Gao : les épreuves écrites de l’examen du Def ont débuté ce lundi

Gao, 1er juin (AMAP) Les épreuves écrites du diplôme d’étude fondamentale ( DEF) de la session 2025-2026 ont démarré ce lundi, 1er juin 2026 dans l’ensemble de la région de Gao, a constaté l’AMAP . C’est à 8h00 que le Gouverneur de la région de Gao, le Général de Division Moussa Moriba Traore a procédé à l’ouverture de l’enveloppe des sujets des épreuves écrites de l’examen du Def. C’était en présence du directeur de l’académie d’enseignement de Gao, Lassana Koumare, du directeur du centre d’animation pédagogique de Gao, Sega Sangaré et du maire de la commune urbaine de Gao, Boubacar Dacka Traore. Pour cette année, la session 2025-2026 compte plus 4968 candidats dont 2552 filles; 2416 garçons et 341 candidats libres qui concourent pour le diplôme d’étude fondamentale. Le directeur de l’académie d’enseignement de Gao ,Lassana Koumare a précisé que tous les matériels sont présents en plus des candidats pour démarrer l’examen. Le gouverneur de la région de Gao, le Général de Division Moussa Moriba Traore dira que dans l’ensemble l’effectivité de l’examen se passe bien. Il a remercié l’ensemble du personnel enseignant et le partenaire Unicef pour la bonne réussite de l’examen du DEF. Pour les candidats, l’exécutif régional a souhaité que le taux de passe de la session 2025-2026 dépasse celui de l’année passée. AT/KM (AMAP)
Arabie saoudite : plus de 1,5 million de pèlerins musulmans se rassemblent à Mina pour le rituel symbolique de lapidation

Bamako, 27 mai (AMAP) Les Pèlerins musulmans lapident symboliquement les stèles à Mina, dernier rite du hajj annuel, selon The Associated Press. Les pèlerins ont traversé la vaste ville de tentes près de La Mecque en portant des cailloux ramassés pendant la nuit à Muzdalifah, avant de jeter sept pierres sur chacun des trois grands piliers représentant le diable. Des images de La Mecque montrent des milliers de fidèles tournant autour de la Kaaba, au cœur de la Grande Mosquée, tandis que les autorités saoudiennes déploient un important dispositif de sécurité et de gestion des foules en l’un des jours les plus chargés de la saison du pèlerinage. Ce rituel commémore l’épisode du prophète Ibrahim qui, selon la tradition islamique, a résisté aux tentatives du diable de l’empêcher d’obéir à l’ordre de Dieu de sacrifier son fils Ismaïl. Après avoir accompli la cérémonie de lapidation, de nombreux pèlerins masculins se rasent la tête, tandis que les femmes se coupent une petite mèche de cheveux, marquant les dernières étapes du hajj. Certains pèlerins procèdent également à des sacrifices d’animaux liés à l’Aïd al-Adha, célébré dans le monde entier par les musulmans. KM (AMAP)
Bla : La fête d’Aïd El Kébir célébrée dans la ferveur et la communion

Bla, 27 mai, (AMAP) Ce mercredi, la communauté musulmane de Bla a célébré la fête de l’Aïd El Kébir, également appelée Tabaski. C’est dans une atmosphère empreinte de joie, de dévotion et de fraternité que les fidèles se sont rassemblés sur l’aire de prière de la ville pour s’acquitter de leur devoir religieux, a constaté l’AMAP. Dès les premières heures de la matinée, l’esplanade de prière a refusé du monde. Les autorités locales ont tenu à marquer l’événement par leur présence. Ainsi, à 08 heures 30 minutes, la délégation officielle, conduite par le maire de la commune rurale de Bla, Mamadou Samaké, était déjà sur place. Cette délégation de haut rang comprenait les chefs des services techniques, les chefs des unités de défense et de sécurité, les représentants des médias, ainsi que les membres du Réseau des communicateurs traditionnels pour le développement (RECOTRADE). Quelques minutes plus tard, à 08 heures 55 minutes, l’imam