Brûlure chez les enfants : Les complications peuvent être fatales
Par Fatoumata NAPHO Bamako, 08 fév (AMAP) La brûlure reste un accident fréquent chez l’enfant. Elle est considérée comme une pathologie grave chez les tout-petits. Ils sont en première ligne pour les accidents domestiques. L’hôpital Gabriel Touré est le seul centre de prise en charge des enfants brûlés. Il reçoit en moyenne 100 cas par an. Environ 2 décès par mois sont causés par des brûlures. D’après Dr Alou Doumbia, chirurgien pédiatre au service de chirurgie pédiatrique de l’établissement hospitalier, en cette période d’hiver, les brûlures sont très fréquentes chez les enfants. Il révèle que son service peut accueillir 3 à 4 brûlés par jour surtout pendant la période du froid. Il explique que les enfants sont plus exposés aux brûlures parce qu’ils sont curieux, trop distraits et sont tentés de toucher à tout. Il incrimine aussi la négligence coupable des parents. « C’est pour cela qu’on assiste trop souvent à des accidents domestiques ». Une brûlure, selon le chirurgien pédiatre, est une destruction de la peau ou de la muqueuse par un agent. Autrement dit, une destruction de la peau ou de la muqueuse par la faute d’un agent causal qui peut être thermique, physique, électrique. L’agent thermique peut être de l’eau chaude, de la flamme ou les étincelles, etc… Les moyens physiques, il y a les vapeurs d’eau dans les laboratoires ou les réactions chimiques. L’agent chimique peut être l’acide et les soudes caustiques, entre autres. La maladie même de la brûlure commence 72 heures après. Elle se manifeste par la malnutrition, l’anémie et la déshydratation. Ces trois facteurs combinés peuvent provoquer le décès de l’enfant. La surface brûlée perd beaucoup de plasma. La déshydratation va favoriser une insuffisance rénale fonctionnelle, des troubles ioniques. La fuite des proctites causera un retard de cicatrisation. Avec l’anémie, il va avoir une hypo perfusion cellulaire entraînant une défaillance polyvicérale. «Moins la brûlure est grave, plus le pronostic est bon. Mais plus elle est grave, plus le pronostic est mauvais », souligne Dr Doumbia, avant de relever que la brûlure est classée en trois degrés. Le premier se manifeste par des petites rougeurs sur la peau. Le deuxième degré est superficiel et profond. Superficiel parce que causé par des phlyctènes. Et profond lorsque ces phlyctènes sont détruites et au fond il y a un aspect blanchâtre. Le troisième degré, c’est la destruction de toute couche cutanée appelée carbonisation. Il précise à ce niveau que la brûlure a un aspect nécrosé. D’après le pédiatre, la prise en charge d’une brûlure est pluridisciplinaire, c’est-à-dire qu’elle nécessite un centre spécialisé. Pour lui, il faut beaucoup de moyens parce que la maladie, en plus de la peau, atteint tous les organes. Les complications locales commencent en effet, au 72è jour de la brûlure. Et ensuite les complications générales peuvent aboutir au décès. La prise en charge dépend de la gravité, c’est-à-dire de l’étendue ou de la profondeur de la brûlure. Mais aussi de l’âge, de l’agent causal, des tares associées et du siège. Pour le premier degré, le chirurgien pédiatre explique que le traitement ne dépasse pas une semaine à 10 jours lorsque la prise en charge se fait adéquatement et dans la célérité. Le deuxième degré superficiel ou profond guérit dans les 21 jours. Mais avec le deuxième degré profond, il précise qu’il faut compléter par des greffes cutanées lorsque ça ne se cicatrise pas. Avec le troisième degré, il faut utiliser la nécrosectomie. Ensuite des pansements gras. « Une fois cela fait, on complète par une greffe cutanée », explique le chirurgien. Il précise que c’est dans les cas où la cicatrisation évolue favorablement. Dans le cas contraire, avec des nécroses des membres, il faut une amputation. Il faut aussi préciser que plus la prise en charge se fait tôt, plus il y a moins de séquelles. Ce qui permet d’éviter des complications qui peuvent survenir. Ces complications sont souvent immédiates. Il s’agit de la malnutrition, l’anémie, la déshydratation. Les complications indirectes peuvent être des brides rétractiles. Par exemple, les enfants qui ont des brides et qui ne sont pas pris en charge rapidement peuvent développer des fibroses, des rétractions. Le traitement nécessite une chirurgie au niveau des doigts ou autres. Avec la présence de certaines maladies comme le diabète, l’épilepsie, la drépanocytose, le VIH/Sida, la cicatrisation n’est pas facile. En effet, ces maladies sont des tares associées qui provoquent un retard de cicatrisation. Les difficultés sont énormes pour la prise en charge de enfants brûlés. Seul centre de prise en charge pour tout le Mali, l’hôpital Gabriel Touré ne dispose pas de plateau technique adéquat pour offrir des soins encore meilleurs à ces enfants brûlés et ne dispose que de 9 lits. La plupart des enfants sont issus de familles démunies alors que la prise en charge est très coûteuse. Pour éviter les brûlures, le pédiatre conseille une bonne surveillance des enfants mais surtout les éloigner de tous agents qui causent la brûlure au niveau de la cuisine. Il faut aussi protéger les prises et rallonges électriques.
