Incendie au centre commercial de Mopti
Mopti, 20 mar (AMAP) Une dizaine de kiosques de vente d’objets divers est partie en fumée dans un incendie, mercredi, au centre commercial de Mopti (Centre), aux environ de 21 heures. Aucune perte en vie n’a été enregistrée. Cependant, le sinistre a fait beaucoup de dégâts matériels avec huit kiosques de marchandises calcinés et des motos tricycles mis hors d’usage. Le feu a consumé la partie du centre commercial contigu à la station Pagou I, non loin de la Compagnie malienne de textile (COMATEX) au bord du fleuve Bani. Selon les témoins sur place l’incendie aurait été causé par des usagers qui faisaient leur cuisine non loin d’un camion-citerne dans la station. » Avec la grande chaleur actuellement à Mopti, la moindre étincelle au contact d’un gaz inflammable peut être fatale tel a été le cas », a indiqué Ousmane Diallo un commerçant sur place. Selon lui, la perte occasionnée par cette tragédie « est énorme car en ces temps difficiles, c’est la Compagnie Malienne de Textile vie de beaucoup de chef de famille qui vient de basculer et pour longtemps. » DC/MD (AMAP)
Ramadan : L’État offre 20 tonnes de riz aux nécessiteux à Koulikoro
Koulikoro, 20 mars (AMAP) La Direction régionale du développement social a procédé, mardi, à la Maison du Peuple, à la distribution de 20 tonnes de riz aux couches vulnérables et aux confessions religieuses des localités de la Région, de Koulikoro, dans le cadre de Sounkalo (mois de ramadan) solidarité, a constaté l’AMAP. Ces vivres, qui seront répartis entre les bénéficiaires ressortissants des 8 cercles de la circonscription administrative de la Région de Koulikoro, ont été distribués officiellement en présence du gouverneur de Koulikoro, le colonel Lamine Kapory Sanogo, des préfet et responsables de service technique des localités bénéficiaires. Ces dons arrivent après l’équipement des centres de santé dans la Région en ambulance, ainsi que la réalisation des forages et le financement des activités génératrices de revenus, financés par le gouvernement, au profit des couches vulnérables. Le colonel Lamine Kapory Sanogo s’est réjoui de cette solidarité agissante du gouvernement en faveur de ses populations. Les bénéficiaires ont formulé des vœux de bonheur, de prospérité et de paix pour le Mali et les autorités de la Transition. AD/MD (AMAP)
Bourem : Don de cinq tonnes de riz à des populations
Bourem, 20 mar (AMAP) Cinq tonnes de riz ont été remis, ce jeudi, aux leaders religieux des mosquées de la ville, à 10 victimes d’obus et des personnes vulnérables par le préfet du Cercle de Bourem, Kassoum Sanogo, a constaté l’AMAP sur place. Il a, également, remis un montant de deux millions de Francs CFA, à repartir entre l’Association des personnes vivant avec un handicap et quarante associations féminines évoluant dans les petits commerces et les Activités génératrices de revenus (AGR). A la tête d’une forte délégation composée du sous-préfet de Taboye, le chef local du service du développement social et de l’économie solidaire, le chef du service local de la promotion de la femme et de l’enfant, le préfet s’est rendu au magasin central de l’Office des produits agricoles du Mali (OPAM) de l’antenne Gao, au quartier plateau. Ce don est l’œuvre de la ministre de l’Entrepreneuriat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Mme Oumou Sall Seck, lors de son dernier passage dans la Région à Gao. Selon, les organisateurs, l’objectif principal est d’atténuer les souffrances des populations résilientes de Bourem. Une foule nombreuse a assisté à la cérémonie au cours de laquelle les populations bénéficiaires ont salué l’acte. TT/ST/MD (AMAP)
CROCSAD : Trois documents stratégiques en cours de validation dans la Région de Ségou
Ségou, 20 mar (AMAP) La session extraordinaire du Comité régional d’orientation de coordination et de suivi des actions de développement (CROCSAD) de Ségou, qui s’est tenue, jeudi, dans la salle de conférence du gouvernorat, a porté sur la validation de l’évaluation de trois documents stratégiques. Cette importante rencontre d’échange sur le développement régional était dédiée à la validation des rapports d’évaluation de la Stratégie du développement économique régionale (SDER 2024-2028), du Schéma directeur régional de la formation professionnelle et technique pour l’emploi (SDRFPTE 2024-2028) et du rapport de diagnostic socioéconomique de la collectivité