Goodluck Jonathan est arrivé à Bamako dans un contexte particulier

Bamako, 21 déc (AMAP) Le médiateur de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), l’ancien président nigérian, Goodluck Jonathan, est arrivé à Bamako, ce mardi, en fin de matinée, a constaté l’AMAP sur place . Goodluck Jonathan est accompagné du président de la Commission de la CEDEAO, l’ivoirien, Jean-Claude Kassi Brou. Les deux personnalités ont été accueillies à l’Aéroport international Président Modibo Keïta-Sénou par le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop. Les émissaires de l’organisation sous-régionale vont rencontrer le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta. Goodluck Jonathan est « porteur d’un message » des chefs d’État et de gouvernement de l’organisation communautaire, au président de la Transition malienne. La visite du médiateur de la CEDEAO intervient une semaine après le dernier sommet des chefs d’État et de gouvernement ouest-africains, le 12 décembre, à Abuja, au Nigeria. Au cours de ce sommet, les dirigeants de la CEDEAO ont indiqué leur position quant au respect de la date du 27 février pour l’élection présidentielle au Mali. Ils ont maintenu les sanctions prises contre certains responsables de la Transition et brandi la possibilité de nouvelles sanctions, à partir du 1er janvier prochain, “si des progrès ne sont pas réalisés dans l’organisation des elections”. MT (AMAP)

Production de coton dans la Zone Franc : Le Mali occupera la première place (Département d’Etat Us de l’Agriculture)

Bamako, 21 déc (AMAP) Un rapport du Département américain de l’Agriculture (USDA), en date du 28 septembre 2021, prédit que le Mali sera le plus grand producteur de coton en Afrique pour la campagne 2021/22, suivi du Bénin, de la Côte d’Ivoire et du Burkina Faso. Cette projection, en attendant la fin des opérations de compilation des derniers chiffres relatifs à la production cotonnière, cette année, « résulte de l’exploitation d’une superficie presque record et des conditions météorologiques favorables à l’établissement et au développement des cultures de juin à début septembre », précise le document dont l’authenticité a été confirmée par la Compagnie malienne pour le développement du textile (CMDT). « Le Mali a semé une superficie record de 795.000 hectares (ha), en hausse de 630.000 hectares (382%) par rapport à la récolte boycottée de l’année dernière », argumente le document. Il ajoute que la Côte d’Ivoire a également semé une superficie agricole record de 460.000 ha, tandis que le Bénin et le Burkina Faso ont, chacun sem,é plus de 600.000 hectares cette année. La Zone franc africaine, telle que définie par les estimations de l’offre et de la demande agricole mondiale de l’USDA, comprend dix pays francophones d’Afrique de l’Ouest dont la production totale de coton, au cours des trois dernières années, classe la région au sixième rang mondial des producteurs de coton. Pour la campagne cotonnière 2021/2022, l’USDA prédit pour la Zone franc africaine une production de près de 5,86 millions de balles, en hausse d’un million de balles (21%) par rapport à l’année dernière et en baisse de 59.000 balles (1%) par rapport à la récolte record de la campagne 2019/2020. La superficie récoltée devrait s’établir à 3,1 millions d’hectares, en hausse de 710.000 hectares (29%) par rapport à l’année dernière et à 5.000 hectares par rapport à la zone record pour la campagne 2019/2020. Le rendement prévu de 408 kilos par hectare est presque égal au rendement moyen des 5 dernières années, précise le rapport. Selon les rapports régionaux sur les semis de cultures, l’apparition opportune des pluies en juin a permis à la plupart des pays d’atteindre plus de 90% de leurs objectifs de superficies ensemencées d’ici la fin juillet. Il constate que les périodes de sécheresse en juin et juillet ont retardé les semis au Togo et au Bénin. Les conditions de récolte sont bonnes à excellentes au début du mois de septembre après que la plupart des grandes régions productrices de coton ont reçu des précipitations moyennes à supérieures à la moyenne du 1er juin au 10 septembre. Les pluies supérieures à la moyenne en août ont également stimulé les réserves d’humidité du sol et aidé les cultures ensemencées tardivement à se remettre d’une saison agricole retardée, note le rapport. La région de Sikasso, dans le Sud du Mali, est l’une des plus grandes zones de production de coton de la zone franc africaine. Elle produit environ 65% de la production totale de notre pays. Les précipitations cumulatives dans cette région étaient supérieures à la moyenne de juin à septembre. Les mesures de l’Indice de végétation par différence normalisée (IVDN) des terres cultivées étaient moyennes à supérieures à la moyenne vers la mi-septembre. OS (AMAP)  