Dr Bakary Sambe : “Timbuktu Institute appelle à la co-construction des stratégies au Sahel et au Mali
Propos recueillis par Mohamed Ag AHMEDOU Journaliste indépendant À l’occasion de l’ouverture de son bureau au Mali, le directeur de Timbuktu Institute-African Center for Peace Studies, Dr Bakary Sambe, connu comme l’un des plus grands experts des réseaux transnationaux et du terrorisme au Sahel, répond à nos questions sur les objectifs et axes de travail de son Institut, de l’Observatoire des radicalismes et conflits religieux en Afrique (ORCRA). Ses travaux actuels s’intéressent aux stratégies endogènes, dynamiques transfrontalières et l’expérimentation des approches agiles en zone de crise. Expert auprès des Nations unies, de l’Union européenne (UE), de l’Union africaine (UA), il a notamment conçu et mené le plaidoyer pour l’implantation de la Cellule régionale de prévention et de lutte contre la radicalisation du G5 Sahel (CELLRAD), accompagné le processus d’élaboration des stratégies nationales au Niger, au Burkina Faso, en Centrafrique et réalisé le premier manuel de bonnes pratiques de résilience. Il s’exprime, aussi largement, sur la situation politico-sécuritaire au Mali en pleine transition de même que le rôle des partenaires internationaux, comme la France, ainsi que sur les pistes pour la stabilisation du Mali et l’avenir des coopérations sécuritaires. Pouvez-vous nous parler du Timbuktu Institute ? Dr Bakary Sambe : Timbuktu Institute se veut un cadre de production de connaissances endogènes, d’échanges et de diffusion autour d’une contribution africaine à la promotion et à la consolidation des valeurs universelles de paix. Pour la réalisation d’une telle ambition portée par une nouvelle génération africaine assumant son passé riche de ses métissages et brassages, consciente de son rôle présent en faveur de la paix et de la stabilité ainsi que de sa responsabilité historique pour un meilleur avenir, Timbuktu Institute est un cadre ouvert, inclusif et pluridisciplinaire de recherche et d’actions. Pour ce faire, l’Institut est conscient des difficultés liées aux contraintes politiques, socioreligieuses, culturelles, et à un contexte international et régional où foisonnent les zones de tensions et les crises multiformes. La préoccupation du Timbuktu Institute et de ses chercheurs est que sur toutes les questions importantes pour l’Afrique et le monde puissent s’exprimer des voies africaines audibles et scientifiquement crédibles. Les partenaires internationaux aussi ont besoin d’une ethnologie inversée qui pourrait les aider avec un regard extérieur à leurs paradigmes dominants. Quels sont ses grands axes pour le Mali ? Dr Bakary Sambe : Beaucoup d’acteurs nationaux comme internationaux consultés avant l’ouverture de notre bureau de Bamako nous ont exprimé leur regret de l’absence de l’Institut au Mali qu’ils considéraient comme un non-sens. C’est conscient de la nécessité d’une approche holistique et de réponses multidimensionnelles aux nombreux défis liés au développement, la sécurité, la promotion des droits humains, de la bonne gouvernance, de la réduction des inégalités conflictuelles, des extrémismes religieux et politiques que Timbuktu Institute a été mis en place par des chercheurs et acteurs divers de la société civile régionale. Nous étions toujours convaincus que la seule approche sécuritaire des conflits n’a jamais suffi à les éradiquer. L’Institut privilégie un traitement pluridisciplinaire, ouvert et valorisant les ressources endogènes pour inspirer des méthodes innovantes et agiles de médiation et de résolution de crises en Afrique. Les solutions militaires sont nécessaires pour gérer les urgences sécuritaires mais ne sont ni efficaces ni durables contre le terrorisme. L’expérience américaine en Afghanistan l’a suffisamment démontré. Une kalachnikov n’a jamais pu tuer une idéologie. Quelle est sa particularité par rapport aux autres observatoires sahéliens? Dr Bakary Sambe : Notre