Mopti : Fin d’un atelier de formation en Fulfulde au profit de 30 femmes de la région
Mopti, 21 août (AMAP) Un atelier en Fulfildé (Peulh) au profit 30 femmes opératrices d’activités génératrices de revenus (AGR) des cercles de Mopti, Djenné, Douentza et Bankass, a pris fin mardi dans la Cité de la Venise Malienne, sous la présidence du directeur de l’académie d’enseignement, Daouda Doumbia, a constaté l’AMAP. Organisé par le ministère de l’éducation nationale à travers la direction nationale de l’éducation non formelle et des langues nationales (DNENF-LN), l’atelier s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du programme de développement durable des exploitations pastorales au sahel (PDDEPS). Son objectif est d’apprendre aux femmes opératrices d’AGR à lire, écrire et calculer en peulh pour les soutenir dans la gestion de leurs activités. La formation a permis aux participantes d’acquérir des connaissances dans la tenue des documents écrits pour la traçabilité de leurs entreprises. Daouda Doumbia a salué le courage et le professionnalisme des formateurs pour avoir su transmettre à la cible en un si peu de temps une importante somme de connaissances pouvant les permettre de restreindre les erreurs dans la conduite de leurs affaires. Le directeur de l’académie d’enseignement a enfin exhorté les bénéficiaires de la formation à redoubler d’ardeur, a saisi l’occasion pour rappeler que la réussite est au bout de l’effort. La porte parole des bénéficiaires, Hawa Tamboura venue de Konna a apprécié la session à sa juste valeur et souhaité qu’elle soit suivie d’autres pour les permettre de mieux cerner leurs domaines d’intervention. La cérémonie de clôture s’est déroulée en présence du directeur régional des productions et industries animales, Hamadi Kane Diallo et du chef de division des langues nationales à la DNENF-LN, Abdramane Ba. DC/KM (AMAP)
Sortie de crise au Mali : Première rencontre du CNSP avec la classe politique
Bamako, 29 août (AMAP) Les membres du Comité national pour le salut du peuple (CNSP) ont rencontré, jeudi, au ministère de la Défense et des Anciens combattants, la classe politique malienne, dans toutes ses sensibilités, dans le cadre des échanges qu’ils ont engagés avec les acteurs de la vie nationale, a constaté l’AMAP. Cette première rencontre avec les forces vives (la société civile, l’opposition et la majorité) « est une réunion de prise de contact avec les nouvelles autorités », a dit Mamadou Blaise Sangaré de la Convention sociale démocrate (CDS–Mogotiguiya). Selon lui, dès leur première annonce, les militaires ont indiqué les voies pour mettre ensemble toutes les couches sociales, politiques et les forces vives de la Nation afin d’amorcer quelque chose en commun. Pour sa part, Oumar Hamadoun Dicko du Parti pour la Solidarité et le Progrès a indiqué que les militaires ont proposé un dialogue avec tout le monde. Selon lui, il s’agit de trouver une formule de rassemblement pour que chacun donne son point de vue sur une feuille de route éventuelle qu’ils vont proposer. Ibrahim Bocar Ba de l’Union malienne-Rassemblement démocratique africain (UM-RDA) a abondé dans le même sens. « Ils (les militaires) ont décliné un certain nombre de bonnes intentions et nous-mêmes nous avons donné des réponses par rapport à cela », a-t-il souligné. Pour lui, le plus important maintenant est de travailler pour pouvoir sortir de la crise. Plus tard, dans la soirée, le porte-parole du Comité national pour le salut du peuple (CNSP), le colonel-major Ismaël Wagué, a déclaré sur une télévision internationale que la phase de transition est en cours. « On est déjà en train de rencontrer des forces vives pour mettre en place un Conseil de transition avec un président de transition qui va être soit un militaire soit un civil », a-t-il affirmé. La rencontre avec la classe politique était présidée par le colonel Malick Diaw, vice-président du CNSP qui avait à ses côtés, le colonel Ismaël Wagué, porte-parole et d’autres responsables militaires. DD/MD (AMAP)
La Cedeao met la pression sur le Mali
