Pr Amadou Keïta, ministre des Mines : « L’objectif final des reformes du secteur minier est que tout l’or produit au Mali soit raffiné sur place »
Bamako 1er Oct (AMAP) Les chantiers de réformes dans le secteur des mines avancent. Plusieurs entreprises minières s’apprêtent à migrer sur le code de 2023 et elles s’engagent toutes à appliquer les mesures du contenu local. Aussi, notre dispositif se renforce-il avec la perspective de création d’une brigade spéciale des mines et d’un commissariat chargé des activités minières. Ces informations sont données par le ministre des Mines, Pr Amadou Keïta, dans cette interview exclusive. L’Essor : Que peut-on retenir de la mise en œuvre du nouveau code minier et de la loi sur le contenu local, une année après leur adoption ? Pr Amadou Keïta : Notre pays a pris l’option en 2023 d’adopter un nouveau code minier et, pour la première fois de notre histoire, une loi relative au contenu local. Ce sont là des réformes majeures qui s’inscrivent dans une vision globale de la refondation de notre État. Ces deux textes sont l’émanation d’une aspiration forte du peuple malien exprimée lors des Assises nationales de la Refondation et ont été conçus pour apporter une nouvelle perspective malienne à la gestion des ressources minérales. C’est donc une réforme qui suscite beaucoup d’espoir et qui nous engage, en tant qu’administration en charge des Mines, à travailler à leur applicabilité. C’est dans ce sens qu’en juillet 2024, les décrets d’application du Code minier et de la loi relative au contenu local dans le secteur minier ont été adoptés. C’est dire qu’il n’est pas venu le temps de tirer un bilan de la mise en œuvre de ces nouvelles dispositions, mais que nous avons espoir que lorsqu’ils seront appliqués dans leur amplitude, le Mali pourra s’enorgueillir d’un secteur minier totalement intégré à l’économie nationale et capable d’impulser le développement. Il faut, cependant, souligner la convergence de vue avec l’ensemble des acteurs du secteur minier. En effet, plusieurs entreprises minières, après des négociations, s’apprêtent à migrer sur le code de 2023 et elles s’engagent toutes à appliquer les mesures du contenu local. L’Essor : Aux yeux de nombreux Maliens, la Société de recherche et d’exploitation des ressources minérales du Mali (SOREM) connaît un démarrage timide. Que faut-il aujourd’hui pour rendre cette structure véritablement opérationnelle ? Pr Amadou Keïta : C’est un constat qui ne prend pas toujours en compte le contexte dans sa globalité et les actions en cours pour permettre à la Sorem de faire face aux défis du moment. En effet, la société d’État SOREM, créée en août 2022, porte en elle une volonté affirmée du président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, de remettre l’État au cœur du système de recherche, d’exploitation et de commercialisation des produits miniers. Son opérationnalisation est l’une des priorités du département des Mines. Cette société a tenu la 2ème session de son conseil d’administration le 25 juillet 2024 et vient de se voir attribuer par le Conseil des ministres un permis de recherche d’or sur le périmètre de N’Tahaka d’une superficie de 97,41 km², dans le Cercle de N’Tillit à Gao. Les données recueillies suite aux travaux de recherche géologique et minière exécutés dans le district géologique du Gourma oriental, nous ont permis de mettre en évidence plusieurs secteurs d’intérêt potentiel dont celui de N’Tahaka et la SOREM est déjà engagée à approfondir l’exploration en vue d’une exploitation prochaine des richesses du sous-sol au bénéfice des peuples du Mali. Elle s’active, également, depuis quelques semaines à un positionnement stratégique sur les mines en difficultés dans notre pays. C’est le cas de la mine de Morila qui reviendra sous la coupe de la SOREM afin de s’assurer de la continuité de son exploitation après les moments difficiles que la mine a connus du fait de l’indélicatesse de son précédent opérateur. Les autres actifs miniers appartenant à cette société australienne reviendront également à la SOREM. L’État entend apporter les moyens utiles et adéquats à la SOREM pour mener à bien sa mission. L’Essor : Où en êtes-vous avec le projet d’installation de l’usine d’affinage d’or ? Pr Amadou Keïta : Ce projet est une des dimensions du partenariat que nous avons avec la Russie dans le secteur minier et il se présente comme un tournant décisif dans l’organisation et la gestion de ce secteur. Vous n’êtes pas sans savoir que l’objectif final de ce processus est que tout l’or produit sur le territoire du Mali soit raffiné au Mali dans des conditions optimales. C’est un processus qui évolue bien et demande une coopération intense à plusieurs niveaux. L’État a mis à la disposition de ce projet d’usine d’affinage un espace de 10 hectares et dispose d’un plan de conception sommaire de l’unité. Le cahier de charges ainsi que les éléments nécessaires pour la conduite d’une étude de faisabilité sont disponibles. Un suivi régulier est fait avec le partenaire russe pour que notre pays dispose, après un peu plus de 60 ans d’exploitation de l’or, d’une usine d’affinage répondant aux standards internationaux. L’Essor : La renégociation du contrat de lithium de Goulamina a permis de porter la participation de l’État et des nationaux à 35% contre 20% précédemment. Que représente cette part en termes de ressources pour les caisses publiques ? Pr Amadou Keïta : Je voudrais d’abord féliciter le gouvernement du Mali pour cet accord et pour le projet de la mine de lithium de Goulamina, l’un des plus grands projets de lithium en Afrique et dans le monde. Il reflète la politique de diversification que nous prônons dans l’exploitation des ressources minérales de notre pays. Pour revenir à votre question, il est important de voir au-delà des pourcentages énoncés qui concernent, uniquement, l’apport direct du secteur minier, en termes de dividendes, à l’État et aux nationaux qui seront actionnaires. À ce niveau, une première estimation fait état d’une augmentation du budget de l’État à hauteur d’environ 100 milliards de Fcfa par an. Mais, je voudrais faire noter que ce projet de la mine de lithium de Goulamina aura des apports sous d’autres formes qui permettront une contribution additionnelle significative au financement du développement des secteurs minier et énergétique, du secteur des infrastructures et
