Opinion : Le Mali, la crise en Afrique de l’Ouest et les mandats présidentiels (suite et fin) : Quelle lecture ?
Par Mamadou Diop DECROIX Secrétaire Général Ànd-Jëf/Parti africain pour la démocratie et le socialisme Bamako, 18 sept (AMAP) En Guinée, le ‘NON’ au référendum de 1958 proposé par le Général de Gaulle fait que ce pays n’a pas la même histoire en matière institutionnelle que les autres anciennes colonies françaises. D’ailleurs, jusqu’en avril dernier, la constitution en vigueur dans le pays provenait d’un organe de transition (le Conseil national de transition) et avait été promulguée par un Président de la République par intérim en mai 2010. Cette constitution n’avait pas été soumise à l’approbation du peuple par voie référendaire. Elle a été récemment remplacée par une nouvelle constitution, soumise à un référendum populaire boycotté par l’opposition au motif qu’elle permettait au Président en exercice de briguer un autre mandat. Ce rejet a été accompagné de manifestations marquées par de graves violences avec pertes en vies humaines et destructions matérielles. Toutefois, aujourd’hui, le principal leader de l’opposition dans ce pays et son parti ont décidé de prendre part à l’élection présidentielle d’octobre prochain. Nous noterons que la Guinée est le château d’eau de la sous-région avec des richesses inestimables dans son sous-sol. En Mauritanie, entre le Président nouvellement élu et son prédécesseur, le torchon brûle ce qui aggrave une situation déjà très tendue du fait de vieilles contradictions qui travaillent la société mauritanienne depuis bien longtemps. Dans ce pays voisin, du pétrole et du gaz ont été découverts en sus du fer déjà exploité et des côtes extrêmement poissonneuses. Le Liberia et la Sierra Leone sont en convalescence après avoir connu chacun une décennie de guerres civiles avec des souffrances indicibles. Le tableau ci-dessus fait de notre sous-région l’une des zones de tempête les plus agitées au monde. Les patriotes africains de cette zone auraient terriblement tort de ne pas renouveler leur pensée politique pour se mettre à la hauteur des exigences du moment. Qui peut penser que cette situation va en rester là, avec des états affaissés, des populations exsangues, une jeunesse nombreuse et sans emploi, et des richesses pompées sans arrêt ? Non ! Le couvercle de la marmite finira par sauter si de très sérieuses réformes ne sont pas apportées dans le sens d’une meilleure prise en compte des intérêts des populations. L’on aura remarqué par ailleurs que les officines traitent différemment la question des mandats présidentiels en Afrique selon le type de rapports existant entre les puissances dominantes et les régimes locaux. Par exemple, sur les cas ci-dessous, elles ne donnent pas de la voix et évitent soigneusement d’attirer l’attention sur ces expériences même si les raisons peuvent être différentes d’un pays à l’autre : Au Cameroun, le Président est aux affaires depuis 1982 soit bientôt 40 ans. Au Tchad, le Chef de l’Etat est en place depuis 1990 soit trente ans. Au Togo, le Président a entamé son quatrième mandat en début 2020. Au Rwanda Kagamé, qui est aux affaires depuis 20 ans, a finalement fait supprimer la limitation des mandats. En Libye, sous Khadafi (1969- 2011), il n’y avait pas d’élections au suffrage universel pour élire le Chef de l’Etat. On le voit, c’est toujours le rapport de forces qui détermine la conduite des officines et non le rapport à la démocratie et au respect des intérêts des peuples concernés. Il fut un temps où Khadafi plantait sa tente en plein Paris, mais lorsqu’il leur est apparu que des plages d’entente n’étaient plus possibles avec lui, ils trouvèrent le moyen de l’abattre créant ainsi une crise sécuritaire inextricable dans ce pays et dans tout le Sahel. L’on se souvient qu’au Zimbabwe, pendant des décennies, le Président Robert Mugabe, grand combattant de la libération du peuple Zimbabwéen, avait préféré différer la question de la rétrocession des terres détenues par les blancs aux africains comme le stipulaient les accords de Lancaster House. Pendant toute cette période, les officines et les gouvernements occidentaux ne se sont jamais intéressés aux élections dans ce pays. Mais il a fallu que Mugabe soulevât enfin la problématique de la rétrocession des terres aux Africains pour qu’ils se mettent subitement à s’intéresser à la démocratie et aux élections au Zimbabwe et à découvrir que celles-ci n’étaient, selon eux, ni honnêtes ni transparentes. Les exemples pourraient être multipliés. Venons-en au Sénégal où le métabolisme politique a été profondément chamboulé