Institut allie recherches et actions, plaidoyer et sensibilisation dans le but de promouvoir la paix co-construite, de prévenir et lutter contre toutes formes d’instrumentalisation des idéologies ou religions à des fins de violence et de conflits pouvant déstabiliser ou compromettre la paix et la stabilité des différents pays. De ce point de vue, l’Institut a voulu se distinguer d’autres centres et instituts dont les recherches sont uniquement orientées vers l’académisme classique, ne visant pas forcément à contribuer au changement. Les publications de Timbuktu Institute cherchent à accompagner et éclairer l’élaboration des politiques publiques et proposer des pistes exploitables par les acteurs, décideurs et partenaires internationaux. N’est-ce pas une ambition démesurée dans des pays comme les nôtres ? Dr Bakary Sambe : Je ne le crois pas et c’est justement cette attitude d’esprit qu’il va falloir dépasser. Nous voulons rendre plus évidente la connexion et l’interdépendance entre le monde de la recherche et de la décision. L’Observatoire des radicalismes et conflits religieux en Afrique (ORCRA), animé par les chercheurs de l’Institut, à partir de plus de dix pays de la région, est pour nous une matérialisation d’une telle vision d’anticipation et de prospective sur ces conflits qui couvent, en décelant les signaux faibles que le regard extérieur ou occidental a du mal à capter par les statistiques et autres études décalées des réalités du terrain. Dans nos pays, il est insensé de dépenser les maigres ressources que nous avons dans la recherche sans que celle-ci puisse impacter le vécu de nos concitoyens. Nous sommes dans une logique d’opérationnalisation de la recherche et de ses résultats sur le modèle des grands Think tanks qui structurent la politique étrangère des pays du Nord, en nous imposant la même rigueur scientifique et les mêmes standards en matière d’innovation. Quelle analyse faites-vous de la situation institutionnelle, politique et sécuritaire au Mali ? Dr Bakary Sambe : Le Mali est à la croisée des chemins. Il vit un paradoxe et semble revivre la même situation qu’en 2012 avec une crise institutionnelle à Bamako et une situation sécuritaire qui a du mal à se stabiliser aussi bien au Nord que dans le Centre. L’autre paradoxe est que voilà la jeunesse d’un pays qui s’était soulevée contre la mal gouvernance éprise de liberté et de démocratie et qui se retrouve dans une impasse politique où les institutions tant rêvées ne sont pas encore totalement en place et la paix si désirée n’est pas, non plus, au rendez-vous. Comme nous l’écrivions dès le lendemain du coup d’État d’août 2020, la jeunesse malienne qui, par dépit ou espoir, s’était rangée avec une classe politique désemparée derrière un imam Dicko
Kolondiéba : Un policier disparu et 3 autres blessés dans l’attaque de leur Commissariat par des hommes armés
Kolondiéba, 8 février (AMAP) Un policier est disparu et 3 autres ont été blessés dans la nuit de dimanche à lundi, dans l’attaque du Commissariat de la ville de Kolondiéba, localité située à 150 km de Sikasso, 3ème région du pays, par des hommes lourdement armés et non identifiés, a appris l’AMAP de source locale. Selon notre source, des hommes lourdement armés sur des motos entonnant « AllaHoukbar », ont attaqué vers 1H du matin le Commissariat de la ville, criblant de balles le bâtiment et les engins stationnés avant de disparaitre avec un policier et laissant sur place trois autres blessés. La riposte des agents a permis de repousser les assaillants qui voulaient mettre à feu les engins et tout le commissariat selon notre source qui précise par ailleurs que les blessés ont été évacués à Bamako pour des soins appropriés. Notre source qui déclare que des enquêtes ont été ouvertes pour élucider les circonstances exactes de l’attaque, précise que les populations qui ont fait appel aux forces de défense pour sécuriser la localité, vit dans une peur bleue. DDK/KM (AMAP)