Office du Niger : Bonne physionomie de la campagne agricole
Par Mamadou SY Ségou, 30 sept (AMAP) La tendance actuelle laisse entrevoir des rendements prometteurs avec une bonne physionomie des champs, a pu constater le ministre de l’Agriculture, Daniel Siméon Kelema, en visite les 27 et 28 septembre derniers dans la zone Office du Niger et Office riz Ségou (ORS), dans le cadre du suivi de la campagne agricole 2024-2025. Cette visite, après dans la zone cotonnière, avait pour but de s’enquérir de l’état de la campagne agricole et d’échanger avec les producteurs. Au premier jour de sa visite, le ministre de l’Agriculture s’est rendu dans la zone Office du Niger où les activités de la campagne agricole se déroulent normalement. L’état des cultures est assez rassurant dans l’ensemble, avec des plans de riz qui sont au stade du tallage et d’épiaison. Sur sa parcelle, dans la zone de production de M’Bewani, Yacouba Diarra, qui a reçu la visite du ministre de l’Agriculture, dispose d’un champ de 8,59 ha dont 2 en Système de riziculture intensive (SRI). Il espère un rendement moyen de 7 à 8 tonnes par hectare. L’exploitant agriculteur se dit satisfait du travail abattu et de l’état végétatif de son champ. Cependant, il a exprimé son souci devant la lenteur dans l’approvisionnement en engrais et la divagation des animaux qui a des conséquences désastreuses sur la production de riz. Son souhait est que la quantité d’engrais subventionné revienne à son niveau initial, c’est-à-dire 6 sacs par hectare, contre seulement 1 sac actuellement afin de permettre aux agriculteurs de maximiser leur production. Selon le directeur général de l’Institut d’économie rurale (IER), Khalifa Traoré, membre de la délégation ministérielle, le SRI est une technique extrêmement avantageuse pour les riziculteurs, notamment en termes d’économie de semences. « Il augmente, non seulement, le rendement à l’hectare de 7 à 8 tonnes contre 3 à 4 tonnes dans l’agriculture conventionnelle, mais il, également, d’économiser de l’eau et de réduire les gaz à effet de serre », a fait savoir M. Traoré. Après M’Bewani, cap sur la zone de production de Niono, à 105 km de la ville de Ségou. Sur place, le ministre de l’Agriculture a successivement visité les parcelles de riz de Youssouf Simaga dit Douga du village de Coloni km26 et Sidy Haïdara du village de Medina km39. Tous deux cultivent la variété kogoni respectivement sur une superficie de 3 ha et 5,41 ha. Ces champs de riz présentent un bon aspect végétatif. Ce résultat s’explique par le respect du calendrier agricole et l’utilisation de la fumure organique. La délégation ministérielle a ensuite rencontré les producteurs et le personnel d’encadrement dans la salle de réunion de la zone de Niono. Les acteurs du monde rural ont égrené leurs préoccupations qui tournent autour de l’insécurité dans certaines zones de production, l’insuffisance du nombre de quotas d’engrais subventionné par hectare, le manque d’équipements agricoles pour transformer et conserver les produits maraîchers ainsi que l’engorgement des drains. D’après le ministre de l’Agriculture, la zone cotonnière et l’Office du Niger sont les deux piliers de notre secteur agricole. « Nous sommes là pour visiter les parcelles de riz, notamment le SRI et bien d’autres systèmes. L’avantage est que tout est en maîtrise totale de l’eau », a indiqué Daniel Siméon Kelema. Il s’est globalement réjoui de l’évolution de la campagne agricole 2024-2025 en zone Office du Niger mais, surtout, de l’utilisation de la fumure organique par les producteurs, Ce qui va permettre d’améliorer la santé du sol et de cultiver de façon durable. Ayant pris bonne note des préoccupations soulevées, le ministre Kelema a exhorté les producteurs à écouter les conseils précieux des agents d’encadrement afin d’éviter les pertes post-récoltes et d’améliorer les rendements. Il a, également, mis l’accent sur une gestion judicieuse des stocks pour ne pas que les producteurs soient en situation d’insécurité alimentaire. Quant au Président directeur général de l’Office du Niger, il a rappelé les efforts déployés dans le cadre de l’entretien des réseaux d’irrigation et de drainage. Badara Aliou Traoré a salué la résilience des producteurs et l’abnégation de nos forces de défense et de sécurité qui ne ménagent aucun effort pour sécuriser les personnes et leurs biens. La délégation comprenait également, le directeur national de l’agriculture, Souleymane Yacouba, le directeur général de l’Office de protection des végétaux (OPV), Halidou Mohamoudou, ainsi que le Président directeur général (PDG) de l’Office du Niger, Badara Aliou Traoré. MS/MD (AMAP)
Filiale centre de la CMDT : Une campagne agricole qui promet
Par Fatoumata M SIDIBÉ Bamako, 27 sept (AMAP) Le ministre de l’Agriculture, Daniel Siméon Kéléma, a a rencontré les exploitants agricoles afin de suivre de près l’évolution de la campagne agricole 2024-2025, lors d’une visite, du 19 au 20 septembre dernier, dans la filiale Centre (Fana, Dioila et Baguinéda) de la Compagnie malienne pour le développement des textiles (CMDT). Il était accompagné du Président directeur général (PDG) de la CMDT, Mamadou Moustapha Diarra, des présidents de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture du Mali (APCAM), Sanoussi Bouya Sylla et de la Confédération des sociétés coopératives des producteurs de coton, Yacouba Traoré. Première étape de ce périple de deux jours : le village de Kola, dans la Région de Dioïla, où le ministre et sa suite ont inspecté des parcelles de coton, de maïs, de sorgho et de mil. Les exploitants de la localité ont diverses préoccupations dont l’accès limité aux équipements et au crédit agricole, la mauvaise qualité de certains intrants et le manque de main-d’œuvre. S’y ajoute la cherté de l’aliment bétail. Malgré ces difficultés, le cultivateur Tièfolo Traoré est optimiste quant à l’issue de la campagne en cours. Il espère récolter environ 10 tonnes de coton cette année. Ces champs de coton, de maïs, de sorgho et de mil ont été visités