ATT, l’homme du passage de témoin en 92, a été celui du come-back en 2002

Par Moussa DIARRA Bamako, 10 Nov (AMAP) Quand le général à la retraite, Amadou Toumani Touré (ATT), candidat indépendant, arrivé en tête du premier tour de l’élection présidentielle malienne du 28 avril 2002, avec 28, 71% des voix, avait passé, dix ans plus tôt, le 8 juin 1992, le témoin au président démocratiquement élu, Alpha Oumar Konaré, il était entré dans l’Histoire. Et, quand il finit par réaliser un come-back en politique, après avoir remporté, le 12 mai 2002, le 2ème tour avec 65,01%, il s’est installé dans l’Histoire. Son départ du pouvoir, en dépit des pressions pour qu’il reste, a laissé aux Maliens l’image d’un militaire qui a su tenir parole, après avoir mis fin au régime d’un autre porteur d’uniforme, le général Moussa Traoré emporté par un mouvement populaire le 26 mars 1991. « Si j’étais resté, j’aurais triché. Si je m’étais présenté aux premières élections, j’aurais faussé le jeu », avait dit le général ATT dans un entretien à un journal panafricain pour expliquer les raisons de son départ du pouvoir. L’homme, qui avait ainsi quitté les fonctions de chef de l’Etat, est né le 4 novembre 1948 à Mopti, dans le Centre du Mali. Initialement formé comme maître de l’enseignement fondamental, en 1966, il a intégré, par la suite, l’Armée en 1969 après un concours d’admission à l’Ecole militaire interarmes de Kati, à 15 km de Bamako. Il a grimpé très vite les échelons mais des évènements historiques qui mirent à l’écart de nombreux responsables de l’Armée ne furent pas sans effet sur sa carrière. Le jeune militaire du camp des commando-parachutistes de Djikoroni, à l’ouest de Bamako, a surtout bénéficié des avantages de ses formations effectuées à l’Ecole supérieure des troupes aéroportées de Riazan, en ex-URSS et au Centre national d’entraînement commandos de Mont-Louis, en France. En 1978, il a obtenu ses galons de capitaine et est devenu, le 28 février 1981, le commandant de la garde du président Moussa Traoré. Monté au grade de commandant, Amadou Toumani Touré obtint, du coup, le commandement du bataillon des parachutistes en 1984. Ce fut de la direction de ce bataillon que le commando parachutiste s’en est allé en 1989 se perfectionner à Paris, à l’Ecole supérieure de guerre interarmées. Revenu au Mali le 8 décembre 1990, Amadou Toumani Touré, longtemps resté sans poste, retrouvera le 11 mars 1991, le commandement de son bataillon d’origine. Deux semaines plus tard, les bérets rouges, avec en leur tête, Amadou Toumani Touré, ont renversé le régime du général Moussa Traoré. ATT, comme on l’appelle, dorénavant, devient le président du Comité de réconciliation nationale (CRN), structure qui regroupe les putschistes de mars 1991. Cette dernière fusionne, le 26 mars, avec la Coordination des associations du mouvement démocratique pour former le Comité de transition pour le salut du peuple (CTSP) avec, à sa tête, ATT qui devient aussi chef de l’Etat. En tant que responsable du camp para de Djikoroni, il a vu passer presque tous les grands détenus et contestataires politiques du Mali mais assure les avoir «traités avec respect et dignité» et gardé le contact avec certains. ATT est présenté comme étant à la base de la naissance dans les années 80 d’un mouvement démocratique au sein de l’Armée malienne qui a toujours cherché une adhésion populaire à tout projet de changement politique au Mali. C’est le mouvement démocratique de 1990 à 1991 qui a favorisé les conditions de maturation de cette adhésion populaire au changement politique, disent les observateurs. L’homme, après le coup d’Etat de mars 1991, mit 15 mois pour réaliser la transition politique qui a conduit à la proclamation du multipartisme intégral, l’organisation de la Conférence nationale et la signature du Pacte national mettant fin à la rébellion touarègue au Nord du Mali. Après sa sortie de l’arène politique, redevenu simple citoyen en 1992 et élevé au grade de général d’armée, par la suite, ATT a déclaré éprouver le besoin de relever un autre « défi » : «travailler à la consolidation des processus démocratiques en Afrique» et, depuis 1992, s’est consacré à la promotion de la démocratie et à des missions de bons offices dans des conflits armés en Afrique. Il s’est engagé dans des actions humanitaires, notamment