Bamako, 20 août (AMAP) La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), a décidé, jeudi, en plus des sanctions économiques contre le Mali, de mettre en œuvre des mesures contre les auteurs du putsch intervenu, mardi, à Bamako, ainsi que leurs partenaires et collaborateurs. Lors d’un sommet extraordinaire, par visioconférence, des chefs d’Etat et de gouvernement de l’organisation sous régionale sur la situation politique au Mali, le président nigérien, président en exercice de la Cedeao, Issoufou Mahamadou, a déclaré que ce sommet se tenait, de toute urgence, sur le Mali qui vient de connaître un nouveau développement avec la prise du pouvoir, mardi, par une junte militaire. « Cette situation intervient dans un contexte sécuritaire difficile pour la région, et surtout en dépit des efforts diplomatiques intenses déployés par la Cedeao en vue de surmonter la crise politique que traverse actuellement le Mali », a poursuivi le chef de l’Etat du Niger, dans son discours d’ouverture. A ce propos, il a rappelé les différentes missions de médiation dans la crise malienne, menées par l’ancien président nigérian Goodluck Jonathan. Tout comme le sommet extraordinaire du 27 juillet à l’issue de laquelle les chefs d’Etat ont adopté des mesures de sortie de crise comme la recomposition de la Cour constitutionnelle, la démission des 31 députés contestés, la reprise partielle des élections législatives et la mise en place d’un gouvernement d’union nationale. Pour Issoufou Mahamadou, le renversement du président Keïta par les militaires n’est pas sans conséquences pour la sous région. «Nous avons devant nous une situation grave dont les conséquences sécuritaires sur notre région et sur le Mali sont évidentes. Cette situation nous interpelle. Elle nous montre le chemin qui reste à parcourir pour la mise en place d’institutions démocratiques fortes dans notre espace», a-t-il relevé, tout en rappelant que le coup d’Etat de 2012 contre le président Amadou Toumani Touré avait permis aux organisations terroristes et criminelles d’occuper, pendant plusieurs semaines, les 2/3 du territoire malien. Le président du Niger a rappelé que la Cedeao a condamné avec la plus grande fermeté le renversement par des militaires putschistes du président Keïta et exigé sa libération immédiate et celle de tous les officiels arrêtés. Il a, aussi, rappelé que le Mali est suspendu de tous les organes de décision de la Cedeao avec effet immédiat, conformément au protocole additionnel sur la démocratie et la bonne gouvernance et ce, jusqu’au rétablissement effectif de l’ordre constitutionnel. Tout comme, la fermeture de toutes les frontières terrestres et aériennes ainsi que l’arrêt de tous les flux et transactions économiques, commerciales et financières entre les pays membres de la Cedeao et le Mali. La Cedeao a également invité tous les partenaires à faire de même. Le sommet a engagé la Commission de la Cedeao à mettre en œuvre « immédiatement » un ensemble de sanctions contre les auteurs du putsch et leurs partenaires et collaborateurs. Par ailleurs, Issoufou Mahamadou a annoncé qu’une délégation de haut niveau sera dépêchée dans notre pays pour assurer le retour immédiat de l’ordre constitutionnel. Quant au Président Macky Sall, cité par la page Facebook de la République du Sénégal, il a condamné le coup d’état au Mali. Plaidant ela cause du Mali, il a appelé la Cedeao « à réapprécier les sanctions annoncées pour tenir compte des impératifs humanitaires ». Dans cette perspective, les denrées de première nécessité, les produits pétroliers et les produits pharmaceutiques ne devraient pas être concernés par l’embargo, selon la même source. Cet amendement a été accepté pour être intégré dans la déclaration finale. Intervenant au sommet extraordinaire en visioconférence, le chef de l’état sénégalais a, également, prôné la même lucidité concernant le recours à la force qui nécessiterait un mandat de l’ONU. « Accompagner le Mali par le dialogue pour un retour à l’ordre constitutionnel », telle est la position du Président Macky Sall. Le sommet extraordinaire a examiné ces différentes mesures dans la perspective d’un retour rapide à l’ordre constitutionnel, conformément au protocole additionnel sur la bonne gouvernance et la démocratie dans l’espace Cedeao. MK/MD (AMAP)
Diéma : Travaux de canalisation des eaux de ruissellement
