Mali : Les associations communautaires disponibles pour la stabilisation du pays

Bamako, 30 Oct (AMAP) Le président de la Transition, Bah N’Daw, a reçu mercredi, dans l’après-midi, à Koulouba, les responsables des associations Ginna Dogon, Tabital Pulaaku et Ir Ganda, venus lui exprimer leur disponibilité à œuvrer aux côtés de l’Etat pour la stabilisation du Mali et solliciter son accompagnement dans l’accomplissement de leurs missions auprès des populations. La délégation conduite par Younouss Hamèye Dicko, 1er vice-président d’Ir Ganda, était composée d’Abou Sow, président de Tabital Pulaaku, et de Hamidou Ongoïba, 1er vice-président de Ginna Dogon. « Nous lui avons exprimé d’abord toute notre disponibilité à travailler, au quotidien, aux côtés de l’Etat, dans le sens de la stabilisation du pays qui passe par la paix, la concorde et la restauration du vivre ensemble », a confié aux journalistes, le porte-parole de la délégation, Abou Sow, à l’issue de l’audience. Il a ajouté que « c’est pour cette raison, d’ailleurs, que les trois associations ont choisi de venir ensemble car elles auraient pu le faire individuellement, parce qu’elles sont porteuses du même message avec le même contenu ». Il s’agit d’un message de paix, d’amour pour tous les Maliens, les uns envers les autres. « C’est ce que nous étions venus dire au président de la Transition, tout en sollicitant l’appui de l’Etat pour permettre à ces associations de conduire leurs missions sur le terrain parce qu’elles sont, très souvent, sollicitées aussi bien par les services publics que par les populations, à tous les niveaux », a souligné M. Sow qui a signalé qu’il y a beaucoup de déplacés internes sans autres recours que ces associations lorsqu’ils sont confrontés à des problèmes particuliers. « Ces associations conduisent des missions sur le terrain : organisation de rencontres intercommunautaires, règlement de conflits entre villages, et de conflits de toute nature. C’est pour cette raison que nous avons besoin d’être appuyés et soutenus par l’Etat », a-t-il insisté. D’après le président de Tabital Pulaaku, ce sont des associations qui bénéficient d’ancrage profond auprès des populations. « Nous pouvons parler à ces populations dont nous sommes issus. Nous pouvons intervenir entre les populations lorsqu’elles ont des dissonances et des aspérités, nous pouvons contribuer à les réduire et à aplanir les difficultés entre elles », a-t-il laissé entendre, ajoutant que c’est le rôle de leurs associations. Abou Sow se réjouit d’avoir eu une oreille attentive de la part du président de la Transition qui leur a promis que l’Etat, dans toute la mesure du possible et dans le cadre des lois et règlements, fera ce qu’il pourra. L’occasion a été mise à profit pour remettre au chef de l’état, un mémorandum contenant l’ensemble des préoccupations des populations des différents terroirs. Selon le porte-parole de la délégation, ce mémorandum renferme les conclusions et recommandations formulées, depuis longtemps, par les trois associations qui travaillent ensemble d’arrache-pied et en symbiose. « Elles ont formulé ces recommandations sous forme de mémorandum dont une copie avait été remise aux autorités précédentes. Comme celles-ci demeurent toujours d’actualité, nous avons estimé que les autorités actuelles doivent en disposer », a déclaré Abou Sow, tout en précisant que les recommandations et suggestions contenues dans ce document demeurent pertinentes. DD/DD (AMAP)  

Mali : Le nouveau Médiateur de la République entre en fonction

Bamako, 30 Oct (AMAP) Le nouveau Médiateur de la République, Mme Sanogo Aminata Mallé, a prêté serment, vendredi après-midi, devant le président de la Transition, Bah N’Daw, a constaté l’AMAP. Nommé le 13 octobre dernier, en remplacement de Baba Akhib Haïdara dont le mandat est arrivé à terme, le nouveau Médiateur a, officiellement, pris fonction, après avoir prêté serment devant le chef de l’Etat, dans la salle des Banquets du Palais de Koulouba. Après la lecture de son décret de nomination par le secrétaire général de la Présidence, Mme Sanogo Aminata Mallé a prêté le serment suivant : « je jure et promets de remplir mes fonctions de Médiateur de la République avec honnêteté, impartialité, dans le respect des lois de la République et de ne révéler aucun secret que j’aurai obtenu dans l’exercice de mes fonctions ». La prestation de serment a eu lieu en présence du vice-président, le colonel Assimi Goïta et du Premier ministre Moctar Ouane. DD/MD (AMAP)