la lutte contre le vers de guinée avec l’aide de la Fondation Carter. Il a, en outre, créé une Fondation pour l’enfance œuvrant dans la réduction de la misère sociale et a contribué dans des actions de médiation pour la paix, notamment dans la crise centrafricaine qui l’ont maintenu sur la scène internationale. Le 5 septembre 2001, il a sollicité du président Alpha Oumar Konaré la retraite anticipée «pour convenance personnelle» et l’a obtenue, le 20 septembre, pour pouvoir se présenter à l’élection présidentielle, conformément aux dispositions constitutionnelles maliennes, exigeant de tout militaire, qui veut briguer un mandat politique, de démissionner six mois avant l’élection. Motivé par le soutien enthousiaste de nombreux associations et clubs de supporters au Mali et à travers le monde, de plusieurs partis politiques tels l’Union soudanaise-Rassemblement démocratique africain (US RDA), le Mouvement pour l’indépendance, la renaissance et l’intégration africaine (MIRIA), le Bloc démocratique pour l’intégration africaine (BDIA), le Mouvement pour la solidarité et le progrès (MPSP) et entre les deux tours, par le Parti pour la renaissance nationale (PARENA), le général, qui a été élève d’Alpha Oumar Konaré à l’Ecole normale secondaire, a finalement succédé à son ancien professeur. ATT, qui s’apprêtait à quitter le pouvoir, est victime en mars 2012, d’un coup d’État militaire, dans un contexte marqué par une avancée de hordes djihadistes associées à des rebelles touaregs, dans le Nord du Mali. Il est revenu, triomphalement à Bamako, en décembre 2019, après un exil au Sénégal, suite à ce coup d’état qui l’a renversé. Celui que les Maliens appelaient, affectueusement, par ses initiales, ATT, était marié et père de deux filles. MD (AMAP)
Diéma : Avec le froid, attention au charbon de bois
Par Ouka BAH Diéma, 10 Nov (AMAP) Pour échapper au froid, certaines personnes s’enferment dans leur chambre, la nuit, avec un fourneau rempli de charbon de bois allumé. Cette pratique ancestrale, vieille de plusieurs siècles, peut provoquer la mort par asphyxie. Selon les spécialistes, le gaz carbonique qui se dégage du charbon de bois, pollue l’air comprimé dans la chambre et le rend irrespirable. Dans le cercle de Diéma, selon les constats, chaque année ou presque, on enregistre dans des villages et hameaux, des cas de décès liés à l’utilisation du charbon de bois, dans la chambre, pendant la nuit. Cette année, déjà en octobre, le froid a déja pris une certaine allure dans le cercle de Diéma. Il a commencé à s’intensifier. La température affiche parfois 12°C, la nuit. Cette fraicheur persiste jusqu’au matin, voire toute la journée. Souvent, les rayons du soleil refusant de de se pointer. Selon certains observateurs, l’intensité du froid s’explique par l’abondance de la pluviométrie. L’année où il pleut abondamment, le froid devient plus intense. La présence de collines, de rivières et de cours d’eau, dans une localité, favorise également, le froid, de même l’état sablonneux des sols. Généralement, le froid affecte les couches vulnérables que sont les personnes du troisième âge, les femmes et les enfants. C’est pourquoi, il est déconseillé aux mamans de laver leurs enfants à l’air libre. Elles doivent, aussi, prendre soin de les habiller chaudement pour les protéger du froid. Le froid est une période difficile à supporter pour de nombreuses autres personnes. Il peut entraîner des maladies respiratoires, avec leurs corolaires de rhume, toux, bronchite et pneumonie, sans exclure le rhumatisme. Alassane, lui, trouve que pour résister au froid, il faut bien manger. « Le froid atteint les os de celui qui est affamé », lance-t-il. Ousmane Diallo raconte que son cousin, jeune marié et sa « Diombadio » (nouvelle mariée en peul), qui habitaient dans un campement peul, ont été retrouvés morts asphyxiés, sous leur tente. « Cette nuit-là, explique notre interlocuteur, il faisait un froid à ne pas mettre un chien dehors ». Après avoir trait ses vaches, la victime est allée se coucher, épuisé par une longue marche, à la recherche de ses moutons égarés. « Sa femme a pris un peu de braises et y a ajouté du charbon de bois. Mon cousin s’enferma avec son épouse, bouchant même les moindres trous de leur abris sommaire par des chiffons pour empêcher toute infiltration d’air », poursuit