Spécial 22 septembre 2022-Edito : Détermination
Par B. TOURÉ Les Maliens aspirent à un changement profond dans la gouvernance du pays. Cette aspiration, les dirigeants de la Transition en ont fait la boussole de leur action. Leur détermination surprend nos partenaires les plus familiers et étonne souvent nos compatriotes. De la détermination, il en faut pour mener à bien le changement profond que les Maliens appellent de leurs vœux. Le pouvoir intérimaire entend y parvenir en choisissant comme moyen d’action la refondation, avec comme finalité le renouveau du Mali. Le changement est constamment sur les lèvres – il est utilisé abondamment dans les programmes politiques – mais pour sa traduction dans la réalité, il faut avoir le cœur à l’ouvrage. Tout changement engendre des bouleversements, des chamboulements, des chambardements dans nos habitudes, dans notre comportement, et même souvent dans notre position sociale et notre statut professionnel. Un adage de chez nous illustre bien les sacrifices à consentir : «une nouvelle dent pousse dans la douleur». Détermination et courage vont de pair pour poser les jalons du Mali nouveau. Rompre avec la France avec fracas exigeait une certaine détermination et une bonne dose de courage. Le pouvoir actuel a administré la preuve que le Mali ne s’en laisse pas compter. Quel que soit l’interlocuteur en face. L’ambassadeur de France a été expulsé. Le corps expéditionnaire militaire français, présent dans notre pays depuis de longues années, a dû plier bagages dans une atmosphère délétère. Le Mali a résolument tourné le dos à un partenaire historique et la France est en passe de perdre pied dans une zone d’influence qui tenait lieu de laboratoire de sa présence militaire en Afrique de l’ouest. Les troupes maliennes, par leur détermination, sont en train de démontrer que le vide sécuritaire, tant redouté après le départ de Barkhane, n’est pas impossible à combler. Le syndrome afghan envisagé par certains observateurs n’était donc qu’une vue de l’esprit ? La situation sécuritaire reste préoccupante mais on est loin du chaos pronostiqué par certains oiseaux de mauvais augure. Concernant les réformes politiques et institutionnelles, pour mettre le métier sur l’ouvrage, il fallait être animé d’une bonne détermination. Certains observateurs en étaient arrivés à conclure à l’impossibilité de réviser la Constitution de 1992. Tant les échecs se sont multipliés ces vingt dernières années. Les présidents Alpha, ATT, IBK ont tous échoué à corriger les faiblesses constatées dans le texte de loi fondamentale. La transition actuelle semble avoir trouvé la parade à la guigne qui contrecarrait les initiatives. Au lieu de changer la constitution, il a été décidé de changer de constitution. Cette fois-ci sera-t-elle la bonne ? Un fait incline à l’optimisme. Les voix, qui s’étaient élevées contre le projet d’une nouvelle constitution, ne sont plus audibles. Il en est de même de l’Autorité indépendante de gestion des élections (AIGE). Il y a un an, la polémique faisait rage sur l’opportunité d’une telle structure. Devant la détermination des tenants du projet, les sceptiques ont dû mettre de l’eau dans leur «gnamakoudji». L’Autorité est bien créée ; il reste à la mettre au travail. Ce qui n’est pas la moindre des tâches. Le processus d’adoption d’une nouvelle loi électorale s’est accompagné d’une confrontation sur du velours entre l’exécutif et le législatif. Là aussi, la détermination a été un facteur important. Le CNT en a fait montre pour faire subir au texte du gouvernement un toilettage à grande eau. Au-delà des frictions, le résultat est patent. Les prochaines élections seront encadrées par un nouveau texte législatif. Remède efficace contre les crises post-électorales ? Attendons la mise en pratique. La détermination porte les actions dans le domaine de la coopération et dans le processus des réformes. Quid des sacrifices que les Maliens, du sommet à la base, se doivent-ils de consentir pour la bonne cause? Sur ce plan, le tableau est moins attractif. Les soutiens des dirigeants ont été forcément froissés voire incommodés par les bruits de casseroles dans l’attribution des logements sociaux. Les ricanements n’ont pas manqué du côté des contempteurs. Il faut davantage de sacrifice pour faire taire les tintamarres qui s’élèvent, de temps à autre, autour des marchés. Le changement passe nécessairement par l’abandon de certains péchés mignons. La crédibilité de la lutte contre la corruption en dépend. Aujourd’hui, les citoyens sont fondés à exiger l’orthodoxie. Plusieurs corporations ont consenti leur part de sacrifice en mettant en sourdine les revendications catégorielles. Les structures publiques, pour la plupart, subissent stoïquement les restrictions budgétaires. La hausse des prix de certains produits de grande consommation est vécue sans trop d’acrimonie. Il est vrai que la fibre patriotique et la souveraineté en bandoulière incitent à se serrer la ceinture. Entre les facteurs exogènes négatifs et nos propres turpitudes, le processus de transition doit se frayer un chemin vers la sortie de crise. Reculer devant l’adversité ? Pas question ! BT (AMAP)
