Mali : Réactions à la libération de Soumaila Cissé
Bamako, 9 Oct (AMAP) Après plus de six mois de détention aux mains de ses ravisseurs, Soumaila Cissé a, enfin, été libéré le jeudi 08 octobre 2020. Cette libération a été saluée par beaucoup de monde à Bamako par une liesse populaire, de l’aéroport international Bamako-Sénou au domicile du désormais ex-otage et des déclarations de personnalités maliennes et sous régionales. La libération de Soumaila Cissé a été une vraie fête pour ses partisans. Ils sont restés jusqu’à 23 heures, devant le domicile du leader politique toque e Soumaila Cissé pour lui exprimer leur joie et soulagement. Danse et chants à la gloire de l’homme rythmaient cette soirée de libération. L’évènement a fait les gros titres des journaux de la place. « Soumaila Cissé enfin libre ! », a titré ‘Le Républicain’. Quand à ‘L’Indépendant’, il affiche : « L’heureuse nouvelle est finalement tombée hier : Soumaila Cissé et trois otages occidentaux dont la française Sophie Pétronin libres ». Le quotidien national ‘L’Essor’, qui avait déployé une équipe de reportage à l’accueil a barré sa Une : « Libération de Soumaila Cissé : joie et allégresse ». Dans la capitale malienne, chacun y va de ses commentaires. Pour M. Diaby, tout est une histoire de politique et de vision. Pour lui, Donc, il y avait deux options pour le Mali. « Certains pays ont décidé de ne pas négocier avec les terroristes et d’autres pont choisi de négocier », dit-il. « Pour le cas de Soumaïla Cissé, le Mali avait-il le choix ? », s’interroge notre interlocuteur. « Il est arrivé trois fois au second tour à l’élection présidentielle, si nous voulons libérer l’un de nos leaders, nous devons faire des sacrifices », admet-il. Et d’ajouter : « le mieux était de tout faire pour qu’il ne soit pas pris en otage. Après sa prise d’otage, le pays a décidé de négocier, c’est un choix qui s’accompagne de sacrifices ». « C’est un ouf de soulagement que nous poussons », dit Ali Traoré, réparateur de moto. « Nous sommes tous contents qu’il nous soit revenu saint et sauf. C’est une grande personnalité de ce pays », estime-t-il. Par contre, le vieux Ousmane Coulibaly, retraité, pense que Soumaila Cissé est resté trop longtemps entre les mains de ses ravisseurs. Pour lui, le régime déchu devait prendre toutes les dispositions idoines afin de le faire revenir, au plutôt, parmi nous. « Mais, hélas ! », déplore-t-il, avant d’exprimer sa joie. « Même si elle est tardive, la libération de Soumaila Cissé met vraiment du baume au cœur », reconnait le fonctionnaire à la retraite. Astan Sissoko, teinturière, note qu’il était attendu par tout un pays, voire au-delà. « Soumaila Cissé est enfin libre. Je suis très heureuse qu’il rejoigne, enfin, sa famille, ses amis et ses collaborateurs », dit-elle. Ibrahim Ag Hamadalamine réagit avec sa plume. Il rappelle que Soumaila Cissé est un otage « pas comme les autres ». Dans ses commentaires, il revient sur les postes que Soumaila Cissé a occupés dans la sous-région et au Mali. « Mentions spéciales à toutes les associations et mouvements pour la libération de Soumaila Cissé dirigés par le camarade Moctar Sy sans oublier les plus hautes autorités et la commission mise en place à cet effet dirigée par le sage Ousmane Issouffi Maïga…les presses en ligne, les télévisions et journaux plus les radios privées… », écrit Ibrahim Ag Hamadalamine. L’Union pour la République et la démocratie (URD), le parti politique de Soumaila Cissé, a remercié vivement, à travers un communiqué, toutes celles et tous ceux qui se sont investis pour obtenir la libération de leur président. « Militants, sympathisants, amis, classe politique et société civile, autorités politiques du Mali, autorités coutumières et religieuses, leaders d’opinion, activistes, artistes et communicateurs traditionnels, artisans, sportifs, journalistes et hommes de médias, femmes, jeunes et vieux, Maliens de l’intérieur comme de l’extérieur, partenaires du Mali, organisations sous régionales, africaines et internationales, personnalités étrangères, parlementaires et toutes les bonnes, votre détermination, sans faille, votre mobilisation exceptionnelle et vos prières ont été