Mali : Retour au calme à Gao (Nord)
Par Mohamed TOURE Gao, 22 août (AMAP) La Cité des Askia, Gao, avait une allure de ville morte vendredi. Au lendemain des violences, samedi, la situation s’est nettement améliorée. Les activités ont repris et les populations vaquent à leurs occupations. Au marché, les boutiques ont rouvert. « Nous avons décidé d’ouvrir nos boutiques aujourd’hui après les mouvements d’hier (Ndlr, vendredi). La situation était grave hier. Avec les tirs et la tension, c’était impossible d’ouvrir les boutiques », explique un commerçant. Au 4ème quartier, « Aljanabandja », d’où est parti la violence, jeudi soir, avec l’assassinat de deux jeunes par des hommes armés non identifiés, les activités ont également repris. Les commerces fonctionnent. La présence militaire reste toujours impressionnante en certains endroits, notamment au centre-ville. Des véhicules militaires sont encore stationnés devant les bâtiments administratifs. On note, aussi, la présence de la Mission intégrée multidimensionnelle des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) avec les forces maliennes en différents points et à l’intérieur du marché. Selon plusieurs témoignages, la promptitude de la réaction des Forces armées maliennes et leurs partenaires internationaux a permis, hier, de faire baisser rapidement la tension. Les patrouilles militaires, souvent avec des véhicules blindés, se sont multipliées tout au long de la journée. Des hélicoptères ont aussi sillonné le ciel pour rassurer les populations. D’autres actions ont été entreprises au niveau social pour éviter l’escalade. Dans la soirée d’hier, au cours de longues interventions radiodiffusées, plusieurs leaders religieux et légitimités traditionnelles ont appelé au calme et à la retenue. Une note de service de l’hôpital régional, rendue publique, jeudi, confirme le décès de deux personnes et neuf autres blessés dans les violences du jeudi et du vendredi. « Les victimes admises à l’hôpital présentaient des blessures causées par des armes à feu », a précisé le service de santé. MT/MD (AMAP)
Un groupuscule de jeunes violemment agressé pour avoir tenté de marcher pour réclamer la libération d’IBK
Bamako, 22 août (AMAP) Des jeunes ont copieusement tabassé, samedi, aux environs de 10 heures, un petit groupe d’autres jeunes, partisans de l’ex-président Ibrahim Boubacar Keita (IBK), qui ont tenté de marcher, sur le Boulevard de l’Indépendance, pour demander la libération du président déchu, a constaté l’AMAP. Il a fallu l’intervention des éléments de maintien d’ordre de la garde nationale, pour éviter le pire. Pour ce petit groupe de marcheurs, la démission de l’ex-président Ibrahim Boubacar Kéita n’est pas la volonté du peuple malien. Ils ont provoqué la colère des populations de la commune III du District de Bamako, majoritairement jeunes. Ceux-ci étaient très nombreux et sont sortis avec des gourdins, des cravaches, entre autres. Chacun ayant pris ce qu’il a trouvé sous la main et d’autres (des gros bras) se sont servis de leur force. Ils ont violemment agressé ceux qu’ils considèrent comme des ‘’apatrides’’. Ils en ont battu certains jusqu’au sang. Les marcheurs se réfugiés dans l’enceinte du Centre de santé de référence (CSRF) de la Commune. « Ce sont des apatrides…Où étaient-ils lorsque nous mourrions de faim ici…Ce sont eux qui étaient à la solde d’IBK et de sa famille…Ils ne vont pas marcher ici ou bien … », fulmine un jeune très en colère devant la cachette des marcheurs. OD/MD
Culture : Tresses et parures en milieu Songhoy, dans le Nord du Mali
Par Abdourhamane TOURE Gao, 22 août (AMAP) En milieu sonrhaï, dans le Nord du Mali, chaque étape de la vie d’une femme correspond au port de certaines parures, de la naissance à la mort, en passant par la jeunesse, le mariage, la maternité et la vieillesse. Les tresses grosses, moyennes ou minces expriment merveilleusement le génie artistique songhoy. Quant aux parures, elles sont confectionnées dans une multitude d’objets très significatifs chez les Songhoy. C’est le cas des perles fabriquées à partir de coquillages d’ambre : bagues, bracelets et autres.. La secrétaire stagiaire au Musée du Sahel à Gao, Mme Maïga Farimata Touré, explique que les tresses songhoy sont créées en fonction de la culture, de l’identité