Kayes : Le couvre-feu prolongé d’un mois dans la région

KAYES, 01 fev (AMAP) – Le Général de Brigade Moussa Soumaré, gouverneur de la région de Kayes, a prolongé le couvre-feu pour une nouvelle période de 30 jours, du vendredi 30 janvier 2026 au samedi 28 février 2026, entre 00 h 00 et 05 h 00, a annoncé un communiqué officiel publié le 30 janvier. « Au regard de la fragilité de la situation sécuritaire, les autorités régionales ont maintenu le couvre-feu dans la région de Kayes pour une nouvelle période de 30 jours allant du vendredi 30 janvier au samedi 28 février 2026, de 00 h à 05 heures », indique le texte. Pendant cette période, la circulation des personnes et de tous les engins de transport reste strictement restreinte, à l’exception des véhicules et engins des Forces de Défense et de Sécurité ainsi que des ambulances munies d’un ordre de mission. Cette mesure, en vigueur depuis les attaques terroristes du 1er juillet 2025 à Kayes et dans d’autres localités de la région, vise à « sécuriser davantage les personnes et leurs biens ». Elle intervient notamment quelques jours après l’incendie de certaines unités industrielles dans le cercle de Bafoulabé, qualifié d’« actes barbares » destinés à « étouffer l’économie de la région, en particulier, et celle du Mali, en général ». Le couvre-feu a été instauré dans la région de Kayes, située à l’ouest du Mali, à la suite des attaques terroristes survenues le 1er juillet 2025 dans la capitale régionale et plusieurs autres localités. Il est régulièrement reconduit depuis lors en réponse à la persistance des risques sécuritaires. BMS/MMD/OS (AMAP)

Crise des hydrocarbures : Le Cercle de Tominian en panne sèche

Tominian, 23 janv (AMAP) Le cercle de Tominian (Centre) connait une grave pénurie de carburant qui paralyse l’économie locale et suscite un profond sentiment d’abandon au sein de la population, a constaté l’AMAP sur place. Depuis le début de la crise des hydrocarbures au Mali, aucune livraison d’essence n’a été enregistrée à Tominian, en dehors de la dotation réservée à la centrale d’Energie du Mali (EDM). Au début du mois de décembre 2020, la ville a réceptionné, un camion-citerne de carburant destinée à la centrale de l’EDM, officiellement remis aux autorités administratives et locales, a constaté l’AMAP sur place. Ce ravitaillement, très attendu, devait permettre de relancer partiellement le fonctionnement de la centrale de production d’électricité, totalement à l’arrêt depuis plusieurs semaines faute de carburant, plongeant la ville dans l’obscurité et aggravant la crise sociale et économique. Au démarrage de la crise, les habitants avaient trouvé un répit de courte durée, grâce à l’unique station-service de la localité. Mais celle-ci a brusquement fermé ses portes, pour des raisons jamais élucidées. Depuis, aucune reprise d’activité n’a été constatée, plongeant la population dans une détresse totale. Face à ce vide, les revendeurs informels ont pris le contrôle du marché, imposant des prix excessifs à des ménages déjà éprouvés. « Aujourd’hui, l’essence est devenue un luxe que la majorité des habitants ne peut plus s’offrir », confie un habitant de Tominian. Cette situation a entraîné l’arrêt de nombreuses activités économiques, rendu les déplacements difficiles et perturbé plusieurs services essentiels. De nombreuses questions taraudent les esprits des populations qui vivent difficilement cette situation. « Tominian a besoin d’essence, Tominian a besoin d’être entendu », disent les habitants, rappelant que le développement local, la mobilité des citoyens et la survie économique du cercle en dépendent. Pour rappel, le gouverneur de la Région de San, le colonel Ousmane Sangaré, a effectué une visite de courtoisie dans le Cercle de Tominian le 19 mai 2021. En cette occasion, les représentants de la société civile avaient déjà alerté sur la marginalisation du cercle et demandé aux autorités de prendre des mesures ST/OS/MD (AMAP)  

Mines : Hilaire Bebian Diarra nommé commissaire chargé des Activités minières avec rang de ministre

Bamako , 23janv (AMAP) Le président de la Transition, le général d’Armée Assimi Goïta, a nommé Hilaire Bebian Diarra commissaire chargé des Activités minières avec rang de ministre, selon un décret signé le 19 janvier 2026 à Bamako. Spécialiste en sciences de la Terre, M. Hilaire Rebian Diarra prend la tête du Commissariat chargé des Activités minières, un organe stratégique dans un contexte de réforme et de valorisation du secteur extractif malien. Selon l’article premier du décret, « M. Hilaire Bebian DIARRA, spécialiste en sciences de la Terre, est nommé commissaire chargé des Activités minières, avec rang de ministre ». Le texte précise que cette nomination s’inscrit dans le cadre de l’application du nouveau Code minier et de la loi sur le contenu local adoptés en août 2023. OS/MD (AMAP)

