Abdoulaye Diop, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale : «Nous souhaitons que la CEDEAO écoute les Maliens et les accompagne »

Propos recueillis par Madiba KEITA Bamako, 20 déc (AMAP) Dans cet entretien exclusif, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale du Mali explique la complexité de la crise de notre pays. Abdoulaye Diop évoque également les relations un peu tendues entre le Mali et la France, la polémique autour du groupe Wagner. Le chef de la diplomatie malienne fait aussi le point des discussions avec la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) pour éviter d’autres sanctions contre notre pays. L’Essor : Les relations entre le Mali et la France sont tendues depuis quelques mois. En tant que chef de la diplomatie malienne, comment voyez-vous l’évolution de cette relation? Abdoulaye Diop : C’est vrai que les relations entre le Mali et la France connaissent des moments difficiles mais cela est dû au fait que nous avons souhaité que ces relations soient fondées sur de bases nouvelles. Le Mali et la France entretiennent des relations historiques parce que d’abord c’est l’ancienne puissance coloniale. Ensuite, sur le plan de la relation politique et économique, nous avons beaucoup de choses en commun. Mais depuis la mise en place du processus de Transition, nous avons souhaité que cette relation prenne davantage en charge la nécessité du respect de la souveraineté du Mali sur un certain nombre de questions. Nous avons souhaité qu’il y ait davantage de sincérité dans cette relation vis-à-vis du Mali. Nous avons souhaité qu’il y ait plus de clarté dans l’engagement de la France vis-à-vis du Mali, notamment dans les efforts de stabilisation. Nous voudrions aussi que cette relation soit une relation d’égal à égal. Ce sont ces questions qui sont sur la table, et sur lesquelles nous travaillons. Sur le fond, nous souhaitons que la France inscrive son action dans le cadre d’une posture plus constructive vis-à-vis du Mali. Or, on voit aujourd’hui que notre pays fait l’objet d’attaques de façon constante, de campagne orchestrée contre les autorités de Transition. Il y a des déclarations de part et d’autre qui n’ont pas contribué à apaiser la situation. Mais de tout le temps, le Mali a inscrit son action dans le cadre du dialogue, de la coopération. Nous restons dans cette dynamique mais nous ne transigerons pas sur la protection des intérêts du Mali et des Maliens. L’Essor : Qu’est-ce que les autorités maliennes attendent concrètement de la France ? AD : Nous attendons de la France qu’elle comprenne qu’à Bamako, il y a une autorité de Transition dirigée par Son Excellence, le colonel Assimi Goïta. Qu’il y a aussi un gouvernement dirigé par le Premier ministre Choguel Kokalla Maïga. Ce sont ces autorités avec lesquelles il faut travailler aujourd’hui pour aller vers un retour à l’ordre constitutionnel au Mali. Il faut que l’action de la France s’inscrive dans ce cadre et qu’elle puisse, comme elle l’a indiqué, inscrire aussi son action dans le cadre du respect de ce qui est convenu dans le cadre régional : la CEDEAO et l’Union africaine. Même si nous sommes suspendus de ces institutions, il y a quand même un dialogue en cours afin de lever les entraves. L’Essor : Quelles sont ces entraves ? AD : Ces entraves sont de plusieurs ordres parce que nous sentons souvent des interférences par rapport à notre politique intérieure. Il est important que la France prenne quelque distance dans la gestion de la crise au Mali. C’est pourquoi, j’ai rappelé qu’il y a des autorités et qu’il faut que la France travaille avec ces autorités et non avec des parties maliennes ici et là. L’Essor : Vous pensez que le partenaire français est en train d’ignorer nos autorités ? AD : C’est une question à laquelle la France doit répondre. Mais nous souhaitons qu’il y ait un engagement et un dialogue constructifs avec les autorités maliennes pour résoudre l’ensemble de ces questions. C’est seulement à ce prix que nous allons pouvoir avancer dans le cadre d’un dialogue apaisé pour résoudre les problèmes parce que le processus de Transition n’est pas géré par les pays individuellement. Notre engagement par rapport au processus de Transition, c’est dans le cadre de la CEDEAO essentiellement. Toutes les exigences de la CEDEAO ont été satisfaites par le Mali. Le seul élément sur lequel nous n’avons pas encore eu d’accord, c’est le chronogramme de la Transition. Les autres partenaires doivent s’aligner sur ces questions et engager une discussion avec nous sur cette base. L’Essor : Le Mali envisage de diversifier ses partenariats dans le domaine de la sécurité. Cette initiative soulève une levée de boucliers du partenaire français qui a battu le rappel de ses alliés pour mettre la pression sur les autorités de la Transition. Quel commentaire faites-vous de cette situation ?  AD : Je pense qu’il y a souvent des exagérations par rapport à cette question. Je me rappelle que quand moi-même j’ai rejoint les Affaires étrangères en tant que jeune cadre au début des années 90, la diversification des partenaires était déjà un principe cardinal de notre diplomatie. Peut-être qu’aujourd’hui, il y a une vigueur qu’on veut donner à cette diversification des partenaires. Ce qui est normal. D’ailleurs, tous les pays du monde, mêmes ceux qui nous font ce reproche, s’inscrivent dans le cadre de la diversification de leur partenariat. Nous estimons que le Mali n’est l’exclusivité de personne et chaque partenaire aura sa place pour travailler avec nous. Le Mali veut avoir des relations de partenariat avec chacun des pays en fonction des avantages comparatifs. Il y a certains qui ont des atouts dans le domaine de l’équipement. Il y a d’autres dans le domaine de la formation. Il faudra donc que le Mali puisse jouer de l’équilibre qu’on peut trouver que ça soit avec la Chine, la Russie ou avec les pays européens, américains ou asiatiques. Nous n’avons besoin de la permission de personne pour faire cela. Je sais qu’il y a une compétition géopolitique. Il y a des problèmes entre les grandes puissances mais ces problèmes ne concernent pas le Mali. Comme on le dit