ethnique, des événements, des envies et, surtout, pour le respect que les femmes ont de la beauté des coiffures. Mme Maïga lève le voile sur l’art des tresses songhoy : « elles peuvent être faites de manière torsadée sur le cuir chevelu. Dans le milieu traditionnel, elles sont multiples et très variées. Les tresses songhoy se classent en trois catégories : les tresses avant l’âge nubile, les tresses de beauté, les tresses frappées d’interdit ». Les tresses avant l’âge nubile, « Jisi », signifie « réservé « la jeune fille est rasée. Une mince bande de cheveux est gardée sur le front. Elle est divisée et tressée en deux rangées de la gauche vers la droite. Le « Tchiéchi » est tressé sur la tête des jeunes filles de 10 à 15 ans. Le message qu’elle transmet, en songhoy, est : ce qui est posé sur la bordure ». Cette tresse s’accompagne toujours d’un boubou blanc, d’un pagne noir et la fille porte des chaussures en peau d’animal. Les tresses « Sourgou-sourgou » sont réservées à la jeune fille de 13 ans ou plus. La tresse de beauté « Zourazoura » orne la tête de la jeune femme et est portée au moment des différentes fêtes. « Les Zoota-Kamba » sont également les tresses de beauté réservées aux femmes célibataires. La maternité est traduite par une tresse appelée « KoKara ». Après l’accouchement, la mère du bébé transmet son message en portant cette coiffure. Il en existe deux. Les tresses sont entrelacées de perles (Kawla) qui ont des significations. Premièrement, si la femme porte au front trois « Kawla », l’enfant qu’elle porte sur le dos est un garçon. D’où le nom de « Kokara-Izé-aro ». Si elle porte quatre «Kawla» l’enfant est une fille. Cette coiffure porte le nom de « Kokara-izé-woyo ». Les femmes mariées, qui ont fait deux maternités, portent la coiffure « Zumbu » qui a la forme d’une crête de coq. Ainsi, les cheveux sont tressés de tous les côtés parsemés de perles. Le front est couvert de nattes de perles. Le milieu de la tête est couvert par le «Zumbu » à la crête agrémentée de lambeaux de fils rouges qui tombent sur les joues. Les « Zoota-Kamba » ou « manche de louche » désignent les cheveux tressés sur tous les côtés, mélangés ou entrecoupés de perles « Kawla ». Ce sont des tresses de beauté rassemblées sous forme de manche de louche qui sont la marque des femmes célibataires, en quête de l’âme soeur. Elles révèlent la situation sociale de la femme. La coiffure «Yolo-Gorbo» ou «Yola-Yola» est compliquée. Les cheveux sont divisés et tressés de telle sorte que les tresses pendent des deux côtés sur les joues. Une touffe de tresses tombe sur le front. Plusieurs tresses éparpillées recouvrent la nuque. « Bamba-Bamba » ou encore « Yénia hiri » sont des réussites de perles disposées sur le front. Les cheveux sont tressés en remontant de la nuque au front. Ce travail est enrichi avec des perles « Kawla ». Ces perles multicolores soutiennent les tresses. La nouvelle mariée porte cette coiffure toute la semaine après le mariage. Elle est interdite aux veuves, femmes non mariées et âgées. La tresse «Moorari» est interdite aux filles. Elle est uniquement l’attribut des femmes âgées. La vue de la tresse «Binba» est interdite à tout homme qui peut marier la femme après son veuvage de quatre mois et dix jours. Selon les confessions religieuses, la « Faata » est interdite aux autres femmes.». Les tresses « Hilo Hilo » appartenaient aux seules femmes de l’ethnie «Gorongobou» de Gao. Par contre, « Bamba-Bamba », « Manga-Fa », « Zumbu » sont utilisées par toutes les catégories de femmes de la communauté songhoy. Qu’elles soient grandes dames, épouses de rois, d’empereurs ou d’hommes libres. Cette tresse se fait le premier jour du mariage. Elle est interdite au nouveau marié de voir cette tresse, car il serait possédé par les esprits. Le modèle « Moorari » signifie caresse en milieu songhoy. Les cheveux sont divisés en deux ou trois parties et sont tressés sans finesse du front vers la nuque. Il est propre aux femmes qui ont atteint l’âge de la ménopause. Mais elle est interdite aux autres femmes songhoy. Dans certains milieux, on l’appelle « Kum-Kum », «Faata», ou encore « Faata-Koli » qui veut dire rassembler, réunir. Cette coiffure se distingue par sa simplicité. Le directeur régional du Musée du Sahel de Gao, Abdoulaye