La cachexie décime le bétail à  Gao (Nord)

Par Abdourhamane  TOURE Gao, 02 juin (AMAP) Le mois d’avril est considéré comme le début de la période de soudure pastorale au Mali. Cette période est particulièrement éprouvante pour le bétail du fait de la rareté des pâturages, laquelle est consécutive à la pression exercée sur les ressources pastorales en raison du nombre de plus en plus croissant des troupeaux et de la transhumance interne et externe. Cette période est vécue avec beaucoup d’angoisse pour les propriétaires de troupeaux.  Dans la Région de Gao (Nord) cette année, la situation est particulièrement critique. A la situation d’insécurité presque permanente due à la présence de groupes armés ennemis, s’ajoute, actuellement, une calamité due à la mortalité des animaux. Cette année est considérée comme exceptionnelle à cause de l’apparition d’une maladie qui est en train de décimer, à petit feu, le cheptel local.  Les cadavres d’animaux morts à la suite de cette maladie sont visibles un peu partout. La raison? Une insuffisance de pâturages qui a entrainé une «sous-alimentation» du bétail qui se nourrit exclusivement de fourrages. A cause de cette situation alimentaire désastreuse du bétail, les animaux souffrent de la maladie de cachexie. Selon les spécialistes de la médecine vétérinaire, la cachexie résulte d’un grave affaiblissement de l’organisme avec notamment une perte de poids et une atrophie musculaire liées à une dénutrition très importante. Le directeur régional des productions et industries animales (DRPIA) de la Région de Gao, Aboubacar Habba Maïga, explique que les mouvements des troupeaux sont perturbés par les attaques et enlèvements de bétail par les groupes armés. Ce qui limite les déplacements des animaux dans toutes les zones pastorales. En cette période de soudure, les principales sources d’abreuvement du bétail sont les puits, les mares permanentes et le fleuve Niger. Actuellement, les animaux sont concentrés dans le Gourma et le long de la Vallée, notamment dans les Communes de Gounzourèye, N’Tillit, Gabéro et Ouatagouna. On observe, également, des départs forcés de troupeaux de Tessit vers Anchawadj sous la pression des groupes armés. Le directeur régional exhorte les autorités et les partenaires à apporter une assistance alimentaire et de l’aliment à bétail aux pasteurs et aux agro-pasteurs les plus vulnérables dans toutes les zones en déficit en pâturages. D’ores et déjà, le président de l’Association des réseaux des médiateurs pour la prévention et la gestion des conflits pastoraux, Mahamadou Sidibé, a salué l’appui technique et financier de l’organisation néerlandaise de développement (SNV). Cette dernière a fourni l’aliment bétail, les intrants vétérinaires. Elle a été sollicitée pour le ramassage des cadavres d’animaux et pour apporter un appui aux pasteurs et aux agro-pasteurs dont les animaux ont été enlevés par les hommes armés. L’ONG appuie aussi l’approvisionnement de la banque d’aliment bétail en produits. Il faut noter que le sac d’aliment bétail de 40 kg coûte actuellement 12.500 Fcfa. Le président de la Chambre régionale d’agriculture de Gao, Nouhou Chaïbou Touré, confirme que les ménages sont menacés par une insécurité alimentaire, car la population vit des revenus générés par le commerce du bétail.  Abondant dans le même sens, le maire de la Commune rurale de Gabero et membre des organisations professionnelles des éleveurs de Gao, Abdoulaye Balobo Dicko, a expliqué qu’il faut s’attendre au pire si rien n’est fait. Il ajoute que l’ampleur de la situation ne doit pas être minimisée parce que toute l’économie des régions dans le Nord du Mali est basée sur l’exploitation des produits de l’élevage. L’édile de Gabero recommande, à défaut d’une distribution gratuite d’aliment bétail, la subvention de ce produit pour sauver la vie des milliers de têtes d’animaux et préserver l’économie de leurs propriétaires.  Le conseiller aux affaires économiques et financières du gouverneur de la Région de Gao, Alhader Amadou Bella, salue les initiatives de certains partenaires. Il cite en exemple le bureau régional du Programme alimentaire mondial qui a acheté 10 tonnes d’aliment bétail pour les éleveurs de la localité de Tessit. Les populations sont assaillies par les soucis d’insécurité qui pourrissent leur quotidien. Comme si cela ne suffisait pas, c’est la cachexie qui affecte les économies familiales anéantissant tout espoir de résilience des ménages. Des actions d’urgence sont demandées pour alléger la souffrance de ces dernières et du bétail qui est confronté plus que jamais à cette calamité climatique doublée d’insécurité. La détresse des populations à l’évidence est grande et leur regard ne peut être tourné que vers les autorités pour leur trouver une bouée de sauvetage. Surtout que la fête de Tabaski «frappe» à la porte.  AT/MD (AMAP) 