par le ministre, à qui le cultivateur a fait part de l’efficacité des traitements recommandés contre les insectes. Il s’est également dit satisfait de l’approvisionnement en engrais. Selon l’administrateur général de la filiale Centre de la CMDT, Issa Sidibé, la campagne agricole 2024-2025 est placée sous le signe de la maîtrise des indicateurs de production après deux saisons difficiles. Il a rappelé les efforts de l’État qui a fixé un prix d’achat incitatif de 300 Fcfa par kilogramme (kg) de coton graine et maintenu la subvention des engrais minéraux à 14 840 Fcfa par sac de 50 kg. Un effort particulier a aussi été fait pour réduire le prix des engrais organiques. De plus, une collaboration renforcée entre la CMDT et les instituts de recherche a permis d’élaborer un programme de traitement adapté aux réalités locales, tout en relançant la production de semences de base. « Bien que les jassides soient présents, les perspectives de la campagne restent encourageantes avec un objectif de production de 96 600 tonnes de graine de coton pour notre filiale », a dit Issa Sidibé. Après Kola, la délégation s’est rendue à Gouana, à quelques kilomètres de Fana. La délégation y a visité des champs de coton, de maïs et de riz de Bah Diarra. Le ministre Daniel Siméon Kelema a été impressionné par la physionomie des cultures. Il a, toutefois, insisté sur l’importance d’améliorer les itinéraires techniques et de diversifier les cultures pour renforcer la sécurité alimentaire, nutritionnelle et accroître les revenus des producteurs agricoles Le ministre a, aussi, noté que la filiale Centre se porte bien en termes de production de coton. Néanmoins, il a appelé à la vigilance, « car la période est critique sur le plan phytosanitaire et pluviométrique en raison des conditions météorologiques exceptionnelles de cette année, avec des pluies intenses prévues jusqu’en novembre ». En outre, Daniel Siméon Kelema a encouragé les producteurs à surveiller leurs sols, à privilégier des cultures résistantes aux inondations et à envisager des systèmes d’irrigation. Il a appelé à la solidarité envers les victimes des récentes inondations. La dernière étape de la visite a été Baguinéda, dans la Région de Koulikoro, où la délégation a apprécié l’évolution de la campagne au niveau du périmètre irrigué de la localité. Riziculteur, Bakary Doumbia a cultivé 1,5 hectare et procède à une nouvelle technique de riziculture intensive qui facilite les travaux, en minimisant les besoins en eau et en engrais chimique. Cette méthode permet, également, de réduire les coûts de production, tout en augmentant la rentabilité à l’hectare. « Les riziculteurs utilisent deux systèmes, celui d’avant et une innovation qui est la riziculture intensive. En termes de revenus, le nouveau système apporte plus de rendement que le premier », a expliqué le ministre de l’Agriculture. Daniel Siméon Kelema a demandé à l’encadrement de s’y mettre pour la vulgarisation de cette nouvelle méthode auprès des producteurs. Par ailleurs, il a souligné la complémentarité entre les engrais organiques et minéraux. « Les engrais organiques sont bien pour la fertilisation du sol, mais les deux se complètent et nous veillons à ce que le travail soit correctement fait. L’Institut d’économie rurale (IER) est là pour voir les termes de dosage », a-t-il ajouté. Cette visite dans la filiale Centre a permis de constater l’état des cultures, notamment du coton, selon Mamadou Moustapha Diarra. Il s’est réjoui du fait que les producteurs appliquent correctement les recommandations techniques, telles que la gestion des ravageurs et l’utilisation du compost. « La surveillance attentive des champs de coton et l’application des traitements phytosanitaires dans les délais sont nécessaires pour assurer une récolte de qualité », a insisté le PDG de la CMDT. FMS/MD (AMAP)
Environnement des affaires et financement des PME : Le Patronat malien consulte autour de ses solutions
Bamako, 27 sept (AMAP) Le Conseil national du patronat du Mali (CNPM) a rencontré, mercredi, les Partenaires techniques et financiers (PTF) et des chancelleries présents au Mali pour recueillir leurs avis et suggestions dans le cadre de l’élaboration de son plan d’actions pour la mandature 2022-2027. Les échanges dirigés, par le président du CNPM, Mossadeck Bally, avaient également, pour objectif de renforcer et de rationaliser l’écosystème des affaires et de contribuer à faire des micro, petites et moyennes entreprises (MPME) des leaders dans leurs secteurs d’activité au Mali et dans la sous-région. Le bureau du CNPM qui, depuis son installation, a entamé ce travail, a constitué cinq groupes de travail chargés de faire un diagnostic et de proposer des solutions dans des domaines économiques spécifiques. Il s’agit de l’énergie, des infrastructures, des ressources humaines, du financement et de la fiscalité. Au terme des travaux, une restitution des conclusions a été initiée à l’endroit des différents départements ministériels, des chefs d’entreprises ainsi qu’au président de la Transition. C’est à l’issue de ces étapes que le CNPM a jugé nécessaire et pertinent de faire le même exercice à l’endroit des PTF. Parallèlement, le Patronat, conformément à sa vision stratégique de faire du secteur privé le moteur d’un développement socio-économique puissant et durable, a élaboré le Projet pour l’innovation et l’accélération de la transformation des entreprises au Mali (PIATE). Selon son président, ce Projet est un élément important de la démarche du Patronat et un modèle de partenariat qu’il espère multiplier et pérenniser. « En cela, a-t-il poursuivi, les PTF peuvent s’appuyer sur le CNPM, comme partenaire crédible dans le déploiement de leurs politiques de développement au Mali, notamment en ce qui concerne l’amélioration du climat des affaires et le développement des investissements productifs. » Mossadeck Bally a invité les participants à réfléchir à des alternatives de déploiement de leurs actions pour cette fin. «Ensemble, nous pouvons créer un environnement propice à l’investissement, l’innovation et la création d’emplois, tout en renforçant la compétitivité nationale», a-t-il déclaré. CINQ AXES STRATÉGIQUES– Présentant le PIATE, Dr