Covid-19 au Mali: Quinze nouveaux cas et deux décès samedi
Bamako, 7 fév (AMAP) Les services de santé ont enregistré, samedi, quelque 15 nouveaux malades du coronavirus sur un total de 885 échantillons testés et 02 décès, annonce le communiqué quotidien du ministère de la Santé et du Développement social.. Les médecins ont déclaré 17 patients guéris au cours des dernières 24 heures, selon la même source Les nouveaux cas positifs du jour sont dépistés dans les Régions de Koulikoro (Près de la capitale) et Tombouctou (Nord), ainsi qu’à travers plusieurs Communes du District de Bamako, précise le communiqué. Avec ces nouvelles données, le Mali enregistre à ce jour, 8.160 cas positifs, 6.054 patients guéris contre 338 décès dont plus de 260 survenus dans les centres de prise en charge. AT/MD (AMAP)
Gratin de céréales : Symbole d’humilié et de solidarité
Par Aminata DIARRA Bamako, 5 fév (AMAP) Dans notre société, le résidu de repas appelé « Sènin dialan» en bamananka est offert, généralement, aux familles démunies. Il peut servir également de goûter pour les tout-petits. Le gratin de riz contient des protéines, des lipides, des glucides et de l’eau. Nos ménagères, particulièrement sur le conseil des vieilles femmes, prennent l’habitude de collecter et de faire sécher ce résidu de repas. Plus tard, en période de soudure ou de difficultés au sein d’une famille, les ménagères laissent libre cours à leur esprit de cordon bleu. Les mères réussissent diverses préparations culinaires africaines savoureuses à base de gratin. La sagesse malienne conseille aux familles de faire preuve d’humilité, en collectant les divers gratins de riz, de mil, de maïs. De temps en temps, des pères de famille réclament de la bouillie de gratin ou un plat de gratin à la sauce ou cuit comme le riz au gras. Mais le plus souvent, cette matière est offerte généreusement aux mendiants, aux ménages démunis. Cette nourriture dans nos foyers, est un moyen de se conformer au précepte religieux d’aider son prochain. STIMULANT – Dr Fodé Moussa Sidibé, enseignant et chercheur, domicilié à Faladiè, définit le gratin de riz comme la partie qui reste collée dans la marmite, après la cuisson. Il pourrait être préparé pendant les petits soirs ou devenir une marchandise. Le médecin a indiqué que le gratin de riz est un complément alimentaire qui doit être conservé soigneusement pour être consommé, éventuellement. Il a ajouté que le gratin de riz est important pour les enfants en bas âge. Trempé dans l’eau sucrée et du lait, le gratin deviendrait, selon la croyance populaire malienne, un fort stimulant de l’intelligence des enfants. La grand-mère Fanta Sidibé habite à Sogoniko. Elle a affirmé qu’auparavant, le gratin de riz, après cuisson, était exposé au soleil, pilé ensuite dans le mortier et, enfin, préparé à base d’huile, d’ingrédients et d’épices. « De nos jours, a déploré la grand-mère, le gratin de riz n’est plus à l’honneur dans la plupart des familles bamakoises. Les mères ne connaissent plus l’utilité de cet aliment. Traditionnellement, ce fond de marmite n’était pas jeté dans les poubelles. Un tel acte était considéré comme un pêché ». La vieille Sidibé a insisté sur ce conseil : « il est interdit de donner du gratin de riz simple à son prochain, sinon, un jour, celui qui donne finira affamé. La bonne manière, sans conséquence nuisible, est de mélanger le gratin avec le riz non cuit ». La couturière Alimata Doucouré a soutenu que, contrairement à l’affirmation de la vieille Sidibé, le gratin de riz occupe toujours une très bonne place dans la famille. Cette artiste mélange la poudre de gratin à la pâte d’arachide et du sucre. Ce mets est un complément alimentaire pour ses enfants. Mme Doucouré s’en réjouit : « Le gratin de riz me permet de donner aux enfants un goûter pour apaiser leur faim. Ainsi, ils garderont les yeux ouverts avant le plus prochain repas ». APPROVISIONNEMENT SIMPLE – Le gratin est, aussi, une marchandise. Au marché de Banankabougou, Nanténin