Région de Ségou. Il s’agissait pour les membres du Comité, d’examiner en vue de leur validation les résultats d’évaluation de la SDER 2017-2021, les résultats d’évaluation du Schéma directeur régional de la formation professionnelle et technique pour l’emploi (SDRFPTE) 2017- 2021, le diagnostic de la situation socioéconomique de la collectivité Région de Ségou. Mais également de recueillir les observations, amendements et contributions des acteurs. Dans son allocution. le 1er vice-président du Conseil régional de Ségou, Yaya Bamba ,a souligné l’importance capitale de ces documents de planification pour la survie de la région et de la collectivité en matière de développement. Il a expliqué qu’ils ont été élaborés de façon inclusive du début à la fin du processus. En plus, les documents ont déjà fait l’objet d’une pré-validation technique par les services techniques déconcentrés, les acteurs de développement. La rencontre était placée sous la présidence du gouverneur de la Région, le Commissaire général de brigade de police Soulaïmane Traoré. C’était en présence du 1er vice-président du Conseil régional de Ségou, Yaya Bamba et du 4er adjoint au maire de la commune urbaine de Ségou Bamoussa Touré et des membres du CROCSAD. A sa suite, le gouverneur, qui a présidé la séance, a, tout d’abord, rappelé que cette rencontre est institué par le Gouvernement suivant le Décret n°2023-0407/PT-RM du 04 août 2023 déterminant les modalités d’organisation et de fonctionnement des Comités d’orientation, de coordination et de suivi des actions de développement au niveau des circonscriptions administratives, pour permettre une meilleure articulation des actions de développement au niveau des collectivités territoriales. Il a ensuite expliqué que suite à l’adoption de la feuille de route et du plan d’action de la Transition démocratique au Mali, le Grand-Duché de Luxembourg poursuit son engagement avec le Mali à travers l’extension des activités du MLI/021 – Développement rural et Sécurité alimentaire et du MLI/022 – Formation et insertion professionnelle, qui interviennent dans les Régions de Ségou et de Sikasso. « Dans cette phase d’extension (janvier 2023 à juin 2025), a-t-il-clarifié, ces deux programmes partagent le même objectif spécifique, à savoir : permettre aux jeunes hommes et femmes des Régions de Ségou et Sikasso de bénéficier davantage d’opportunités économiques dans les métiers liés aux filières agricoles. » « Pour la Région de Ségou, il s’agit des filières et chaines de valeurs : viande, riz, fonio, sésame, maraichage, aviculture, métiers de la transformation agricole liés aux filières riz et fonio, métiers de services en support aux filières citées dont la production de semences » a-t-il-précisé, se réjouissant de l’excellence de la coopération luxembourgeoise à travers LuxDev. Le Chef de l’exécutif régional, a souligné que la Région de Ségou a une vocation agro-pastorale et sa population rurale représente environ 68 % de la population totale. Elle regorge d’énormes potentialités hydro-agricoles pouvant contribuer davantage au développement économique. « Malgré ces énormes potentialités, le niveau de vie des populations n’a pas fondamentalement changé pour plusieurs raisons dont, entre autres, l’insuffisance d’une véritable stratégie de développement économique régionale, le faible niveau de qualification des acteurs économiques et l’insuffisance de dispositifs appropriés de formation et d’insertion des jeunes. Des secteurs économiques prioritaires, notamment le secteur agricole, restent encore insuffisamment pris en compte dans la mise en œuvre des stratégies de développement régional » a-t-il-relevé. Et d’inviter l’ensemble des acteurs, particulièrement ceux des commissions de travail du CROCSAD, « à un grand engagement et à une contribution de qualité pour la réussite de ce processus d’élaboration de la SDER (2024-2028) et du SDRFPTE (2024-2028). » Le CROCSAD a pour mission de promouvoir la synergie d’actions de développement entre les différents intervenants dans la Région. ADS/MD (AMAP)
Macina : Cadre de concertation entre l’administration et les légitimités traditionnelles