Abdoulaye Touré, enseignant-chercheur, a indiqué que cette innovation s’inscrit en droite ligne de la nouvelle vision du CNPM et son plan d’action 2022-2027. Il est articulé autour de cinq axes stratégiques, à savoir la mise en place d’un Centre de formation d’appui aux écoles privées pouvant donner un appui complet aux PME, la restructuration des PME dans les chaînes de valeurs, l’amélioration de l’accès au financement et la promotion des produits Made in Mali. « Pour ce faire, a-t-il renchéri, le Projet ambitionne de s’attaquer aux différents goulots d’étranglement comme le faible accès au financement et la problématique de l’organisation professionnelle des acteurs privés. » Parlant des attentes, Dr Touré a dit que cette rencontre vise à mobiliser un financement nécessaire auprès des PTF pour le lancement du PIATE. À moyen terme, le CNPM souhaite mobiliser les financements et démarrer rapidement les activités. L’Economiste pays principal de la Banque africaine de développement (BAD) au Mali, Sie Tioye Antoine, a expliqué que la BAD « dispose de deux volets qui concernent le financement formel et les financements de plus en plus innovants pour accompagner les petites entreprises dans le cadre de la microfinance ». FC/MD (AMAP)
Douanes : De nouveaux locaux pour le bureau secondaire des douanes de Kourémalé
Envoyé spécial Amadou GUÉGUÉRÉ Bamako, 26 sept (AMAP) Le nouveau bureau secondaire des douanes de Kourémalé, dans la Région de Koulikoro, dispose de nouveaux locaux inaugurés vendredi dernier par le ministre de l’Économie et des Finances. Le nouveau bâtiment a été construit à Nougani, village situé à huit kilomètres de Kourémalé, à la frontière avec la République de Guinée. Il comprend un immeuble R+1 équipé de toutes les commodités nécessaires et un logement d’astreinte pour le chef de bureau. Le tout entouré d’une clôture. D’autres projets similaires ont vu le jour dans différentes régions du Mali. À Gogui, dans la Région de Nioro, à la frontière avec la Mauritanie, un immeuble R+1 avec des commodités similaires a été construit pour abriter le bureau secondaire, auparavant installé dans des conteneurs. Dans la même Région, à Diéma (Ouest), les locaux de la Brigade mobile d’intervention ont également été modernisés, remplaçant les anciens conteneurs par un bâtiment digne de ce nom. De plus, une aire de dédouanement pour les poids lourds a été aménagée à Mahinamine, dans la Région de Kayes (Ouest). Le secrétaire général de la section syndicale des douanes du Mali, Yacouba Katilé, a adressé ses remerciements au ministre chargé de l’Économie pour l’écoute attentive et la diligence avec lesquelles son département œuvre en faveur de l’amélioration des conditions de travail des douaniers maliens. Il a assuré que les nouveaux locaux récemment inaugurés seront utilisés de manière optimale pour renforcer la performance des services douaniers et atteindre les objectifs fixés. Cependant, Yacouba Katilé a demandé un renforcement en véhicules pick-up tout-terrain pour permettre aux équipes de continuer à réaliser des performances exceptionnelles et de consolider les acquis. Pour le directeur général des douanes, l’inspecteur général Amadou Konaté, ce travail remarquable ne sera véritablement achevé que lorsque le site scanner prévu à Kourémalé sera opérationnel et que l’aire de dédouanement sera aménagée. À Gogui, l’inspecteur général Amadou Konaté a déclaré que la construction du nouveau bâtiment offre aux personnels douaniers un cadre de travail adapté et contribue à soigner l’image du pays à la frontière avec la Mauritanie. Concernant Diéma, il a souligné que malgré l’insécurité, cette ville constitue un carrefour important sur les axes Dakar-Bamako et Nouakchott-Bamako. Selon lui, la Brigade mobile qui a été construite, occupe une place stratégique dans le contrôle des marchandises et la lutte contre la fraude et la criminalité transfrontalière. Et s’agissant de Mahinamine, le directeur général des douanes a indiqué que l’aire de dédouanement met fin au calvaire des transporteurs et des agents des douanes. « Toutefois, a-t-il confié, la clôture de l’espace aménagé est attendue pour éviter la dégradation de l’ouvrage, du fait des facteurs d’érosion. » La cérémonie s’est déroulée en présence du gouverneur de la Région de Koulikoro, le colonel Lamine Kapory Sanogo, ainsi que d’autres personnalités civiles et militaires. Malgré les contraintes budgétaires que le Mali rencontre depuis 2020, l’État continue de soutenir les douanes en renforçant leurs capacités à travers des formations, l’appui à la mise en œuvre de réformes et des infrastructures adaptées. C’est dans ce cadre que s’inscrit l’inauguration d’une série d’infrastructures financées par le budget de l’État, au profit du service des douanes. Après la coupure du ruban symbolique et la visite des locaux, le ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou, a rappelé que le Mali se trouve dans une situation « où nous comptons sur nos ressources et sur nos valeurs internes. » « La douane est l’un des éléments importants qui contribuent à ce que le Mali puisse respecter tous ses engagements internationaux, financer son développement et suivre la voie qu’il a tracée »,a-t-il dit. AG/MD (AMAP)
Digitalisation de la douane : Des scanners de pointe installés
