Route Séféto-Dalibera (Ouest) : Des hommes armés attaquent les passagers d’un minibus

Bamako, 05 Nov (AMAP) Un minibus, en partance à Diougounté, a été attaqué, lundi, vers 17heures, entre le village de Fountou et la Commune de Niagané, dans l’Ouest du Mali, a indiqué, mercredi, à l’AMAP, une source locale. Fousseïny Tounkara, « Saddam », convoyeur de minibus, a expliqué que l’attaque a été perpétrée par trois hommes qui circulaient sur des motos asiatiques. «Le chauffeur du minibus, Samba Fofana, nous a dit que les trois individus étaient armés de fusils. Ils ont tiré en l’air et ordonné à tous les passagers de descendre du véhicule. Ensuite, ils ont commencé à les fouiller, les uns après les autres, à la recherche d’argent, de téléphones portables et d’objets de valeur ». « La dizaine de passagers à bord du minibus dont le chauffeur et l’apprenti ont été dépouillés de leurs portables et de tout leur argent», rapporte M. Tounkara, citant le chauffeur qui a connu la plus grosse frayeur de sa vie. Saddam a ajouté que «l’opération a duré une dizaine de minutes », suffisante pour les agresseurs de rassembler tous les téléphones portables et de prendre la direction du village de Dalibera ». On ne connaît pas le montant de la somme d’argent emporté par les coupeurs de route mais, a ajouté un autre convoyeur, « les passagers, parmi lesquels un Parisien (Ndlr, un Malien qui réside en France) ont été dépouillés de tout leur argent ». « Les trois individus, qui s’exprimaient en Bambara ont tabassé certains passagers dont le seul tort a été de ne pas avoir sur eux beaucoup d’argent », indique la même source. DEUXIEME ATTAQUE – Après le départ des assaillants, Samba Fofana et ses passagers ont continué leur route et c’est seulement à leur arrivée à Niagané qu’ils ont pu donner l’alerte. Quand les bandits armés avaient atteint la voie bitumée et disparu dans la nature. Un deuxième minibus, qui avait quitté Bamako deux heures après le premier et qui était en partance à Séféto, a croisé les deux motocyclistes entre Fountou et Dalibera Les passagers de ce véhicule n’étaient pas informés de l’attaque. C’est la deuxième fois, depuis le début de l’année, que des bandits sévissent sur le tronçon Dalibera-Séféto, long de 50 km et qui est jalonné de petits marigots, rivières, cours d’eau stagnantes et de rizières. La première attaque avait été perpétrée en mai, sur le même tronçon, et à seulement 2 km de l’endroit de l’attaque du lundi. Les assaillants avaient surgi des buissons et fait tiré en l’air, avant de déposséder les passagers de leurs téléphones portables et de leur argent. Selon « Saddam », ces bandits armés étaient au nombre de sept. Les habitués du tronçon pensent que les auteurs des deux attaques connaissent bien la zone et viennent, probablement, de localités voisines. L’attaque du 2 novembre a provoqué la psychose dans le Kaarta dont les populations ne sont pas habituées à ce genre de banditisme et ne savent pas quelle attitude adopter pour y faire face. Depuis l’arrêt du trafic ferroviaire entre Bamako et Kayes, il y a une décennie, les minibus sont devenus le moyen de transport le plus utilisé par les ressortissants de la 1ere Région administrative, dans l’Ouest du pays. Ces minibus passent, soit par le tronçon Bamako-Kita, soit par la Route nationale (RN7) qui relie la capitale à la cité des Rails. SBT/MD (AMAP)

Mali-États-Unis: Les deux pays entendent renforcer leur coopération sécuritaire 

Bamako, 05 Nov (AMAP) A sa demande, le  vice-président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, a reçu en audience, mardi dernier à Koulouba, l’ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique au Mali, Dennis B. Hankins. Les deux personnalités ont échangé, notamment, sur les relations entre les deux pays sur le plan sécuritaire.  Elles ont exprimé leur volonté de renforcer la coopération dans ce domaine précis, a dit, à sa sortie de l’audience, le diplomate américain. Par ailleurs, Dennis B. Hankins a affirmé que les Etats-Unis voient notre pays comme l’un des partenaires dans la lutte contre le terrorisme dans le Sahel. Il a relevé que l’implication du gouvernement malien dans une opération, la semaine dernière, a contribué à la libération d’un otage américain au Niger. Ainsi, a-t-il dit, les Etats-Unis restent toujours un partenaire du gouvernement malien sur les questions de sécurité qui ne repose pas uniquement sur les soldats et les armes. L’ambassadeur américain au Mali  a, aussi, annoncé que son pays accompagnera la Transition sur les questions de bonne gouvernance. Il a, également, apprécié la composition du gouvernement de Transition qui inclue des membres signataires de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger. Pour Dennis B. Hankins, c’est une opportunité pour avancer l’assistance américaine en termes de développement dans les Régions dans le Nord du Mali. « Si le Nord est plus stable, plus sécurisé, cela donne  plus de sécurité pour le reste du pays », a-t-il estimé. OD/MD (AMAP)