couronnées de succès », a déclaré la formation politique de M. Cissé suite à sa libération. L’ex Premier ministre du Mali, Moussa Mara, s’est aussi réjoui de la libération de Soumaila Cissé. « Soumaila enfin libre ! Gloire à Dieu. Félicitation aux autorités maliennes et à tous ceux qui ont contribué à cet heureux dénouement. Solidaire avec la famille Cissé. Bienvenue à l’honorable ! » a écrit sur son compte twitter M. Mara. L’ex ministre des Sports du Mali, Arouna Modibo Touré, a souligné que «la persévérance est un talisman pour la vie ». « Très heureux et soulagé de la libération de notre frère Soumaila Cissé et de l’otage française Sophie Pétronin », a-t-il posté. Soumeylou Boubye Maïga, l’ex Premier ministre, a dit que « c’est avec un grand soulagement que nous accueillons la libération de notre frère, ami et compagnon, Soumaila Cissé, et de Mme Sophie Pétronin ». « Très fortes pensées pour Soumaila et sa famille. Félicitations à l’Etat et à nos partenaires pour les efforts constants et persévérants », a-t-il ajouté. Le professeur Oumar MC Koné, le président du Bloc pour le redressement et le développement du Mali (BRDM), a adressé des félicitations au nom de son organisation. « Le BRDM félicite toutes les autorités et personnalités qui se sont impliquées pour la libération de Soumaila Cissé en même temps que tous les otages. Il remercie toutes les solidarités agissantes ayant permis ce dénouement heureux », a-t-il écrit. Le représentant de l’Union africaine (UA) au Mali, Pierre Buyoya, s’est dit très heureux d’apprendre que l’honorable Soumaila Cissé est libre. « C’était au cours du Conseil de paix et de sécurité sur le Mali. Le président de la commission de l’Union africaine a tenu à saluer cette libération ». « Félicitations à tous ceux qui se sont investis dans cette action salutaire », a-t-il déclaré. OD/MD (AMAP)
Covid-19 au Mali : Quelque 2502 guérisons, 131 décès sur 3210 cas positifs enregistrés
Bamako, 9 octobre (AMAP) Quelque 2502 personnes sont guéries de la Covid -19, 131 décès, sur 3210 cas positifs enregistrés au Mali avec les 15 nouveaux cas découverts jeudi, a appris l’AMAP de source officielle. Les services sanitaires précisent que les nouvelles contaminations ont été identifiées à Kayes, Bamako et Koulikoro. L’Institut de santé publique déclare par ailleurs que 395 cas-contacts font l’objet d’un suivi quotidien, invite la population à la quiétude et au respect des mesures préventives. KM (AMAP)
Mali : Soumaïla Cissé libéré des mains de ses ravisseurs
Bamako, 9 octobre (AMAP) Le Président de l’Union pour la Démocratie et la République (URD), Chef de file de l’opposition malienne, l’Honorable Soumaïla, aux mains de ses ravisseurs depuis 7 mois, a été élargi jeudi, a appris l’AMAP de source officielle. L’annonce a été faite par les autorités de la Transition dans un communiqué rendu public jeudi. « Le président de l’Union pour la République et la démocratie (URD) a été libéré en compagnie de Mme Sophie Pétronin, une humanitaire française enlevée à Gao, de Nicola Chiacchio et Pier Luigi Maccalli de nationalité italienne » précise le communiqué. Enfin, le communique déclare que « La libération des otages a été obtenue grâce aux efforts des Services de renseignement, des Forces armées et de sécurité, des partenaires du Mali et de la Cellule de crise ». Enfin, ledit communiqué félicite la Cellule de crise pour la libération de Soumaïla Cissé, dirigée par l’ancien Premier ministre Ousmane Issoufi Maïga. Le président de l’URD, l’humanitaire française, Nicola Chiacchio et Pier Luigi Maccalli de nationalité italienne ont été reçus à leur arrivée au Palais de Koulouba par le Président de la Transition, Ba NDAW, le Vice Président, le Colonel Hachim Goïta et le Premier Ministre Moctar Ouane. En rappel, le chef de file de l’opposition malienne, Soumaila Cissé a été kidnappé le 25 mars dernier par des hommes armés dans le Cercle de Niafunké alors qu’il était en campagne électorale pour les législatives de 2020. KM (AMAP)
Mali: libération de personnalités civiles et militaires détenues depuis le coup d’État du 18 août