Envoyé spécial Amadou GUÉGUÉRÉ Bamako, 26 sept (AMAP) La direction générale des douanes maliennes a acquis et installé trois nouveaux scanners fixes pour un coût de 18 milliards de Fcfa (soit 6 milliards l’unité) à Diboli, Mahinamine (Région de Kayes, dans l’Ouest) et Sikasso (Sud). Ces équipements, dans le cadre de l’extension et la modernisation de son système de scanning, ont été inaugurés, jeudi dernier, dans la cour de la direction régionale des douanes de Sikasso (Sud), par le ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou. Ces nouvelles acquisitions sont le fruit d’un partenariat stratégique entre le Mali et des entreprises chinoises et russes. La partie chinoise a fourni les équipements tandis que la maintenance des installations sera assurée par le partenaire russe. Le scanner de type Portal présente une capacité d’inspection de 150 camions par heure, soit sept fois plus que les scanners mobiles actuellement en service dans notre pays. Il possède une qualité d’image radioscopique de très haute performance, la plus élevée du marché (+30% par rapport aux scanners existants). Cet équipement est également doté d’une lecture automatique des plaques minéralogiques, des numéros de conteneurs et du dessous des camions. Il offre une plus grande facilité et sécurité d’emploi, tout en étant extrêmement robuste face aux environnements hostiles (poussière, chaleur, humidité, vent, etc.) De plus, ce scanner est conforme aux normes internationales de radioprotection et répond aux recommandations de l’Organisation mondiale des douanes. Le nouveau dispositif a pour mission d’assurer la vérification documentaire préalable à l’importation, avant l’arrivée des marchandises sur notre territoire, suivie d’une analyse de risques. À leur arrivée aux frontières, les camions feront l’objet d’une vérification non intrusive grâce au scanning de leur contenu. Le porte-parole des partenaires, Li Xin, a souligné que le scanner est de dernière génération et le plus avancé. «Il nous a fallu près d’un an pour achever l’installation, la mise en service et la réception des trois scanners sur les trois sites bénéficiaires. Ils sont désormais prêts à être exploités», a-t-il déclaré. Il a également assuré que son équipe continuera à assister la douane malienne sur chaque site, afin de garantir le bon fonctionnement des scanners. Le directeur général des douanes a rappelé que pour mettre fin à plus de 30 ans de Programme de vérification des importations (PVI) confié à des sociétés privées étrangères, le Mali a résilié, en décembre 2017, le contrat du PVI avant embarquement, en vigueur depuis 1989. Ce programme a été remplacé par un nouveau concept baptisé Programme moderne de contrôle des importations (PMCI). Optant pour une transition progressive, une période transitoire de cinq ans a été instaurée dans le cadre du PMCI. Ainsi, le 3 janvier 2018, l’État a signé un contrat en mode BOT (Build-Operate-Transfer), c’est-à-dire transfert de compétences, pour la création d’un Centre d’expertise technique (CET), destiné à former les agents des douanes à la maîtrise des fonctions de classement tarifaire et d’évaluation douanière. Cependant, l’inspecteur général Amadou Konaté a reconnu qu’à la fin du contrat, et en dépit de sa prolongation jusqu’au 31 décembre 2023, tous les engagements n’ont pas été respectés. En outre, il a également annoncé que d’ici fin 2025, la direction des douanes prévoit de déployer un dispositif similaire à Kouremalé (corridor guinéen), Kadiana (corridor ivoirien) et Bénéna (corridor burkinabè). De plus, un poste d’inspection centralisé sera créé à Bamako pour améliorer l’efficacité de l’analyse des images radioscopiques capturées sur les points de frontière. Un centre de formation dédié aux métiers de l’inspection non intrusive sera également mis en place au sein de la Direction générale des douanes, afin de maintenir l’expertise en la matière en toute autonomie. Après la coupure du ruban symbolique et la remise des clés de six véhicules 4×4 au responsable du Centre d’expertise technique (CET), le ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou, a déclaré à la presse que «ce Centre d’expertise contribuera énormément à la digitalisation des activités des douanes». Il a révélé que depuis 2020, les recettes douanières augmentent, régulièrement, de 10% chaque année, avec une progression record de 13% l’année dernière. Et d’ajouter qu’auparavant, le scanning était confié à une société privée, ce qui coûtait 15 milliards de Fcfa au budget de l’État. AG/MD (AMAP)
Ségou : Sékou Berthé, la passion de la cuisine
Par Moussokoro COULIBALY Ségou, 17 sept (AMAP) Diplômé de la Faculté d’agronomie et de médecine animale (FAMA) à l’Université de Ségou, Sékou Berthé a pu se frayer un chemin dans le domaine de la gastronomie. Dans son restaurant situé au quartier Sébougou, à proximité de l’Université de Ségou et du fleuve Niger, Berthé se dédie entièrement à sa passion pour la cuisine. Pourtant, rien ne prédestinait ce natif de la Cité du Kénédougou (Sikasso) à tenir les fourneaux. Le jeune Sékou s’est résolu à se lancer dans l’entreprenariat, en ouvrant son restaurant en 2019 depuis la fin de ses études universitaires. Il propose à la clientèle une gamme variée de mets locaux. Du riz au gras, du djouka, du widjila, de l’attiéké, autant de saveurs qui captivent les papilles et réchauffent le cœur. Notre interlocuteur intervient, également, dans la préparation des repas lors des cérémonies de mariage à Ségou et travaille, aujourd’hui, avec une équipe de de quatre femmes et un homme. En plus des étudiants, plusieurs couches sociales fréquentent son restaurant, notamment des fonctionnaires, des voyageurs, etc. Sékou propose chaque jour à la clientèle un menu varié. Les prix des repas commencent à partir de 250 Fcfa. «Lorsque j’étais enfant, pendant que ma mère était au travail, je restais à la maison et je préparais le dîner de mon père. C’est ainsi que j’ai appris les bases de la cuisine», nous a-t-il confié, nous relatant ses premiers pas dans la cuisine. Par la suite, le jeune Sékou a affiné ses compétences culinaires, en se formant auprès de Maïmouna Coulibaly, restauratrice à Ségou. Selon lui, deux raisons principales l’ont motivé à choisir le métier. Premièrement, il a observé que lui et les étudiants du campus universitaire de Ségou avaient des difficultés à se nourrir correctement. Deuxièmement, il voyait dans cette profession une opportunité de sortir du chômage. S’exprimant sur les difficultés rencontrées, Sékou Berthé, le cuisiner, a révélé que certains étudiants ne règlent pas leurs factures et accumulent des impayés. « Paradoxalement, ils continuent à acheter de la nourriture ailleurs », a-t-il déploré. Comme avantages, il estime que ce métier lui permet de subvenir à ses besoins Sékou Berthé exhorte la jeunesse à persévérer dans l’effort en exerçant des petits métiers. Dès son jeune âge, il a été plongé dans l’univers du commerce. « À Sikasso, je me rendais au marché avec ma tante pour y vendre des épices et des vêtements. J’ai ainsi développé une passion pour le commerce et la cuisine », a-t-il témoigné. Au quotidien, Sékou Berthé ajoute une pincée de passion à chacun de ses plats et son restaurant ne désemplit pas. De nombreux clients apprécient les plats délicieux proposés et l’ambiance chaleureuse qui règne dans son établissement. C’est le cas de Kadiatou Dembélé. « Je viens ici deux fois par semaine pour acheter du riz au gras. J’apprécie particulièrement la qualité de la nourriture. Sékou Berthé mérite des encouragements », a-t-elle indiqué. Quant à Gaoussou Berthé, un autre client régulier, il se dit satisfait de la nourriture préparée, avant d’apprécier les conditions hygiéniques ainsi que la qualité des repas servis. MC/ADS/MD (AMAP)