de la grande mosquée de Bla, Yacouba Traoré, accompagné de sa suite, a fait son entrée sur le site de prière, donnant ainsi le signal du début de la cérémonie. Face à une marée de fidèles vêtus de leurs plus beaux habits, l’Imam Yacouba Traoré a dirigé la prière collective avec solennité. Dans son sermon de circonstance, le guide spirituel a mis un accent particulier sur les préceptes de la Tabaski, insistant longuement sur la qualité du mouton destiné au sacrifice. L’Imam a rappelé aux fidèles les critères requis pour qu’une bête soit spirituellement agréée : elle doit être saine, sans défaut physique majeur, et acquise par des moyens légaux. Il a exhorté la communauté au partage, à la solidarité envers les plus démunis et à la préservation de la paix. Juste après la prière, quelques hautes personnalités ont fait des prières et bénédictions pour le Mali et les autorités de la transition, ici, il s’agit du chef de village de Bla, Amadou Tangara, le président du Haut Conseil Islamique Moustapha Haidara, le porte-parole de la grande famille Kamité. La cérémonie a pris fin par l’immolation symbolique du mouton de l’Imam, ouvrant la voie aux festivités dans les différents foyers de la ville, sous le signe du partage et de la réjouissance populaire. Comme à l’accoutumé, le soir, les autorités administratives et politiques se sont rendus chez le chef du village et l’Imam pour présenter leurs vœux de bonne fête. MO/KM (AMAP) AMAP – BLA
Tabaski à Bafoulabé : Ferveur, solidarité et traditions au cœur de la cité de mali-sadio

Bafoulabé, 27 mai (AMAP) La cité de mali-sadio a célébré ce mecredi la fête de la Tabasti dans la ferveur, la solidarité et la traditons, a constaté l’AMAP. Dès l’aube, les artères habituellement animées de la ville de Bafoulabé se sont vidées de leur circulation habituelle pour laisser place aux fidèles. Vêtus de leurs plus beaux habits, les Bafoulois ont convergé vers le petit terrain, qui a accueilli une marée humaine. À 7 h 45 mns, l’iman Abdoulaye Diaby a fait son entrée pour diriger la prière. Après le sermon, axé sur l’abattage du mouton, la piété, la tolérance et l’entraide, les poignées de mains fraternelles ont marqué la fin de la prière dans une atmosphère empreinte de spiritualité. Le retour à la maison sonne le coup d’envoi du rituel le plus important de cette fête : le sacrifice du bélier. Une partie du mouton est distribuée aux voisins nécessiteux, illustrant la forte dimension du partage de la fête des moutons. Sur les tables, la traditionnelle bouillie laisse exceptionnellement sa place au plat de fricassé d’abats. Au-delà du cercle familial, la Tabaski à Bafoulabé se vit dans les rues. Les enfants, vêtus de leurs habits neufs, déambulent de maison en maison pour récolter des pièces de monnaie (le salawalé-walé). La journée est également l’occasion de resserrer les liens sociaux et familiaux. Les visites de courtoisie s’enchaînent à travers les différents quartiers de la ville, permettant aux plus jeunes de demander pardon aux aînés et de recevoir leurs bénédictions pour l’année à venir. BM/KM (AMAP)
Bourem : intronisation du chef de village de Maza

Bourem, 26 mai (AMAP) Le Chef de village de Maza, localité située dans le Cercle de Bourem a été intronisé vendredi en présence de plusieurs personnalités parmi lesquelles le 1er adjoint du maire de Bourem, Abdoul Wahib Youssouf Maïga, a constaté l’AMAP. La cérémonie a débuté par la lecture de quelques versets coraniques pour bénir la journée. Ensuite s’en est suivie l’ intervention du 1er Adjoint au Maire de Bourem, Abdoul Wahid Youssouf Maiga, qui a remercié les hommes, les femmes et les jeunes d’avoir honoré leur présence à cette grande cérémonie en les exhortant également à la