Le Premier ministre malien par intérim sera devant la 77è session de l’Assemblée générale de l’ONU à New York
Envoyé spécial Madiba KEITA Bamako, 21 sept (AMAP) Le Premier ministre par intérim, le colonel Abdoulaye Maïga, s’adressera, samedi, à la tribune de l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies (ONU), à New York, ont annoncé des sources officielles maliennes. Le colonel Maïga, aura, également plusieurs rencontres bilatérales, notamment avec le secrétaire général des Nations unies, António Guterres. «Un tournant décisif : des solutions transformatrices face à des défis interconnectés», est le thème de cette 77è session de l’Assemblée générale de l’ONU qui a débuté, le 13 septembre 2022, au siège de l’Organisation, à New York. Les délégations de 193 pays membres des Nations unies sont dans la grande métropole américaine pour présenter leurs priorités et échanger sur les grands enjeux mondiaux, comme la guerre en Ukraine, la lutte contre l’extrémisme violent, les changements climatiques, la sécurité alimentaire, le développement de l’Afrique, l’accès à l’éducation ou encore l’égalité entre femme et homme. À la tête d’une forte délégation comprenant notamment le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, le colonel Abdoulaye Maïga, s’adressera, au nom du président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, à la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies, le samedi 24 septembre 2022. Selon un diplomate, qui a requis l’anonymat, le discours du chef du gouvernement par intérim sera axé, en grande partie, sur les priorités des autorités de la Transition, à savoir la reconquête du territoire national en luttant contre le terrorisme, les réformes politiques et institutionnelles et la tenue des élections générales. Le but étant d’avoir l’adhésion et l’accompagnement de la communauté internationale pour l’atteinte des objectifs que la Transition s’est fixé, en vue de répondre aux aspirations profondes du peuple malien. «Le Mali a d’autres dossiers à l’ONU, comme par exemple la plainte contre la France pour violation répétée de son espace aérien et pour son aide à des groupes terroristes, en termes de renseignements et d’équipements. Mais l’Assemblée générale n’est pas le lieu pour débattre de ce genre de dossier. Cela se fait en rencontre bilatérale ou dans un autre cadre», explique notre source. En dehors de son discours à la tribune de l’Assemblée générale, le Premier ministre par intérim aura plusieurs rencontres dans le cadre bilatéral, notamment avec les dirigeants du Qatar, des Etats-Unis d’Amérique et de la Communauté des États sahélo-sahariens (CENSAD). La rencontre la plus attendue est celle avec le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, autour de plusieurs sujets. Déjà, le 18 septembre 2022, dans une interview accordée à France 24, M. Guterres a annoncé qu’il rencontrerait la délégation malienne présente à New-York pour aborder la situation des 46 soldats ivoiriens détenus au Mali. «On est en contact permanent avec les autorités maliennes. Je vais recevoir la délégation du Mali. Pour moi, c’est une chose qui est importante. Il faut résoudre ce problème», a déclaré le Secrétaire général de l’ONU. Le chef de la diplomatie malienne est arrivé à New York, depuis le début de la semaine, pour mener des efforts en soutien à la Transition au Mali. À cet effet, Abdoulaye Diop a, successivement, rencontré, le lundi 19 septembre 2022, ses homologues du Rwanda, Vincent Biruta, et du Sénégal, Mme Aïssata Tall Sall. Lors de ces deux rencontres, les échanges ont, essentiellement, porté sur le renforcement de la coopération entre le Mali et ces pays ainsi que le processus de Transition devant aboutir au retour à un ordre constitutionnel apaisé et sécurisé au Mali. En dehors du thème global, la 77è session de l’Assemblée générale des Nations unies va être marquée par un sommet sur la transformation de l’Education. Il s’agit d’une réunion de haut niveau pour célébrer le 30è anniversaire de l’adoption de la Déclaration sur les droits des personnes appartenant à des minorités nationales ou ethniques, religieuses et linguistiques Il y a aussi un sommet ministériel sur l’information et la démocratie, un sommet sur la lutte contre les contenus terroristes et extrémistes violents en ligne, un sommet ministériel pour l’information et la démocratie et une réunion ministérielle au Conseil de sécurité sur l’Ukraine. MK/MD (AMAP)