avec l’élimination à la dernière présidentielle de février 2019 de nombreux candidats sérieux et où les trois prochaines années risquent d’être marquées par une controverse paradoxale sur un troisième mandat de l’actuel Président de la République. D’ailleurs nous n’excluons pas l’hypothèse qu’une telle controverse soit alimentée et entretenue par des spécialistes de la manipulation avec pour objectif d’ancrer d’ores et déjà dans les consciences la faisabilité d’une telle hypothèse. Ce faux débat prendra un temps précieux qui aurait pu être utilisé à meilleure fin dans un pays où pétrole et gaz sont découverts (en haute mer) en sus de l’or, du zircon, etc. et où la pauvreté était au coude-à-coude avec le taux de croissance avant de prendre, hélas, la tête de la course dans un contexte de pandémie qui garrotte littéralement l’économie. En dépit de la bonne volonté jamais démentie de l’essentiel de l’opposition depuis le début du dialogue, des signes apparaissent de plus en plus montrant le peu d’enthousiasme de certains cercles du pouvoir à faire les concessions nécessaires à des consensus sur les modalités de dévolution démocratique et pacifique du pouvoir et d’une vie démocratique apaisée. Le Sénégal est le seul pays dans la sous-région, avec le Cap-Vert, à n’avoir jamais connu l’intrusion de militaires dans ses affaires politiques. Nous devrions en être fiers et nous mettre à la hauteur des exigences de la situation de crise que traverse la sous-région. Nombre de facteurs qui ont créé ou accéléré la crise politique et sécuritaire dans d’autres pays en Afrique de l’Ouest, sont présents au Sénégal. Il est donc impérieux que des dynamiques réformatrices profondes s’enclenchent pour garantir la paix et la stabilité par la sauvegarde et le respect des droits des
Spécial 22 au Mali : Notre Mali d’hier et d’aujourd’hui
Ce hors-série de L’Essor sacrifie à la tradition, désormais établie par le Quotidien national d’information, de marquer chaque date symbolique de l’évolution de notre pays par un numéro qui sort de l’ordinaire. Le Mali a 60 ans cette année. Si pour une personne, la soixantaine est une borne qui signale le seuil du troisième âge, pour un Etat, il s’agit de l’entame d’un parcours au long cours. Dans notre pays, ces 60 dernières années furent jalonnées de nombreux événements, desquels nous pouvons, en y jetant un regard rétrospectif, tirer des enseignements pour éclairer notre chemin vers l’avenir. Relater par le menu toutes les péripéties de la vie d’une nation, durant six décennies, serait une ambition difficile à réaliser dans un ouvrage. Nous n’avons nullement cette prétention. Surtout que notre projet avait une allure quelque peu téméraire, eu égard au contexte de crise. Malgré les écueils, nous ne pouvions pas manquer ce rendez-vous avec les lecteurs. Ce numéro s’inscrit donc dans la lignée des ouvrages « Mali 2000 » consacré aux 40 ans de notre pays et « Notre Mali » publié à l’occasion du Cinquantenaire de l’indépendance nationale. Au-delà du rappel historique, nous nous focalisons dans cet ouvrage surtout sur la crise qui marque notre quotidien depuis le début des 10 dernières années. La crise. Le Mali semble se la coltiner comme une maladie chronique. La République du Mali a été proclamée dans le contexte de la crise de l’éclatement de l’éphémère fédération qui nous unissait au Sénégal. Cette crise fut un stimulant pour le jeune État parce que les dirigeants de l’époque avaient chevillé au corps le patriotisme et les citoyens en avaient pris de la graine. Plus tard, le Mali n’a pas échappé à la crise qui s’est répandue comme une épidémie à travers l’Afrique, affectant nombre des jeunes États au cours de la première décennie des indépendances. Il s’agit des coups d’Etat militaires. Des bruits de bottes ont résonné dans les palais présidentiels de nombre de pays africains, mettant un coup d’arrêt brutal au pouvoir des pères de l’indépendance et, par la même occasion, aux entreprises de développement. L’irruption des militaires sur la scène politique de notre pays, en 1968, a ouvert un cycle de crises politico-militaires avec son lot de troubles et de règlements de compte à coups de procès permettant au pouvoir de se débarrasser des opposants. La révolution de Mars 1991 a nourri l’espoir, pendant un temps, que le pays était entré définitivement dans l’ère de la dévolution du pouvoir uniquement par les urnes. Les deux mandats du premier président démocratiquement élu, en l’occurrence Alpha Oumar Konaré, furent marqués par des troubles politiques plus ou moins violents. Mais il a réussi à passer la main dans le respect des