Communiqué du Conseil des ministres du mercredi 13 septembre 2023

Le Conseil des ministres s’est réuni en session ordinaire, le mercredi 13 septembre 2023, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba, sous la présidence du colonel Assimi GOITA, président de la Transition, chef de l’Etat. A l’entame de la session, le Président de la Transition, Chef de l’Etat, Son Excellence le colonel Assimi GOITA a marqué sa profonde affliction face aux pertes en vies humaines et aux blessés civils et militaires occasionnés par la série macabre d’attaques terroristes perpétrées contre les Populations civiles et les éléments des Forces de défense et de sécurité maliennes, à travers l’attentat sauvage et barbare contre le bateau « Tombouctou », les assauts sur les camps des villes de Bamba, Gao et Bourem, respectivement le 7, 8 et 12 septembre 2023. Suite à ces évènements tragiques qui ont endeuillés notre Nation, le Conseil des ministres condamne avec la plus grande fermeté ces agressions lâches et odieuses contre le peuple malien et réitère la volonté inébranlable des Autorités de la Transition à mettre tout en œuvre pour la défense nationale, la préservation de la sécurité et de l’intégrité des populations et de leurs biens. Le président de la Transition, chef de l’Etat, au nom des Autorités de la Transition et à son nom propre, salue la mémoire des martyrs de cette barbarie, présente ses condoléances les plus attristées aux familles endeuillées et souhaite prompt rétablissement aux blessés. Le Président de la Transition, Chef de l’Etat, a décidé de surseoir aux activités festives du 22 septembre 2023, marquant la commémoration de l’indépendance de notre pays, qui sera célébrée dans la sobriété et dans l’esprit du sursaut national. A cet égard, il a instruit le Gouvernement d’orienter les ressources financières prévues pour lesdites activités à l’assistance aux victimes des actes terroristes et au soutien des populations endeuillées. Après examen des points inscrits à l’ordre du jour, le Conseil a : adopté des projets de texte ; et entendu des communications. AU CHAPITRE DES MESURES LÉGISLATIVES ET RÈGLEMENTAIRES Sur le rapport du ministre de la Défense et des anciens Combattants, le Conseil des ministres a adopté un projet de décret fixant le Statut particulier de la Reserve des Forces armées et de sécurité. Le projet de décret est initié conformément à l’article 24 de la Constitution qui dispose que «la défense de la Patrie est un devoir pour tout citoyen. Tous les citoyens âgés de 18 ans au moins peuvent être mobilisés aux côtés des Forces Armées et de Sécurité pour la défense de la Patrie». Il est élaboré en application des dispositions de l’Ordonnance n°2023-015/PT-RM du 21 mars 2023 portant Statut Général des Militaires, ainsi que de celles de la Loi n°2016-038 du 07 juillet 2016 portant institution du Service national des Jeunes. La réserve est constituée de personnes appelées réservistes n’appartenant pas à l’armée d’active mais formées pour renforcer ou apporter un concours aux Forces Armées Maliennes dans le cadre de la Défense nationale. Le projet distingue deux (02) types de réserves que sont la réserve stratégique et la réserve opérationnelle. La réserve stratégique est constituée des personnels du contingent du Service national des Jeunes ayant accompli le service militaire, des militaires dont la démission a été régulièrement acceptée, des militaires admis à faire valoir leur droit à la retraite et durant le temps où ils sont soumis à une obligation de disponibilité qui est de cinq (05) ans, des volontaires ayant souscrit un engagement et de toute autre personne ayant accompli le service militaire. Lorsque la réserve stratégique est mise à la disposition du Chef d’Etat-major des Armées, elle est dite opérationnelle. Les réservistes mobilisés sont soumis au Statut général des Militaires et à toutes autres dispositions législatives et règlementaires en vigueur régissant les militaires. L’adoption du présent décret permettra : de déterminer l’état des réservistes et les conditions de leur mobilisation ; d’assurer les garanties d’un renfort capital en cas de crise, de catastrophe naturelle ou de guerre ; d’apporter un haut niveau de compétences supplémentaires aux Forces Armées et de Sécurité ; d’encourager les jeunes à contribuer à la Défense de la Nation. Sur le rapport du ministre de la Refondation de l’Etat, chargé des Relations avec les Institutions, le Conseil des ministres a adopté un projet de décret portant approbation de la Stratégie nationale de lutte contre la Corruption et son Plan d’actions 2023-2027. Le Conseil des ministres, en sa session du 23 août 2023, a pris acte d’une communication écrite relative à la Stratégie nationale de la lutte contre la corruption et son Plan d’actions 2023-2027. Cette Stratégie vise à doter le Mali de mécanismes opérationnels et efficaces de lutte contre la corruption et de promotion de la bonne gouvernance dans le respect des Droits de l’Homme et des règles d’éthique et de transparence. Elle stratégie est bâtie autour de quatre (04) axes stratégiques qui sont : gouvernance et reformes ; prévention des faits de corruption ; répression et la réparation ; Le projet de décret adopté consacre l’approbation formelle de ladite Stratégie et ouvre la voie à la mise en œuvre des actions préconisées. AU CHAPITRE DES COMMUNICATIONS Le ministre de la Santé et du Développement social a informé le Conseil des ministres de l’évolution de la maladie à Coronavirus marquée par une augmentation du nombre de cas testés positifs par rapport à la semaine précédente. Le Président de la Transition, Chef de l’Etat a appelé la population au respect strict des mesures de prévention et de lutte contre la maladie.