Kouyaté achète du gratin de riz dans les foyers pour le revendre. Cette femme se rend au marché, chaque jour, à partir de 9heures, pour son commerce et est décidée à continuer jusqu’à la fin de ses jours. L’approvisionnement de Mme Kouyaté est simple. Elle achète le gratin de riz auprès de grandes cuisinières lors des cérémonies sociales (mariages, baptêmes, enterrements) et autres évènements. La mesure du gratin de riz est une petite tasse, dont le contenu est vendu à 50 Fcfa. Cette nourriture est achetée par les femmes des foyers démunis, les mendiants, les personnes âgées et les sans domicile fixe. La vieille Kouyaté a affirmé que le gratin est bon pour soigner les constipations. Du point de vue de Mahmoud Camara, chargé de secrétariat CODEX Alimentarus à l’Agence nationale de la sécurité sanitaire des aliments (ANSSA), le riz perd toujours sa valeur nutritive sous l’effet de la chaleur au cours de la cuisson. Le gratin se carbonise et perd une partie des protéines, des glucides, des lipides et de l’eau. Il devient moins nutritif. Il ne faut jamais oublier que l‘organisme humain a besoin de protéines, de glucides, lipides et de l’eau. Camara a souligné qu’il est temps de revoir le mode de cuisson pour pouvoir cuire le riz sans gratin. Si la cuisson du riz se fait à une température très élevée, les lipides se décomposent, en libérant des substances âcres, toxiques et cancérigènes. Le gratin perd, aussi, la valeur nutritive et gustative du riz. Pour avoir une bonne santé, le riz doit être cuit sans gratin pour ne pas nuire à la santé de l’homme sur le plan nutritionnel.
Etats-Unis-Afrique: Joe Biden s’engage pour un partenariat
Bamako, 6 fév (AMAP) Le président des Etats-Unis, Joe Biden, s’est engagé, à travers l’Administration américaine, à travailler avec l’Union africaine (UA) pour promouvoir une vision partagée d’un avenir meilleur. Dans un message vidéo, à l’occasion du 34è sommet de l’UA tenue par visioconférence, samedi, le président américain, a relevé que l’année qui vient de s’achever « nous a montré à quel point notre monde est interconnecté et nos destins indissociables ». « C’est pourquoi, mon administration s’engage à renouer nos partenariats dans le monde entier et à reprendre le dialogue avec les institutions internationales comme l’Union africaine », annoncé M. Biden. « Nous devons tous travailler ensemble pour promouvoir notre vision commune d’un avenir meilleur », a assuré Joe Biden. Selon lui, un avenir de commerce et d’investissements croissants qui favorisent la prospérité pour toutes nos nations. « Un avenir qui favorise la vie dans la paix et la sécurité pour tous nos citoyens. Un avenir résolu à investir dans nos institutions démocratiques et à promouvoir les droits humains de tous. Les femmes et les filles, les personnes LGBTQ, en situation de handicaps et de toutes les origines ethniques, les religions et les cultures, détaille le président des Etats-Unis », a estime le président américain. Selon lui, pour parvenir à cet avenir, « il est essentiel de relever les défis importants auxquels nous sommes confrontés ». Il faut, pour cela, investir davantage dans la santé mondiale, vaincre la Covid-19 et travailler pour prévenir, détecter et riposter aux crises de santé publique futures, et en partenariat avec les CDC africains et les autres institutions au service de la sécurité sanitaire. Joe Biden a, aussi, insisté sur l’élévation de nos ambitions climatiques et faire en sorte que les nations en développement puissent réduire les impacts climatiques qui causent déjà des souffrances, et s’y adapter. Il faut aussi pratiquer une diplomatie cohérente à long terme, en connexion avec l’UA pour faire face aux conflits qui coutent des vies sur tout le continent africain. « Rien de cela ne va être facile », a averti le président Biden. « Mais les Etats-Unis sont aujourd’hui prêts à être votre partenaire solidairement, et à vous soutenir dans le respect mutuel. Nous croyons en les nations d’Afrique. En l’esprit d’entreprenariat et d’innovation dans l’ensemble du continent », s’est-il adressé aux Africains. Et face aux défis qui se présentent, même s’ils sont immenses, il ne fait aucun doute, selon Biden, que « nos nations, nos peuples, l’Union africaine sont à la hauteur de ceux-ci ». « J’espère que je pourrai être avec vous en personne la prochaine fois », a-t-il souhaité, concluant son message. MS/MD (AMAP)