Macina, 20 mar (AMAP) Le préfet du Cercle de Macina, Albaraka Ag Amarizak Kounta, a rencontré, mercredi, les légitimités traditionnelles, dans le cadre de la 1ère réunion entre le représentant de l’administration et les autorités traditionnelles, autour des rôles de ces derniers en période de conflits d’insécurité et le développement locale, a constaté l’Amap Sur le plan développement local, le Cercle de Macina est confronté à des multiples défis qui entravent son développement. Ces défis, pour la plupart, dépassent les seules compétences du cercle, Ils s’articulent, entre autres, autour de la reprise des travaux de la route Macina-Diafarabé, la réparation de la route Macina Monimpébougou, la nécessité d’aide alimentaire, du risque de famine, du besoin de château d’eau dans certains villages. Y figurent également la réinstallation des villages déplacés, le besoin de matériel et équipement agricole et l’électrification du quartier Némabougou. Le préfet Albaraka Ag Amarizak Kounta a rappelé aux participants le rôle de prévention de conflit que chacun d’entre eux doit jouer pendant la période de crise. « Toutes les dispositions doivent être prises par vous pour identifier et dénoncer tout cas suspect dans vos différentes localités à temps réel », a-t-il instruit. Et de promettre que son soutien ne fera jamais défaut, tout en demandant aux légitimités traditionnelles « de prendre toutes leurs responsabilités pour la bonne marche et la quiétude dans les différents villages de la circonscription administrative de Macina. » Le préfet a, enfin, souhaité que les chefs de village communiquent entre eux. afin de ,rouver des solutions consensuelles pour tout éventuel cas de conflit ou mésentente sur fond de problème territorial. Ont pris part à cette rencontre, en plus des chefs de village du cercle et les dozos, les chefs de service technique, les représentants des Forces armées maliennes (FAMa), les organisations féminines et de la jeunesse ainsi que les leaders religieux. DG/OD/MD (AMAP)
Jarre d’eau de la mariée : Des vertus et des préceptes
Par Nahawa SANGARE Bamako, 20 mar (AMAP) Le trousseau de la nouvelle mariée comprend beaucoup d’éléments qui sont aussi importants les uns que les autres dans la consolidation du couple, selon les croyances populaires, la culture et les traditions. Et chaque élément constitutif de ce trousseau a un rôle particulier dans le raffermissement des liens conjugaux. La jarre d’eau généralement fabriquée en terre cuite fait partie de cette panoplie d’éléments de trousseau. Son transport, sa disposition et son entretien sont des détails que nulle femme au foyer ne doit négliger au risque de faire face à des conséquences désastreuses, selon toujours les croyances populaires. « La jarre d’eau doit être le premier élément du trousseau installé dans la véhicule qui conduit la nouvelle mariée et ses bagages chez son mar . Lorsqu’elle arrive à destination, ce récipient de terre cuite n’est pas installée par n’importe qui et n’importe comment », informe la conseillère conjugale Fatoumata Koïta. « La mission est confiée à une épouse modèle qui n’a jamais abandonné son foyer. Elle l’installe à droite dans la maison sur une tasse remplie de sable qui a été offerte par la grand-mère de la mariée. Cet acte protège et consolide le foyer de la nouvelle mariée», aoute Fatoumata Koïta. Elle explique que si l’action est exécutée par une épouse qui a l’habitude d’abandonner son foyer, la stabilité du nouveau couple en souffrira. Cette affirmation montre l’importance de ce récipient dans les ménages. « Il apporte, selon notre interlocutrice, la stabilité dans le foyer de la nouvelle mariée, car tous les membres de la famille boivent l’eau de la jarre, tout comme ils partagent le même bol de nourriture. Fatoumata Koïta ajoute que la jarre apporte beaucoup de bonheur à la nouvelle mariée lorsqu’elle est bien entretenue. « Toute femme qui lave et remplit quotidiennement sa jarre, serra aimée par son mari et sa belle-famille. Elle aura la paix du cœur », confie-t-elle « Les moments les plus propices pour remplir la jarre d’eau, qui s‘est vidée, sont le petit matin, avant le lever du soleil ou après le crépuscule, avant la nuit profonde », recommande la conseillère conjugale. La jarre détient des secrets qui peuvent consolider les liens familiaux. Selon toujours Fatoumata Koïta, lorsque deux femmes mariées, vivant sous le même toit, ne s’entendent pas, il suffit de puiser un peu d’eau dans la jarre de l’une et la verser dans celle de l’autre et vice-versa sans qu’elles s’en rendent compte. La conseillère conjugale affirme que ces deux femmes trouveront un terrain d’entente à jamais. Elle conseille aux jeunes