Bandiagara : Huit civils tués et une dizaine de blessés dans une attaque entre Parou et Songobia (Centre)

Bandiagara, 5 Nov (AMAP) Huit civils ont été tués et dix autres blessés dans une attaque contre un minibus par des hommes armés non identifiés, dans la nuit de mardi à mercredi, entre Parou et Songobia, dans le Cercle de Bandiagara, Région de Mopti (Centre), a appris l’AMAP de source locale. Des hommes armés non identifiés ont attaqué le véhicule de transport qui quittait Bandiagara pour Bankass, entre Parou et Songobia, selon notre source. Un renfort miliaire a été dépêché pour sécuriser la zone, retrouver d’éventuels assaillants selon notre source qui précise que les blessés ont été admis au Centre de santé de  référence de Bandiagara. KM (AMAP)  

Burkina Faso : L’Economie agro-sylvo-pastorale en ligne de mire

Par Moussa DIARRA Envoyé spécial Bamako 4 Nov (AMAP) Un joyeux groupe de femmes qui chantent pour accueillir des journalistes sur leur lieu de travail. Ces 152 productrices exploitent un bas fond de riz et font de l’étuvage. Elles transforment le riz et approvisionnent les cantines scolaires et des clients individuels. En plus, elles achètent du riz dans d’autres bas-fonds rizicoles qu’elles étuvent et mettent également sur le marché. La douzaine de journalistes africains de ce voyage de presse, du 18 au 23 octobre, de la présidence du Burkina Faso, ont pu découvrir le pays, à travers ses actions et chantiers d’envergure menés, ces cinq dernières années, malgré le défi sécuritaire. L’agriculture est un de ces chantiers qui contribuent aux résultats du Burkina Faso. Ainsi que l’illustre Sanfo Asséta, productrice/étuveuse de riz, est présidente de la coopérative de production. « Pendant ces deux dernières années, on nous a appuyées avec des intrants, de l’engrais, l’appui technique en production de riz, de l’argent pour le désherbage et, enfin, nous avons pu bénéficier d’un tracteur fortement subventionné », explique-t-elle. Son souhait ? « Que le projet puisse aider d’autres personnes pour que le pays se développe ». « Notre activité initiale était la production, puis plus tard, nous y avons ajouté la transformation du riz. Nous venons au centre pour faire ce travail. Et nous avons bénéficié du soutien d’un projet pour renforcer notre activité avec la mécanisation de la transformation », renchérit Goroko Fatimata de la coopérative de Dandé. « Grâce à l’étuvage, nous arrivons à prendre en charge des dépenses de la famille, à payer la scolarité des enfants, par exemple. Il y a beaucoup de retombées positives. Même pour des dépenses d’environ 50 mille francs CFA, nous n’avons pas besoin de demander à nos maris, nous pouvons les prendre en charge ». Le chef d’antenne du projet d’appui à la promotion des filières agricoles au niveau de l’unité de Bobo Dioulasso, Kouadima Issa, explique que le projet, d’un financement de 110 milliards de francs CFA, couvre les Régions des Hauts bassins et des Cascades. Il a vu le jour sur initiative du gouvernement burkinabè et a été mis en place par le ministère de l’Agriculture. « Nous bénéficions de l’appui du Fonds international de développement agricole (FIDA) et du Fonds OPEP pour le développement international (OFID). Depuis 2018, nous avons commencé et nous en avons pour 6 ans », poursuit-il. « A Dandé, nous avons accompagné les femmes avec les sous-produits d’accès aux marchés. Nous mettons à leur disposition des intrants, l’appui conseil…à hauteur de presque 4 millions de francs CFA pour produire » En raison du Covid qui allait impacter les surfaces à emblaver et la main-d’œuvre