UEMOA : Le Président de la commission souligne le rôle crucial de la presse dans la vie économique et sociale des pays
Aminata Dindi Sissoko Envoyée spéciale Ouagadougou, 17 sept (AMAP) Après cinq jours d’échanges enrichissants les travaux de l’atelier de sensibilisation des journalistes sur les chantiers de l’Union ont pris fin, vendredi dernier, à Ouagadougou, au Burkina Faso. La cérémonie de clôture de la rencontre était présidée par le Directeur de la Communication de la Commission de l’UEMOA, Arzouma Yendu-Bé Babakan, en présence du coordonnateur de la Plateforme Medias UEMOA, Léonard Dossou, du Chef de la division de la communication internes et des relations publiques, Mora Dandagui Sero, et de la quarantaine de journalistes venus des pays membres de l’UEMOA. Au cours de cette session, les journalistes ont été suffisamment formés sur divers thématiques. Entre autres, UEMOA, 30 ans : une expérience d’intégration résiliente face aux chocs exogènes » ; les enjeux et défis de la cybersécurité dans l’espace UEMOA ; l’Opérationnalisation du mécanisme de promotion des entreprises et industries culturelles et créatives; la libre circulation et droit d’établissement dans l’espace UEMOA. Dans son intervention de clôture, le Directeur de la Communication de la Commission de l’UEMOA a réitéré ses remerciements à la plateforme Médias UEMOA pour son accompagnement sans faille. « Nous avons commencé un chantier nous le poursuivrons. Notre souhait est que ce chantier aille en s’améliorant davantage. Au vu de ce que nous avons partagé au cours de cette session nous n’avons aucun doute » a-t-il-dit. Tout en réaffirmant leur volonté à poursuivre la collaboration avec la Plateforme Médias UEMOA. En marge des travaux de l’atelier les hommes des médias ont été reçus en audience par le Président de la commission de l’UEMOA, Abdoulaye Diop, le jeudi dernier au siège de l’Institution. A la tête de la quarantaine de journalistes, Léonard Dossou a, au nom du bureau de la Plateforme Médias UEMOA, salué la qualité de la collaboration entre la Commission et les médias « L’histoire aura retenu que c’est sous votre mandature que la presse des pays membre de l’espace UEMOA ont eu la meilleure collaboration avec la commission de l’UEMOA » a-t-il-dit. Avant d’exprimer au Président Diop toute la gratitude des membres de la Plateforme pour sa contribution au rayonnement des médias malgré les défis de l’heure. Depuis 2011 la Plateforme fonctionne à merveille et a finalisé sa phase d’enregistrement. Elle entend dynamiser les comités nationaux afin de contribuer à la réussite des initiatives de l’Union a, par ailleurs, fait savoir Léonard Dossou. Il a informé Monsieur Diop de la volonté de la Plateforme d’organiser l’année prochaine un colloque sous régional sur la problématique de la contribution des médias au développement économique et social de l’espace communautaire. Et de solliciter son accord pour que cet évènement soit placé sous son haut parrainage. Abdoulaye Diop a d’emblée accepté cette sollicitation en assurant d’un accompagnement sur le plan technique, scientifique et financier au regard du thème très important et central de la future rencontre. Par ailleurs, le Président en exercice à la Commission de l’UEMOA a souligné le rôle crucial de la presse dans la vie économique et sociale des pays, des institutions et organes. Qualifiant les médias d’outil d’aide à la décision, il a salué les journalistes pour leur accompagnement dans le cadre de la vulgarisation des activités de la Commission dans le processus d’intégration sous-régionale. « Nous avons connu des avancées importantes dans beaucoup de domaines et c’est grâce aux journalistes, au travail des médias que ces résultats ont pu être partagées avec la communauté économique et financière et les populations » a-t-il-dit. L’UEMOA célèbre cette année le trentième anniversaire de sa création sous le thème « 30 ans, une expérience d’intégration résiliente face aux chocs exogènes ». Justifiant le choix de ce thème, Abdoulaye Diop a expliqué que le monde a connu des chocs très importants ces dernières années. « Ces chocs de natures différentes ont impacté la marche du monde, la marche de l’Union. Si nous caractérisons ces chocs sur dix ans et même un peu plus cela permet de dire que le monde de facon générale pour les années à venir aura à vivre d’autres types de chocs. L’analyse que nous avons faite nous a permis de démontrer que nous avons su être résilients. Cet atout de notre union doit être capitalisé pour faire face aux chocs à venir et en même temps asseoir des politiques qui permettent d’aller plus loin dans le développement économique » a-t-il-préconisé. Précisant que ce travail se poursuit au niveau des bureaux de représentations de l’UEMOA. Il a remercié les médias pour leur appui dans le cadre de la célébration du 30ème anniversaire dans les états respectifs. Abdoulaye Diop a aussi renouvelé l’engagement de la commission à poursuivre la formation des journalistes malgré les contraintes de l’heure et réitérer leur disponibilité à poursuivre le partenariat afin de relever les différents défis. ADS/MD (AMAP)
Campagne agricole au Mali : Une situation globale en dents de scie
