Goodluck Jonathan attendu à Bamako jeudi prochain
Bamako, 21 fév (AMAP) Le médiateur de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) pour le Mali, l’ancien président nigérian Goodluck Jonathan, effectuera une mission à Bamako le jeudi 24 février 2022, annonce la commission de l’organisation sous-régionale. Dans un communiqué, rendu public lundi, la Commission de la CEDEAO précise que la « mission fait suite aux rencontres techniques qui se sont tenues, la semaine dernière, sur le chronogramme des élections et permettra de discuter des prochaines étapes avec les autorités de la Transition ». « Le médiateur de la CEDEAO sera accompagné du président de la Commission, Jean-Claude Kassi Brou et du commissaire en charge des Affaires politiques, de la Paix et de la Sécurité », selon la mêne source. Goodluck Jonathan dont la dernière visite au Mali date du 21 décembre 2021 était porteur, lors de ce déplacement, d’un message des chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO au président de la Transition, le colonel Assimi Goïta. SS/MD (AMAP)
Sanctions de l’UEMOA : Le gouvernement du Mali saisit la Cour de justice communautaire
Bamako, 21 fév (AMAP) Bamako a constitué un collectif de six avocats maliens pour saisir la Cour de justice de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA) de deux recours contre les décisions issues de la Conférence des chefs d’Etats et de gouvernement de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) du 09 janvier 2022, annonce un communiqué de ces avocats daté du lundi 21 février. A la demande des autorités de la Transition, ce pool d’avocats conduits par Me Moustapha Cissé, Bâtonnier de l’Ordre des avocats du Mali, a introduit un « premier recours (qui) tend à obtenir de la Cour de Justice de l’UEMOA sise à Ouagadougou, au Burkina Faso, l’annulation des décisions sus visées ». Le deuxième recours tend à demander « la suspension de l’exécution des sanctions eu égard aux effets gravement préjudiciables à l’Etat du Mali, aux populations maliennes et africaines vivant au Mali », souligne le communiqué. La même source précise que les deux recours, évoquant « l’illégalité absolue des sanctions au regard des textes et objectifs de l’organisation régionale, ont d’ores et déjà été formellement enregistrés au greffe de la Cour de justice de l’UEMOA le 15 février 2022. Ces décisions des deux organisations sous-régionales imposent de lourdes sanctions économiques et financières au Mali qui réagit, ainsi, sur le terrain juridique et entend « user de toutes les voies de recours légales pour exiger l’annulation de ces mesures restrictives. AT/MD (AMAP)
Faits d’armes
Envoyés spéciaux MT & HK Koutiala, 21 fév (AMAP) L’opération d’envergure «Kélétigui» a été lancée en décembre 2021 pour traquer les groupes terroristes jusque dans leurs sanctuaires les plus reculés. Cette mission à laquelle participe le Groupement tactique inter-armé (GTIA 2) basé à Karangana, localité située à 70 km de Koutiala, a réalisé plusieurs succès probants sur le terrain. Les terroristes qui écumaient certaines localités des Régions de Sikasso et Koutiala (Sud) ont pris la fuite face à la puissance de feu des Forces armées maliennes. «Le GTIA est une composante inter-armé. Nous avons des blindés, l’artillerie, la prévôté et d’autres entités comme les renseignements qui participent aux opérations», explique le capitaine Amadou Diallo, commandant sous GTIA 1 de l’opération Kélétigui. Cette coordination dans la mise en actions des opérations se révèle décisive dans les victoires militaires sur le terrain. Les différentes entités de l’opération Kélétigui ont à leur actif des faits d’armes remarquables comme la neutralisation de groupes terroristes dans les collines de Tièrè, le 14 janvier dernier, la