Réunion du Comité technique mixte du Projet d’aménagement routier et de facilitation du transport sur le corridor Bamako-Zantiebougou-Boundiali-San Pedro
Bamako, 06 mai (AMAP) La capitale malienne abrite depuis mardi matin la première réunion de l’année 2025 du Comité technique mixte (CTM) du Projet d’aménagement routier et de facilitation du transport sur le corridor Bamako-Zantiebougou-Boundiali-San Pedro, indique communiqué de la Cellule de communication du Ministère des Transports et des infrastructures (MTI). La rencontre de Bamako s’inscrit dans le cadre du suivi-évaluation de l’état de mise en œuvre de ce projet routier structurant, qui constitue une réponse aux besoins de mobilité croissant des populations dans la zone du projet. Les travaux, qui s’étalent sur 4 jours, porteront sur plusieurs l’évaluation de la mise en œuvre des recommandations de la réunion du CTM tenue à Korhogo du 29 mai au 03 juin 2023 ; l’évaluation des travaux routiers et des travaux connexes au Mali et en Côte d’Ivoire ; les modalités et le calendrier de mise en œuvre des activités restantes de la composante facilitation de transport et travaux connexes au Mali et en Côte d’Ivoire. La cérémonie d’ouverture des travaux était présidée par le Secrétaire général du MTI, en présence du Représentant résident de la Commission de l’Union économique et monétaire oueat-africaine (UEMOA) au Mali. Dans son propos d’ouverture solennelle des travaux, Mama Djenepo, Secrétaire général du ministère des Transports et des Infrastructures, a d’abord rappelé que « le processus de réalisation du projet routier a connu des difficultés d’ordre technique et sanitaire, qui explique que le taux d’exécution global est limité à 80 % pendant que la clôture du projet est prévue pour le 31 décembre 2025. » Djenepo ajoute qu’à ce jour, les travaux routiers, qui constituent l’activité principale du projet, sont terminés pour les deux pays. « Ces routes nouvellement construites font l’objet déjà de dégradations précoces essentiellement dues à la densité du trafic dominé par les véhicules gros porteurs surchargés dotés de gabarits hors normes », a-t-il souligné Il a réitéré l’interpellation adressée à l’ensemble des acteurs du secteur des Transports pour le respect des normes et des textes communautaires et nationaux qui participent de la préservation de nos réseaux routiers et de la sécurité routière. Sur ce point, il faut signaler que, depuis le 1er avril 2025, le Mali met en œuvre la mesure d’interdiction de circulation des véhicules hors normes et hors gabarit sur le réseau routier national. OS/MD (AMAP)
Bamako accueille la 10e session de la Conférence des Ordres des Architectes de l’UEMOA*
Bamako, 6 mai (AMAP) La capitale malienne, Bamako, abrite, du 6 au 8 mai 2025, la 10e session ordinaire de la Conférence des ordres des architectes de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (COA-UEMOA), organisée par la Commission de l’UEMOA, en collaboration avec l’Ordre des architectes du Mali et le ministère malien en charge de l’Urbanisme, a constaté l’AMAP. « La COA-UEMOA constitue un cadre précieux de dialogue, de concertation et de coordination entre les Ordres des architectes de notre espace communautaire », a déclaré Amadou Maïga, secrétaire général du ministère de l’Urbanisme. Il a salué l’engagement de l’UEMOA dans la dynamisation des professions libérales et souligné l’importance de la libre circulation des architectes, un objectif clé de cette conférence. « Assurer la mobilité des architectes, c’est mutualiser les compétences et enrichir les pratiques », a-t-il ajouté. Le représentant-résident de la Commission de l’UEMOA, Roberto Alexandre Vieira, a mis en avant les progrès réalisés depuis la création de la Conférence en 2015. « Des résultats importants ont été obtenus, comme la mise en place de commissions techniques actives, la mobilisation pour la sauvegarde des intérêts de la profession ou encore la transposition avancée de la Directive N°01/2013/CM/UEMOA dans plusieurs pays comme le Mali et le Burkina Faso », a-t-il affirmé. Cette session permettra d’évaluer l’état de transposition de la Directive de 