Mali : Patrouille policière d’envergure à Bamako pour chasser l’insécurité  

Bamako, 30 Oct (AMAP) Le ministère de la Sécurité et de la Protection civile a initié, depuis jeudi, une patrouille d’envergure, qui s’étalera sur plusieurs jours, dans la capitale malienne, Bamako, et environs. « De jour comme de nuit, plus de 770 éléments motorisés vont passer au peigne fin tous les coins et recoins de Bamako et périphéries afin de dénicher les nids criminogènes qui coupent le sommeil aux paisibles populations », précise un communiqué du ministère publié vendredi. En plus de la police, il y a également la gendarmerie, la garde nationale et la protection civile. Pour la circonstance, les différents directeurs et chef d’état-major concernés supervisent l’opération. Selon le conseiller technique du ministère de la Sécurité et de la Protection Civile chargé des opérations, le contrôleur général Youssouf Binima, “l’insécurité à Bamako nous interpelle tous”. À cet effet, « le ministre de la Sécurité et de la Protection civile a réuni toutes les forces en son sein afin de sécuriser la capitale et ses environnants » . Pour lui, “il faut que la peur change de camp et que les populations vaquent à leurs occupations dans la quietude”. Ainsi, il a demandé à la population une plus grande collaboration, en fournissant des renseignements “afin d’aider ces forces dans leur mission régalienne”. SS/MD (AMAP)

Mali : Le vérificateur général remet son rapport 2019 au président de la Transition

Bamako, 30 Oct (AMAP) Le président Bah N’Daw, a averti, vendredi, que « tous ceux qui voudront se servir du Mali, au lieu de le servir, le feront à leurs risques et périls », a appris l’AMAP de source officielle. « Qu’ils le sachent ! », a insisté Bah N’Daw, dans son discours, lors de la cérémonie solennelle de remise, au Chef de l’Etat, du rapport annuel 2019, du Bureau du Vérificateur général, dans la salle des banquets du palais de Koulouba, indique un texte de la Présidence. Le chef de l’Etat a promis que, dès lundi 1er novembre, les départements ministériels concernés seront mobilisés pour que les responsables des entités incriminées sachent que la performance n’est pas facultative mais obligatoire. « Il n’y a pas d’hésitation possible : c’est soit le Mali, soit la porte ! », a-t-il indiqué. Le Vérificateur général, Samba Alhamdou Baby, a rappelé, lors de la cérémonie, les 31 missions conduites en 2019. Selon le Vérificateur général, les vérifications de performance, au nombre de huit, ont porté sur des entités en charge de la gouvernance du service public de l’Etat et des collectivités territoriales. Selon le Président N’Daw, la Transition ne pourra pas tout faire. Elle a des domaines de priorités où elle est attendue. « Dès lors, il est hors de question, pour moi, que l’or du Mali ne brille pas pour le Mali. L’or du Mali brillera aussi pour le Mali. L’or du Mali brillera surtout pour le Mali », a promis le Chef de l’Etat, selon la présidence de la République. La cérémonie officielle s’est déroulée en présence, notamment, du Vice-président de la Transition, Colonel Assimi Goita et du Premier ministre, Moctar Ouane. AC/MD (AMAP)

