Kangaba : rencontre communautaire dans les communes frontalières
Kangaba, 14 avril (AMAP) Le préfet du Cercle de Kangaba, Abou Dao, accompagné par des chefs de services techniques s’est rendu, vendredi 11 avril 2025, respectivement à Keniegoué, chef-lieu de la Commune rurale de Kaniogo et à Banankoro, chef-lieu de laCcommune rurale de Nouga, pour rencontrer les communautés en vue de prendre des dispositions pour accueillir les transhumants maliens en provenance de la Guinée. Un communiqué interministériel du gouvernement de la Guinée a annoncé l’interdiction formelle de la transhumance transfrontalière sur toute l’étendue du territoire guinéen pour la période allant du 1er janvier 2025 au 1er mars 2026. Une autre lettre signée le 28 mars 2025 par le gouverneur de la Région de Kankan (Guinée), en prélude au retour des transhumants maliens avant le 15 avril 2025, a été adressée au gouverneur de la région de Koulikoro, au Mali. Le préfet Dao agit après s’être vu répercuter cette lettre du gouverneur de Kankan, par le gouverneur de Koulikoro, le colonel Lamine Kapory Sanogo a répercuté sur le préfet du cercle de Kangaba l’invitant « en rapport avec les services techniques, à prendre les dispositions idoines pour un bon accueil et une bonne gestion des transhumants maliens à leur retour », Il a, effectivement, engagé « les communautés des localités frontalières à ne rien ménager pour réserver un bon accueil à leurs compatriotes en provenance de la Guinée. » Il a demandé aux légitimités traditionnelles de leur réserver des pâturages le long de leur passage. Toujours pour atténuer les souffrances des transhumants maliens, le préfet de Kangaba a, dans des correspondances, demander à ses homologues de Mandiana et Siguiri, en Guinée, de sensibiliser les populations frontalières guinéennes à réserver un bon traitement aux transhumants maliens dans leurs manœuvres de retour dans leur pays. Le préfet Dao, aux nombreuses questions qui lui ont été posées, par rapport à l’existence d’un protocole d’accord réglementant la transhumance Inter-Etats entre les deux pays, a dit que la lettre du gouverneur de Kankan invite les transhumants maliens à quitter le sol guinéen sans aucune précision. « C’est en respect de la souveraineté de la Guinée que nous invitons nos transhumants à respecter le contenu de cette lettre » a-t-il ajouté. Cela signifie en claire que tous les transhumants maliens se trouvant sur le territoire guinéen doivent quitter avant le 15 de ce mois. SD/MD (AMAP)
Nouveau délai pour l’interdiction de la transhumance des animaux maliens en Guinée
Bamako, 12 avr (AMAP) La date de l’interdiction de la transhumance des animaux maliens vers la Guinée a été prorogée au 02 mai 2025, initialement fixée au 1er mars 2026, après une rencontre entre autorités maliennes et guinéennes, annonce, vendredi, le ministre malien de l’Élevage et de la Pêche, Youba Ba, dans un communique. Cette décision, qui fait suite à une mission conduite par M. Ba à Conakry, du 6 au 8 avril 2025, à l’invitation de son homologue guinéen, est destinée à permettre un retour coordonné et apaisé des éleveurs maliens de Guinée. Les discussions ont porté sur la gestion de l’interdiction de la transhumance transfrontalière, décrétée par la Guinée le 23 janvier 2025, « en raison des conflits récurrents entre agriculteurs guinéens et éleveurs maliens, exacerbés par une mauvaise gestion des ressources naturelles et un manque d’espaces pastoraux. » Pour anticiper la mesure, le ministère malien a organisé, du 3 au 6 mars 2025, une campagne de sensibilisation dans les régions de Koulikoro, Kita et Bougouni, frontalières avec la Guinée, « visant à promouvoir une transhumance paisible à l’intérieur du Mali. » Une rencontre est prévue à Bamako, avant fin avril 2025, pour réviser le protocole d’accord sur la transhumance entre les deux pays. Le ministre appelle ses compatriotes éleveurs maliens « au respect strict de la date limite du 2 mai 2025 et à l’apaisement. » Il assure que « des mesures, comme l’aménagement de périmètres pastoraux et la distribution d’aliments pour bétail, sont en cours pour accompagner les transhumants. » Le secrétaire général de l’interprofession filière bétail viande, Mouhamadou Doucouré faisait partie de cette mission. Joint par l’AMAP, il confirme que les raisons de cette mesure d’interdiction par la Guinée sont liées aux conflicts entre les agriculteurs et les éleveurs. « Il va falloir vraiment réfléchir beaucoup sur le protocole d’accord’’, souligne M. Doucouré. Il indique aussi que « les Guinéens disent que les estimations qui rentrent en Guinée, sont souvent le triple’’. Le secrétaire général de l’interprofession filière bétail viande assure que des dispositions sont en cours pour minimiser les conséquences de cette décision sur les animaux maliens. Parmi celles-ci l’aménagement d’espaces pastoraux le long de la frontière Mali-Guinée. « Sur le retour des animaux, il est prévu de faire au moins 20 forages autour des frontières Mali-Guinée pour faciliter l’abreuvement des animaux’’ a précisé Mouhamadou Doucouré. « Et les dispositions sont en cours aussi, afin de les accompagner en termes d’aliments bétail, pour minimiser les conséquences’’ a-t-il conclu. Il faut préciser que l’interdiction ne concerne pas que les éleveurs maliens installés définitivement en Guinée. OS/MD (AMAP)