récupération de véhicules, d’engins à deux roues et de matériels militaires. Entre le 17 et le 22 janvier 2022, les reconnaissances offensives dans les secteurs de Tièrè, Tanguela, Danderesso, Mizansso, Kougniou et Kabalé ont été menées avec des fouilles de la forêt de Tandio et la destruction à l’artillerie d’une base terroriste dans les collines de Tièrè. Ces opérations ont conduit à la récupération d’un véhicule, d’un camion-citerne de 10 tonnes transportant du carburant, un camion de contrebande, la saisie de sept motos, l’interpellation de 22 suspects terroristes. Sur les collines de Tandio, les opérations avec l’appui de l’artillerie ont permis la destruction de base terroriste et la récupération de deux véhicules et l’interpellation de suspects. La montée en puissance des Forces maliennes dans les localités de Koutiala et Sikasso rassure les populations. Celles-ci reprennent leurs activités économiques longtemps perturbées par la présence des groupes terroristes. MT/HK (AMAP)
Opération Kélétigui : Le film de l’assaut contre une base terroriste
Envoyés spéciaux Mohamed TOURE Habib KOUYATE Koutiala, 21 fév (AMAP) La veille d’un assaut important sur les positions terroristes signalées par les renseignements, le staff de commandement du GTIA 2 trace le plan ce 12 février 2022. Autour d’une table métallique, les responsables militaires donnent les consignes aux chefs d’équipes. Sur des cartes, les coordonnées et les positions ennemies sont déterminées et l’opération peaufinée. Les bases terroristes sont localisées dans les collines et les zones boisées du triangle Karangana, Tandio et Ourikila, dans le Cercle de Yorosso, à plus de 70 km de Koutiala. Les militaires espèrent mettre le grappin sur les groupes terroristes qui, désormais en difficulté, n’affrontent plus directement l’armée mais jouent à l’évitement. JOUR J. – Les étoiles scintillent encore dans le ciel quand les hommes se mettent en ordre. Dans la fraîcheur des alentours buissonneux, les moteurs des engins, blindés Puma, BRDM 21 et BTR tournent. Le convoi s’ébranle et traverse le village de Karangana pendant que les habitants dorment encore. Les ruelles sont vides et silencieuses. «Pour ce type d’opération, il est important de sortir avant le lever du jour pour la discrétion. C’est important aussi pour éviter les indicateurs qui informent les terroristes des mouvements de nos troupes mais surtout pour surprendre l’ennemi», souffle un militaire. Les pick-up et les blindés poursuivent leur chemin et glissent lentement entre les pistes poussiéreuses et caillouteuses. Pas grand-chose n’est visible aux alentours. Sauf les grands baobabs. Le périmètre est touffu. D’où l’importance des engins blindés dans ce type de convoi. Les herbes peuvent atteindre plusieurs mètres de hauteur. Les véhicules touchent aux branchages. Ces forêts sont infestées de terroristes souvent prêts à jaillir et à attaquer par surprise. Mais également minées d’Engins explosifs improvisés (EEI) très meurtriers. Quelques minutes après, nous arrivons à destination. L’équipe d’artillerie est rapidement déployée. Le terrain est dégagé à coup de machette. Un long tuyau muni d’un trépied est installé. «C’est le Grade 2 M, une nouvelle arme à destruction massive de l’artillerie sol-sol. Elle tire des roquettes à 20 km de distance pour abattre les ennemis dans leur zone de concentration et détruit ses moyens de feu», explique l’adjudant-chef Drissa Koné, chef de section artillerie du GTIA 2 de Kélétigui. Les herbes alentours sont défrichées parce que après un tir du Grade 2 M, les flammes sont projetées au-delà de trois à quatre mètres au moment des départs des obus. NOUVELLES ARMES – «Cette manœuvre est une occupation de la position de tirs et la mise en batterie des pièces