Bamako, 8 Oct (AMAP) L’ancien Premier ministre malien, Boubou Cissé, l’ancien Président de l’Assemblée nationale, Moussa Timbiné, et dix hauts gradés de l’Armée malienne, arrêtés le 18 août, lors de la déposition par les militaires de l’ancien président Ibrahim Boubacar Keita, ont été libérées, dans la nuit de mercredi à jeudi, selon une source officielle. « Toutefois, les intéressés restent à la disposition de la justice pour toutes fins utiles », précise le communiqué du Comité national pour le salut du peuple (CNSP), signé du colonel Assimi Goita, qui annonce leur libération. MD (AMAP)
Cercle de Koro (Centre) : Trois militaires tués dans une attaque terroriste à Birga
Bamako, 7 Oct (AMAP) Des éléments de la 52è CIR et l’Escadron de la garde nationale de Koro (Centre) sont tombés, mardi, dans une embuscade qui a couté la vie à trois militaires, annonce le site des Forces armées maliennes (FAMa) www.fama.ml. Deux véhicules ont été détruits ainsi que des armes et des munitions emportées par les assaillants, ajoute la même source. Les FAMa portaient secours aux populations du village de Birga, à environ 21 km à l’Ouest de Koro, dans la Région de Mopti, qui a été attaqué par des Groupes armés terroristes (GAT), mardi, vers 21 heures quand elles sont tombées dans le guet-apens Les renforts, d’après la même source, sont arrivés sur le lieu, le même jour. Les corps des victimes ont été transportés à Sévaré, par l’aviation militaire malienne. BD/MD (AMAP)
Nouveau gouvernement : Soutien presque unanime des forces politiques
Bamako, 7 Oct (AMAP) Le gouvernement de la Transition dirigé par Moctar Ouane a été mis en place lundi dernier, et depuis les déclarations de soutien continuent de pleuvoir. À commencer par celle du Rassemblement pour le Mali (RPM) de l’ancien président, Ibrahim Boubacar Keita. Dans un communiqué, le parti du Tisserand estime que la formation du gouvernement de la Transition constitue une grande «avancée dans la normalisation constitutionnelle». Il apporte à tous les membres du nouveau gouvernement son soutien, tout en leur exprimant ses sincères vœux de réussite. Le RPM adresse singulièrement ses félicitations aux mouvements signataires de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger pour leur entrée dans le gouvernement et les encourage à œuvrer davantage pour le retour d’une paix durable au Mali. De son côté, le parti YELEMA «le Changement» félicite et encourage le gouvernement de Moctar Ouane, avant de l’inviter à travailler exclusivement pour le bonheur du peuple malien. Le parti de l’ancien Premier Moussa Mara assure qu’il accompagnera toutes les bonnes initiatives de l’équipe gouvernementale et a exhorté les forces vives du pays à en faire de même pour la réussite de la Transition. Pour sa part, la Convergence pour le développement du Mali (CODEM) félicite, lui aussi, les membres du gouvernement de la Transition pour le choix et la confiance placés en eux. Elle exhorte le gouvernement à s’atteler à réaliser, dans les délais fixés à la Transition, « les réformes essentielles attendues dont la sécurité et une loi électorale révisée en vue de l’organisation d’une élection équitable, transparente, fiable et crédible ». Dans une déclaration datée du 7 octobre, le Comité exécutif de l’Alliance pour la démocratie au Mali-Parti africain pour la solidarité et la justice (ADEMA-PASJ) salue la nomination de Moctar Ouane au poste de Premier ministre et la composition du gouvernement de Transition. L’ADEAMA-PASJ se dit pleinement conscient de la complexité des missions et de la lourdeur des tâches de la Transition dont « la réussite requiert l’accompagnement et l’engagement de toutes les forces vives de la nation, dans un sursaut national ». « A cet égard, l’ADEMA-PASJ ne ménagera aucun effort pour soutenir les nouvelles autorités dans la mise en œuvre de la feuille de route de la Transition, en vue de relever les innombrables défis pour l’avènement d’un Mali uni, paisible et prospère », peut-on lire dans la même déclaration. La conférence des présidents de la Coalition des forces patriotiques (COFOP) note avec satisfaction la formation du gouvernement chargé de conduire la Transition au Mali. La COFOP apporte toute sa confiance aux hommes et aux femmes qui composent ce gouvernement. Elle fait