Maïga, explique que les tresses songhoy permettent aux femmes de se rapprocher, de partager les moments de bonheur et de malheur. Il précise aussi que le rôle social des tresses, en milieu songhoy, se reflète dans l’apprentissage car la transmission du savoir-faire des compétences dure longtemps entre les générations. Mme Maïga Mariam Maïga, secrétaire au gouvernorat de Gao exprime sa fierté d’être descendante de l’ethnie sorgho. Cependant, elle ne croit pas aux interdits de certaines tresses. Selon elle, le mariage est un destin. Elle affirme avoir déjà porté des tresses songhoy (Hilo-hilo, Bamba-bamba et Zota-Kamba) sur exigence de sa mère, ajoutant que certaines coutumes n’ont plus leur place. Mme Maïga Halimatou Touré (Halibara) est la gardienne des tresses songhoy de la Région de Gao qu’elle a hérité de sa grand-mère, Agaïchatou Bilal, originaire de Gao et de la famille «Gorongobou». Selon elle, grâce au métier de coiffeuse de tresses songhoy, elle est connue sur les plans régional et national. Au niveau de l’artisanat de Gao, Mme Maïga Halimatou est la seule qui fait encore les tresses songhoy, prête les tresses songhoy
Meeting du M5-RFP : L’Imam Mahmoud Dicko appelle le CNSP à respecter ses engagements
Bamako, 21 août (AMAP) L’autorité morale du Mouvement du 05 juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP), l’Imam Mahmoud Dicko, a déclaré, vendredi après-midi, lors d’un meeting à Bamako, que le peuple du Mali observe les militaires et le Comité national pour le salut du peuple (CNSP) quant au respect des engagements qu’ils ont pris. Le dernier à prendre la parole, devant une foule immense massée à la Place de l’Indépendance et après plusieurs allocutions de responsables du M5-RFP, à l’occasion de ce rassemblement « de remerciement du peuple et de célébration de la victoire sur le régime déchu », l’Imam Dicko a, d’abord, fait le geste de la prière, suivi par des milliers de manifestants. «En venant ici, j’avais promis de me prosterner pour témoigner ma reconnaissance à Dieu », a dit le religieux, faisant suivre la parole par l’acte. « Je rappelle aux militaires que le peuple du Mali les observe. Qu’ils respectent leurs engagements ! » s’est-il adressé aux auteurs du coup de force qui ont « parachevé la lutte du M5-RFP » en amenant l’ex président Ibrahim Boubacar Kéita. Pour la caution morale de l’opposition à l’ancien pouvoir, sa mission est finie. L’iman Dicko a promis de retourner dans sa mosquée où il dirige les prières quotidiennes, A la jeunesse, il a dit n’avoir « pas apprécié les actes de pillages » qui se sont produits lors de ces évènements. « C’est vrai, nous sommes un peuple débout, un peuple digne. Je n’ai pas souhaité les pillages de ces derniers jours. Je ne veux pas que la jeunesse se compote de la sorte », a-t-il lancé. Selon lui, le Mali est une Nation de non-violence et pas de vengeance. « Je souhaite qu’on mette de côté le bâton de la vengeance au profit de celui de l’entraide, du travail. Nous devons nous donner la main dans notre fraternité exemplaire », a prêché l’Imam. A propos de la crise sécuritaire dans le Centre du Mali, il a lancé « un appel à tous les Peuhls ayant pris les armes, quelles que soient les raisons, de les déposer ». « Je demande la même chose aux Dogons, à la CMA (Ndlr, Coordination des mouvements de l’Azawad, rébellion touarègue), entre autres…Il faut qu’on s’entende pour l’intérêt de notre Nation. Ce pays appartient à nous tous », a-t-il dit. L’imam Dicko a aussi révélé qu’il nourrit l’ambition de mener une médiation à l’intérieur du Mali pour que la paix revienne. « Je me propose, avec mon jeune frère Chérif Ousmane Madani, mon frère Cardinal Jean Zerbo et d’autres personnalités du Mali, sous la bénédiction du Chérif de Nioro, de faire une tournée dans le Nord et le Centre du pays et partout ailleurs au Mali pour la cause de la paix », a-t-il dit. Il a demandé au peuple malien de pardonner à l’ancien président Ibrahim Boubacar Keita (IBK). « Je voudrais vous dire de pardonner à mon grand-frère », a déclaré Dicko. Il n’a pas manqué d’adresser un message «aux amis de la CEDEAO ». « Ceux qui veulent punir le peuple malien martyrisé seront punis par le bon Dieu », a-t-il lancé à propos d’éventuelles sanctions de l’organisation sous régionale