Kangaba : La gestion des inondations et des catastrophes au menu

Kangaba, 2 juin (AMAP) L’adjoint du préfet de cercle, Moussa Sagara a présidé mardi à Kangaba, la réunion du comité de veille du district sanitaire de Kangaba sur la gestion des inondations et des catastrophes, a constaté l’AMAP. Ont pris part à cette rencontre les chefs des services techniques locaux du Développement Social et de l’Economie Solidaire, de la Santé, de la Promotion de la femme de l’Enfant et de la Famille, la présidente de la CAFO et la coordination des ONG. L’ordre du jour portait sur la redynamisation du comité de veille, l’information et la sensibilisation des membres du comité de veille et l’identification des sites pouvant accueillir les sinistrés en cas d’inondation. En prélude à la saison des pluies de cette année, les directeurs régionaux du Développement Social et de l’Economie Solidaire et de la Protection Civile de la Région de Koulikoro, sur la base des prévisions faites par les structures compétentes en matière de Météorologie, ont jugé nécessaire d’informer les populations de la Région. La présente réunion du comité de veille local de Kangaba organisé par le service local du Développement Social et de l’Economie Solidaire (DSES) s’inscrit dans ce cadre. Le chef de service local du DSES, Moussa Diarra a donné des informations qu’il a reçues de sa hiérarchie. Selon lui, le début de la saison des pluies de cette année sera précoce et la fin sera tardive. Les quantités de pluies attendues présagent des risques élevés d’inondations. Pour prévenir et atténuer les conséquences de ces inondations, le chef de service local du Développement Social a cité quelques efforts individuels et collectifs sollicités auprès de chacun et de tous. Il s’agit entre autres, de dégager les passages des eaux, d’éviter l’occupation des zones inondables par les habitations et les cultures et de curer les caniveaux pour faciliter l’évacuation des eaux de pluies afin d’éviter les maladies. L’adjoint du préfet a remercié les responsables des services techniques pour toutes les informations reçues. Il a invité les animateurs des radios locales à intensifier la sensibilisation sur ces efforts individuels et collectives afin de minimiser les conséquences des inondations cette année. Ensemble, les membres du comité de veille ont identifié trois sites pour accueillir les sinistrés en cas d’inondations. Les sites retenus sont, l’espace Kouroukanfouga, la maison des jeunes, et le stade municipal. Le médecin chef du centre de santé de référence de Kangaba Dr. Moussa Sougané a saisi l’occasion pour informer les membres du comité, de la présence d’une épidémie de Fièvre Lassa en République de Guinée et d’une épidémie de la maladie à virus Ebola en République Démocratique du Congo. Il a énuméré les mesures préventives à mettre en œuvre face à ces situations et a invité les membres à procéder à une large diffusion de ces mesures préventives.  SD/KM (AMAP)

Le projet de Cadre stratégique de la Refondation de l’État approuvé par le Gouvernement 