part au gouvernement de sa disponibilité à apporter sa contribution à l’accomplissement heureux de la Transition. La COFOP salue, par ailleurs, la levée de l’embargo par la CEDEAO. Dans une déclaration rendue publique mardi, le Mouvement du 5 Juin – Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP) annonce avoir pris note de la mise en place du gouvernement par les autorités de la Transition. Cependant, le M5 tient à préciser que contrairement à certaines informations relayées par des médias et les réseaux sociaux, «il n’a pas de représentant dans ce gouvernement». «Aucun membre de ce gouvernement ne peut se réclamer de lui ou prétendre agir en son nom». En outre, le M5-RFP dit regretter « profondément que son souci constant d’une Transition réussie n’ait pas été compris et pris en compte ni au moment des journées de concertation sur la Transition, ni pour la désignation du Président et celle du Premier ministre et encore moins pour la mise en place du gouvernement ». Selon le Mouvement du 5 juin, « ce nouveau gouvernement n’est porteur ni de la rupture avec le système qu’il a combattu ni du changement auquel le Peuple malien aspire et pour lequel il a consenti le sacrifice ultime : le sang de ses martyrs, pour lesquels justice doit être rendue sans délai ». Le M5-RFP « malgré des tentatives répétées de marginalisation, conscient de ses responsabilités », réaffirme sa détermination à faire aboutir son combat pour un Mali nouveau. Pour ce faire, conclut la déclaration, le Mouvement appelle ses militants et sympathisants à rester mobilisés dans l’attente de ses mots d’ordre «pour une rupture véritable avec l’ancien système, pour un changement réel par la Refondation du Mali». MDD/MD (AMAP)
Gouvernement de la Transition : Le compte à rebours a commencé
Par Issa DEMBÉLÉ Bamako, 7 Oct (AMAP) Le chef du gouvernement, Moctar Ouane, a décliné succinctement, face à son équipe, mardi, à la Primature, les grands axes de l’action gouvernementale durant les dix-huit mois de la Transition et les principes directeurs sur lesquels elle sera fondée. Rétablissement de la sécurité, redressement de l’Etat, lutte contre la corruption, organisation d’élections générales transparentes, l’équipe de Moctar Ouane devra se surpasser pour combler les attentes de nos compatriotes pendant les 18 prochains mois. Ainsi donc, le compte à rebours est lancé. Les défis sont nombreux. Et le chef d’orchestre veut une cadence à la hauteur des ententes des populations qui ont clairement défini les missions de cette Transition dans une Charte. Moctar Ouane les a rappelées, avec en tête, le rétablissement de la sécurité sur tout le territoire dont une bonne partie échappe, encore, au contrôle du pouvoir central. Depuis 2012, l’insécurité est, sans doute, le plus grand souci des Maliens. D’où l’espoir de nombre d’entre nous en cette Transition pour mettre fin à la spirale de violences qui endeuillent régulièrement les populations. Juguler cette insécurité passe, également, par le redressement de l’Etat, dont les défaillances sont unanimement reconnues et décriées. Ainsi, ce gouvernement a pour seconde tâche le redressement de l’Etat et la création des conditions de base pour sa refondation. Sur ce terrain, l’équipe doit marquer des points en jetant les bases d’un Etat digne de ce nom. Et le troisième axe a trait à la promotion de la bonne gouvernance. En la matière, les faits et gestes du gouvernement seront scrutés, mais il devra surtout imprimer sa marque dans la lutte contre la corruption. On se rappelle que le président de la Transition, lui-même, avait déjà donné le ton, en annonçant qu’il transmettra, au besoin, tous les dossiers des services de contrôle à la justice. Également d’une nécessité absolue, la refonte du système éducatif constitue le quatrième axe de l’action gouvernementale. Cette équipe devra s’y atteler afin que notre système, qui a largement montré ses limites, retrouve sa noblesse d’antan. L’adoption d’un pacte de stabilité sociale est la cinquième priorité. Question tout aussi importante au moment où la demande sociale va crescendo, accentuant davantage la crise de confiance entre Administration et administrés. Stabiliser notamment