Culture : Lancement d’un projet pour les textiles de Bandiagara et de Djenné (Centre)

Bamako, 18 déc (AMAP) Le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Andogoly Guindo, a lancé, jeudi, au Mémorial Modibo Keita, le « Projet de conservation, de revitalisation et de valorisation des textiles dans les localités de Bandiagara et de Djenné », dans le Centre du Mali. Ce projet est financé par le gouvernement américain à travers le Fonds des ambassadeurs pour la préservation du patrimoine culturel (AFCP). Il permettra d’inventorier, de documenter et de conserver les compétences, les outils et pratiques associés à la production et à l’utilisation de textiles et d’objets connexes dans les contextes culturels des communautés peule et dogon du Centre du Mali. Le projet entre dans le cadre de la mise en œuvre de l’Accord bilatéral sur les restrictions à l’importation d’objets archéologiques de la vallée du Niger et des Falaises de Bandiagara, signé le 19 septembre 1993, entre le Gouvernement des États-Unis d’Amérique et le Gouvernement de la République du Mali. La cérémonie s’est déroulée, en présence de l’ambassadeur des Etats-Unis au Mali, Dennis B. Hankins. Elle a, également, enregistré la présence de la Représentante du Centre du patrimoine culturel au Département d’Etat américain, Dr Anne Compton, spécialiste de l’Histoire de l’Afrique de l’Ouest, du Président de la Commission Education, Culture, Artisanat et Tourisme, Communication et Nouvelles Technologies du Conseil national de la Transition 9CNT), Magma Gabriel Konaté, du Rreprésentant du chef du Bureau de l’UNESCO à Bamako et de nombreux invités du monde de la Culture. OS/MD (AMAP)

Situation difficile des victimes civiles de l’insécurité dans le Nord du Mali (MSF)