Par Makan SISSOKO Bamako, 13 sept (AMAP) La campagne agricole bat son plein sur l’ensemble du territoire malien. La bonne santé des cultures est indispensable dans l’atteinte des objectifs de production agricole. Au regard de l’importance du secteur agricole pour l’économie nationale, les services techniques d’encadrement de l’agriculture et de la protection des végétaux sont à pied d’œuvre aux côtés des producteurs pour limiter les dégâts des inondations et des nuisibles. À ce stade, la situation phytosanitaire de la campagne est jugée relativement calme dans l’ensemble, dans les différents bassins de production et l’état végétatif des cultures est satisfaisant. Malgré ces appréciations des techniciens de l’agriculture, les producteurs gardent toujours en souvenir les attaques des parasites lors de la campagne précédente. L’on se rappelle que ce contre coup a affecté la production végétale. L’inquiétude des paysans est montée d’un cran face à la réapparition de ces ravageurs malgré la disponibilité des produits dont la qualité est diversement appréciée. Noumou Keïta, un producteur de la zone de Kita (Ouest), cultive notamment du riz, du maïs, du mil, du sorgho, du coton, de l’arachide et de la patate douce sur environ 102 hectares de champs dans les différentes agglomérations de sa zone. Contacté par téléphone, il explique que la campagne se déroule normalement dans sa localité malgré quelques infestations sur les cultures et des cas d’inondations sur les cultures de maïs, de coton et d’arachide qui vont certainement affecter les rendements. Ces cultures de choix de la zone supportent difficilement l’humidité contrairement au sorgho et au riz. Aussi, après plusieurs traitements, le producteur n’arrive toujours pas à se défaire des nuisibles. « Cette année, les produits qui sont mis à notre disposition ne sont pas aussi efficaces pour lutter contre les ravageurs. Après plusieurs traitements, les parasites sont toujours présents sur le cotonnier et sur d’autres cultures maraîchères », explique Noumou Keïta. Les nuisibles ont globalement causé des dégâts sur ses exploitations d’environ 16 hectares. Cette situation donne des soucis au producteur qui commence déjà à se préoccuper pour sa production qui pourrait chuter cette année. Hormis ces difficultés, il juge qu’à ce stade, l’état végétatif des cultures s’est beaucoup amélioré contrairement à l’année précédente. Par ailleurs, Noumou Keïta regrette de ne pas avoir accès aux produits utilisés l’année dernière contre les jassides. Il réclame ces produits qui ont permis, selon lui, de sauver sa production lors de la campagne dernière. Face à cette situation, il exprime son souci sur sa capacité à pouvoir rembourser les dettes contractées qui lui ont permis de s’assurer les services de main-d’œuvre et d’acquérir des intrants agricoles pour cette campagne. DIFFICULTÉS IDENTIQUES – Selon nos informations, ces pesticides qui ont produit un effet foudroyant sur les jassides, ont été conseillés par le programme coton dans l’ensemble des pays producteurs de la plante de l’Afrique. Toutefois, des préoccupations d’ordre environnemental et sanitaire ont été posées. Raison pour laquelle, l’utilisation de ces produits a été interdite au Mali, en attendant la finalisation de son processus d’homologation en cours pour confirmer leur efficacité et leur non toxicité pour l’environnement et pour les personnes. Modibo Camara est le président de la Fédération des producteurs de coton de la Région de Kita. Il possède 20 hectares de coton sur une exploitation globale de 60 hectares et espère un bon rendement cette année. Mais, la présence des nuisibles et l’inondation des cultures suite à l’abondance des pluies sont aussi des difficultés qui affectent ses cultures. La zone est également confrontée à la mise à disposition à temps des intrants agricoles. « À cette étape de la campagne, le cotonnier est très sensible aux attaques des parasites. Les insectes piqueurs sucent la sève des plantes provoquant l’arrêt de leur croissance. Cela peut réduire considérablement la qualité de la production », dit le producteur dont le désarroi est palpable. « L’efficacité des produits phytosanitaires diffère selon les zones agro-écologiques », croit savoir le président des producteurs de coton de Kita. Contrairement à Noumou Kéita, il affirme que les produits disponibles pour cette campagne se montrent efficaces dans le traitement de ses champs. Il espère de ce fait rattraper les pertes enregistrées l’année dernière, à cause des attaques des jassides. Il souhaite que la recherche agricole trouvera une alternative de traitement plus efficaces dans la lutte contre les ravageurs afin de tirer le maximum de profits des productions. Ces mêmes difficultés sont vécues par les producteurs de la Région de Koutiala (Sud). Dans ces localités visitées le mois dernier, les producteurs étaient confrontés, entre autres, aux problèmes de qualité des engrais, à l’inondation des cultures ainsi que l’apparition des jassides sur le cotonnier. Au rythme où se déroule la campagne agricole avec des orages abondants sur l’ensemble du pays, il n’est plus étonnant que toutes les zones de culture connaissent les mêmes inquiétudes quant aux prochaines récoltes au regard des cas d’inondations, d’attaques de nuisibles et d’insuffisance d’engrais minéraux. BIOPESTICIDES CONSEILLÉS – Interrogé sur la question, le directeur général de l’Office de protection des végétaux (OPV) explique que, de façon globale, la situation phytosanitaire de la campagne est relativement calme dans l’ensemble. Toutefois, Halidou Mohomodou rassure qu’à ce stade, les jassides sur le cotonnier et les nuisibles sur les cultures céréalières et maraîchères sont maîtrisés avec les différents programmes de traitement en cours. Par ailleurs, il indique que la chenille légionnaire d’automne est la principale préoccupation qui cause énormément de pertes avec des attaques sur le maïs. Fort heureusement, à ce jour, le pays ne connaît pas de nuisibles susceptibles de causer des pertes significatives sur la production agricole, rassure le directeur général de l’OPV. «Malgré les attaques en dents de scie, il faut souligner que le niveau de la pluviométrie joue beaucoup sur le développement des ravageurs. Là où il y a eu des infestations, des traitements ont été conseillés aux producteurs », affirme-t-il. « Il leur a été demandé de faire remonter toutes les informations relatives aux infestations aux services de la protection des végétaux et aux services régionaux et locaux de l’agriculture», ajoute-t-il.