consolidation de la cohésion sociale, le vivre ensemble afin de mieux développer leur village. La prise de parole qui a suivi était celle du Dr Chéhy Haidara pour situer l’événement dans son contexte en racontant avec aisance l’histoire du village de Maza. Plusieurs autres intervenants se sont succédés dont Alhabibou Saya conseiller de village, Tahiya Ibounachar au nom des femmes et un jeune leader, tous ont salué l’initiative de la rencontre et ont émis des souhaits très forts au nouveau chef de village. À la lumière du moment attendu, l’instant solennel, celui de l’intronisation du nouveau chef de village, installé au milieu de la foule et où le représentant du Recotrade, M. Ibrahim Boncana Samaké dans son rôle de lui porter le turban noir et blanc comme le veut la tradition. Un moment pathétique où se mêlent cris de joie et battements de mains. Après cet exercice symbolique, le chef de village a reçu des mains du coordinateur local des légitimités traditionnelles M. Asseydou Yehiya Haidara, son insigne et son attestation de légitimité traditionnelle, M. Haidara a aussi prodigué des conseils précieux à l’intronisé. Quant au tout nouveau chef de village de Maza, M. Hamma Ibrahim en prenant la parole, il a remercié, les autorités Administratives, politiques, légitimités traditionnelles, les Ressortissants, Diaspora, tous ceux qui n’ ont ménagé aucun effort pour qu’aujourd’hui soit tout en sollicitant à tous et à chacun leurs bénédictions et accompagnement. Et pour clôturer l’événement, le Cheikh Abou Ahmed Haidara a imploré, Allah l’omniscient a ramené la paix définitive dans notre pays , le Mali et à nous gratifier d’ un hivernage fécond. Les festivités ont pris fin par un repas de famille plein d’ambiance et de jeux de cousinage à plaisanterie entre les communautés. TMT/KM (AMAP)
Fête de la Tabaski : L’enjeu de la conformité religieuse des animaux

Bamako, 26 mai (AMAP) La Tabaski, appelée aussi Aïd el-Kébir, est l’une des plus grandes fêtes religieuses célébrées par les musulmans dans le monde. Elle commémore l’obéissance du prophète Ibrahim à Dieu, lorsqu’il a accepté de sacrifier son fils avant que Dieu le remplace par un mouton. En plus de cette bête, d’autres ruminants peuvent être immolés à l’occasion de cet événement annuel. Cependant, il existe des critères de sélection des animaux. Il s’agit de l’âge et la santé de la bête. Notre équipe de reportage s’est rendue auprès des vendeurs de bétail afin de s’enquérir des dispositions mises en œuvre pour se conformer à ces exigences. Le marché à bétail installé près du terrain de sport de la Commune V, situé à Baco Djicoroni est bien approvisionné. Mohamed Aldjouma, vendeur de bétail, affirme que les commerçants sérieux veillent à proposer des animaux conformes aux exigences religieuses. « Nous sommes musulmans et nous savons que tromper les fidèles est une faute devant Dieu», explique-t-il. Selon lui, les vendeurs orientent les clients en fonction de leur budget tout en leur permettant de vérifier eux-mêmes l’état de l’animal. Mohamed Aldjouma explique que les acheteurs observent souvent la dentition, la démarche et l’état général du mouton avant de faire leur choix. Et de poursuivre que certains viennent accompagnés de proches connaissant bien les animaux afin d’éviter toute erreur. Alousseyni Ag Idoual est un vendeur de bétail originaire de Diré. Il dit connaître naturellement les animaux. « Je suis un berger. Si je dois acheter un animal avec les fournisseurs, je vérifie sa posture, la façon dont les poils sont dressés. A travers des attouchements je peux savoir si l’animal est bien gras», explique-t-il avant de conseiller qu’il faut être très prudent face à la ruse de certains fournisseurs. Alassane Kané, un