contre le Mali. Pour autant, Mahmoud Dicko demande aux Maliens d’accueillir « sans haine et sans animosité » toute mission de la CEDEAO. Enfin, l’Imam Mahmoud Dicko a fait des bénédictions afin le chef de file l’opposition malienne, Soumaila Cissé, (enlevé par des hommes armés en mars dernier) « retourne, très vite saint et sauf, dans sa famille ». Une forte délégation d’une quinzaine de membres du CNSP était présente à la tribune. Le colonel major Ismaël Wagué, porte parole des militaires, qui est intervenu a dit que leur action est le parachèvement de la lutte du M5-RFP et que l’Armée se reconnait dans le combat des opposants. Il a remercie le M5-RFP pour son soutien. Les militaires, à travers leur porte parole, ont dit leur disponibilité et leur bonheur à recevoir la délégation de la CEDEAO, conduite par l’ancien président nigérian, Goodluck Jonathan, qui est attendu à Bamako, samedi OD/MD (AMAP)
Incidents à Gao : Trois morts et plusieurs blessés
Gao, 21 août (AMAP) Des incidents dans la ville de Gao (Nord), ont fait trois morts et plusieurs blessés, lorsque, dans la nuit de jeudi, aux environs de 21h 30mn, des individus armés ont ouvert le feu, à bout important, sur un groupe de jeunes qui prenaient du thé devant une famille, au quatrième quartier Aljanabandia. La troisième victime a eu lieu, vendredi, vers 11 heures du matin, dans ce qui semble être des incidents intercommunautaires. Selon plusieurs versions, des jeunes auraient, ainsi, vengé l’un des leurs lynché, dimanche dernier, par d’autres jeunes d’une autre communauté. Ceux-ci informés de la mort de leurs camarades ont passé toute la nuit, de jeudi à vendredi, à brûler des pneus et à vandaliser certains commerces tenus ceux qu’ils tiennent pour responsables. Dans un enchaînement de violences, des jeunes, qui continuent à parader en ville dans des pick-up, auraient tiré à balles réelles sur des passants, faisant plusieurs blessés. Tôt le matin du vendredi les forces de défense et de sécurité ont saisi des armes sur certaines personnes. Le commandant par intérim du théâtre-Est des opérations « Maliko », le colonel Bouréhima Coulibaly, a assuré que depuis hier soir (Ndlr, jeudi) jusqu’à ce matin (vendredi) les forces de sécurité ont le contrôle de la situation. Il a indiqué qu’une partie de la mission des Forces armées maliennes (FAMa) est la sécurisation des personnes et de leurs biens. Le c Actuellement, toute la ville de Gao et sa périphérie sont sous contrôle des FAMa. Les forces étrangères, aussi, sont présentes sur le terrain, en particulier, la force Barkhane qui sécurise l’hôpital de Gao où ont été évacués les blessés et les morts. Les crépitements des armes continuent. Tous les commerces sont fermés et la majeure partie de la population est terrée dans les maisons. Des hélicoptères continuent à survoler la ville. Le gouverneur de Gao, le général Sidiki Samaké, a réuni les notabilités de la région et les responsables des forces de l’ordre ainsi que les leaders des communautés arabes et songhoy. Mais avec les tirs d’armes, les participants ont sollicité du premier responsable de la région de surseoir à la rencontre, en attendant le calme. Avant de reporter la rencontre, le gouverneur a écouté les leaders des deux communautés et la jeunesse. Une grande partie des intervenants a demandé au gouverneur, de procéder au désarmement de tout individu armé, autre que les forces de sécurité. AT/MD (AMAP)
Coup d’Etat : Réactions contrastées de la classe politique
Par Massa SIDIBE Bamako, 21 août (AMAP) Le coup d’Etat perpétré, mardi dernier, contre l’ancien président Ibrahim Boubacar Keïta suscite la réaction de plusieurs organisations sociopolitiques du Mali. Dans un communiqué daté du 19 août, la Convergence des forces républicaines (CFR) dit avoir appris avec une grande inquiétude la volonté de « certains officiers » de l’Armée malienne de perpétrer un coup d’Etat, « en organisant une démission sous contrainte du président de la République démocratiquement élu du Mali ». La CFR a donc vigoureusement condamné ce coup d’Etat, rappelant qu’il est « contraire à la Constitution et aux valeurs qui fondent la République du Mali ». Aussi, l’organisation dénonce-t-elle « l’arrestation et la séquestration » de plusieurs personnalités dont l’ancien président