Mali- CEDEAO : La médiation des autorités traditionnelles africaines

Bamako, 21 déc (AMAP) Une délégation de têtes couronnées, africaines en séjour au Mali, a été reçue ,lundi, par le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, avec pour mission d’œuvrer d’éviter à notre pays de nouvelles sanctions de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). La délégation du Conseil panafricain des autorités traditionnelles et coutumières (CPATC) était conduite par son président, Son Altesse Dada Awiyan Kokpon Houdegbe du Bénin. Les autorités traditionnelles et coutumières du continent s’impliquent pour que notre pays et l’organisation ouest-africaine parviennent à un terrain d’entente sur la conduite de la Transition au Mali. Ces hautes personnalités sont venues écouter les autorités maliennes et l’ensemble des parties prenantes afin que la volonté du peuple malien soit prise en compte dans les décisions le concernant. Après la rencontre avec la délégation et un tête-à-tête entre le chef de l’État et lesdites autorités, le prince Théophile Tatsitsa Gha, chargé de la Mission coopération et paix du CPTC et coordinateur du secrétariat technique permanent, a expliqué à la presse que son organisation a été informée qu’il y avait une réunion de la CEDEAO qui pourrait infliger de nouvelles sanctions à l’État du Mali. Il a précisé que les membres du Danbé-Ton du Mali ont invité leurs pairs du Conseil à intervenir pour dialoguer avec les chefs d’État de la CEDEAO afin que la situation soit apaisée. Mais également pour que le Mali ne subisse pas des sanctions supplémentaires. Selon le prince Théophile Tatsitsa Gha, le pays est déjà sous le poids de l’insécurité et de la pandémie de la Covid-19. Pour lui, les sanctions de la CEDEAO pénalisent les populations du Mali. C’est pourquoi, il était important que les chefs traditionnels interviennent auprès des chefs d’État de la Région pour calmer la situation, et que les consultations nationales en cours au Mali puissent produire des résultats. Le prince Théophile Tatsitsa Gha a indiqué que le président du Conseil a adressé une dépêche royale au chef de l’État ghanéen, président en exercice de la CEDEAO, pour lui exprimer les préoccupations des légitimités traditionnelles et celles du peuple du Mali. Le porte-parole de la délégation a indiqué que le peuple du Mali et les autorités de la Transition ont accepté la voie du dialogue. Il a précisé que le chef de l’État, le colonel Assimi Goïta, est réceptif à cette approche de dialogue qui puise dans les traditions maliennes. En outre, le prince Théophile Tatsitsa Gha a rappelé que le Mali est un peuple de culture qui a gardé les valeurs culturelles. Aussi, il a souligné que le colonel Assimi Goïta a, dans le cadre de sa politique culturelle, institué la journée du 11 novembre pour rendre hommage aux légitimités coutumières. Pour le porte-parole du Conseil, le président de la Transition est tout à fait en accord, dans la philosophie et la ligne de conduite, pour la préservation des valeurs culturelles africaines. Selon lui, il faut dialoguer avec ses pairs de la CEDEAO « afin qu’ils puissent comprendre la situation particulière du Mali pour que les directives qui seront données ne viennent pas de l’extérieur. Mais celles qui rencontreront les aspirations du peuple malien». « C’est pour cela, dira-t-il, que le Conseil est venu pour écouter le peuple du Mali afin d’aller auprès de la CEDEAO pour dire quel est son sentiment. «Nous ne sommes pas venus seulement pour écouter les membres du gouvernement», a-t-il précisé, avant d’annoncer qu’à partir de ce mardi, les consultations s’ouvrent. Car le Conseil est venu pour rencontrer les responsables politiques, de la société civile, des organisations religieuses afin de les écouter. La mission du Conseil panafricain s’inscrit dans le prolongement des consultations nationales qui sont en cours. «Nous apportons seulement un regard extérieur pour soutenir les aspirations du peuple du Mali », a-t-il insisté. Théophile Tatsitsa Gha a souligné que les chefs traditionnels sont les gardiens des traditions. À ce titre, ils sont au Mali pour parler au nom du peuple et non pour prendre partie. « Ils sont là pour faire en sorte que ce qui sera décidé, qui sortira des consultations, soit la volonté du peuple du Mali pour ensemble, avec les autres frères de la communauté, trouver une situation apaisée afin que les populations ne subissent plus de sanctions ». L’audience s’est déroulée en présence du ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Andogoly Guindo, et du ministre des Affaires religieuses, du Culte et des Coutumes, Mamadou Koné. Auparavant, la délégation du Conseil panafricain des autorités traditionnelles et coutumières avait été reçue par le Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga, et les familles fondatrices de Bamako. DD (AMAP)    