Bafoulabé : Attaque d’hommes armés ce matin contre plusieurs unités industrielles

Bafoulabé, 11 janv (AMAP) – Ce dimanche 11 janvier 2026, vers 2 heures du matin, environ 160 terroristes lourdement armés, circulant sur une centaine de motos, ont attaqué simultanément plusieurs unités industrielles du cercle de Bafoulabé situées le long de la RN 22. Les assaillants, aperçus vers 7 heures à Selinkegny (une trentaine de kilomètres de Bafoulabé), se sont divisés en deux groupes : l’un s’est dirigé vers l’usine Stones (à une vingtaine de kilomètres de Bafoulabé), l’autre vers la zone de Kayes ciblant la CCIM (Carrière et Chaux du Mali) à Karaga et Diamond Cement à Gangonteri. Des dégâts matériels importants ont été constatés : des chargeurs et un car ont été incendiés. De Selinkegny (à 2 km de la CCIM, une dizaine de km de Stones et une vingtaine de km de Diamond Cement), d’importants panaches de fumée s’élevaient des usines. Trois personnes ont été enlevées à l’usine Diamond Cement. Aucun blessé ni mort n’est signalé pour le moment. Joint par téléphone, Ibrahima Diawara, PDG de l’entreprise concernée, a confirmé l’attaque sur son site. « Nous avons subit une attaque par des hommes armés. Je n’ai pas d’autres informations pour le moment », a-t-il déclaré. Il a ajouté : « En plus de mon usine, Diamond Cement, une autre société de ciment et une usine indienne sont également attaquées.» Cette nouvelle incursion intervient après celle du 1er juillet 2025 qui avait déjà visé les mêmes unités industrielles et entraîné l’enlèvement de personnalités. Des alertes avaient été lancées dès le 6 et le 10 janvier par les populations Diallanais et de Saourané. Le PDG de Stones avait ordonné l’évacuation urgente de ses travailleurs, tandis que la direction de Diamond Cement avait quitté les lieux dès le 9 janvier pour se réfugier à Kayes. Pour l’heure, les militaires ont suspendu la traversée du fleuve pour des raisons sécuritaires. BM/OS (AMAP)

Kangaba : Mission d’un consultant environnementaliste pour le projet FIER II

Kangaba, 07 janv (AMAP) M. Souleymane Sanogo, consultant environnementaliste chargé du Deuxième projet de Formation professionnelle, Insertion et appui à l’Entrepreneuriat des jeunes ruraux (FIER II), effectue une mission à Kangaba pour élaborer un Plan d’engagement des parties prenantes (PEPP) et un Plan de mise en œuvre du Consentement préalable libre et éclairé (CPLE). Les travaux se sont déroulés dans la salle de délibération de la mairie de la commune rurale de Minidian, sous la présidence du premier adjoint au maire, M. Kamory Keita. Les responsables des services techniques en charge de l’assainissement, de l’hydraulique, de l’urbanisme, du domaine et de l’emploi y ont participé, ainsi que les représentants des associations de personnes handicapées, de la jeunesse, des femmes, et des filières karité, coton, arachide et lait. L’objectif global de cette activité est de concevoir un projet qui répond aux besoins des bénéficiaires et qui assure leur participation effective à travers l’établissement d’un PEPP et d’un CPLE. Plus spécifiquement, le consultant doit identifier les parties prenantes, établir une approche systématique de mobilisation et de dialogue, partager les informations sur le projet, ses impacts et ses bénéfices afin de créer et maintenir un climat de confiance. Il doit également consulter les parties prenantes sur les enjeux du projet, y compris les aspects environnementaux, sociaux et climatiques, et prendre en compte leurs avis, préoccupations et recommandations dans la mise en œuvre des activités, notamment les mesures environnementales, sociales et climatiques, pour garantir la durabilité du projet. Le consultant formule par ailleurs des recommandations pour une meilleure gestion des plaintes, sur la base du manuel existant. Il définit les outils, les méthodes et le plan de consultation publique, établit le cadre organisationnel pour la mise en œuvre du plan et précise le cadre du consentement préalable libre et éclairé. Selon le consultant, le projet FIER II vise à consolider et amplifier les résultats du projet FIER initial. Son objectif de développement est de promouvoir l’esprit d’entreprise en milieu rural et de faciliter l’intégration économique des jeunes ruraux âgés de 15 à 40 ans, dont au moins 40 % de femmes. À l’issue des travaux, les participants ont recommandé la mise en place d’un système efficace de gestion des plaintes et une amélioration du système de communication afin que tous les acteurs disposent du même niveau d’information. SD/OS/MD (AMAP)

