Prix de condiments : Sempiternel sujet de controverse dans les foyers
Par Baya TRAORÉ Bamako, 25 juin (AMAP) Ousmane Diarra et Assitan Kéita sont mariés depuis plus de 10 ans. Le couple a accepté de nous parler, l’un en présence de l’autre, dans une scène digne de joutes verbales, du vieux sujet de controverse du prix de condiments, Au sein des couples, ce montant fixé, conventionnellement, à charge pour le mari de remettre à son épouse, tous les matins ou tous les mois, est parfois, un thème de plaisanterie entre époux ou, souvent, carrément, de dispute entre eux. « Assitan, chaque fois que tu prépares, je te remets 2.000 Fcfa. Tu ne complètes pas le prix de condiments. Tu utilises une partie de cet argent à d’autres fins», dit le mari à son épouse. Alerte, la femme répond aussitôt à l’accusation, soutenant qu’avec 2.000 Fcfa, elle achète un demi kilogramme de viande à 1.500 Fcfa et le bois à 500 Fcfa. Ainsi, le tour du montant est fait. «Après, je complète pour acheter de la pâte d’arachide à 700 Fcfa, des légumes et autres condiments à 400 Fcfa», réplique Assitan Kéita, en enfonçant le clou. En réponse à son époux qui soutient revenir à la maison, parfois, avec des légumes ou de la viande, la dame rétorque : «Tu peux rester six mois sans apporter de condiments. Donc, acceptes que je complète ton prix de condiments ». Après, en discutant avec nous, Assitan Keita admet que tous les deux doivent faire quelques sacrifices pour contribuer cette charge récurrente de la famille qu’est le prix de condiments. « Sinon, personne ne pourra manger le plat familiale », explique-t-elle. Elle soutient que ce que les hommes donnent « est toujours insuffisant ». « Je vends de la nourriture devant chez-moi. Mes bénéfices sont engloutis dans le prix de condiments », explique-t-elle. Depuis toujours, de nombreuses femmes au foyer, soutiennent compléter le prix de condiments, en l’arrondissant, pour, disent-elles « faire plaisir aux époux et aux autres membres de la famille ». De plus en plus, il est admis que les femmes contribuent aux charges du foyer. Elles aident l’homme à assurer à la famille les trois repas quotidiens. Ainsi, contribuer à « la popote », pour les femmes, n’est pas un exercice aisé. Il s’agit, pour elles, de suivre au centime près son budget au quotidien. Le sujet suscite beaucoup de débats dans les foyers maliens. Devant la gestion du prix de condiments, l’homme et la femme sont-ils réellement à charges et responsabilités égales ? La gestion de la « popote » relève-t-elle de la responsabilité de l’homme. Mme Coulibaly Astou N’diaye, infirmière, est mariée depuis plus de six ans.. Elle habite à Kalaban Coura, dans la grande famille de son mari. Elle, aussi, nous dit qu’elle complète le prix de condiments. Elle soutient que toutes les femmes au foyer en font autant. Mme Coulibaly va plus loin en précisent que celles qui vivent dans les grandes familles sont les plus fatiguées. « Car, justifie-t-elle, dans la grande famille, il faut beaucoup plus de condiments pour que la nourriture soit acceptable ». « Mon mari me donne 1.500 Fcfa, par jour. Je complète cette somme à 2.000 Fcfa pour préparer seulement à midi. Le repas du soir ? C’est moi-même qui m’en occupe. Parfois, je peux dépenser 1.000 Fcfa ou plus», dit la dame. Quant à Mme Sissoko Oulématou Diagouraga, ménagère depuis quatre ans, elle plaint les femmes qui souffrent beaucoup en ce qui concerne la gestion du prix de condiments. Car, selon Mme Sissoko, « sur les marchés, tout est cher et, tous les jours que Dieu fait, les commerçants augmentent les prix des produits ». En plus de cela, la famille s’agrandit au fil des années, avec l’arrivée des enfants. « Depuis le début de mon mariage, mon mari a fixé le prix de condiments à 1.000 Fcfa, tous les jours. Jusqu’au moment où je vous parle, il il n’a pas augmenté d’un kopek ce montant. Alors qu’avant ce que 1000f pouvait acheter, il ne peut plus aujourd’hui. Elle explique que le prix de la viande, de l’huile, ainsi que des ingrédients de tous les plats ont connu une hausse. «Au début, je pouvais ajouter seulement 100 ou 200 Fcfa. Mais, aujourd’hui, je peux compléter jusqu’à 1.000 Fcfa ou plus. Car, il y a les enfants et la cherté de la vie » dit notre interlocutrice. Face à cette