2013 qui vise à harmoniser les règles de la profession d’architecte dans l’UEMOA. Les participants examineront, également, la valise pédagogique pour la formation en architecture, un outil destiné à uniformiser les standards éducatifs. « Cet outil est un pas décisif vers une professionnalisation harmonisée », a insisté M. Maïga, soulignant l’urgence de répondre aux défis climatiques par des constructions durables et adaptées. Abdramane Filifing Sidibé, le président de la COA-UEMOA, a appelé à une architecture respectueuse des identités et des patrimoines. « Cette session est une opportunité de renforcer l’intégration de nos peuples à travers la culture bâtie et l’aménagement harmonieux de nos territoires », a-t-il déclaré, souhaitant des travaux « riches et porteurs d’initiatives concrètes ». Les architectes sont en première ligne pour répondre aux enjeux du changement climatique, des inondations urbaines et de l’habitat social. « L’architecture doit conjuguer innovation et sobriété, mémoire et modernité », a plaidé M. Maïga, appelant à revisiter les matériaux locaux et à intégrer les énergies renouvelables. Vieira a, quant à lui, salué le dynamisme de la Conférence, citant des initiatives comme le colloque sur l’architecture ouest-africaine et la participation aux salons internationaux. La session se penchera, aussi, sur le bilan du bureau sortant et adoptera le programme du nouveau bureau. Le gouvernement malien, par la voix de M. Maïga, s’est engagé à accompagner les initiatives issues de cette rencontre pour promouvoir une architecture de qualité au service des populations. OS/MD (AMAP)
Production agricole : Des acteurs dégagent des pistes de promotion de la riziculture intensive
Bamako, 05 mai (AMAP) Le Forum régional sur la transformation vers des systèmes agricoles durables, de partage d’expériences de mise à échelle, de financement et institutionnalisation du Système de riziculture intensif (SRI) en Afrique de l’Ouest se tient à Bamako depuis lundi. Organisé par le ministère de l’Agriculture à travers l’Institut d’économie rural (IER), ce forum de trois jours, qui regroupe des participants venus de 13 pays ouest-africains, vise à créer un cadre d’échanges entre les acteurs des chaînes de valeur riz. Il donne l’occasion aux participants de partager les expériences et de dégager des pistes communes pour la promotion et le développement du SRI dans notre sous-région. En Afrique de l’Ouest, le riz constitue une denrée de base et occupe une place prépondérante dans la sécurité alimentaire et nutritionnelle de nos populations. Selon le chef du gouvernement malien, le général de division Abdoulaye Maïga, qui a présidé la cérémonie d’ouverture, chaque année, 20 millions de tonnes de riz sont consommées au Mali avec une moyenne de 45 à 55 kilogrammes par habitant. Toutefois, la demande en riz est en perpétuelle progression à cause de la croissance démographique et de l’accroissement de la consommation qui dépasse désormais la production. « Cette demande croissante entraîne une augmentation constante des importations de riz. Il s’agit là d’une situation qui pèse lourdement sur les budgets publics et expose les pays africains à la volatilité du prix mondial d’achat du riz », a dit le Premier ministre, le général de Division Abdoulaye Maïga. Il a fait noter qu’en plus des variabilités climatiques, la production de riz est assurée en grande partie par de petits exploitants agricoles dont les moyens de subsistance et les revenus demeurent très limités. En réponse à ces défis, le Premier ministre a rappelé qu’en 2013, une initiative régionale dénommée « Offensive Riz » a été lancée dans le but d’atteindre l’autosuffisance en riz à l’horizon 2025, en utilisant une approche de production résiliente au climat. « Les objectifs de cette initiative n’ont pas été atteints. C’est pourquoi, il est nécessaire de proposer des actions à court et moyen termes pour soutenir les producteurs vulnérables », a dit Abdoulaye Maïga. Avant de souligner que le secteur agricole a besoin d’un appui technique et surtout financier, à travers une véritable stratégie de relance axée sur l’intensification