Ségou : Le bras de fer continue à la COMATEX

Par Mamadou SY Amap-Ségou Ségou 30 Oct (Oct) Sans rémunération depuis le 3 août, date de la fermeture de l’usine, les 1.300 travailleurs de la Compagnie malienne des textiles (COMATEX), traversent des moments difficiles. La fermeture de cette usine, inaugurée en 1968 et qui constitue le poumon économique de la Région de Ségou, a brutalement plongé dans le désarroi des milliers de salariés. Pour justifier la fermeture de l’usine, la direction invoque des difficultés financières et le non renouvellement de la subvention et des contrats de performance. À la suite de plusieurs négociations sans suite, le comité syndical de l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM) de la société, profondément préoccupé par la situation, a décidé de saisir le Tribunal de grande instance de Ségou. Le délibéré de ce procès intenté par les travailleurs sera vidé mercredi prochain. Le syndicat estime que la direction a envoyé les travailleurs au chômage technique, sans tenir compte des normes du Code du travail. Depuis plusieurs semaines, les machines, qui résonnaient dans l’usine, sont totalement réduites au silence et les mauvaises herbes ont poussé dans la cour de la société, attirant des reptiles. Drapé dans un grand boubou, le visage mangé par une barbe de plusieurs jours et un foulard noué, délicatement, autour du cou, Mody Kéita, travailleur à la section filature de l’usine a, à son actif, 26 ans d’expérience. Selon lui, cela fait des années que la direction de la COMATEX tente, par tous les moyens, de fermer l’usine, afin de procéder à des licenciements. Il ajoute que, fort heureusement, cette idée n’a pas pu aboutir parce que le tandem syndicat-travailleurs veillait au grain. Avec cette mise en chômage, les milliers de travailleurs de l’usine peinent à joindre les deux bouts. Beaucoup se sont retrouvés sans ressources, du jour au lendemain. «Nous n’avons aucun sou pour subvenir à nos besoins. Nos réserves de vivres sont épuisées, notamment le mil, le riz. Nous n’avons rien à se mettre sous la dent», s’inquiète Mody Keita. «Nous sommes obligés de quémander auprès de nos familles et ceux qui sont en mesure de nous aider. Certains travaillent en tant que fabricant de briques, d’autres comme maçons, puisatiers, vidangeurs, afin de tenir la baraque », ajoute-t-il, fataliste. Marié et père de 4 enfants, Oumar H. Dembélé travaille à l’usine comme chauffeur depuis 1994. Il gagne moins de 100.000 Fcfa par mois et estime que la fermeture de la société ne fait que plonger les travailleurs dans la précarité et raviver un foyer d’anxiété. « Les Chinois ne peuvent plus, qu’ils laissent la direction de l’usine à d’autres partenaires ! » C’est la phrase que l’on entend, de plus en plus, chez les ouvriers écœurés par la mauvaise gestion. Mais, il serait injuste de jeter la pierre aux dirigeants de l’entreprise. Oumar H. Dembélé déplore également la passivité du gouvernement qui les a abandonnés à leur triste sort. Cet employé de l’usine raconte que dans leur détresse, les travailleurs de la COMATEX n’ont obtenu aucune aide, ni bénéficier des mesures sociales annoncées par l’ancien chef de l’État. S’agissant des informations qui ont circulé sur un éventuel cas de Covid-19 à la COMATEX, Adama Traoré, le délégué du personnel, dit qu’il n’en est rien. En effet, l’agent de sécurité et de gardiennage soupçonné d’être malade de coronavirus, a été testé négatif et Adama Traoré voit, à travers cette affaire, un moyen pour la direction de licencier les travailleurs. Bintou Fatoumata, une employée de l’usine indique que la COMATEX permet à de nombreuses familles de faire face aux charges qui pèsent sur leurs épaules. Elle nourrit le vœu de voir les 1.300 travailleurs reprendre le chemin de l’usine, tout comme Zakaria Coulibaly, un autre employé qui se souvient des années fastes de la COMATEX. «Avant que l’entreprise ne soit privatisée, on produisait des tissus koba, des basins, des tenues militaires… Depuis qu’elle a changé de statut pour devenir une société anonyme (SA), nous ne produisons que des fils à tisser et tissus en pagne », regrette-t-il. Notre interlocuteur évoque les cars de l’entreprise reconnaissables par leur couleur rouge et qui assuraient le transport des ouvriers matin, midi et soir. Ces cars auraient disparu en 2017 du parc auto où il n’y a plus qu’un camion pour le transport des ouvriers. Pour Zakaria Coulibaly, la mauvaise gestion et le non-respect des lois du travail expliquent la situation plus que jamais déplorable dans laquelle se trouve l’entreprise. Abdoulaye Diakité, le secrétaire général du comité syndical de l’UNT martèle, sans ambage,s que la direction a illégalement mis les travailleurs de l’usine en chômage technique au motif que l’entreprise traverse une crise financière. Il affirme que la direction s’est basée sur l’article 35 du nouveau code du travail qui stipule que « lorsque, pour des raisons d’ordre économique, commandées par des nécessités de l’entreprise ou résultant d’événements imprévisibles présentant le caractère de force majeure, l’employeur décide de mettre en chômage temporaire tout ou partie de son personnel, l’inspecteur du travail doit, au préalable, en être informé ». Selon Abdoulaye Diakité, en temps normal, les travailleurs de la COMATEX partent en congé annuel à partir du mois d’août. Cette fois, à cause du cas suspect de coronavirus, les congés ont débuté le 1er juin pour finir le 30 juin. « A la fin de ce mois, la direction a affiché une seconde notification de suspension de travail. Ensuite, elle a publié un autre avis concernant la mise en chômage technique des travailleurs à partir du 3 août », a-t-il expliqué. Abdoulaye Diakité a soutenu que ni les textes, ni le code du travail n’ont été respectés. Et d’ajouter que la direction s’est contentée juste de placarder une affiche à la porte pour annoncer la fermeture de l’entreprise, sans en informer, préalablement, le comité syndical. De sa privatisation en 1994 à aujourd’hui, la COMATEX bénéficie d’une subvention, en plus des contrats de performance, mise en place en 2009 par l’ex-président Amadou Toumani Touré, une mesure incitative qui vise à soutenir les entreprises industrielles. Ayant pris fin au mois de mai, les deux contrats n’ont pas pu être renouvelés comme d’habitude. Ce qui a provoqué