le front social est un impératif pour espérer tenir les démons loin de notre pays. AGIR EFFICACEMENT – Moctar Ouane est tenu de lancer le chantier des réformes politiques, institutionnelles, électorales et administratives. Et ainsi ouvrir la voie à l’émergence du Mali nouveau tant réclamé par le peuple. Les acquis qu’aura engrangé son équipe seront consolidés par le président élu au terme de cette Transition. À cet effet, l’organisation d’élections générales est justement le septième chantier du gouvernement qui doit tirer les enseignements des dernières élections législatives. Celles-ci avaient précipité la chute du régime de Ibrahim Boubacar Keïta. Enfin, il est attendu de ce gouvernement qu’il insuffle une nouvelle dynamique à l’application de l’Accord pour la paix et la Réconciliation issu du processus d’Alger. Pour atteindre pleinement ces objectifs, selon le Premier ministre, « nous devons agir, agir vite, agir efficacement » en se fondant sur trois principes directeurs : l’engagement, la détermination et la solidarité. Engagement, parce que pour lui le premier devoir de ce gouvernement face aux nombreux défis du moment « réside dans l’engagement sans faille de chacune et de chacun d’entre nous, et ce à tout moment ». Il a donc exhorté les ministres à un volontarisme devant conduire à un sens de l’initiative plus accru et plus pertinent dans la formulation des politiques publiques. Ensuite, la deuxième exigence doit «résider dans notre détermination à conduire les réformes voulues par notre peuple, et ce avec rigueur et humilité ». « A cet égard, a-t-il estimé, il est nécessaire de prendre, à chaque fois que de besoin, des mesures fortes et courageuses pour apporter des réponses durables aux attentes légitimes des populations en vue d’un mieux-être partagé et continu ». «Nous devons, pour cela, privilégier le dialogue et la concertation tout en veillant à la transparence dans la gestion des affaires publiques», a-t-il conseillé. Et en troisième lieu, il a mis en exergue l’impératif de solidarité gouvernementale qui doit se traduire par l’esprit d’équipe. Une valeur à cultiver en permanence. « Pour ce faire, dira-t-il, l’action du gouvernement doit reposer sur le principe d’unité et s’inscrire dans la cohérence pour demeurer efficace et crédible ». Adressant ses félicitations aux ministres, Moctar Ouane a estimé que c’est un «privilège singulier que de servir l’Etat au niveau qui est le nôtre aujourd’hui en vue d’apporter des réponses adéquates aux attentes légitimes de nos concitoyens et d’œuvrer au redressement de notre pays si durement ébranlé». Déjà, tous les ministres sont d’attaque. Le nouveau ministre de la Communication et de l’Économie numérique, Dr Hamadoun Touré, compte sur la presse pour mener à bien sa mission. Mais aussi pour mettre en place un climat de dialogue dans notre pays. Son collègue en charge de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Mohamed Salia Touré, s’est dit conscient des défis qui l’attendent et qu’il travaillera de sorte à combler les attentes. ID/MD (AMAP)
Koulouba : Ballet diplomatique chez le président de la Transition
Bamako, 7 Oct (AMAP) Le président de la Transition a reçu, mardi, successivement, le chef de la Mission intégrée multidimensionnelle des Nations unies pour la stabilité au Mali (MINUSMA), Mahamat Saleh Annadif, les ambassadeurs d’Allemagne au Mali, Dr Dietrich Fritz Reinhold Pohl et du Tchad, Kalzeube Neldikingar Madjimta, venus exprimer leur soutien au président Bah N’Daw, pour la réussite de la Transition au Mali. A sa sortie d’audience, le chef de la MINUSMA et représentant special du secrétaire général (RSSG) des Nations unies, a déclaré qu’il était porteu d’un message d’Antonio Guterres au président de la Transition. «Je suis venu le féliciter pour sa nomination mais, surtout, lui dire la disponibilité de la Mission à accompagner le Mali et ses autorités dans cette tâche de la Transition», a-t-il indiqué. Pour Mahamat Saleh Annadif, le discours d’investiture du chef de l’Etat a permis aux uns et aux autres de savoir son engagement pour que cette Transition puisse se dérouler dans de bonnes conditions. «Je lui ai dit que notre lecture est que