l’homme. Le matin, à l’heure d’attacher les veaux pour les empêcher de téter, lorsque les enfants n’ont pas vu sortir leur père, ils se sont inquiétés. L’aîné a frappé, plusieurs fois, à la porte en bois d’ébène de la tente. Sans succès. Alors, il a décidé de forcer l’entrée. C’est ainsi qu’il a découvert les corps sans vie de ses parents. Des cris de détresse, en peul, ont envahi le petit campement. Tous nos interlocuteurs interrogés sur le sujet reconnaissent les dangers de cette pratique. Ils conseillent de prendre des dispositions pour sensibiliser davantage les populations, afin d’y mettre fin. Kantara Diawara ne se lasse pas de dire à ses femmes de ne pas allumer le charbon de bois, dans leur case, pendant la nuit. « Ne le faites jamais, même s’il neige », repète l’homme. A Tinkaré, la pratique avait cours. Issa Tounara, gérant de l’adduction d’eau de ce village, raconte que lorsqu’arrive le froid, les membres de la famille s’installent, généralement, autour du feu de bûche dans la cour de leur maison. Ils prennent du thé, décortiquent, souvent, l’arachide ou épluche du dah. Au moment d’aller se coucher, personne ne s’enferme du feu dans sa chambre, quel que soit le degré du froid. A en croire Coumba Diarra, élue à Dianguirdé, avant que les gens ne comprennent, la pratique faisait de nombreux dégâts dans la commune, « mais, actuellement, avance-t-elle, elle est si devenue rare ». Certains allument du bois, dans la cour de leur maison. Ils entretiennent la causerie, souvent, jusqu’à une heure indue, avant d’aller se coucher. Lors de ses visites à domicile, l’infatigable Thiéssama Fofana, relais communautaire à Fangouné Kagoro, s’entretient avec les populations des pratiques néfastes, notamment l’utilisation du charbon de bois dans la chambre, durant cette période de fraicheur. Ami Magassa, relais communautaire, mène le même combat, quotidiennement, à Diéma. La radio Jamana joue un rôle capital en matière d’information et de sensibilisation afin de parvenir à un changement radical de comportements, dans le cercle de Diéma. Aujourd’hui, beaucoup de femmes préfèrent brûler de l’encens dans leur chambre pour se réchauffer que de s’enfermer avec du charbon de bois allumé. Surtout si l’encens, commente Diouldé, est du « Goyékounan », une substance en forme de pois sucré, qui a un triple rôles. « Il apporte non seulement de la chaleur, permet d’éloigner les moustiques, mais aussi atténue les mauvaises odeurs », déclare la dame, en promettant d’en faire venir de Kayes, pour renouveler son stock épuisé. De l’avis d’Aïchata Dia, Présidente de l’Association de santé commmunautaire (ASACO) de Fassoudébé, cette mauvaise pratique qui détruit plus qu’elle n’arrange, est en train de disparaître dans sa commune. « Beaucoup de femmes, explique-t-elle, brûlent de l’encens. Et, au moment de dormir, elles font sortir le « béloni » (l’encensoir), pour ne pas provoquer d’incendie ». Pour que cette pratique, vieille de plusieurs siècles, disparaisse définitivement des habitudes des populations, il faut l’implication totale de tous les acteurs, ONG, élus, chefs traditionnels et religieux, Réseau des communicateurs traditionnels pour le developpment (RECOTRADE), radios de proximité, associations de femmes et de jeunes, pour renforcer la sensibilisation auprès des populations. OB/MD (AMAP)
Déclaration du président Bah N’Daw suite au décès du président Amadou Toumani Touré
« Mes chers compatriotes, Comme vous le savez, le Président Amadou Toumani Touré s’est éteint tôt ce mardi 10 novembre 2020, six jours après son soixante-douzième anniversaire. Cette perte cruelle afflige la nation malienne à laquelle l’homme a donné tout son amour et toutes ses forces. Acteur majeur de la démocratie malienne, ATT, aura au cours de son destin exceptionnel, contribué à façonner le visage du Mali moderne, enchaînant, partout dans le pays, des projets de routes et de ponts, d’écoles et de centres de santé, d’accès aux logements sociaux, à l’eau potable et à l’électricité. De Kidal à Kayes, en passant par Koulikoro, le District de Bamako, Mopti, Ségou, Sikasso, Gao et Tombouctou, son empreinte restera forte, sa voix résonnera toujours, et son patriotisme sera salué à sa juste mesure. Au nom du peuple malien, en mon nom propre et en celui des anciens Chefs d’Etat Alpha Oumar Konaré, Dioncounda Traoré et Ibrahim Boubacar Kéita, j’adresse mes condoléances les plus sincères à la veuve du défunt, Mme Touré Lobbo Traoré, à ses enfants, à ses proches ainsi qu’à ses nombreux amis et sympathisants. Notre chagrin aujourd’hui est grand et il est d’autant plus grand que nous pleurons ATT, un peu moins de deux mois après le décès de l’ancien Président, le Général Moussa Traoré. Ce moment est pénible mais telle est la volonté du Tout-Puissant. A Allah nous sommes, à Lui nous retournons ! »