situation, elle plaide la compréhension des hommes qu’elle prie « de revoir (à la hausse) le prix de condiments afin de soulager un peu les femmes ». Compléter le prix de condiments est plus aisé pour les femmes qui vivent dans des familles nucléaires, qu’importe la somme qu’on vous remet. Penda Touré, agent comptable, en convient. « Je suis mariée depuis 11 ans. J’arrive à gérer ce que mon mari me donne comme prix de condiments, parce que je vis avec mon époux et mes enfants seulement. Donc, même si je complète, ce n’est pas avec un montant très important. Et il y a des jours ou je ne complète même pas », dit Penda. Selon elle, il y a des femmes, qui n’ont jamais complété le prix de condiments. Farima Sacko, ménagère à Lafiabougou, mariée à Ousmane Diaby, depuis plus de 20 ans, est de cette rare catégorie. Cette mère de six enfants, nous affirme qu’elle n’a jamais ajouté un franc au prix des condiments, depuis qu’elle s’est mariée. «Dès le début de mon mariage, mon mari m’a demandé de ne jamais dépenser un rond dans la préparation de sa nourriture quelque que soit sa quantité, sans son accord. Sinon, il ne me le pardonnera jamais de toute sa vie », explique Farima. « Depuis ce jour, s’il manque un condiment qui coûte, ne serait-ce que 25 Fcfa, je lui dis et il paye, sans problème. Il veut être sûr que c’est de sa poche que vient tout ce qui sera mis dans la nourriture de la famille», dit-elle. De nombreuses femmes de la capitale ne reçoivent pas de prix de condiments de leur époux. Soit parce que le mari est malade, invalide ou en chômage. C’est le cas de Oumou Bakayoko, une femme dévouée à son mari. Mariée avec
Mali : Baisse prévue du prix du ciment
Bamako, 25 juin (AMAP) Le ministre de l’Industrie et du Commerce, Mahmoud Ould Mohamed, et les acteurs du secteur du ciment ont convenu de ramener la tonne du ciment local à 95.000 Fcfa et 100.000 Fcfa pour le ciment importé, a appris l’AMAP, jeudi. À l’issue d’une rencontre avec les importateurs, unités industrielles et distributeurs, pour trouver des mécanismes de stabilisation du prix du ciment sur le marché national, la réunion a décidé de ramener le prix indicatif plafond du ciment local à 87.000 Fcfa la tonne pour les commerçants et 95.000 Fcfa la tonne pour les consommateurs. Concernant le ciment importé, la réunion a convenu qu’à partir de ce vendredi, la tonne sera vendue aux consommateurs à 100.000 Fcfa. « Le ministre, après les échanges avec les autorités sénégalaises, a pris l’engagement d’assurer l’approvisionnement correct du pays et la couverture du gap. Si cela est fait, à partir de lundi, le prix indicatif plafond du ciment importé reviendra aux consommateurs à 95.000 Fcfa», a annoncé le directeur général de la concurrence et du commerce, Boukadary Doumbia, qui a participé à la rencontre. Le prix du ciment, qui s’était envolé ces derniers jours, a amorcé une courbe descendante. De 5.250 Fcfa, le sac de 50 kg était vendu à 6.500 Fcfa, soit une augmentation de 1.250 Fcfa. « Depuis bientôt quatre mois, on a assisté à une augmentation du prix du ciment sans savoir réellement pourquoi », confirme Yacouba Kanté, vendeur à Kabala. Il dit se souvenir qu’il n’y a pas longtemps, le sac de ciment était vendu à 4.500 Fcfa. Le détaillant rejette la responsabilité de la hausse du prix sur les importateurs qui, selon lui, augmenteraient les prix sans explication. « Aujourd’hui, c’est tout le secteur de la construction qui se trouve affecté », confirme Ousmane Diarra, propriétaire d’un entrepôt de matériaux de construction. Selon lui, une nouvelle augmentation du prix du ciment n’est pas à écarter pour la simple raison que la demande est actuellement plus forte que l’offre. L’entrepreneur en BTP, Moussa Coulibaly, explique que « le Mali est, aujourd’hui, en chantier et la grande partie du ciment consommée sur le marché local est importée du Sénégal ou de la Cote d’Ivoire ». Sékouba Coulibaly est un grossiste en ciment. Les deux sociétés de production de ciment installées au Mali sont ses principaux fournisseurs (Ciments et Matériaux du Mali et Diamond Ciment). Il explique l’augmentation vertigineuse des prix, en grande partie, par la forte demande. Selon le grossiste, les coupures d’électricité intempestives ont impacté la capacité