Mali-Guinée Conakry : le colonel Mamady Doumbouya attendu cet après-midi à Bamako
Bamako, 21 sept (AMAP) Le président de la Transition guinéenne, le colonel Mamady Doumbouya, est attendu à Bamako, ce mercredi après-midi, pour sa première sortie à l´extérieur de la Guinée, depuis sa prise du pouvoir en septembre 2021, selon des sources officielles. Le colonel Doumbouya assistera, aux côtés de son homologue et hôte, le colonel Assimi Goïta, à la célébration du 62e anniversaire de l´accession du Mali à l’indépendance. Il sera accueilli à l’aéroport président Modibo Kéïta Senou-Bamako par le président de la Transition au Mali, le colonel Assimi Goïta. Ce sera en présence des membres du gouvernement malien, des présidents des institutions de la république du Mali et des corps constitués, du chef de la mission diplomatique et consulaire guinéenne à Bamako, Abdoulaye Fofana, accompagné du président du Conseil des Guinéens au Mali, El hadj Sytta Camara. Cette visite officielle du président de la transition guinéenne à Bamako coïncide avec la célébration du 62e du Mali indépendant, le jeudi 22 septembre. Elle vise aussi à renforcer les liens de coopération et de fraternité entre les deux pays. Selon la presse guinéenne, les deux personnalités pourraient, également, aborder le sujet des soldats ivoiriens détenus au Mali, depuis plusieurs mois déjà. Et la proposition de bons offices du colonel Doumbouya à son homologue malien. Les deux Chefs d’Etat harmoniseront, aussi, leurs positions pour la réussite des transitions qu´ils conduisent à la tête de leur pays respectif. Le colonel Mamady Doumbouya rencontrera la Communauté guinéenne au Mali, selon les mêmes sources. MD (AMAP)
APEX-Mali : Une journée de plaidoyer pour le développement des exportations
Bamako, 20 sept (AMAP) L’Agence pour la promotion des exportations (APEX-Mali) a organisé, la semaine dernière, la journée d’information, d’appropriation et de plaidoyer pour le financement du plan d’action 2022-2023 de la Stratégie nationale de développement des exportations du Mali (SNDEX). Cette journée avait pour objectif de favoriser le développement des exportations du Mali, à travers une meilleure appropriation de la SNDEX par les acteurs publics, privés et les partenaires techniques et financiers, en vue notamment de la mobilisation du financement de la mise en œuvre de son plan d’action 2022-2025. Selon le directeur général de l’APEX-Mali, Massoudou Cissé, la balance commerciale de notre pays est chroniquement déficitaire. « En vue de réduire ce déficit et dans le cadre de la mise en œuvre de la Politique nationale de développement du commerce (PNDC), Apex Mali, a sollicité l’appui technique du Centre du commerce international (CCI) qui nous a permis d’élaborer, avec l’implication des acteurs concernés par le commerce extérieur, la feuille de route pour le développement des exportations du Mali», a souligné M. Cissé. Il a indiqué que cette feuille de route a servi de base à l’élaboration du Document de la Stratégie nationale de développement des exportations du Mali et son Plan d’action 2022 2025. « Sur les 113 actions envisagées par ce Plan, l’APEX-Mali est impliquée dans 89 actions dont 36 pour lesquelles elle est la première responsable », a précisé son directeur général. Et d’ajouter que ces actions, constituent des réponses aux défis liées au contexte actuel marqué par les crises sanitaire, économique et sécuritaire. À ce propos Massoudou Cissé a fait savoir que le gouvernement, à travers le ministère de l’Économie et des Finances, a financé la première année de la mise en œuvre de la SNDEX à hauteur 1,05 milliard de Fcfa. « Néanmoins, a-t-il signalé, les besoins restent encore énormes et des efforts supplémentaires sont demandés pour couvrir les actions prioritaires évaluées à hauteur de 3,01 milliards de Fcfa au titre de la première année de mise œuvre du Plan d’action de la SNDEX ». Le premier responsable de l’APEX-Mali a ainsi invité les participants à réfléchir à la façon dont ils peuvent contribuer à la mise en œuvre de cette stratégie qui est la pierre angulaire pour relancer le commerce au Mali. Pour sa part, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Mahmoud Ould Mohamed, a rappelé que l’élaboration de la SNDEX du Mali et son Plan d’action 2022-2025 s’inscrit dans les orientations de la Politique nationale de développement du commerce (PNDC). Selon Mahmoud Ould Mohamed, l’objectif est de tirer profit de l’appartenance du Mali à plusieurs unions économiques et douanières ainsi que des préférences commerciales mises en place par certains pays partenaires. « En outre, a-t-il poursuivi, la SNDEX arrive au moment où le marché unique africain, la Zone de libre échange continentale africaine (ZLECAF) entrera dans sa phase opérationnelle en octobre prochain. » Selon le ministre, l’accès préférentiel à ces marchés et l’appartenance à des espaces intégrés devraient lui permettre d’assurer une meilleure insertion de son commerce dans l’économie régionale et internationale, de favoriser son développement économique durable et de contribuer à la réduction de la pauvreté. « C’est pourquoi, a-t-il dit, le gouvernement du Mali, en approuvant la SNDEX, entend surmonter les difficultés liées aux crises multidimensionnelles à l’effet d’offrir des opportunités nouvelles et de développer les filières à fort potentiel d’exportation ». Les dix filières prioritaires retenues pour la première phase sont celles qui permettraient d’amorcer la transition vers une économie de transformation axée sur la création de valeur ajoutée, la compétitivité et la durabilité. Il s’agit des filières coton, textile et habillement, bétail et viande, cuirs et peaux, mangue, karité, gomme arabique, sésame, anacarde, patate douce et tourisme. Cette journée s’est tenue, sous la présidence du Premier ministre par intérim, le colonel Abdoulaye Maïga. C’était en présence de plusieurs membres du gouvernement des représentants du corps diplomatique et des organisations régionales et internationales accréditées au Mali. AG/MD (AMAP)
Cour pénale internationale : Ahmad Al Faqi Al Mahdi libéré après 6 ans de prison
Bamako, 20 sept (AMAP) Le coauteur des attaques contre dix bâtiments à caractère religieux et historique à Tombouctou, dans le Nord du Mali, Ahmad Al Faqi Al Mahdi, a été libéré, dimanche, par la Cour pénale internationale (CPI), rapportent plusieurs sources. Selon une décision relative à l’examen de la question d’une réduction de la peine d’Ahmad Al Faqi Al Mahdi, publiée le 25 novembre 2021, il est indiqué que la peine initiale qui lui a été infligée est réduite de deux années. Avant d’annoncer que «la date de fin d’exécution de la peine infligée à Ahmad Al Mahdi est fixée au 18 septembre 2022». D’après la même source, qui explique cette réduction, la CPI peut réduire la peine si elle constate que la personne a, dès le début et de façon continue, manifesté sa volonté de coopérer avec la Cour dans les enquêtes et poursuites de celle-ci. Si la personne a, aussi, « facilité spontanément l’exécution des décisions et ordonnances de la Cour dans d’autres cas, en particulier en l’aidant à localiser des avoirs faisant l’objet de décisions ordonnant leur confiscation, le versement d’une amende ou une réparation et pouvant être employés au profit des victimes ». S’y ajoutent d’autres facteurs prévus « dans le règlement de procédure et de preuve attestant un changement de circonstances manifeste aux conséquences appréciables de nature à justifier la réduction de la peine ». Le 27 septembre 2016, la Chambre de première instance a déclaré Ahmad Al Mahdi coupable, en tant que coauteur au sens de l’article 25-3-a du Statut, du crime de guerre visé à l’article 8-2-e-iv du Statut consistant « à avoir dirigé intentionnellement des attaques contre 10 bâtiments à caractère religieux et historique sis à Tombouctou, entre le 30 juin 2012 et le 11 juillet de la même année ». La Chambre de première instance a condamné Ahmad Al Mahdi à 9 ans d’emprisonnement. Elle a considéré qu’Ahmad Al Mahdi avait droit, «à ce que soit déduit de sa peine le temps qu’il a passé en détention sur ordre de la Cour, c’est-à-dire le temps écoulé depuis son arrestation en exécution du mandat d’arrêt délivré le 18 septembre 2015». SS/MD (AMAP)
Douanes maliennes : Des locaux à hauteur d’ambition