SEBA 2021 : Des séances de lecture aux enfants

Bamako, 21 décembre (AMAP) Dans le cadre de la 5ème édition du Salon de l’enfance de Bamako (SEBA 2021), des séances de lecture se tiennent, chaque jour à la Cité des enfants, à l’intention des enfants âgés de 11 à 16 ans, a constaté l’AMAP. Ainsi, Mme Oury Koné a animé, le samedi dernier  dans la salle des réunions de la Cité des Enfants, un atelier de lecture. Des enfants non-voyants et  des sourds-muets ont pris part à l’activité. L’atelier avait pour but principal d’apprendre aux enfants l’importance de la lecture et ses multiples avantages. Il s’agissait surtout d’inciter les enfants à faire de la lecture une habitude. Lors de la formation, les enfants ont découvert un livre dénommé « Nagnouma, la mystérieuse » qui a pour auteur Mme Oury Koné. C’est un livre très éducatif pour les enfants lesquels qui ont pu tirer plein de leçon de vie. Aussi, l’atelier a enregistré une séance de dessin  au grand plaisir des enfants. Le code de la route a en plus été rappelé aux participants. Faut-il noter que les enfants ont affiché une bonne humeur à travers des chants au cours de la formation. Fatoumata DIANKA, APJEC

Santé de la reproduction: Des enfants et des jeunes à l’école des spécialistes

Bamako, 21 décembre (AMAP) Des jeunes gens ont suivi, le 18 décembre dernier dans la grande salle de la Cité des Enfants, une formation sur la santé de la reproduction. Ce panel, exposé par le Dr Boubacar Mariko et ses collègues pédiatres, est un thème du Salon de l’enfance de Bamako (SEBA 2021), organisé par la Cité des Enfants, a constaté l’AMAP. Lors de cette formation, Dr Boubacar Mariko et ses collègues pédiatres ont tout d’abord développé le concept de pair éducateur. Il S’agissait de préparer et avertir les jeunes à leur désormais responsabilité de transmission d’information, surtout qu’ils soient dans les jours à venir une croix de transmission entre les centres de santé et la jeunesse. A cet effet, les formateurs ont évoqué les qualités d’un bon pair éducateur et ses fonctions. Par ailleurs, Dr Mariko et ses collègues ont expliqué l’anatomie et le fonctionnement de l’appareil génital masculin et féminin. Aussi, d’autres questions ont été abordées sur le même thème. Entre autres : comment  se fait une stérilisation ? A quoi peut être due la stérilité chez l’homme et chez la femme ? Comment est-ce qu’un homme pourrait procréer ? Le lendemain, le dimanche 19 décembre, la formation a concerné l’immersion des enfants et jeunes dans le monde du planning familial. Au cours de cet atelier, les formateurs ont développé les concepts du planning familial ayant trait aux différents moyens et mesures de régulation de la fécondité, d’éducation sexuelle. Ainsi que la prise en charge d’affections génitales et les préjugés liés aux différentes pratiques qui s’y concilient. Les enfants et jeunes ont eu l’occasion de comprendre le mode d’administration, les principaux mécanismes d’action, les avantages et même les limites de quelques contraceptifs usuels. Enfin, le lundi 20 décembre, Dr Boubacar Mariko et ses collègues ont expliqué aux  enfants et jeunes les différentes pilules contraceptives qui sont, entre autre,  la pilule du lendemain, les contraceptifs oraux progestatifs (COP) et les contraceptifs oraux combinés (COC). Hormis les contraceptifs modernes, selon Dr Mariko, il en existe des méthodes naturelles dites traditionnelles. Par ailleurs, les participants ont appris l’application d’un préservatif masculin et féminin. Azara Dicko, CCNEJ