Algérie : Arrestation d’un terroriste libéré lors de la libération de Soumaila Cissé et Sophie Pétronin

Bamako, 29 Oct (AMAP) Mustapha Derrar, un des terroristes échangés contre la libération de quatre otages détenus par les groupes djihadistes au Mali, dont Soumaila Cissé et Sophie Pétronin, a été appréhendé sur le territoire algérien, a annoncé, mercredi, un communiqué du ministère algérien de la Défense. « Les services de sécurité relevant du ministère de la Défense nationale ont appréhendé, hier 27 octobre 2020 à Tlemcen en 2e Région militaire, le terroriste dénommé Mustapha Derrar », a indiqué le communiqué. Selon le ministre algérien de la Défense, Mustapha Derrar avait rallié les groupes terroristes en 2012 avant d’être libéré au début de ce mois d’octobre au Mali. MT/MD (AMAP)

Mali : Les auteurs des attentats de La Terrasse et du Radisson condamnés à la peine de mort

Bamako 28 Oct (AMAP) Les auteurs des attentats de l’hôtel Radisson Blu et du restaurant-bar La Terrasse de Bamako, en 2015, ont été condamnés à la peine de mort et à 10 millions de francs CFA d’amende, mercredi, par la Cour d’Assises de Bamako. Le mauritanien, Fawaz Ould Ahmed alias « Ibrahim 10 » et son complice, Sadou Chaka dit « Oussama », ont comparu, depuis lundi, dans un procès sous haute sécurité, avec plusieurs filtres de contrôle. L’accusé principal, Fawaz, poursuivi pour plusieurs chefs d’accusations se rapportant au terrorisme, a, sans ambages, reconnu les faits qui lui sont reprochés. L’homme a affirmé avoir agi pour venger les caricatures du prophète Mohamed publiées par le journal satirique francais, Charlie Hebdo. «Nous sommes des djihadistes et non des terroristes, nous faisons le djihad. Cela fait partie de notre religion », a-t-il dit, avant de s’en prendre, également, à la France. Celui, qui se faisait appeler le lieutenant de Belmoktar a expliqué avec forces détails les faits. A la barre, Ibrahim 10 n’a exprimé aucun regret de ses actes. Son compagnon, Sadou Chaka, accusé de complicité et qui a acheminé les armes à Bamako a, pour sa part, déclaré qu’il était au service de Fawaz. « On me demande d’aller déposer ou d’accompagner des gens, j’exécute et c’est tout », a-t-il. Le ministère public, dans son réquisitoire, a demandé la peine de mort. « Ils doivent être fusillés », a-t-il ajouté. Face aux culpabilités établies de leurs clients, les avocats de la défense ont plaidé pour un allègement de peine pour circonstances atténuantes. Après six heures de débats contradictoires, le verdict est finalement tombé : la Cour a suivi le parquet dans ses réquisitions, en condamnant les accusés à la peine capitale et au paiement de 10 millions de francs CFA d’amende chacun. Quant au troisième prévenu Abdoulbaki Abdramane Maiga alias « Abou Mahamdoune » absent au procès, il a été jugé par contumace à la même peine. Pour rappel, Fawaz était accusé d’avoir perpétré des attentats contre le restaurant la Terrasse de Bamako, en mars 2015, tuant 5 personnes dont un Français, un Belge et trois Maliens et aussi l’attentat de l’hôtel Radisson, le 20 novembre de la même année, qui a fait une vingtaine de morts dont 14 étrangers. S’y ajoutent l’attentat contre l’hôtel Byblos à Sévaré, qui avait fait 13 morts, en août 2015, et celui de l’hôtel Nord-sud de Bamako, en mars 2016 qui n’avait pas fait de victime. Ces attaques ont été commis avec le soutien logistique de Sadou Chaka et de Abdoulbaki Abdramane Maiga. TC/MD (AMAP)