Bamako, 20 sept (AMAP) Les douanes maliennes disposent, depuis lundi, un bâtiment flambant neuf, sis à Samanko II, dans la Commune du Mandé, près de Bamako, dont le coût de réalisation est de 5 milliards de Fcfa entièrement financé sur le budget national. Le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta a procédé à l’inauguration de cette nouvelle direction des douanes, en compagnie du Premier ministre par intérim, le colonel Abdoulaye Maïga et des membres du gouvernement dont le ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou. Ce joyau architectural, bâti sur une superficie de 30 hectares, comprend cinq niveaux (R+4), 147 bureaux, deux salles de conférences, deux ascenseurs, une salle multimédia, deux escaliers de secours, une salle d’archives et un réfectoire pour cent convives situé sur la terrasse supérieure. Le nouveau bâtiment abrite outre le siège de la direction générale des douanes, le centre de formation des douanes, les futures infrastructures du Centre d’expertise technique, du Centre de formation militaire des agents des douanes, les logements d’astreintes pour les agents en service et un parking de 300 places. L’immeuble est approvisionné en eau courante par un forage équipé de matériels solaires. L’électricité est fournie par un groupe électrogène de 400 KVA en plus de la connexion au réseau de la société nationale d’électricité (EDM-SA). En termes de symboles, en face de cet imposant édifice, le visiteur s’inclinera devant le monument aux morts et le drapeau national. Accueilli par la fanfare nationale, le président de la Transition a d’abord salué le drapeau, avant de déposer une gerbe de fleurs au monument des morts. Par la même occasion, des agents ont, pour la première fois, reçu des médailles d’honneur, en signe de reconnaissance pour les services rendus aux douanes maliennes. Pour leur dévouement et engagement au travail, ils ont été décorés de la médaille d’honneur des douanes par le président de la Transition. PERFORMANCES – L’inauguration de ce nouveau siège, pensé et dédié à la Direction générale de la Douane, premier dans l’histoire de l’administration, est vécue comme un moment de joie par le directeur général, l’inspecteur général Amadou Konaté, et son équipe. Le directeur général a déclaré que ce bâtiment est un véritable joyau architectural, spacieux et fonctionnel, à la dimension des attentes du pays à l’endroit de son administration. « Ce qui, a-t-il-dit, implique l’engagement de tout le personnel pour l’atteinte des objectifs, malgré les nombreux défis ». Selon le premier responsable des douanes maliennes, cette cérémonie d’inauguration coïncide avec les préparatifs de la commémoration du 22 septembre, mais aussi avec la commémoration des 62 ans de l’existence du service. «En recevant ce joyau, les douanes maliennes, oublient de façon définitive, l’indignation, l’humiliation subies suite à leur expulsion des bâtiments abritant les services centraux de la direction générale, au centre-ville de Bamako», a soutenu l’inspecteur général Amadou Konaté. Qui a rappelé les performances de son service en dépit du contexte difficile marqué par l’insécurité grandissante et la crise de la pandémie de la Covid-19. Les agents sont restés mobilisés jusqu’à minuit en décembre 2021, pour réaliser 657,880 milliards de Fcfa sur une prévision annuelle de 656,250 milliards Fcfa, soit un taux de 100,24%, a-t-il salué. En matière de lutte contre les trafics illicites et la fraude, le patron des douanes a évoqué des saisies spectaculaires en 2021 et 2022. Il s’agit, selon l’inspecteur général Amadou Konaté, de 437 kg d’or, 873.954 dollars, 991.510 euros, 30 millions de Fcfa de faux billets, 2,633 tonnes de chanvre indien, 7.499 munitions de guerre, 30 unités de détonateurs, 6.202 unités d’explosifs, 20 tonnes de produits précurseurs, 3 armes de guerres, 76.759.374 comprimés de faux médicaments et 159,5 kg de cocaïne. Plus de 57 kg de viandes avariées remises au service de zoo de Bamako. UNE PREMIÈRE – Pour le ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou, c’est la première fois depuis 1960 que l’administration des douanes disposera d’une infrastructure spécialement construite pour abriter les services centraux de la direction générale. M. Sanou a ajouté que c’est également la première fois dans l’histoire du Mali qu’un service central de l’État se trouve logé en dehors des limites territoriales du District de Bamako. Pour lui, la construction de ce joyau démontre la volonté des autorités d’accompagner les douanes maliennes dans l’exercice de leurs missions notamment la mobilisation des ressources, la lutte contre la fraude et la criminalité transfrontalière, la protection des populations. Elle les met dans des conditions optimales de travail dans le but d’améliorer leur performance et d’assurer l’atteinte des objectifs fixés, a souligné le ministre Sanou. Le patron de l’Hôtel des finances a remercié le chef de l’État pour les actes posés dans le cadre de l’amélioration de leur condition de travail. Il a engagé ses agents à redoubler d’efforts et à plus de rigueur dans le travail et à prendre soin des locaux. AMK/MD (AMAP)