Annulation de la visite du président Macron : Une occasion manquée

Par Issa DEMBELE Bamako, 20 déc (AMAP) Le président de la République française, Emmanuel Macron, n’effectuera plus le déplacement au Mali, où il était attendu ce lundi pour une visite dont le programme prévoyait une rencontre avec le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta. Ensuite, il devait se rendre sur la base militaire française de Gao pour communier avec les troupes autour d’un repas de Noël. L’Élysée a invoqué des raisons sanitaires liées à la pandémie de Covid-19 pour justifier cette annulation, décidée, vendredi dernier, à l’issue du Conseil de défense sanitaire qui a débouché sur une série de mesures visant à ralentir la cinquième vague de Covid-19 qui frappe la France. « Cette décision a été prise dans un souci de cohérence entre les mesures annoncées au niveau national et l’agenda international du président, et dans un souci de ne pas exposer notre dispositif militaire dans un moment de dégradation de la situation sanitaire en métropole », a expliqué l’Elysée. Au-delà de ces raisons, certains observateurs croient savoir que Paris et Bamako ne se seraient pas entendus sur le format de la rencontre entre les deux chefs d’Etat. Emmanuel Macron voulait qu’elle soit élargie aux présidents du Ghana, Nana Akufo-Addo et du Tchad, Mahamat Idriss Déby Itno, qui assument respectivement la présidence Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) et du G5 Sahel. Un format qui aurait été rejeté par les autorités maliennes, qui souhaitaient un entretien bilatéral. Aussi, le président Macron aurait souhaité que le mini sommet du G5-Sahel se tienne à l’aéroport international président Modibo Keita Sénou pour éviter à sa délégation de croiser les manifestants hostiles à la politique française. Chose que les autorités de Bamako auraient refusé. Elles auraient plutôt souhaité que toutes les rencontres se passent au Palais de Koulouba. Or en traversant la ville de Bamako pour se rendre à Koulouba, le cortège du président Macron aurait pu risquer d’être hué par des manifestants anti-français. Une telle image serait négative pour sa prochaine campagne électorale. De l’avis de plusieurs observateurs, l’annulation de cette visite est une occasion ratée qui aurait pu dissiper les malentendus à propos d’un certain nombre de sujets, sur lesquels l’on fait un procès d’intention au Mali. Alors que les autorités de la transition ne font qu’une lecture pragmatique et non dogmatique par rapport à la situation du pays, nomment sur le plan sécuritaire. Dans cette dynamique, elles bénéficient du soutien des populations. Celles-ci voient surtout aux péripéties actuelles, la fin du «dirigisme français». L’erreur est de penser que ce sentiment et les manifestations contre la France ne sont que le fruit de manipulations, ils sont également le résultat de la politique de l’Hexagone au Sahel. «Il est hors de question d’imaginer que le peuple malien nourrit un sentiment anti-français», avait encore déclaré le Premier ministre, devant les médias à Genève où il participait à la Journée mondiale du Coton. Il avait ajouté que le «Mali et la France constituent un vieux couple. Il y a, par moment, des scènes de ménage qui peuvent survenir de l’un ou de l’autre membre du couple. Mais je ne crois pas que cela va aboutir au divorce…». ID (AMAP)