Diamou : Réception d’une installation solaire pour une autonomie énergétique de la préfecture et de la sous-préfecture

Diamou, 7 janv (AMAP) – La cour de la préfecture de Diamou a accueilli, ce jeudi 7 janvier, la cérémonie officielle de réception des travaux d’installation photovoltaïque destinés au cercle et à la sous-préfecture.   Présidée par le préfet du cercle, Mamadou Coulibaly, la cérémonie a réuni les autorités administratives locales, une délégation de la Société des mines de Sadiola (SEMOS SA) et des représentants de l’entreprise Quincaillerie Tandia et Frère Touba Céramique, chargée des travaux, ainsi que la presse. Financé intégralement par la SEMOS SA pour un coût total de 8 281 240 FCFA, le projet comprend un champ photovoltaïque de 16,8 kWc, deux batteries de stockage de 10 kWh chacune et un onduleur de 10 kW, assurant une conversion et une gestion optimale de l’énergie produite.   Dans son discours, le préfet Mamadou Coulibaly a salué le soutien de la SEMOS SA, soulignant que cette réalisation renforce significativement l’autonomie énergétique du cercle. Il a également félicité l’entreprise exécutante pour la qualité des travaux.   Il a par ailleurs exprimé, en son nom et au nom des plus hautes autorités, sa gratitude au directeur général de la SEMOS SA et à ses collaborateurs pour leurs appuis multiformes au développement local.   Au nom de la SEMOS SA, Moussa Diallo a rappelé la vocation de la société à contribuer au développement communautaire dans ses zones d’intervention, notamment en améliorant les conditions de travail des autorités locales. Il a ajouté que l’entreprise avait également procédé au remplacement des batteries de la sous-préfecture. Grâce à ces installations, la préfecture et la sous-préfecture de Diamou disposent désormais d’une autonomie énergétique complète. Le préfet a enfin assuré une utilisation rigoureuse et un entretien régulier des équipements afin d’en garantir la durabilité et l’efficacité.   ATB/OS

Vaccination du cheptel : 83 millions de têtes ciblées

Bamako, 27 déc (AMAP) Le Premier ministre, le Général de division Abdoulaye Maïga, a lancé, vendredi, la Campagne nationale de vaccination du cheptel 2025-2026 au marché à bétail de Kati Drall, dans la commune de Kambila, qui vise la vaccination de 83 millions de têtes, toutes espèces confondues, contre diverses maladies animales. Cette campagne s’inscrit dans les engagements du Mali au niveau sous-régional et international, notamment pour l’éradication de la peste des petits ruminants et le contrôle de la péripneumonie contagieuse bovine. La stratégie repose sur la vaccination combinée au marquage des animaux afin de réduire les coûts et améliorer l’efficacité des interventions. Le chef du gouvernement, qui a administré la première dose de vaccin, a annoncé l’élaboration d’une Stratégie nationale de stabilisation et de sécurisation du cheptel. Il a rappelé l’importance stratégique de l’élevage, qui contribue à environ 12 % du Produit intérieur brut (PIB). Et a souligné la nécessité de renforcer la couverture vaccinale pour protéger la santé animale et humaine. Pour sa part, le ministre de l’Élevage et de la Pêche, Youba Ba, a rappelé que le cheptel représente le troisième produit d’exportation du Mali et constitue la principale source de revenus pour plus de 30 % de la population. En 2024, le cheptel national était estimé à environ 14 millions de bovins et 52 millions de petits ruminants. Youba Ba a insisté sur la nécessité de lever les contraintes sanitaires et alimentaires afin d’améliorer la compétitivité du secteur. Le président de l’Interprofession bétail-viande, Mamoudou Abdoulaye Diallo a assuré de l’engagement des professionnels pour la réussite de la campagne et a plaidé pour la digitalisation de l’identification des animaux afin de lutter contre le vol de bétail. À ce sujet, le ministre a indiqué qu’un système national d’identification et de traçabilité du bétail, dénommé NINA-B, a été élaboré avec l’appui de la FAO. La cérémonie s’est déroulée, également, en présence de l’Agriculture, Daniel Siméon Kelema, ainsi que des acteurs de la filière bétail-viande et des partenaires techniques (Organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO), Comité international de la croix rouge (CICR) et l’Organisation mondiale de la santé animale) dont le Premier ministre a salué l’appui, tout en réaffirmant l’engagement de l’État à accompagner les acteurs du secteur. La cérémonie a pris fin par la remise de matériels aux services vétérinaires, pour un coût global de plus de 180 millions de Fcfa, afin de renforcer les capacités opérationnelles sur le terrain. MS/MD (AMAP)