Mali : Plus de 150 dossiers au rôle de la session d’assises
Bamako, 20 sept (AMAP) Les travaux de la 1ère session ordinaire de la Cour d’assises ont débuté, lundi, à la Cour d’Appel de Bamako, avec au rôle, plus d’une centaine d’affaires de crimes classiques, d’infractions de criminalité transnationale organisée et de crimes financiers Lors de cette session combinant deux en une seule, il s’agit d’examiner 150 affaires de droit commun pour 310 accusés dont 213 détenus, 20 affaires de trafic illicite de migrants, de traite de personnes et les infractions de terroristes pour 32 accusés. S’y ajoutent 26 affaires de détournement de fonds et d’atteintes aux biens publics pour 60 accusés. Les audiences s’étendront à peu près sur deux mois temps auquel les juges rendront des verdicts permettant de fixer sur leur sort les inculpés. «Face aux défis sécuritaires et à la nécessité de la lutte contre la délinquance économique et financière, il devient impérieux que la réaction sociale incarnée par l’action publique soit à la dimension des comportements répréhensibles et que la Cour d’assises, prolongement naturel et central de cette réaction sociale, rende au cours de cette session, la justice en proportion de la gravité des faits à elle soumis», a clarifié le procureur général par intérim de la Cour d’appel Ladji Sara. Le représentant du bâtonnier, Me Mah Mamadou Koné a donné l’assurance que le barreau restera aux côtés du parquet et du département de tutelle dans la lutte que les hautes autorités ont engagé contre les faussaires de tout ordre. L’avocat n’a pas passé sous silence les difficultés du barreau. Dans la même veine, Me Koné a dénoncé l’insuffisance de ressources humaines, tout en expliquant que c’est un phénomène qui touche la plupart des parquets et qui, de son avis, constitue une véritable difficulté à laquelle il urge de trouver une solution pérenne pour le bon fonctionnement de l’appareil judiciaire. L’avocat a réitéré les doléances dont la principale constitue l’aide juridictionnelle qui, selon lui, est un moyen nécessaire pour assister un citoyen lorsque celui-ci a besoin des services d’un avocat. Me Mah Mamadou Koné a remercié l’ensemble de la chaine pénale pour le travail abattu dans le cadre de la tenue de cette session. Quant au président de la Cour, Aldjoumagat Dicko, il a très brièvement rappelé le contexte difficile dans lequel se tient la session. Le magistrat est revenu sur les différentes infractions qui ont conduit les accusés devant les juges. Il a rassuré que la Cour ne faillira point, avant d’inviter les assesseurs au strict respect de leur serment durant les travaux. TC/MT/MD (AMAP)
Me Mountaga Tall : «Il faut rassembler les énergies et compétences pour parachever l’évolution socio-politique du Mali»
Propos recueillis par Bembablin DOUMBIA Bamako, 20 sept (AMAP) Dans cette interview, le président du Congrès national d’initiative démocratique- Faso Yiriwa Ton (CNID-FYT) fait un diagnostic des différents régimes qui se sont succedé depuis l’indépendance. Me Mountaga Tall évoque aussi les réformes politiques et institutionnelles initiées par les autorités de la Transition ainsi que le chronogramme du réferendum et des élections L’Essor : Cette année, notre pays célèbre le 62è anniversaire de son accession à l’indépendance. Quel est votre regard sur le parcours du Mali, 62 ans après ? Me Mountaga Tall : Vous savez, 62 ans pour les êtres humains, c’est l’orée du troisième âge. Mais pour une Nation, 62 ans sont presque insignifiants dans la durée. Pour autant, avec tant d’années, il est important de jeter à la fois un regard rétrospectif et prospectif sur ce que nous avons fait de notre indépendance, tirer les enseignements et nous projeter dans l’avenir. Il faut, en effet, se remémorer que l’indépendance ne nous a pas été servie sur un plateau d’argent. Ce n’était pas un octroi, mais au contraire une conquête difficile, aussi difficile qu’a été l’opposition de nos aïeux à la pénétration coloniale. Et le combat pour l’indépendance ne pouvait aboutir qu’avec la mobilisation des masses populaires. Ce qui signifie, pour leur engagement, que des promesses ont été faites, non seulement pour leur liberté, mais aussi pour leur dignité et pour un mieux-être individuel et collectif, c’est-à-dire le développement. Qu’avons-nous fait de cela en 62 longues années ? Nous avons connu trois Républiques et différents régimes. Personne ne pourrait soutenir valablement que chacun de