d’artillerie. Nous allons tirer à 13 km sur les collines situées dans le triangle Karangana, Tandio et Ourikila où la présence de groupe terroristes est signalée ainsi que leurs sanctuaires», explique le commandant Kokè Diarra, officier chargé de la conduite des opérations. Les têtes d’obus, portées par trois hommes, sont montées prêtes à être tirées. Les coordonnées sont calculées et marquées dans le dispositif. Le feu vert est donné par l’adjudant-chef Drissa Koné. Une salve d’obus est lancée sur les positions des terroristes. Les détonations assourdissantes des tirs sont suivies par le bruit des impacts à quelques minutes d’intervalle. Les artilleurs se félicitent et se congratulent. «Les tirs ont touché les cibles», assurent-ils. La première partie de la mission est donc accomplie. «Il faut des opérations du genre pour désorganiser le système de défense ennemi et le prendre à revers. L’ennemi sera pris dans l’étau et n’aura pas d’échappatoire», poursuit le commandant Kokè Diarra. Le matériel est rapidement plié car les opérations doivent durer toute la journée. Sur le chemin du retour, l’un des blindés de reconnaissance a une crevaison. Une souche d’arbre a perforé l’énorme pneu de l’engin . Plusieurs hommes entament rapidement les manœuvres pour changer la roue du mastodonte d’au moins 12 tonnes. Bloquant le passage, les militaires décident de se frayer un nouveau chemin. Armés de haches et de coupe-coupe, ils commencent à couper les arbustes pour créer une piste. Une partie de l’équipe va rentrer à la base pendant que d’autres resteront pour sécuriser le véhicule avant le dépannage. Aussitôt revenues au quartier général, d’autres troupes du GTIA 2 sont positionnées pour l’assaut sur les hauteurs de la colline de Tandio. Prêts à dénicher les terroristes désormais désarçonnés par les bombardements dans les collines. Nous embarquons dans un des blindés qui participent à cette opération. Dans les pick-up, des militaires sont assis, armes au poing et casques vissés sur la tête. Un silence de cathédrale règne dans cette cabine où les secousses sont interminables. Le chef d’unité dans une autre voiture donne, à travers la radio, des consignes à ses hommes. Il les appelle à la vigilance et à appliquer le plan. Sur les hauteurs de la colline de Tandio, les engins sont positionnés stratégiquement. Le dispositif est impressionnant car la grosse artillerie est sortie. Les soldats quadrillent le terrain et effectuent des fouilles dans les buissons. L’avancée des troupes se fait avec une extrême prudence. La colline de Tandio est connue pour être infestée de terroristes que les militaires de Kélétigui ont déjà affrontés. TIREURS EMBUSQUÉS – Leur stratégie, c’est de se terrer sur les hauteurs et tirer au loin sur les militaires en approche. La fouille du périmètre sera menée en étroite coordination entre les sous unités GTIA, positionnées. Les dernières consignes sont données par le capitaine Amadou Diallo, commandant du sous GTIA 1 à ses hommes. Ce chef de compagnie est une véritable force de la nature. Le colosse à la taille de gladiateur porte un pistolet fixé à la taille, en plus de son fusil d’assaut. Il est basé avec ses hommes à Tandio, en contrôle de zone et effectue des missions offensives journalières contre les positions des terroristes. Sur un schéma sommairement tracé à même le sol, il rappelle les grandes lignes du plan. Les armes et équipements sont encore vérifiés. L’offensive est ordonnée. Les militaires avancent sur le terrain méticuleusement. Sur ce terrain rocheux et escarpé nous continuons le ratissage au côté de l’unité du lieutenant Moulaye, commandant du sous GTIA 2, venu par un autre chemin avec ses hommes. Nous avançons doucement
Retrait de Barkhane et Takuba : Pas de temps à perdre !