Par Ouka BA Diéma, 20 août (AMAP)Le service de la Subdivision des routes de Diéma a entrepris des travaux de canalisation, dans le cadre de l’entretien courant des routes, par la méthode à Haute intensité de mains d’œuvre (HIMO), au titre du programme 2018, 3èmephase, dans la Région de Kayes. Ces travaux d’infrastructures cofinancés par l’Etat malien et l’Union européenne (UE), à travers l’Autorité routière, sont destinés à regler le manque de système de canalisation pour le drainage des eaux de ruissellement. Chaque année, la ville était de Diéma est victime d’inondations qui causent parfois d’énormes dégâts. En plus, l’état boueux des rues, pendant l’hivernage, rend impraticable la circulation. Des travaux seront effectués dans le domaine de la voirie municipale. Des bretelles seront posées entre Diéma et Tinkaré et entre Madina et Débo Bambara. A l’intérieur de la ville, des travaux de rechargement partiel en latérite et en moellon, seront effectués, ainsi que la construction de ralentisseurs de vitesse pour réduire les nombreux accidents, surtout de motocyclistes. Par rapport aux caniveaux, un radier de 20 mètres sera posé en face de l’ancien Centre de santé de référence ; un autre, entre Diéma et Tinkaré. Un fossé d’une profondeur de 60 cm et 80 cm de largeur sera creusé, cimenté et dallée, sur une distance de cent cinquante mètres, sur l’artère principale, quittant le quartier Razel pour aboutir à la Maison d’arrêt, là où il y a plus de concentration d’eau. Il est prévu, également, la construction des routes Diangounté Camara-Kournikoto, dans le cercle de Kita, Tassara-Diéoura, Fatao-Lambidou, Diéma-Madiga Sacko. Le chef du service de la Subdivision des routes de Diéma, par intérim, Karamoko Diallo, s’est dit satisfait de l’état d’évolution du chantier, qui, comme annoncée par le représentant de l’entreprise adjudicataire des travaux, Mahamane Coulibaly, est à ce jour à 90% d’exécution.. M. Coulibaly, a assuré de terminer le chantier dans le délai requis. Par contre, il regrette les intermittentes pluies qui empêchent, souvent, les travaux d’avancer. Interrogé sur le sujet, le maire de la Commune rurale de Diéma, Abdoulaye Sissako, dira que la réalisation de ces importants ouvrages permet, d’une part, de faciliter le drainage des eaux de pluie et, d’autre part, de contribuer surtout au désenclavement intérieur du Cercle de Diéma, tout en rendant praticable la route Diangounté Camara-Kita, en traversant la boucle du Baoulé. L’élu a rassuré sur l’accompagnement du Conseil communal, dans la mesure de ses moyens, afin d’éviter de contribuer aux efforts. La démarche a été doublement saluée par le secrétaire général du Conseil local de la société civile, Oumar Niaga. Il a expliqué que ces ouvrages permettront de rendre plus fluide la circulation, en cas de pluie. Il a souhaité que de telles actions puissent se multiplier. Djibrilou, un conducteur d’engins poids léger avoue que les réalisations en cours aideront surtout les transporteurs qui ont des difficultés à circuler avec leurs véhicules brinquebalant dans les eaux. Pour se rendre au marché, s’il pleut, Binta est obligée de faire un détour de plusieurs mètres, déviant les flaques d’eau. Autant de retard pour sa cuisine. Une autre femme revient du marché, son pagne toujours sali par la boue. Cet homme, qui soutient que 150 mètres seulement de canalisation dans une ville vaste comme Diéma, exposée chaque année à des inondations, sont insignifiants, dira que « c’est comme une goutte d’eau dans la mer ». Il fallait, poursuit notre interlocuteur, en réaliser davantage pour libérer et désengorger certains quartiers. « Oui, mais c’est une question de moyens. Si l’Etat a injecté des fonds, nous devions plutôt nous en réjouir. Le Mali ne se limite pas à Diéma seulement, il est vaste », lui répond son compagnon. OB/MD (AMAP)
Covid-19 au Mali : 1993 guérisons, 125 décès sur 2667 cas positifs enregistrés
Bamako, 20 août (AMAP) Quelque 1993 patients sont guéris de la Covid-19 au Mali, 125 décès sur les 2667 cas positifs enregistrés avec le seul cas découvert mercredi, a appris l’AMAP de source officielle. Les services sanitaires précisent que le seul cas enregistré mercredi, a été découvert en CIV du district de Bamako. L’Institut de santé publique (ISP) déclare par ailleurs que 255 cas contact font l’objet d’un suivi quotidien tout en invitant les populations au calme et à l’observation des mesures préventives. KM (AMAP)