Par Moussa DIARRA Bamako, 18 déc (AMAP) Quelque 2 000 personnes, craignant pour leur sécurité et leur survie, ont abandonné leurs maisons et leurs moyens de subsistance, le 2 avril 2021, suite à l’attaque d’un camp de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) à Aguelhok, au nord de Kidal, a appris l’AMAP auprès de Médecins Sans Frontières (MSF) Espagne au Mali. En raison de la proximité du camp avec les habitations, des milliers de civils ont été obligés de fuir pour se mettre à l’abri de la violence. Certains se sont ainsi déplacés vers la frontière de l’Algérie, tandis que d’autres ont trouvé refuge dans des villages aux alentours, à environ 60 km, d’Aguelhok. « Nos équipes ont visité les villages d’accueil où s’était installée la majorité des déplacés. Il leur manquait de l’eau de qualité et en quantité suffisante, de la nourriture, des couvertures, des abris. Les conditions d’hygiène n’étaient pas réunies », rapporte le chef de mission de MSF-Espagne au Mali., Boulama El Hadji Gori, cité par un texte de l’ONG. « De même, de nombreux cas de troubles psychologiques et de traumatismes ont été décelés. La seule structure de santé existante de la localité située dans la ville n’était plus accessible en raison des violences, de la peur de retourner en ville et du couvre-feu en vigueur », a-t-il ajouté. L’équipe de MSF, dépêchée à Aguelhok, le 8 avril 2021, pour évaluer la situation des déplacés et apporter les premiers secours d’urgence, a recensé 378 ménages soit 2.268 personnes déplacées « qui se trouvaient dans des conditions très précaires ». Pour répondre à cette crise humanitaire, les équipes de MSF ont, aussi, organisé des cliniques mobiles et assuré des consultations de santé primaire, accompagnées de séances psycho-sociales. « Pendant cette intervention, 333 personnes ont bénéficié de supports psycho-éducation et sociaux, 378 ménages ont reçu des articles essentiels non-alimentaires, 1 084 consultations curatives ont été administrées en ambulatoire », énumère l’ONG. Selon MSF, « 674 enfants de moins de cinq ans ont été dépistés contre la malnutrition aiguë et 31 vaccinés contre la rougeole, 134 femmes enceintes ont bénéficié des consultations prénatales et 12 en post-natales, 1564 personnes ont été mobilisées pour des séances de promotion de la santé et d’engagement communautaire ». Les équipes MSF ont, également, mené une intervention d’urgence dans le domaine de l’eau et de l’assainissement. C’est ainsi que 04 camions-citernes ont fourni plus de 1.282.000 litres d’eau aux déplacés et distribué 12.656 Aqua Tabs. Dans les villages de Charnaché, Barrage Torcha et Marrat, MSF a construit 15 latrines et douches d’urgence et réhabilité trois (3) puits communautaires ainsi que des abreuvoirs pour les animaux. L’ONG indique avoir noté « une forte mobilisation de la communauté pour demander la relocalisation du camp militaire loin des habitations mais (qui) semble n´avoir pas eu gain de cause ». La situation sécuritaire dans la zone reste volatile, marquée par des affrontements entre groupes armés et des tirs d’obus récurrents sur le camp militaire dont les derniers ont été enregistrés au courant du mois de novembre. « La population civile d’Aguelhok est prise en étau entre belligérants et elle est victime au premier rang. Les témoignages de nos patients nous permettent d’affirmer que la population de Aguelhok vit dans une insécurité majeure. C’est une situation que nous déplorons vivement car cette population est largement affectée dans sa santé physique et mentale », poursuit le chef de mission. MSF est présente dans la Région de Kidal (Nord) depuis 2015. En collaboration avec les autorités sanitaires et locales, MSF intervient dans le Centre de santé communautaire (CSCOM) central, dans les centres de santé communautaire de Abeibara, Aguelhok, Anefif et dans deux postes de santé avancés à Boghassa et Amacine. L’organisation aide à fournir des soins de santé primaire, des consultations ambulatoires, des dépistages nutritionnels, des opérations de vaccination, des activités en santé mentale et appuie la surveillance épidémiologique. MD (AMAP)

Mali : La visite du président Macron annulée (sources françaises)