de la production agricole et la création d’un marché plus compétitif pour tous les acteurs de la filière riz. « Pour atteindre cet objectif, a-t-il estimé, le SRI s’avère être l’une des solutions fiables ». En effet, ce Système permet d’augmenter la production, tout en protégeant l’environnement grâce à une utilisation plus efficace des ressources et une réduction considérable de l’utilisation des produits chimiques. L’ouverture du forum a eu lieu en présence de plusieurs membres du gouvernement, notamment les ministres de l’Agriculture, Daniel Siméon Kelema, de l’Élevage et de la Pêche, Youba Ba, et de la Communication, de l’Economie numérique et de la Modernisation de l’administration, Alhamdou Ag Ilyène. On notait également la présence du directeur général de l’IER, Dr Kalifa Traoré, du président de l’Interprofession de la filière riz (IFRIZ) au Mali, Faliry Boly et le chef de coopération à l’Ambassade de la République fédérale d’Allemagne au Mali, Dr. Paul Bornkamm. MS/MD (AMAP)
Producton agricole : Pour que l’oignon de Diré ne pourrisse pas
Par Mohamedoun ALMOUSTAPHA Diré, 02 mai (AMAP) L’oignon est une culture de contre saison froide dans le Cercle de Diré, (dans le Nord du Mali). Elle est très sollicitée dans la cuisine malienne voir africaine. Depuis le recul de la culture du blé dans la zone de Diré, considérée comme la capitale du blé au Mali, la culture de l’oignon a pris sa place. La surface exploitée en oignon dépasse les 200 ha, avec une production estimée à plus de 30 000 t par campagne, nous a affirmé le chef de secteur de l’agriculture, Mohamed Aldoumaty. La production est de 20 t à l’hectare alors qu’il y a une surproduction de 10%. D’après le président de la Chambre locale d’agriculture, 0umar Ag Alher, le grand désespoir des producteurs est le manque de moyens de conservation qui cause une grande perte de leurs productions. Ce qui, en raison de la surproduction, joue sur leur revenu monétaire vu les prix dérisoires de l’oignon sur le marché car, chacun a son prix. La plus grande difficulté est l’enclavement de la zone et l’insécurité. D’après le chef des producteurs, Mahmoud Cissé, la culture du blé est vraiment importante et bénéfique mais la conservation n’est pas facile, Elle est même difficile. Pendant le transport vers le Sud du Mali, très souvent, les chargements pourrissent, sans compter avec l’insécurité « car souvent, des gens armés interceptent nos productions. » Sidi Amar, de la Commune rurale de Bourem que nous avons rencontré et l’un des grands producteurs, Amadou Maiga, nous ont dit, en chœur, produire de l’oignon, en quantité mais « en réalité, le transport et la conservation nous posent des problèmes. » « Nous ne cessons jamais de solliciter l’assistance des autorités car, nous ne vivons que de nos productions. Nous necessons jamais, aussi, de remercier nos techniciens qui nous assistent tout le temp », disent-ils. « Notre plus grande préoccupation dont la solution nous soulagera vraiment est de disposer d’une grande unité de conservation et de transformation. Car, réellement nos productions sont perdues avant la commercialisation et pendant le transport. C’est un cri du coeur en direction de toutes les autorités : nous sommes toujours disponibles pour la production d’oignon et approvisionner tout le Mali, si possible », plaident les producteurs. Quant au préfet de Diré, le lieutenant-colonel Abdoulaye Traoré, il a assuré toujours accompagner les producteurs, par le biais du chef secteur et des techniciens, et les encourage. Il a déclaré qu’il ne se lassera jamais de faire le plaidoyer pour les producteurs tant qu’ils ne recevront pas des moyens de conservation et de transformation. Il a promis de continuer à démarcher tous les partenaires pour une réponse heureuse à la très ancienne requête des producteurs de son Cercle. MA/MD (AMAP)
Fête de Tabaski : Les ministres malien et sénégalais chargés de l’Elevage préparent l’approvisionnement du Sénégal, estimé à 250 000 moutons