principes démocratiques. A la fin du second mandat d’Amadou Toumani Touré, patatras ! Ce fut le retour des vieux démons qui avaient résisté à l’instauration d’un système politique pluraliste ouvrant la voie au choix des dirigeants par les urnes. Parallèlement aux crises politico-militaires qui agitent épisodiquement les rues de Bamako, l’irrédentisme dans les régions du Nord, tel un serpent de mer, empoisonne la vie publique du pays. Entrée en sommeil après les épisodes de 1963 et 1990, la crise irrédentiste s’est réveillée, de façon éruptive, sous Amadou Toumani Touré. Depuis 2012, ce volcan continue de répandre des laves déstabilisatrices sur l’ensemble du pays. A la crise sécuritaire qui en résulte s’est greffée une autre, consécutive à la pandémie du coronavirus. Comme si cela ne suffisait pas, une crise sociopolitique a conduit à une nouvelle rupture de l’ordre constitutionnel et lestant un peu plus la barque déjà chargée. Face à ces crises multiformes, la résilience du pays a de quoi surprendre aussi bien les citoyens que nos amis étrangers. Le Mali d’aujourd’hui renvoie l’image d’un cycliste engagé dans une ascension sur un sol argileux qui colle à ses roues. Bréhima TOURE Directeur Général amap
Mali : Discussions entre le CNSP et le M5-RFP pour la mise en place de la transition
Bamako, 19 sept (AMAP) Les discussions entre le Comité national pour le salut du peuple (CNSP) et le Mouvement du 5Juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP), mouvement à l’origine de la contestation contre l’ex président Ibrahim Boubacar Keïta, se poursuivent, aujourd’hui samedi, à Bamako, dans le cadre de la mise en place d’un collège pour désigner les dirigeants et les organes de Transition, a appris l’AMAP de source proche des pourparlers. Les deux parties, qui ont engagé ces discussions, vendredi, divergent sur les résultats de la concertation nationale tenue la semaine dernière. Le (M5-RFP) a dénoncé les pratiques qui ont conduit à l’adoption des textes de la Transition avant de déclarer qu’il « n’entendait ni rompre ni entrer en conflit avec le CNSP ». Il soutient que l’option majoritaire à la concertation nationale est celle d’une transition dirigée par des civils. Pour sa part, le CNSP , qui aparis le pouvoir le 18 aout dernier défend le chois d’un militaire a la tête de la presidence de la Transition. Le porte-parole du Conseil national pour le salut du peuple (CNSP), le colonel-major Ismaël Wagué, a annoncé, mercredi, à Bamako, que le CNSP a engagé le processus de constitution du Collège qui doit désigner le président et le Premier ministre de la Transition au Mali. Dans une conférence de presse, à Kati, pour restituer les conclusions du mini-sommet de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) à Accra, au Ghana, auquel le président du CNSP a pris part, mardi, le colonel-major Wagué a déclaré que le CNSP s’engage à respecter toute décision du Collège, en passe d’être constitué pour désigner les responsables du pouvoir intérimaire. Sans donner beaucoup de détails sur les critères de désignation de ses membres, le porte-parole du CNSP a indiqué que ce collège sera composé de militaires, de représentants de la société civile et d’autres sensibilités de la Nation. Les dirigeants ouest-africains, fermes sur la solution d’un président et un Premier ministre de transition civils, avaient donné une semaine à cet effet, à compter du 15 septembre. Dans ses échanges avec la presse, le porte-parole du CNSP n’écarte pas l’hypothèse de la désignation d’un militaire par le Collège pour diriger la Transition. Il a rappelé que cela est, d’ailleurs, le souhait exprimé, lors de la concertation nationale, par la grande majorité des Maliens. Cependant, il n’exclut pas l’idée d’une concession du CNSP si le choix d’un militaire devait compliquer davantage la situation du Mali. Dans tous les cas, le CNSP s’engage à respecter ce qu’aura décidé le Collège qui, selon Ismaël Wagué, « intégrera dans ses analyses, aussi bien les conclusions de la concertation nationale que la position de la communauté internationale ». Par contre, les fonctions de vice-président et de président du Conseil national de la transition, qui est considéré comme l’organe législatif, seront assumées par des militaires. MD (AMAP)
Mali : La force française « Barkhane » saisit des armes, des motos sur des groupes terroristes (Communiqué)