Un cas de Dengue confirmé dans la Commune V du District de Bamako

Bamako, 13 sept (AMAP) Un cas de fièvre hémorragique de Dengue a été confirmé, samedi 09 septembre 2023, dans la Commune V du District de Bamako, la capitale malienne, a annoncé mardi le directeur général de la Santé et de l’Hygiène publique, Dr Cheick Amadou Tidiane Traoré. Il s’agit d’une femme âgée de 44 ans, domiciliée à Baco-djicoroni Golf et dont le résultat de l’examen s’est révélé positif au virus de la Dengue par la méthode RT-PCR, a précisé Dr Traoré. « Par ailleurs, elle n’a effectué aucun séjour dans un pays où l’épidémie de Dengue sévit actuellement, notamment au Burkina Faso », signale le directeur général en charge de la Santé. Dr Cheick Amadou Tidiane Traoré fait remarquer que la recherche active des cas supplémentaires dans les formations sanitaires et aux alentours immédiats a permis de retrouver un cas confirmé au TDR de Dengue dans une Polyclinique de la place et douze personnes contactes, tous prélevés. « Les prélèvements ont été envoyés à l’INSP pour confirmation », indique-t-il Face à cette situation, Dr Cheick Amadou Tidiane Traoré indique avoir « instruit de mettre en œuvre les mesures préventives notamment la notification immédiate au niveau supérieur de toutes informations relatives aux éventuels cas. » Il a aussi, conseillé la sensibilisation de la population et la promotion des gestes essentiels « qui permettront d’enlever, de détruire ou de contrôler les habitats des larves du moustique vecteur. » Le directeur général a recommandé, également, la prise en charge des éventuels cas et l’application stricte des techniques de soins en isolement. SS/MD (AMAP)  

Rharous : Les rescapés de l’attaque terroriste du « Tombouctou » à bout de souffle