Bamako, 1er juin (AMAP) Les membres du gouvernement, réunis, mardi, à la Primature en Conseil de cabinet, sous la présidence du Premier ministre Choguel Kokalla Maïga, ont adopté plusieurs projets de décrets dont celui du Cadre stratégique de la Refondation de l’État. L’ordre du jour de la rencontre portait sur plusieurs et des communications écrites comme celle relative au Cadre stratégique de la Refondation de l’État (2022-2031) et son Plan d’actions (2022-2026), du Plan d’actions prioritaires du gouvernement de la Transition (2022-2024), du projet de décret fixant les avantages accordés aux membres du Secrétariat permanent du comité de coordination et de suivi-évaluation de la Politique nationale de prévention et de lutte contre l’extrémisme violent et le terrorisme. S’y ajoutent le projet de décret fixant les avantages accordés aux membres du Secrétariat permanent du Conseil de sécurité nationale (SP-CSN), le projet de décret fixant les montants des primes et indemnités allouées au personnel de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF) et une communication écrite relative à la mise en place d’une Journée nationale de salubrité appelée Beceya sur l’ensemble du territoire national.  À l’issue de la rencontre, le ministre de la Refondation de l’Etat, chargé des relations avec les Institutions, Ibrahim Ikassa Maïga a confié que le conseil de cabinet a planché sur un texte portant Cadre stratégique de la Refondation de l’État en seconde lecture. Le document avait été l’objet d’un premier travail qui avait fait des observations pour son amélioration.  Selon M. Maiga, ces observations ont été intégrées et des éléments de données techniques ont, aussi, été prises en charge. «Aujourd’hui, le conseil de cabinet a pu approuver le document pour que cela puisse être présenté en Conseil des ministres, et adopté définitivement», a-t-il annoncé. Ibrahim Ikassa Maïga a rappelé qu’il s’agit d’un document référentiel d’une importance capitale qui donne suite aux recommandations formulées par les citoyens depuis les communes jusqu’au niveau national, en passant par les pays de résidence des Maliens établis à l’extérieur, lors des Assises nationales de la refondation (ANR). À ce propos, le ministre Maïga a précisé que des actions prioritaires ont été proposées pour être mises en œuvre pendant la période restante de la Transition et le reste sera décliné dans le cadre d’un plan quinquennal qui va faire l’objet d’une revue à mi-parcours. La suite sera répartie sur une période beaucoup plus longue.   Pour sa part, le ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable, Modibo Koné a indiqué qu’il sera désormais institué une Journée nationale de salubrité, dont le lancement sera fait le samedi 11 juin, à Kati, par le  président de la Transition, le colonel Assimi Goïta.  Cette activité s’inscrit dans le cadre de la Quinzaine de l’environnement qui sera célébrée du 5 au 17 juin prochain.   Le ministre du Travail de la Fonction publique et du Dialogue social, Mme Diawara Aoua Paule Diallo,  a défendu trois projets de décret dont celui relatif aux indemnités, avantages et primes allouées au personnel de la CENTIF et du SP-CSN.  AT/MD (AMAP)

Fête traditionnelle des masques et marionnettes de Koulouninko : Pour la paix et la cohésion sociale 

Bamako, 1er juin (AMAP)  Les habitants de Koulouninko, un quartier périphérique de la Commune III, dans la capitale malienne, ont repris à leur compte l’adage africain : «Un peuple, qui ne connaît pas son passé, ses origines et sa culture, ressemble à un arbre sans racines».  Ils n’entendent pas s’écarter de certaines pratiques léguées par leurs ancêtres et qui résistent toujours à l’épreuve du temps, comme l’organisation de  fête traditionnelle dans le quartier, chaque année.  C’était le cas, samedi dernier, à Koulouninko avec une rencontre culturelle qui vise à réunir autour d’un idéal commun mais, surtout, à implorer les génies pour un hivernage propice.  Cette fête est une tradition qui remonte à avant 1900. Selon les organisateurs, le but est de renforcer la paix et la cohésion sociale entre les habitants de Koulouninko eux-mêmes mais, aussi. avec les villages ou quartiers voisins, pour le développement de la Cité. Le chef de quartier, Mamadou Coulibaly dit Madoudjan, y a participé aux côtés du président de l’Association des masques et marionnettes de Koulouninko (AMMK), Sékou Coulibaly, ainsi que le représentant du maire de la Commune III, Mamadou Traoré, et des notabilités. C’est une tradition qui s’est transformée en festival. C’est aux environs de 16h30 que les masques et marionnettes ont apparu pour égayer des festivaliers qui avaient pris d’assaut la grande place publique.  Le masque ‘Nama’ a ouvert le bal pour chasser les mauvais esprits afin que la fête soit belle. Les autres masques, notamment N’tomo, Djitoumou Balla, Soumala, N’yeleni et Kônô ont suivi. Chacun d’entre eux a un rôle spécifique dans la société.  Ces figures ésotériques défendent les causes des hommes et des femmes et protègent le village contre tous les maux de la société. Ils favorisent, aussi, la bonne récolte. Le président de l’AMMK a expliqué que c’est une fête traditionnelle à laquelle il est particulièrement attaché. Pour lui, la rencontre est un levier de développement du quartier, ajoutant que ce rendez-vous culturel doit être plus que jamais un vecteur de convivialité et de solidarité entre les âmes de Koulouninko. Et de poursuivre que ce moment de partage et de communion permettra d’accentuer le vivre ensemble des habitants. Il a rappelé que Koulouninko est un quartier de la Commune III du District de Bamako avec plus de 5.000 habitants, majoritairement constitués de Bambara. Le représentant du maire de la Commune lll a souligné que l’objectif de la fête est de se donner la main, de s’unir, mais surtout de s’aimer, sans lesquels, rien ne pourrait marcher dans la cité, selon lui. Pour la circonstance, les habitants ont fait l’union sacrée autour de leurs marionnettes et masques. Le chef de quartier de Koulouninko a invité les uns et les autres à s’inscrire dans la paix et la cohésion sociale. Il a fait remarquer qu’une trentaine de villages des environs ont pris part à cette rencontre culturelle.  Il a salué la marraine de l’événement, Fatoumata Niane Batouly. Elle n’a pas pu effectuer le déplacement, mais n’a pas ménagé ses efforts pour la réussite de l’évènement. AOT/MD (AMAP)