cette transition offre une opportunité historique pour que le Mali sorte de ce cycle infernal élections – coup d’Etat», a souligné le chef de la MINUSMA. Il a ajouté, ensuite, que les Nations unies sont prêtes à accompagner les réformes politiques et institutionnelles et les élections à venir. M. Annadif s’est réjoui d’entendre le président de la Transition dire que l’Accord pour la paix et la réconciliation est un document de référence dans la Charte et un engagement de l’Etat malien. Selon lui, ce sont autant de choses qui permettent à la Mission onusienne de s’impliquer plus, pour que le Mali, dans les 18 mois prochains, puisse réussir une transition exemplaire au niveau du continent. «La MINUSMA est très impliquée dans la stabilisation du Mali. L’Accord pour la paix est une priorité stratégique. La situation au Centre est une préoccupation, l’appui aux forces de défense et de securité maliennes est une priorité », a rappelé Mahamat Saleh Annadif . Le ballet diplomatique s’est poursuivi avec l’ambassadeur de la République fédérale d’Allemagne au Mali. Dr Dietrich Fritz Reinhold Pohl était venu rencontrer le chef de l’Etat pour en savoir davantage sur les perspectives pour la Transition, les élections à venir et les grands travaux à effectuer. Le diplomate allemand a rappelé que son pays est un partenaire de longue durée du Mali. A cet égard, il a promis que l’Allemagne va accompagner Bamako pour la réussite de cette Transition. « Nous avons des contributions et des soutiens à offrir. Nous allons le faire dans l’esprit de confiance et de coopération », a indiqué l’ambassadeur allemand, tout en promettant la poursuite des programmes humanitaires et de développement au profit de la population. Dr Dietrich Fritz Reinhold Pohl a, aussi, assuré que l’Allemagne va soutenir les grands axes de la Transition, surtout sur le plan juridique, dans la lutte contre la corruption et le renforcement de la sécurité. «Ce sont des grands défis, mais je pense qu’ensemble on va y arriver. Nous sommes déjà présents dans le cadre de la MINUSMA, de la Mission de formation de l’Union européenne (EUTM) et aussi sur le plan bilatéral. Nous allons examiner des possibilités pour mieux soutenir le secteur de la sécurité», a-t-il annoncé, ajoutant que d’autres perspectives sont, en ce moment, en discussions. Le diplomate allemand a qualifié son premier contact avec le président de la transition de « très pertinent et impressionnant ». La dernière personnalité reçu par le président Bah N’Daw a été l’ambassadeur du Tchad au Mali, Mme Kalzeube Neldikingar Madjimta, porteuse d’un message du président Idriss Deby Itno. Selon elle, au-delà des relations diplomatiques, « ce sont des liens de fraternité et de solidarité qui lient le Mali et le Tchad depuis la nuit des temps ». La diplomate tchadienne a rappelé que nos deux pays sont liés, aussi bien, par l’histoire que par la géographie. «C’est avec beaucoup d’attention que le maréchal du Tchad, Idriss Deby Itno, et le peuple tchadien tout entier ont suivi tout ce qui s’est passé au Mali. Nous rendons grâce à Dieu, tout s’est bien passé pour qu’aujourd’hui, nous puissions être dans la Transition», a souligné Kalzeube Neldikingar Madjimta, indiquant que l’embargo de la CEDEAO qui a un peu ralenti les choses est levée grâce «à la maturité politique, à la sagesse, au tact et au dynamisme du président de la Transition, de son vice-président et de toute leur équipe qui se sont mis immédiatement au travail». Elle est convaincue qu’aujourd’hui, tout est balisé pour que le travail de la Transition commence. «Je suis venue apporter le soutien de mon pays au président de la Transition et à son équipe et leur dire que le Tchad a été là et sera toujours là dans tous les domaines pour aider le peuple malien», a-t-elle laissé entendre. DD/MD (AMAP)
Diéma : Risques de noyade élevés avec le niveau très haut des rivières