Goodluck Jonathan, attendu à Bamako, mardi (Commission de la CEDEAO)

Bamako, 20 déc (AMAP) Le médiateur de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), Goodluck Jonathan, est attendu au Mali, mardi, annonce un communiqué de la Commission de l’organisation ouest-africaine. Il est “porteur d’un message” des Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’organisation sous-régionale, au président de la Transition au Mali, le colonel Assimi Goita. Selon la Commission de l’organisation ouest-africaine, l’ancien président du Nigeria, sera accompagné du président de la Commission de la CEDEAO, Jean Claude Kassi Brou. Cette visite officielle s’inscrit “dans le cadre de la mise en application des dernières recommandations de la Conférence des Chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO sur le Mali”, selon le communiqué. Le séjour du médiateur ouest-africain fait suite à plusieurs autres missions de suivi de la situation au Mali. MD (AMAP)

Général Mahamat Idriss Déby Itno : « Notre Sahel doit rester un rempart contre le terrorisme »

Le président de la République du Tchad, président en exercice du G5 Sahel, a fait une allocution à l’occasion de la Journée du G5 Sahel célébrée le 19 décembre 2021 Le texte intégral Citoyennes et citoyens des États du G5 Sahel, Partenaires et amis du Sahel, Mesdames et Messieurs Comme chaque année depuis 2017, nous commémorons le 19 décembre, la Journée du G5 Sahel. Une journée qui marque l’anniversaire de la signature de la Convention de création du G5 Sahel, notre espace commun. En ma qualité de Président en exercice du G5 Sahel, et au nom de mes homologues du Burkina Faso, du Mali, de la Mauritanie et du Niger, je voudrais vous adresser mes vœux ardents de paix, de sécurité et de développement. Cette année, la journée du G5 Sahel se tient dans un contexte assez difficile pour l’ensemble de nos pays. Aussi voudrais-je rendre un vibrant hommage à nos vaillantes populations, dont la quiétude, la sécurité et le bien-être sont notre raison d’être, pour leur résilience face à l’adversité. Je voudrais également saluer la bravoure, le don de soi des forces de défense et de sécurité de nos armées nationales, de celles de la Force Conjointe du G5 Sahel et des forces alliées qui se battent quotidiennement au prix de leurs vies, pour la préservation et le maintien de la paix et de la sécurité dans l’espace du G5 Sahel et bien au-delà. La célébration de la Journée du 19 décembre cette année, dans les conditions particulièrement difficiles que nous connaissons, me donne l’occasion de rappeler et de renouveler notre engagement à faire de notre espace G5 Sahel, comme l’ont voulu les pères fondateurs, un espace de développement, de sécurité et de prospérité au bénéfice de nos braves populations. Aussi, notre région, notre Sahel, terre de brassage, de contacts et de civilisations millénaires, doit-elle rester un rempart contre le terrorisme, la criminalité transfrontalière et l’extrémisme violent. Et nous travaillons fort, dans cet esprit, pour qu’aucun effort ne soit ménagé pour la préservation et le maintien de la sécurité, de la paix et de la stabilité, conditions indispensables au développement de notre région. Populations du G5 Sahel, Mesdames et Messieurs, Amis et amoureux du Sahel qui avez fait le choix de vivre parmi nous, Il y a 8 mois, un grand sahélien, grand