Éliminatoires Afrobasket 2021 : Belle opération des Aigles basketteurs du Mali

Bamako, 28 Nov (AMAP) Le Mali a battu, vendredi, le Rwanda (70-64), pour son premier match des éliminatoires de l’AfroBasket masculin 2021 qui se déroulent à Kigali. Les Aigles basketteurs, emmenés par l’expérimenté Nianta Diarra, auteur d’un double-double (19 points et 11 rebonds), ont d’abord remporté le premier quart-temps (21-14), avant de voir le Rwanda revenir dans la partie. Les Rwandais ont réduit l’écart à seulement deux petits points à la pause (38-36). Au retour des vestiaires, le Rwanda s’est appuyé sur son trio Kenny Gasana (17 points), Dieudonné Ndizeye (17 points) et Adonis Filter (13 points, 7 rebonds et 6 passes) pour remporter le troisième quart-temps (53-51). Dos au mur, le Mali s’est remis à Nianta Diarra dans les derniers instants pour faire la différence, grâce à un tir à trois-points décisif à 48 secondes du buzzer, sur une passe décisive du jeune meneur Siriman Kanouté (6pts, 4pds, 2ints) qui dispute son premier match chez les seniors, après avoir tout gagné avec les équipes de catégorie jeune. Le Mali l’a emporte de six points, renversant ainsi le Rwanda (70-64). Dans l’autre match du groupe D, le Nigeria a battu le Soudan du Sud (76-56). Le Mali et le Nigéria comptent chacun un succès dans ce groupe D, tandis que le Rwanda déjà qualifié automatiquement, comme pays organisateur de l’AfroBasket 2021, et le Sud-Soudan n’ont encore remporté le moindre match. Pour son prochain match, le Mali croisera le Sud-Soudan ce samedi 28 novembre tandis que le Rwanda fera face au Nigeria, favori du groupe. LMD/MD (AMAP)

Almamy Thiero, président d’un collège de basket-ball aux Etats-Unis

Par Seibou S. KAMISSOKO Bamako, 18 sept (AMAP) L’ancien joueur de l’AS Biton et du Djoliba, Almamy Thiero, préside depuis 2007 aux destinées du Collège basket-ball prospects. En même temps, le natif de Ségou, au Centre du Mali, passé par Moore High School, Mt Zion Christian Academy, Memphis et de Duquesne, joue le rôle d’entraîneur du club. En effet, Almamy Thiero réside aux États-Unis depuis novembre 1999. Il est entraîneur de basketball, marié et père de quatre enfants. «J’ai été inspiré par ma grande sœur Ténin Aoua Thiero qui a été capitaine de l’équipe du Stade malien et qui a joué pendant plusieurs années en équipe nationale. C’est elle qui m’a poussé à faire le basket-ball, expliquant que ma taille (2,08m) était un atout », dit Thiero. « La suite des événements lui a donné raison, car dès ma première sortie internationale avec la sélection nationale des U16, j’ai obtenu une bourse d’études pour les Etats-Unis. C’est grâce à Jean Pierre Ciesielski, l’organisateur du tournoi de Douai que j’ai obtenu la bourse. Je serais toujours reconnaissant à l’endroit de ma sœur aînée», ajoute-t-il. Almamy Thiero peut être fier de son parcours sportif, pour ne pas dire de sa vie, tout court. Et pour cause, non seulement l’ancien sociétaire de l’AS Biton et du Djoliba a eu une grande carrière, en tant que joueur mais, aussi et surtout, parce qu’il a réalisé un rêve d’enfance, celui de devenir entraîneur de basket après sa carrière. «J’ai connu des moments inoubliables en sélection, j’étais le capitaine de l’équipe et j’ai effectué plusieurs sorties