En moins d’un an, plus de 1 100 enfants hospitalisés dans le nouveau projet de MSF à Niafunké, dans le Nord du Mali

Par Oumar SANKARE avec MSF Bamako, 01 juin (AMAP) Depuis le lancement, en juin 2021, de leurs activités à Niafunké (dans Nord du Mali), les équipes de Médecins Sans Frontières (MSF), en collaboration avec les autorités du District sanitaire, ont soigné plus de 1 100 enfants âgés de 0 à 15 ans hospitalisés au centre de santé de référence. Plus de 2.200 consultations médicales ont, également, été menées par les équipes de santé communautaire auprès des populations affectées par l’insécurité dans la zone du Gourma de Tombouctou. M. B. est originaire d’un village loin de Niafunké. Elle est au chevet de son enfant H. Y. malade hospitalisé au service de pédiatrie de l’hôpital de la ville. Elle nous partage son histoire et le parcours de soin de son enfant. Son enfant avait mal au cœur et au ventre depuis sa naissance et les premiers soins au village ne l’ont pas guéri. « Sa santé s’est aggravée. C’est pourquoi j’ai décidé de l’amener à l’hôpital de Niafunké à moto. Cela fait maintenant une semaine que nous sommes ici. Aujourd’hui, il l’enfant) va beaucoup mieux. Son ventre lui fait moins mal et son cœur aussi », dit la mère, soulagée.  F. T, elle, est originaire d’un village qui se trouve derrière le fleuve Niger à Niafunké. « Mon enfant était malade. Nous avons marché un long moment, puis nous avons pris la pirogue pour venir à l’hôpital de Niafunké. Il était dans un état critique mais à notre arrivée, il a été bien traité. Ce matin, il va beaucoup mieux. », dit-elle  Mené dans la Région de Tombouctou, (Nord), le projet prend en charge gratuitement les enfants malades âgés de 0 à 15 ans au niveau du service pédiatrique de l’hôpital de Niafunké. « Dans le cadre de la gestion intégrée des cas communautaires (ICCM), nous avons aussi lancé des activités communautaires dans quatre sites nomades, situés dans la zone du Gourma de Tombouctou », déclare Dr Junaid Khan, Chef de mission de MSF au Mali. Afin de fournir des soins essentiels curatifs et préventifs, des cases de santé fixes ont été mises en place pour les communautés qui rencontrent des difficultés d’accéder aux soins principalement liés à l’insécurité, à la distance et aux coûts. En à peine quatre mois, plus de 2249 consultations médicales y ont été réalisées », ajoute – t-il. Ce projet a été mis en place dans un contexte sécuritaire de plus en plus difficile dans la région, qui affecte durement l’accès des populations civiles aux soins de santé. Cette crise a affecté le système de santé local provoquant ainsi la défaillance au niveau de certaines structures de santé. Dr Souleymane Cissé est le responsable de l’unité Pédiatrie de l’hôpital de Niafunké. Selon lui, « la situation sanitaire dans la zone de Niafunké est difficile compte tenu de beaucoup de facteurs. Le cercle de Niafunké dispose d’une vingtaine de Centres de santé communautaires fonctionnels qui arrivent à offrir le paquet minimum de soins. Et la quasi-totalité de ces centres sont situés dans la zone du Gourma, où il y a une forte concentration des populations ».  « En raison de la crise actuelle, l’insécurité a entrainé une mobilité réduite de nos équipes médicales au niveau de ces aires de santé. Et cela complique, aujourd’hui, l’accès des populations aux soins de santé. Mais on fait de notre mieux pour continuer à offrir des soins aux populations en dépit des contraintes sécuritaires », explique le médecin.  Parmi les pathologies fréquentes dans la zone, il y a le paludisme, surtout en période hivernale et pendant la décrue. « Il y a, également, la malnutrition. Aujourd’hui, il y a beaucoup d’enfants malnutris qui sont hospitalisés à la pédiatrie de l’hôpital. Cette situation est due au contexte sécuritaire qui empêche les paysans de cultiver suffisamment. À cela s’ajoute le faible pouvoir d’achat des populations. Les gens ici sont très pauvres », poursuit le praticien. « Aujourd’hui nous avons des craintes face à l’augmentation des cas d’enfants malnutris que nous recevons à la pédiatrie. Actuellement, en moyenne, les équipes des soins intensifs reçoivent, chaque mois, quinze enfants en situation de malnutrition aiguë sévère souffrant de complications », révèle Dr Cissé.  Il dit craindre que ce taux reste élevé dans les prochains mois compte tenu de la mauvaise récolte de cette année, de l’insécurité qui complique l’accès des populations aux services santé, de la flambée de prix des denrées de première nécessité et de la rareté de certains produits nutritionnels sur les marchés locaux.  La présence de MSF, à côté des agents de santé de l’Etat, donne un signe d’espoir et contribue à faciliter l’accès des populations aux soins. MSF est une organisation humanitaire médicale internationale qui apporte ses secours aux populations touchées par des conflits, des épidémies, des pandémies, des catastrophes naturelles ou encore l’exclusion des soins.  Au Mali, MSF gère actuellement des projets dans la capitale malienne, Bamako, à Ansongo, dans les Régions de Kidal, Gao, (Nord), Mopti (Centre), dans les localités de Ténénkou, Douentza et Koro), Ségou (Niono, au Centre du pays) et Sikasso (Koutiala, dans le Sud).   OS/MS (AMAP)