Le Conseil économique, social, environnemental et culturel recueille les besoins 2025 de la Région de Ségou
Ségou, 11 avr (AMAP) Une mission du Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC) conduite par Mme Keïta Estelle Florence Zomahoun a tenu une rencontre ce vendredi consacrée au recueil annuel 2025 des attentes, des besoins et des problèmes de la population de Ségou,, dans le Centre du Mali, a constaté l’AMAP. La rencontre d’une journée, dans la salle de conférence du gouvernorat de Ségou, était présidée par le conseiller aux Affaires administratives et juridiques du gouverneur de la Région de Ségou, Aboubacrine Ag Mohamed Aly. Dans son intervention Mme Keïta a rappelé que les dispositions de l’article 165 de la constitution assignent au CESEC la mission de collecte et de rédaction d’un rapport des besoins, des attentes et des problèmes de la société avec des propositions et des orientations, à l’adresse du président de la République, du Premier ministre et des présidents des deux chambres du Parlement. Elle a en, outre, souligné que des missions sont présentement sur toute l’étendue du territoire pour le même exercice dont les rapports seront remis au Président de la République, au Premier ministre et aux deux chambres du Parlement conformément aux dispositions constitutionnelles. A sa suite, Aboubacrine Ag Mohamed Aly a précisé que cet exercice intervient après une phase locale au niveau des cercles. Il a souligné que les problèmes évoqués dans le document « synthèse régionale de Ségou » sont réels. Et ce sont les mêmes besoins de l’année dernière qui sont ressortis. Il a salué la participation massive et la contribution de tous à l’exercice. Au cours de la rencontre les participants ont fait un tour d’horizon des attentes, besoins et problèmes de la région de Ségou dans divers secteurs : agriculture, maraichage, élevage, eau, énergie, industrie, mine, administration, sécurité, élevage, pêche, environnement, assainissement, artisanat, tourisme entre autres. En ce qui concerne l’énergie et l’eau, l’on note la faible connexion aux réseaux d’eau et d’électricité, l’insuffisance de points d’eau potable dans plusieurs localités, l’insuffisance d’éclairage public dans les villes, les délestages d’électricité et le tarif élevé de l’électricité et de l’eau. En termes de solutions proposées pour l’amélioration de ce secteur, il a été recommandé de doter les villes et les principales localités de la région d’eau potable, multiplier les forages et les bornes fontaines, renforcer le système d’éclairage public dans toutes les villes et les chefs-lieux de communes, régulariser la fourniture de l’électricité et de l’eau. En termes d’infrastructure et d’équipements, on note les difficultés d’accès de la rive gauche vers la rive droite au niveau du chef-lieu de Région à Ségou, le non-bitumage de certaines voies principales, l’insuffisance de la couverture téléphonique, télévisuelle radiophonique en bande FM ; l’insuffisance de petits barrages de retenue d’eau, la vétusté des bacs (Tamani- Falo, Macina – Ségou). Comme solutions, la Région de Ségou a proposé de construire un pont reliant les deux rives au niveau du chef-lieu de région à Ségou, bitumer les axes routiers Ségou-Fatine, Ségou-Belin, renforcer et étendre la couverture téléphonique, télévisuelle et radiophonique en bande FM à l’ensemble de la région, construire davantage de petits barrages de retenue d’eau partout où il y a le besoin, réhabiliter les bacs défectueux de la région. ADS/MD (AMAP)
Coopération : Le Japon finance huit projets à 6,6 milliards de Fcfa pour la résilience et le développement durable au Mali
Bamako, 9 avr (AMAP) Le Japon a officialisé, mercredi, à Bamako, le financement de huit projets pour un montant global de 10 650 000 dollars US soit environ 6,6 milliards de Fcfa à mettre en œuvre par certaines agences onusiennes et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), dans le cadre de son budget supplémentaire pour l’année 2024-2025, ont annoncé l’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Japon au Mali, Murata Yukuo, et le Coordonnateur résident, par intérim, du système des Nations Unies, Représentant résident du Programme des Nations unies pour le developpment (PNUD) au Mali, Maleye Diop. Lors d’une conférence de presse conjointe organisée à la Maison commune des Nations Unies, à Badalabougou, en présence des représentants résidents des organisations internationales récipiendaires, les conférenciers ont indiqué que cette enveloppe s’inscrit dans le cadre de la coopération multilatérale japonaise visant