Bamako, 18 sept (AMAP) Une unité du Groupement tactique désert (GTD) Bercheny, de la Force Barkhane, a saisi « d’importantes ressources logistiques dont des motos, des équipements électroniques mais également des armements de différents types », au cours d’une mission de reconnaissance dans la Région d’Ansongo, dans le Nord du Mali, a annoncé l’opération militaire française. Dans un communiqué parvenu à l’AMAP, vendredi, l’Opération Barkhane a indiqué que ces saisies ont été opérées le 11 septembre dernier, « suite à la fouille de maisons suspectées d’appartenir à des personnels liés aux groupes armés terroristes » Le lendemain, les soldats de la force Barkhane engagés dans une opération de reconnaissance dans le Liptako ont été pris « à partie par un groupe de terroristes qui a réussi à s’exfiltrer’, ajoure la même source. Cette seconde unité du GTD Bercheny, après avoir repris ses opérations de fouille, a « découvert à proximité de la zone de contact plusieurs motos et divers effets militaires ». Dans la même zone, ils ont également découvert d’autres ressources logistiques dont à nouveau des armes de guerre. Conduite par les armées françaises, en partenariat avec les pays du G5 Sahel (Burkina-Faso, Mali, Mauritanie, Niger, et Tchad), l’opération Barkhane a été lancée le 1er août 2014. Elle repose sur une approche stratégique de partenariat avec les principaux pays de la bande sahélo-saharienne (BSS). Elle regroupe environ 5.100 militaires dont la mission consiste à lutter contre les Groupes armés terroristes (GAT) et à soutenir les forces armées des pays partenaires afin qu’elles puissent prendre en compte cette menace. MD (AMAP)
Obsèques nationales de feu Moussa Traoré : Avec les honneurs
Bamako, 18 sept (AMAP) Décédé le mardi dernier à 83 ans, l’ancien président Moussa Traoré, qui a dirigé le Mali pendant 23 ans, a bénéficié de tous les honneurs dus à son rang, avant d’être conduit à sa dernière demeure, le vendredi 18 septembre 2020. La République a mis en branle toutes ses fastes pour celui qui a présidé aux destinées du pays pendant le règne le plus long du Mali indépendant. La cérémonie, sur la Place d’armes du Génie militaire, était présidée par le colonel Assimi Goïta, président du Comité national pour le salut du peuple (CNSP). Dès son arrivée, le colonel Assimi Goïta a signé le livre de condoléances, s’est recueilli sur la dépouille mortelle. avant de s’installer à la tribune officielle. Place à la marche funèbre avec le corps sur un chariot recouvert du drapeau national sous les sons de la fanfare. Ensuite, ce fut les témoignages de la famille et des compagnons du défunt. Doua Abraham Sissoko, beau-frère du disparu, témoignant au nom de la famille, a indiqué que Moussa Traoré avait plusieurs familles au Mali. Mais pour lui, sa première famille était l’Armée. D’après lui, c’était un musulman pieux, un homme simple qui faisait tout dans la plus grande simplicité et avec un sens du devoir. « Moussa Traoré aimait la vérité et avait horreur du mensonge », a dit le frère de son épouse qui a déclaré que le défunt avait le souci du Mali. « C’est pourquoi, il tombait malade chaque fois qu’un évènement malheureux frappait notre pays. Et sa prière était de ne pas mourir laissant le Mali dans la situation difficile qu’il traverse », a dit Doua Abraham Sissoko. UNE VIE UTILE – Au nom de ses compagnons, L’ancien secrétaire politique de l’Union démocratique du peuple malien (UDPM, ex-parti unique), Djibril Diallo, a salué «la mémoire d’un homme d’exception, un homme d’Etat, l’un des enfants les plus illustres du Mali contemporain». Le secrétaire politique du parti unique, à l’époque, a retracé quelques faits saillants dont il a été témoin en tant que ministre d’Etat et secrétaire politique du Bureau exécutif central (BEC) de l’UDPM. Selon M. Diallo, le président Moussa Traoré accordait sa confiance aux cadres maliens jusqu’à preuve du contraire et avait foi à leur génie créateur et à l’esprit d’initiative. «Il me disait toujours ceci : Monsieur le secrétaire politique, chaque fois que Dieu fait, si vous le pouvez, donnez-moi le nom d’un cadre compétent, même s’il ne m’aime pas, s’il aime le Mali, je suis prêt à travailler avec lui», a témoigné Djibril Diallo qui a noté, en particulier, la création du Service national des jeunes qui permettait, non seulement, de choisir les meilleurs cadres mais, également, de fortifier le sentiment patriotique et la conscience civique de ceux qui devraient administrer plus tard. Djibril Diallo a, ensuite, rappelé que sous le magistère de Moussa Traoré, de nombreuses réalisations ont vu le jour dans le domaine de la maîtrise de l’eau, de la modernisation de l’agriculture, de l’organisation et de la mobilisation du monde rural, de la décentralisation, du désenclavement, de l’alphabétisation. De même que dans le domaine économique où les plus