internationales avec mes coéquipiers», raconte le natif de la capitale des Balanzans. C’est à Ségou, capitale administrative de la 4è Région que tout a commencé pour Almamy Thiero. Après un bref séjour à l’AS Biton, le jeune joueur est repéré par le Djoliba qui le recrute. Mais l’ailier ne passe qu’une petite saison. Sélectionné en équipe nationale cadette pour le tournoi de Douai, une commune française, Almamy Thiero obtient une bourse d’études pour Louisville, dans l’Etat du Kentucky, aux Etats-Unis. «A mon arrivée aux Etats-Unis, j’ai poursuivi mes études au lycée de Louisville, puis en Caroline du Nord. Par la suite, j’ai eu une bourse d’étude universitaire qui m’a permis d’intégrer l’équipe de Memphis alors managée par John Calipari, l’un des meilleurs coaches des États-Unis. C’est à Memphis que j’ai eu mon Bachelor degree (Ndlr, baccalauréat universitaire). Notre équipe a été sacrée, deux fois, champion de notre conférence et nous nous sommes classés 8è du championnat NCAA (Ndlr, championnat masculin de basket-ball) sur 68 équipes universitaires. Après Memphis, j’ai fait mon Master en Sports Leadership à Duquesne University», raconte Thiero. L’ancien joueur de l’Université de Memphis joue ensuite une partie de saison avec les Dukes en tant qu’étudiant diplômé. éligible en raison d’une règle de transfert de la NCAA pour les diplômés de quatre ans, le jeune ailier revient à l’Université après avoir obtenu son diplôme de premier cycle en français. Almamy, comme l’appellent familièrement les supporters, sera l’un des cinq joueurs à assister à chacun des 15 premiers matches des Dukes lors de la saison 2006-2007. Malheureusement, en janvier 2007, des caillots sanguins sont diagnostiqués dans les poumons du joueur, l’obligeant à faire une croix sur le reste de la saison. Déjà lors de la saison 2003-2004 à Memphis, Almamy Thiero avait été victime d’une maladie similaire et ne jouera que 134 minutes en 28 matches. «Mon genou me faisait mal, j’ai subi quatre opérations, sinon ma 4è année à Memphis a été magnifique. Nous avons été champions de notre conférence». à cause de ses blessures à répétition, l’ancien joueur de l’AS Biton et du Djoliba sera contraint de mettre prématurément fin à sa carrière en 2007. La même année, il devient assistant de coach de la sélection américaine des U19, avant d’être propulsé à la tête de College basket-ball prospects of America. «Je suis maintenant coach de basket-ball à Sewickley Academy et président du College basket-ball prospects of America. Plus de 150 athlètes évoluent dans mon organisation. J’ai choisi ce métier pour pouvoir rendre service à la jeunesse», indique Almamy Thiero, marié et père de quatre enfants (un garçon et trois filles). «Ma famille est une famille de basket-ball parce que mon épouse, Mariam Tanty Sy a également joué au basket et porté plusieurs fois le maillot de la sélection nationale», fait remarquer le président de Collège basket-ball prospects, avant de parler de ses projets. «Mon épouse et moi, avons créé une association à but non lucratif, depuis une demie dizaine d’années, nous intervenons au niveau de certains centres de basket de Ségou et de Bamako. Concrètement, notre association donne des équipements aux centres». Pour lui, c’est un minimum. SSK/MD (AMAP)