à répondre aux défis pressants du Mali en matière de sécurité humaine, d’assistance humanitaire et de développement socio-économique. Les huit projets concernent, le renforcement de la durabilité dans le secteur du textile à travers le partenariat avec le secteur privé, la construction de pistes agricoles et de réservoirs d’eau, de canaux d’irrigation en utilisant un agent spécial de durcissement du sol développé au Japon, la stabilisation comme réponse multisectorielle aux femmes et jeunes déplacés dans les régions du Centre du Mali et le renforcement de la résilience et de la cohésion sociale (routes, conservation du sol, moyens de subsistance inclusifs dans la zone péri-urbaine de Bamako). Outre la réponse aux besoins urgents et transnationaux des communautés affectées dans les Régions du Nord, du Centre et du Sud du pays, le financement couvre également les volets assistance alimentaire et nutritionnelle d’urgence aux populations vulnérables au Mali, la protection et l’assistance aux réfugiés, aux personnes déplacées internes et communautés d’accueil au Mali. Le financement japonais couvre aussi les activités d’urgence et de réhabilitation pour le Mali. Le coordonnateur résident par intérim du système des Nations unies et représentant résident du PNUD au Mali, Maleye Diop, a salué « l’engagement exceptionnel du gouvernement japonais en faveur du Mali. » Selon lui, cet évènement est une preuve tangible de cet engagement et « démontre concrètement la volonté du Japon d’accompagner les efforts du gouvernement pour un développement durable du Mali. » Pour le représentant résident du PNUD au Mali, « cet appui financier constitue une contribution essentielle pour renforcer la résilience des communautés maliennes face aux multiples défis auxquels elles sont confrontées. » Il a ajouté que ces projets seront mis en œuvre, par des agences, fonds et programmes des Nations unies. Notamment le Programme des nations unies pour le développement (PNUD), le Bureau international du travail (BIT), le Programme alimentaire mondial (PAM), l’Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le Haut commissariat des nations unies pour les réfugiés (UNHCR), l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR). « Les projets appuyés par ce financement du Japon couvrent, l’assistance humanitaire pour les populations vulnérables, afin de répondre aux urgences, le soutien à l’entrepreneuriat et à l’innovation, avec l’introduction et la vulgarisation de technologies japonaises innovantes, le renforcement des capacités locales », a expliqué Maleye Diop. Selon une note d’information remise à la presse, à travers cet engagement financier, « le Japon réaffirme sa volonté de contribuer activement à la protection des populations, à la consolidation de la paix et au développement socio-économique durable du Mali. » Selon le conférencier, « ce financement ne se limite donc pas à une simple aide ponctuelle, mais vise à renforcer les capacités locales, permettant ainsi aux communautés maliennes de développer des solutions durables et pour renforcer l’appropriation nationale et leur autonomie. » « Je salue tout d’abord les énormes efforts consentis par le gouvernement de Transition du Mali pour alléger la souffrance des populations. Malgré tout cela, la situation sécuritaire et humanitaire demeure toujours préoccupante, surtout dans les Régions du Centre et du Nord du pays », a introduit l’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Japon au Mali. Selon le diplomate japonais, en vue d’accompagner ces efforts, son pays finance, chaque année sur son budget supplémentaire, et cela depuis 2013, dans le cadre de sa coopération multilatérale, certains projets initiés par certaines organisations internationales. Et c’est dans cette logique que le gouvernement du Japon a approuvée, le 17 décembre dernier, le financement des huis projets initiés dans divers domaines par les organisations internationales. « Cet événement est très significatif pour notre coopération de par la qualité des acteurs concernés et l’impact positif que pourraient avoir ces projets », a indiqué Murata Yukuo. Financés, sous forme de don, la réalisation de ces projets permettra de faire face aux défis urgents et imprévisibles qu’affronte le peuple malien par la stabilisation de la situation humanitaire et sécuritaire, selon l’ambassadeur. BBC/MD (AMAP)
La BOAD soutient la campagne cotonnière 2024-2025 au Mali par un prêt de 15 milliards de francs CFA