Le Mali en deuil : le président Amadou Amadou Touré n’est plus
Bamako, 10 Nov (AMAP) Le général Amadou Toumani Touré, président de la République de 2002 à 2012, est décédé, à l’âge de 72 ans, dans la nuit du 9 au 10 novembre, en Turquie, suite à une évacuation sanitaire., a-t-on appris tard dans la nuit. Celui que les Maliens avaient surnommé par ses initiales, ATT, a dirigé la Transition politique de 1991, après les événements de mars de 1991 et le coup d’Etat contre le général Moussa Traoré. Sa gestion de la Transition et la remise du pouvoir aux civils après les élections de 1992, ont valu à l’ancien chef d’État le surnom de « Soldat de la démocratie ». Amadou Toumani Touré est né le 4 novembre 1948 à Mopti, dans le Centre du Mali. Il fréquente l’école fondamentale dans la « Venise malienne », avant devenir à l’Ecole normale secondaire de Badalabougou, à Bamako, pour devenir instituteur entre 1966 et 1969. L’ancien président intègre l’Armée, notamment le 33e Régiment des commandos parachutistes dont il devient le commandant. Il gravira les échelons et deviendra général. ATT est revenu à Bamako en décembre 2019, après un exil au Sénégal, suite au coup d’état qui l’a renversé en mars 2012. MT/MD (AMAP)
Urgent: Amadou Toumani Touré ATT est décédé (Famille)

Bamako, 10 Nov (AMAP) Le père fondateur de la démocratie malienne et ancien président de la République du Mali est décédé, dans la nuit de lundi à mardi, des suites d’un accident cardiovasculaire à Istanbul, en Turquie, de source proche de sa famille. Il avait été évacué en Turquie, après une opération à Bamako MD (AMAP)
Promotion de la culture : L’Union européenne soutient huit projets culturels pour la paix et la diversité
Bamako, 10 Nov (AMAP) La signature de 8 contrats de subvention, de l’Union européenne (UE) pour une valeur de plus de 97,8 millions de Fcfa, pour le financement d’activités culturelles dénommée : «La culture pour la paix, unis dans la diversité» s’est tenue, jeudi dernier, au ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale. Les lauréats ont été retenus après un Appel à manifestation d’intérêt (AMI). Ce financement représente la première phase de l’AMI destiné à soutenir les festivals, productions audio-visuelles et formations professionnelles dans le domaine culturel. La délégation de l’UE avait reçu 120 demandes de subvention. Les 8 projets sélectionnés sont : «La résilience, culture et vivre ensemble», «Bogo ja- 8è édition», «Caravane culturelle de l’entente», «Mali mode académie», «Nous sommes d’ici» et «Patrimoine en balade». S’y ajoutent « Le Programme d’initiation, de formation et de promotion culturelle de la teinture indigo» et «Le Projet de formation suivie de création et de diffusion d’une pièce théâtrale». Ces projets interviennent dans les localités de Tombouctou, Gao, dans le Nord, Bamako, la capitale, Siby, Koulikoro, Mopti, Bandiagara (Centre) et Kayes (Ouest). Ils concernent le théâtre, la musique, l’artisanat, le cinéma et la mode. Le montant total des subventions pour les deux phases se chiffre à un peu plus de 262,382 millions de Fcfa. La première phase sera exécutée avant la fin de l’année. Quant à la deuxième, elle se déroulera en 2021. Pour la sélection des projets, précise un dossier de presse de l’UE, la priorité a été donnée aux actions qui favorisent le brassage entre les régions et la promotion de la paix et de la cohésion sociale au Mali. Il s’agit également des activités culturelles qui ont un potentiel de création d’emplois décents et pérennes dans le secteur culturel, y compris l’artisanat culturel et l’artisanat d’art. L’ambassadeur de la délégation de l’UE au Mali, Bart Ouvry, a salué la diversité et la qualité des projets. Il a indiqué que ce financement vise à promouvoir la diversité culturelle au Mali et à contribuer, en tant qu’atout, à l’unité