de production des usines de ciment au Mali. Concernant l’importation, M. Coulibaly a dit que le Sénégal et la Côte d’Ivoire font également face aux mêmes problèmes. «Il y a une baisse de production de ciment dans ces pays voisins. Ce qui a amené les autorités sénégalaises et ivoiriennes à prioriser les besoins nationaux. Du coup, nos commerçants ne peuvent pas avoir la quantité qu’ils souhaitent importer», souligne-t-il La flambée du prix du ciment a suscité la réaction de l’Association des consommateurs du Mali (ASCOMA). « Le Mali a opté pour la liberté des prix et de concurrence. Cette situation permet aux opérateurs économiques de s’enrichir au détriment des consommateurs. Nous n’avons aucun moyen de faire pression, nous ne pouvons que dénoncer», a déploré Salimata Diarra, présidente de l’ASCOMA. OS/MD (AMAP)
Moutons de Tabaski : Discussions ministérielles à Bamako pour l’approvisionnement du marché sénégalais
Bamako, 25 juin (AMAP) Le ministre malien de l’Industrie et du Commerce, Mahmoud Ould Mohamed, a eu, jeudi, avec son homologue sénégalais en charge de l’Élevage et des Productions animales, Ali Saleh Diop, une séance de travail sur l’approvisionnement du marché sénégalais en moutons pour la prochaine fête de Tabaski. «Je conduis la délégation qui, à la veille de chaque fête de Tabaski, se rend au Mali pour discuter avec les autorités. Ces discussions ont pour objectif d’assurer l’approvisionnement en moutons du Sénégal pour la fête de Tabaski. Cette dernière revêt une dimension religieuse, économique et sociale extrêmement importante pour le Sénégal», a déclaré le ministre Ali Saleh Diop. Le ministre sénégalais a ajouté que l’objectif de ce déplacement au Mali est de faciliter cette opération. «Comme d’habitude, nous avons rencontré une oreille attentive auprès de notre collègue du Commerce. Cette initiative devrait permettre aux marchands de bétail (en l’occurrence les moutons) de mener des opérations lucratives dans le cadre d’un partenariat gagnant-gagnant», a souligné M. Diop. Il a précisé qu’il est porteur d’une «directive présidentielle» qui instruit l’ensemble des ministères sénégalais impliqués afin qu’ils assurent l’aboutissement de cette opération, à travers des facilités d’opérations accordées aux opérateurs maliens pour le plus grand bénéfice de nos deux États. «Je sors très satisfait des échanges que j’ai eus avec mon collègue en charge du Commerce», s’est réjouit Ali Saleh Diop, qui assure que ces échanges augurent une bonne activité commerciale entre les deux pays. «C’est une tradition entre le Mali et le Sénégal, à l’approche de chaque fête de Tabaski, de faciliter les transactions du commerce du bétail de nos opérateurs afin qu’ils puissent approvisionner les marchés sénégalais», a rappelé, pour sa part, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Mahmoud Ould Mohamed. Il a ajouté que les discussions ont porté sur tous les contours de l’opération. «La fête de Tabaski est sacrée pour les deux pays. Par conséquent, le Mali va jouer sa partition pour que les marchés sénégalais soient approvisionnés à la satisfaction des populations», a assuré le ministre. BBC/MD (AMAP)
Sikasso : Une mission de l’union européenne rencontre les autorités régionales et locales
Sikasso, 25 juin (AMAP) Une mission de l’Union européenne (UE), conduite par son ambassadeur, Bart Ouvry, a rencontré jeudi à Sikasso (Sud), les autorités régionales et locales de la 3ème région, notamment le représentant du Gouverneur, Moussa Diallo et le président du Conseil de Cercle, Yaya Bamba, a constaté l’AMAP. Outre l’ambassadeur Ouvry, faisaient partie de la mission de nombreux diplomates venant de la Belgique, du Danemark, de la France, de l’Allemagne, de la Suède, des Pays-Bas, de l’Espagne, de la République tchèque et du Luxembourg, des membres de la Mission de formation de l’Union européenne au Mali (EUTM) et de la Mission de soutien aux capacités de sécurité intérieure malienne (EUCAP). Les échanges ont porté sur les réalisations, les difficultés, les perspectives, les projets de développement en cours dans la zone, avant des visites de terrain. « Sikasso, c’est non seulement le grenier du Mali, c’est une terre fertile mais, aussi, une grande région culturelle surtout celle des