Vente de ciment au Mali : Prix variés et concurrence déloyale

Par Fadi CISSE Bamako, 28 Oct (AMAP) Le marché du ciment, matériau essentiel dans les bâtiments et les travaux publics, est loin d’être réglementé. Importateurs et revendeurs appliquent les prix comme bon leur semble. Toutes les astuces sont bonnes pour écouler la marchandise et faire le maximum de profits. Le ciment est un produit très prisé au Mali, un pays constamment en chantier. Ce produit est utilisé dans la construction des bâtiments, des briques, des dalles, du béton et dans d’autres travaux. Dans notre pays, le marché du ciment a enregistré une croissance de 5% en 2019, la production atteignant près de trois millions de tonnes. De nos jours, la forte augmentation de la production locale est devenue une réalité. En effet, de 750.000 tonnes en 2018, l’industrie malienne du ciment a injecté sur le marché 1.135.000 tonnes en 2019, soit une croissance de 51%. Face à la croissance de la production locale, les trois cimenteries sénégalaises (Ciments du Sahel, Soccocim et Dangote), principaux fournisseurs du marché de notre pays, ont globalement vu leurs ventes chuter de 13% : de 1.900.000 tonnes en 2018 à 1.660.000 tonnes en 2019. À l’inverse, la production locale a porté sa part de marché à 41% contre seulement 28% en 2018. Trois sociétés de production sont présentes sur le marché. La plus ancienne est Diamond Cement, avec deux sites de production à Gagontéry, dans le cercle de Bafoulabé (région de Kayes) et à Dio, dans le cercle de Kati (région de Koulikoro). À la quincaillerie Zoulka’ada, sise à Sébénicoro en Commune IV du District, le commerçant Ayouba Traoré nous a expliqué que le ciment local est livré au grossiste au prix de 87.000 Fcfa la tonne et contre 90.000 Fcfa pour les détaillants. Le sac coûte 4.500 Fcfa l’unité. Ce chef de famille affirme vendre uniquement du ciment “Made in Mali” (fabriqué au Mali) de qualité CIMAF qui est le plus sollicité sur le marché par les constructeurs. Ce commerçant a ajouté qu’il y a six mois de cela, le prix du ciment en détail était fixé à 125.000 Fcfa la tonne contre 100.000 Fcfa pour la vente en gros dont l’unité était vendue à 5.500 Fcfa. Par ailleurs, interrogé sur la cherté du ciment malien comparé aux marchés des pays voisins, Ayouba Traoré a simplement dit ignorer la raison de cette situation. Notre équipe de reportage s’est rendue à la quincaillerie de Modibo Keita qui s’impose aussi connue comme un spécialiste dans la vente du ciment en provenance du Sénégal et du ciment local. Pour lui, le prix des différentes qualités de ciment varient souvent. « Ce qu’on produit chez nous coûte plus cher mais il arrive aussi des moments où le ciment importé est plus cher. En tant que revendeur, il nous est difficile d’expliquer cela mais, on arrive à vendre les deux qualités. C’est l’essentiel mais, je pense que la cherté du prix se situe au niveau de nos usines », a dit Modibo Keita, le propriétaire de la boutique de