Bamako, 18 déc (AMAP) Le président français Emmanuel Macron a finalement renoncé à se rendre au Mali du 20 au 21 décembre, officiellement à cause de la situation sanitaire, ont annoncé plusieurs sources notamment françaises. Cette annulation intervient «  surtout pour cause de différend sur le format de la visite avec les militaires au pouvoir au Mali», ajoutent ces mêmes sources. Les autorités maliennes auraient refusé le format proposé par Paris. Et qui consistait à organiser, le 20 décembre, dans la capitale malienne, un mini-sommet du G5 Sahel avec le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad, profitant de la présence du président français à Bamako. Par ailleurs, le président du Niger, Mohamed Bazoum, était attendu à Bamako pour ce sommet qui aurait dû permettre d’associer aux discussions des représentants de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). « Si Bamako avait, dans un premier temps, accepté le principe d’un tel événement, la junte a finalement fait savoir le 16 décembre qu’elle en refusait l’organisation ainsi que la présence de représentants du G5 Sahel et de la CEDEAO », disent les sources françaises. La présidence française a officialisé l’annulation de ce déplacement au Mali d’Emmanuel Macron, annoncé le 15 décembre dernier. Le président français devait se rendre à la base de l’opération Barkhane de Gao, dans le Nord du Mali. Le chef d’État français devait rencontrer le colonel Assimi Goïta, président de la Transition au Mali pour évoquer plusieurs sujets dont la lutte contre le terrorisme marquée par une réorganisation des forces françaises déployées au Mali. Dans un contexte de tensions diplomatiques entre Bamako et Paris, les avis des deux capitales divergent, entre autres, sur la durée de la Transition et la diversification des partenaires dans la lutte contre le terrorisme prônée par les autorités maliennes. MD (AMAP)    

Le M’bolon du Mali inscrit au patrimoine immatériel de l’humanité de l’UNESCO

Bamako, 17 déc (AMAP) Instrument de musique traditionnelle emblématique en milieu manding, le M’bolon a été inscrit, mercredi dernier, au patrimoine immatériel de l’humanité par l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO). Le M’Bolon est utilisé dans plusieurs milieux traditionnels au Mali pour encourager les agriculteurs lors des travaux champêtres ou encore galvaniser les guerriers en période de conflit. Cet instrument à percussion est composé d’une grande caisse de résonance faite d’une calebasse recouverte de cuir de vache, surmontée d’un manche en bois arqué muni de cordes. Selon Moussa Cissé, conseiller auprès de la délégation du Mali à l’UNESCO, le M’bolon dont les origines remontent à Mandé Boukary, au 13è siècle est, de nos jours, menacé de disparition. Son inscription au Patrimoine mondial par l’UNESCO vise à le sauvegarder en « toute urgence et permettre la transmission aux générations actuelles et futures de sa conception et de tout le rituel de son utilisation ». En plus du M’bolon, plusieurs symboles de la culture africaine ont été inscrits par l’UNESCO au patrimoine immatériel de l’humanité, lors de sa 16è session du comité intergouvernemental pour la sauvegarde du patrimoine culturel. Il s’agit notamment du Ceebu jën, plat sénégalais, fait à base de darne de poisson, de brisures de riz, de poisson séché, de mollusques, etc. L’UNESCO a, également, inscrit sur cette liste la Rumba congolaise, genre musical et danse que se partagent la République démocratique du Congo et le Congo Brazzaville. MT (AMAP)  

Attaque contre le camp de Guiré, près de Nara, dans l’Ouest du Mali (Témoins)

Nara, 16 déc (AMAP) Le camp de Guiré, dans la Région de Nara (Ouest), a fait l’objet, ce jeudi matin, vers 9h, d’une attaque dont les auteurs ne sont pas identifiés et le bilan, pour le moment, incertain. D’après des témoins, les assaillants ont profité de la foire hebdomadaire pour lancer des obus sur le camp. Les Forces armées maliennes (FAMa) “ont énergiquement repoussé l’attaque et la situation est sous contrôle”, indiquent les mêmes sources La zone, proche de la frontière mauritanienne, est hors de la couverture du réseau téléphonique. BC/MD (AMAP)