Par Issa DEMBELE Bamako, 21 fév (AMAP) Pour le gouvernement, puisque le partenaire français n’a de cesse de violer le cadre juridique régissant notre coopération militaire, il n’y a pas de raison qu’il reste encore longtemps sur notre sol Après la suspension en juin 2021 des opérations conjointes FAMa-Barkhane, faite sans que les autorités maliennes ne soient consultées, suivie des décisions unilatérales de retirer Barkhane et Takuba, Bamako s’est vu dans l’obligation de dénoncer les “violations flagrantes du cadre juridique liant la France et le Mali”. Des «manquements répétés (aux) accords de défense» qui ont amené le gouvernement de Transition à adopter un ton de fermeté. Son dernier communiqué invite les «autorités françaises à retirer, sans délai, les forces Barkhane et Takuba du territoire national, sous la supervision des autorités maliennes». En fin de compte, le président Emmanuel Macron aura réussi à dilapider le prestige de «Serval», opération qui a suscité un élan de sympathie des Maliens à l’égard de la France. Il aura terni également l’aura de leader européen en matière de sécurité au Sahel, que le cas malien aurait pu conférer à son pays. On n’en serait pas là si Paris n’avait pas multiplié les fautes politiques. Ceux qui ont pris le pouvoir au Mali ont été assimilés à des personnages qui représenteraient un danger pour la démocratie. Au même moment, d’autres « putschistes » sont conviés à Paris. Ces dirigeants invités à l’Élysée pour décider de l’avenir de la force Barkhane ne se distinguent pas tous par leur qualité de démocrate. Loin s’en faut. Cette politique de deux poids deux mesures ne pouvait que davantage écorner l’image de la France au Sahel et plus particulièrement au Mali, où les motivations de son engagement militaire sont controversées. Nombreux sont ceux qui n’ont jamais cru que la France soit réellement incapable de réduire le pouvoir de nuisance des groupes terroristes. Et ce n’est pas qu’au Mali qu’on se pose des questions : «Je m’étonne que les Français n’aient pas été capables d’éradiquer ces bandes terroristes. Le veulent-ils vraiment, ou ont-ils un autre agenda ?», s’interrogeait le ministre de la Défense burkinabé Chérif Sy dans un entretien à l’hebdomadaire sud-africain Mail & Guardian, en juin 2019. Les critiques se sont exacerbées au fur et à mesure que des groupes terroristes – que l’on croyait anéantis – se reconstituaient et menaient des actions d’envergure sur le terrain. Il est clair pour chacun que le Septentrion malien n’est aujourd’hui ni plus sécurisé, ni plus stable qu’au moment du déploiement de Barkhane. La dégradation de la situation est réelle dans d’autres régions, avec les répercussions que l’on sait sur les populations civiles. En somme, comme l’a rappelé le gouvernement dans son communiqué, les résultats attendus « n’ont pas été satisfaisants », ni en 2013 avec l’opération Serval ni en 2016 avec l’opération Barkhane. Cette réalité a sapé la prétention de Paris à asséner des leçons de démocratie à des autorités soucieuses des préoccupations de leurs concitoyens qui aspirent avant tout à la sécurité. D’où les manifestations de soutien à la Transition dont les actions sont aussi interprétées comme un refus du néocolonialisme. «À bas la France !», «France, dégage !» entend-on fréquemment, depuis août 2020, dans les rues de Bamako. Pas plus tard que samedi, le mouvement Yèrèwolo – “Débout sur les remparts” a réussi une nouvelle mobilisation pour célébrer le retrait de Barkhane et de Takuba. Les réseaux sociaux amplifient cette contestation – elle ne date pas d’hier -, les articles de presse s’en font l’écho. Dans une lettre ouverte adressée à Emmanuel Macron, Cheick Oumar Sissoko, ex-ministre de la Culture, a dénoncé l’«habitus colonial», cette «disposition d’esprit faite de complexe de supériorité et de mépris souverain à l’égard de peuples dominés, exploités par le colonialisme français, qui est ancrée, cultivée et entretenue au sein de la classe dirigeante française». Le chanteur malien Salif Keita avait affirmé qu’il n’y avait «pas de terroristes en Afrique, mais des mercenaires payés par la France». À son retour à Bamako, il a reçu un accueil triomphal. En se redéployant hors du Mali, sans la certitude d’y pouvoir vraiment améliorer la situation sécuritaire, Paris ouvre un boulevard aux puissances qui lorgnent le Sahel. Les Russes, que les Maliens n’ont de cesse de réclamer l’arrivée, n’y verront qu’une opportunité de grignoter dans ce qui était jusqu’ici considéré comme le pré carré de la France. ID (AMAP)