Bamako, 1er avr (AMAP) La Banque ouest-africaine de développement (BOAD) a approuvé un prêt de 15 milliards de francs CFA au profit de la Compagnie malienne pour le développement des textiles (CMDT) pour la campagne cotonnière 2024-2025 au Mali, a appris, mardi, l’AMAP dans un communiqué de l’institution sous régionale de financement du developpement. « Cette opération vise à financer la collecte et l’égrenage d’environ 600 000 tonnes de coton graine, contribuant ainsi à préserver les moyens de subsistance de plus de 4 millions de personnes et à générer 1 500 emplois permanents et 3 000 emplois saisonniers », précisé la même source. Réunie fin mars à Dakar sous la présidence de Serge Ekué, la BOAD a, également, approuvé 15 nouvelles opérations d’un montant total de 391,923 milliards de francs CFA, destinées à soutenir des projets d’infrastructures et les économies de ses pays membres. Parmi ces financements, un prêt de 15 milliards de francs CFA a été octroyé à la société Atlantic Cocoa Corporation Côte d’Ivoire SA pour l’acquisition de 30 000 tonnes de fèves de cacao dans le cadre de la campagne cacao 2024-2025, sécurisant les moyens de subsistance de 6 millions de personnes et consolidant 1 500 emplois. D’autres projets incluent un prêt de 20 milliards de francs CFA pour moderniser le système de communication des forces de sécurité intérieure au Burkina Faso, couvrant 32 localités et générant 200 emplois, ainsi qu’un prêt de 30 milliards de francs CFA à Air Côte d’Ivoire pour l’achat de deux avions, ouvrant la voie à des vols long-courriers et à la création de plus de 2 160 emplois. Au Bénin, 30 milliards de francs CFA financeront l’aménagement de la route Ouidah-Hillacondji (58,5 km), avec à la clé plus de 1 550 emplois. Depuis 1976, les engagements de la BOAD s’élèvent désormais à 9 480,5 milliards de francs CFA, consolidant son rôle dans le développement des huit pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) qui sont le Bénin, la Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo. OS/MD (AMAP)
Quatorze millions d’enfants menacés par des coupes dans les services de nutrition en 2025, alerte UNICEF
Bamako, 28 mar (AMAP) – L’UNICEF tire la sonnette d’alarme sur le risque qui plane sur au moins 14 millions d’enfants de perdre, en 2025, l’accès à des services nutritionnels vitaux en raison de coupes drastiques dans les financements mondiaux, indique un communiqué de l’institution parvenu à l’AMAP. Cette crise, « exacerbée par des conflits, des déplacements records, des épidémies et les impacts du changement climatique, menace de réduire à néant des décennies de progrès contre la malnutrition infantile », l’UNICEF. Selon les premières analyses publiées avant le Sommet « Nutrition for Growth » à Paris (27 et 28 mars 2025), ces réductions budgétaires pourraient priver plus de 2,4 millions d’enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère d’aliments thérapeutiques prêts à l’emploi. Près de 28 000 centres ambulatoires et 2 300 centres de stabilisation soutenus par l’UNICEF risquent de fermer ou de réduire leurs activités, aggravant une situation déjà critique dans 17 pays prioritaires. « Les avancées historiques, comme la baisse de 55 millions du nombre d’enfants en retard de croissance depuis 2000, sont en péril », déplore la Directrice générale de l’UNICEF, Catherine Russell. « Sans action urgente, des millions de vies sont en jeu. » Les femmes enceintes et allaitantes sont également touchées, leur nombre en malnutrition aiguë ayant bondi de 25 % depuis 2020, passant de 5,5 à 6,9 millions. Face à cette urgence, l’UNICEF appelle les donateurs et gouvernements à investir massivement dans les programmes de santé et de nutrition, notamment a travers le Fonds pour la nutrition de l’enfant, lancé en 2023 avec le Royaume-Uni, la Fondation Gates et d’autres partenaires. « Une bonne nutrition est essentielle à la survie et au développement des enfants, avec des retombées positives pour les sociétés entières », insiste Catherine Russell. Malgré ses efforts pour optimiser ses ressources, l’UNICEF souligne que seul un sursaut collectif peut protéger les plus vulnérables et préserver leur avenir. OS/MD (AMAP)
Production du premier bidon d’huile du Complexe agro-alimentaire de Kalassa (Siby)
Bamako, 25 mar (AMAP) Le Complexe agro-alimentaire de Kalassa, dans la Commune de Siby, a produit le week-end dernier son premier bidon d’huile d’arachide, un mois après l’inauguration de l’usine par la ministre de l’Entrepreneuriat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Mme Oumou SALL SECK, le jeudi 20 février 2025. Dans un communiqué, la Cellule de communication du ministère indique qu’«outre une Unité de transformation d’arachide en huile, ce complexe comprend également un parc animalier et une aire d’abattage. » Ces nouvelles infrastructures sont réalisées par la Fondation allemande Klaüs Tschira. « Cet engagement de nos amis allemands s’inscrit en parfaite cohérence de la vision de Son Excellence le général d’Armée, Assimi Goïta, président de la Transition, chef de l’État, qui a instruit le Gouvernement de toujours placer les besoins des populations au cœur des décisions », a rappelé Mme la Ministre, lors de l’inauguration du Complexe. Selon le Coordinateur national du Centre agro-alimentaire à Siby (CAAS), M. Salaha Baby, « le CAAS vise l’autosuffisance alimentaire et l’autonomisation des femmes. » Ce centre intervient dans le domaine de la formation et du secteur agroalimentaire. MD (AMAP)