Conseil de cabinet mardi sur la renovation du barrage de Markala

Bamako, 15 déc (AMAP) Le Premier ministre, Dr Choguel Kokalla Maïga, a présidé, mardi, à la Primature, un conseil de cabinet restreint avec cinq membres du gouvernement sur la réhabilitation du barrage de Markala, situé dans la Région de Ségou (Centre). A l’issue de la rencontre, le ministre du Développeront rural, Modibo Keïta, a confié que lui et ses collègues concernés par le dossier, en l’occurrence de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou, de la Défense et des Anciens combattants, le colonel Sadio Camara, de la Sécurité et de la Protection civile, le colonel-major Daoud Aly Mohammedine, des Transports et des Infrastructures, Mme Dembélé Madina Sissoko, ont discuté « avec le chef du gouvernement des dispositions à prendre, le plus rapidement possible, pour la réhabilitation du barrage de Markala. Selon le ministre Modibo Keïta, lorsque l’information a été portée à la connaissance du gouvernement, le Premier ministre a aussitôt réuni ce conseil restreint pour que « nous puissions nous entendre sur les voies et moyens à mettre en œuvre pour sauver le barrage » hautement stratégique pour le développement de la culture du riz et de la canne à sucre dans la zone Office du Niger. À cet effet, les ministres en charge des Finances et de la Sécurité vont prendre les dispositions nécessaires. Ainsi, « les fonds seront mis à disposition par le département des Finances et les travaux de réhabilitation seront effectués par les Ateliers centraux de Markala, afin de réduire les coûts qui tourneraient autour de 3,5 milliards de Fcfa s’ils sont effectués par le secteur privé ». C’est pourquoi, le gouvernement a décidé de faire une dérogation pour que les ateliers de Markala puissent faire ce travail afin d’amoindrir le coût. Le ministre du Développement rural a prévenu qu’au-delà de cette réparation, il faudra complètement rénover le barrage, conformément aux avancées technologiques L’ouvrage a été construit depuis la période coloniale. Interrogé sur la date exacte du démarrage des travaux, le ministre Keïta a souligné que c’est très bientôt, car c’est très urgent. « Le ministre des Finances va déjà mettre les fonds à disposition et dès que le devis sera fait par les Ateliers centraux de Markala, les travaux vont commencer immédiatement », a-t-il assuré. Le barrage hydraulique de Markala est un pont-barrage de dérivation situé dans la ville du même nom, dans l eCentre du Mali. D’une longueur de 816 mètres, le pont est entièrement fait en métal et a été construit en même temps que le barrage, qui a pour but de relever le niveau du fleuve Niger jusqu’à 5,5 m au-dessus de celui de l’étiage. Ce, en vue de permettre l’irrigation gravitaire des zones situées en rive gauche, afin de développer la culture du riz et de la canne à sucre dans le cadre de l’Office du Niger. La construction de l’ouvrage a débuté en 1934 pour s’achever le 30 juin 1947. Sa réalisation a été faite dans le cadre de travaux forcés de milliers de travailleurs provenant de tous les pays de l’Afrique occidentale française (AOF). Un monument situé à l’entrée du pont rend hommage aux personnes décédées pendant sa réalisation. AT/MD (AMAP)