Retour à la normale : Le CNSP invite à la reprise du travail jeudi
Bamako, 19 août (AMAP) Le Comité national pour le salut du peuple (CNSP) a invité les travailleurs et les fonctionnaires à reprendre le service dès jeudi matin, annonçant que les mesures seront prises à cet effet. Dans son communiqué n° 001 lu devant la presse par son porte-parole, le colonel-major Ismaël Wagué, mercredi après-midi, à son Quartier général de Kati *près de Bamako), le CNSP rassure les populations que toutes les dispositions sont prises pour la protection des personnes et des biens ainsi que les lieux de travail. Le porte-parole du CNSP promet de prendre toutes les mesures dans le strict respect de la discipline militaire, à l’égard de tout porteur d’uniforme pris en flagrant délit de racket sur de paisibles citoyens. « Le Comité invite d’arrêter immédiatement les actes de vandalisme et de destruction des édifices publics. Au demeurant, tout contrevenant fera l’objet de sanctions », a déclaré le colonel-major Ismaël Wagué. Dans sa déclaration, le Comité a précisé avoir enregistré zéro mort et zéro blessé, lors de ses opérations, « contrairement à certaines allégations qui parlent de quatre morts et dix blessés ». Le CNSP a rencontré les secrétaires généraux pour donner des directives afin d’assurer la continuité de l’Etat. A l’issue de la rencontre, le colonel Assimi Goïta, président du CNSP, a expliqué que l’objet était d’expliquer sa vision aux secrétaires généraux. Pour lui, à cause de la situation que le Mali connaît aujourd’hui, « nous n’avons plus droit à l’erreur ». Les militaires ont remercié et salué “l’engagement citoyen du peuple malien et son attachement à la démocratie”. Ils ont, aussi, remercié l’ensemble des organisations de la société et celles de la presse nationale et internationale, avant d’inviter “les populations à vaquer librement à leurs occupations et de leur demander de reprendre sainement leurs activités”. Au lendemain de la démission du président Ibrahim Boubacar Keïta, les activités ont tourné au ralenti au niveau de l’Administration où bon nombre d’agents ont préféré rester chez eux pour observer la suite des évènements. Les heures qui ont suivi l’intervention des militaires ont été marquées par des scènes de pillage à certains endroits de la ville. DD/MD (AMAP)
Coup d’Etat au Mali: Le colonel Assimi Goita, président du CNSP
Bamako, 19 août (AMAP) Au lendemain du coup d’Etat qui a renversé le président Ibrahim Boubacar Keita, le colonel Assimi Goita, a déclaré, mercredi, être le chef de la junte basée à Kati (près de Bamako) où sont encore détenus les hauts responsables du régime déchu. « Je me présente: je suis le colonel Assimi Goita, le président du Comité national pour le salut du peuple », a-t-il déclaré à la presse au sortir d’une réunion avec les secrétaires généraux des ministères. Jusqu’à sa nomination à la tête du CNSP, le colonel Goita était à la tête des forces spéciales dans le Centre du Mali. Il est réputé discret et rigoureux dans le travail. AC/MD (AMAP)
Adresse à la nation du porte-parole du Comité national pour le salut du peuple (CNSP), colonel-major Ismaël Wagué : «Nous voulons doter le Mali d’institutions fortes et restaurer la confiance entre gouvernants et gouvernés »
Maliennes et Maliens Depuis un certain temps, la tension politico-sociale mine la bonne marche du pays. Les contestations nées des dernières élections prouvent à suffisance que le pays va mal. Le Mali est un vaste pays, riche de par sa diversité culturelle, riche de son sous sol, riche de ses hommes, riche de sa faune et sa flore, mais dont l’existence en tant que pays et nation est menacée dans tous ses fondements. Notre pays, le Mali sombre de jour en jour dans le chaos, l’anarchie et l’insécurité par la faute des hommes chargés de sa destinée. La vraie démocratie ne rime point avec complaisance, ni faiblesse de l’autorité de l’Etat qui doit garantir la liberté et la sécurité du citoyen. Maliennes, Maliens Le clientélisme politique, la