par les idées et par ses actes de dévouement, nous quittait les armes à la main : il s’agit du Marechal du Tchad Idriss Deby ITNO. Feu le Maréchal du Tchad, un des pères fondateurs du G5 Sahel, a fait don de sa vie pour la paix, la sécurité et la quiétude des populations tchadiennes, sahéliennes et au- delà. Respectons sa volonté, lui, qui croyait en notre organisation – le G5 Sahel – et qui avait fait le serment, en novembre 2015, de la faire réussir. En cette journée anniversaire de la signature de la Convention de création du G5 Sahel, rendons- lui un vibrant hommage, bien mérité, et prions pour le repos éternel de son âme ainsi que pour celles de tous ceux qui ont donné leurs vies pour la très noble cause de la sécurité et du développement dans l’espace sahélien. Que leurs âmes reposent en paix. En célébrant la « Journée du G5 Sahel » nous réaffirmons le refus de la fatalité des Sahéliennes et des Sahéliens et magnifions notre grande ambition pour un Sahel en paix avec lui-même, vecteur de paix et de stabilité pour son voisinage immédiat, pour l’Afrique et pour le monde. Populations du G5 Sahel, En février 2021, le Tchad prenait pour la deuxième fois la présidence tournante du G5 Sahel. Le bilan de cette présidence, à quelques deux mois de la fin de son mandat, est encourageant au vu des réalisations et des chantiers en cours, malgré la pandémie de la Covid-19 qui, au-delà de son coût humain, a déstructuré nos économies fragiles et déjà accablées par la dette. C’est donc ici l’occasion idoine pour moi de rappeler que la stratégie du G5 Sahel repose sur deux piliers qui sont la sécurité, à travers la Force conjointe, et le développement avec le Programme d’Investissements Prioritaires (PIP). En faisant le bilan de cette stratégie, nous sommes suffisamment conscients que le chemin est encore long. Beaucoup reste à faire pour sortir nos populations du sous- développement et leur offrir le bien-être. C’est pourquoi, les efforts doivent être, et seront, poursuivis avec des actions prioritaires importantes à impacts rapides, avec l’appui et l’accompagnement de tous nos partenaires et amis. C’est aussi le lieu pour moi d’exprimer, une fois de plus, nos remerciements les plus sincères à l’ensemble des partenaires bilatéraux et multilatéraux de notre organisation pour leur constant et précieux soutien et engagement. Le Sahel ne doit nullement être le théâtre de convoitises internationales et encore moins, le champ de positionnement pour les puissances aux visées tentaculaires. Le Sahel, sachez-le, est d’abord et avant tout, aux Sahéliens. De la même manière que l’Afrique est d’abord aux africains. Par conséquent, les amis du Sahel sont appelés à soutenir les États du Sahel et les forces de la coalition G5 Sahel et les aspirations légitimes des peuples du Sahel. Engagés dans un combat difficile et de longue haleine, avec mes homologues chefs d’Etat du G5 Sahel, nous sommes convaincus que nous pouvons compter sur les contributions de toutes les couches de nos sociétés mais aussi des nombreux amis du Sahel, pour gagner cette lutte pour la préservation de la paix dans notre sous-région, en Afrique et dans le monde. VIVE LE G5 SAHEL ! VIVE LA PAIX ! JE VOUS REMERCIE

Abdoulaye Diop, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale : «Nous souhaitons que la CEDEAO écoute les Maliens et les accompagne »