et grâce au programme présidentiel de mécanisation de l’agriculture, le gouvernement du Burkina Faso a permis l’acquisition de 30 tracteurs pour nos organisations. Nous les avons aidées à avoir ces tracteurs subventionnés à 45%. Nous subventionnons à 80% les organisations que nous accompagnons. Grace à notre subvention de 80%, elles ont dépensé un peu moins de 2 millions, au lieu de 8 millions, pour acquérir leur tracteur. Nous avons accompagné les organisations avec 40 tracteurs », a dit M. Kouadima. Dans la plaine de Bama, de 1.260 ha dont 60 ha alloués à l’expérimentation et où opèrent neuf coopératives, c’est aussi une Initiative présidentielle qui est en marche avec un objectif d’un million de tonnes de riz paddy d’ici 2020, au plan national. LE COUP DE POUCE DE L’ETAT – En guise de mesures d’accompagnement et pour les semences, en 2020, quelques 1.350 tonnes d’engrais ont été fournis à la Région des Hauts Bassins pour la production seulement de riz, contre, pour toute la Région et toutes les spéculations, l’année dernière, 2.000 tonnes. Sur 480 tonnes de semences de riz, 50 tonnes de semences de riz ont été remis aux producteurs de la plaine de Bama, pour emblaver toute la plaine, à raison de 45 kg pour un ha. Fortement subventionné, 15kg à 1.000 Fcfa, emblaver un ha revient à 3.000 Fcfa de frais de semences. L’engrais coûte 17.500 Fcfa, le sac, sur le marché. Il est à 12.000 Fcfa, prix subventionné. Cette année 2020, quelques 83 tonnes d’engrais sont remises à la plaine de Bama où on attend 10.000 tonne, pour la campagne en cours. L’objectif de production, sur le million de tonnes national est de 144.450 tonnes pour les Hauts Bassins, répartis entre les plaines et les bas-fonds. Cependant, le secrétaire général de l’Union des coopératives rizicoles de Bama, Zakaria Ouédraogo, relève que pour l’exploitation de la plaine, les difficultés ont pour noms « faible débit de l’eau en période sèche, baisse de la production ces dernières années, vétusté du réseau hydraulique construit dans les années 70, absence de subventions en intrants pour les cultures de contre saison… » ; pour une infrastructure aménagée dans les années 70 par Taiwan et dont les travaux ont été a achevé par la Chine populaire dans les années 75. Les 1385 exploitants dont 85 productrices, regroupés en 9 sociétés coopératives, font chacun, en moyenne 6 tonnes à l’ha, à raison de 150 Fcfa le kg, et 463 500 Fcfa de marge nette, selon Zakaria Ouédraogo. Irrigation en maitrise totale d’eau, l’infrastructure permet deux cycles de production, en saison humide et en saison sèche, un rendement moyen de 5, tonnes et 1/2 à l’ha, sur 1.000 ha, pour 12.000 t à l’ha. Le directeur régional de l’Agriculture est affirmatif : il y a « un milliard de francs CFA à se partager dans la plaine de Bama où il n’y a pas de mévente ». Et qui se positionne pour contribuer à l’autosuffisance alimentaire du Burkina Faso l’objectif du million de tonnes est atteint. En fait, l’économie agro-sylvo-pastorale, halieutique et faunique, occupe près de 80% de la population active burkinabè. Le président Roch Marc Christian Kaboré en a fait une priorité, afin d’améliorer la productivité des agriculteurs et leur niveau de vie, la transformation des ressources naturelles burkinabè et la sécurité alimentaire du pays. Durant son mandat présidentiel, le Burkina Faso a investi dans l’aménagement des zones hydro-agricoles et des retenues d’eau, dans l’accélération de la mécanisation, la mise

Ouverture de la 2ème session ordinaire de l’année 2020 du Haut Conseil des Collectivités territoriales

