » Dans la même veine, le prefet Daouda Diarra a remercié le Réseau Wassa Mali pour l’organisation de ce forum, avant de réitérer son engagement à soutenir toute initiative visant à promouvoir l’agroécologie. La cérémonie a été marquée par la remise d’attestations de reconnaissance au préfet du Cercle de Ségou et au représentant de la Plateforme nationale de l’agroécologie paysanne et de l’agriculture biologique. Une visite des stands d’expositions à mis fin à la rencontre. MS/MD (AMAP)  

Sikasso : La période des légumes, une aubaine pour les commerçants et les consommateurs

Par Aïssata DEMBELE Sikasso, 2 fév (AMAP) En cette période de forte production agricole, Sikasso ou la cité verte du Kénédougou mérite bien son nom. La ville vit au rythme des légumes frais. Haricots verts, carottes, tomates, poivrons et autres se vendent comme du petit pain. Du moins avant le début du mois sacré de ramadan. Pour le moment, les sauces sont bien garnies et les amateurs de légumes profitent bien de l’occasion. Que ce soient les vendeuses ambulantes de légumes qui font du porte-à-porte, matins et soirs, les commerçantes détaillantes des petits marchés de quartiers, les commerçants du grand marché de Sikasso, chacun est déterminé à écouler le maximum de légumes afin de tirer son épingle du jeu. Ce mardi, il est environ 8 heures quand notre équipe de reportage arrive au grand marché de Sikasso grouillant de monde. Les étals sont bien installés. Ici, les commerçants grossistes et détaillants ainsi que les clients échangent dans une ambiance bon-enfant. Les premiers hèlent les seconds, marchandages et bruits de paniers chargés de produits frais, scènes quotidiennes des commerçants de légumes du grand marché de Sikasso. « Venez acheter du haricot vert ! Je ferai des remises à celui qui achètera une grande quantité », lance Mme Sanogo Sarata Berthé à des passants. « Quand il y a l’affluence, on écoule vite la marchandise. Mais lorsque le marché est timide, on est obligé de brader nos produits. Le prix dépend de la qualité du produit et varie entre 400 et 500 Fcfa le kilogramme », dit-elle. Sa cliente Mariam Traoré, rencontrée sur place, affirme qu’elle s’approvisionne toujours en haricot vert chez Mme Sanogo. « Je viens tôt pour avoir du haricot de bonne qualité et à moindre coût. Pendant cette période, j’envoie très souvent du haricot à mes parents à Ségou et à Bamako. » Le ressortissant de Nampala, le jeune commerçant grossiste Lamine Sogodogo exerce ce métier depuis plusieurs années. L’affluence matinale, selon lui, est capitale. « Tôt le matin, plus il y a de l’affluence, plus on écoule rapidement nos marchandises. Je peux vendre trois sacs de 75kg de haricots par jour », a-t-il confié. A l’en croire, il s’approvisionne au champ à 250 F le kilo pour revendre au marché entre 400 et 450 F. La demande est forte dans la sous-région. « Souvent mes clients viennent de la Côte d’Ivoire et du Burkina Faso », indique-t-il.   A côté des commerçants de haricot, les étals de carottes attirent également l’attention des passants. Ce commerce est majoritairement dominé par les femmes. La vendeuse de carottes Mariam Sanogo vit de cette activité depuis plus de cinq ans. « J’ai aménagé une partie de la cour de ma maison pour cultiver des carottes, du persil et des tomates. Franchement, ma récolte a été belle cette année. Grâce à l’affluence actuelle du marché, j’arrive à écouler deux sacs de 50 kg de carottes et une grande quantité de tomate et de persils par jour et avant midi », a-t-elle fait savoir. Le prix de ses tas de carottes varie entre 250F, 100F et 50F. Issa Diabaté est un grand amateur de carottes. « Compte tenu de ses bienfaits pour la santé, je ne peux m’en passer. Si l’opportunité se présente, à chaque fois que je traverse le grand marché, j’en achète pour mes camarades du grin. On l’utilise comme amuse-gueule », explique-t-il. Tout comme Issa, la ménagère Hadjaratou Traoré affirme qu’actuellement elle ne peut pas préparer sa sauce sans légumes. « J’utilise un peu de tout dans ma sauce car c’est la période et c’est bon pour la santé », a-t-elle confié Chaque soir, les vendeuses ambulantes sillonnent les différents quartiers. De porte en porte, elles fala carotte à 50 Fcfa. Coupés en petits morceaux, le mélange avec de la macédoine est aussi cédé à 50 Fcfa. Les choux sont vendus à partir de 50 Fcfa, les poivrons entre 25F et 50 Fcfa. Le tas d’aubergines d’Afrique est cédé à 50 Fcfa, le céleri et le persil coûtent 25 Fcfa quelques pieds. Ces prix sont les mêmes que sur les petits marchés. Nonobstant, des défis persistants, ces commerçants de légumes arrivent à se tirer d’affaire. Nombres d’entre eux confient que leur bénéfice leur permet de joindre les deux bouts. Dans la cité verte du Kénédougou, le marché demeure un pilier essentiel de l’économie locale, reliant producteurs, commerçants et consommateurs autour d’un même objectif : l’accès à des aliments frais et de qualité. Sikasso est considéré comme le poumon du Mali en matière de production de fruits et légumes. Grâce à son potentiel agricole exceptionnel, la région approvisionne de nombreuses localités du pays et contribue de manière significative à assurer la sécurité alimentaire. AD/MD/MD (AMAP)