Approvisionnement en hydrocarbures : Un convoi de plus de 680 citernes (Communiqué)

Bamako, 26 déc (AMAP) Un convoi de plus de 680 citernes a été réceptionné dans la nuit du 25 au 26 décembre, dans le cadre de la poursuite de l’approvisionnement régulier du pays en hydrocarbures, a indiqué, vendredi, le Centre de coordination et de gestion des crises (CECOGEC) dans un communiqué. Dans ce communiqué publié à Bamako par le ministère de la Sécurité et de la Protection civile, le CECOGEC indique que, « le convoi a été réceptionné au bureau des produits pétroliers des Douanes. » « Des dispositions urgentes sont en cours afin de ravitailler le maximum de stations-services à travers le pays », précise la même source. Le CECOGEC a appelé les populations « au calme et à ne pas céder à la panique », tout en mettant en garde « contre les pratiques de spéculation jugées injustifiées, susceptibles de perturber la fourniture de carburant. » Les autorités maliennes ont « salué la détermination des Forces armées maliennes (FAMa), la bravoure des chauffeurs et de leurs apprentis, ainsi que l’engagement des opérateurs pétroliers dans l’acheminement des hydrocarbures. » OS/MD (AMAP)

Conseil d’administration de l’ANASER : Mettre en cohérence les orientations de 2026 avec les stratégies nationales de sécurité routière

Bamako, 26 déc (AMAP) La 30ème session du Conseil d’administration de l’Agence nationale de la sécurité routière (ANASER), destinée à assigner à l’Agence les orientations pour l’année 2026, en cohérence avec les stratégies nationales de sécurité routière, s’est tenue, ce vendredi, sous présidence du ministre des Transports et des Infrastructures, Dembélé Madina Sissoko. Cette session doit, aussi, délibérer sur les programmes d’équipement et d’investissement, suivre la mise en œuvre des recommandations du dernier Conseil d’administration, examiner les résultats techniques, financiers et administratifs de l’Agence, au titre de l’exercice arrêté au 30 novembre 2025. Il s’agit, finalement, de déterminer les moyens financiers nécessaires pour la réalisation des activités programmées pour l’année qui s’annonce. A l’entame de ses propos, le ministre Mme Dembélé Madina Sissoko a félicité les administrateurs, pour le « sens élevé de responsabilité qui sous-tend (leurs) participations aux travaux de l’organe délibérant de l’ANASER, investie d’une mission aussi noble que vitale. » Ajoutant que les atteintes à l’intégrité de la personne humaine, les dégradations du patrimoine routier et les dommages matériels causés par les accidents de la circulation « heurtent notre conscience collective. » « Pour nous, administrateurs de l’ANASER en particulier et donc acteurs de la sécurité routière, ces drames résonnent en une interpellation permanente et un appel pressant à l’action pour endiguer ce fléau », a expliqué Dembélé Madina Sissoko. Le ministre a indiqué, à titre illustratif, que l’année 2024 a enregistré sur les routes du Mali 7 673 accidents corporels, ayant occasionné 8 828 blessés et, malheureusement, 682 décès. « Les circonstances de ces accidents révèlent que l’excès de vitesse en demeure la principale cause. À l’excès de vitesse, s’ajoutent d’autres facteurs non moins préoccupants et notamment le non-respect de la priorité, la somnolence au volant, les mauvais dépassements et l’imprudence des piétons », a détaillé le ministre. Elle a ajouté que l’état d’exécution des activités au 30 novembre 2025 indique que sur 49 activités programmées, 32 ont été réalisées, soit un taux de 65,31%, tandis que 17 sont en cours d’exécution. Dix des activités réalisées ont dépassé leurs cibles initiales. Et le programme d’activités prévisionnel 2026 de l’ANASER s’articule autour de 50 activités dont la mise en œuvre contribuera à l’atteinte des objectifs assignés à l’Agence. BT/MD (AMAP)  