et la paix. M. Ouvry a, également, souligné le rôle déterminant des arts et de la culture dans la vie du pays. « En s’attaquant au peuple malien, les groupes armés terroristes s’attaquent à son identité culturelle », a déclaré le diplomate européen. «Notre volonté est de rester impliqué dans la sauvegarde et la restauration des patrimoines. Nous voulons nous mobiliser pour les acteurs culturels maliens pour les professionnaliser à faire de bons projets pour les jeunes en tant qu’acteurs culturels», a-t-il ajouté. Le ministre des Maliens de l’extérieur et de l’Intégration africaine, Alhamdou Ag Ilyene, représentant son collègue des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, a rappelé que l’UE a lancé, en juillet dernier, ce processus pour le financement d’activités culturelles. «Au regard du contexte actuel, il me parait opportun de rappeler que la culture est un levier d’intégration sociale pour les communautés ou des régions en difficultés», a déclaré Alhamdou Ag Ilyene. La ministre en charge de la Culture, Kadiatou Konaré, a, également, relevé que la coopération culturelle avec l’UE est majeure. «Leur accompagnement engage notre département à davantage instaurer la bataille pour la culture, la stabilisation, la cohésion sociale et la paix dans notre pays», a dit Kadiatou Konaré. Lamine Diarra, directeur artistique de la Compagnie «Kuma so» et porte-parole des bénéficiaires, a estimé qu’il était grand temps pour les acteurs de la création artistique de bénéficier d’un tel financement. «Je suis convaincu que c’est par la culture qu’on portera haut le flambeau de ce pays, comme auparavant», a-t-il dit. MDD/MD (AMAP)
Campus universitaire de Badalabougou : Le règne de la violence
Par Oumar DIAKITÉ Bamako, 10 Nov (AMAP) Nous sommes le 19 novembre 2004. Deux groupes d’étudiants s’affrontent au sujet de la tenue ou non des examens partiels au sein d’une faculté. Après une brève altercation, un leader estudiantin est maîtrisé par le camp adverse et a fini par trouver la mort dans des circonstances troubles. Une année plus tard, l’affaire a été jugée par la Cour d’assises de Bamako qui a condamné les meneurs de ces troubles à un an de prison avec sursis. Depuis cette date, la violence s’est installée sur le campus universitaire de Badalabougou qui abrite plusieurs universités, avec son lot d’affrontements à coups de machettes, tirs à balles réelles, menaces proférées contre le corps professoral, business juteux, l’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM) a transformé la «Colline du savoir» en un véritable champ de bataille où le sang ne cesse de couler. L’endroit est devenu dangereux aussi bien pour les étudiants que pour le corps enseignant. En effet, chaque année, l’élection des bureaux de l’AEEM des différentes facultés donne lieu à des échauffourées dont l’issue est parfois dramatique. Les étudiants se livrent à des batailles rangées afin de prendre le contrôle du bureau de l’AEEM de leur faculté. Le dernier épisode de cette violence remonte au 12 octobre dernier. Il s’est produit au sein de l’Institut universitaire de gestion (IUG) à l’occasion du renouvellement du bureau de l’AEEM. Cet incident malheureux a causé la mort à l’étudiant Sadio Moussa Kanté, en licence II commerce international. Il y a eu aussi plusieurs blessés dont cinq graves. La direction de l’IUG a été obligée de suspendre les activités pédagogiques et administratives pendant 72 heures, en attendant que des dispositions soient prises pour assurer la sécurité des travailleurs et des étudiants. UNE CASERNE MILITAIRE – Jeudi 22 octobre 2020, le calme était revenu au campus universitaire de Badalabougou communément appelée la «Colline du savoir». Les cours avaient repris presque normalement dans les différentes facultés. Mais ici, le sujet de la violence entre étudiants ou à l’égard du corps enseignant est tabou. Par peur de représailles, beaucoup préfèrent se taire. Un étudiant de l’IUG, visiblement pas à l’aise pour évoquer le sujet, s’est contenté de dire que les perturbations de l’AEEM sont une triste réalité qui joue sur le programme universitaire. Au niveau de l’administration, c’est également le silence radio. Avec notre insistance, un responsable lâche : «même présentement, nous sommes en train de gérer une crise, car il y a encore des groupes d’étudiants