Gourma Rharous, 13 sept (AMAP) Dès les premières heures qui ont suivi l’attaque terroriste contre le bateau « Tombouctou », 407 rescapés parmi lesquels on dénombre 60 blessés ont été évacués à bord de pinasses mises à disposition par les autorités communales de Banikane, aire dans laquelle, le drame a eu lieu. Dès leur arrivée à Rharous, leur accueil a été aussitôt organisé par toutes les autorités locales confondues. Ils ont été hébergés dans les salles de classes de l’école fondamentale Rharous I I et les blessés et malades dirigés vers le centre de santé de référence pour leur prise en charge. Toute la population de la ville a spontanément contribué à leur accueil à travers divers gestes : dons d’habits, de literie, soutien moral etc. Dans des circonstances inattendues de ce genre, les premiers moments n’ont pas été de tout repos pour les autorités locales. Un comité de crise présidé par le préfet de cercle représenté par le conseiller spécial du gouverneur de Région a été diligemment mis en place et comprend : le président de l’autorité intérimaire, le Maire de la commune de Rharous, le chef de village le médecin-chef du centre de santé de référence, le chef du service du développement social et de l’économie solidaire, le président local des OASC, la CAFO locale, le conseil local des jeunes, les partenaires au développement, la presse et diverses autres personnes ressources. Dès la première nuit, leur restauration a été gratuitement pris en charge par le chef de village. Ce geste a été relayé par la Croix rouge Malienne qui a offert trois repas par repas par rescapé, pendant trois jours. Il faut noter que le gouverneur de Région, le CD Bakoum Kanté, a réagi avec promptitude en apportant un appui financier. Le préfet de cercle et tous les responsables précités ont également contribué conséquemment à travers contributions financières et matérielles. Le CSREF a fait don de moustiquaires, kits d’hygiène et assuré la prise en charge gratuite des soins et médicaments à tous les rescapés. Les ressortissants de Rharous à Bamako et d’autres associations ont aussi apporté leur aide. Malgré cet élan de solidarité générale, les rescapés sont encore sous le choc. Ils sont extrêmement tendus et manifestent une envie pressante de rentrer chez eux. À ce niveau, les autorités rassurent que tous les moyens sont en train d’être mis en œuvre pour leur acheminement. Toutes ces dispositions sont vues comme lentes par les représentants des rescapés qui font de leur évacuation par les airs, leur principale exigence et rejettent catégoriquement toute option de départ par les voies fluviale et routière. Ils sont moralement à bout. Divers cas de traumatismes et autres chocs psychologiques peuvent être constatés. En témoigne, ce jeune homme dans la vingtaine, assis sur une brique de parpaing du matin au soir, loin du lot, plongé dans un mutisme total, le regard fixé dans le vide, inconscient de tout ce qui passe autour de lui. Beaucoup parmi eux, souffrent de traumatismes à des degrés différents. Leur leitmotiv : partir, partir…rentrer à la maison. MG/MD (AMAP)  

Goundam (Nord) : Les bandits armés tentent d’entraver le commerce

Goundam, 13 sept (AMAP) Depuis un certain temps, les activités commerciales sont affectées dans le Cercle de Goundam, dans le Bord du Mali. Les paisibles populations sédentaires sont contraintes de limiter leurs déplacements entre les marchés ou foires des villes et villages. Ce qui entrave l’approvisionnement en produits alimentaires, carburant et autres denrées de première nécessité. À Echel, un village situé à 45 km, à l’ouest de Goundam, se tient l’une des foires les plus importantes du Cercle. Dans ce marché, des hommes armés ont menacé de brûler les marchandises des forains s’ils n’arrêtaient pas leurs déplacements. Les transporteurs, aussi, ont été soumis à la même restriction. Les ennemis de la paix ont mis leur menace à exécution. Ils ont saisi et brûlé les marchandises de commerçants qui n’avaient pas obtempéré à leurs injonctions. Ces actes criminels en ont rajouté à la psychose chez les populations, exposées aux exactions des hors-la-loi. Les Forces armées maliennes (FAMa) tentent de faire face à la situation dans le cadre de la protection des populations. Les militaires escortent, souvent, les personnes et leurs biens sur l’axe Tonka-Goundam-Tombouctou. Malheureusement, certains transporteurs enfreignent les consignes et exposent les passagers En plus de l’insécurité, le trafic routier vers la Mauritanie voisine est très difficile compte tenu de l’état défectueux des routes à cause de l’hivernage. Les quelques véhicules de transport sur l’axe Goundam-Tombouctou font voyager les passagers sans le moindre bagage et ceux-ci sont aussi soumis à des interrogatoires sur leut identité réelle. En cette période de crue du fleuve Niger, le Cercle de Goundam est ravitaillé essentiellement par voie fluviale, à partir de Diré et Tonka. C’est pourquoi, la ville de Goundam ne connait aucune pénurie de denrées de première nécessité. Il y a les coupures intempestives d’électricité mais le réseau de communication s’améliore petit à petit à la suite des travaux entrepris ces derniers temps par une compagnie de téléphonie mobile présente ici. Les choses risquent de se compliquer au-delà de septembre s’il n’y a pas d’actions d’envergure de sécurisation. Il y a le risque de rupture de stocks de médicaments. Si le commerce entre les localités continue d’être entravé par les bandits armés, le risque de pénurie de denrées de première nécessité n’est pas à écarter. AMAP