L’Armée malienne neutralise 57 terroristes et détruit du matériel à Tessit (Nord)
Bamako, 20 fév (AMAP) L’aviation des Forces armées maliennes (FAMa) est intervenue, dans l’après-midi du 18 février 2022, et neutralisé des colonnes de motocyclistes armés non identifiés dans le secteur d’Archam, à l’Ouest de Tessit, dans le Nord du Mali, ont annoncé des sources militaires. Les frappes aériennes FAMa ont tué ces groupes terroristes qui tentaient de submerger une unité accrochée lors d’une patrouille et « le ratissage a permis de dénombrer 57 terroristes neutralisés et divers matériels détruits », précise l’État-major général des Armées, dans un communiqué publié vendredi. La destruction totale de la base terroriste, consécutive à de violents combats aux alentours de la forêt refuge, a fait 8 morts, 14 blessés, 05 portés disparus et 02 véhicules détruits côté FAMa. Selon la même source, l’unité des FAMa était en reconnaissance offensive de recherche et de destruction de sanctuaires terroristes. « Elle avait missions de réassurance et de protection des populations civiles, récemment victimes d’exactions extrêmes des groupes terroristes ayant provoqué leurs déplacements forcés du Gourma vers le Liptako », explique l’Armée. Plusieurs hommes armés, présumés terroristes, ont tué une quarantaine de civils, dimanche 6 février 2022, aux environs 14 heures, au cours d’une attaque concomitante dans plusieurs villages de la Commune rurale de Tessit, ont annoncé, jeudi, les autorités administratives. Les assaillants ont fait irruption, dans les localités de Tadjalate, Tazimé, Keygouroutane, Marsi, Bakane, Abagazoz, sur une cinquantaine de motos et à bord de huit véhicules pick-up estampillés Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) d’Iyad Ag Agaly et de Amadou Kouffa, et ont semé la terreur parmi la population. « L’État-major général des Armées s’incline devant la mémoire des morts et présente les condoléances les plus attristées de la Nation aux familles et proches et souhaite prompt rétablissement aux blessés ». Il rappelle que ces « frères d’armes, d’une grande bravoure, sont morts vaillamment au combat pour la noble cause de la défense de la Nation qui reste reconnaissante ». « L’État-major général des Armées salue (leur) courage et rappelle que rien n’arrêtera les FAMa dans leur lutte implacable pour le retour de la paix et de la quiétude des populations. SS/MD (AMAP)
Tessit (Nord) : Après l’attaque de dimanche, une mission de reconnaissance ratisse la zone
Gao, 18 fév (AMAP) Une mission de reconnaissance de la section « Kodo » des forces de sécurité maliennes se trouve dans la Commune rurale de Tessit (Nord) pour ratisser la zone, après l’attaque terroriste de dimanche dernier. Le commandant du théâtre-Est de l’opération « Maliko », le colonel, Famouké Camara, a expliqué que l’objectif principal de cette mission est de ratisser toute la zone, dans un rayon de 50 km et de sécuriser les couloirs des déplacés vers Tessit, Gao et le Niger. Cela permettra de renforcer les unités des forces de défense et de sécurité basées dans la Commune rurale de Tessit et de rassurer les populations. Suite à ces événements douloureux dont le bilan provisoire est d’une quarantaine de civils tués, la mission de reconnaissance appelée « Dambé » a été initiée, mercredi dernier, par le colonel Camara. Selon l’officier, en plus des opérations sur terre, des appuis aériens d’un MI-35 ont été menés dans la zone. « Pour une aide médicale des personnes (AMP), un second vol du MI-35 à bord duquel se trouvaient des infirmiers, des médecins qui ont apporté des soins et fait des consultations au profit de plus de 500 déplacés de l’attaque barbare des six villages ». « Malgré nos moyens financiers limités, nous sommes en train de planifier une autre mission pour apporter des vivres à ces déplacés. Et nos portes sont ouvertes à toutes les personnes de bonne volonté pour venir en aide à ces sinistrés », a déclaré le colonel Famouké Camara. L’attaque attribuée au Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans (GSIM) a été perpetrée contre les populations des villages de Tadjalate, Tazimé, Keygouroutane, Marsi, Bakane, Abagazoz ( dans la Commune rurale de Tessit) Elle a été annoncée par les autorités administratives du cercle d’Ansongo. AT/MD (AMAP)