qui veulent s’affronter». A la Faculté des sciences et techniques se trouvent les dortoirs des étudiants. Mais aussi le QG du bureau de coordination de l’AEEM. Parler de l’AEEM ici est un gros risque qu’aucun étudiant ne veut prendre. Un groupe d’étudiants nous fait signe d’aller dans un coin tranquille pour dénoncer «l’immaturité, la barbarie et l’irresponsabilité des dirigeants de l’AEEM et de leurs complices». «On dirait souvent que nous sommes dans une caserne militaire. Des nouvelles recrues de l’AEEM chantent à l’honneur de leurs dirigeants», dénonce l’un de nos interlocuteurs. Une étudiante, très angoissée, se plaint du surnombre dans sa chambre au campus. «Au lieu de trois, l’AEEM a installé huit lits dans notre chambre», déplore-t-elle. A la Faculté de droit privé, l’amertume et l’angoisse se lisent sur le visage des étudiants parce qu’ils sont en retard sur l’année universitaire par rapport aux autres facultés en raison du fait que les membres de l’AEEM ont empêché la tenue des examens. Notre passage a coïncidé avec les examens de l’année 2018-2019. « Le décanat voulait organiser les examens au titre de l’année 2018-2019. L’administration a pris les dispositions sécuritaires afin que les étudiants puissent composer, mais l’AEEM a boycotté et seuls cinq ou six étudiants ont pu composer », regrette Fatoumata Diallo, en licence III. Elle explique qu’après, les dirigeants de l’AEEM ont été arrêtés et jetés en prison. Aussitôt, le bureau de coordination de l’AEEM a décrété une grève illimitée pour l’ensemble des facultés jusqu’à ce que leurs camarades soient libérés. Pour cet autre étudiant, tant que l’AEEM continue d’exister, il n’y aura ni paix ni quiétude dans le milieu estudiantin. Un avis partagé par la majorité de nos compatriotes. Sur les réseaux sociaux, beaucoup d’entre eux ont souhaité la dissolution de l’AEEM après les événements du 12 octobre dernier. « Je ne peux que m’en prendre aux différents gouvernements. Ce sont les politiques qui sont complices de la situation. Par exemple, la plupart des anciens dirigeants de l’AEEM sont directement nommés chargés de mission dans les départements ministériels», fulmine Amadou Sidibé, responsable dans une banque de la place. DES ENSEIGNANTS INQUIETS – Le corps professoral est également inquiet de la violence sur son lieu de travail. «Souvent, on arrive la peur au ventre. Nous recevons tout le temps des menaces. Il y a des étudiants qui ont l’habitude d’aller faire sortir les enseignants des salles de classe pour les séquestrer. C’est très grave. Il faut que le gouvernement prenne ses responsabilités face à la situation», s’indigne une enseignante. Le secrétaire principal de la FDPU, Dr Mamadou Fomba, qui sert depuis 22 ans dans cette faculté, en a vu de toutes les couleurs avec l’AEEM. Selon lui, la violence n’est pas que physique, elle est aussi psychologique. «L’AEEM m’a séquestré dans son bureau en 2012, avec l’actuel ministre de l’Enseignement supérieur qui était mon doyen à l’époque, pour nous sermonner. C’était par rapport au problème de l’admission des étudiants», se souvient-il. «Ils ont crevé les pneus de mon véhicule comme ceux des autres administrateurs. Quand les violences commencent, tout le monde a peur. Nous sommes tous exposés ici », fulmine notre interlocuteur. A l’en croire, il faut la résistance de l’administration des facultés sinon l’AEEM veut la cogestion des examens. Dr Mamadou Fomba nous conduit dans un bureau pour nous montrer des machettes et des pistolets saisis sur des étudiants. Selon le ministère de l’Enseignement supérieur, de 2012 à 2018, on comptabilise environ une dizaine de morts et plus de 500 blessés. Les étudiants s’affrontent avec des
Niafunké : Agression au couteau et à la machette d’un gendarme en pleine ville