Sénoufo. C’est en reconnaissance de cette richesse culturelle que nous venons ici », a déclaré l’ambassadeur de l’UE Bart Ouvry. Selon lui, cette mission leur permettra d’établir les faits et de voir comment améliorer leur coopération avec les autorités des collectivités territoriales de la région. « Je remercie la délégation pour ses multiples interventions dans la Région de Sikasso », a déclaré le président du Conseil régional qui a souhaité que ces interventions se multiplient et mettent davantage les collectivités territoriales au centre de la maîtrise d’ouvrage du développement économique, social et culturel. Yaya Bamba a, enfin, souhaité avoir une zone industrielle dans la région. Toute chose qui permettra de booster les activités industrielles. La délégation a, enfin, visité les locaux du nouveau bâtiment administratif du Conseil régional de Sikasso qui offre toutes les commodités de travail au personnel de la collectivité régionale. MD/KM (AMAP)
Diéma : Le matelas en mousse détrône la paillasse
Par Ouka BAH Diéma, 22 juin (AMAP) La paillasse est un matelas traditionnel, vieux de plusieurs siècles. Fabriqué à partir de sacs en jute ou de fibres extraites du baobab, on le bourre, généralement, de pailles ou de rebuts de fibres de coton, et que l’on ficelle en plusieurs endroits. Avant l’apparition du matelas en mousse au Mali, beaucoup de gens utilisaient la paillasse. Elle était présente quasiment dans toutes les maisons. De nos jours, son usage comme couchette tend à se raréfier, et est devenue presque inexistante, même dans les villages les plus reculés. La mousse de matelas est passée par là. La paillasse a ainsi perdu sa valeur d’antan, dans un monde à l’évolution vertigineuse Tout le monde préfère le confort des matelas moelleux au craquement caractéristique des brindilles et pailles assemblées. Aujourd’hui, dormir sur la paillasse est, aux yeux de certains, un signe d’extrême pauvreté. Beaucoup de femmes n’aiment pas la paillasse. Elles arguent que si l’enfant, dans son sommeil, urine dessus régulièrement, la couchette en pailles finira par pourrir. « Or, avec le matelas, soutient la ménagère Yayaré Soucko, il suffit de le laver soigneusement et de le placer au soleil », pour plusieurs utilisations après. Banta Cissé, un long cure-dents à la bouche, en cette heure matinale, accuse certaines femmes de paresse qui ne mettent pas une toile de plastique sous les fesses de leur enfant la nuit, ou ne leur font pas porter de « couchis » (couches), pour absorber l’urine de l’enfant. Par contre, selon quelques conservateurs, qui lui restent toujours attachés, dormir sur la paillasse, permet d’éviter la courbature. D’autres préfèrent la paillasse à cause de son prix abordable. Trois à quatre mille francs cfa, suffisent pour en acquérir de deux places, gaillardement confectionnée. L’égoutier Makan Tamboura, soutient que le matelas n’est pas un luxe, mais plutôt une nécessité. Et un autre de s’insurger : « Le matelas est l’affaire des riches. Celui qui n’a pas assez de moyens ne peut s’en procurer. Pour un matelas à deux places, il faut débourser, au minimum, 30.000 Fcfa. Plus la qualité est meilleure, plus le prix augmente. Or, trois à quatre mille francs cfa suffissent pour avoir une paillasse». « Si on demande mon avis, déclare Madou Sow, je dirais que la paillasse a des avantages. Son utilisation permet d’éviter la courbature à cause de sa surface dure et rugueuse ». « Le seul inconvénient de la paillasse est que, si elle est sale, surtout celle qui contient de la paille, on ne peut pas la laver, au risque de l’abîmer. En plus, si l’urine de l’enfant s’infiltre dans la paillasse, au fil du temps, elle dégagera une odeur nauséabonde », consent Sow. Fousseiny Sissoko, conseiller de chef de village, ne compte pas laisser sa paillasse au profit du matelas. En tout cas « pas de sitôt », jure-t-il. Contrairement à sa co-épouse, qui se couche avec ses enfants sur des paillasses, une nouvelle mariée a refusé la paillasse que son époux lui a achetée. Elle dit préférer un matelas. « Dans notre famille, sans me vanter, dit la dame, entre deux longs jets de salive, du plus petit au plus grand, tout le monde dort sur un matelas». Avant d’avoir un matelas, un jeune célibataire, qui préfère