Bamako, 02 mai (AMAP) Le ministre de l’Élevage et de la Pêche, Youba Ba, a eu une séance de travail, vendredi matin, 02 mai 2025, avec le ministre secrétaire d’État aux Coopératives et à l’Encadrement paysan du Sénégal, Alpha Ba, pour préparer l’approvisionnement du Sénégal, globalement estimé à 250 000, à l’occasion de la fête de Tabaski et dont le Mali fournira la moitié. Cette visite « témoigne de la volonté du gouvernement sénégalais de satisfaire les besoins alimentaires de sa population, notamment, en moutons de Tabaski. J’assure de l’entière disponibilité du Mali à vous offrir des parts importantes du bétail malien dans le cadre d’un partenariat gagnant-gagnant, basé sur les trois principes fondamentaux qui guident désormais l’action publique au Mali, à savoir le respect de la souveraineté du Mali, le respect des choix souverains du Mali et le respect des intérêts vitaux du peuple malien », a déclaré Youba Ba. « La réussite de l’opération Tabaski Mali-Sénégal nous tient particulièrement à cœur, car c’est le même peuple, la même culture et nous partageons le même espace géographique et les mêmes défis », a également dit le ministre malien. Il a salué la mise en œuvre efficace de l’accord zoo-sanitaire et l’accord règlementant la transhumance entre son pays et le Sénégal. Il a ajouté que « les cadres de concertation créés à cet effet ont beaucoup contribué au maintien d’un climat serein et paisible de la transhumance entre nos États. » Avant de souligner qu’au regard de l’engagement des éleveurs maliens à fournir des moutons de qualité aux populations sénégalaises pour la fête de Tabaski, il « ne doute point des dispositions idoines que les autorités sénégalaises feront prendre pour mettre leurs frères maliens dans les meilleures conditions de vente des animaux. » « Comme à l’accoutumée, le Mali fournit ,chaque année, à différents pays des moutons pour la fête de Tabaski, notamment, le Sénégal, la Guinée Conakry, la Côte d’Ivoire en grande partie. Cette année, comme en 2024, le gouvernement sénégalais a dépêché une délégation ministérielle pour demander l’approvisionnement du marché sénégalais en moutons pour la fête de Tabaski », a rappelé le président de l’Inter-profession de la filière bétail-viande au Mali, Mamoudou Abdoulaye Diallo. « Cette année, le besoin s’élève à 250 000 têtes de moutons. Sachant que nous sommes parmi les premiers producteurs de la sous-région et le Mali est disposé à fournir le Sénégal 50% de leur besoin, c’est-à-dire environ 125 000 têtes de moutons », a-t-il précisé. Il a exprimé des préoccupations liées à la sécurité, l’approvisionnement en eau et en nourriture pour les animaux et, surtout, les conditions d’hébergement des acteurs. Si celles-ci ont été prises dans la capitale sénégalaise, l’année dernière, par les autorités sénégalaises, il y a quelques soucis que les marchands en bétails éprouvent dans les régions. M. Diallo a souligné à la délégation sénégalaise ces difficultés et d’autres, notamment « de rapatriement du bétail invendu qui constitue souvent un manque à gagner pour les marchands maliens. » A l’issue des échanges, le ministre secrétaire d’État sénégalais aux coopératives et à l’encadrement paysan a donné l’assurance d’« une solution idoine aux difficultés » soulevées par la partie malienne. Il a précisé que l’objet de sa visite est « de partager avec le Mali l’ensemble des dispositions prises par les autorités (de son pays) pour une bonne préparation de l’approvisionnement de la population sénégalaise en moutons de Tabaski. » Il a rappelé que pour la tabaski 2024, le besoin du marché au Sénégal était estimé à 81 000 têtes et les importations à partir du Mali ont contribué à couvrir cette demande. Il a indiqué que pour la Tabaski de cette année, les besoins d’importations du Sénégal sont estimés à 804 000 têtes dont 260 000 pour la capitale Dakar. Il a fait savoir que le chef du gouvernement du Sénégal a instruit l’ensemble des ministères concernés pour assurer de bonnes conditions d’accueil aux opérateurs maliens. ST/MD (AMAP)
Transformation de peaux d’animaux : D’énormes défis à relever sur le chemin de la qualité