Bamako, 3 novembre (AMAP) La cérémonie d’ouverture de la 2ème session ordinaire du Haut Conseil des Collectivités Territoriales a été présidé lundi au siège de l’institution par son président, Mamadou Satigui Diakité, en présence du Premier Ministre, Moctar Ouane, a constaté l’AMAP. Cette 2ème session  va plancher sur l’examen des textes soumis par le Gouvernement et les questions diverses avant d’examiner deux thèmes essentiels que sont la réforme constitutionnelle et la problématique de la réorganisation du territoire national. Le président de l’institution a rappelé que la présente session qui clôt les activités de l’exercice du semestre en cours, survient dans un contexte socio-politique particulier, marqué par des destructions de biens publics et privés et même par des pertes en vies humaines. Mamadou Satigui Diakité a salué les nouvelles autorités pour l’affirmation dans la Charte de la Transition de leur attachement à la démocratie et à la bonne gouvernance. Il a réitéré ses encouragements aux forces de défense et de sécurité, notamment pour la libération des zones encore assiégées avant de saluer la contribution des collectivités territoriales dans la construction du pays et de rendre grâce à Dieu pour la libération de Soumaïla Cissé et d’autres otages. Le Président Diakité a enfin invité les uns et mes autres à continuer à respecter les gestes- barrières qui seuls, peuvent nous protéger de la Covid 19 qui continue de faire des ravages dans le monde. La cérémonie d’ouverture s’est déroulée en présence des membres du Gouvernement et de représentants des autres Institutions de la République et de plusieurs invités de marque. En rappel, la session qui s’est ouverte lundi dans l’après-midi, se poursuivra jusqu’au 1er décembre 2020.  KM (AMAP)

Lutte contre le terrorisme : L’engagement ferme de l’allié français

Bamako, 3 Nov (AMAP) La ministre française des Armées, Florence Parly, en visite au Mali, a été lundi, après-midi, par le président de la Transition, Bah N’Daw et le ministre de la Défense et des Anciens combattants, le colonel Sadio Camara, à la Villa des Hôtes, a constaté l’AMAP. À sa sortie d’audience, Mme Parly a affirmé qu’ils ont évoqué les étapes franchies, depuis les évènements du 18 août, vers une Transition politique civile et cela, conformément, aux recommandations de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO)   et de la communauté internationale. «La mise en place d’autorités de Transition et la nomination d’un nouveau gouvernement, sont des étapes positives qui permettent d’entamer cette période de Transition dans de bonnes conditions», s’est félicitée Florence Parly qui estime que l’exemplarité dans la conduite de la Transition est de nature à gagner les cœurs des populations. Les deux parties ont, également, partagé leurs évaluations de la situation. Occasion pour Florence Parly de réaffirmer l’engagement de la France à aider le Mali à faire face au défi sécuritaire, tout en poursuivant le processus de Transition. Elle a, aussi, rappelé la détermination de la France à mettre en œuvre l’Accord pour la paix et la réconciliation qui «demeure une priorité». Pour la ministre, «la relance de cet Accord se joue maintenant. Il y a aujourd’hui une fenêtre d’opportunité pour agir et elle doit être saisie rapidement». Dans ce cadre, la France s’engage à continuer à travailler avec les «amis maliens pour achever la lutte qui nous unit, depuis des années, contre les groupes armés terroristes», a assuré Florence Parly qui a, une fois de plus, rappelé que la France et l’opération Barkhane ne poursuivent pas d’objectifs cachés au Mali. Sur le terrain, a soutenu la patronne des Armées françaises, les résultats opérationnels sont réels. Pour preuve, elle a révélé que le 30 octobre dernier, la force Barkhane a neutralisé plus de 50 terroristes de la Katiba Ansarul Islam, un groupe affilié à AQMI qui opère dans la zone de Boulkessi, près de la frontière avec le Burkina Faso. Florence Parly avait également rencontré le vice-président de la Transition, le colonel Assimi Goïta à Koulouba. Plus tôt dans l’après-midi, la ministre française a été reçue par son homologue malien, le colonel Sadio Camara. Au ministère de la Défense et des Anciens combattants, les deux ministres et leurs équipes ont eu des discussions. À l’issue de la rencontre, Mme Parly a expliqué avoir tout d’abord réaffirmé l’engagement de la France à appuyer la montée en puissance des Forces armées maliennes (FAMa). Selon la ministre française des Armées, les FAMa engagent des réformes structurelles et la France, avec ses partenaires internationaux dont l’EUTM, poursuivra son aide et ses activités de conseil. « Le Mali doit disposer de forces en mesure de faire face aux groupes armés terroristes, capables de se régénérer dans le temps. Et aujourd’hui, la situation montre qu’il faut accélérer », a estimé Florence Parly, qui se réjouit que son homologue malien lui ait dit toute sa détermination à aller dans ce sens. «Il faut accélérer dans le processus de DDR, dans la constitution de l’armée reconstituée qui favorisera le retour d’un Mali pacifié. Le retour des Armées et des forces de sécurité sur l’ensemble du territoire est un préalable au retour des administrations», a insisté la ministre française des Armées, pour qui, il importe que les armées réinvestissent leurs emprises dans les régions disputées. Pour elle, il faut disputer le terrain aux groupes armés terroristes. «Nous avons aussi réaffirmé notre conviction que cette lutte ne peut être menée efficacement que dans le respect des droits, de tous les droits y compris les droits de l’Homme», a-t-elle insisté. D’après Florence Parly, le progrès et les succès des FAMa doivent être mieux connus. Et face à un ennemi qui se dilue, il faut aussi savoir innover et se réinventer. «Donc avec les FAMa, Barkhane s’adapte et continuera de s’adapter», a assuré la ministre française des Armées, estimant que notre partenariat de combat s’amplifie et produit des effets contre les groupes armés terroristes grâce à la constitution des unités légères de reconnaissance et d’intervention. Mais aussi grâce aussi aux premières opérations qui ont été menées par la force Takuba dans le cadre de l’opération «Bourrasque». «En résumé, nous progressons et je me félicite également de la montée en puissance de la Force conjointe du G5 Sahel qui a enregistré des succès opérationnels majeurs dans la zone du Liptako Gourma», a indiqué la ministre française, pour qui, la coordination avec Barkhane, avec la Force conjointe du G5 Sahel et les armées nationales a atteint un niveau qui n’a jamais été atteint précédemment. Elle s’est félicitée de cela, avant de conclure que la lutte contre le terrorisme dans laquelle l’opération Barkhane est engagée aux côtés des Forces armées des pays du G5 continue. Le ministre de la Défense et des Anciens combattants, pour sa part, s’est dit satisfait par cette visite parce que la ministre française des Armées est venue témoigner du soutien de la France à l’Armée malienne et au peuple malien. DD/ID/MD (AMAP)