Maladies animales : Des conséquences multiples
Par Anne-Marie KEITA Bamako, 20 mar (AMAP) La contribution économique de l’élevage dans notre pays n’est plus à démontrer. Selon les données de l’Institut national de la statistique (INSAT), l’élevage constitue la principale source de subsistance pour plus de 30 % de la population malienne. Il contribue pour 15% au Produit intérieur brut (PIB), 24% à la production du secteur rural, environ 80% aux revenus des populations rurales et près de 20% aux recettes d’exportation. Ce sous-secteur fait face aujourd’hui, à des difficultés dues aux maladies animales, entrainant ainsi d’importantes répercutions sur la productivité, la santé animale, la santé et le bien-être de l’homme. En effet, les maladies animales génèrent des coûts directs pour le secteur de l’élevage qui se traduisent par la mort d’animaux, une productivité amoindrie et des frais occasionnés par la lutte contre ces maladies. Ces maladies concernent tous types d’animaux, à savoir le gros bétail et les petits ruminants, les volailles locales et exotiques ou importées, et l’élevage traditionnel et moderne. Ousmane Cissé est un jeune éleveur. Son troupeau compte plus de 200 têtes de bœufs. Dans l’année, il peut en perdre plus d’une vingtaine à cause des maladies. Parlant des conséquences sur la production, il explique que quel que soit le type de maladie, quand une vache est malade, sa production laitière diminue et, par ricochet, l’éleveur perd beaucoup en terme de revenus. À l’en croire, les éleveurs subissent de plein fouet les conséquences des maladies animales à cause du coût élevé du vaccin. Selon Cheickna Dianka, agroéconomiste de son état, ces maladies ont plusieurs causes, notamment l’insuffisance de la couverture vétérinaire des exploitations d’élevage, le coût relativement élevé des produits vétérinaires en matière de prévention et de traitement en cas de maladies localisées ou d’épidémies, l’insuffisance des connaissances en matière de bonnes pratiques d’élevage, l’inadaptation des infrastructures en matière d’habitat (étables, bergeries, poulaillers). «Les maladies animales ont des incidences négatives au sein des systèmes de production agro-sylvo-pastoraux au plan productif, économique, nutritionnel et de la sécurité sanitaire des aliments issus des différentes chaînes de valeurs», dit-t-il. Ajoutant qu’au plan productif, ces maladies contribuent à la diminution du cheptel disponible à cause des pertes plus ou moins élevées au niveau de toutes les espèces animales et notamment au niveau des volailles pour lesquelles les maladies se propagent à une vitesse très rapide. Aussi, explique-t-il, les maladies animales touchant les animaux reproducteurs ou servant à la multiplication, peuvent gravement perturber la multiplication et le renouvellement des effectifs. À ce propos, il estime que les chaînes d’approvisionnement peuvent être aussi fortement perturbées et les fortes mortalités peuvent occasionner la baisse de l’offre potentielle d’animaux sur les marchés. Sur le plan économique, Cheichna Dianka soutient que les maladies animales contribuent à la perte de revenus dans les exploitations d’élevage et affaiblissent la chaine de commercialisation des produits d’origines animales, tels que la viande, le lait et les œufs. «En plus de ces pertes de revenus, elles ralentissent et entravent les investissements et les réinvestissements dans les différentes filières et chaînes de valeurs», dit l’agronome. Et au Dr Modibo Ongoïba, vétérinaire à la direction nationale des services vétérinaires, de renchérir : «En cas de maladies, les animaux produisent moins et maigrissent et on ne trouve pas assez de viande, de lait, ni d’œuf. Si un animal tombe malade, il faut forcément payer des médicaments, trouver un vétérinaire pour les prestations et dépenser pour des mesures de bio sécurité pour se protéger. Tout cela génère des coûts, donc des pertes économiques chez les éleveurs», affirme le docteur vétérinaire. À ces pertes, s’ajoutent des difficultés de commercialisation aux plans national et international, car dans un pays où il y a la grippe aviaire par exemple, l’importation des produits avicoles est interdite. QUANTITÉ ET QUALITÉ – En outre, les maladies animales peuvent constituer des risques financiers lorsque les activités mobilisent des ressources financières importantes investies par les exploitants et à travers des ressources externes (dons, subventions, emprunts bancaires ou privés), indique l’agroéconomiste. Cheichna Dianka rappelle que la recrudescence des maladies est accentuée par l’absence d’un système de couverture des risques garantis offerts par une assurance agricole, indemnisations institutionnelles de l’État. Au plan nutritionnel, Chéichna Dianka souligne que les maladies animales, en affectant l’offre sur les marchés, entravent l’accès des consommateurs aux produits issus des filières et chaînes de valeur du