gestion familiale des affaires de l’Etat ont fini par tuer toute opportunité de développement dans le peu qui reste encore de ce beau pays. La gabegie, le vol et l’arbitraire sont devenus des vertus. Face à l’ineffectivité de bonne distribution de la justice, celle-ci est en déphasage avec les citoyens et n’a pas les moyens d’assurer son indépendance et son efficacité. L’éducation nationale piétine et même patauge. La santé est au plus offrant. La décentralisation prônée comme moyen de rapprocher le pouvoir des populations a complètement manqué d’accompagnement de moyens par l’Etat. Maliennes et Maliens Des villages entiers sont brulés, des paisibles citoyens massacrés et nous déplorons tout le jour la perte de nos compagnons d’arme. L’horreur est devenu le quotidien du Malien. Les Maliens sont devenus des réfugiés dans leur propre pays, en proie à toutes les difficultés existentielles. Le banditisme de grand chemin, le braquage et vol à main armée osé sont légion. Le terrorisme et l’extrémisme détruisent la cohésion sociale et ne sont pas pourtant une fatalité. La mauvaise gouvernance avec son lot de frustration a fait perdre aux Maliens l’espoir d’un lendemain meilleur. Des élections contestées, une épidémie de la Covid-19 dont la gestion fait douter de son existence. Une population qui ne fait plus foi à ses gouvernants, des élèves et étudiants désemparés et des parents inquiets de l’avenir de leurs enfants imposent à toutes les forces vives de la nation l’obligation de s’engager pour le Mali. Les atteintes aux droits fondamentaux, les répressions des 10, 11, 12 juillet exigent une réponse de l’Etat. La grave crise institutionnelle, la lutte contre la corruption, la bonne gouvernance sont aujourd’hui au cœur des attentes fortes. Maliennes et Maliens Face à la difficulté de garantir à ce jour le respect de la Constitution, l’intégrité du territoire, l’indépendance de l’unité nationale, de la paix et de la cohésion sociale, Monsieur Ibrahim Boubacar Keïta et son régime, après dissolution de l’Assemblée nationale, ce jour 18 août 2020, a rendu sa démission. Afin d’éviter au pays de sombrer, nous, forces patriotiques regroupées au sien du Comité national pour le salut du peuple (CNSP) avons décidé de prendre nos responsabilités devant le peuple et devant l’histoire, d’assurer la continuité de l’Etat et des services publics. Cette lourde responsabilité ne s’accomplira pleinement qu’avec l’ensemble des forces vives de la nation. A compter de ce jour 19 août 2020, toutes les frontières aériennes et terrestres sont fermées jusqu’à nouvel ordre, un couvre feu est instauré de 21 heures à 5 heures du matin jusqu’à nouvel ordre. La continuité des services publics sera assurée par ceux qui en ont droit au regard des textes en vigueur. La société civile et les mouvements socio-politiques sont invités à nous rejoindre pour ensemble créer les meilleures conditions d’une transition politique civile conduisant à des élections générales crédibles pour l’exercice démocratique à travers une feuille de route qui jettera les bases d’un Mali nouveau. L’heure est au-delà de clivage politique et idéologique semant les graines de l’affrontement et de l’intolérance conduisant à la haine qui est maléfique. Nous demandons aux organisations sous régionales et internationales de nous accompagner pour le bien être du Mali. La Minusma, la force Barkhane, le G5 Sahel, la force Takuba demeurent nos partenaires pour la stabilité et la restauration de la sécurité. S’adressant à vous, frères d’arme, nous vous exhortons à assurer la continuité de vos missions régaliennes tant qu’organique et qu’opérationnelle. Maliennes et Maliens Avec vous, debout comme un seul homme nous pouvons redonner à ce pays sa grandeur d’antan et son rayonnement sous régional et international. Il ne paraît pas aisé mais en arrêtant la saignée des comptes publics, beaucoup de revendications catégorielles pourraient être gérées. Tous les accords passés avec les partenaires nationaux, régionaux et internationaux seront respectés. Nous invitons par ailleurs nos frères de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) et de la Plate-forme à nous rejoindre pour la mise en œuvre efficiente de l’Accord