Kayes : Le couvre-feu prolongé d’un mois dans la région

KAYES, 01 fev (AMAP) – Le Général de Brigade Moussa Soumaré, gouverneur de la région de Kayes, a prolongé le couvre-feu pour une nouvelle période de 30 jours, du vendredi 30 janvier 2026 au samedi 28 février 2026, entre 00 h 00 et 05 h 00, a annoncé un communiqué officiel publié le 30 janvier. « Au regard de la fragilité de la situation sécuritaire, les autorités régionales ont maintenu le couvre-feu dans la région de Kayes pour une nouvelle période de 30 jours allant du vendredi 30 janvier au samedi 28 février 2026, de 00 h à 05 heures », indique le texte. Pendant cette période, la circulation des personnes et de tous les engins de transport reste strictement restreinte, à l’exception des véhicules et engins des Forces de Défense et de Sécurité ainsi que des ambulances munies d’un ordre de mission. Cette mesure, en vigueur depuis les attaques terroristes du 1er juillet 2025 à Kayes et dans d’autres localités de la région, vise à « sécuriser davantage les personnes et leurs biens ». Elle intervient notamment quelques jours après l’incendie de certaines unités industrielles dans le cercle de Bafoulabé, qualifié d’« actes barbares » destinés à « étouffer l’économie de la région, en particulier, et celle du Mali, en général ». Le couvre-feu a été instauré dans la région de Kayes, située à l’ouest du Mali, à la suite des attaques terroristes survenues le 1er juillet 2025 dans la capitale régionale et plusieurs autres localités. Il est régulièrement reconduit depuis lors en réponse à la persistance des risques sécuritaires. BMS/MMD/OS (AMAP)

Crise des hydrocarbures : Le Cercle de Tominian en panne sèche

Tominian, 23 janv (AMAP) Le cercle de Tominian (Centre) connait une grave pénurie de carburant qui paralyse l’économie locale et suscite un profond sentiment d’abandon au sein de la population, a constaté l’AMAP sur place. Depuis le début de la crise des hydrocarbures au Mali, aucune livraison d’essence n’a été enregistrée à Tominian, en dehors de la dotation réservée à la centrale d’Energie du Mali (EDM). Au début du mois de décembre 2020, la ville a réceptionné, un camion-citerne de carburant destinée à la centrale de l’EDM, officiellement remis aux autorités administratives et locales, a constaté l’AMAP sur place. Ce ravitaillement, très attendu, devait permettre de relancer partiellement le fonctionnement de la centrale de production d’électricité, totalement à l’arrêt depuis plusieurs semaines faute de carburant, plongeant la ville dans l’obscurité et aggravant la crise sociale et économique. Au démarrage de la crise, les habitants avaient trouvé un répit de courte durée, grâce à l’unique station-service de la localité. Mais celle-ci a brusquement fermé ses portes, pour des raisons jamais élucidées. Depuis, aucune reprise d’activité n’a été constatée, plongeant la population dans une détresse totale. Face à ce vide, les revendeurs informels ont pris le contrôle du marché, imposant des prix excessifs à des ménages déjà éprouvés. « Aujourd’hui, l’essence est devenue un luxe que la majorité des habitants ne peut plus s’offrir », confie un habitant de Tominian. Cette situation a entraîné l’arrêt de nombreuses activités économiques, rendu les déplacements difficiles et perturbé plusieurs services essentiels. De nombreuses questions taraudent les esprits des populations qui vivent difficilement cette situation. « Tominian a besoin d’essence, Tominian a besoin d’être entendu », disent les habitants, rappelant que le développement local, la mobilité des citoyens et la survie économique du cercle en dépendent. Pour rappel, le gouverneur de la Région de San, le colonel Ousmane Sangaré, a effectué une visite de courtoisie dans le Cercle de Tominian le 19 mai 2021. En cette occasion, les représentants de la société civile avaient déjà alerté sur la marginalisation du cercle et demandé aux autorités de prendre des mesures ST/OS/MD (AMAP)