sous-secteur de l’élevage en termes de quantité et de qualité. Il explique que la diminution de l’offre sur les marchés de consommation des produits frais et transformés est un facteur d’augmentation des coûts de production et des prix de vente au niveau de l’ensemble du circuit de collecte et d’approvisionnement. Toute chose qui provoque des phénomènes de spéculation. Pour lui, la diminution de l’offre peut constituer des difficultés pour atteindre les seuils de consommation recommandés ou observés dans d’autres pays. À titre d’exemple, au Maroc, la consommation de viande de volailles est estimée à 12 kg par habitant, moins de 5 kg en Côte d’Ivoire. Au Mali, ce seuil semble se situer entre 1,5 et 2 kg par habitant. Chéichna Dianka note que l’utilisation des produits vétérinaires pour la prévention ou le traitement des maladies de façon abusive ou non conforme aux normes d’emploi, peut constituer un risque de santé, notamment lorsque les dates limites avant consommation ne sont pas respectées. Parlant des impacts sur la santé publique, Dr Modibo Ongoïba précise que certaines maladies génétiques se transmettent de l’animal à l’homme comme la rage, la grippe aviaire, la tuberculose, le charbon bactéridie… On les appelle les zoonoses. Selon lui, les personnes les plus exposées à ces zoonoses sont les exploitants, les vétérinaires et autres individus travaillant dans le domaine de l’élevage. Aussi, le docteur vétérinaire attire l’attention sur le fait que la sécurité alimentaire peut être menacée par ces maladies animales qui peuvent entraîner des intoxications alimentaires. Lors du lancement de la campagne nationale de vaccination 2025 du cheptel à Konobougou en décembre dernier, le ministre de l’Élevage et de la Pêche, Youba Ba, affichait l’ambition de son département d’augmenter la
Vaccination du cheptel : C’est indispensable
Par Makan SISSOKO Bamako, 20 mar (AMAP) À Kalaban Coura, au cœur de la Commune V du District de Bamako, Cheick Oumar Sissoko est un éleveur discret mais déterminé. À son domicile, des lapins, poulets et pigeons s’épanouissent grâce à ses soins. Il achète des vaccins dans les pharmacies vétérinaires sans consulter de vétérinaire. Ce mardi 3 mars 2025, alors que le soleil commence à se coucher, Cheick Oumar Sissoko s’affaire dans sa cour. « J’achète des vaccins dans les points de vente, mais je n’ai jamais consulté un vétérinaire pour mes animaux. Cela me semble suffisant », confie-t-il. Pourtant, l’année dernière, Oumar a perdu une dizaine de ses sujets à cause d’une maladie virale dont il ignore jusqu’à présent les raisons. Éleveur et marchant de bétail, depuis plusieurs années, Adama Bah est tout simplement réticent à la vaccination de son cheptel. En effet, les animaux qu’il élève, ne sont pas vaccinés. « Depuis que je m’occupe du bétail, je m’intéresse pas aux produits vétérinaires car mes animaux sont en bonne santé », assure-t-il, fière.ment. Et il ose même mettre en doute l’efficacité des vaccins. « On nous dit que ça protège contre certaines maladies, mais on ne voit pas les résultats sur le terrain », explique-t-il. En décembre 2024, le gouvernement a lancé la campagne nationale de vaccination du cheptel, visant à vacciner et prémunir 81 millions d’animaux contre diverses maladies animales et zoonotiques. Cette initiative vise à renforcer la protection sanitaire du cheptel national et à contrôler des maladies telles que la peste des petits ruminants, la péripneumonie contagieuse bovine, la maladie de Newcastle, le charbon bactérien et symptomatique et surtout la rage. Malgré la disponibilité de vaccins subventionnés et l’encouragement des autorités à faire vacciner les animaux, de nombreux éleveurs, comme Oumar, continuent d’acheter des vaccins sans prescription vétérinaire. Le vaccin qu’il utilise, sans avis médical, pourrait être inefficace ; ou pire, s’il est mal administré, il pourrait causer la perte de son cheptel. Pourtant, l’État a mis à disposition des vétérinaires pour accompagner les éleveurs et garantir une couverture sanitaire optimale et sécurisée. MANDATAIRES SANITAIRES – En la matière, pour encadrer la vente et l’utilisation des médicaments vétérinaires, la loi n°028 du 14 juillet 2011 institue le contrôle des denrées alimentaires d’origine animale et des aliments pour animaux, stipulant que les agents des services vétérinaires sont habilités à accéder aux documents liés aux activités de production et à effectuer des prélèvements pour analyses. Cependant, la vente de médicaments vétérinaires sans ordonnance persiste, ce qui complique le contrôle de la qualité et de l’efficacité des vaccins utilisés. Pour améliorer la situation, l’Association nationale des vétérinaires mandataires du Mali (ANAVEM) mise sur la sensibilisation des éleveurs, sur l’importance de consulter les vétérinaires pour la vaccination et le traitement de leurs animaux. Son président, Mady Keïta, rappelle qu’avant le mandat sanitaire, c’est l’État qui vaccinait