grands investissements hydro-agricoles, industriels, énergétiques, routiers du Mali indépendant ont été réalisés à cette époque. BRILLANT PARCOURS – Concernant la politique extérieure, Djibril Diallo dira que Moussa Traoré a été au cœur des débats essentiels sur les regroupements sous-régionaux ayant sanctionné la naissance d’importantes organisations de coopération comme la Communauté économique de l ;Afrique de l’Ouest (CEAO), ancêtre de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMAO), l’Organisation de la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS), le Comité inter-Etats de lutte contre la sécheresse au sahel (CILSS), la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). « Le président Moussa Traoré, a ajouté Djibril Diallo, a consolidé les liens avec les peuples d’Afrique australe du fait que certains leaders des mouvements de libération qu’il a formés sont devenus les hauts responsables de leurs Etats devenus indépendants ». Egalement, le défunt président a tissé d’excellentes relations avec tous les pays épris de paix et de justice sur la base du respect mutuel et de l’intérêt réciproque, «dans le respect des engagements souscrits». Djibril Diallo a dit, en outre, qu’il a rendu le pays, en quittant le pouvoir, avec ses frontières intactes sinon élargies. Le général Amadou Sagafourou Guèye, grand Chancelier des ordres nationaux, avant de présenter ses condoléances, au nom du président du CNSP a, dans l’oraison funèbre, rappelé le brillant parcours du défunt. Né le vendredi 25 septembre 1936 à Sébétou, le jeune Moussa Traoré fit, très tôt, preuve d’une intelligence et d’une maturité au-dessus de la moyenne. « De 1944 à 1950, a-t-il rappelé, Moussa Traoré a fréquenté l’école régionale de Kayes avant de réussir, comme major de la promotion, le concours d’entrée à l’Ecole des enfants de troupes de Kati. Il en sortira, en 1955, également, major de la promotion ». Pour lui, «ce militaire dans l’âme, pour qui la discipline, la dignité, le respect de la parole donnée étaient un véritable sacerdoce a consacré sa vie entière à sa terre natale, œuvrant inlassablement pour son rayonnement au-delà de l’Afrique, ouvrant le Mali au monde». La sonnerie aux morts et un défilé militaire en l’honneur du défunt ont mis fin à cette cérémonie officielle. Le corps a, ensuite, été remis à la famille pour la cérémonie religieuse et son enterrement. Moussa Traoré repose désormais au cimetière de Hamdallaye. A la fin de la cérémonie, l’ancien président Amadou Toumani Touré (ATT), qui l’a renversé en 1991, a déclaré aux journalistes qu’il fut un collaborateur du général Moussa Traoré pour avoir commandé la Garde présidentielle, pendant un temps, et les unités parachutistes dont il lui avait confié le commandement. Pour Amadou Toumani Touré, c’était une marque de confiance. «Je ne pouvais pas ne pas venir», a déclaré l’ancien président qui s’est dit heureux que « le Mali ait organisé une cérémonie aussi grandiose et belle pour un homme qui, à un moment, a incarné notre pays. » Le président de la Transition, entre 2012 et 2013, le Pr Dioncounda Traoré, et plusieurs anciens
Kadiolo : Un nouveau bureau de 15 membres pour diriger le Comité local Eau
Kadiolo, 18 septembre (AMAP) Un nouveau bureau de 15 membres du Comité local Eau, à sa tête Yacouba Konaté de la Commune de Fourou, a été mis en place jeudi à Kadiolo, pour un mandat de 3 ans, sous la présidence du préfet de Cercle, Mahamar Haïdara, a constaté l’AMAP. Le Chef de l’exécutif local a exhorté la nouvelle équipe à tout mettre en œuvre pour relever les défis majeurs de la localité en matière de gestion des ressources en eau . Mahamar Haïdara a saisi l’occasion pour rappeler qu’avec la prolifération des sites d’orpaillage, le cercle est confronté à des problèmes tels que l’utilisation des dragues sur les cours d’eau, la dégradation de l’environnement et l’utilisation de produits toxiques comme le mercure et le cyanure. Le préfet a également invité chacun des participants à servir d’ambassadeur de la protection des eaux dans son village car l’eau est un bien précieux à préserver pour les générations futures. Les CLE qui sont au nombre de 37 dans notre pays, ont été mis en place dans le cadre de la gestion intégrée des ressources en eau (GIRE). Leurs missions fondamentales concernent la mise en œuvre de la gestion intégrée des ressources en eau à l’échelon local de leur zone de compétence Ces missions comprennent l’information, la sensibilisation des populations sur la politique nationale de l’eau, le code de l’eau et les enjeux de développement socio économiques liés à l’eau. Elles comprennent la sensibilisation des populations à l’économie de l’eau et à la protection de sa qualité, la protection des ressources et gestion des conflits, le partenariat et la gouvernance locale (vérification de la prise des décisions du CLE et leur application ; vérification du suivi de l’exécution des décisions intéressant le CLE et la mobilisation des ressources financières nécessaires à son fonctionnement). Les travaux qui se sont déroulés à la préfecture ont regroupé une soixantaine d’acteurs des communes venus de Fourou et de Loulouni, dans le Cercle de Kadiolo. NIO/KM (AMAP)