garder l’anonymat, avait honte que ses visiteurs sachent qu’il passe la nuit sur une paillasse. C’est pourquoi, il fermait la porte de sa chambre, chaque fois, que quelqu’un arrivait. Dans le Cercle de Diéma, les fabricants de paillasses se comptent, aujourd’hui, sur le bout des doigts. A l’entrée de la ville, avant de franchir le pont, à l’emplacement d’une vieille station-service abandonnée, on en voit souvent quelques-unes alignées le long du mur et proposées à la clientèle. Djiguiba Sissoko, ancien fabricant de paillasses, domicilié à Darsalam, a arrêté d’exercer son métier, car il n’en tirait plus aucun profit, à cause de la rareté des clients. A l’époque, il pouvait gagner par jour 25.000 Fcfa, voire plus avec la vente de ses paillasses. « C’est avec l’introduction du matelas dans notre village, par l’entremise de nos ressortissants à l’étranger, que tous ont tourné le dos à la paillasse », dit l’artisan désœuvré. « C’est dommage », regrette-t-il, se pinçant la lèvre inférieure. « J’ai commencé à faire des paillasses avec des sacs de fibres de baobab, puis j’utilisais des sacs en plastique qui sont plus résistants. Mon métier ne me rapporte plus…», raconte Issa Dembélé, la soixantaine révolue. Fatamba Diarra, fontainier à Ballabougou, explique qu’il n’existe plus de fabricant de paillasses dans son village. Le dernier a plié bagages après avoir vu ses affaires marcher à merveille, un moment, puis péricliter en raison de la mévente de ses marchandises. Les Maures, dans leur majorité, refusent la paillasse tout comme le matelas. Youba Coulibaly, notable à Missira, dans la Commune rurale de Grouméra, venus à Diéma avec des enfants pour leur enrôlement, explique que cette communauté préfère le ‘Kapta’, confectionné avec des tiges de bambou, assemblées en lit. Plusieurs personnes peuvent dormir ensemble sur le ‘Kapta’, contre une ou deux personnes seulement sur la paillasse ou le matelas. « Avec le ‘Kapta’, après la pluie, on peut le replacer sur ses pieds et continuer à siroter du thé », ajoute son compagnon de route. « Avec l’évolution de notre monde d’aujourd’hui, on ne sait plus ce qui est bon pour nous ou ne l’est pas », dit un chef traditionnel, un brin philosophe, laissant entrevoir sa préférence. OB/MD (AMAP)
Transition au Mali : Le ministre des Affaires étrangères plaide la solidarité de la communauté internationale
Bamako, 22 juin (AMAP) Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, a invité, lundi, la communauté internationale à prendre la pleine mesure de la situation particulière du Mali plongé, depuis 2012, dans une crise multidimensionnelle. «Nos efforts doivent être concentrés sur la réussite de la Transition. Une levée des mesures de suspension et un engagement constructif avec les autorités de la Transition et l’ensemble des acteurs maliens y contribueront grandement», a dit M. Diop devant les ambassadeurs et représentants des organisations internationales accrédités au Mali. Tout en prenant acte de toutes les mesures prises contre le Mali, M. Diop a indiqué qu’il est important que la communauté internationale prenne la pleine mesure de la situation particulière malienne qui affecte, aujourd’hui, les pays du Sahel et même l’Europe. D’après lui, les sanctions ne peuvent que fragiliser davantage son pays et exposer encore plus la Région du Sahel. Selon lui, le Mali a plus besoin de la solidarité de la communauté internationale pour retrouver sa stabilité et non de sanctions qui ne feront que le fragiliser davantage. C’est pourquoi, il a plaidé la compréhension de la communauté internationale et une lecture plus réaliste et pragmatique des évènements du 25 mai 2021. Abdoulaye Diop a exprimé sa gratitude aux pays africains frères et à la communauté internationale pour les sacrifices consentis aux côtés du Mali. Mais également aux pays et organisations internationales, particulièrement, la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) pour son accompagnement constant à travers ses sommets spécifiques consacrés à la situation du Mali. Selon le ministre Diop, suite à l’avènement de nouvelles autorités à la tête de la Transition, le sommet extraordinaires des chefs d’État de l’organisation, tenu à Accra le 30 mai, a suspendu le Mali. Mais, pour autant, la