Clémentine Delait : Sa barbe a fait sa renommée

Par Mohamed D. DIAWARA Bamako, 13 sept (AMAP) Ce n’est pas un phénomène nouveau que la barbe s’invite sur le menton de femmes. Cette particularité a rendu célèbres des dames comme Clémentine Delait, en France, qui a vécu de 1865 à 1939. Originaire de Thaon-les-Vosges, une Commune française, connue pour sa touffe de barbe très dense, elle a tenu pendant plusieurs années un magasin de lingerie à Plombières-les-Bains, une autre commune. Le site Wikipédia explique que l’enfance de Clémentine Delait est marquée par les travaux des champs. À partir de la puberté, sa pilosité commence à se développer plus que la normale en ce qui concerne une jeune fille, notamment au niveau de la lèvre supérieure. Selon les informations, l’initiative de laisser pousser sa barbe est née d’un pari. Lors d’une foire à Nancy, une femme à barbe a dit à Clémentine Delait en compagnie de son époux qu’elle pourrait être sa concurrente. Quand elle a raconté cette anecdote dans un bistrot (café) appartenant au couple, ses clients lui ont fait savoir qu’elle ferait une femme à barbe très convenable et ils ont parié 500 Francs français (équivalent de 6.000 dollars, environ 3,6 millions de Fcfa) pourvu qu’elle cesse de se raser. Ce pari a changé la vie de Clémentine Delait. Son café devient «le café de la femme à barbe» et attire de nombreux curieux. «On fera même des cartes postales sur lesquelles Clémentine signera des autographes. Elle obtient aussi la permission de s’habiller en homme. Et c’est d’ailleurs en homme qu’elle arpente les tranchées au nom de la Croix Rouge en 1914», explique France bleu, un site français. Quelques années plus tard, indique la même source, dans son café transformé en cabaret, elle rencontrera le Prince de Galles, le Shah de Perse et tant d’autres célébrités, tout en refusant des sommes considérables, notamment celles proposées par le cirque Barnum pour l’avoir dans sa troupe. Clémentine Delait voulait rester chez elle. Elle est morte à Épinal à 74 ans. Elle a fait écrire sur sa tombe l’épitaphe suivant «Ci-gît la femme à barbe». «Elle a décidé d’assumer sa pilosité et la curiosité qu’elle suscitait. C’était une femme forte qui assumait sa différence», remarque Nadine Laheurte, responsable d’une association «La Source des Art’isans». Mais elle n’en oublie pas sa féminité : toujours parfaitement coiffée et portant de belles robes corsetées. L’histoire de Clémentine Delait si étonnante et «inspirante» vient d’ailleurs de faire l’objet d’une réalisation cinématographique. Ce film inspiré de sa vie est intitulé «Rosalie». Il est l’œuvre de la réalisatrice française, Stéphanie Di Giusto ,et sera présenté lors du prochain festival de Cannes. MDD/MD (AMAP)