les animaux à travers les vétérinaires publics. « Depuis un certain moment, explique-t-il, l’État s’est désengagé pour confier la vaccination aux vétérinaires appelés mandataires sanitaires. » « Dans les localités où ces vétérinaires privés ne sont pas présents, l’État assure la vaccination des animaux pour combler le vide », ajoute M. Keïta, Aujourd’hui, ils sont au nombre de 159 vétérinaires titulaires du mandat sanitaire repartis sur l’ensemble du territoire qui, chaque année, mobilisent les éleveurs pour la vaccination du cheptel. « À ce titre, chaque titulaire du mandat sanitaire se fixe un objectif par rapport à l’effectif de son cheptel dans la localité qu’il couvre, en se donnant une prévision pour faire le bilan à la fin de la campagne », explique le président de l’ANAVEM qui apprécie, globalement, la vaccination à mi-parcours comme satisfaisante. Par ailleurs, Mady Keïta souligne la faible mobilité des agents dans certaines localités du pays comme dans les Régions de Mopti, Bandiagara (Centre) et une partie de Gao, Kidal, Tombouctou et le Cercle d’Ansongo, dans le Nord du Mali. Mais, aussi, dans la bande sahélienne comme Nara, Nioro, Troungoumbé où le déplacement du vétérinaire en moto devient difficile à cause de l’insécurité. Parlant de l’acquisition des vaccins, il précise qu’il existe un seul circuit d’approvisionnement à travers le Laboratoire central vétérinaire (LCV) qui fabrique des produits vétérinaires. Les vaccins de ce laboratoire sont subventionnés par l’État au prix fixe de 30 Fcfa pour les vétérinaires titulaires de mandats sanitaires. « Si les vaccins appelés morts sont disponibles chez les grossistes, seuls les titulaires de mandats sanitaires ou les vétérinaires étatiques ont accès aux vaccins vivants utilisés contre la peste des petits ruminants et la péripneumonie contagieuse bovine. Ils doivent être impérativement gardés dans la glace », argumente le président de l’ANAVEM. Il précise que la vaccination n’est pas gratuite et la prestation du vétérinaire est payée en fonction des localités. VACCINATION OBLIGATOIRE – Outre les difficultés liées à l’insécurité, Mady Keïta souligne la problématique de la vente illicite des vaccins vivants qui sont à la portée de tout le monde. « Ce qui, estime-t-il, rend le travail difficile. » « Quand un vaccin passe par la main d’un non professionnel, dans des conditions de conservation qui ne sont pas respectées, cela affecte l’efficacité du produit », regrette-t-il. Le vétérinaire appelle les éleveurs à aller vers les bons produits en approchant des spécialistes assermentés pour protéger la santé humaine et le cheptel. Le chef de la section surveillance épidémiologique à la Direction nationale des services vétérinaires (DNSV), Dr Boundiala Sissoko, explique que la campagne de vaccination est planifiée en fonction de la mobilité et de l’effectif du cheptel dans chaque zone. Par exemple, pendant que les animaux du Nord migrent vers le Sud à la recherche de pâturages et d’eau, la vaccination commence au Sud pour finir vers le Nord. Aujourd’hui, la vaccination contre la péripneumonie contagieuse bovine se chiffre à 776 000 têtes vaccinées contre 831 000 têtes pour la peste des petits ruminants (moutons et chèvres) et 1 909 410 de volailles vaccinées contre la maladie de Newcastle. Le vaccin contre la rage n’est pas subventionné ce qui fait que la vaccination à
Bamako : Rentable ? L’agriculture périurbaine
Par Moussa M. DEMBELE Bamako, 13 mar (AMAP) La culture des céréales sèches, le maraîchage, l’élevage et la pisciculture, sont entre autres, des activités menées par de nombreux Bamakois. Parmi ceux-ci, figurent des fonctionnaires en activité ou à la retraite, des agents du secteur privé et des commerçants. La plupart de ces personnes vont au champ, juste pour meubler leur temps de loisirs et non par nécessité. Ces producteurs périurbains sont majoritairement confrontés au manque de manœuvres, d’ouvriers agricoles et de financement, parmi tant d’autres. A ces difficultés, s’ajoutent les défis du changement climatique. « Le champ ne nous rapporte rien. On ne fait que gaspiller notre argent. J’exerce cette activité juste par passion sinon, je n’en tire aucun bénéfice. Or, avec l’argent que j’ai investi dans mon champ, je pourrais faire d’autres choses », nous raconte cet ingénieur des mines, qui a pris sa retraite anticipée pour se convertir dans l’agriculture périurbaine. Nous lui avons rendu visite dans son champ où il nous a briefé sur la situation de ses six hectares, situés sur la route de Ségou, à quelques kilomètres de Kasséla. S’exprimant sous anonymat, ce « paysan de circonstance » précise qu’il a été victime de plusieurs cas de vols orchestrés par ou avec la complicité de ses ouvriers. À en croire notre interlocuteur et bien d’autres, cette forme d’agriculture n’est pas rentable en dépit de la passion qu’elle suscite chez ces cadres ou salariés. À moins d’une heure de route, notre équipe de reportage arrive à