mariées de boire souvent l’eau de la jarre et d’habituer leur époux à faire autant. » Cela, soutient-elle, les poussera à être plus tendres et doux avec leurs épouses. » Gare à la femme qui laisse sa jarre vide pendant la nuit. « Nous ne sommes pas les seules à consommer cette eau. Pendant la nuit, les anges, les défunts et autres êtres viennent y boire. S’ils la trouvent vide, ils seront déçus. Cette déception se répercutera sur l’épouse de la maison et sur son foyer », prévient Fatoumata Koïta. Elle ajoute que la femme ne doit jamais partir avec sa jarre, après une dispute ou encore moins la casser sinon le mariage sera brisé. À l’en croire, la même situation se produira si le mari casse la jarre de son épouse. Fatoumata Koïta signale que lorsque « la jarre se brise, sans avoir subi un choc au préalable, cela prédit souvent la fin du couple. » NS/MD (AMAP)
L’armée tue des terroristes dont deux cibles recherchées à Achibogo (Nord)
Bamako, 20 mar (AMAP) La patrouille de surveillance permanente des Forces armées maliennes (FAMa) a, dans la nuit du 17 au 18 mars 2025, mené des frappes qui ont mis « définitivement hors d’état de nuire les terroristes Ahmad Lamine Ag Hoga et Badaye Ag Elmehdi, originaires de Ménaka et recherchés « pour des actes odieux commis sur de paisibles citoyens. » Selon la hiérarchie militaire, citée par un communiqué de la Direction de l’information et des relations publiques des armées (DIRPA), les deux cibles recherchées ont été repérées et suivies dans deux véhicules en mouvement dans le secteur d’Achibogo, en direction du Nord-Est, Des recoupements ont permis de confirmer leur présence. « Une première cible regroupant des terroristes a été neutralisée à 30 km au Nord d’Achibogo et à 145 km au Sud-Est de Kidal », précise l’Armée. Une deuxième cible, un véhicule pick-up couvert de bâche a été traité à 208 km au Nord-Est de Kidal (Nord). « De nombreuses bases et cachettes logistiques ont été également repérées puis identifiées et traités comme il se doit », ajoute la même source L’état-major général des Armées se félicite du soutien des populations pour les valeureux renseignements fournis. Il les encourage à se démarquer des terroristes. « Il met en garde les sponsors de ces bandits et leurs complices. » Auparavant, dans l’après-midi du 16 mars 2025, la DIRPA a fait état d’un bilan provisoire de «11 terroristes neutralisés, plusieurs blessés évacués vers l’Ouest et trois pick-up détruits ». Ces frappes aériennes ont visé des regroupements terroristes dans un camp de transit localisé et surveillé dans le secteur de Lougmeiza, à 109 Km au Nord-Ouest de Léré (Région de Tombouctou). L’état-major général des Armées indique que la zone ciblée abrite des points d’appui et de projection des terroristes vers l’Ouest, le Centre et le Sud. L’armée annonce que « les dispositions énergiques sont prises pour mettre la zone sous haute surveillance. » SS/MD (AMAP)
Maladies animales : Des conséquences multiples
Par Anne-Marie KEITA Bamako, 20 mar (AMAP) La contribution économique de l’élevage dans notre pays n’est plus à démontrer. Selon les données de l’Institut national de la statistique (INSAT), l’élevage constitue la principale source de subsistance pour plus de 30 % de la population malienne. Il contribue pour 15% au Produit intérieur brut (PIB), 24% à la production du secteur rural, environ 80% aux revenus des populations rurales et près de 20% aux recettes d’exportation. Ce sous-secteur fait face aujourd’hui, à des difficultés dues aux maladies animales, entrainant ainsi d’importantes répercutions sur la productivité, la santé animale, la santé et le bien-être de l’homme. En effet, les maladies animales génèrent des coûts directs pour le secteur de l’élevage qui se traduisent par la mort d’animaux, une productivité amoindrie et des frais occasionnés par la lutte contre ces maladies. Ces maladies concernent tous types d’animaux, à savoir le gros bétail et les petits ruminants, les volailles locales et exotiques ou importées, et l’élevage traditionnel et moderne. Ousmane Cissé est un jeune éleveur. Son troupeau compte plus de 200 têtes de bœufs. Dans l’année, il peut en perdre plus d’une vingtaine à cause des maladies. Parlant des conséquences sur la production, il explique que quel que soit le type de maladie, quand une vache est malade, sa production laitière diminue et, par ricochet, l’éleveur perd beaucoup en terme de