CEDEAO n’a pas abandonné le pays à son sort. Car, selon lui, au cours de ce sommet, elle a, non seulement, réaffirmé sa ferme volonté d’accompagner le processus de transition, mais aussi exhorté l’ensemble de ses partenaires à poursuivre leur soutien au Mali pour la réussite de la Transition. Le chef de la diplomatie malienne a, aussi, évoqué le dernier sommet de la CEDEAO tenu le 19 juin au cours duquel, elle a pris note de l’évolution positive de la situation au Mali, avec la nomination d’un Premier ministre civil et la formation d’un nouveau gouvernement. Il a souligné que dans le sillage de la CEDEAO, d’autres organisations ont décidé de suspendre le Mali de toutes les activités de leurs instances. ENGAGEMENTS – Abdoulaye Diop a réaffirmé la volonté inébranlable des autorités de la Transition à respecter tous les engagements pris ; à savoir l’organisation d’élections crédibles et transparentes aux échéances prévues, la mise en œuvre intelligente et efficiente de l’Accord pour la paix et la réconciliation, la mise en œuvre des reformes institutionnelles afin de doter le pays de structures de gouvernance crédibles. Et enfin, l’amélioration de la sécurité pour permettre le retour de l’administration sur l’ensemble du territoire. À l’issue de la rencontre, le ministre Abdoulaye Diop a indiqué qu’après sa nomination, une action de sa feuille de route assignée par le chef de l’État est, surtout, de faire en sorte que le Mali reprenne sa place sur la scène internationale et avoir un engagement constructif avec la communauté internationale. D’après lui, c’est de la solidarité de ces pays et de leur compréhension que le Mali a besoin. « Nous avons été très réconforté par les réponses reçues du corps diplomatique qui a indiqué qu’ils sont tous là avec le Mali, sont prêts à accompagner le Mali et qu’ils comprennent nos difficultés», s’est réjoui M. Diop, ajoutant que les diplomates souhaitent que les engagements pris soient respectés, qu’il y ait des actes posés par le gouvernement qui vont dans ce sens. «C’était l’occasion pour nous aussi de comprendre et de décrypter ce qui se passe au niveau de la communauté internationale et de pouvoir rapporter ces messages auprès du chef d’État et du Premier ministre pour que nous puissions cheminer ensemble», a conclu le chef de la diplomatie malienne. Pour sa part, le doyen du corps diplomatique, l’ambassadeur du Royaume du Maroc au Mali, Hassan Naciri, a signalé que la communauté internationale n’a, à aucun moment, abandonné le Mali. De son côté, Bart Ouvry, ambassadeur de l’Union européenne (UE) au Mali, a indiqué qu’il est très important de maintenir leur accompagnement à la Transition parce qu’ils reconnaissent la place centrale du Mali dans la stabilisation de tout le Sahel et de toute la zone de l’Afrique occidentale. D’après Bart Ouvry, les assurances données par le ministre sur l’organisation d’élections crédibles dans les échéances sont très importantes pour l’UE. C’est pourquoi, il lui a renouvelé l’engagement des Européens à soutenir l’organisation des futurs scrutins. DD/MD (AMAP)
Côte d’Ivoire : Laurent Gbagbo demande à divorcer de Simone
Bamako, 22 juin (AMAP) L’ex-président ivoirien, Laurent Gbagbo, de retour depuis jeudi dans son pays, après dix ans d’absence, a déposé lundi 21 juin au tribunal d’Abidjan une demande de divorce d’avec son épouse, Simone Gbagbo. « Laurent Gbagbo annonce qu’en raison du refus réitéré depuis des années de dame Simone Ehivet de consentir à une séparation amiable, au demeurant voie de règlement appropriée à leurs statuts personnel et politique réciproques, il s’est résolu à saisir ce jour, le Juge des affaires matrimoniales du Tribunal de Première Instance d’Abidjan, d’une demande de divorce », précise Me Claude Mentenon, son avocat, dans un communiqué. Le couple s’était marié en janvier 1989 et a eu deux filles. Laurent Gbagbo a été président de 2000 à 2011 et Simone Gbagbo, la première dame de Côte d’Ivoire. Ils ont été arrêtés ensemble en avril 2011. Laurent Gbagbo, 76 ans, vit en couple depuis de nombreuses années avec Nady Bamba, une ex-journaliste de 47 ans. Il est rentré avec elle jeudi en Côte d’Ivoire, après son acquittement et le feu vert du président Alassane Dramane Ouattara. SS/MD (AMAP)