Développement rural : Stratégies pour une agriculture performante 

Par Makan SISSOKO Les acteurs du secteur sont en conclave pour faire l’état des lieux du secteur agricole. A l’issue des échanges et des réflexions, leurs recommandations devront ouvrir la voie à l’amélioration des résultats  Bamako, 31 mai (AMAP) En 2019, le Mali, le Rwanda, le Maroc et le Ghana étaient en bonne voie pour respecter les engagements de Malabo pris en juin 2014 en faveur de l’agriculture en Afrique d’ici 2025, selon le deuxième rapport d’examen biennal sur la mise en œuvre de la Déclaration de Malabo qui a été présenté lors du Sommet de l’Union africaine (UA) tenu en février 2020. Un résultat que les autorités maliennes entendent consolider. Pour ce faire, administrations, acteurs du monde rural, partenaires techniques et financiers du Développement rural sont en conclave pour faire la photographie, le diagnostic du secteur afin de formuler des propositions et recommandations pertinentes en vue d’améliorer les performances pour les prochaines années. A cet effet, la 12è Revue sectorielle conjointe du secteur du Développement rural se tient, depuis lundi, au Conseil national du patronat du Mali (CNPM). Le ministre du Développement rural, Modibo Keïta, a présidé l’ouverture des travaux en présence du ministre délégué, chargé de l’Élevage et de la Pêche, Youba Ba. Il y est question de mener des échanges et des réflexions stratégiques sur l’état de santé du secteur du Développement rural. Ainsi, durant deux jours, les participants partageront des informations relatives aux performances du secteur agricole et échangeront sur les réformes à engager sur les plans institutionnel et technique en lien avec les Stratégies et Politiques en vigueur en la matière. Il s’agit, notamment, du Schéma directeur de développement rural (SDDR), la Stratégie nationale de développement de la riziculture (SNDR), la Stratégie nationale de développement de l’irrigation (SNDI), la Politique nationale de la sécurité alimentaire et nutritionnelle (PolSAN), les Stratégies portant sur l’eau agricole, la protection des végétaux, la Politique de protection et de surveillance des végétaux et des animaux. Ces politiques et stratégies participatives et inclusives ont pour objectif l’amélioration de la gestion de l’agriculture malienne. «Le système de gouvernance du secteur consacre le partenariat État, collectivités territoriales, professions agricoles, secteur privé et société civile dans la définition, la mise en œuvre et le suivi des Politiques et Stratégies de développement agricole», a rappelé le ministre Modibo Keïta. « En application de ce principe de gouvernance, a-t-il précisé, le Programme national d’investissement dans le secteur agricole (PNISA) a été décliné en programmes régionaux d’investissement dans le secteur agricole avec la participation effective de tous les acteurs ». Selon lui, il en est de même du Plan de campagne agricole harmonisé et consolidé. Approuvé par le Conseil supérieur de l’agriculture (CSA) le 12 avril, ce Plan recommande l’élaboration de la Loi de programmation des investissements dans le secteur agricole.  Relevant des avancées dans l’application des politiques/stratégies, le ministre en charge du Développement rural a instruit les structures relevant de son département de concevoir et exécuter des activités permettant de consolider les acquis. Il s’agit, entre autres, selon Modibo Keïta, de la déclinaison du PNISA dans toutes les régions et du District de Bamako, sa connexion avec l’approche Plan communal d’adaptation aux changements climatiques (PCA), la poursuite du suivi de l’application des engagements de Malabo. S’y ajoutent la production d’excédents céréaliers malgré l’insécurité dans certaines zones de production, la couverture vaccinale du cheptel qui dépasse les 70%. Le président de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture du Mali (APCAM), Sanoussi Bouya Sylla, a attiré l’attention sur la sécurisation des zones de production, la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations agricoles et la disponibilité des intrants pour garantir une production alimentaire suffisante pour le pays. M. Sylla a, également, insisté sur les défis relatifs à la protection de l’environnement, la géolocalisation des exploitations agricoles en vue de faciliter la traçabilité des intrants et équipements octroyés aux producteurs par voie de subvention. MS/MD (AMAP)