revenus. À l’en croire, les éleveurs subissent de plein fouet les conséquences des maladies animales à cause du coût élevé du vaccin. Selon Cheickna Dianka, agroéconomiste de son état, ces maladies ont plusieurs causes, notamment l’insuffisance de la couverture vétérinaire des exploitations d’élevage, le coût relativement élevé des produits vétérinaires en matière de prévention et de traitement en cas de maladies localisées ou d’épidémies, l’insuffisance des connaissances en matière de bonnes pratiques d’élevage, l’inadaptation des infrastructures en matière d’habitat (étables, bergeries, poulaillers). «Les maladies animales ont des incidences négatives au sein des systèmes de production agro-sylvo-pastoraux au plan productif, économique, nutritionnel et de la sécurité sanitaire des aliments issus des différentes chaînes de valeurs», dit-t-il. Ajoutant qu’au plan productif, ces maladies contribuent à la diminution du cheptel disponible à cause des pertes plus ou moins élevées au niveau de toutes les espèces animales et notamment au niveau des volailles pour lesquelles les maladies se propagent à une vitesse très rapide. Aussi, explique-t-il, les maladies animales touchant les animaux reproducteurs ou servant à la multiplication, peuvent gravement perturber la multiplication et le renouvellement des effectifs. À ce propos, il estime que les chaînes d’approvisionnement peuvent être aussi fortement perturbées et les fortes mortalités peuvent occasionner la baisse de l’offre potentielle d’animaux sur les marchés. Sur le plan économique, Cheichna Dianka soutient que les maladies animales contribuent à la perte de revenus dans les exploitations d’élevage et affaiblissent la chaine de commercialisation des produits d’origines animales, tels que la viande, le lait et les œufs. «En plus de ces pertes de revenus, elles ralentissent et entravent les investissements et les réinvestissements dans les différentes filières et chaînes de valeurs», dit l’agronome. Et au Dr Modibo Ongoïba, vétérinaire à la direction nationale des services vétérinaires, de renchérir : «En cas de maladies, les animaux produisent moins et maigrissent et on ne trouve pas assez de viande, de lait, ni d’œuf. Si un animal tombe malade, il faut forcément payer des médicaments, trouver un vétérinaire pour les prestations et dépenser pour des mesures de bio sécurité pour se protéger. Tout cela génère des coûts, donc des pertes économiques chez les éleveurs», affirme le docteur vétérinaire. À ces pertes, s’ajoutent des difficultés de commercialisation aux plans national et international, car dans un pays où il y a la grippe aviaire par exemple, l’importation des produits avicoles est interdite. QUANTITÉ ET QUALITÉ – En outre, les maladies animales peuvent constituer des risques financiers lorsque les activités mobilisent des ressources financières importantes investies par les exploitants et à travers des ressources externes (dons, subventions, emprunts bancaires ou privés), indique l’agroéconomiste. Cheichna Dianka rappelle que la recrudescence des maladies est accentuée par l’absence d’un système de couverture des risques garantis offerts par une assurance agricole, indemnisations institutionnelles de l’État. Au plan nutritionnel, Chéichna Dianka souligne que les maladies animales, en affectant l’offre sur les marchés, entravent l’accès des consommateurs aux produits issus des filières et chaînes de valeur du sous-secteur de l’élevage en termes de quantité et de qualité. Il explique que la diminution de l’offre sur les marchés de consommation des produits frais et transformés est un facteur d’augmentation des coûts de production et des prix de vente au niveau de l’ensemble du circuit de collecte et d’approvisionnement. Toute chose qui provoque des phénomènes de spéculation. Pour lui, la diminution de l’offre peut constituer des difficultés pour atteindre les seuils de consommation recommandés ou observés dans d’autres pays. À titre d’exemple, au Maroc, la consommation de viande de volailles est estimée à 12 kg par habitant, moins de 5 kg en Côte d’Ivoire. Au Mali, ce seuil semble se situer entre 1,5 et 2 kg par habitant. Chéichna Dianka note que l’utilisation des produits vétérinaires pour la prévention ou le traitement des maladies de façon abusive ou non conforme aux normes d’emploi, peut constituer un risque de santé, notamment lorsque les dates limites avant consommation ne sont pas