34è Sommet de l’Union africaine : le Mali, pays leader pour le thème de l’année 2021
Bamako, 6 fév (AMAP) Le 34è sommet ordinaire de l’Union africaine (UA), ouvert, samedi matin, fait du Mali, pays leader pour le thème de l’année 2021 : « Arts, culture et patrimoine : des leviers pour construire l’Afrique que nous voulons ». En 2020, l’ancien président, Ibrahim Boubacar Kéïta, a, en effet, été désigné par ses pairs du continent comme « Champion de l’Union africaine pour les arts, la culture et le patrimoine ». Le Premier ministre, Moctar Ouane, qui s’est exprimé au nom du président de la Transition, a réaffirmé que le Mali est le pays leader pour le thème de l’année 2021. A ce propos, M. Ouane a assuré qu’en dépit des changements intervenus à la tête de l’Etat, au cours de l’année dernière, le Mali est honoré et résolument engagé à poursuivre cette mission que la Conférence de l’UA lui a confiée. L’ouverture des travaux de l’organisation continentale, par visioconférence, en raison du contexte de la pandémie de Covid-19 a été dirigée par le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, président en exercice sortant de l’UA. Le fait marquant de ce rendez-vous majeur pour les chefs d’Etat et de gouvernement du continent, a été l’élection du chef de l’Etat de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, comme président en exercice de l’UA, en remplacement du président Ramaphosa. Le président de la Transition, Bah N’Daw, a pris part au sommet virtuel, depuis le palais de Koulouba, en présence du Premier ministre, Moctar Ouane, du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Zeïni Moulaye ainsi que d’autres personnalités. La réponse de l’Afrique à la Covid-19 figure à l’ordre du jour de cette importante rencontre. S’exprimant sur ce sujet, le chef du gouvernement, Moctar Ouane, a indiqué que le Mali prend la mesure de l’importance de la lutte contre la maladie et se réjouit de la création, à cet effet, du Fonds de lutte contre la Covid-19. Signe de son engagement dans ce combat, le Mali a apporté une contribution financière volontaire, respectivement au Centre africain de contrôle et de prévention des maladies et au Fonds d’intervention de l’UA contre la Covid-19, pour un montant total qui avoisine le milliard de Fcfa. Sur un autre registre, le Premier ministre a réitéré l’expression de sa reconnaissance à l’UA et à ses Etats membres pour leur soutien multiforme au Mali dans la lutte contre le terrorisme et les effets d’une crise sociopolitique que connaît le pays. « Mon pays ne saurait être insensible à cette solidarité africaine et internationale qui l’engage résolument à œuvrer à une transition réussie, avec le retour à l’ordre constitutionnel dans le délai imparti », a assuré Moctar Ouane. Du reste, le terrorisme, cette menace à la paix et à la sécurité internationales, reste une préoccupation majeure pour l’ensemble du continent africain, en particulier pour les pays du Sahel. Le Premier ministre en appelle à la mutualisation de nos moyens pour une synergie afin de « lutter, de manière coordonnée et efficace, contre ce fléau». Le chef du gouvernement a remercié les pays partenaires et amis du Mali pour leur appui constant en faveur du développement de notre pays. Singulièrement l’UA pour, notamment, la mise en place d’un Groupe de soutien chargé de coordonner et d’harmoniser les efforts des partenaires pour soutenir le gouvernement de Transition et le peuple malien dans un cadre conjoint et collaboratif. Moctar Ouane a réaffirmé l’engagement des autorités du Mali à mener la transition dans les délais requis et à souscrire à la mise en œuvre de toutes les décisions et recommandations qui seront issues du 34è sommet de l’UA. MS/MD (AMAP)