Un expert de l’ONU constate une amélioration de la sécurité au Mali
Bamako, 18 fév (AMAP) L’expert indépendant des Nations Unies sur la situation des droits de l’homme, Alioune Tine, qui séjourne au Mali depuis le 8 février, s’est rejoui, jeudi, de l’amélioration de la situation sécuritaire du pays. «C’est la première fois, depuis ma visite au Mali en 2018, qu’il y ait eu une amélioration de la situation de la sécurité, reconnue unanimement à la fois par le commandement militaire, par l’administration territoriale, par la société civile et les populations que nous avons rencontrés», a expliqué l’expert indépendant des Nations Unies, cité par ‘Afrique actuelle’. « Il y a eu une amélioration de la situation des personnes déplacées », a-t-il reconnu après avoir échangé avec le Premier ministre Choguel Maiga et les différents acteurs de la transition. Il a exprimé le même avis sur la question des droits humains. «Il y a eu une amélioration aussi sensible de la situation des droits humains, les violations et les atteintes aux droits de l’homme ont baissé», a-t-il indiqué, M. Tine a ajouté : « Nous avons, également, émis des recommandations concernant l’ouverture de l’espace civique parce que nous estimons aussi que les Maliens doivent être unis face aux défis qui existent à l’heure actuelle ». Selon les observateurs de la situation malienne, ces avis constituent un un bon point pour les autorités maliennes qui ont accentué les moyens de lutter contre l’insécurité et la menace terroriste à laquelle le pays est confronté. MD (AMAP)
Le Mali invite la France à retirer « sans délai » les forces Barkhane et Takuba du territoire national (Communiqué)
Bamako, 18 fév (AMAP) Le gouvernement du Mali a invité les autorités françaises à retirer, sans délai, les forces Barkhane et Takuba du territoire national, » sous la supervision des Autorités maliennes », indique, vendredi, un communiqué officiel. Répondant à la décision du gouvernement français, jeudi, de retirer les forces militaires Barkhane et Takuba engagées contre le terrorisme au Mali, Bamako indique prendre acte « d’une « décision unilatérale » de Paris en « violation des accords liant la France et le Mali et impliquant d’autres partenaires », précise ce communiqué du gouvernement, Face aux annonces du président français, Emmanuel Macron, Bamako ajoute qu’ « au regard de ces manquements répétés des accords de défense, le gouvernement invite les Autorités françaises à retirer, sans délai, les forces Barkhane et Takuba du territoire national, sous la supervision des Autorités maliennes », selon la même source. Selon le communiqué, la décision des autorités françaises fait suite aux annonces également « unilatérales de la France, le 03 juin 2021, de la suspension des opérations conjointes avec les Forces armées maliennes et le 10 juin 2021 de la fin de l’opération Barkhane, sans préavis et sans consultation préalable de la partie malienne ». « Ces décisions unilatérales constituent des violations flagrantes du cadre juridique liant la France et le Mali », dénonce le gouvernement. Le gouvernement malien, poursuit le communiqué, signale que, par rapport aux attentes, « les résultats obtenus et annoncés officiellement par les autorités françaises, n’ont pas été satisfaisants, ni en 2013 avec l’opération Serval (détruire le terrorisme, rétablir l’autorité de l’État malien sur l’ensemble du territoire national, faire appliquer les résolutions de l’ONU) ni en 2016 avec l’Opération Barkhane (lutter contre le terrorisme, aider à faire monter l’Armée malienne en puissance, intervenir en faveur des populations) ». « Malgré la présence de l’Opération Barkhane et des forces internationales, de 2013 à 2021, le Mali a risqué la partition et la menace terroriste localisée au Nord du Mali, s’est répartie sur l’ensemble du