Mali-Maroc : Vers une coopération plus dynamique

Bamako, 3 Nov (AMAP) Le président de la Transition a reçu, lundi, au palais de Koulouba, l’ambassadeur du Royaume du Maroc, Hassan Naciri, pour des échanges sur l’état des relations bilatérales et les possibilités de les inscrire dans un esprit plus dynamique et novateur. «Il a été question des moyens à mettre en œuvre pour imprimer un rythme nouveau à nos relations bilatérales», a confié le diplomate chérifien, soulignant que le président Bah N’Daw «apprécie l’action du Maroc en faveur du Mali». Une action continue et qui a beaucoup apporté à la consolidation des liens entre nos pays. Hassan Naciri a, aussi, ajouté : «nous avons passé en revue les projets réalisés et les projets à venir. Je crois que nous allons aller de l’avant». M. Naciri a déploré le fait que cette coopération ait été négativement impactée par les contraintes liées à la maladie à coronavirus et la crise sociopolitique au Mali. «Mais, nous sommes en train de reprendre», a-t-il dit, rappelant que le ministre marocain des Affaires étrangères a fait le déplacement au Mali pour livrer un message de soutien et d’accompagnement aux autorités de la Transition. ID/MD (AMAP)

Négociation avec les terroristes : Une équation à plusieurs inconnus

Par Issa DEMBELE Bamako, 03 Nov (AMAP) Après le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, il y a une semaine, c’est au tour de sa collègue en charge des Armées de séjourner au Mali. Paris veut-il faire tomber l’entrain général pour un possible dialogue avec les terroristes ? La question taraude les esprits. Pourtant, dans cette guerre, les stratégies déployées jusqu’ici ont montré leurs limites. La force française Barkhane fait, certes, du bon boulot dans la zone dite des «trois frontières» et les Forces armées maliennes (FAMa) montent indéniablement en gamme, mais la réalité sur le terrain est que l’insécurité s’étend sur le territoire national. Après la Région de Mopti, le Nord de la Région de Ségou est en proie au délitement de l’autorité de l’Etat. Des contrées entières dans l’Office du Niger sont abandonnées aux groupes qui y font régner la terreur en toute impunité. Après l’enlèvement massif du bétail, les groupes terroristes s’avisent actuellement à empêcher carrément les populations à faire la récolte du riz. Le grenier à riz du pays est, aujourd’hui, sous une menace très sérieuse. Au-delà de son coût financier et humain, l’option de la guerre amplifie les tensions intercommunautaires qui se révèlent plus meurtrières que le terrorisme. Cet argument, qui n’est pas sans poids, ajouté au fait que l’ennemi dispose d’une assise territoriale et politique non négligeable, devrait amener à envisager l’arbre à palabre. Négocier, essayer de trouver des solutions avec les extrémistes qui n’ont d’ailleurs jamais fermé la porte au dialogue. Le groupe dirigé par Hamadoun Koufa pourrait servir d’entremetteur. Le chef terroriste n’a-t-il pas cité l’imam Mahmoud Dicko et deux autres figures, Mahi Banikane et Cheikh Oumar Dia, comme des partenaires acceptables pour un dialogue ? C’est une ouverture, si mince soit-il, au dialogue. On sait que l’imam Mahmoud Dicko a exprimé à maintes reprises sa disponibilité à aider à nouer les fils du dialogue avec les groupes qui ferraillent pour imposer la Charia au Mali. Lors de sa dernière sortie, sur la place de l’Indépendance, le responsable moral du Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotique (M5-RFP) n’a-t-il pas annoncé qu’il s’apprêtait à prendre son bâton de