Propos recueillis par Madiba KEITA Bamako, 20 déc (AMAP) Dans cet entretien exclusif, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale du Mali explique la complexité de la crise de notre pays. Abdoulaye Diop évoque également les relations un peu tendues entre le Mali et la France, la polémique autour du groupe Wagner. Le chef de la diplomatie malienne fait aussi le point des discussions avec la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) pour éviter d’autres sanctions contre notre pays. L’Essor : Les relations entre le Mali et la France sont tendues depuis quelques mois. En tant que chef de la diplomatie malienne, comment voyez-vous l’évolution de cette relation? Abdoulaye Diop : C’est vrai que les relations entre le Mali et la France connaissent des moments difficiles mais cela est dû au fait que nous avons souhaité que ces relations soient fondées sur de bases nouvelles. Le Mali et la France entretiennent des relations historiques parce que d’abord c’est l’ancienne puissance coloniale. Ensuite, sur le plan de la relation politique et économique, nous avons beaucoup de choses en commun. Mais depuis la mise en place du processus de Transition, nous avons souhaité que cette relation prenne davantage en charge la nécessité du respect de la souveraineté du Mali sur un certain nombre de questions. Nous avons souhaité qu’il y ait davantage de sincérité dans cette relation vis-à-vis du Mali. Nous avons souhaité qu’il y ait plus de clarté dans l’engagement de la France vis-à-vis du Mali, notamment dans les efforts de stabilisation. Nous voudrions aussi que cette relation soit une relation d’égal à égal. Ce sont ces questions qui sont sur la table, et sur lesquelles nous travaillons. Sur le fond, nous souhaitons que la France inscrive son action dans le cadre d’une posture plus constructive vis-à-vis du Mali. Or, on voit aujourd’hui que notre pays fait l’objet d’attaques de façon constante, de campagne orchestrée contre les autorités de Transition. Il y a des déclarations de part et d’autre qui n’ont pas contribué à apaiser la situation. Mais de tout le temps, le Mali a inscrit son action dans le cadre du dialogue, de la coopération. Nous restons dans cette dynamique mais nous ne transigerons pas sur la protection des intérêts du Mali et des Maliens. L’Essor : Qu’est-ce que les autorités maliennes attendent concrètement de la France ? AD : Nous attendons de la France qu’elle comprenne qu’à Bamako, il y a une autorité de Transition dirigée par Son Excellence, le colonel Assimi Goïta. Qu’il y a aussi un gouvernement dirigé par le Premier ministre Choguel Kokalla Maïga. Ce sont ces autorités avec lesquelles il faut travailler aujourd’hui pour aller vers un retour à l’ordre constitutionnel au Mali. Il faut que l’action de la France s’inscrive dans ce cadre et qu’elle puisse, comme elle l’a indiqué, inscrire aussi son action dans le cadre du respect de ce qui est convenu dans le cadre régional : la CEDEAO et l’Union africaine. Même si nous sommes suspendus de ces institutions, il y a quand même un dialogue en cours afin de lever les entraves. L’Essor : Quelles sont ces entraves ? AD : Ces entraves sont de plusieurs ordres parce que nous sentons souvent des interférences par rapport à notre politique intérieure. Il est important que la France prenne quelque distance dans la gestion de la crise au Mali. C’est pourquoi, j’ai rappelé qu’il y a des autorités et qu’il faut que la France travaille avec ces autorités et non avec des parties maliennes ici et là. L’Essor : Vous pensez que le partenaire français est en train d’ignorer nos autorités ? AD : C’est une question à laquelle la France doit répondre. Mais nous souhaitons qu’il y ait un engagement et un dialogue constructifs avec les autorités maliennes pour résoudre l’ensemble de ces questions. C’est seulement à ce prix que nous allons pouvoir avancer dans le cadre d’un dialogue apaisé pour résoudre les problèmes parce que le processus de Transition n’est pas géré par les pays individuellement. Notre engagement par rapport au processus de Transition, c’est dans le cadre de la CEDEAO essentiellement. Toutes les exigences de la CEDEAO ont été satisfaites par le Mali. Le seul élément sur lequel nous n’avons pas encore eu d’accord, c’est le chronogramme de la Transition. Les autres partenaires doivent s’aligner sur ces questions et engager une discussion avec nous sur cette base. L’Essor : Le Mali envisage de diversifier ses partenariats dans le domaine de la sécurité. Cette initiative soulève une levée de boucliers du partenaire français qui a battu le rappel de ses alliés pour mettre la pression sur les autorités de la Transition. Quel commentaire faites-vous de cette situation ?  AD : Je pense qu’il y a souvent des exagérations par rapport à cette question. Je me rappelle que quand moi-même j’ai rejoint les Affaires étrangères en tant que jeune cadre au début des années 90, la diversification des partenaires était déjà un principe cardinal de notre diplomatie. Peut-être qu’aujourd’hui, il y a une vigueur qu’on veut donner à cette diversification des partenaires. Ce qui est normal. D’ailleurs, tous les pays du monde, mêmes ceux qui nous font ce reproche, s’inscrivent dans le cadre de la diversification de leur partenariat. Nous estimons que le Mali n’est l’exclusivité de personne et chaque partenaire aura sa place pour travailler avec nous. Le Mali veut avoir des relations de partenariat avec chacun des pays en fonction des avantages comparatifs. Il y a certains qui ont des atouts dans le domaine de l’équipement. Il y a d’autres dans le domaine de la formation. Il faudra donc que le Mali puisse jouer de l’équilibre qu’on peut trouver que ça soit avec la Chine, la Russie ou avec les pays européens, américains ou asiatiques. Nous n’avons besoin de la permission de personne pour faire cela. Je sais qu’il y a une compétition géopolitique. Il y a des problèmes entre les grandes puissances mais ces problèmes ne concernent pas le Mali. Comme on le dit