Par Ouka BA, AMAP Diéma Diéma, 7 Oct (AMAP) Chaque année, des enfants meurent, par noyade, dans le Cercle de Diéma, dans l’Ouest du Mali, où les mares et des cours d’eau ont atteint, cette année, des niveaux inquiétants à cause de l’abondance de pluviométrie. Ces mares et cours d’eau sont, certes, d’une grande utilité, puisqu’ils fournissent des poissons, permettent les activités maraîchères, assurent l’abreuvement des troupeaux et facilitent le ravitaillement en eau des chantiers. Mais ces cours d’eau constituent, également, un danger pour les enfants qui les fréquentent quotidiennement. S’ils partent pêcher, en rentrant des champs ou en accompagnant leurs mères à la lessive, les occasions ne manquent pas pour les gamins de se débarbouiller. Il y a, aussi, ceux qui apprennent à nager. Malgré la sensibilisation par les radios de proximité, le phénomène persiste. Seyba Diabaté, chef du centre de la protection civile de Diéma, explique que le nombre de cas de noyade, cette année, dans le cercle de Diéma s’élève à 6 dont 4 à Lambidou, 1 à Béma, et 1 à Diéma. « Lorsqu’on a l’information, on intervient rapidement pour tenter de sauver la personne ou pour extirper le corps de l’eau. Après opération, on remet la victime aux services de santé », dit-il en substance. Le Chef du centre de la protection civile, souhaite, avec le soutien des autorités compétentes, initier, le moment venu, une formation en natation, à l’intention des jeunes, afin de réduire les nombreux cas de noyade que le cercle de Diéma enregistre annuellement. Le grand cours d’eau du barrage situé non loin du quartier Bamaking, a, dit-on, besoin de sacrifice humain, « c’est pourquoi chaque année il prend la vie d’un être humain », soutient un pêcheur, s’apprêtant à placer sa ligne. Cette année, il n’y a pas eu de cas de noyade à Diangounté Camara. Le 2ème adjoint au maire, Oudé Magassa, explique que la mairie n’a pas entrepris de sensibilisation dans ce sens mais « tous les parents sont conscients, aujourd’hui, des dangers de cette pratique vieille de plusieurs siècles ». C’est pourquoi, tous interdisent à leur progéniture de plonger les cours d’eau, durant ces périodes. Assitan, aide son mouton terrassé par une forte pluie, à se tenir sur ses pattes flageolantes. Elle déclare que dans cette situation, les femmes ont une grande part de responsabilité. Lorsque certaines femmes partent faire la vaisselle ou a lessive à la mare, elles se font accompagner, parfois, par tous les enfants de la maison. Elles les laissent se s’amuser dans l’eau, Ce qui entraîne, souvent, des noyades. Le fils de Hétan, essaie de la tromper. Chaque fois qu’elle lui demande s’il estallé se laver dans la mare Lambakoré, il jure, la main sur le coeur qu’il a arrêté. Mais, il suffit qu’elle voit l’état des yeux et du corps du petit, pour qu’elle se mette à le rudoyer, en dépit de la menace de répudiation proférée à son encontre par son époux. Selon Mariko Traoré, conseiller communal, résident à Dioumara-Koussata, avec la sensibilisation, rares sont les parents qui laissent leurs enfants aller dans les cours d’eau. « Ici, ce sont les hommes qui veillent, généralement, sur les enfants », indique-t-il. Karamoko, vendeur de boissons, d’ajouter que par incivisme, certaines personnes jettent dans les cours d’eau des cadavres d’animaux et toutes sortes de détritus. « Ces eaux souillées, on ne doit même pas les faire boire par un animal, a fortiori… », prévient-il Makan, qui seconde l’imam à Lakamané, soiutiengt que cela fait partie des coutumes de la contrée : « si les enfants partent aux champs, ils se lavent dans les cours d’eau, au retour ». « On délivre des messages lors de nos prêches afin que les parents empêchent leurs enfants de se ruer vers les mares », ajoute Makan. Bassi Coulibaly, notable à Guédébiné, certifie que chez eux « du début à la fin de l’hivernage, vous ne verrez aucun enfant se baigner dans une eau stagnante » « Le Directeur technique de notre Centre de santé communuautaire (CSCOM) et son équipe, dont je loue les efforts, sensibilisent les femmes qui viennent en consultation pour l’abandon de la pratique », ajoute-t-il. Salim Diawara, Conseil communal de la jeunesse de Béma, expliqueque grâce à la sensibilisation, la pratique a considérablement diminué dans la commune, même si elle n’est pas totalement finie. « Avec l’existence de quelques bornes fontaines, poursuit-il, de nombreuses femmes ne se rendent plus dans les mares avec leurs enfants pour la lessive ». Ganda Modibo Tounkara, chef du service de l’Hydraulique de Diéma, affirme que les eaux stagnantes sont souvent sources de contamination. « Si les enfants s’y baignent, ils pourraient attraper des maladies hydriques, comme la bilharziose, la diarrhée, les dermatoses, etc », a averti-t-il. « Il faut, conseille l’hydraulicien, renforcer la sensibilisation ». « Toute eau qui ne coule pas, sa consommation peut rendre malade », renchérit un producteur, qui se désaltère, insouciemment, avec l’eau du bras de rivière qui passe à côté de son champ. OB/MD (AMAP)