pèlerin pour aller prêcher la paix partout dans le pays ? Il avait même invité d’autres leaders religieux à se joindre à lui. Reste à déterminer les modalités du dialogue. Que faut-il mettre sur la table pour amener les guerroyeurs à s’asseoir autour de la table de négociation ? Du côté des groupes extrémistes, les revendications principales sont connues. Ils veulent que le Mali soit régi par un «système théocratique» où la loi serait dictée par les préceptes d’un islam rigoriste. Ils réclament, également, le retrait des troupes étrangères et que le Mali coupe ses liens avec la France. Or, ces liens sont historiques et multiformes. L’ancienne puissance coloniale est un partenaire de poids du Mali, aussi bien sur le plan sécuritaire que dans le domaine de l’appui au développement. Paris est, aussi, le parrain de la présence de l’ONU au Mali. Inutile de s’étendre sur l’importance de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) dans la préservation de l’Etat malien sous sa forme actuelle. Voilà pourquoi, l’International Crisis Group (ICG) a fait remarquer que «négocier ne veut pas dire accéder à toutes les doléances des terroristes et accepter l’instauration de la Charia», dans son rapport intitulé « Parler aux djihadistes au centre du Mali : le dialogue est-il possible ? ». À l’État donc de déterminer des compromis acceptables par les deux parties. Le chercheur Ibrahim Yahaya, auteur principal de ce rapport,  donne des pistes, comme les écoles coraniques, qui pourraient être réformées, voire intégrées dans le système éducatif. Il propose, aussi, la question des cadis, ces juges islamiques traditionnels qui n’ont aucune existence légale alors qu’ils sont utilisés, très fréquemment, dans les zones rurales. En la matière, l’Etat pourrait s’inspirer du cas mauritanien. Le Mali ne manque pas de génie pour faire adopter une ligne pragmatique aux groupes extrémistes. L’Etat s’est forgé une expertise en matière de négociation, à travers la gestion de différentes insurrections rebelles dans le Septentrion. Certes, il faut distinguer la rébellion du terrorisme. Mais, on sait que pour le dernier Accord en date, en 2015, Bamako a négocié avec des séparatistes qui ont mené des opérations dont la logique et les moyens étaient ceux du terrorisme. Aujourd’hui encore, difficile de départager, dans l’enchevêtrement inextricable des forces dans le Septentrion, ceux qui relèvent des groupes terroristes et ceux qui sont sous l’autorité de mouvements signataires de l’Accord. On retourne sa veste au gré des circonstances. Au-delà, comme le souligne Ibrahim Yahaya, aujourd’hui, des acteurs étatiques comme non étatiques parlent aux terroristes en permanence. Des leaders communautaires locaux négocient l’allègement de certaines mesures qui pèsent sur les villages, par exemple. Parfois des compromis sont trouvés. Les humanitaires négocient aussi l’accès à des zones de crise. Il a fallu dix-sept ans pour que les Américains comprennent que les terroristes sont incontournables en Afghanistan. Au Mali, il semble évident, après huit ans, qu’on ne pourra pas vaincre militairement ces groupes solidement implantés désormais à mains endroits du territoire. Dès lors, les autorités, qui ont le quitus du peuple, n’ont nullement intérêt à trainer les pieds. Surtout que des centaines de terroristes viennent d’être remis au service d’une machine de guerre qui sait se montrer d’une rare cruauté. ID (AMAP)

Affaire des caricatures du prophète de l’islam : Regards croisés d’un sociologue et d’un écrivain