client, se dit être dubitatif par le respect des critères d’éligibilité des animaux par de nombreux vendeurs. Il dit avoir une mauvaise expérience en la matière. «J’ai une fois acheté un bélier avec un vendeur ambulant. Après l’avoir immolé je me suis rendu compte que l’animal était malade », témoigne-t-il. Depuis cette expérience, il préfère toujours se faire accompagner par quelqu’un qui connait les animaux pour éviter de commettre la même erreur. Selon l’imam Cheick Ousmane Barry, résidant à Baco Djicoroni, les animaux traditionnellement autorisés sont le mouton, la chèvre, le bœuf et le chameau. Le religieux précise que, parmi les moutons, le premier choix recommandé est le bélier non castré. Ensuite vient le bélier castré, puis la femelle. Les mêmes principes s’appliquent également aux chèvres, aux bovins et aux chameaux. L’âge de l’animal est aussi une condition importante à respecter. Selon les enseignements islamiques, le mouton doit avoir au moins six mois, un an révolu pour la chèvre, la vache ou le bœuf deux ans, tandis que le chameau doit avoir au minimum cinq ans. L’imam insiste également sur l’état de santé de l’animal. Celui-ci doit être en bonne santé et exempt de défauts visibles. «Un animal aveugle, gravement boiteux, très maigre ou présentant une mutilation importante, comme une oreille fortement coupée, n’est pas considéré comme valable pour le sacrifice. Pour de nombreux fidèles, bien choisir l’animal du sacrifice est une manière de respecter la tradition religieuse, mais aussi de donner un sens spirituel et social à la fête. MLHD/KM (AMAP)
Élu président de l’Assemblée nationale du Sénégal : Ousmane Sonko se dit ouvert à des « discussions responsables et approfondies» pour apaiser le climat politique

Bamako, 26 mai 2026 (AMAP) Les députés sénégalais ont élu mardi Ousmane Sonko à la présidence de l’Assemblée nationale, après avoir voté sa réintégration au sein de l’hémicycle, à l’issue d’une séance plénière convoquée après la démission d’El Malick Ndiaye vendredi dernier, a appris l’AMAP. Dans son discours d’installation, l’ancien Premier ministre s’est dit favorable à des «discussions responsables et approfondies» pour apaiser le climat politique, insistant sur les questions de gouvernance, le respect du projet de société porté par le pouvoir, la lutte contre la corruption, ainsi que la justice pour les victimes des répressions sous le régime de l’ex-président Macky Sall. Le nouveau président de la 15e législature a également salué la nomination du nouveau Chef du gouvernement, présenté comme son ancien secrétaire général durant «un an et demi». Ousmane Sonko a décrit ce dernier comme «un cadre compétent» et «un travailleur acharné», tout en reconnaissant des divergences de fond sur plusieurs dossiers, notamment la question monétaire, la restructuration de la dette et les relations avec le Fonds monétaire international (FMI). Sous les applaudissements des parlementaires, il a aussi rendu hommage à «la loyauté» et au «patriotisme sans faille» de son prédécesseur à la tête de l’Assemblée nationale. Ousmane Sonko avait été démis de ses fonctions de Premier ministre le 22 mai par le Président de la République. Deux jours plus tard, le président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, annonçait sa démission. Dans la foulée, l’Assemblée nationale, où Pastef-Les Patriotes dispose d’une majorité absolue, avait convoqué une séance plénière consacrée à la réintégration du député Ousmane Sonko et à son élection à la tête de l’institution parlementaire. CMT (AMAP)
Sénégal : Ahmadou Al Aminou Lo, nouveau premier ministre