Protection des enfants dans les périodes de crise : Rôles et responsabilités

Bamako, 20 décembre (AMAP) Dans le cadre de la 5ème édition du Salon de l’enfance de Bamako (SEBA) qui se tient à la Cité des enfants depuis le 17 décembre dernier, un panel sur la protection des enfants dans les périodes de crise a été animé le samedi, dans la grande salle de ladite structure. Ce panel a mis en exergue les rôles et responsabilités des enfants et des acteurs du domaine de l’enfance, a constaté l’AMAP. Ce thème a été exposé par des spécialistes de la Direction nationale de la promotion de l’enfant et de la famille, Chaka TRAORE, De l’EDUCO, Hawa KANYANTAO, de l’ADES Namori KEITA et ENDA-Mali, Madame SOW Goungna TRAORE. Les panelistes ont défini l’enfant comme tout être humain âgé de moins de 18 ans. Ils ont aussi donné un aperçu clair sur la notion de la protection de l’enfance. Selon eux, la protection de l’enfance est un ensemble d’actions organisées, mises en œuvre par les secteurs étatiques ou privés pour prévenir et prendre en charge toutes les formes de violences, d’abus, d’exploitations et de la négligence affectant les enfants. « L’abandon des enfants, le mariage précoce, les enfants victimes de la mutilation génitale, les enfants victimes de l’abus de l’enfance et les enfants victimes de toute autre forme de travail, le recrutement des enfants et leurs utilisations dans des conflits armés, les occupations des écoles par les groupes armés et surtout les enfants déplacés », ont-ils énuméré comme problèmes dont les enfants sont victimes. Pour les spécialistes, les acteurs du domaine l’enfance doivent apporter une assistance à l’égard des enfants ainsi que leurs familles. A cet effet, ils ont expliqué que la convention relative aux droits des enfants expose les quatre principes dont l’intérêt supérieur de l’enfant. Comme quoi l’enfant doit être protégé en tout lieu et en toute circonstance. Pour ce faire, le Centre d’accueil des enfants et Samu Social Mali ont recensé 800.000 enfants pour leurs octroyer des actes de naissance avant de scolariser certains d’entre eux. Auparavant, les représentants de l’Association pour la promotion des jeunes et enfants communicateurs (APJEC) et du Parlement des Enfants ont rappelé aux enfants les mesures barrières contre la COVID-19 et des rubriques du code de la route. Mohamed Ousmane Cissé, APJEC et Makadidia Sall, Parlement national des Enfants