de la République. « La CFR dénonce également la démission forcée du président de la République au cours de cette séquestration et évoque de plein droit sa nullité pour vice de consentement », énonce la CFR dans son communiqué, avant de réclamer la libération immédiate et sans conditions de l’ex-chef de l’Etat, ainsi que celle de tous les officiels privés de leur liberté. La Convergence demande l’implication de la communauté internationale, avec pour chef de file la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), pour le retour à la légalité constitutionnelle. La CFR « invite l’ensemble des forces vives de la nation à s’impliquer pour un dénouement heureux de la crise sociopolitique par le dialogue et la concertation qui font la grandeur de notre peuple ». Dans un communiqué publié le 18 août, l’Allinace pour la démocratie au Mali-Parti africain pouyr la solidarité et la justice (Adema-PASJ) a exprimé aussi sa très vive préoccupation face au nouveau tournant de la crise sociopolitique au pays marqué par un coup d’Etat militaire. L’Adema-PASJ, « respectueux de l’état de droit et de la forme républicaine de l’Etat, condamne avec fermeté cette violation flagrante de la Constitution du 25 février 1992 et les engagements communautaires du Mali ». Aussi, le parti de l’Abeille exige-t-il le rétablissement immédiat de l’ordre constitutionnel et exhorte l’institution militaire à demeurer résolument au service des autorités civiles démocratiquement élues. Pour l’Adema-PASJ, la seule voie de sortie de crise est et reste le dialogue et la concertation entre acteurs. Par ailleurs, l’Adema-PASJ « exige l’arrêt immédiat des actes de vandalisme et la libération sans délai de toutes les personnalités civiles et militaires arrêtées ». La grille de lecture sur les mêmes événements est bien différente du côté d’un acteur majeur de la crise sociopolitique, le Mouvement du 5 Juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP). Dans une déclaration rendue publique le 19 de ce mois, le M5-RFP se félicite de la « démission de M. Ibrahim Boubacar Keïta des fonctions de président de la République », de la dissolution de l’Assemblée nationale et du gouvernement intervenues le mardi 18 août 2020. Le M5-RFP prend acte de l’engagement d’ouvrir une transition politique civile contenu dans la déclaration du Comité national pour le salut du peuple (CNSP), dont « l’intervention a parachevé la lutte du peuple malien pour obtenir la démission de M. Ibrahim Boubacar Keïta et de son régime ». « Le M5-RFP salue l’engagement héroïque du peuple du Mali de l’intérieur et de la Diaspora, de toutes les forces sociales et politiques ainsi que des femmes, des jeunes et de son autorité morale l’Imam Mahmoud Dicko », ajoute le mouvement qui exige « des poursuites judiciaires contre les auteurs, commanditaires et complices des tueries et exactions commises contre les manifestants aux mains nues à Sikasso, Kayes et Bamako ». Le M5-RFP indique qu’il œuvre à l’abandon de toutes les actions contre les responsables syndicaux de la police et des transporteurs, et réitère sa demande de libération immédiate de Soumaïla Cissé, le chef de file de l’opposition, enlevé en mars dernier alors qu’il battait campagne dans la circonscription de Niafunké (Nord) pour les élection législatives. « Le M5-RFP demeure profondément attaché à la démocratie comme mode de dévolution et d’exercice du pouvoir. Il entreprendra toutes les initiatives pour que notre pays puisse amorcer une véritable refondation de son système politique et de gouvernance, à travers « l’ouverture d’une Transition républicaine et l’élaboration d’une feuille de route dont le contenu sera convenu avec le CNSP et toutes les forces vives du pays », poursuit le mouvement. Il appelle la Cedeao, l’Union africaine et la Communauté internationale, dans son ensemble, « à mieux appréhender la situation au Mali en dehors des questions de sanctions et à soutenir le peuple malien dans sa quête de paix, de réconciliation nationale, de démocratie véritable et de mieux-vivre ». Pour rendre hommage au peuple malien pour sa lutte héroïque, le M5-RFP tient un «rassemblement patriotique» vendredi sur la Place de l’Indépendance à Bamako. MS/MD (AMAP)
Embargo de la Cedeao sur le Mali : Quels impacts sur l’économie ?