Le braquage de deux véhicules fait un mort sur le tronçon Ansongo-Labbezanga (Nord)
Ansongo, 6 fév (AMAP) Le braquage de deux véhicules de particuliers, par quatre individus armés non identifiés, a fait, vendredi, un mort, un léger blessé et des biens emportés, sur le tronçon Ansongo-Labbezanga, à 13 km de la ville malienne, dans le Nord, a appris l’AMAP de passagers du convoi. « Il était 9 heures passées, lorsque quatre personnes bien armées ont commencé à tirer sur nous, à 13 km de la ville d’Ansongo. Une balle a mortellement atteint un jeune, de nationalité nigérienne, âgé de 30 ans et un autre a été légèrement blessé », a raconté une victime. “Nous sommes des chauffeurs nigériens assurant le convoyage de véhicules de Cotonou (Bénin) à Gao (Mali). Nous sommes sept passagers, dont mon épouse et ma mère, à bord de deux véhicules. Nous avons quitté Gao ce matin (Ndlr, vendredi) en direction du Niger, avec ces véhicules pour des travaux de réparation à Niamey, au Niger”, a expliqué l’homme. “Nous avons été contraints de nous arrêter. Les assailants nous ont ordonnés de descendre du véhicule, avant de nous mettre, tous, ventre à terre. Nous avons été dépouillés de tous nos biens (argent, téléphones et autres objets plus précieux), a dit un passager du deuxième véhicule. “Pire, même le passager tué a été dépouillé!!!”, a-t-il ajouté, encore interloqué et horrifié. Sous le choc, une voiture a fait un accident qui l’a sérieusement endommagé. “Ils nous ont abandonnés sur place, après avoir fini leur opération. Nous étions donc obligés de rebrousser chemin sur Ansongo”, a dit cette victime, un habitué du tronçon. “C’est ma première fois de vivre une telle horreur”, a-t-il conclu. En attendant son enterrement, le corps de la victime est à la morgue du Centre de santé de référence (CSRéf) d’Ansongo. Les braquages et autres actes sont devenus quotidiens le tronçon Ansongo-Labbezanga. Le mercredi 3 février 2021, des passagers ont été victimes d’un braquage sur ce tronçon, En décembre dernier, deux camions ont été brûlés, par des individus non identifies, au même endroit que le braquage de ce vendredi. SAM/MD (AMAP)
Front social au Mali: Un accord entre le gouvernement et la centrale syndicale UNTM
Bamako, 5 fév (AMAP) Le gouvernement, le Conseil national du patronat du Mali (CNPM) et l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM) ont signé, vendredi après-midi, un accord après l’inclusion des observations à l’origine de blocages dans la signature du procès-verbal de conciliation. Après la grève de 72 heures, du 18 au 20 novembre 2020, et celle de cinq jours, du 14 au 18 décembre 2020, le gouvernement, l’UNTM ont menées des négociations sous la houlette d’une commission de conciliation mise en place à cet effet. Les parties sont parvenues à des accords contenus dans un procès-verbal de conciliation que l’UNTM n’a pas souhaité signer, à cause de certaines de ses observations qui n’ont pas été intégrées dans le PV. La signature du PV de conciliation est intervenue après que ces observations ont été prises en compte et validées en plénière. Ainsi, les parties se sont entendues sur neuf grands points. Il s’agit de la suppression des disparités dans les conditions des travailleurs, par l’établissement de la justice sociale, l’octroi du bénéfice de la prolongation des âges de départ à la retraite selon les catégories A, B2, B1 et C, le recrutement de 8.600 jeunes diplômés dans les fonctions publiques par an pendant cinq ans. L’accord porte, aussi, sur la normalisation de la carrière administrative de divers recrutés de l’enseignement des catégories D-E de la Fonction publique de l’Etat dont les perspectives d’avenir passent par la relecture corrective du Décret n°051/P-RM du 10 février 2011 ainsi que l’intégration des