Ségou : La rareté des clients met en péril le tissage traditionnel

Par Aminata PONA  Ségou, 24 déc (AMAP) Les gestes techniques millimétrés, les outils finement utilisés, les artisans de Ség continuent de faire vivre l’art traditionnel malgré la chute drastique de leur vente. Ces passionnés de la fibre et du fil créent au quotidien des œuvres d’exception mêlant savoir-faire ancestral et créativité contemporaine. Cependant, les défis, il n’en manque pas qui ont pour noms : pertes de clients, cherté des matières premières et désintérêt pour les tissus traditionnels. Immersion dans un secteur jadis florissant. Acteur majeur de la préservation et de la valorisation des tissus traditionnels, le Centre Ndomo de Ségou est une entreprise évoluant dans l’entreprenariat social. On y retrouve des artisans indépendants. Ils assurent ensemble la production de tissus. Boubacar Doumbia, son fondateur souligne qu’avant la crise sécuritaire, son établissement accueillait des touristes étrangers. « Durant la saison touristique, d’octobre à février, le travail ne manquait pas et les commandes affluaient.  Chaque artisan gagnait une part de marché. Aujourd’hui, les touristes ne viennent plus et les Bamakois sont aussi rares à cause de l’insécurité et de la pénurie du carburant », explique-t-il. Soulignant que désormais, les artisans envoient leurs produits en Côte d’Ivoire, au Sénégal, au Burkina Faso, en Suède, en France, aux États-Unis, au Japon et en Espagne. Boubacar Doumbia trouve que cette période de vaches maigres est temporaire. Il appelle ses collègues à la patience, les exhorte au travail malgré les conditions difficiles. Almoustapha Soumaré, un artisan, du haut de ses plus de 30 ans d’expérience dans le textile, ne cache pas que le Centre N’Domo traverse actuellement de grandes difficultés dues à la crise que traverse le Mali. La rareté des touristes a considérablement réduit les ventes. « Nos commandes étaient si nombreuses que les artisans du centre avaient parfois du mal à les exécuter », se souvient-il. Il explique que le centre dispose de 25 travailleurs repartis en deux équipes de travail. L’une chargée de la décoration (tapis, tableaux, sous assiettes, couvre-lits et nappes) et l’autre dédiée au trempage. Cependant, l’engouement pour le bazin et d’autres tissus contemporains entraîne une marginalisation des tenues traditionnelles. Pour couronner le tout, le manque de ressources financières freine l’achat de matériels indispensables au fonctionnement du centre. Pour la décoration des tissus, les artisans du Centre N’Domo emploient certaines plantes notamment le N’galama ou Bégou N’gnomo et chaque dessin à une signification spécifique. « On compte 19 symboles, que nos grands-mères utilisaient pour donner des conseils aux mariées afin de maintenir la paix dans les familles. La mère donnait à sa fille un bogolan comme cadeau de mariage pour lui assurer un foyer heureux », révèle Almoustapha Soumaré Il dit que les artisans du centre participent, chaque année, à des foires internationales au Sénégal et au Burkina Faso pour promouvoir et vendre leurs produits. Amadou Diarra, artisan au village artisanal confectionne divers tissus pour ses clients. En plus de sa propre production, il intervient, couramment, pour aider ses collègues confrontés à des fils emmêlés ou à des machines défectueuses. « Certains fils à tisser coûtent cher. Lorsqu’ils se mélangent, il faut tout reprendre », a-t-il déploré. Amadou Diarra vend le mètre de tissu entre 2 000 et 4 000 Fcfa, selon le motif et la longueur. Il souligne que les touristes ne viennent désormais plus à Ségou, à l’occasion du Festival sur le Niger, ils passent leurs commandes en ligne et les colis leur sont envoyés. Difficile, dans ce cas, de sortir la tête de l’eau par les temps qui courent. Pour Yacouba Diarra, tisserand au village artisanal de Ségou, le marché n’est plus comme avant et cette situation a un impact financier considérable sur les artisans. Quant à Awa Coulibaly, artisane, elle est persuadée qu’« une plus grande valorisation de leurs créations à travers la publicité et la vente en ligne permettrait aux acteurs du secteur de vivre de leur art. » Elle évolue dans le domaine depuis sa tendre enfance et est capable de réaliser 10 à 15 mètres de tissus par jour. Awa explique que le métier demande l’apport de chaque partie du corps : les bras et les pieds qui sont constamment en mouvement. Toutefois, elle se réjouit de l’arrivée de visiteurs sénégalais et burkinabè dans leurs ateliers. « Quand ils viennent, on gagne beaucoup. Mais une fois qu’ils sont partis, tout redevient comme avant », affirme-t-elle. Déplorant la cherté des fils à tisser dont le prix varie entre 3 500 Fcfa et 4 500 Fcfa le paquet. Cependant, elle assure pouvoir subvenir aux besoins de sa famille. AP/ADS/MD (AMAP)