Dur, dur d’être une femme barbue 

Par Djènèba BAGAYOKO Bamako, 13 sept (AMAP) Un homme avec la barbe n’étonne point personne, mais une femme barbue ne laisse personne indifférent. En réalité, une femme avec la barbe est le fruit d’un phénomène hormonal appelé «l’hirsutisme». Si certaines dames assument leur pilosité faciale, d’autres en souffrent et implorent la compréhension des personnes qui les stigmatisent et les méprisent, en les abreuvant de propos moqueurs et rageurs. Les médecins expliquent le phénomène comme la résultante d’une production élevée de testostérone chez la femme. Cette production excessive peut être d’origine génétique ou due à la prise excessive d’hormones ou de certains médicaments. Selon le médecin Adama Diarra, du Centre de santé de référence de la Commune III du District de Bamako (CSREF), l’hirsutisme autrement dit hyperpilosité provoque la poussée et la présence de poils sur le menton des femmes, « un phénomène relativement courant qui touche entre 5 et 15% des femmes au Mali. » « L’hirsutisme se caractérise par des poils épais et drus chez la femme sur des zones où les poils sont normalement minimes ou inexistants. À savoir, le visage, le cou, la poitrine, le dos, les épaules et le ventre», explique le spécialiste. Il précise, par ailleurs, que l’hirsutisme apparaît le plus souvent lors de la puberté mais peut, également, survenir plus tard dans la vie d’une femme. Ce développement des poils peut être plus ou moins visible. Les cas d’hirsutisme sévère sont rares. «En règle générale, l’hirsutisme est provoqué par une production excessive d’hormones masculines (les hormones dites androgènes, telle que la testostérone», précise le Dr Diarra. Et de poursuivre que cela peut arriver durant la ménopause. Certaines femmes constatent l’apparition de poils sur leur corps (notamment sur le menton et au niveau de la moustache) durant cette période. Le toubib estime, également, que l’utilisation d’un contraceptif hormonal peut également avoir cet effet indésirable. Par ailleurs, poursuit le spécialiste, l’obésité augmente le risque d’hirsutisme, « car elle renforce la résistance à l’insuline, ce qui entraîne un excès de production d’hormones androgènes chez les femmes obèses. » Le médecin Adama Diarra précise que lorsque l’hirsutisme atteint un stade avancé, ce phénomène appelé aussi «hyperandrogénie», peut provoquer d’autres signes de masculinisation du corps féminin. Dans ce cas de figure apparaissent des troubles cutanés (acné et production excessive de sébum), des troubles des règles et de l’ovulation, la calvitie, le développement de la musculature et d’une voix grave, l’atrophie du clitoris… On parle alors de virilisme. En cas d’hirsutisme, un bilan hormonal est généralement recommandé. L’hirsutisme est souvent héréditaire et les antécédents familiaux sont l’une des premières pistes vers lesquelles se tourne le diagnostic médical. « Plus généralement, nous conseillons à ces femmes de venir aux centres de santé en vue de faire des examens et essayer de voir si nous pouvons trouver une solution à leur problème », conclut le médecin. SITUATION INCONFORTABLE – Voir une femme porter une barbe est une chose surprenante, inhabituelle, qui pousse la société à avoir un regard différent de celui qu’on a sur les femmes sans barbe. Généralement, ces femmes à barbe sont souvent victimes de moqueries, de stigmatisation et de préjugés. Leur visage qui s’apparente à celui d’un homme fait que beaucoup de personnes leur attribuent une mentalité d’hommes. «Les femmes à barbe sont de nature dures de caractère, teigneuses et, parfois violentes, comme les hommes», caricature Adjo Dembélé, une ménagère. Elle renchérit e: «Ces femmes sont souvent traitées de méchantes. C’est pourquoi, dans nos villages, les femmes à barbe sont traitées, pour la plupart, comme des sorcières car il est inadmissible qu’une femme porte la barbe comme un homme.» Richard Kamaté, pompiste dans une station d’essence au Quartier du Fleuve dit être moins attiré par les femmes à barbe. «Le premier aspect qui attire les hommes, plus précisément moi, c’est la beauté qui inclut la douceur au toucher de la peau du visage au pied qui doit être lisse débarrassé de tout obstacle. Je ne peux pas partager mon lit avec une femme barbue. Deux barbes dans un même lit, ce n’est pas possible», confie-t-il. Assanatou Camara, secrétaire de direction, est du même avis. Elle déclare avoir du dégoût : «Ces femmes sont différentes de nous autres. Je me demande comment elles font pour vivre avec leur homme. J’ai de la pitié pour elles. » « J’ai l’habitude de voir certaines au salon de coiffure pour les épilations et elles déboursent beaucoup d’argent pour se soigner et être coquettes. Mais quelques semaines après, tu les reverras avec leurs barbes encore. Je leur conseille de consulter un médecin le plus tôt afin de détruire la racine de leurs poils», conseille la jeune dame. L’ampleur de ces préjugés est telle que les femmes à barbe se sentent dans une situation d’inconfort. De fait, il est souvent impossible pour une femme barbu de passer inaperçue dans la rue. Des regards sont posés sur elles de différentes manières leur causant frustrations, humiliations, vexations… «Nous souffrons dans notre être», témoigne Arama Sanogo, une femme à barbe. «C’est depuis mes vingt ans que ma barbe a commencé à pousser. J’ai vécu l’enfer car j’ai été un sujet de moquerie de mes amis d’écoles et proches. J’étais surnommée la fille barbue. Et ce sobriquet m’est resté collé jusqu’aujourd’hui», raconte-t-elle. Avec le temps et la maturité d’esprit aidant, Arama Sanogo a pu surmonter ce regard d’enfer et se sent bien dans sa peau aujourd’hui. BRISER LE TABOU – Comme Arama Sanogo, Aïcha Kanté, a fait le buzz sur les réseaux sociaux en mars dernier, en affichant ouvertement sa barbe. Elle est l’une des rares femmes au Mali qui a accepté de garder sa barbe pour faire face aux préjugés. Malgré ses efforts visant à surmonter les quolibets et les railleries, elle demeure la cible de plaisanteries de mauvais goût. Cependant, elle n’en démord pas. Loin s’en faut. La demoiselle Kanté (29 ans) est une jeune femme normale qui essaie de vivre sa vie en faisant abstraction du regard des autres sur elle. Cette jeune commerçante est hirsute. «À l’adolescence, j’ai constaté que ma barbe poussait