Par Aminata DJIBO Bamako, 28 avr (AMAP) Au bord du fleuve Niger, à Baco-djicoroni, la fraîcheur matinale cadre bien avec l’animation et l’ambiance. Panier en main, des femmes se dirigent vers l’eau boueuse comme une escouade en mission. Elles ont des peaux d’animaux (chèvre et mouton) dans des récipients qu’elles tremperont dans un mélange de produits liquides aux odeurs fortes et désagréables. C’est un travail ardu et minutieux pour ces braves dames dont les murmures et gestes se mêlent aux brouhahas des enfants qui s’amusent à épiler les peaux. « Nous faisons ce travail depuis des années. Nous sommes approvisionnées chaque matin par des bouchers. Après le nettoyage, nous revendons les peaux à partir de 500 Fcfa à des acheteurs qui les convoient, pour la transformation, à l’Artisanat », affirme Oumou Traoré, triant les peaux prêtes à être lavées. Parlant du processus de traitement, l’une des femmes explique qu’elles commencent par tremper les peaux dans une solution de potasse pendant une nuit. Elles sont, ensuite, lavées dans les eaux du fleuve et mises dans des fientes de poules pour un dernier nettoyage, puis replongées dans une solution de nep nep (fruit de l’acacia nilotica). Une fois cette étape terminée, les peaux sont exposées aux rayons du soleil le temps d’être bien asséchées. Ces peaux sont utilisées dans la fabrication des produits de maroquinerie (sac, ceinture et chaussure). Sadio Korkoss, un vieux travailleur du cuir au Grand marché de Bamako dans le secteur dénommé «Artisanat», y évolue depuis plusieurs années. «Quand nous achetons la peau sèche, nous appliquons des colorants, principalement du jaune et du marron», dit-il, tout en insistant sur la nécessité de choisir la bonne peau dès le départ. Evoquant la chaîne complexe de valeur ajoutée du métier, l’artisan explique qu’un mouton nourrit jusqu’à cinq personnes, de celle qui l’élève à celle qui vend la peau, en passant par les artisans qui la transforment en produit fini. Cependant, malgré cette valeur ajoutée, la chaîne de production fait face à une kyrielle de défis. EXPORTATION DE PEAUX – Par le passé, une peau de mouton se vendait à 2 000 Fcfa et celle de vache à 10 000 Fcfa. La donne a changé, selon Sadio Korkoss. «Il est rare de voir des peaux de vaches à Bamako, car la majorité est exportée vers le Ghana, la Thaïlande et le Brésil. La peau de chèvre est principalement destinée aux concepteurs de tambour», précise-t-il. Cette tendance est due au manque d’infrastructures modernes de transformation au Mali où l’industrie du cuir, en particulier celle de la fabrication de chaussures, a connu son âge d’or. « L’Industrie malienne des tanneries (IMAT) peut traiter jusqu’à 30 000 peaux par jour », selon son chef du personnel, Almoubachar Haïdara. Mais faute de clients réguliers, « seulement quelques conteneurs sont envoyés à l’exportation chaque mois, et encore moins si la qualité ne répond pas aux attentes du marché international. » Malgré cette capacité de production, l’industrie malienne peine à s’imposer face à la concurrence internationale parce que la transformation des peaux au Mali reste partielle. La plupart des produits sont envoyés à l’étranger sous forme de produit semi-fini, souvent pour être traités dans des pays où les standards de fabrication sont plus élevés. « En raison du manque de technologies et d’une infrastructure fragile, l’objectif de produire des articles finis sur place est encore un rêve lointain », avoue notre interlocuteur. Oumar Koné, vendeur d’articles à l’Artisanat, renchérit : « Le marché des produits artisanaux n’est plus aussi florissant et la qualité des peaux locales se détériore. Cette situation est due essentiellement à la rareté des activités touristiques. » Malgré un marché morose et des tonnes d’invendus, l’IMAT tient. Selon le chef de personnel, l’entreprise se tourne vers la modération de ses produits. « Nous traitons des peaux provenant de divers pays, comme le Sénégal et nous avons une usine qui traite des peaux de chèvres et de moutons. Le processus est complexe. Au Mali, l’absence d’abattoirs frigorifiques pour les peaux pose également un problème», dit-il. QUALITÉ EN CAUSE – L’une des étapes cruciales de la transformation est la conservation des peaux, souvent en utilisant du sel. Cette méthode permet