Par Cheick M. TRAORE Bamako, 21 août (AMAP) La Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) a décidé, mardi 18 août, de la fermeture de toutes les frontières terrestres, aériennes et maritimes de ses pays membres avec le Mali. L’organisation sous régionale a, également, suspendu toutes les relations économiques, financières et commerciales avec notre pays. Cela, pour exiger la libération immédiate et le rétablissement de l’ancien président Ibrahim Boubacar Keïta arrêté, avec son Premier ministre, Dr Boubou Cissé, et le retour à un ordre constitutionnel. En application de cette décision, le gouvernement ivoirien a instruit la fermeture de ses frontières terrestres et aériennes avec le Mali, à compter du mardi 18 août, jusqu’à nouvel ordre. Le ministre ivoirien de l’Économie et des Finances a, dans un communiqué diffusé sur le site internet de son département, instruit : «toutes les administrations financières publiques sur le territoire national ; toutes les banques et tous les établissements financiers sur le territoire national ; toutes les sociétés de gestion et d’intermédiation (SGI) et les sociétés de gestion d’organisme de placement collectif en valeur mobilière (SGO) sur le territoire national, de suspendre toute relation économique et financière, tout flux financier, en direction du territoire malien jusqu’à nouvel ordre». Ces décisions prises par les autorités ivoiriennes ne sont pas sans conséquences sur notre économie et nos populations qui souffrent le martyre à cause des crises qui nous accablent. «Si l’embargo de la Cedeao perdurait, amplifié par d’éventuelles sanctions de la communauté internationale, ce sera dramatique pour un pays enclavé comme le Mali», prévient l’économiste et spécialiste en analyse stratégique, Cheickna Bounajim Cissé. Pour cause, 90% des produits manufacturés qui sont consommés au Mali sont importés, argumente-t-il. En la matière, le corridor ivoirien est stratégique puisque prépondérant. La Côte d’Ivoire représente près de 40% du PIB de l’Uemoa, ajoute le conseiller du directeur général de la Banque internationale pour le Mali (BIM SA). Les conséquences induites par la suspension des flux financiers pourraient être catastrophiques pour une économie malienne faible et extravertie, analyse l’expert. Pour lui, le système financier local risque d’en prendre un grand coup qui pourrait lui être «très préjudiciable». « Aussi, les transferts des Maliens de l’extérieur vers leur pays d’origine pourront ralentir considérablement même si, de façon transitoire, le «marché noir» pourrait prendre le relais avec tous les risques y afférents », poursuit notre interlocuteur. Pour lui, la question essentielle est de savoir combien de temps notre pays pourrait tenir l’embargo. «Et même après sa levée, les plaies économiques et financières mettront du temps à cicatriser. On a vu qu’après les événements de 2012, l’économie malienne est tombée en récession et « huit ans après, elle n’avait toujours pas redémarré», rappelle Cheickna Bounajim Cissé. Notre interlocuteur ajoute que le citoyen malien va ressentir les premiers effets de l’embargo à partir d’un produit stratégique : le carburant. Cela pour deux raisons simples. La première est que nos capacités de stockage sont très limitées voire insignifiantes et le réseau de distribution des stations a été touché par les dernières manifestations, argumente l’économiste. La deuxième raison est, selon lui, liée à la fourniture de l’électricité aux entreprises et aux ménages. Les nouvelles autorités qui mesurent certainement la gravité de la situation, prendront sûrement les contacts utiles pour demander à l’organisation intergouvernementale de desserrer l’étau des sanctions. CMT/MD (AMAP)
Mali : Le CNSP allège le couvre-feu et rouvre les frontières (Communiqués)