Pénurie d’eau à Tombouctou : Inauguration de quatre forages par les autorités régionales
Tombouctou, 17 juin (AMAP) Le gouverneur de la région de Tombouctou, le Commissaire divisionnaire, Bakoun Kanté a inauguré mercredi 16 juin 2021, dans le Quartier Abaradjou (Nord-est) de la ville des forages conçus pour soulager la souffrance des habitants du secteur, a constaté l’AMAP. Le manque crucial d’eau dans la zone a engendré beaucoup de difficultés et de problèmes dans cette banlieue. Informés de la situation, le Gouverneur de région, le président du Conseil régional, le préfet de Cercle et le maire se sont donnés la main pour juguler le problème d’eau. C’est ainsi qu’il a été instruit que soient réalisés 4 forages en différents endroits du quartier pour que l’eau coule à flot pour les riverains. Ces forages sont financés sur le budget régional pour un coût global de plus 70 millions de Fcfa. Ils sont dotés chacun d’un château d’eau équipé de pompe électrique alimentée par des panneaux solaires d’une grande autonomie. Le gouverneur Bakoun Kanté a fait remarquer que le seul souci des autorités au plus haut niveau est d’offrir aux Maliens où qu’ils soient un cadre de vie décent avec une sécurité garantie. L‘inauguration de ces points d’adduction d’eau potable est une réponse des autorités administratives et politiques (Conseil régional) de la Région et du Cercle au cri de cœur des populations. Il a fait savoir que ces joyaux sont financés entièrement sur le budget régional. Le chef de l’éxecutif régional a remercié les jeunes du quartier qui ont donné l’alerte à temps, les autorités locales pour leur engagement et les services techniques. Il a salué l’initiative «citerne» qui consistait à distribuer gratuitement de l’eau aux familles du secteur par les services de la Protection civile et la Minusma. Le gouverneur a exhorté les bénéficiaires à prendre soin de ces points d’eau et à créer des comités de gestion. Le président du Conseil régional Boubacar Ould Hammady a, pour sa part, demandé aux bénéficiaires de veiller sur ces forages, de s’occuper de leur entretien afin qu’ils durent longtemps. Le représentant des bénéficiaires, Billy Baba a encore en mémoire les difficultés qu’ils avaient endurées avant ces forages. Un fût d’eau de 200 litres était cédé à 1.500 Fcfa, le bidon de 20 litres à 200 Fcfa. C’était à l’époque où, il fallait veiller pour espérer avoir un mince filet d’eau. «La crise d’eau a déstabilisé beaucoup de ménages», a reconnu Billy Baba. Il a remercié le chef de l’exécutif régional, le président du Conseil régional pour ce geste hautement humanitaire. Les populations ont manifesté leur joie à travers chants et danses, une manière pour elles de remercier les généreuses bienfaitrices que sont les autorités régionales. MS/KM (AMAP)
Sikasso : Lancement du processus d’élaboration de la 2ème génération du plan stratégique de développement régional
Sikasso, 15 juin (AMAP) Un atelier sur le lancement du processus d’élaboration de la 2ème génération du plan stratégique de développement régional (PSDR) pour la période 2021-2030, a regroupé vendredi à Sikasso, les membres du comité régional d’orientation de coordination et de suivi des actions de développement (CROCSAD) venant des sept cercles de la 3e région, sous la présidence de la représentante du Gouverneur, Mme Kanté Marie Claire Dembélé, a constaté l’AMAP. C’était en présence du président du conseil régional de Sikasso, Yaya Bamba et de plusieurs responsables des collectivités régionales et locales de la 3ème région. Il s’agissait d’intégrer les enjeux liés aux changements climatiques sensibles au genre dans le PSDR de la région de Sikasso, contribuer à améliorer la cohérence politique, spatiale et temporelle des documents de planification. Avec la prolongation du projet d’appui à la mise en œuvre de la stratégie nationale d’adaptation aux changements climatiques de la GIZ, le Conseil régional de Sikasso et ce projet allemand ont convenu de poursuivre leur collaboration. La représentante du chef de l’exécutif régional a saisi l’occasion pour remercier la GIZ pour son accompagnement dans le cadre de l’élaboration de la 2eme génération du PSDR. Le président du Conseil régional de Sikasso, pour sa part, s’est réjoui de l’intérêt que