respectées. Parlant des impacts sur la santé publique, Dr Modibo Ongoïba précise que certaines maladies génétiques se transmettent de l’animal à l’homme comme la rage, la grippe aviaire, la tuberculose, le charbon bactéridie… On les appelle les zoonoses. Selon lui, les personnes les plus exposées à ces zoonoses sont les exploitants, les vétérinaires et autres individus travaillant dans le domaine de l’élevage. Aussi, le docteur vétérinaire attire l’attention sur le fait que la sécurité alimentaire peut être menacée par ces maladies animales qui peuvent entraîner des intoxications alimentaires. Lors du lancement de la campagne nationale de vaccination 2025 du cheptel à Konobougou en décembre dernier, le ministre de l’Élevage et de la Pêche, Youba Ba, affichait l’ambition de son département d’augmenter la
Vaccination du cheptel : C’est indispensable
Par Makan SISSOKO Bamako, 20 mar (AMAP) À Kalaban Coura, au cœur de la Commune V du District de Bamako, Cheick Oumar Sissoko est un éleveur discret mais déterminé. À son domicile, des lapins, poulets et pigeons s’épanouissent grâce à ses soins. Il achète des vaccins dans les pharmacies vétérinaires sans consulter de vétérinaire. Ce mardi 3 mars 2025, alors que le soleil commence à se coucher, Cheick Oumar Sissoko s’affaire dans sa cour. « J’achète des vaccins dans les points de vente, mais je n’ai jamais consulté un vétérinaire pour mes animaux. Cela me semble suffisant », confie-t-il. Pourtant, l’année dernière, Oumar a perdu une dizaine de ses sujets à cause d’une maladie virale dont il ignore jusqu’à présent les raisons. Éleveur et marchant de bétail, depuis plusieurs années, Adama Bah est tout simplement réticent à la vaccination de son cheptel. En effet, les animaux qu’il élève, ne sont pas vaccinés. « Depuis que je m’occupe du bétail, je m’intéresse pas aux produits vétérinaires car mes animaux sont en bonne santé », assure-t-il, fière.ment. Et il ose même mettre en doute l’efficacité des vaccins. « On nous dit que ça protège contre certaines maladies, mais on ne voit pas les résultats sur le terrain », explique-t-il. En décembre 2024, le gouvernement a lancé la campagne nationale de vaccination du cheptel, visant à vacciner et prémunir 81 millions d’animaux contre diverses maladies animales et zoonotiques. Cette initiative vise à renforcer la protection sanitaire du cheptel national et à contrôler des maladies telles que la peste des petits ruminants, la péripneumonie contagieuse bovine, la maladie de Newcastle, le charbon bactérien et symptomatique et surtout la rage. Malgré la disponibilité de vaccins subventionnés et l’encouragement des autorités à faire vacciner les animaux, de nombreux éleveurs, comme Oumar, continuent d’acheter des vaccins sans prescription vétérinaire. Le vaccin qu’il utilise, sans avis médical, pourrait être inefficace ; ou pire, s’il est mal administré, il pourrait causer la perte de son cheptel. Pourtant, l’État a mis à disposition des vétérinaires pour accompagner les éleveurs et garantir une couverture sanitaire optimale et sécurisée. MANDATAIRES SANITAIRES – En la matière, pour encadrer la vente et l’utilisation des médicaments vétérinaires, la loi n°028 du 14 juillet 2011 institue le contrôle des denrées alimentaires d’origine animale et des aliments pour animaux, stipulant que les agents des services vétérinaires sont habilités à accéder aux documents liés aux activités de production et à effectuer des prélèvements pour analyses. Cependant, la vente de médicaments vétérinaires sans ordonnance persiste, ce qui complique le contrôle de la qualité et de l’efficacité des vaccins utilisés. Pour améliorer la situation, l’Association nationale des vétérinaires mandataires du Mali (ANAVEM) mise sur la sensibilisation des éleveurs, sur l’importance de consulter les vétérinaires pour la vaccination et le traitement de leurs animaux. Son président, Mady Keïta, rappelle qu’avant le mandat sanitaire, c’est l’État qui vaccinait les animaux à travers les vétérinaires publics. « Depuis un certain moment, explique-t-il, l’État s’est désengagé pour confier la vaccination aux vétérinaires appelés mandataires sanitaires. » « Dans les localités où ces vétérinaires privés ne sont pas présents, l’État assure la vaccination des animaux pour combler le vide », ajoute M. Keïta, Aujourd’hui, ils sont au nombre de 159 vétérinaires titulaires du mandat sanitaire repartis sur l’ensemble