Recommandations des Assises nationales de la refondation, phase communale

Bamako, 15 déc (AMAP) Lors de la première étape, la participation était massive et de qualité. Des recommandations ont été faites sur les différentes préoccupations des populations. Niafunké adopte les préoccupations de la Transition La deuxième journée, dimanche, des Assises nationales de la refondation (ANR), a été consacrée aux plénières, aux discussions sur les amendements et recommandations. Une synthèse a abouti aux recommandations suivantes: – Redéployer les Forces armées de défense et de sécurité sur toute l’étendue du territoire malien; – Accélérer le système de Démobilisation désarmement et réinsertion (DDR); – Procéder à un recrutement massif dans les Forces armées et de sécurité et améliorer leurs conditions de travail, tout en leur assurant une formation continue de haut niveau; – Doter l’Armée malienne et les forces de sécurité en équipements militaires adéquats en fonction de ses missions; – Renforcer le système de renseignement de l’armée; – Faire la relecture de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation nationale issu du processus d’Alger; – Limiter les pouvoirs du président de la République dans le mode de désignation des membres de la Cour constitutionnelle; – Créer un Haut conseil des légitimités coutumières et traditionnelles; – Lutter contre la cyber criminalité; – Respecter les conclusions issues de assises du dialogue social; – Renforcer l’autonomie administrative et financière des hôpitaux; – Créer des conditions favorables au retour définitif de l’Administration et des déplacés; – Accélérer la mise en place de l’organe unique de gestion des élections; – Achever les travaux de construction de la route Tombouctou-Gomakoura; – Surcreuser le fleuve Niger afin d’allonger la période de navigabilité et faciliter les échanges commerciaux entre le Nord et Sud du pays. – Prolonger la Transition de trois ans Afin de permettre aux autorités d’atteindre les résultats escomptés en fonction des recommandations formulées lors de ces assises. Ici, les chefs coutumiers ont adopté une motion de remerciements adressés aux autorités de la transition pour la tenue des assises qui témoignent de leur considération à l’égard des populations á la base. Sékou A. MAIGA AMAP-Niafunké Ségou : De fortes recommandations Les travaux des Assises nationales de la refondation se sont achevés à Ségou avec d’importantes recommandations au nombre desquelles la sécurisation des personnes et de leurs biens sur l’ensemble du territoire national avant la tenue des élections, la limitation du rôle de la Cour constitutionnelle dans la proclamation des résultats d’élections, la révision de la constitution. Pour les participants, il faut rendre obligatoire le Service national des jeunes (SNJ) afin de disposer de forces de réserves aptes à servir et à défendre la patrie. IIs recommandent, aussi, la mise en place d’une commission d’enquête morale avant la nomination des juges, l’application rigoureuse des textes en matière de trouble à l’ordre public, la création d’un Haut conseil des légitimités coutumières et traditionnelles, dénommé «Dougoutiguiblon» en bamanankan » et dans les autres langues ainsi que la mise en place d’un seul un organe unique de gestion des Maliens établis à l’extérieur. Les participants encouragent l’éducation à la citoyenneté, la promotion du « Made in Mali », la dépolitisation du syndicalisme, la mise à disposition de terres agricoles pour les jeunes ruraux, la subvention des médicaments diabétiques et le retour de la Biennale artistique et culturelle. Mamadou SY AMAP-Ségou Bankass adopte par acclamation son rapport final Le rapport final des Assises nationales de la refondation ANR dans la Commune de Bankass a été adopté par acclamation. Les participants ont recommandé la prolongation de la transition pour une durée de deux ans, la réouverture de toutes les écoles fermées dans le Cercle de Bankass, le retour des déplacés, le retour de l’Armée dans le Cercle, la sécurisation de la Route nationale (RN 15), l’application de l’article 39 pour apaiser le front scolaire et la prolongation de la durée des assises. En conclusion, les participants demandent de prendre les préoccupations du peuple en compte pour la refondation de l’Etat. Abdoul Kader Guindo AMAP-Bankass A Bla : Une liste de recommandations assez fournie Du rapport général des deux jours de travail, les Assises nationales de la refondation de la Commune de Bla recommandent de : Supprimer la Haute cour de justice et le Haut conseil des collectivités; Appliquer la candidature pour les postes de directeurs nationaux et assimilés. Réviser la Constitution Renforcer le pouvoir de l’État dans les situations où les grèves touchent des secteurs essentiels pouvant porter préjudice au pays, Revoir la composition et les pouvoirs des syndicats, en réduisant leur pouvoir et leur composition. Revoir la Fonction publique et faire en sorte que le fonctionnaire puisse être licencié, s’il ne donne pas le rendement attendu de lui ou pour faute grave, y compris les juges, Revoir les avantages accordés aux hauts cadres quand ils sont en poste et quand ils ne le sont plus, Dépolitiser les postes des cadres de l’administration et assurer la sécurité de ces postes en mettant en place une cellule pour la procédure de relèvement des cadre par un ministre et en respectant le plan de carrière, Révision des salaires en fonction de ceux de la sous-région et revoir le système de création des statuts particuliers et statuts autonomes, Institutionnaliser la restitution publique à tous les niveaux (services déconcentrés et décentralisés et communautaire) Appliquer strictement des textes relatifs aux dénonciations et interpellations sur la gestion des affaires publiques. Réduire le nombre de partis politiques au Mali à trois (03) Réduire le financement des partis politiques à 0,10% Réviser de la constitution Créer des unités d’intervention rapide dans chaque cercle Instaurer un plan de carrière pour les cadres Impliquer les communautés dans les commissions de découpage territorial en tenant compte de leurs valeurs, coutumes et l’accessibilité Valoriser et renforcer l’éducation civique et morale au service de la nation Dynamiser le service national des jeunes et mouvement pionnier Organiser un forum national sur l’éducation en impliquant toutes les couches de la société civile Informatiser et digitaliser l’administration générale y compris les collectivités Créer un organe unique du système d’audit et de contrôle de la gestion publique Diligenter les rapports d’audit et de contrôle de la gestion