la GIZ accorde à cette thématique en acceptant d’accompagner la collectivité régionale dans l’élaboration de la 2eme génération du PSDR qui couvrira la période 2021-2030. Yaya Bamba a rappelé que la 1ère génération du PSDR, élaborée dans le cadre de la mise en œuvre du projet d’appui à la décentralisation et au développement économique régional (PADDER) est arrivé à terme en 2020. M. Bamba a enfin souligné l’importance du Plan Stratégique de Développement Régional qui est le document de référence au niveau régional, car il définit les orientations et les axes stratégiques de développement dans lesquels tous les intervenants dans la région doivent s’inscrire. Au cours des travaux les participants impliqués dans le processus d’élaboration du plan stratégique de développement ont été largement édifiés sur les outils d’intégration des changements climatiques sensibles au genre dans les documents de planification régionale et locale. Le processus d’élaboration du PSDR se poursuivra dans les commissions techniques locales et régionales jusqu’en juillet 2021. FD/KM (AMAP)
Pèlerinage 2021 : Pas de Hadj pour cause de Covid-19
Bamako, 15 juin (AMAP) Les fidèles musulmans de nombreux pays, y compris les candidats maliens au Hadj 2021, n’accompliront pas le 5è pilier de l’islam pour la deuxième année de suite, a annoncé, lundi, le ministre des Affaires religieuses, du Culte et des Coutumes, Dr Mahamadou Koné. « Seuls les fidèles musulmans résidant dans le pays des deux Saintes mosquées seront acceptés sur les lieux saints. Il s’agit, précisément, des candidats âgés de 18 à 65 ans. Cette restriction vise à prévenir, en amont, une contamination au coronavirus à large échelle », a précisé M. Koné, au cours d’un point de presse, après sa rencontre avec les représentants des agences de voyage à la Maison du Hadj. Le royaume d’Arabie saoudite, qui abrite les lieux saints de l’islam, a annoncé l’annulation du Hadj pour les pèlerins étrangers. Ceux-ci n’auront donc pas la chance de fouler le sol saoudien cette année et d’accomplir le cinquième pilier de l’Islam. C’était aussi le cas en 2020. La mesure des autorités saoudiennes a créé un vent de panique et de déception chez les pèlerins maliens dont on imagine aisément le désarroi moral. Et pour cause,. « En ce qui concerne le Mali et, conformément aux conditionnalités fixées par les autorités saoudiennes, a indiqué le ministre, toutes les dispositions avaient été prises pour permettre aux candidats déjà inscrits d’effectuer le voyage sur les lieux saints de l’islam en vue de s’acquitter de leur devoir religieux ». Mieux, a révélé Dr Mahamadou Koné, « des contacts permanents sont maintenus et une correspondance avait même été adressée récemment aux autorités saoudiennes en charge du pèlerinage pour leur notifier la disponibilité de notre pays » à participer au Hadj 2021, après avoir satisfait à toutes les conditionnalités édictées, principalement la vaccination contre la Covid-19, en attendant les dernières mesures à envisager dans ce cadre. Le ministre en charge des Affaires religieuses a relevé qu’en retour, toutes les assurances avaient été données par la partie saoudienne sur l’effectivité du Hadj de cette année. « La décision d’annulation du Hadj 2021 pour les pèlerins des autres pays, sans exception, est tombée comme un couperet », a regretté le ministre Koné. «Il faut accepter la volonté divine avec la conviction que le Hadj est déjà agréé pour tout candidat de bonne foi», a-t-il dit. Il a tenu à lever toute équivoque sur une quelconque discrimination de notre pays. Il fait remarquer que c’est une mesure qui frappe tous les pays musulmans dont les pèlerins rallient la Kaaba pour accomplir leur acte de dévotion. Quant au directeur général de la Maison du Hadj, Dr Abdoul Fatah Cissé, il a rappelé que le Guichet unique, dédié à toutes les formalités liées au pèlerinage, demeure fonctionnel de manière permanente pour les campagnes à venir. Cet exercice de clarification, décidé de commun accord entre acteurs étatiques et privés, visait à anticiper les interprétations, à mettre tout le monde au même niveau d’information, en gagnant aussi du temps sur les prochaines campagnes du Hadj, d’un point de vue organisationnel et professionnel. YD/MD (AMAP)