Le 5è Recensement général de la population et de l’habitat au Mali commence le 4 juin 

Bamako, 31 mai (AMAP) Le Mali prépare le 5è Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH5), dont la phase opératoire commence le 4 juin 2022 pour une durée d’un mois.  L’objectif général du RGPH5, qui intervient après les quatre effectués en 1976, 1987, 1998 et 2009, est de contribuer à l’amélioration de la connaissance de la situation démographique, sociale et économique du pays et de sa dynamique en vue d’une meilleure prise en compte des variables démographiques dans les programmes et stratégies de développement, en fournissant des données socio-démographiques pertinentes, fiables et à jour. Pour la réussite de cette opération, l’Institut national de la statistique (Instat), à travers son Bureau central de recensement (BCR), en collaboration avec la Fondation centre malien pour le dialogue Inter-partis et la démocratie (CMDID), organise une journée d’information et de sensibilisation à l’endroit des partis politiques et des organisations de la société civile sur le RGPH5, les 30 et 31 mai. Le thème retenu est :«Aidez-nous à vous recenser pour mieux évaluer vos besoins».  Le premier jour de la rencontre a été consacré lundi aux partis politiques. Il visait à informer et sensibiliser ces entités sur les enjeux du RGPH5 afin de susciter leur adhésion et avoir leur accompagnement dans la réalisation du dénombrement général.  L’opération bénéficie du soutien technique du Fonds des Nations-unies pour la population (FNUAP), à travers l’appui financier des Pays-Bas au RGPH5.   La cérémonie d’ouverture était présidée par le directeur général de l’Instat, Dr Arouna Sougané, en présence de la directrice exécutive du CMDID, Mme Mariam Dicko, du représentant du FNUAP au Mali, Yves Sassenrath. La directrice exécutive du CMDIDa rappelé que le RGPH5 est une opération scientifique exhaustive, d’envergure nationale, qui va se dérouler sur l’ensemble du territoire dans un contexte particulier de crise et défis. Mme Mariam Dicko a souligné que la réussite du processus passera par la consolidation de l’expérience malienne en matière de mobilisation des populations à la base par les acteurs politiques.   Dans son intervention, le directeur général de l’Instat a mis l’accent sur les innovations apportées à ce 5è recensement. Selon lui, contrairement aux quatre précédents, le RGPH5 sera numérique. «Cela veut dire que nous allons utiliser des tablettes et que les données vont remonter directement à l’issue de la journée de travail », a-t-il expliqué.  Ceci a pour avantage de réduire les délais de traitement des données, d’une part mais, aussi, de vérifier en temps réel la qualité des données et de pouvoir apporter les corrections avant la fin des travaux.  Selon le Dr Sougané, une autre innovation majeure concerne la mise à la disposition de la population d’un numéro vert qui va permettre aux uns et aux autres de mieux suivre l’évolution du travail des recenseurs sur le terrain et de pouvoir informer l’Institut, à tout moment, d’éventuels incidents ou problèmes liés aux agents.         Le représentant FNUAP a invité les partis politiques qui concourent aux suffrages des populations pour gérer les affaires publiques à s’impliquer pour une participation massive à cette opération dont la réussite impactera la prise des décisions, notamment dans le domaine des politiques publiques. La présentation des premiers résultats de la cartographie à travers une projection power point a été un moment important de la journée. AT/MD (AMAP)