Tracasseries sur le trajet Bamako-Abidjan : Selon que vous soyez ivoirien ou malien…

Par Fatoumata M. SIDIBÉ Bamako, 13 sept (AMAP) Un jeudi matin du mois d’août à la gare routière de Sogoniko, à Bamako, la capitale malienne. À 7 heures, le sit n’est pas encore envahi. Par ses seules dimensions, son volume et son emprise spatiale, cette gare routière est un «objet urbain» important qui marque le paysage et les pratiques quotidiennes de tout un secteur. Le charivari s’y installe au fur et à mesure que les passagers, harcelés par les rabatteurs des compagnies de transport, arrivent dans la cour. Après l’achat des tickets au comptoir de l’une des compagnies, on embarque pour un voyage qui prendra toute la journée. La distance entre Bamako et Abidjan fait plus de 1 100 km. Pour l’affronter, des passagers se sont ravitaillés en diverses denrées dont la plupart sont fait-maison. Cette précaution les met à l’abri de risques d’intoxication liés à la consommation d’aliments généralement jugés malsains. Le bus arrive à Kacoli dernier village malien avant de rentrer en territoire ivoirien, à 14 heures. Passer le poste de contrôle qui s’y trouve est, selon les habitués de ce trajet, une «épreuve». À notre arrivée, de nombreux bus attendaient impatiemment leurs passagers qui passaient le contrôle. Déjà, une peur bleue commence à s’installer. «C’est la partie du voyage qui me fait peur», lâche, angoissée, une dame qui voyage avec sa fille d’environ un an. La bonne dame n’a pas eu le temps de rechercher le document prouvant que le père de l’enfant l’autorise à voyager. Pour d’autres passagers, c’est la validité des pièces d’identité qui est en cause. À la sortie du bus, deux agents en tenue militaire vérifient les pièces. Notre bonne dame et plusieurs autres passagers sont dirigés vers un banc, non loin des installations militaires. Ils sont ensuite appelés, un à un, dans une petite maison faisant office de bureau pour les agents en poste. Il y a une règle non écrite sur le tronçon Abidjan-Bamako, c’est le paiement de 2 000 Fcfa. Même munis de pièces d’identité en cours de validité, les passagers sont très souvent contraints de mettre la main à la poche pour passer les différents postes de contrôle Là, il n’est pas autorisé de passer des appels ni de s’arrêter pour regarder ce que l’autre peut subir. Impossible d’en sortir sans y laisser quelques billets. C’est une règle non écrite. Ceux qui ont une carte d’identité ivoirienne ou qui n’ont aucune pièce d’identité payent 2 000 Fcfa. Idem pour chaque enfant qui voyage sans acte de naissance et certificat de voyage d’autorisation du père. Seuls les Maliens ayant une pièce d’identité valide passent le poste sans rien débourser. Ils profitent d’ailleurs de ce temps pour prier et observer une pause pour se soulager. Mais ces Maliens savent qu’ils vont obligatoire mettre la main à la poche dès qu’ils auront franchi la frontière. Juste après Kacoli, certains descendent du bus pour emprunter des motos qui les aident à contourner le poste de contrôle ivoirien. Là, les Maliens subissent une sorte de vendetta. Seuls les passagers disposant de pièces d’identification ivoirienne et de carte de vaccination ne passent pas à la caisse. Tous ceux qui ont une carte d’identité malienne, valide ou pas, payent la somme de 2 000 Fcfa. En plus, le passager doit débourser 8 000 Fcfa quand il n’a pas de carte de vaccination. Les enfants n’ayant pas leurs actes de naissance et certificats d’autorisation de voyage du père, connaissent le même sort. ECHAPPER AUX CONTROLES – Très