ciment. D’après lui, le ciment sénégalais s’écoule souvent plus que le nôtre, pour sa qualité car, certaines personnes disent que le ciment sénégalais contient plus de colle que le nôtre. « Il y a une différence de 2.500 Fcfa entre les deux qualités de ciment. Le prix de la tonne du ciment malien est de 87.500 et 90.000 Fcfa pour le ciment sénégalais. Chez lui, le sac de ciment malien coûte 4.425 Fcfa contre 4.500 Fcfa pour le sac de ciment en provenance du Sénégal. Pour lui, tout dépend de l’efficacité de la stratégie de la vente et les prix ne sont pas standards, chacun vendant ses produits à sa guise. Modibo Diakité, un revendeur de ciment, nous raconte son expérience en ces termes : « Il nous arrive des fois d’acheter le ciment du Sénégal à un prix inférieur à celui du Mali. Pour le Mali, il faut débourser 87.500 pour avoir le ciment CIMAF alors que celui du Sénégal nous revient à 86.000 Fcfa. Si on y ajoute les frais de déchargement du camion qui s’élèvent à 500 Fcfa, nous se retrouverons avec une somme de 86.500 Fcfa. Nous avons du mal à expliquer cette hausse de prix », dira-t-il aussi. Selon Modibo Diakité, souvent le ciment malien baisse jusqu’à hauteur de 85.000 Fcfa si c’est la marque Diamond. Par contre, il assure que pour le ciment sénégalais, le prix varie entre 86.500 et 87.500 Fcfa. Par contre, notre interlocuteur soutient qu’il cède le sac de ciment du Sénégal à 4.750 Fcfa contre 4.500 Fcfa pour celui du Mali, sans pour autant expliquer clairement cette différence. « En temps de crise, s’il y a une rupture de stock, les deux différentes qualités de ciment seront livrées au même prix allant de 95.000 à 100.000 Fcfa. A son avis, il n’y a pas de prix fixe et chaque commerçant évalue sa marchandise en fonction de sa provenance. Les deux qualités de ciments, surtout la qualité CMM provenant de chez nous, sont achetées par les clients maliens pour sa proximité avec celle du ciment sénégalais dont le prix est de 87.500 Fcfa pour la vente en gros. « Je me ravitaille surtout à la quincaillerie Zoulca’ada et Bon prix car, ils vendent moins chers que plusieurs autres fournisseurs », déclare ce père de trois enfants qui explique avoir trois qualités de ciment malien (CIMAF, CMM, DIAMOND) et trois qualités sénégalaises (DIANGOTE, SAHEL, SOCCOCIM). Parmi toutes ces marques, ce commerçant estime que le CIMAF, tout comme le ciment SAHEL, est convoité par les Maliens, même quand le prix de la tonne grimpe. Par contre, chez Lassana Camara, propriétaire de la quincaillerie Bon prix, le prix d’une tonne du ciment malien s’élève à 79.500 Fcfa sans marchandage car, il trouve que chez lui, la marchandise est beaucoup moins chère que pour beaucoup d’autres. Précisons que ce chef de famille, qui exerce ce métier depuis 5 à 6 ans, ne vend que du ciment local. S’agissant du marché, cet opérateur économique estime qu’il ne peut rien dire sur

Lutte contre l’extrémisme violent dans le Liptako-Gourma : Les acteurs en conclave à Bamako, au Mali