Par Dieudonné DIAMA Bamako, 02 Nov (AMAP) Depuis quelques jours, des manifestations ont lieu dans les pays musulmans où les produits français sont également boycottés pour protester contre des propos qu’aurait tenus le président français Emmanuel Macron, après la décapitation d’un enseignant. Avec le tollé que cette affaire a suscité dans le monde musulman, le président Emmanuel Macron a, dans un tweet, indiqué que « la laïcité n’a jamais tué personne ». Ensuite dans un autre tweet, il s’est justifié. « Contrairement à ce que j’ai beaucoup entendu et vu sur les réseaux sociaux ces derniers jours, notre pays n’a de problème avec aucune religion. Elles s’y exercent toutes librement. Pas de stigmatisation: la France est attachée à la paix et au vivre-ensemble ». Toujours pour faire baisser la colère des musulmans, le président français a donné une interview à la chaîne de télévision qatarie Al Jazeera. Mais dans les pays musulmans, la grogne se poursuit. Avant de faire sa déclaration après la mort du professeur, Emmanuel Macron aurait dû s’inspirer des propos rassembleurs d’un de ses prédécesseurs en l’occurrence Jacques Chirac. L’ancien président Jacques Chirac était très attaché au respect de l’autre. «  Tout ce qui peut blesser les convictions d’autrui, en particulier les convictions religieuses doit être évité. La liberté d’expression doit s’exercer dans un esprit de responsabilité. Si la liberté d’expression est un des fondements de la République, celle-ci repose également sur les valeurs de tolérance et de respect de toutes les croyances », disait Jacques Chirac. La question des caricatures du Prophète Muhammad (PSL) continue de défrayer la chronique. Nous avons jugé bon de recueillir l’analyse du sociologue Dr Brema Ely Dicko et de l’écrivain-théologien Pr Yacoub Doucouré. Dr Brema Ely Dicko : Sociologue « La liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres » Déjà, ce qu’il faut relever, c’est que depuis les attentats du 11 septembre 2001, il y a dans les medias et chez certains politiques, une association de l’islam et des musulmans au terrorisme. Donc, la stigmatisation et le raccourci selon lequel l’islam serait une religion liée au terrorisme a commencé depuis ces attentats du 11 septembre. On a vu que suite à ces attentats, les personnes identifiées comme responsables, à savoir Ben Laden et autres, étaient de confession musulmane. Ensuite, on a vu les interventions des Etats-Unis en Irak, en Afghanistan, etc. Depuis, ce débat a commencé. Pour le cas spécifique de la France, il y a quelques éléments à prendre en compte. Le premier est un contexte global où la France s’est engagée dans la lutte contre le terrorisme, notamment au Sahel et a même été victime d’une série d’attaques. On se rappelle de l’attaque contre Charlie Hebdo, de l’alimentation juive kacher, de ce qui s’est passé à Nice tout récemment. Toutes ces attaques sont le fait de personnes de confession musulmane. Donc, cela renforce le préjugé qui date de 2001. Aussi, il y a un contexte national français lié aux prochaines élections présidentielles. Il y a la montée de l’extrême droite de Marine Lepen qui récupère ces genres de moments difficiles pour indexer à la fois l’islam et les immigrés de façon générale. Derrière, Emmanuel Macron se sent obligé en tant que président qui veut briguer un second mandat, de tenir certains discours pour montrer au moins, que sur la question de l’extrémisme violent et celle du radicalisme, il a des choses à faire. Il a tenu ce discours pour contenter d’abord l’opinion française. Le troisième élément à prendre en compte, c’est que la France étant engagée au Sahel, le Mali est une sorte d’épicentre du terrorisme depuis 2012. Et il y a une quarantaine de soldats français qui ont perdu la vie de 2013 à maintenant. Et récemment, des présumés djihadistes ont été libérés en contrepartie de quatre otages dont une Française qui a dit qu’elle s’appelait désormais Mariam et qu’elle a été islamisée. Contrairement à ce à quoi on s’attendait, elle n’a pas eu un discours violent à l’égard de ses ravisseurs. Et donc, Macron n’a pas pu avoir le gain politique qu’il aurait dû avoir. Par exemple, si elle avait dénigré le groupe terroriste, la France aurait pu dire qu’elle a participé à la libération. Mais vu qu’elle a tenu un autre discours, la France était obligée de soutenir que c’était une opération malienne. On a vu que lorsqu’elle a fait cette déclaration, elle a été mal accueillie par une partie de l’opinion française. Marine Lepen a récupéré ce discours pour dire que maintenant, on libère 204 présumés djihadistes alors des soldats français sont morts au Sahel dans la lutte contre ceux-ci. Je crois que Macron a voulu montrer qu’il était toujours aux commandes et qu’il maitrisait encore le jeu. Donc, c’est ce discours qui a été mal reçu dans la plupart des pays musulmans et il y a même des boycotts des produits français. Mon impression est que c’est le contexte franco-français caractérisé par la montée de l’extrême droite qui a peut-être poussé le président Macron à tenir ce discours perçu comme maladroit par les musulmans de façon générale. Mais comme le disent les Français eux-mêmes, la liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres. Pour les musulmans, la caricature est un acte de trop. Le président Macron a voulu maitriser une situation interne française. On voit quand même qu’en l’espace d’un mois, un Français a été décapité à cause des caricatures. Pour eux, les caricatures participent de la liberté d’expression. Donc, il a voulu réaffirmer la liberté d’expression qui caractérise la France. Il a été tiraillé par cette volonté de rappeler la nécessité d’accorder la liberté d’expression à qui le veut et puis par comment contrôler la sensibilité des musulmans qu’ils soient français ou d’ailleurs. Après la décapitation du professeur d’histoire-géographie, on a vu l’attentat de Nice qui est la conséquence du discours de Macron et du traitement qu’on en fait. Donc, il est obligé de faire attention parce que si les manifestations se poursuivent ainsi, cela n’est pas bon pour la France. Déjà avec la Covid-19,