de prolonger leur durée de vie avant de commencer le traitement. Selon Almoubachar Haïdara, la production industrielle de cuir au Mali suit un long processus de transformations chimiques. La peau est soumise à un premier traitement où des produits chimiques sont utilisés pour éviter la putréfaction. Elle est ensuite plongée dans des solutions, notamment une solution de bleu neige, un produit à base de chrome qui permet de la teindre, donnant ainsi une couleur uniforme. Ce traitement se poursuit jusqu’à ce que la peau soit prête pour la coupe et la fabrication de produits finis. La qualité des peaux d’animaux au Mali est souvent mise en cause. Certains spécialistes expliquent que cette situation est liée à beaucoup de facteurs, notamment le climat sahélien qui fait que nos animaux sont moins gras, donc leurs peaux sont moins adaptées à la transformation. « En raison du climat sahélien, les animaux au Mali ne sont pas aussi gras que dans d’autres régions, ce qui rend certaines peaux moins adaptées à la transformation. Nous devons toujours travailler avec des peaux de qualité inférieure et souvent, nous avons des défauts visibles après le traitement », regrette Almoubachar Haïdara Autre handicap du secteur est que les produits fabriqués localement, notamment les sacs, les ceintures ou chaussures, peinent à séduire le marché local. Nous avons fait un tour à l’Artisanat de Bamako, où chacun a une tâche, qu’elle soit simple ou délicate. Certains mettent de la peinture sur les peaux sèches et d’autres utilisent des machines à coudre pour confectionner divers articles. La diversité des produits, accrochés aux murs, en dit long sur le savoir-faire des artisans maliens. Mais leur travail n’est pas toujours apprécié à sa juste valeur. « Nous souffrons ici pour faire de meilleurs produits, mais quand on dit nos prix, les clients fuient. Pourtant, si c’est importé d’autres pays ils les achètent », déplore
Développement communautaire au Mali : le projet « Malidenko » voit le jour
Bamako, 28 avr (AMAP) Le ministre de la Réconciliation, de la Paix et de la Cohésion nationale, le général de corps d’armée, Ismaël Wagué, a présidé, ce lundi, 28 avril 2025, la première session du comité d’orientation et de pilotage du Projet de résilience communautaire et de service inclusif au Mali (Malidenko), dans la salle réunion du ministère de la Refondation de l’État. « Ce projet est conçu pour répondre aux besoins des communautés », a déclaré le ministre Wagué , ajoutant que le choix est porté sur la méthode 80-20 pour réduire les coûts liés à sa gestion. Cette méthode consiste à destiner les 80% du budget du projet aux populations bénéficiaires et les 20% aux coûts de gestion. C’est par le décret N°2025-0231/PM-RM du 04 avril 2025 que le Projet de résilience communautaire et de service inclusif au Mali, appelé, « Malidenko » a été créé. Il a une durée d’exécution de quatre ans, un budget global de plus de 88 milliards, financé par l’État du Mali avec l’appui de la Banque mondiale. Le projet est conçu pour améliorer les conditions de vie des individus et des communautés. Il cible principalement les zones nouvelles sécurisées dans le Nord du Mali (Tombouctou, Kidal, Taoudéni) et les zones à risques dans le Sud (Kayes, Nioro, Nara). « L’approche inclusive et participative adoptée par Malidenko constitue une rupture salutaire avec les méthodes directives qui ont souvent montré leurs limites », a encore dit le ministre en précisant que ce projet « est le nôtre », ce que traduit l’expression en Bamanan : « Mali denw ka ko de do ». Selon lui, c’est une initiative portée par son département qui « s’inscrit pleinement dans les priorités du gouvernement en matière d’amélioration du cadre de vie des populations et qui cible les personnes les plus vulnérables. » « A travers la tenue de cette première session, les membres du comité de pilotage apporteront leur pierre à l’édifice du développement communautaire en statuant sur le Projet de plan de travail et de budget annuel (PTBA) et en formulant des recommandations. Ce document reflète, à la fois, la vision stratégique du projet et les besoins réels du terrain », a souligné le ministre de la Réconciliation, de la Paix et de la Cohésion nationale. Le ministre a remercié la Banque mondiale pour son appui constant et réaffirmé l’engagement du gouvernement à faire de ce projet un modèle de réussite. La quasi-totalité des membres et participants du comité d’orientation et de pilotage étaient présent dont le coordinateur du projet, Amadou Traoré. ST/MD (AMAP)