territoire national », ajoute le communiqué de Bamako. Le gouvernement rappelle, par ailleurs, que l’Opération Serval n’aurait pas été nécessaire si l’OTAN n’était pas intervenue en Libye en 2011. Indiquant, aussi, que cette intervention qui a modifié la donne sécuritaire dans la Région et dans laquelle « la France a joué un rôle actif de premier plan (…) est à la base des problèmes sécuritaires actuels du Mali en particulier et du Sahel en général ». « Contrairement aux allégations relatives à la dégradation de la situation sécuritaire, les autorités de la Transition, dans l’exercice de leur droit souverain, ont entrepris des actions volontaristes pour diversifier les partenariats, consenti d’énormes efforts, permettant ainsi la montée en puissance des Forces armées maliennes et l’amélioration significative de la situation sécuritaire sur le terrain, depuis 6 mois, notamment, en vue de créer les conditions de la tenue d’élections », assure le gouvernement. Le communiqué insiste sur les efforts du gouvernement « pour un retour rapide à l’ordre constitutionnel ». Il s’agit, notamment, de la création du mécanisme de concertation visant à adopter un chronogramme consensuel avec la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) , I’Union africaine (UA), I’Organisation des Nations unies (ONU) et certains pays de la Région. Le gouvernement malien exhorte les Forces armées et de sécurité nationales à « plus d’engagement, de vigilance et de détermination dans l’accomplissement de leurs missions » et « s’incline devant la mémoire des victimes de l’insécurité, civiles et militaires, maliennes et étrangères ». Enfin, les autorités de la Transition expriment la disponibilité du Mali à davantage de dialogue et de coopération « avec les partenaires soucieux de la prise en compte des intérêts vitaux ». Ce dialogue se fera « dans le respect de la souveraineté nationale et de la dignité du peuple malien », indique le communiqué, assurant que « toutes les dispositions sont prises pour garantir la sécurité » du pays. MT/MD (AMAP)
Barkhane au Mali : Une fin bien triste
Par Issa DEMBELE Bamako, 18 fer (AMAP) Près d’une décennie d’engagement massif (5.100 soldats), des milliards d’euros engloutis, des dizaines de victimes…et, au bout, une fin dans un contexte de tension diplomatique entre la France et le Mali. Barkhane, la plus longue opération militaire extérieure française depuis 1962, se termine sur une mauvaise note qu’aucun des deux pays n’aurait souhaité Le président français, Emmanuel Macron, a annoncé hier solennellement la fin de l’opération Barkhane au Mali. Les soldats français vont donc devoir quitter notre sol, sans avoir réussi à enrayer la menace terroriste ni empêcher son extension aux pays voisins. Ils vont s’en aller presque sous les quolibets des Maliens, exaspérés par l’accumulation de drames, malgré la présence massive des forces étrangères chez nous. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il y a de l’électricité dans l’air en ce qui concerne les relations entre Bamako et Paris. Rien ne va plus entre les officiels français et maliens. Le ton paternaliste des premiers est jugé inacceptable par les seconds. Les liens se sont dégradés à tel point que l’on s’attendait à ces annonces faites mercredi à l’issue du mini-sommet qui a réuni à l’Élysée, le président français et certains dirigeants ouest-africains. Désormais, il n’est plus question d’une simple ré-articulation du dispositif à l’effet d’associer d’autres pays européens, mais plutôt d’un désengagement total. La Task force Takuba, à peine opérationnelle, entamera aussi un «retrait coordonné». Le Canada et les États européens opérant au sein de cette force ayant estimé que «les conditions politiques, opérationnelles et juridiques ne sont plus réunies pour poursuivre efficacement leur engagement militaire». Mais, ils resteront dans la région, notamment au Niger et dans le Golfe de Guinée, pour poursuivre leur action contre le terrorisme. Les paramètres de cette action commune seront connus d’ici juin 2022. Pour les Maliens, la fin de ces opérations signifie le début de quelque chose de nouveau, une prise en main de notre destin sur le plan sécuritaire. Un sentiment largement partagé