Mali : Les travaux d’Hercule du gouvernement de la transition
Bamako, 6 Oct (AMAP) Le Premier ministre, Moctar Ouane, a insisté, mardi, lors du premier Conseil de cabinet du nouveau gouvernement, sur les missions de la Transition définies par la concertation nationale qui a réuni toutes les sensibilités maliennes, les 10, 11 et 12 septembre 2020, indique la Cellule de communication et des Relations publiques de la Primature (CCRP). Ces missions, indique un texte de la CCRP parvenu à l’AMAP, portent sur “le rétablissement et le renforcement de la sécurité sur l’ensemble du territoire national, le redressement de l’Etat et la création des conditions de base pour sa refondation, la promotion de la bonne gouvernance, la refonte du système éducatif, l’adoption d’un pacte de stabilité sociale, la réforme de l’Education, le lancement du chantier des réformes politiques, institutionnelles, électorales et administratives, l’organisation des élections générales la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger”. Moctar Ouane, qui a présidé, dans la salle de conférence de la Primature, ce premier Conseil de Cabinet de l’équipe gouvernementale de la Transition nommée lundi, a relevé que pour gagner ce pari, « il nous faut agir, agir vite et efficacement », guidés en cela par trois principes directeurs qui sont l’engagement, la solidarité et la détermination. Ainsi, la solution au défi d’ordre sécuritaire, économique, politique et social auquel le Mali est confronté, « réside dans l’engagement sans faille de chacun et chacune des membres qui compose le gouvernement ». Cela devra se traduire dans la pratique « par un volontarisme devant conduire au sens de l’initiative, toujours plus accru, et pertinent dans la formulation de nos politiques publiques », a dit le chef du gouvernment. Mais aussi, « par notre détermination à conduire les réformes voulues par notre peuple, avec en ligne de mire le recours préalable au dialogue et à la concertation, dans l’humilité, mais toujours dans la rigueur, «en veillant à la transparence dans la gestion des politiques publiques ». Cependant, tout cela ne sera pas effectif sans « l’impératif de solidarité gouvernementale » qui doit conduire à la culture d’un esprit d’équipe. C’est pourquoi, Moctar Ouane a insisté en reitérant que l’action gouvernementale doit, pour demeurer efficace et crédible, « reposer sur le principe d’unité et s’inscrire dans la cohérence ». « C’est un grand honneur et un privilège singulier, que de servir l’Etat au niveau qui est le nôtre aujourd’hui, en vue de répondre de façon adéquate aux attentes légitimes de nos concitoyens », a dit M. Ouane. “Chacun devra, en consequence, œuvrer au redressement de notre pays si durement ébranlé », a poursuivi le Premier ministre. En invitant les uns et les autres à prendre la juste mesure de la situation actuelle dans laquelle se trouve le Mali, Il a rappelé les grands axes qui doivent orienter l’action gouvernementale durant les 18 mois de la Transition ainsi que les principes directeurs sur lesquels cette action sera fondée. Le nouveau gouvernment compte 25 membres nommés par le Président de la Transition, Bah N’Daw, sur proposition du Premier ministre, sur la base des recommandations du Dialogue national inclusif (DNI) et à celles, plus récentes, de la concertation nationale tenue les 10, 11 et 12 septembre 2020. Ce premier Conseil de Cabinet s’est tenu le même jour où les Chefs d’Etat et de Gouvernement de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ont levé les sanctions contre le Mali, depuis la chute du président Ibrahim Boubacar Keita, le 18 octobre 2020. AC/MD (AMAP)