Centre de formation et champ solaire : La reconversion des femmes et des jeunes de Kéniéba en ligne de mire
Envoyé spécial Bandé Moussa SISSOKO AMAP-Kayes Kéniéba, 27 avr (AMAP) Le gouverneur de la région de Kayes, le général de brigade Moussa Soumaré, a consacré une bonne partie de sa tournée dans le Cercle de Kéniéba à des visites de terrain pour s’imprégner des réalités locales. Ainsi, il s’est rendu au Centre d’auto-promotion et auto-formation des femmes et au « Tambaoura Bouloula Bara Digui Bounwo ». Ces deux structures contribuent à la lutte contre l’orpaillage clandestin à travers la formation et l’insertion socio professionnelle des jeunes et des femmes. Situé dans le quartier de Ballabougou, le Centre d’auto-promotion et auto-formation des femmes a été créé, il y a plus de 10 ans. Cette structure est animée par la Coopérative des femmes du quartier de Ballabougou, depuis 3 ans. On y retrouve une salle de classe pouvant accueillir 29 à 60 apprenantes. Ici, les femmes apprennent à fabriquer du savon, du beurre et du miel sur la base de nos produits locaux (moringa, baobab, charbon…) Dans cette structure, les pensionnaires sont confrontés à des problèmes d’équipements et de toilettes. « Les femmes appuient les chefs de famille, en travaillant dans des conditions extrêmement dures. Dans les mines, certaines perdent leurs vies, comme ce fut le cas dans la Commune rurale de Dabia. Les dispositions prises par le président de la Transition, le général d’armée Assimi Goïta, après cette tragédie permettront aux femmes de mener des activités génératrices de revenus. « Je suis venu voir comment on peut vous aider. Mettez l’accent sur la qualité de vos productions pour attirer les clients et les investisseurs », a déclaré le général de brigade Moussa Soumaré. Il a demandé aux femmes de ne pas mener des activités de teinture dans les familles et dans certains endroits à cause de leur impact négatif sur la santé et l’environnement. Le chef de l’exécutif régional a pu admirer quelques produits locaux de la coopérative Siguidia de Kéniéba que dirige Mme Fofana Djénéba Koné. On lisait la satisfaction sur le visage de ces braves femmes qui, par la voix de Mme Traoré Djénéba Kamiss oko, l’ont exprimé à leur hôte. Selon elles ont annoncé que seule la fermeture des mines peut les réorienter vers d’autres activités génératrices de revenus, comme la transformation des produits locaux. « Tambaoura Bouloula Bara Digui Bounwo » est le fruit du partenariat entre le Conseil régional de Kayes et la compagnie minière canadienne B2Gold. Ce centre, qui sera bientôt opérationnel, est doté de 5 ateliers, (électricité, mécanique auto, transformation, tamisage, restauration) pour la formation-adéquation-emploi. D’après son directeur, Moustapha Niasse, letablissement dispose de 6 hectares (ha) pour son extension. Ce centre de formation, comme l’atteste son nom malinké, est à l’actif de l’ex-Conseil de Cercle et du Conseil régional. Le président du Conseil régional Bandiougou Diawara faisait partie de la délégation du gouverneur. Le général de brigade Moussa Soumaré a achevé sa tournée par la visite du site du champ solaire à Yeremoundé, un hameau de culture du village de Sansanto, situé à 7km de la ville de Kéniéba. Couvrant une superficie de 2km2 soit 200 ha, des panneaux solaires y seront installés pour produire de l’électricité au profit des populations de Kéniéba et d’autres localités. Grâce à ce champ solaire, le problème d’électricité sera résolu dans ce cercle de la Région de Kayes. Ces centres de formation, tout comme le champ solaire, sont les bienvenus dans un cercle où l’exploitation des mines artisanales par les Chinois, bien que diversement appréciée par les populations, suscitent des inquiétudes liées aux conflits d’intérêts et du comportement de certaines personnes qui servent d’intermédiaires entre les villages et les Chinois. Des intermédiaires qui s’enrichiraient sur le dos des braves populations. D’après certains habitants, tout le monde (autorités et populations) trouve son compte dans l’exploitation de ces mines. Au terme de sa visite, le gouverneur a accordé une interview à la presse pour exprimer sa satisfaction et a invité les populations à respecter les nouveaux textes. BMS/MD (AMAP)