COMATEX : Marche des travailleurs pour la réouverture de l’usine
Ségou, 17 sept (AMAP) Plusieurs travailleurs de la société Compagnie malienne des textiles (COMATEX-SA) ont marché, mardi, sous une chaleur écrasante, à l’appel de l’Union régionale des travailleurs de Ségou (URTS), pour réclamer la réouverture de l’usine, a constaté l’AMAP. Les 1.300 salariés de la première usine textile du Mali, inaugurée en 1968, sont en chômage technique depuis le 03 août et ne perçoivent pas de salaires. La direction de la COMATEX justifie la fermeture du site par l’insuffisance de matières premières, des problèmes de trésorerie, l’absence d’exonération et l’électricité. Après d’âpres négociations, l’usine n’a toujours pas ouvert. Ce qui a suscité la colère des travailleurs. Tôt le matin, ils se sont d’abord massés à la place de l’Indépendance avant de se diriger vers le Gouvernorat de Ségou. Les marcheurs brandissaient des pancartes où on pouvait lire : «Nous, travailleurs de la COMATEX-SA demandons la reprise des activités sans délai». Avançant en rangs serrés, après plusieurs minutes de marche, les manifestants ont été reçus au gouvernorat par le directeur de cabinet, Siné Dembélé. Le secrétaire général de URTS, Issa Touré, a présenté le mémorandum. De façon générale, les revendications de l’URTS s’articulent autour du redémarrage, « sans délai », des activités d’usinage à la COMATEX-SA, le paiement « de manière rétroactive » des salaires de l’ensemble des travailleurs, la signature du nouvel accord d’établissement de l’Usine de sucre SUKALA-SA, sa mise en application « sans délai » par les entreprises parapubliques et sociétés anonymes implantées dans la Région. Les travailleurs réclament, également, les avantages salariaux obtenus, de 2014 à 2019, par l’Union national des travailleurs du Mali (UNTM), l’une des centrales syndicales du Mali, le respect de la liberté syndicale et, enfin, la réduction des taxes imposées sur les transporteurs par les mairies. « Si, toutefois, les revendications ne sont pas satisfaites », l’URTS observera un débrayage de 72 heures, allant du 23 au 25 septembre prochain, avec sit-in dans tous les lieux publics de la Région, afin de soutenir les travailleurs de la COMATEX-SA. En réponse, le directeur de cabinet du gouverneur de Ségou a rassuré les marcheurs que tout sera mis en œuvre afin de répondre à leurs préoccupations. Issa Touré a espéré que la direction de l’usine répondra positivement à la demande des travailleurs. MS/MD (AMAP)
Mali: La désignation des dirigeants de la Transition est en cours (CNSP)
Bamako, 17 sept (AMAP) Le porte-parole du Conseil national pour le salut du peuple (CNSP), le colonel-major Ismaël Wagué, a annoncé, mercredi matin, à Bamako, que le CNSP) a engagé le processus de constitution du Collège qui doit désigner le président et le Premier ministre de la Transition au Mali. Dans une conférence de presse, à Kati, pour restituer les conclusions du mini-sommet de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) à Accra, au Ghana, auquel le président du CNSP a pris part, mardi, le colonel-major Wagué a déclaré que le CNSP s’engage à respecter toute décision du Collège, en passe d’être constitué pour désigner les responsables du pouvoir intérimaire. Sans donner beaucoup de détails sur les critères de désignation de ses membres, le porte-parole du CNSP a indiqué que ce collège sera composé de militaires, de représentants de la société civile et d’autres sensibilités de la Nation. En engageant le processus de mise en place du Collège pour désigner les dirigeants de la transition, quelques heures seulement après la rencontre de la capitale ghanéenne, le CNSP veut, conformément au souhait des chefs d’État de la sous région, mettre rapidement en place un président et un Premier ministre pour diriger la transition. Les dirigeants ouest-africains avaient donné une semaine à cet effet, à compter du 15 septembre. Ils avaient, aussi, exigé que le président et le Premier ministre soient des civils. Dans ses échanges avec la presse, le