Niafunké, 9 Nov (AMAP) Un homme, armé de couteau et de machette, a tenté, vendredi, de décapiter un gendarme sur sa moto, à Niafunké, dans le Nord du Mali. Le faits se sont déroulés entre 18 heures et 18 heures 30, sur l’unique voie bitumée de la ville, non loin du marché. L’assaillant a poursuivi le gendarme qui circulait lentement à moto. Après avoir asséné un premier coup de machette sur la tête de sa victime, celle-ci s’est retournée pour se défendre. Dans le corps à corps, qui s’est engagé, l’assaillant a tenté vainement de retirer l’arme du gendarme qui a réussi à le mettre à terre. Des témoins de la scène ont prêté main forte au gendarme avant l’arrivée d’autres éléments de la brigade qui ont arrêté l’agresseur et l’ont conduit à la gendarmerie. Selon la Brigade de gendarmerie locale, qui l’a qualifié de « présumé djihadiste », l’assaillant cherchait, surtout, à s’emparer de l’arme du gendarme et ne serait pas seul. Le gendarme blessé a, aussitôt, été admis à l’hôpital de Niafunké où il a reçu des soins. Ses jours ne sont pas en danger mais il a perdu beaucoup de sang. « Il a de graves blessures à la tête », a déclaré son médecin. Samedi matin, plusieurs présumés complices de l’agression ont été arrêtés. Les forces de sécurité ont encerclé la ville et multiplient les fouilles et les patrouilles. Cette situation a semé une certaine panique dans la population de Niafunké, du Gourma (Sud) et une grande partie du Haoussa (Nord) qui sont, depuis plusieurs mois voire des années, pour certaines, sous le contrôle de groupes armés et djihadistes et victimes de nombreux braquages sur les axes Niafunké-Tonka-Goundam-Tombouctou. A Diré, dans la même nuit du vendredi au samedi, aux environs de 00 heure, des individus armés ont braqué un mécanicien auto, enlevé deux véhicules et saboté un château d’eau, emportant les panneaux solaires et la pompe. Dimanche, plusieurs femmes qui ont quitté Niafunké pour les récoltes dans les champs de riz, en face de la ville, sur l’autre rive du fleuve Niger, ont été arrêtées par des présumés djihadistes « parce qu’elles ne portaient pas le voile », nous a signalé le père d’une victime. Les autorités locales poursuivent la sensibilisation des populations afin qu’elles restent vigilantes. SAM/MD (AMAP)
Bah Ndaw félicite Joe Biden pour son élection
Bamako, Nov (AMAP) Le président de la Transition, Bah N’Daw, a adressé, dimanche, ses félicitations à Joe Biden pour sa victoire à l’issue de l’élection présidentielle américaine, annonce un communiqué de la présidence malienne. « Le Mali et les USA entretiennent d’importantes relations de coopération économique et militaire que le gouvernement de Transition a, à cœur, de consolider », indique le communiqué qui ajoute que « pour la sécurisation et l’intégrité de son territoire, le peuple malien saura encore compter sur l’accompagnement constant et bienveillant du peuple et du gouvernement américain ». MT/MD (AMAP)
Circulation routière à Bamako : La priorité au plus téméraire
Par Mohamed D. DIAWARA & Oumar DIAKITE Bamako, 09 Nov (AMAP) Le long d’une route à Magnambougou, un quartier de Bamako, la capitale malienne, deux jeunes hommes sur une moto asiatique, portent un matelas de trois places. Subitement, leur charge se retrouve sur la voie, en pleine circulation, à cause d’un coup de vent ! Le fait n’a pas échappé à Ismaël Sangaré, vendeur d’accessoires d’électronique. « C’est vraiment insensé et imprudent de porter un matelas d’une telle épaisseur sur un engin à deux roues ! » s’exclame-t-il, avant de s’interroger sur ce qui pousse les motocyclistes, à Bamako, à porter des objets dont le transport peut mettre en danger, leur vie et celle des autres usagers. Énième comportement d’indiscipline d’usagers de la circulation dans la capitale malienne auquel il faut ajouter le stationnement abusif, l’intolérance des usagers et le non-respect du Code de la route. La probabilité est assez faible, pour ne pas dire très mince, d’aller faire ses courses dans la ville de Bamako ou de se rendre à son travail à moto et de retourner sain et sauf. La gamme de comportements irresponsables des usagers dans la circulation routière de la capitale malienne va de la conduite à tombeau ouvert, au non-respect des feux tricolores. Entre les deux, on note le dépassement par les motocyclistes, en toute vitesse, à droite et à gauche et le rabat immédiat à la diagonale ou à l’oblique, devant le conducteur de voiture, surpris et médusé. Ou encore de la conduite entre les deux files de véhicules, au risque de « tracer » la carrosserie de voitures ou d’emporter le rétroviseur. Pour ensuite se confondre en excuses… De la course-poursuite derrière des ambulances transportant des patients/blessés, des véhicules de secours des sapeurs-pompiers, en passant par l’intrusion dans un cortège funèbre, la conduite sur la voie réservée aux quatre-roues, sans compter