ces régimes ou que chacune de ces Républiques ait tout réussi ou tout raté. On ne gouverne pas impunément, dit-on. Donc, il y a des insuffisances partout, des reproches à faire à chacun de ces régimes et à ces différentes Républiques. Mais il y a aussi des acquis. Ce qui est regrettable, aujourd’hui, nous n’avons pas eu le courage, au Mali, de faire le bilan. Et pour ceux qui ont gouverné de faire leur autocritique. Or, en prenant chacun de ces régimes, on peut trouver une part d’actions qui nous ont conduit vers la tenue des promesses faites mais, aussi, une part sombre. Allons-nous avoir l’intelligence et le courage d’aller, non pas vers ce qui s’est vu ailleurs, c’est-à-dire des Commissions vérité, justice et réconciliation, mais que pour le Mali et son bien, nous allions vers une Commission vérité et réconciliation en se disant qu’on n’a pas besoin, aujourd’hui, d’aller vers des règlements de compte judiciaires ? Si nous réussissons à faire cela, nous pourrions réconcilier ceux qui, sous la première République, ont bénéficié des retombées du développement économique et social de notre pays et ceux qui ont connu une répression dure. Ceux qui, sous la deuxième République, ont bénéficié de la protection de l’Etat à travers un certain nombre de dispositifs et ceux qui ont souffert le martyre sous le parti unique et constitutionnel. Sous la troisième République, il y a des acquis fondamentaux dans différents domaines qui sont réels mais aussi la chasse aux opposants. Et nous avons connu des ruptures brutales et sanglantes plus d’une fois. Il faudrait que nous ayons le courage d’en parler. Quoi qu’il en soit, 62 ans après, nous pouvons, aujourd’hui, nous enorgueillir d’un certain nombre d’acquis qui se sont consolidés ces dernières années. Au-delà de l’indépendance juridique et formelle, aujourd’hui, chaque Malien au plus profond de lui-même, parle de la souveraineté du Mali, de l’indépendance du Mali, de respect dû au Mali et à ses autorités, du respect de la dignité du Malien. Sur ce socle, consolidé après six décennies, nous pouvons avoir droit à tous les rêves pour aller vers ce mieux-être individuel et collectif que nous continuons à rechercher. L’Essor : Quelle est votre appréciation de l’évolution de la situation sociopolitique du Mali ? Me M.T : Il y a deux ans, une vague de fond s’est soulevée dans notre pays pour contester la gouvernance. Ce mouvement a été porté par le Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP) qui s’inquiétait des dérives et qui avait dit très clairement que si des solutions n’étaient pas apportées, le Mali risquait de disparaitre en tant que Nation, République laïque et démocratique. Cet appel a été entendu. Nous avons été témoins des manifestations monstres non seulement à Bamako, à l’intérieur du pays mais aussi au niveau de la Diaspora, pour demander essentiellement un nouveau Mali, le Mali Kura, qui devrait en vérité traduire en actes concrets tous les engagements, toutes les promesses formulées depuis soixante années : consolider les acquis, corriger et rectifier les insuffisances. Depuis, une refondation du Mali est en cours. Un chronogramme sur la refondation est élaboré qui ne pourrait s’achever pendant la Transition en cours, mais dont les fondements devraient être posés avant la fin de la Transition. Ce qui suppose que sur le plan institutionnel et politique, il faudrait aller vers des normes nouvelles qui devraient, avant tout, être fixées dans une nouvelle Constitution. Les Maliens se rappelleront que trois tentatives de réviser notre Constitution ont échoué. Il y a aujourd’hui une opportunité extraordinaire, enfin, à tenir compte de l’œuvre du temps. Parce que notre Constitution, aujourd’hui, a 32 ans. Donc, il faut l’adapter au contexte actuel. Mais, une Constitution ne se mange pas, ne se boit pas. Il faut qu’au-delà, la refondation porte sur les avancées en matière économique, social et de sécurité qui sont, aujourd’hui, notre talon d’Achille. Pour cela, il faudrait que chacun des Maliens se sente comptable du devenir de notre Nation. Nul ne doit s’auto-exclure et nul ne doit être exclu. Il s’agit, aujourd’hui, dans une démarche intelligente, de rassembler tous ceux qui ont l’amour et le souci du Mali sur des bases très claires : le patriotisme, l’intégrité et la compétence. Et ces différentes qualités se retrouvent chez les jeunes et les anciens, chez les femmes et les hommes, dans la société civile et dans la classe politique, chez les militaires comme chez les civils. Rassembler ces énergies et compétences vont nous
Matches amicaux Mali-Zambie : 25 joueurs retenus, sans Ibrahima Koné