porte-parole du CNSP n’écarte pas l’hypothèse de la désignation d’un militaire par le Collège pour diriger la Transition. Il a rappelé que cela est, d’ailleurs, le souhait exprimé, lors de la concertation nationale, par la grande majorité des Maliens. Cependant, il n’exclut pas non plus l’idée d’une concession du CNSP si le choix d’un militaire devait compliquer davantage la situation du Mali. Dans tous les cas, le CNSP s’engage à respecter ce qu’aura décidé le Collège qui, selon Ismaël Wagué, « intégrera dans ses analyses, aussi bien les conclusions de la concertation nationale que la position de la communauté internationale ». Par contre, les fonctions de vice-président et de président du Conseil national de la transition, qui est considéré comme l’organe législatif, seront assumées par des militaires. Lors de cette rencontre avec la presse, le porte-parole du CNSP a fait un compte rendu des échanges que le colonel Assimi Goïta a eus avec les chefs d’État de la CEDEAO. Le chef du CNSP a fait le voyage de la capitale ghanéenne pour présenter les conclusions de la concertation nationale et plaider pour la levée ou l’assouplissement des sanctions prises par l’organisation communautaire contre le Mali. A l’issue des échanges, le CNSP n’a pas eu de suite favorable. Les dirigeants ouest-africains ont, en effet, conditionné la levée des sanctions à la mise en place d’une transition civile. «Ils voulaient que nous donnions un avis favorable à cette requête, dès aujourd’hui, pour qu’on puisse se quitter sur un accord avec un communiqué à la fin », a relaté l’officier supérieur. « Mais, nous leur avons dit que nous n’avions pas ce mandat». Malgré l’intransigeance des chefs d’État, le colonel-major a estimé que ce déplacement à Accra n’a pas été un échec. En effet, selon lui, l’invitation du président du CNSP à ce mini-sommet est une forme de reconnaissance de son statut de chef d’État. Aussi, ce déplacement leur a permis d’expliquer, de vive voix, la situation réelle au Mali et de partager la Feuille de route et la Charte issues de la concertation nationale. Mieux, le CNSP a réussi à convaincre ses interlocuteurs d’étendre la période de transition à 18 mois, au lieu des 12, initialement indiqués par l’institution sous-régionale. ID/MD (AMAP)
Filière anacarde : Les acteurs en conclave pour valider la Stratégie nationale de développement
Bamako, 16 sept (AMAP) Le ministère de l’Agriculture, à travers le Projet d’appui à la filière anacarde au Mali (PAFAM), a organisé, mardi, au Palais de la culture Amadou Hampâté Ba un atelier de validation de la Stratégie nationale de développement de la filière anacarde au Mali. La rencontre était présidée par le conseiller technique du ministère de l’Agriculture, Yacouba Koné, en présence de la coordinatrice nationale du projet PAFAM, Mme Baba Kongo, du président de l’Interprofession de la filière anacarde au Mali (IPROFAM), Dr Ibrahim Togola, des partenaires techniques et financiers et de nombreux acteurs de la filière anacarde. Cet atelier de deux jours, vise à consolider et valider les travaux réalisés dans le cadre de l’élaboration du document de la Stratégie nationale de développement de la filière anacarde, ainsi que le plan d’action pour sa mise en œuvre avec la contribution de tous les acteurs impliqués. Mme Baba Kongo a souligné que cet atelier est d’une importance capitale pour la filière, car il réunit « tous les intervenants de la filière pour faire le diagnostic et donner des axes stratégiques pour assurer le développement de la filière avec un plan d’action sur 5 ans ». Selon elle, le point fort est l’organisation des acteurs de la filière pour assurer la production et la productivité de l’anacarde afin d’apporter de la valeur ajoutée. Le PAFAM cofinancé par l’Union européenne (UE) et par l’Agence espagnole de coopération internationale au développement (AECID) à travers le «Fonds fiduciaire d’urgence en faveur de la stabilité et de la lutte contre les causes profondes de la migration irrégulière et du phénomène des personnes déplacées en Afrique» a pour mission de valoriser la filière cajou au niveau national. L’objectif principal du projet est de contribuer à la lutte contre la pauvreté, au développement durable et à la réduction de l’émigration au Mali par la mise en valeur de la filière anacarde. La filière anacarde est, aujourd’hui, parmi les plus porteuses au Mali. Les bassins de productions sont situés dans les Régions de Sikasso, Kayes, Koulikoro, Ségou. L’anacarde constitue une source importante de revenu pour une bonne partie de la population de ces zones de production et demeure