contractuels payés sur fonds propres des hôpitaux, la libération des domaines fonciers de l’Office de radio et télévision du Mali (ORTM) et de l’Institut d’économie rurale (IER) illégalement occupés. Il y a aussi eu accord sur les relations professionnelles, sur le plan politico-économique et juridique, les dossiers des compressés, des partants volontaires à la retraite. Tous ces points sont détaillés dans le document en termes d’accord et à suivre dans leur mise en œuvre. Après la signature, le secrétaire général de l’UNTM, Yacouba Katilé, a indiqué que sa présence s’explique par sa satisfaction de voir la négociation volontaire réussir. M. Katilé reconnait que quelques divergences d’interprétation ont opposé les parties, « mais la volonté de les surmonter a prévalu ». «Nous venons donc de conclure un accord », s’est réjoui, pour sa part, le ministre du Travail et de la Fonction publique, porte-parole du gouvernement, Me Harouna Toureh. Pour Me Toureh, le plus important reste la mise en œuvre des points d’accords pour laquelle une commission de travail a été créée. DD/MD (AMAP)
Communiqué du Ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale (MAECI)
Communiqué du Ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale (MAECI)Le Gouvernement de la République du Mali informe l’opinion nationale et internationale qu’il lui a été donné de constater la publication sur les réseaux sociaux de la décision n° 0011/Pdt CMA, en date du 29 janvier 2021, de la Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA) portant création d’une zone de défense et de sécurité dans le Gourma. Le Gouvernement rappelle que les parties signataires de l’Accord se sont engagées, avec l’adoption de la nouvelle Feuille de route du 18 décembre 2020, à conduire conjointement la réorganisation et le redéploiement des Forces armées et de sécurité reconstituées ainsi que les opérations de Démobilisation, de Désarmement, de Réintégration et d’Intégration des ex-combattants. L’acte ainsi posé constitue une transgression du cessez-le feu conclu entre les parties et dont les clauses les engagent à conserver leurs positions et une flagrante violation des dispositions des articles 17, 25 et 29 de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger relatives aux questions de défense et de sécurité. Cette décision unilatérale de la CMA est de nature à susciter des interrogations et des suspicions au moment où les parties se sont engagées à tenir une concertation de niveau décisionnel pour finaliser la phase d’intégration du dernier groupe des ex-combattants issus des bataillons du Mécanisme Opérationnel de Coordination (MOC) dans les Centres de formation. Face à cette situation, le Gouvernement invite la médiation internationale à se pencher sur la question conformément aux dispositions des paragraphes 7 et 9 du Pacte pour la paix au Mali et invite la CMA à réviser sa position. Aussi, condamne-t-il fermement cette décision qui fragilise le processus de paix dans un contexte de recrudescence des attaques des groupes terroristes dans la zone concernée où se déroulent les opérations « MALIKO et ECLIPSE » en collaboration avec les forces partenaires notamment Barkhane et la Force conjointe du G5 Sahel. Elle est également de nature à compromettre les résultats probants obtenus sur le terrain dans la lutte contre le terrorisme au Mali et dans le Sahel. Le Gouvernement de la République du Mali rappelle sa constante détermination à poursuivre la mise en œuvre de l’Accord et lance un appel à toutes les parties prenantes à maintenir les concertations de haut niveau entre les responsables politiques et militaires, dans le cadre de la mise en œuvre dudit Accord, en vue d’aplanir les obstacles qui retardent encore le déploiement des premières unités de l’Armée reconstituée dans toutes les régions concernées et, de manière plus générale, le parachèvement des objectifs d’étape retenus en matière de défense et de sécurité. Bamako le 05 février 2021