Assises nationales de la refondation : Quelques recommandations des communales

Bamako, 12 décembre (AMAP) Les travaux des Assises nationales de la refondation (ANR), dans leur phase communale, se sont déroulées ce weekend, dans plusieurs localités du Mali, selon un bilan des correspondants régionaux et locaux de l’AMAP sur place. A KAYES… Tard dans l’après-midi, dimanche, les participants aux Assises nationales de la refondation au niveau de la commune urbaine de Kayes étaient en train de discuter, en plénière, des résultats des travaux de groupe. Il ressort des premiers débats que la commune urbaine de Kayes a opté pour le maintien du régime semi-présidentiel, d’un État républicain, démocratique et laïc. Outre une décentralisation accompagnée de ressources et de moyens financiers adéquats, les participants prônent, également, la participation effective de la société civile aux affaires publiques, la réduction du quota (0,10% au lieu de 0,25%) réservé pour le financement des partis politiques. Ils optent pour une révision constitutionnelle et la dépolitisation des cadres de l’administration. S’agissant des institutions, ils souhaitent la suppression de la Haute Cour de Justice dont la mission sera confiée à la Cour Suprême et la réduction du rôle de la Cour Constitutionnelle. Ils proposent que les résultats des élections soient proclamés par l’organe unique de gestion des élections ou une autre structure. SAN : Dans la Commune urbaine de San, les participants aux Assises nationales de la refondation, ont proposé, entre autres, la limitation du nombre de partis politiques de 03 à 04, la réduction du financement des partis politiques, l’option d’un régime présidentielle, l’élaboration d’une nouvelle constitution. Du 11 au 12 décembre 2021, dans la salle de délibération de la mairie de la commune urbaine de San, sous la présidence du 2ème adjoint au préfet de cercle, Hamma Madjou, les participants ont débattu des résultats des travaux des deux groupes de 50 personnes, chacun. Ils ont, également, recommandé l’appel à candidature pour la nomination des directeurs nationaux, régionaux et de certains hauts cadres de l’administration, la réduction du nombre de syndicats à un seul par corporation, le licenciement du fonctionnaire pour faute grave, la redéfinition des critères du découpage territorial de façon consensuelle. La reprise des semaines culturelles, artistiques et sportives, l’organisation des foires artisanales, l’intégration du mouvement pionnier dans les écoles, la valorisation du consommer malien, le renforcement des vacances citoyennes et des activités sportives pour faciliter le brassage des jeunes, la dépolitisation de la société civile, la limitation de la grève syndicale à10 jours, sont aussi des propositions sorties des discussions. Tout comme le renforcement du suivi et du contrôle des services publics, l’application stricte de la loi de programmation militaire, l’établissement d’un plan de carrière pour les cadres de la fonction publique, la promotion de l’entreprenariat des jeunes. Les participants proposent, dans le cadre de la lutte contre la corruption au sein des tribunaux,  que le Conseil supérieur de la magistrature ne soit plus placé sous l’autorité du Président de la République, que le parquet ne soit plus lié au Ministre de la Justice. À ces propositions,  s’ajoutent le renforcement des institutions judiciaires existantes pour lutter contre la cybercriminalité, le renforcement des projets de développement