issu du processus d’Alger. Rien ne doit entraver l’unité de la nation malienne. Nous sommes attachés au processus d’Alger. La paix au Mali est notre priorité et elle se fera avec vous. Faisons bloc pour faire échec aux forces du mal qui nous écument et qui veulent nous prendre en otage notre cher pays. Nous allons prendre en compte les conclusions du Dialogue national inclusif (DNI) pour l’amélioration du cadre de bonne gouvernance. Maliennes et Maliens Nous ne tenons pas au pouvoir mais nous tenons à la stabilité du pays qui vous permettra d’organiser dans le délai raisonnable consenti des élections générales pour permettre au Mali de se doter d’institutions fortes capables de gérer au mieux notre quotidien et restaurer la confiance entre les gouvernants et les gouvernés. Nous invitons tous les regroupements syndicaux et sociopolitiques à la retenue, sans violence, sans rancune, sans vengeance aucune. Conservons l’esprit démocratique et donnons espoir à ce peuple qui le mérite. Vive la République Vive la Nation Vive le Comité national pour le salut du peuple Que Dieu bénisse le Mali Je vous remercie Déclaration lue par le porte-parole Colonel-Major Ismaël Wagué
Coup d’état au Mali: Le Comité national pour le salut du peuple (CNSP) annonce ses premières mesures
Bamako, 19 août (AMAP) Le colonel-major Ismael Wagué, porte-parole des putschistes, a annoncé, mercredi, aux environs de 03 heures du matin, la mise en place d’une instance dirigeante dénommée Comité national pour le salut du peuple (CNSP). Dans une déclaration lue à la télévision nationale, quelques heures après la démission, vers minuit, du président Ibrahim Boubacar Keïta, la dissolution de l’Assemblée nationale et du gouvernement, le CNSP a décreté la fermeture des frontières aériennes et terrestres du Mali et décrète la mise en place d’un couvre-feu de 21h à 05h du matin, jusqu’à nouvel ordre. “Pour éviter au pays de sombrer, nous les forces patriotiques regroupées au sein du CNSP avons décidé devant le peuple et l’histoire, de prendre notre responsabilité”, a déclaré le colonel-major Ismael Wagué, dans cette première adresse à la nation. Il était entouré de plusieurs autres officiers et sous-officiers parmi lesquels les colonels Malick Diaw, Sadio Camara. La capitale malienne a connu, une journée de mardi très agitée, suite à une mutinerie partie du Camp Soundiata Keita de Kati (à 15 km sur les hauteurs de Bamako) et l’arrestation d’Ibrahim Boubacar Keita, du Premier ministre, Dr Boubou Cissé ainsi que les membres du gouvernement par les mutins et conduits à Kati. AT/MD (AMAP)
Discours de démission du président, Ibrahim Boubacar Keïta (Bamako le 19 août 2020)
« Pendant sept ans, j’ai eu le bonheur et la joie d’essayer de redresser ce pays du mieux de mes efforts, car dès l’abord, dès ma première mission de chef de gouvernement de ce pays, je suis convaincu de l’effort fabuleux qu’il fallait mettre en œuvre pour donner corps et vie à l’armée Malienne. D’où cette idée de loi de programmation et d’orientation militaire. Je pense qu’a chaque moment sa vérité. Si aujourd’hui, après des semaines de turbulences, de manifestations diverses, ponctuées hélas par des victimes, devant lesquelles je m’incline, que je n’ ai jamais souhaitées, chacun dans ce pays le sait. En tout cas j’avais toujours mis en garde. Vu que, quand on mène dans la rue, on ne sait jamais ce qui peut en résulter de bien ou de pire. Hélas le pire en a résulté. Si aujourd’hui il a plu à certains éléments de nos forces armées de conclure que cela devait se terminer par leur intervention, ai-je réellement le choix ? M’y soumettre, car je ne souhaite qu’aucun sang ne soit versé pour mon maintien aux affaires. C’est pourquoi je voudrais en ce moment précis tout en remerciant le peuple Malien pour son accompagnement le long de ces longues années, la chaleur de son affection, vous dire ma décision de quitter mes fonctions, toutes mes fonctions à partir de ce moment, et avec toutes les conséquences de droit, la dissolution de l’Assemblée nationale et celle du gouvernement. Qu’Allah aide et bénisse le Mali. Je n’éprouve aucune haine vis-à-vis de personne, mon amour pour mon pays ne me le permet pas. Que Dieu nous sauve. Merci. »