souvent, les gens qui empruntent les motos taxi échappent aux contrôles médical et physique. Raison pour laquelle, ce moyen est très utilisé. «Il y a des motos. Qui n’a pas de vaccination ? Ce n’est que 2 000 Fcfa pour te faire échapper aux contrôles de vaccination et éviter de payer 8 000 Fcfa», nous lance un conducteur de moto. Au cours de nos échanges, il nous confiera ceci : «C’est notre gagne pain ici à la frontière. Par jour, je peux économiser plus de 10 000 Fcfa. Mais il y a des risques.» La mission du taximan est de conduire le client un peu loin du poste de contrôle de Nigouni, premier village ivoirien. Ce poste est à environ 8 km de Tengrela, la première ville ivoirienne après le Mali. Cependant, certains passagers préfèrent rester dans le bus et se faire vacciner. «C’est fait pour notre bien, je le ferai même si cela me coûte. C’est mieux que de fuir à chaque fois», murmure une jeune fille qui quitte le pays pour la première fois. Tout au long du trajet, l’on tombera sur d’autres postes. Parfois, quelques agents vous barrent la route pour racketter. A chaque fois, l’angoisse s’installe aussitôt chez les voyageurs de nationalité malienne. Il faut obligatoirement payer 2 000 Fcfa. Souvent, certains bagages sont descendus par les douaniers en raison de leurs contenus et leurs propriétaires doivent impérativement payer. Les Ivoiriens, eux, ne sont jamais inquiétés. Nous arrivons bientôt au poste de contrôle des bagages. Les commerçants savent ce que cela signifie. «Nous allons cotiser chacun 2 000 Fcfa pour ceux qui ont des bagages en soute et 1 000 Fcfa pour ceux qui n’ont qu’une valise», explique une dame. Un chuchotement se fait vite entendre : «Je n’ai qu’une valise contenant mes habits. Ce sont les gens qui ont des marchandises qui doivent payer», dit un passager. «Après tout, c’est le boulot de la douane de contrôler les véhicules. Vous nous prenez ici pour des voleurs. Si on ne paie pas, ils nous demanderons de faire descendre tous les bagages. Nous allons descendre les valises de ceux qui ne paieront pas et nous continuerons la route sans eux», lance un apprenti-chauffeur, fâché. Là, aussi, quasiment tous les voyageurs avec bagages sont abusés. Après Tengrela, en profondeur des terres ivoiriennes, une longue route s’étale devant les voyageurs. Une route carrossable, agréable de par son beau paysage. La Côte d’Ivoire dispose d’une mer généreuse, de forêts abondantes et, aussi, d’un sous-sol qui regorge de minerais précieux. Des

Mouvement An-Biko : Des dons pour Diaweli Counda et Mountoungoula

La présidente du mouvement An-Biko, Mme Fatoumata Batouly Niane, continue d’apporter ses soutiens et contribution au développement du pays à travers plusieurs actions. Elle a offert il y a quelques semaines, un forage équipé en système hydraulique villageois au quartier de Diaweli Counda, dans la Région de Nioro. Auparavant, le lundi 21 Août dernier, le responsable de la communication de son organisation, Daouda Camara avait procédé à la remise à l’orphelinat de Mountoungoula, une localité périphérique de Bamako, d’importantes quantités de vivres et de non vivres.  Ce don était composé, entre autres, de vivres notamment de riz, de mil, de sucre, de l’huile, de savon et d’autres produits sanitaires. Ces gestes de l’humaniste ont été salués à sa juste valeur par les bénéficiaires. Ils ont remercié et formulé des bénédictions et prières à l’endroit de la présidente du mouvement An-Biko, Mme Fatoumata Batouly Niane pour les efforts consentis pour le bien- être des populations. Siné S. TTRAORÉ