Portrait : Moussa Traoré, « Balla » s’en est allé

Bamako, 15 sept (AMAP) Né le 25 septembre 1936, Moussa Traoré aura connu cinq vies. La première est celle d’un jeune officier que rien ne distinguait, particulièrement, et qui fait ses études à l’Ecole des enfants de troupe de Kati avant de les poursuivre à l’Ecole préparatoire des officiers d’outre-mer. Il est aspirant lorsqu’il regagne le Mali nouvellement indépendant. Nommé sous-lieutenant en 1961, il passe lieutenant en 1963. Le Mali socialiste d’alors est engagé aux côtés des forces qui se battent pour l’émancipation totale du continent et le jeune officier est envoyé au Tanganyka (partie intégrante de l’actuelle Tanzanie) en qualité d’instructeur auprès des combattants des mouvements de libération. Rentré au Mali, Moussa Traoré est affecté, toujours comme instructeur, à l’Ecole militaire inter-armes de Kati. La seconde vie de Moussa Traoré commence en 1968. Avec un groupe de jeunes officiers inquiets de la dévalorisation croissante de l’Armée et de la montée de la milice populaire devenue une institution para-militaire toute-puissante, il organise le coup d’Etat du 19 novembre 1968 qui aboutit au renversement du président Modibo Kéita. Le jeune officier est porté à la tête du Comité militaire de libération nationale (CMLN), nouvel organe dirigeant du pays et il cumule assez vite ces fonctions avec celles de chef de l’Etat. Mais malgré ces responsabilités en apparence prestigieuses, Moussa Traoré n’est en fait que le premier parmi les égaux, le fonctionnement collégial du CMLN restreignant sa marge de prise de décision. Si bien qu’il apparaît non pas comme l’homme fort du pays, mais plutôt comme le pondérateur des luttes d’influence qui font rage à l’intérieur du Comité. Sa troisième vie date du 28 février 1978. Ce jour-là, il fit arrêter quatre de ses compagnons parmi lesquels deux (Tiécoro Bagayoko et Kissima Doukara) traînent une réputation désastreuse au sein de l’opinion publique nationale et sont considérés comme les faucons du CMLN. La quatrième vie de Moussa Traoré débute lorsque prend fin l’état de grâce qui a suivi les événements de février 1978. L’agitation estudiantine de 1980 s’achève sur la mort du leader du mouvement Abdoul Karim Camara dit « Cabral ». Le président Traoré dans cette crise a dû se sentir bien démuni puisque le parti unique et constitutionnel qu’il a créé – l’Union démocratique du peuple malien (UDPM) – n’a pas su se poser ni en intercesseur auprès du monde scolaire, ni en mobilisateur de l’opinion publique. L’ancien pensionnaire de l’Ecole des enfants de troupe de Kati, qui était devenu général de brigade en octobre 1978 (il sera promu général d’armée en mars 1982), commence alors son apprentissage de la solitude du pouvoir. Celle-ci allait lui faire abandonner progressivement ses réelles aspirations d’ouverture de 1978 pour se laisser enfermer dans une logique de cénacle. Au début des années 90, cette évolution atteint sa forme la plus aboutie. Au-delà du parti et au-dessus du gouvernement, c’est un cercle restreint de proches et d’intimes qui exerce la réalité du pouvoir et conseille le président sur la conduite des affaires du pays. Moussa Traoré s’est, de plus en plus coupé, des réalités du pays dont il ne percevait pas les profondes modifications. Le destin lui réserva tout de même un ultime chant du cygne en 1988, année où il assume la présidence de l’Organisation de l’unité africaine (OUA), aujourd’hui Union africaine (UA) en même temps que se fêtait le 20è anniversaire de sa prise de pouvoir. Deux ans plus tard, survenait le temps des épreuves. Les associations politiques lançaient les premières revendications pour l’ouverture démocratique. Imperméable à l’air du temps, insensible aux avis favorables au multipartisme qui surgissaient au sein de son propre camp, Moussa Traoré laisse passer deux occasions historiques d’accepter l’ouverture et, sans doute, de la contrôler. Voulant à tout prix rester maître du calendrier et reporter une prise de décision au congrès de l’UDPM de mars 1991, il se fait déborder par la montée des impatiences populaires. La répression sanglante de la marche estudiantine du 22 mars 1991 sonne le glas de son régime. Renversé par le coup d’État du 26 mars, Moussa Traoré est condamné à mort lors du procès « Crimes de sang », puis du procès « Crimes économiques »(les peines seront ensuite commuées en détention à perpétuité). En ces deux occasions, il s’employa à justifier et à valoriser sa gestion des affaires maliennes pendant 23 ans, mettant sa chute au compte d’un complot ourdi de l’extérieur. Gracié en mai 2002 par le président Konaré, l’ancien chef de l’État fait alors le choix de se mettre en retrait de la vie publique. Féru de lecture des Saintes écritures, il a certainement puisé dans celles-ci la sérénité de comportement et l’égalité d’humeur que tous lui reconnaissent aujourd’hui. S’il prodigue encore de discrets conseils et recommandations aux forces politiques qui lui demeurent fidèles, il s’abstient résolument de tout ce qui pourrait apparaitre comme une immixtion directe. Ce qui ne l’empêchera pas cependant le 04 septembre 2013, de rehausser l’éclat de la cérémonie de prestation de serment au CICB du président de la République alors fraichement élu, Ibrahim Boubacar Keïta. Seul ancien chef d’Etat présent, Moussa Traoré a été alors porté au pinacle par celui qui venait de prendre les rênes du pays qui le qualifia de « Grand républicain ». Ayant franchi l’âge de la sagesse, celui que ses compatriotes appelaient « Tarata Balla » qui signifie « Balla du Mardi » (Ndlr, les événements importants de sa vie sont intervenus un mardi), aura compris que c’est désormais le costume de conciliateur et de rassembleur qui lui sied. Au lendemain du coup d’Etat qui a renversé le président Amadou Toumani Touré en 2012, les responsables de la junte l’ont rencontré quelques fois. Plus récemment, les membres du Comité national pour le salut du peuple (CNSP), avec le colonel Assimi Goïta en tête, sont aussi allés à « l’écoute de l’ancien président ». Puisant dans son riche fond politico-militaire, Moussa Traoré a dû prodiguer d’utiles conseils aux jeunes officiers de 2012, tout comme à ceux de 2020 dont le destin a ressemblé au sien quelques décennies plutôt. Il aura aussi contribué à chercher une issue