et qui est à l’opposé de l’euphorie dans laquelle Serval avait été accueillie en 2013. Le temps des victoires a été court. «La guerre de libération du Mali est finie. Elle a été gagnée», affirmait Jean-Yves Le Drian le 20 mars 2014. Il avait ajouté que l’action des forces françaises avait permis au Mali de retrouver sa «souveraineté, que des élections aient lieu et qu’il y ait une fierté d’appartenance malienne qui se retrouve». Neuf ans plus tard, les groupes terroristes ont étendu leur emprise. L’insécurité, d’abord concentrée au nord, a glissé vers le centre et s’est étendue vers les Régions de Koutiala et de Sikasso. Des localités des Régions de Mopti et de Ségou, sont soumises à des blocus. L’autorité de l’État ne s’est pas toujours rétablie à Kidal. En l’état, peut-on le dire, un désengagement fait figure d’échec patent. Réadaptation- Le cadre et les objectifs de l’intervention française ont évolué au fil des années. À Pau, en janvier 2020, la France et les cinq pays du G5 Sahel redéfinissaient les contours de leur partenariat. La «Coalition pour le Sahel» lancée à l’occasion, visait à faciliter les interactions entre les différents volets de l’action internationale venant en appui des pays du G5. Les objectifs militaires fixés à Pau ont eu le mérite d’avoir donné du punch à la lutte commune contre l’ennemi. Et les résultats opérationnels ont été au rendez-vous avec des coups sévères portés à l’EIGS et à la coalition formant le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM). Ainsi, des grands noms du terrorisme ont été éliminés, comme l’Algérien Abdelmalek Droukdal, chef des opérations d’Aqmi, Bah ag Moussa, un haut responsable du GSIM et l’émir de l’EIGS Al Saharaoui. Sans compter les centaines de combattants neutralisés. Une année après, l’heure était à l’évaluation du dispositif. Cet exercice, qui a réuni le 15 février 2021 les chefs d’État dans la capitale tchadienne, a abouti à des conclusions fortes. Mais toujours est-il que les progrès n’ont pu combler les attentes. Ainsi, le ressentiment anti-français a persisté. Ce même ressentiment que le sommet de la «clarification» de Pau était censé dissiper. Cette situation qui agaçait déjà Paris s’était invitée dans les débats à N’Djamena, où les chefs d’État ont dû encore réaffirmer leur volonté de poursuivre le partenariat. Côté malien, les autorités ont toujours reconnu l’intérêt du soutien de la France. Le ministre de la Défense et des Anciens combattants, le colonel Sadio Camara, a affirmé dans une interview accordée à L’Essor qu’il n’y a «aucun doute possible, ces forces étrangères sont des alliés importants… Nous devrions nous convaincre que nous ne gagnerons pas cette guerre en nous trompant d’ennemi et en faisant le jeu des hordes terroristes». Sauf que les autorités maliennes n’ont guère apprécié de ne pas avoir été associées à la prise des décisions concernant le réaménagement de l’opération Barkhane. En juin 2021, Emmanuel Macron a pris l’initiative unilatérale d’interrompre les opérations militaires communes (Barkhane-FAMa) qui n’ont repris qu’en juillet. Ensuite, il a annoncé la fin de l’opération Barkhane, avant d’expliciter son propos lors du sommet virtuel du G5 Sahel, le 9 juillet 2021. Étaient alors annoncées la réduction progressive des effectifs de Barkhane ainsi que la fermeture des bases de Kidal, Tessalit et Tombouctou d’ici à 2022. Pendant ce temps, la France devait travailler à européaniser la lutte au Sahel pour ne plus endosser seule les efforts multiples. Les autorités de la Transition ont vu dans ces décisions unilatérales un «abandon en plein vol» et ont, par conséquent, décidé d’explorer d’autres horizons pour trouver des partenaires pouvant aider à la sécurisation des populations et leurs biens. Concomitamment, d’importants efforts financiers sont consentis pour équiper les FAMa qui, indéniablement, montent en gamme. Pour certains analystes, les récents agissements des terroristes contre les populations sont l’expression d’une profonde lassitude, voire d’un découragement qui serait enfin le début de leur déclin que les FAMa recherchent à coups de traques et de frappes. Le départ de la force Barkhane ne manque pas de susciter des interrogations quant à