Mali : Contrôle strict des véhicules hors normes à Kouremalé pour préserver les routes nationales
Bamako, 24 avr (AMAP) Une mission conjointe des ministères des Transports et des Infrastructures et de l’Economie et des Finances, conduite par la ministre Madina Sissoko Dembélé, s’est rendue mercredi à Kouremalé, ville frontalière avec la Guinée, pour vérifier l’application de l’interdiction de circulation des véhicules gros porteurs hors normes et hors gabarit, en vigueur depuis le 1er avril 2025 indique un communiqué de Cellule Communication du ministère en charge des Transports. « Les avantages de cette interdiction sont considérables pour le Mali, tant pour le secteur des transports que pour l’économie nationale », a déclaré la ministre Madina Sissoko Dembélé lors d’une interview accordée à la presse à l’issue de la visite. Cette mesure, vise à préserver le patrimoine routier malien, dont l’entretien et la construction coûtent des milliards de Fcfa annuellement à l’État. La délégation, comprenant des membres du cabinet ministériel, le Directeur général des Transports, le Directeur général de la Douane, le Directeur général de l’Agence nationale de la sécurité routière (ANASER) et le Directeur général adjoint des Routes, a constaté l’effectivité des contrôles. Des concertations avec les acteurs concernés se poursuivent pour résoudre les défis liés à l’application de la mesure. OS/MD (AMAP)
Le ministre Mamou Daffé annonce des mesures pour soutenir les artisans à la 24e session de l’APCMM
Bamako, 24 avr (AMAP) « L’Année de la Culture marque un tournant pour le secteur (Artisanat), avec des initiatives comme l’Assurance volontaire pour la culture (AVOC), lancée hier (mercredi), qui garantit une couverture sociale aux artisans et acteurs culturels », a déclaré, jeudi, le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé, rapporte un communiqué du Ministère de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme. Le ministre Daffé, qui présidait la 24e session ordinaire de l’APCMM, a souligné que cette rencontre s’inscrit dans le cadre de « l’Année de la Culture », décrétée par le Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta. Face aux défis énergétiques impactant les artisans, le ministre a annoncé la distribution de 300 kits solaires à des bénéficiaires sélectionnés selon des critères précis. « Ces kits solaires permettront d’atténuer les souffrances des artisans confrontés aux coupures d’électricité », a-t-il ajouté. Le président de l’APCMM, Mamadou Minkoro Traoré, a, quant à lui, insisté sur l’importance de cette session pour évaluer les actions passées et planifier le développement du secteur. « L’artisanat contribue à 24,5 % du Produit intérieur brut (PIB) malien, un apport crucial pour notre économie », a-t-il affirmé. Il a également annoncé la tenue de la 5e édition du Salon international de l’artisanat du Mali (SIAMA), du 27 novembre au 7 décembre 2025, au Parc des expositions de Bamako, sous le thème « Artisanat, facteur de développement et de sauvegarde de notre identité culturelle ». La ministre de l’Entrepreneuriat, Mme Oumou Sall Seck, a réaffirmé l’engagement de son département à soutenir l’artisanat, un secteur clé pour l’emploi. « Nos structures travaillent à renforcer ce secteur pourvoyeur d’opportunités », a-t-elle assuré. La session, en présence de la présidente de la délégation spéciale de la Commune II, Mme Aminata Dramane Traoré, et du représentant de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Mali, M. Aboubacar Tandia, s’est conclue par une visite du Centre de ressources pour l’artisanat de l’APCMM. OS/MD (AMAP)