du territoire qui, chaque année, mobilisent les éleveurs pour la vaccination du cheptel. « À ce titre, chaque titulaire du mandat sanitaire se fixe un objectif par rapport à l’effectif de son cheptel dans la localité qu’il couvre, en se donnant une prévision pour faire le bilan à la fin de la campagne », explique le président de l’ANAVEM qui apprécie, globalement, la vaccination à mi-parcours comme satisfaisante. Par ailleurs, Mady Keïta souligne la faible mobilité des agents dans certaines localités du pays comme dans les Régions de Mopti, Bandiagara (Centre) et une partie de Gao, Kidal, Tombouctou et le Cercle d’Ansongo, dans le Nord du Mali. Mais, aussi, dans la bande sahélienne comme Nara, Nioro, Troungoumbé où le déplacement du vétérinaire en moto devient difficile à cause de l’insécurité. Parlant de l’acquisition des vaccins, il précise qu’il existe un seul circuit d’approvisionnement à travers le Laboratoire central vétérinaire (LCV) qui fabrique des produits vétérinaires. Les vaccins de ce laboratoire sont subventionnés par l’État au prix fixe de 30 Fcfa pour les vétérinaires titulaires de mandats sanitaires. « Si les vaccins appelés morts sont disponibles chez les grossistes, seuls les titulaires de mandats sanitaires ou les vétérinaires étatiques ont accès aux vaccins vivants utilisés contre la peste des petits ruminants et la péripneumonie contagieuse bovine. Ils doivent être impérativement gardés dans la glace », argumente le président de l’ANAVEM. Il précise que la vaccination n’est pas gratuite et la prestation du vétérinaire est payée en fonction des localités. VACCINATION OBLIGATOIRE – Outre les difficultés liées à l’insécurité, Mady Keïta souligne la problématique de la vente illicite des vaccins vivants qui sont à la portée de tout le monde. « Ce qui, estime-t-il, rend le travail difficile. » « Quand un vaccin passe par la main d’un non professionnel, dans des conditions de conservation qui ne sont pas respectées, cela affecte l’efficacité du produit », regrette-t-il. Le vétérinaire appelle les éleveurs à aller vers les bons produits en approchant des spécialistes assermentés pour protéger la santé humaine et le cheptel. Le chef de la section surveillance épidémiologique à la Direction nationale des services vétérinaires (DNSV), Dr Boundiala Sissoko, explique que la campagne de vaccination est planifiée en fonction de la mobilité et de l’effectif du cheptel dans chaque zone. Par exemple, pendant que les animaux du Nord migrent vers le Sud à la recherche de pâturages et d’eau, la vaccination commence au Sud pour finir vers le Nord. Aujourd’hui, la vaccination contre la péripneumonie contagieuse bovine se chiffre à 776 000 têtes vaccinées contre 831 000 têtes pour la peste des petits ruminants (moutons et chèvres) et 1 909 410 de volailles vaccinées contre la maladie de Newcastle. Le vaccin contre la rage n’est pas subventionné ce qui fait que la vaccination à
Ramadan et mariage : Pour seulement faire la bouliie de rupture…
Par Aminata DJIBO Bamako, 20 mar (AMAP) Le mois de Ramadan représente un défi énorme pour les nouvelles mariées, désignées souvent par ceux qui ont le sens de la dérision comme celles qui viennent « pour préparer la bouillie du Ramadan ». Les veilles de Ramadan, les mariages se multiplient. À titre d’illustration, la mairie de la Commune V a célébré 767 mariages en février dernier contre 236 en janvier à l’hôtel de ville de la mairie de la Commune IV. Des célibataires voire des « célibattants » affluent devant les officiers d’état civil, très fréquemment, pendant les deux ou trois mois qui précèdent le mois de Ramadan, pour intégrer le club des mariés. Mais, surtout, pour passer le mois béni dans de meilleures conditions psychologiques, morales et alimentaires avec des épouses disponibles pour faire la cuisine. Pourtant, c’est une tâche immense qui attend les nouvelles élues des cœurs. Celles-ci doivent préparer les repas pour leurs époux et belle-famille durant ce mois béni. Les cordons bleus s’en sortent souvent avec le satisfecit de la famille. Elles sont souvent élevées au rang de « houris » (ces femmes promises aux croyants dans le paradis). C’est une toute autre histoire pour les nouvelles mariées qui n’excellent pas dans l’art culinaire et qui n’arrivent même pas à bien préparer la bouillie de rupture de jeûne. « Ma belle-sœur est une nouvelle mariée. En cette période, elle prépare mal la