Mali: un soldat tué dans une attaque à Farabougou (Témoin)

Bamako, 2 Nov (AMAP) Un soldat a été tué à Farabougou (Centre) au cours d’une attaque dimanche matin, selon un habitant, cité par Radio France internationale (RFI) sur son site. Selon la même source, après une relative accalmie, la situation s’est nettement dégradée ces derniers jours, quand des jeunes, qui coupaient des broussailles aux abords du village, ont été la cible de tirs de jihadistes qui encerclent le village. Ces tirs ennemis se sont rapidement dirigés vers les soldats maliens, lesquels ont répliqué. L’accrochage a duré « près d’une demi-heure », selon le témoin cité. Sollicitée par RFI, l’armée malienne précise qu’un soldat a été tué, mais que la riposte a permis de repousser les assaillants. Lundi matin, sur place, la situation était calme. Cela fait près d’un mois que les jihadistes encerclent Farabougou et une dizaine de jours que les soldats maliens sont entrés dans le village. Mais ils sont arrivés par hélicoptère et, depuis, tout comme les habitants, ils sont cantonnés dans le village. Des stocks de nourriture ont été livrés à plusieurs reprises, par voie aérienne, mais impossible d’aller sur les routes, ni même dans les champs voisins. Ceux qui s’y sont risqués, vendredi dernier, dans la Commune toute proche de Dogofry, ont été enlevés par les jihadistes, avant d’être rapidement relâchés. Au tout début du siège de Farabougou, neuf paysans ont été enlevés dont on est toujours sans nouvelles. De nombreuses sources locales expliquent que les jihadistes ont clairement fait passer le message : interdiction de procéder aux récoltes. Depuis plusieurs jours, des discussions difficiles ont été engagées avec les jihadistes. Cette médiation, menée par des notables locaux, avec le soutien de l’armée et des autorités, a dans un premier temps bien avancé. Des tensions intercommunautaires, préalables à l’action des jihadistes, ont notamment été réglées. Mais des blocages sont apparus la semaine dernière. Plusieurs sources au sein de la médiation expliquent que les jihadistes exigent, à présent, pour lever le siège, de récupérer les armes des chasseurs traditionnels dozos de Farabougou. Ils exigent aussi que la charia, telle qu’ils la conçoivent, entre en application. Les discussions sont donc plus difficiles, mais elles se poursuivent. Une rencontre est d’ailleurs prévue, très prochainement, entre les membres de cette équipe de médiation, les forces de sécurité et les autorités du cercle. « Nous continuerons toujours, explique un médiateur, pour ramener les uns et les autres à la raison. » Le village est toujours encerclé par des combattants jihadistes. Une situation qui perdure en dépit de l’arrivée de soldats de l’armée malienne  il y a une dizaine de jours, pour protéger les habitants. MD (AMAP)