Bamoko, 25 mai 2036 (AMAP)– Ahmadou Al Aminou Lo a été nommé ce lundi, 25 mai au poste de Premier ministre du Sénégal. Il remplace Ousmane Sonko limogé le vendredi dernier par le Président Sénégalais, Bassirou Diomaye Faye. Haut fonctionnaire, banquier et homme politique sénégalais, Almadou Al Aminou Lo était ministre auprès du Président de la République chargé du suivi, du pilotage et de l’évaluation de l’agenda national de transformation «Sénégal 2050». Il a effectué une riche carrière au sein de plusieurs institutions financières ouest-africaines. FK/CMT (AMAP)
Angola : 28 personnes ont trouvé la mort dans un éboulement sur un site d’orpaillage illégal dans la province de Bengo

Bamako, 25 mai (AMAP) Au moins 28 personnes ont trouvé la mort, après un éboulement survenu samedi sur un site d’exploitation aurifère illégale dans la province de Bengo, dans le nord-ouest de l’Angola, ont annoncé les autorités locales. Les services provinciaux de la protection civile et des sapeurs-pompiers ont indiqué dimanche que quatre personnes avaient été secourues à la suite de l’accident. Les opérations de recherche sont terminées. Selon les autorités, les victimes étaient âgées de 16 à 35 ans. Dans un communiqué, les services de secours ont précisé que « les opérations de recherche ont été conclues » après l’intervention menée sur le site touché par l’éboulement. L’accident figure parmi les plus meurtriers enregistrés ces dernières années dans le secteur de l’exploitation minière illégale en Angola. L’exploitation minière illégale en Angola a longtemps été associée à l’extraction de diamant. Toutefois, la stratégie de diversification du secteur minier engagée par le pays a favorisé l’essor de l’exploitation artisanale d’autres minerais, notamment l’or. Grand producteur africain de diamant, l’Angola cherche à développer la production de métaux tels que l’or et le cuivre, dans un contexte marqué par la baisse du prix du diamant et la progression de diamant synthétique sur le marché mondial. OS/KM(AMAP)
Fête de la Tabaski : La Capitale Bamako se vide

A quelques jours de le la fête de Tabaski, les autogares de la capitale malienne sont prises d’assaut. En cet après-midi de dimanche ensoleillé à l’autogare de Sogoniko, le ciel commence à se faire menaçant, annonçant la couleur de la soirée à venir. L’horizon s’assombrit. Mais l’attention se porte sur le guichet d’une compagnie de la place. Voyageurs, convoyeurs, et intermédiaires vont et viennent sous une température modérée. « Je rentre à Tingrela pour célébrer la fête de Tabaski avec ma famille », confie Moussa Diallo, trentenaire et commerçant au Grand Marché de Bamako. Les fêtes de Tabaski sont l’occasion pour de nombreuses gens de rejoindre leurs terres natales afin de les célébrer en famille. En dépit des nouvelles restrictions de déplacement devenues monnaie courante, les devantures des compagnies ne sont pas désertes. « Malgré la situation, rien ne nous empêchera de rentrer pour la fête », ajoute Moussa. Comme lui, nombreux sont ceux qui partagent ce sentiment. « Plusieurs centaines de passagers défilent devant notre guichet chaque jour ces derniers temps », confie le billeteur d’une compagnie locale qui a souhaité garder l’anonymat. Selon lui, il existe un lien puissant qui attache les gens à leurs villages, et rien ne les décourage de faire le trajet. Si pour certains c’est une initiative personnelle, d’autres sont contraints par leurs proches de rentrer pour la fête. Mohamed Traoré en est un exemple. « Je n’avais pas prévu de rentrer pour la fête, mais mon père s’y oppose », déplore ce jeune vendeur de téléphones. Il explique que la veille au soir, il avait reçu un appel de son père et sa réponse n’était pas favorable. Le lendemain matin, un coup de fil de sa mère le réveille pour lui dire de rentrer pour la fête. « Les parents ne nous