Bamako 28 Oct (AMAP) Un atelier pour poser le diagnostic commun des multiples risques, vulnérabilités, défis, enjeux et interactions dans la Région du Liptako-Gourma a débuté, lundi, à l’École de maintien de la paix Alioune Blondin Bèye (EPM-ABB) à Bamako, au Mali, et a pris fin mercredi. Le séminaire, dont le thème est : « Initiatives de transformation des conflits et la lutte contre l’extrémisme violent : expériences et bonnes pratiques des femmes et des jeunes dans le Liptako-Gourma», vise aussi à créer un espace de partage d’expériences transfrontalières dans le cadre de la lutte contre la criminalité, le terrorisme et l’extrémisme violent mais, aussi, à favoriser la synergie d’actions et le réseautage entre les différents acteurs, intervenant dans la Région La cérémonie d’ouverture était présidée par le ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, Bintou Founè Samaké, en présence de son collègue des Affaires religieuses et du Culte, Dr Mahamadou Koné, de l’ambassadeur du Japon au Mali, Daisuke Kuroki et du directeur général de l’EMP-ABB, le général Mody Beréthé. Le projet, financé par le Japon, à hauteur de 131,5 millions de Fcfa, vise à créer un espace de partage d’expériences, tirées des différentes initiatives locales entreprises par les femmes et les jeunes dans le Liptako-Gourma pour la recherche de la stabilité. Le directeur général de l’EMP-ABB a indiqué que la Région frontalière du Liptako-Gourma, couvrant des parties du Niger, du Mali et du Burkina Faso fait face, depuis 2012, à un climat d’insécurité et de violence permanente et continue. « Il s’agit notamment de deux régions au Niger (Tillabéry et Dosso), de quatre régions au Mali (Mopti, Tombouctou, Gao et Kidal) et de huit autres au Burkina Faso (Ouagadougou, Tenkodo, Manga, Kaya, Fada-N’Gourma, Ziniaré, Ouahigouya et Dori)», a-t-il précisé. Le général Béréthé a aussi souligné que la jeunesse de ces pays est touchée par le chômage, l’insuffisance de perspectives, la porosité des frontières, la fragilisation des liens entre les autorités locales et les populations. Mais aussi par les vulnérabilités socioéconomiques qui sont parmi les éléments constituant le lit de la criminalité, de l’extrémisme violent et du terrorisme. La ministre de la Promotion de la Femme de l’Enfant et de la Famille a dit qu’aujourd’hui, la Région frontalière entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger est minée par un climat d’insécurité et de violence, depuis 2012. Selon Bintou Founè Samaké, la fragilité de cet espace puise ses racines dans un terreau de vulnérabilités socioéconomiques. « Dans ce contexte, dira-t-elle, les femmes et les jeunes ont un rôle prépondérant à jouer pour le retour de la paix et de la cohésion sociale ». Pour la ministre en charge de la Promotion de la Femme, l’apport et le potentiel de ceux-ci dans la prévention des conflits et de l’extrémisme violent dans les trois pays est mal connu et peu documenté. Pourtant leur rôle est déterminant au triple plan : local, national et international. C’est au regard de ce constat, en termes de non visibilité de leurs actions dans ces zones de conflit que l’EMP-ABB a voulu attirer l‘attention des décideurs et des partenaires techniques et financiers sur le travail abattu dans l’ombre par les femmes et les jeunes à travers cet atelier. Quant au ministre des Affaires religieuses et du Culte, il a rappelé que le gouvernement a élaboré et adopté en 2018 la Politique nationale de la prévention et de la lutte contre l’extrémisme violent et le terrorisme au Mali. A en croire Dr Mahamadou Koné, cette politique s’articule autour de cinq axes principaux, à savoir : la prévention, la protection, la poursuite, la réponse et la cohésion sociale. Pour sa part, l’ambassadeur du Japon dira que le projet vise à développer un cadre de partage des meilleures pratiques et expériences entre les acteurs de la sécurité et coordonner les mécanismes, actions et initiatives de stabilisation. Daisuke Kuroki a confirmé l’engagement de son pays à contribuer à une paix durable dans les zones en conflit, dont le Liptako-Gourma. AD/MD (AMAP)  

Négociation avec les terroristes : La France isolée ?