A Bourem (Nord), l’Armée malienne neutralise une cinquantaine de terroristes   (Etat-major)

Bamako, 13 sept (AMAP) Les Forces armées maliennes « ont vigoureusement riposté à une attaque terroriste complexe (véhicules piégés), mardi, dans la localité de Bourem dans la région Gao (Nord), a annoncé l’état-major général des armées dans un communiqué. « Le bilan cumulé provisoire des opérations de ce jour fait état de 46 terroristes tués, identifiés dont 03 responsables à Bourem et alentours, plus de 20 pick-up détruits y compris ceux équipés d’armes », precise le communiqué. Au cours de ces combats violents, qui ont débuté aux environs de 09h20 mn, les FAMa ont enregistré 10 morts et 13 blessés, tous évacués sur Gao, précise le communiqué de l’état-major. L’état-major général des Armées ajoute que les FAMa ont repoussé cette attaque complexe « aux véhicules piégés de plusieurs terroristes à bord de plusieurs véhicules et moto. » Des sources contactées sur place indiquent que la coordination des forces terrestres et aériennes maliennes a permis de neutraliser les envahisseurs et un lot de matériels de guerre saisis. La riposte des Forces armées maliennes (FAMa) été énergique et professionnelle, selon les mêmes sources. De 9h45 jusqu’à 14heures, l’armée a contrôlé la situation et a effectué des bombardements aériens et des tirs par endroits. Pendant ce temps, les gens se sont enfermés dans leur maison. D’autres sources ont pu relever une puissance de frappe des forces aériennes maliennes qui « ont atteint toutes leurs cibles », Selon elles, « les vecteurs aériens ont effectué des frappes qui ont fait des dégâts importants chez l’ennemi. » Les drones auraient repéré une vingtaine de véhicules. Un ZU 35 des Groupes armées terroristes (GAT) et beaucoup de pick-up ont été détruits. « La précision des renseignements a permis de combiner les actions aéroterrestres et mis en échec cette attaque. Les terroristes rescapés en débandade dans leur fuite se sont repliés vers le Nord dans les secteurs de Agamor et Almoustarat en abandonnant plusieurs de leurs compagnons, précise l’état-major général des armées », indique encore l’état-major. La haute hiérarchie assure que le ratissage est en cours et que la situation est sous contrôle. D’autre part, l’état-major informe que le même jour, vers 07h30, les FAMa ont ciblé un regroupement de véhicules terroristes au Nord-Est de Bourem en phase de préparations d’attaques contre les militaires et les civils dans le secteur. « Une série de frappes a également visé une seconde colonne en direction de Bourem et un regroupement de véhicules », précise l’Armée qui assure « les populations de sa détermination à accomplir sa mission jusqu’au bout. » AT/MD (AMAP )  

Tombouctou : L’aéroport ciblé par des tirs d’obus (Témoins)

Tombouctou, 12 sept (AMAP) L’aéroport de Tombouctou, dans le Nord du Mali, a essuyé lundi, aux environs de 10 heures, des tirs obus attribués à des groupes armés terroristes et qui pas fait de perte en vie humaine ou de blessé, selon des témoins. Trois obus sont tombés dans l’enceinte de l’aéroport obligeant les travailleurs et passagers à se mettre à l’abri. Les engins explosifs ont provoqué des dégâts matériels dans le camp de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) se trouvant à l’aéroport. Alertées, les Forces de défense et de sécurité (FDS) ont aussitôt bouclé la zone et procédé à des fouilles pour retrouver les auteurs de ces actes. Cette attaque a perturbé le programme des vols à destination et en partance de Tombouctou. En effet, certains vols ont été annulés malgré la levée de l’alerte dans la journée. L’attaque du bateau de la Compagnie malienne de navigation (COMANAV) à bord duquel plusieurs Tombouctiens voyageaient, la ville des 333 Saints est plongée dans une sorte de deuil. L’administration locale travaille d’arrache-pied pour que les rescapés se trouvant à Rharous regagnent sains et saufs leurs familles. «Toutes les stratégies sont sur la table des autorités, c’est seulement une question de temps. Rien ne va saper le moral des populations qui sont décidées à ramener la paix au Mali», confie un notable de la ville. MS/MD (AMAP)