bouillie. Il n’y a même pas de grain. Dieu m’en est témoin », dénonce Oumar Diarra, un étudiant. Celles qui ne sont pas toujours préparées à ce qui les attend rencontrent des surprises comme le cas de cette jeune fille qui s’est mariée à deux semaines du Ramadan. Sous anonymat elle dit : « Je viens de me marier. Je n’étais pas préparée à tout ça. Ici, on me laisse seule. Le matin, on me donne l’argent de la popote et personne ne s’intéresse plus à ce que je fais. Chacun s’attend à une table garnie lors de la rupture. Je ne m’attendais pas à ça. Chez nous, ma mère m’aurait aidée », confie-t-elle avec une pointe d’amertume. Il est 4 heures, dans la famille Diallo à Kalaban Coro. Aminata,17 ans, est déjà active pour servir cette famille élargie de plus de 60 membres dont une dizaine de femmes. « C’est mon premier Ramadan en tant que femme mariée. Dans la famille, il y a beaucoup de belles-sœurs, mais aucune d’entre elles ne lève le petit doigt pour m’aider. Je me demande pourquoi cette indifférence à mon égard. Des fois, je prépare des plats dont la famille se plaint, les trouvant fades. Je fais avec », déclare-t-elle. Aminata qui vient d’une famille nucléaire n’apprécie guère de vivre dans une telle atmosphère. Et de préciser que le slogan de sa belle-famille-famille est : « Tu t’es mariée pour ça, il faut assumer ». Nombreuses sont les jeunes filles qui, même si elles ne l’expriment pas ouvertement, ressentent un regret intérieur, comme l’explique Fanta Cissé, dont la belle-famille habite à Baco Djicoroni Golf, en Commune V du District de Bamako. « Moi, je conseillerais à toutes les filles de ne pas se marier à l’approche du Ramadan. Ça enlève toute l’allure d’une nouvelle mariée. Entre incompréhension, cuisine, cherté des condiments et organisation, il faut être prête », affirme-t-elle. Mais certaines nouvelles mariées piochent des recettes sur les réseaux sociaux ou on recourt à des produits pré-conditionnés dans des sachets comme des grains secs de bouillie. C’est du moins ce qu’affirme Aïcha Diarra à Torokorobougou, drapée dans un boubou de nouvelle mariée et foulard au rein. « S’il arrive que je me gamberge, plusieurs femmes sont sur Tik Tok pour nous apprendre des recettes comme Mamy ka épices, secret de cuisine ou encore Tatiakasougouba. MANGER LA BEAUTE – Il me suffit de m’entrainer et, pour les bouillies, c’est disponible dans les supermarchés. Au début, j’avais vraiment des difficultés mais, aujourd’hui, je m’en sors », indique-t-elle, en dressant la table pour la rupture. Pour préparer les nouvelles mariées à ce qui les attend, Mme Sissoko Metou Dembélé, conseillère matrimoniale à Daoudabougou insiste sur l’importance de l’éducation et de l’engouement pour les mariages à l’approche du Ramadan. « Le mois passé, j’ai suivi 18 filles dans leurs mariages à la veille de ce mois de Ramadan. Je leur ai conseillées d’être à hauteur des attentes de leurs belles-familles en termes de tâches domestiques surtout culinaires », explique-t-elle, en regrettant les difficultés d’initiation des jeunes filles. Ceci résulte d’une faible communication entre les mamans et leurs filles. « On ne leur apprend pas comment gérer un foyer, encore moins une famille pendant le Ramadan », souligne la conseillère matrimoniale. Elles sont nombreuses, ces filles, dont les belles-familles se plaignent comme le déclare Mme Sidibé, une doyenne de 88 ans. « Ces filles pensent qu’on mange la beauté. Je recadrais toutes mes belles-filles qui ne savaient pas cuisiner. Elles avaient le choix de partir, car je ne peux pas accepter ça dans ma famille », déclare l’octogénaire, tout en continuant à égrener son chapelet. Se marier à l’approche du mois béni n’est pas une tendance selon le sociologue Savadogo Modibo. Il invite les parents à enseigner les notions culinaires élémentaires de recettes locales à leurs filles avant que celles-ci ne se mettent en en couple. Selon lui, l’une des raisons du nombre croissant de mariages célébrés généralement un mois avant le début du Ramadan, c’est pour préparer le mois qui précède le Ramadan dénommé en bamanakan «Sounkalo Mankono», un mois béni, tout comme le Ramadan. Mais dans la société, trop de spéculations tournent autour des jeunes filles, notamment l’absence de talent pour la cuisine et plusieurs divorces y sont liés car toutes les familles ne tolèrent pas une femme qui ne sait pas cuisiner», fait observer le sociologue. AD/MD (AMAP)