Bamako, 21 août (AMAP) Le Comité national pour le salut du peuple (CNSP) a décidé d’alléger le couvre-feu sur tout le territoire du Mali et de rouvrir, ce vendredi 21 août à 00h, les frontières aériennes et terrestres du pays fermées depuis le coup d’état de mardi dernier, a appris l’AMAP de source officielle. Dans un communiqué diffusé, à Bamako, jeudi soir, le CNSP annonce que le couvre-feu, initialement de 9h00 à 5 heures du matin, s’étendra, dorénavant, de 00 heures à 05 heures du matin. Cet allègement du couvre-feu est “entré en vigueur à partir du jeudi 21 août 2020 et jusqu’à nouvel ordre”. Quant à la décision de réouverture des frontières, selon un autre communiqué rendu public jeudi soir par le CNSP, elle intervient après la rencontre, mercredi, entre le Comité et les partenaires internationaux présents au Mali. Par ailleurs, le CNSP assure que toutes les mesures sécuritaires sont prises pour la bonne circulation des personnes et de leurs biens Le couvre-feu aviat été instauré mercredi au lendemain du coup d’Etat contre le régime d’Ibrahim Boubacar Keita. Celui-ci et son Premier ministre d’alors demeurent en détention à la garnison de Kati. La junte militaire promet une transition civile qui préparera des élections crédibles et transparentes. TC/MD (AMAP)
Gao (dans le Nord du Mali) : Sous haute tension
Gao, 21 août (AMAP) La ville de Gao, dans le Nord du Mali, est sous tension, vendredi, les activités sont réduites et beaucoup de personnes préfèrent rester chez elles. Plusieurs boutiques, les banques et services n’ont pas ouvert leurs portes. Des tirs sporadiques sont entendus, dans la matinée. Un important dispositif sécuritaire est déployé dans la ville. Des colonnes de véhicules militaires patrouillent depuis le matin. Des avions de chasse et des hélicoptères survolent également la ville. D’autres véhicules militaires des Forces armées maliennes et de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) sont positionnés devant le Gouvernorat, la Mairie ou encore l’Assemblée régionale. Ces mouvements sont consécutifs à l’assassinat, jeudi soir, au 4ème quartier « Aljanbandja », de deux jeunes par des hommes armés non identifiés. Le « grin » (club d’amis) des jeunes a essuyé des tirs à l’arme automatique par des individus à bord d’un véhicule, ont rapporté des témoins. Ces violences ont provoqué l’ire de groupes de jeunes qui sont nuitamment descendus dans les rues. Des rassemblements de jeunes ont été signalés, aux environs de 23 heures à travers la ville, notamment sur certaines artères où ils sont brûlé des pneus et pose des barricades. MT/MD (AMAP)
Mopti : Fin d’un atelier de formation en Fulfulde au profit de 30 femmes de la région
Mopti, 21 août (AMAP) Un atelier en Fulfildé (Peulh) au profit 30 femmes opératrices d’activités génératrices de revenus (AGR) des cercles de Mopti, Djenné, Douentza et Bankass, a pris fin mardi dans la Cité de la Venise Malienne, sous la présidence du directeur de l’académie d’enseignement, Daouda Doumbia, a constaté l’AMAP. Organisé par le ministère de l’éducation nationale à travers la direction nationale de l’éducation non formelle et des langues nationales (DNENF-LN), l’atelier s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du programme de développement durable des exploitations pastorales au sahel (PDDEPS). Son objectif est d’apprendre aux femmes opératrices d’AGR à lire, écrire et calculer en peulh pour les soutenir dans la gestion de leurs activités. La formation a permis aux participantes d’acquérir des connaissances dans la tenue des documents écrits pour la traçabilité de leurs entreprises. Daouda Doumbia a salué le courage et le professionnalisme des formateurs pour avoir su transmettre à la cible en un si peu de temps une importante somme de connaissances pouvant les permettre de restreindre les erreurs dans la conduite de leurs affaires. Le directeur de l’académie d’enseignement a enfin exhorté les bénéficiaires de la formation à redoubler d’ardeur, a saisi l’occasion pour rappeler que la réussite est au bout de l’effort. La porte parole des bénéficiaires, Hawa Tamboura venue de Konna a apprécié la session à sa juste valeur et souhaité qu’elle soit suivie d’autres pour les permettre de mieux cerner leurs domaines d’intervention. La cérémonie de clôture s’est déroulée en présence du directeur régional des productions et industries animales, Hamadi Kane Diallo et du chef de division des langues nationales à la DNENF-LN, Abdramane Ba. DC/KM (AMAP)