l’une des principales cultures de rente au Mali. Introduite au Mali depuis les années 60, la culture de l’anacarde connait un essor de développement sans précédent grâce aux appuis des partenaires techniques et la politique de développement sectorielle du gouvernement pour diversifier les produits d’exportation, afin d’équilibrer la balance commerciale. Selon Yacouba Koné, le Mali produisait environ 50.000 tonnes de noix brutes et plus du triple en pomme, et cette production a évolué pour atteindre 87.455 tonnes de nos jours. Elle emploie une frange importante de main d’œuvre surtout en milieu rural et occupe une place importante dans les produits d’exportation. Nonobstant cette place de choix des produits de cajou dans le tissu économique du Mali, la filière reste confrontée à des difficultés telles que, le faible niveau d’opérationnalisation et de coordination entre les maillons de production, de transformation et de commercialisation, l’insuffisance des infrastructures et technologies de transformation à grande échelle. Depuis 2007, un processus de structuration de la filière anacarde au Mali a été engagé. Dans cette dynamique, le PAFAM a commandité, une étude pour l’élaboration de la stratégie nationale de développement de la filière anacarde au Mali. Cette étude a pour but de corriger les insuffisances, disposer d’une vision globale de promotion de la filière, définir les principes d’intervention clairs, fixer les objectifs stratégiques et déterminer les axes de travail et actions concrètes en vue de booster la filière anacarde au Mali. MS/MD (AMAP)
Colonel Assimi Goïta face à la communauté malienne au Ghana : « Tout le monde doit se mettre à la tâche »
Envoyés spéciaux Issa DEMBELE Oumar DIOP Accra, 16 sept (AMAP) Le président du Comité national pour le salut du peuple (CNSP), le colonel Assimi Goïta, a invité, lundi, tout le monde à se mettre à la tâche, s’adressant à la communauté malienne au Ghana, en marge du sommet extraordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) sur la situation au Mali, qui s’est tenu, mardi, à Accra, la capitale ghanéenne. Entouré de ses proches collaborateurs, et l’ambassadeur du Mali, au Ghana, Abdoul Kader Touré, le président du CNSP a évoqué les problèmes comme la mauvaise gouvernance, la corruption, l’insécurité qui font sombrer notre pays qui ont justifie la prise du pouvoir par les militaires. «Nous sommes intervenus pour l’intérêt supérieur du pays. Et cela sans effusion de sang », a-t-il soutenu,. Il a indiqué que son ambition « est de poser les jalons du Mali de nos rêves. Toutes choses qui imposent une conjugaison des efforts ». « Tout le monde doit se mettre à la tâche. Et cela demande des sacrifices à consentir », a prôné le colonel Assimi Goïta, ajoutant que « le Mali est notre seul patrimoine commun que nous devons sauvegarder ». Environ deux millions de Maliens sont établis au Ghana, d’où ils suivent, avec intérêt, l’évolution de la situation politique au Mali. Le déplacement des responsables de CNSP a été aune occasion pour eux de mieux comprendre ce qui se passe au Mali. Massivement, ils étaient venus à l’hôtel Peduase Valley, lundi dans la soirée. Devant nos compatriotes établis au Ghana, le porte-parole du CNSP, le colonel-major Ismaël Wagué, a soutenu que l’Armée est intervenue le 18 août pour sauver la nation. Une « mission de sauvetage » dont l’objectif est, selon lui, de « mettre en place les bases essentielles pour qu’on puisse repartir vers un Mali nouveau, à l’issue d’une transition et des élections générales”. Pour y arriver, le CNSP compte sur l’apport de tous les Maliens. «La contribution de tout un chacun est non seulement essentielle, mais aussi vitale», a lancé le colonel-major Ismaël Wagué. L’urgence pour les nouvelles autorités du Mali est de convaincre les chefs d’Etat de la CEDEAO à lever les sanctions qui vont « surtout contre la population, déjà soumise à de rudes épreuves”. Selon lui, la quasi-totalité de la population fait confiance au CNSP. «Que les uns et les autres comprennent cela», a-t-il déclaré, tout en précisant que c’est un «contrat moral» qui lie désormais le CNSP et la population. Ces messages du CNSP ont rassuré nos compatriotes qui, dans leur majorité, ont accueilli favorablement la prise du pouvoir par les militaires. «Nous avons confiance en vous et à tous ceux qui sont impliqués dans la recherche de solutions à la crise malienne », a indiqué Mohamed Maïga. Pour lui, le déplacement du CNSP au Ghana, à l’invitation du président Nana Akufo Addo, prouve que leur pays d’accueil et l’ensemble de la CEDEAO ont « le souci du Mali ». ID/MD (AMAP)