comprennent pas souvent. Ils disent toujours que les autres sont rentrés : pourquoi pas toi », ajoute Mohamed, qui s’apprête à faire le chemin vers Ségou. À cet instant, la liste d’appel des passagers vient d’être bouclée. Le car tente de se frayer un chemin entre les nombreux passagers et les vendeurs ambulants de circonstance. Aussitôt, un autre car tente d’occuper l’espace. Dans cet environnement, chacun y trouve son compte. Vendeurs d’eau en sachets, de dentifrices ou de vêtements, chacun se frotte les mains. Fatoumata Traoré est une vendeuse de longue date sur les lieux. « À l’approche de la fête, mes chiffres d’affaires montent en flèche », témoigne Fatoumata. Selon elle, cela lui permet d’acheter des vêtements pour ses enfants. « Les enfants ne sont jamais conscients de la pauvreté des parents. Il faut les vêtir en ces jours de fête pour qu’ils n’envient pas les autres », ironise-t-elle. Dans le même temps, Badara Aliou agit en tant qu’intermédiaire. Autrement dit, il cherche des clients pour une compagnie de transport. « Pour chaque client, je gagne entre 500 FCFA et 1.000 FCFA selon les localités », précise Aliou. Il lui arrive également de recevoir des pourboires en offrant le meilleur service à ses clients. Avec une mimique ecclésiastique qu’aucun profane ne saurait reproduire, il s’empare du sac d’un troisième client en l’espace de trente minutes pour se diriger vers le guichet de son entreprise. Sur le trajet du Pont Fad, les stations d’essence sont envahies de motocyclistes. Deux trentenaires en viennent aux mains pour non-respect de la file indienne. « Il y avait cinq motos entre lui et moi. Il a tenté de passer avant nous, ça ne marche pas comme ça », se plaint Bakary, qui attend son tour depuis près de trente minutes sous un soleil de plomb. Il explique qu’il se ravitaille pour anticiper les sorties de la fête. Interrogé sur la disponibilité de l’essence, le gérant de la station assure qu’il n’y a aucun risque de pénurie et qu’il s’étonne de cette foule qui s’entasse depuis le matin dans sa station. Il convient de rappeler qu’en marge du traditionnel point de presse de la Direction de l’Information et des Relations publiques des Armées (DIRPA) tenu le 6 mai dernier, le Sous-directeur des relations publiques des Armées, le commandant Djibrila Maïga, a indiqué que les attaques terroristes du 25 avril 2026 s’inscrivaient dans «une tentative vaine et désespérée de déstabilisation de l’État». Dans une déclaration liminaire, l’officier avait précisé que l’axe Ségou-Bamako était praticable, tandis que les axes Kayes et Kita restaient sous pression, faisant l’objet d’opérations de sécurisation. À ce jour, les axes Ségou, Kayes ainsi que Kita demeurent praticables grâce aux opérations de sécurisation des Forces de Défense et de Sécurité (FDS), même si quelques incidents persistent. La fête de Tabaski de cette année 2026 se déroule dans un contexte particulier au Mali. À la suite des attaques du 25 avril dernier, qui ont coûté la vie au Général d’Armée Sadio Camara ainsi que d’autres victimes civiles et militaires, de nombreuses campagnes visant à semer la psychose au sein de la population ont lieu. Cependant, aux autogares, la réalité est tout autre. Alors que le soleil amorce son dernier virage dans sa marche crépusculaire au Marché Sougouni-Coura de Bamako, d’autres passagers se rassemblent devant le guichet d’une compagnie de renom qui assure la desserte de Kita. «Dans tous les cas, nous sommes déjà nés, sic», soupire Salif dans un ton d’humour, prêt à prendre son billet pour Kita. Comme pour dire qu’en dépit des risques, la fête se déroulera loin des tintamarres de la Cité des Trois Caïmans auprès des siens sur la terre qui l’a vu naître. KD/CMT (AMAP)