destination. À travers une visite guidée des lieux, le propriétaire nous explique les difficultés qu’il rencontre dans son entreprise. « Vous voyez l’espace, c’est une superficie de six hectares. J’ai investi plusieurs millions de Fcfa dans l’exploitation. Cependant, je ne peux pas dire que le champ m’a rapporté des bénéfices ou fait gagner telle somme », affirme-t-il. Et d’ajouter que, dans l’avenir, ce champ peut lui servir d’habitation. Mamadou Dao abonde dans le même sens que ce vieux retraité. « J’ai été élevé dans une localité où l’agriculture est la principale activité. D’où mon intérêt pour cette activité », confie-t-il. Ce natif de la Région de Sikasso est un économiste de formation qui évolue actuellement dans l’agriculture, depuis 1997, à N »Golobougou, situé à quelques kilomètres de la ville de Bamako. Dans cette localité proche de la Cité universitaire de Kabala, dans la Commune de Kalaban-Coro, M. Dao possède environ cinq hectares. Selon lui, l’État doit revoir sa politique d’aide aux agriculteurs pour assurer l’autosuffisance alimentaire. « Aujourd’hui, je pense que les autorités doivent valoriser l’agriculture pour aider les familles à vaincre la faim, la misère et promouvoir le développement local. Après les récoltes, l’État doit nous aider à vendre nos produits à des prix raisonnables ou rentables, sinon les commerçants gagnent plus que nous les producteurs », fait savoir Mamadou Dao. Cette activité n’est qu’une passion pour lui. Il estime qu’à la fin du mois, après les dépenses, il ne gagne pas de bénéfice. « Je fais l’agriculture juste par plaisir. En fin compte, ce que je dépense par mois, dans l’exploitation de mon champ et les frais de déplacement, est minime par rapport à ce que je gagne », précise-t-il. Dans la même dynamique, Mamadou Dembélé pratique l’agriculture périurbaine depuis 2020. Il cultive de l’arachide et fait aussi le maraîchage. Ce natif de Koutiala regrette d’avoir investi dans un champ parce que, soutient-il, il n’y trouve pas son compte en retour. « Quand j’achetais mon champ, j’étais vraiment motivé pour contribuer à l’autosuffisance alimentaire. Après cinq ans d’activité, je me rends compte que c’est une entreprise très compliquée et moins rentable. Par mois, je peux dépenser 150 000 Fcfa pour le déplacement ainsi que pour la main d’oeuvre. Alors que je n’ai jamais fait une production de cette valeur, même après quatre mois d’activité », confie-t-il à l’AMAP. Le nouveau producteur envisage de s’engager dans un business différent de l’agriculture. Pour aider ces exploitants à faire face aux problèmes l’agriculture périurbaine et à défendre leurs intérêts, un collectif des acteurs a été créé en 2024 dans le but de collaborer avec l’État pour développer le secteur. Le trésorier général de la coopérative, Ousmane Sylla, explique que ce « collectif rassemble les agriculteurs, éleveurs et pisciculteurs pour favoriser le secteur afin que tout le monde puisse avoir satisfaction ». « Le but principal de cette association est, selon lui, de trouver une solution durable aux difficultés (problème de ressources humaines et de commercialisation). » Le regroupement compte collaborer avec l’État pour lutter contre l’insécurité alimentaire, notamment, en misant sur l’agriculture périurbaine. Contrairement à ces producteurs, d’autres affirment que l’agriculture pratiquée dans les environs de Bamako est une bonne affaire mais qui exige « un don de soi. » L’agriculture est une activité lucrative qui prend en compte plusieurs facteurs. « Lorsque vous vous engagez dans ce secteur, avec une volonté bien affichée, un projet bien établi, vous avez la possibilité d’y faire progresser rapidement votre entreprise agricole. Car, l’agriculture aujourd’hui, n’est plus de subsistance mais plutôt un business », explique Bréhima Sogoba. Ce journaliste, qui parvient à se tirer d’affaires est, lui-même, son propre manœuvre. « La difficulté dans l’agriculture, est la gestion des ressources humaines. Dans toute entreprise, lorsque vous avez des difficultés majeures liées à cette question, vous aurez du pain sur la planche. Cela freine la réussite de beaucoup de personnes dans ce domaine », dit-il. « En plus de la cherté du matériel ou des équipements agricoles, l’accès au financement est difficile », argumente notre confrère. Malgré l’existence des structures d’accompagnement, cet interlocuteur estime que l’accès au financement reste toujours limité. À ce propos, M. Sogoba accuse : « si certaines catégories de personnes continuent de bénéficier de fonds, les vrais acteurs n’en trouvent pas. » HUIT MILLIONS DE CHIFFRES D’AFFAIRES – Conscient qu’aujourd’hui, l’agriculture est l’une des activités les plus prometteuses, un commerçant qui a voulu garder l’anonymat, avoue avoir abandonné le commerce au profit de l’agriculture dans la périphérie de Bamako. « Avec un chiffre d’affaires de huit millions de Francs Cfa par campagne », cet entrepreneur de renom savoure son succès,