Bamako, 19 sept (AMAP) Le sélectionneur des Aigles, Éric Sekou Chelle a dévoilé, lundi, la liste des joueurs retenus pour les deux matches amicaux devant opposer le Mali à la Zambie, le 23 et 26 septembre prochain, au stade du 26 Mars, à Bamako. Pour cette double confrontation, Éric Chelle a fait appel à 25 joueurs dont plusieurs joueurs cadres de la sélection nationale présents, sans surprise. Il s’agit de Hamari Traoré de Rennes, Aboubacar Kiki Kouyaté de Metz, en France ou encore Diadié Samassékou, prêté par Hoffenheim (Allemagne) à l’Olympiakos Le Pirée en Grèce. On note la première sélection du défenseur de Toulouse, en Ligue 1 française, Moussa Diarra (21 ans). Le retour du défenseur Mamadou Traoré de Vojvodiba FC, en Serbie est également remarqué ainsi que celle de Cheick Doucouré de Crystal Palace. Les absences remarquées sont certainement celles du buteur Ibrahima Koné de Lorient, en France, du milieu Abdoulaye Doucouré d’Everton, en Angleterre, revenu de blessure. Le défenseur Almamy Touré de Frankfurt, en Allemagne, aussi blessé n’est pas retenu pour ces matches amicaux. MT/MD (AMAP) Liste complète des Aigles du Mali pour la double confrontation contre la Zambie Gardiens : Ibrahima Bosso Mounkoro (TP Mazembe) Ismaël Diawara (Malmö) Djigui Diarra (Young Africans SC) Défenseurs: Hamari Traoré (Rennes) Mamadou Traoré (Vojvodiba FC) Aboubacar Kiki Kouyaté (Metz) Mamadou Fofana « Nojo » (Amiens) Daouda Guindo (Saint Gall) Moussa Diarra (Toulouse) Amadou Danté (Sturm Graz) Falaye Sacko (Montpellier) Milieux : Amadou Haïdara (RB Leipzig) Yves Bissouma (Tottenham) Aliou Dieng (Al Ahly SC) Diadié Samassékou (Olympiakos) Mohamed Camara (Monaco) Lassana Coulibaly (Salernitana) Kamory Doumbia (Reims) Cheick Oumar Doucouré (Crystal Palace) Attaquants : Adama Traoré « Malouda » (Ferancvaros) Moussa Djénépo (Southampton) Moussa Doumbia (Sochaux) El Bilal Touré (Almeria) Sékou Koïta (RB Salzbourg) Nene Dorgeles (Westerlo)
Premier agrégé en Sciences économiques et de gestion : Pr Issoufou Soumaila Mouleye porte sa toge
Bamako, 19 sept (AMAP) Le premier agrégé en sciences économiques au Mali, le Pr Issoufou Soumaïla Mouleye, enseignant-chercheur à la Faculté des sciences économiques et de gestion (FSEG), a porté sa toge universitaire, lors d’une cérémonie, le week-end dernier. Le Pr Mouleye avait été magnifié le 19 novembre 2021 lors d’une autre cérémonie à la même FSEG de l’Université des sciences sociales et de gestion de Bamako (USSGB), «Nous devons continuer à éclairer les décideurs avec des analyses pertinentes, des critiques constructives et des propositions concrètes», a déclaré le nouvel agrégé, qui a reçu un ciwara des mains du doyen de la FSEG, le Pr Soboua Théra, qui a présidé la cérémonie. Pour le Pr Issoufou Soumaïla Mouleye, l’Université doit être une force d’action et de réaction face aux défis auxquels notre pays est confronté. Et de rappeler que le temps de l’université muette est révolu. Selon lui, « le chercheur doit avoir la capacité de questionner le passé, d’observer le présent et prédire le futur. » L’enseignant-chercheur a invité ses collègues à créer et entretenir des partenariats intelligents et innovants entre universités pour gagner. Le Pr Mouleye a dédié sa consécration à la jeunesse universitaire et malienne. Après avoir partagé ses expériences du Conseil africain et malgache de l’enseignement supérieur (CAMES) avec ses collègues enseignants maliens de la FSEG, l’invité principal, le Pr Akoélé Ega Agbodji de l’Université de Lomé, au Togo, a prodigué beaucoup de conseils au tout nouveau maitre de conférence agrégé. Il a invité la nouvelle tête couronnée en Sciences économiques et de gestion à l’humilité, mais surtout a incité ses collègues à faire le concours d’agrégation. L’un des collaborateurs du lauréat, également enseignant-chercheur, Dr Amadou Bamba, s’est réjoui de cette consécration. Lui, aussi, a exhorté ses collègues à prendre exemple sur le lauréat du CAMES. «Vous êtes la relève. Nous comptons sur vous pour tirer le Mali nouveau (Mali Kura) et les jeunes vers le haut» a laissé entendre Pr Farikou Camara, enseignant à la FSEG. Pour rappel, le Pr Issoufou Soumaïla Mouleye avait été promu maitre de conférences, agrégé en sciences économiques lors du 20è concours d’agrégation du CAMES tenu du 4 au 14 novembre 2021 à Cotonou, au Bénin). C’était lors d’une cérémonie présidée par le doyen de la FSEG, Pr Soboua Théra, à la FSEG. On notait la présence de l’invité principal de la FSEG, Pr Akoélé Ega Agbodji de l’Université de Lomé (Togo). SYW/MD (AMAP)