Mali : Le hadj 2022 coutera 3,9 millions de Fcfa (officiel)

Bamako, 30 mai (AMAP) Le hadj (pèlerinage à la Mecque) coûtera 3,9 millions de Fcfa aux candidats de la filière gouvernementale, cette année 2022, contre un peu plus de 2,7 millions de Fcfa en 2020 et 2021, a annoncé le directeur général de la Maison du hadj, Dr Abdoul Fatah Cissé, samedi dernier, à la Maison du hadj, à Hamdallaye. « Le pèlerinage sur les lieux saints de l’islam aura officiellement lieu en 2022, après une annulation successive en 2020 et en 2021 pour cause de pandémie de la Covid-19 », a indiqué Dr Cissé lors d’une conférence de presse. Cependant, le hadj 2022 reste subordonné pour tous les pèlerins aux restrictions édictées par le Royaume d’Arabie Saoudite, principalement la limite d’âge fixée au maximum à 65 ans et 6 mois, la vaccination contre la Covid-19, le test PCR anti-Covid-19.  « En application de ces mesures qui concernent tous les pays musulmans du monde, le quota alloué au Mali, qui était de 13. 323 pèlerins, a connu une diminution drastique de 55% », a révélé le directeur de la Maison du hadj. « Ainsi ramené à 6.032 pèlerins, a-t-il précisé, 883 pèlerins partiront avec la filière gouvernementale et les 5.080 autres seront pris en charge par la filière privée », assurée par les agences de voyage.     « A l’opposé du quota qui a diminué, le coût du pèlerinage 2022 au Mali, sans le pécule mouton, ni le passeport, a connu une hausse vertigineuse, passant de plus de 2,7 millions en 2020 à un peu plus de 3,9 millions cette année, soit une augmentation de plus de 1,2 million de Fcfa pour la filière gouvernementale et d’un peu plus de 2,9 millions de Fcfa en 2020 contre, cette année, un peu plus de 4,6 millions (toutes dépenses comprises) pour la filière privée », a indiqué Dr Abdoul Fatah Cissé. Cette augmentation du coût du hadj 2022 au Mali comme dans tous les pays s’explique par les nouvelles dispositions prises par les autorités saoudiennes, a-t-il soutenu. « Tout d’abord, il y a eu une augmentation des frais liés aux services et prestations à Mina et à Arafat, passant de 211.000 Fcfa à environ 1 million de Fcfa », a-t-il précisé. « La TVA est, aussi, passée de 0,5% à 15% », a-t-il ajouté. L’assurance-maladie et le test PCR pour 50.000 Fcfa sont, également, de nouvelles mesures instaurées par les autorités saoudiennes. A cela, il faut ajouter la flambée du prix des hydrocarbures à l’échelle mondiale ayant un impact direct sur le coût du transport aérien, a relevé le conférencier.  Sont par conséquent éligibles au hadj 2022, en priorité, les candidats inscrits pour les campagnes 2020 et 2021. Toutefois, tous les candidats au hadj 2022, sans exception, doivent payer le gap financier permettant de se mettre au niveau du prix pratiqué cette année à savoir un peu plus de 3,9 millions. Dr Abdoul Fatah Cissé a salué le soutien conséquent et l’accompagnement sans réserve du département de tutelle. MD (AMAP)

Le chantier d’élaboration de la politique nationale de Défense et de sécurité est ouvert 