Par Issa DEMBELE Bamako 28 Oct (AMAP) Faut-il négocier ou non avec les terroristes ? La question a refait surface à l’occasion de la récente visite du ministre français des Affaires étrangères et de l’Europe, Jean-Yves Le Drian, au Mali. Paris et Bamako ne sont pas sur la même longueur d’ondes sur le sujet. L’ancienne puissance coloniale s’en tient exclusivement à la mise en œuvre de l’Accord pour ramener la paix. Les Maliens, las d’une crise interminable, veulent bien dialoguer avec certains chefs terroristes. S’étalant au grand jour, cette divergence, qui n’était qu’un secret de polichinelle, a quelque peu froissé les enthousiasmes suscités par l’arrivée du chef de la diplomatie française. Nombre de Maliens ne s’expliquent pas la posture de l’ancienne puissance coloniale qui devrait pourtant se rendre à l’évidence : malgré les actions militaires, aucune amélioration substantielle de la situation ne semble se concrétiser du point de vue de la sécurité. Un constat qui a d’ailleurs amené nombre d’analystes à préconiser un changement de cap via l’instauration d’un dialogue avec les groupes terroristes, tout particulièrement avec Iyad Ag Ghaly et Hamadoun Koufa. L’instauration d’un tel dialogue permettra, au moins, d’assurer aux populations une baisse des actions terroristes et ouvrir la voie aux convois humanitaires à destination des zones où les hommes de ces deux chefs terroristes sont actifs. Nul doute que les populations dans la Région de Mopti sont aujourd’hui preneuses d’un cessez-le-feu, même précaire. Et dans les rangs des forces armées, on applaudirait pour moins que ça. Car le décompte des victimes est devenu lassant dans les états-majors. Un tel dialogue avait été proposé, naguère, par les rédacteurs d’un rapport de l’International Crisis Group (ICG). Ce rapport a eu un fort impact, tant dans le monde de la recherche qu’auprès des décideurs politiques. Pour le chercheur Ibrahim Yahaya, auteur principal de ce rapport rendu public le 28 mai dernier, négocier est une nécessité pour l’Etat malien. «Il n’y a pas d’autres alternatives crédibles et il devient urgent de sortir de l’impasse », soutient le chercheur. Mieux, les appels à engager des négociations avec les groupes terroristes ont émané des milieux où on s’y attendait le moins. Dans une tribune parue dans le quotidien suisse  « Le Temps », le commissaire de l’Union africaine à la paix, Smaïl Chergui, soutient qu’il convient désormais « d’explorer la voie du dialogue avec les extrémistes » en faisant le parallèle avec l’Afghanistan. Quelques jours plus tard, dans une interview au journal « Le Monde », le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a appuyé clairement cette approche. « Il y aura des groupes avec lesquels on pourra parler et qui auront intérêt à s’engager dans ce dialogue pour devenir des acteurs politiques dans le futur», a analysé Antonio Guterres, citant aussi l’exemple afghan. A l’échelle nationale, l’ancien président, Ibrahim Boubacar Keïta, avait publiquement reconnu « la nécessité d’explorer les voies d’une sortie de crise après huit années de guerre sans issue rapide en vue». Lui aussi avait cité les modèles algérien et afghan. Il sera conforté dans son analyse par les conclusions du Dialogue national inclusif (DNI) lors duquel, les participants ont jugé utile d’engager des pourparlers avec les « terroristes maliens». Il est important que la France souscrive à cette démarche. Paris aurait une voix beaucoup plus audible si les actions militaires avaient un tant soit peu réduit l’ampleur des activités des terroristes. Malgré l’action de Barkhane et des militaires des pays sahéliens, les groupes terroristes continuent d’étendre leur emprise sur le territoire malien. Un temps, l’ampleur des attaques et leur caractère meurtrier avait même provoqué une levée de bouclier contre la présence militaire française sur notre sol. Ceux qui voulaient pousser les soldats français hors de nos frontières soutenaient que leur présence n’avait pas de sens du moment où elle ne nous évitait pas de subir les assauts meurtriers des terroristes. Si cette position semblait extrémiste, il est vrai que l’attitude des militaires français ne manquait pas de susciter des interrogations. Les soldats maliens isolés subissaient des assauts massifs des terroristes et les combats duraient des heures. Mais Barkhane ne volait pas au secours des soldats submergés par l’ennemi. Aussi, Paris feint d’ignorer l’existence de passerelles entre certains groupes signataires et les groupes terroristes. Les experts indépendants des Nations unies ont même révélé récemment les identités de ceux qui pêchent en eau trouble. Confirmant ainsi les accusations portées par le président nigérien à l’encontre des maîtres de Kidal, d’où seraient « planifiées des attaques terroristes contre les forces nigériennes ». On ne perd rien en essayant la voie du dialogue avec ceux qui veulent bien faire la paix. ID (AMAP)