le zig-zag des tricycles, (engins hybrides dont la circulation n’est prévue nulle part sur nos voies) entre les motocyclistes et les voitures, à Bamako, nos vies et nos biens ne valent pas bien chers et sont exposés, à longueur de journée. Des injures, aux sales mots, des disputes et, souvent des bagarres …Bref, la circulation routière à Bamako est le lieu d’expression des comportements irresponsables et anarchiques. Peu d’usagers respectent le Code la route. Chacun agit, comme dans l’urgence, un réel casse-tête pour tous. Aucune explication des agissements quotidiens des usagers de la route. Que ce soit de la part de motocyclistes, de véhicules de transport en commun ou privés, ces agissements ne traduisent-ils pas un manque de civisme, pire, d’éducation des usagers ? Ces cas d’incivisme de motocyclistes, dont on peut mieux mesurer le danger et les risques mortels, quand on est à bord d’une voiture, vont crescendo, selon les agents en charge de la circulation. Notre équipe de reportage, en faisant le tour de la ville, a pu constater, à « la place Samaba (Eléphant) » à Hamdallaye, à notre grande surprise, un véhicule de transport en commun, « sotrama », qui débarque des clients au beau milieu de la voie. Les autres véhicules, derrière, sont contraints de s’arrêter pour que les passagers débarqués traversent la double voie, en toute sécurité. IMPATIENCE ET INTOLERANCE – A Torokorobougou, pour éviter les bouchons, un policier dirige la circulation. Des motocyclistes, impatients n’attendent pas que l’agent de police les autorise à partir. Ils forcent, progressivement, le passage, obligeant le policier à leur céder la priorité. Notre véhicule de reportage s’est empêtré dans un bouchon au rond-point de Baco-Djicoroni ACI et Kalaban-Coro. Chaque usager essaie de se sortir d’affaire. « Regarde, elle va fermer le passage des motocyclistes », fait remarquer un homme, sur un engin à deux roues, pour attirer l’attention d’un autre motocycliste sur le comportement intolérant d’une conductrice. Il accuse : « La plupart des femmes automobilistes ne sont pas tolérantes dans la circulation car elles cèdent, difficilement, le passage, surtout, aux motocyclistes ». Quelques minutes après, notre homme, qui n’arrive pas à se frayer un chemin, s’en prend aux policiers chargés de la fluidité de la circulation. « Ils (les policiers) voient très bien les chauffeurs de ‘sotrama’ perturber son travail mais hélas ! Voilà qu’il a disparu pour aller racketter quelqu’un », accuse-t-il. Au même carrefour, l’embouteillage est devenu une habitude pour les usagers à partir du crépuscule. Il suffit que les feux tricolores tombent en panne pour que la circulation prenne en otage ses usagers. Infernal cul de sac ! Motifs ? Personne ne veut céder la priorité à personne. Nous avons été témoins, un vendredi du mois d’août 2020, au rond-point de Daoudabougou, sur la rive droite du District de Bamako, sur la route de l’aéroport menant au monument Sogolon, du cas d’une jeune victime du non-respect du Code de la route. Ce jour, aux environs de 16 heures, sous une fine pluie, le jeune motocycliste, qui a grillé le feu rouge, en toute vitesse, percute un véhicule 4X4. Il n’y a pas que sa moto qui soit devenue méconnaissable, La voiture, aussi, a été endommagée. Pire, on ne pouvait pas regarder la tête du jeune adolescent. Le sang coulait de plusieurs parties de sa tête. Sentiments ambivalents des témoins de l’accident. D’un côté, ceux qui sont très sensibles et inquiets de l’état du blessé. De l’autre, ceux qui sont dépassés par le comportement suicidaire de non-respect du Code de la route et de la conséquence immédiate et dramatique pour le fautif. Comme ce cas, de nombreux jeunes motocyclistes forcent la circulation routière, une infraction au Code de la route, devenue banale, au désarroi total des autres usagers. Samedi 03 octobre 2020, aux feux tricolores, à côté de la station Shell, au Quartier du Fleuve, à Bamako. Il est 07 heures, un taximan ignore le feu rouge et vient percuter une jeune dame sur sa moto. Des policiers venus sur les lieux pour constater les faits, note que la bonne dame ne peut plus se remettre sur ses pieds. Elle a une fracture à la cuisse. Les témoins de l’accident voulaient en découdre avec le chauffeur du taxi. Aux alentours de la même station, trois jours plus tard,