Bamako, 30 mai (AMAP) Le Secrétariat permanent du Conseil de sécurité nationale (SP-CSN) a organisé, du 26 au 27 mai dernier, au palais de Koulouba, un atelier de clarification des concepts de la Politique de sécurité nationale (PSN) du Mali, dans la situation sécuritaire particulière du Mali qui nécessite la mise en place d’une PSN adaptée à la nature et aux nouvelles formes de menaces et basée sur nos valeurs sociétales. La rencontre de deux jours visait, globalement, à susciter un consensus général autour de certaines terminologies utilisées dans la rédaction de la PNS pour pouvoir défendre le projet lors des prochains ateliers de validation externes.  La cérémonie de clôture était présidée par le ministre secrétaire permanent du CSN, le général Yamoussa Camara, en présence de plusieurs officiers supérieurs des Forces de défense et de sécurité. L’atelier a, aussi, vu la participation des représentants des départements sectoriels concernés, des historiens et universitaires maliens, ainsi que des partenaires étrangers, notamment la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation du Mali (MINUSMA).  Le Mali a initié un processus d’élaboration d’une PSN en 2014. Le premier projet avait été approuvé par le CSD lors de sa session du 22 décembre 2014 et renvoyé, par la suite, pour la tenue de consultations élargies à d’autres acteurs pour la prise en compte des questions non militaires.   Dans son discours de clôture, le général Camara a indiqué que l’élaboration de la PSN « est un processus lent et laborieux qui nécessite l’implication d’un grand nombre de participants ». Selon lui, une politique nationale est d’abord fondée sur une vision et celle du Mali consiste à faire en sorte qu’à l’horizon 2050, «nous puissions avoir un pays pacifié, stable et prospère où l’État peut assurer la sécurité des personnes et des biens». Soulignant l’importance d’avoir une PSN, Yamoussa Camara a relevé que «si nous sommes dans une situation déplorable aujourd’hui, et même de drame existentiel que nous connaissons depuis 2012, c’est parce qu’on n’avait jamais mis en place une structure de veille et d’anticipation». Même s’il a reconnu l’existence de certaines structures, de façon sectorielle depuis fort longtemps, pour essayer de gérer les crises et les catastrophes, le général Camara a déploré l’absence de synergie d’efforts et de coordination. «Si bien qu’à l’apparition de la première grande crise, l’État s’est montré en défaut de capacité. On s’est dit : ‘plus jamais ça ». « Il faut une structure qui puisse coordonner l’ensemble de ces services pour assurer et anticiper les risques et les menaces», a-t-il expliqué. Pour sa part, l’ancien ministre et historien, Doulaye Konaté, a confié que les hommes de sciences sociales ont été sollicités pour apporter leur contribution à la définition de cette PNS. Selon lui, « lorsqu’on aborde la question sous cet angle, on ne peut bâtir une politique que sur un socle de valeurs, toute chose qui renvoie à notre passé ». AT/MD (AMAP) 

Mopti : Remise de chèques et enveloppes à des veuves de militaires

Mopti, 30 mai (AMAP) Le mouvement An Biko a procédé mardi dernier à Sévaré  à la remise de chèques et enveloppes à des veuves de militaires qui ont perdu la vie lors de la dernière attaque, dans la région de Mopti, a constaté l’AMAP. Une délégation du mouvement An-biko a fait le déplacement depuis Bamako pour la circonstance. La cérémonie de remise symbolique de ces enveloppes s’est déroulée dans la ville de Sévaré sous la présidence du préfet du cercle de Mopti, Abba Kaba en présence du coordinateur régional du mouvement An-biko à Mopti, Baba Diarra, de la délégation du bureau national mouvement An-biko et de plusieurs invités. Le premier responsable du mouvement An Biko antenne Mopti s’est dit très fier aujourd’hui de ce geste de la présidente du mouvement An-biko, Mme Fatoumata Niane Batouly. Baba Diarra a réaffirmé que les femmes de la 5ème région de notre pays Mopti, « toutes disent An biko, Mme Fatoumata Niane Batouly », a évoqué le coordinateur du mouvement An-biko de Mopti, M. Diarra « Lorsque on lui a fait savoir notre de notre préoccupation afin qu’elle nous vienne en aide et en assistance, elle n’a pas posé de problème. Et, elle tout simplement fait savoir qu’elle nous apporterait de ce qui est de son possible, donc promesse tenu, promesse réalisé. Que Dieu lui accord tous les bonheurs possibles qu’elle souhaite, dans la santé, et de bonheur », a ainsi lancé la porte-parole des bénéficiaires, a voulu reste dans l’anonymat. Le préfet de Mopti a salué la délégation qui a effectué le déplacement depuis Bamako. « Nous remercions très sincèrement la présidente de l’organisation mouvement An-Biko, Mme Fatoumata Niane Batouly, pour ce précieux geste en ce moment crucial que traverse notre pays. Nous demandons toujours à cette généreuse dame de veiller à la communauté de Mopti notamment, les femmes et jeunes », a évoqué Abba Kaba, préfet du cercle de Mopti. La délégation du bureau national de l’organisation des œuvres caritatives de Mme Fatoumata Niane Batouly a remercié l’ensemble des autorités : administratives, politiques, coutumières et le bureau mouvement An-biko de Mopti pour l’accueille qui lui a été réservé. KM (AMAP)