Filiale sud de la CMDT : Une campagne agricole sous pression, mais pleine d’espoir
Envoyé spécial Amadou GUÉGUÉRÉ Sikasso, 10 sept (AMAP) Le ministre de l’Agriculture, Daniel Siméon Kelema, a sillonné, du 6 au 8 septembre dernier, la filiale sud (Sikasso et Bougouni) de la Compagnie malienne pour le développement des textiles (CMDT). Une tournée qui lui a permis d’être en contact avec les exploitants agricoles et d’apprécier, à travers des visites de champs, l’état végétatif des cultures. Il a aussi rencontré, samedi dernier, dans un hôtel de Sikasso, les cadres de la CMDT, les services techniques en charge des productions agricoles, ainsi que les représentants de la profession agricole. Lors de cette rencontre, les participants ont évoqué, entre autres, les difficultés liées à l’accès aux ressources financières, l’insuffisance d’engrais, notamment pour les céréales, le problème d’approvisionnement en eau pour les activités de contre-saison. Ils ont également souligné le manque d’équipements, parfois non adaptés et l’absence de collaboration entre les différents acteurs. La campagne agricole 2024-2025 de la filiale sud de la CMDT a démarré dans un contexte difficile en raison des conditions pluviométriques. L’administrateur général de la filiale sud de la CMDT, Mamari Berthé, a expliqué que cette situation a perturbé les semis, notamment dans la division de Bougouni. Au 30 juin, 263.029 hectares avaient été cultivés, soit 82,97% des prévisions. Et grâce à la mobilisation des producteurs et à l’encadrement fourni, les objectifs ont presque été atteints avec 307.475 hectares de coton (97%), 295.973 hectares de maïs (105%), 76.737 hectares de mil (106%) et 109.015 hectares de sorgho (84%). Malgré ces progrès, l’approvisionnement en intrants agricoles a également été affecté par des livraisons tardives. La filiale a reçu 95% des besoins en complexe coton, 99,99% pour le complexe céréale, et 102% pour l’urée, bien qu’une grande partie soit arrivée après les délais requis. Le traitement insecticide a couvert 45% des surfaces de coton, traitées quatre fois, tandis que 9% ont bénéficié de cinq traitements. Cependant, deux facteurs pourraient compromettre la campagne. Le premier est lié aux pluies excessives enregistrées depuis le 10 août, dépassant souvent 120 mm par jour, provoquant des inondations dans les champs. À la fin du mois d’août, 4.789 hectares de coton, 1.125 hectares de maïs, 262 hectares de mil et 323 hectares de sorgho étaient inondés. Le second facteur est l’apparition d’un pic de jassides, particulièrement dans les zones de Kignan, Nièna et Sikasso, contre lequel des mesures sont déployées. Malgré ces défis, Mamari Berthé reste optimiste et espère une production de 293.500 tonnes de coton graine, contre 248.360 tonnes l’année dernière et une auto-suffisance alimentaire avec un excédent estimé à 433.151 tonnes. Le ministre de l’Agriculture s’est montré optimiste face aux préoccupations soulevées par les producteurs agricoles, tout en reconnaissant que tout ne peut être résolu à 100%. Daniel Siméon Kelema a souligné que la mise en œuvre d’une campagne agricole comporte toujours des hauts et des bas, et qu’il est essentiel d’en tirer des leçons. Il a également appelé à la solidarité nationale envers les victimes des récentes inondations. En outre, le chef du département en charge de l’Agriculture a mis en garde les producteurs contre les conditions météorologiques exceptionnelles cette année. Contrairement aux années précédentes, où les pluies s’estompaient fin septembre, des pluies intenses sont prévues jusqu’en novembre, avec des périodes de sécheresse, variant selon les zones agroécologiques. Il a exhorté les producteurs à rester vigilants. Daniel Siméon Kelema a insisté sur la nécessité d’organiser les filières agricoles, de la production à la commercialisation. Il a suggéré que chaque maillon de la chaîne soit structuré, comme cela est fait pour le coton, afin d’attirer davantage d’investisseurs dans le secteur. Le président directeur général de la CMDT a insisté sur l’importance de suivre rigoureusement les calendriers de traitement et d’utiliser des produits adaptés pour garantir une bonne récolte de coton. Mamadou Moustapha Diarra a exprimé que si ces pratiques sont respectées, la récolte de coton sera satisfaisante. Il a aussi souligné l’importance de la diversification des cultures, notamment pour assurer la sécurité alimentaire. À ce propos, il a rappelé que sa structure soutient partiellement l’approvisionnement en intrants pour la culture du maïs. Le patron de la CMDT est revenu sur l’importance de récolter le coton à temps pour éviter que les pluies dégradent sa qualité, car un coton de première qualité est mieux payé qu’un coton déclassé. Le président de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture du Mali (APCAM), Sanoussi Bouya Sylla, et le président de la Confédération des sociétés coopératives des producteurs de Coton (C-SCPC), Yacouba Traoré ont participé à cette mission. AG/MD (AMAP)