et de la diplomatie malienne en matière d’intégration africaine en faveur du développement du Mali, le rapprochement des centres de santé des populations et la mise en œuvre opérationnelle de l’Assurance maladie universelle, le financement des activités génératrices de revenus pour les jeunes et l’impartialité des chefs coutumiers dans la gestion des conflits. En plus de ces propositions, les participants ont aussi recommandé la prise en charge effective des salaires de tous les fonctionnaires des collectivités territoriales et de prévoir un salaire pour les élus des collectivités territoriales. C’est dans la courtoisie et le respect mutuel que l’ensemble des forces vives ont tenu ces assises qui interviennent dans un contexte marqué par une crise multidimensionnelle menaçant l’existence même de l’État. KORO : Les rideaux sont tombés sur les travaux de la phase communale des Assises nationales de la refondation. Après deux jours d’échanges et de discussions sur les 13 thématiques soumises aux participants, le rapport final des ANR au niveau de la commune de Koro a été adopté par acclamation. Après les travaux de groupe entamés hier et la synthèse des travaux de groupe aujourd’hui, les participants ont formulé les recommandations suivantes : la sécurisation du cercle avant la tenue des élections, la sécurisation de la Route nationale (RN)15, l’ ouverture du tronçon Ouo-Somadougou, la réouverture des écoles, le retour des déplacés, l’érection du cercle de Koro en région. Il faut signaler que conformément à la cartographie envoyée par le ministère de l’administration, les Assises se sont tenues seulement au niveau de la commune de Koro, chef lieu du cercle. Au niveau des 15 autres communes du cercle, il n’y a pas eu d’ANR. NARA : Après deux jours de discussions intenses et houleuses et dans le plus grand respect, les différentes couches socio-professionnels de la base, participant à la phase communale des ANR, ont exprimé leurs préoccupations par rapport à la vie de la nation et ont une contribution positive pour la refondation de l’état. Les recommandations portent, entre autres, sur la prolongation de la transition, le renforcement de la sécurité, la reprise des travaux de bitumage du tronçon Kwala-Nara, l’augmentation des jours de concertations de deux à quatre jours vue le nombre élevé des thématiques. A la clôture des travaux le préfet du cercle de Nara a remercié les participants pour leur courage et abnégation qui ont été déterminants pour la bonne tenue de cette concertation communale. BMS/NC/MN/BC (AMAP)  

La CEDEAO exige des élections en février au Mali, nouvelles sanctions possibles (Président de la Commission)

Bamako, 12 déc (AMAP) Les chefs d’Etat de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), réunis en sommet à Abuja, au Nigeria, dimanche, ont exigé le respect de la tenue d’élections en février au Mali. « Les chefs d’Etat, après de longs échanges, ont décidé de maintenir la date du 27 février 2022 pour l’organisation des élections au Mali. Ils ont décidé de l’entrée en vigueur de sanctions additionnelles en janvier 2022 », a dit devant la presse le président de la Commission de la CEDEAO, Jean-Claude Kassi Brou. L’organisation ouest africaine pourrait donc imposer, également, des sanctions supplémentaires dès le mois janvier “si les autorités maliennes n’honorent pas leur engagement initial de tenir à cette date des élections censées ramener les civils au pouvoir”, a ajouté M. Kassi Brou MD (AMAP)