Destruction des mausolées de Tombouctou :  Le Fonds au profit des victimes a lancé les consultations initiales pour les réparations 

Bamako, 12 juin (AMAP) Le Fonds au profit des victimes a lancé, officiellement le 6 juillet 2022 à Tombouctou, les consultations initiales dans le cadre des réparations collectives, a annoncé, jeudi, une équipe de responsables du Fonds. Au cours d’un dîner de presse à Bamako, l’équipe, a ajouté que la phase de la réparation individuelle sera close le 14 novembre prochain. L’équipe, qui revenait de Tombouctou où elle avait assisté au lancement officielle des réparations collectives, était conduite par la responsable régionale des programmes pour la Côte d’Ivoire et le Mali du Fonds, Aude Le Goff. Elle comprenait plusieurs autres cadres de la structure et ses partenaires notamment le vice-président du Fonds, Ibrahim Yillah et la chargée des programme sur le terrain, Laetitia Nguewo, le représentant de l’Unesco Modibo Bagayogo. La rencontre a, également, permis aux responsables du Fonds d’aborder plus généralement les enjeux en matière de réparation au Mali, à travers sa bonne collaboration avec la Commission vérité, justice et réconciliation (CVJR).  À ce jour, outre la réparation symbolique, le Fonds a mis en œuvre des mesures individuelles de réparation dont le montant est strictement confidentiel pour plus de 850 victimes. Poursuivi par la Cour pénale internationale (CPI), le terroriste malien, Ahmad Al Faqi Al Mahdi, a été reconnu coupable le 16 septembre 2016 de «crime de guerre». Il a dirigé  intentionnellement des attaques contre des bâtiments religieux et historiques et a, ainsi, été condamné à neuf ans d’emprisonnement. Depuis lors, il purge sa peine. En novembre 2021, la CPI a décidé de sa libération anticipée le 18 septembre prochain, après lui avoir accordé une réduction de peine de deux ans. Cette clémence de la juridiction internationale a été motivée, entre autres, par le fait que la défense a plaidé coupable,  exprimé son regret et demandé pardon publiquement au cours du procès. S’y ajoute la bonne conduite de l’accusé en détention. Ainsi, le 17 août 2017, la CPI a rendu une ordonnance de réparation après avoir reconnu que le crime commis par Al Mahdi a causé, au-delà du préjudice moral à la population malienne et à la communauté internationale, un préjudice économique et moral à la communauté de Tombouctou. Mais, aussi, un préjudice économique et moral aux descendants des saints enterrés dans les mausolées, aux maçons et aux gardiens. La Cour a fixé la responsabilité de Al Mahdi à 2,7 millions d’euro (environ 1,7 milliard Fcfa ) en faveur des victimes de son crime et a accordé des réparations individuelles et collectives. Cette somme prend en compte également la réhabilitation des bâtiments protégés.  Après avoir constaté l’insolvabilité du coupable, la Chambre de première instance de la CPI a ordonné au Fonds au profit des victimes, de proposer un plan de mise en œuvre des réparations, conformément à l’ordonnance de réparation de la juridiction internationale. Cette ordonnance prévoit l’organisation d’une cérémonie solennelle pour procéder à la remise de l’euro symbolique à l’État du Mali et à l’Unesco (pour la réparation des préjudices subis respectivement par la population malienne et la communauté internationale), déjà tenue le 30 mars 2021 à Bamako.  A cela, s’ajoute la mise en œuvre de sept mesures de réparations collectives destinées à la communauté de Tombouctou, organisées en trois dispositifs : un dispositif de restauration du patrimoine culturel, un dispositif de commémoration pour répondre au préjudice moral causé à la communauté de Tombouctou. Mais aussi un dispositif de résilience économique pour répondre au préjudice économique causé à la communauté de Tombouctou. Sans oublier l’indemnisation des victimes ayant un lien exclusif avec les bâtiments (descendants des saints, maçons et gardiens).  AT/MD (AMAP)

La clinique périnatale Mohamed VI ouvre ses portes à Bamako, au Mali

Par Fatoumata NAPHO  Bamako, 11 juin (AMAP) Depuis jeudi, les activités de la Clinique périnatale Mohamed VI,  à Sébénicoro, en Commune IV du District de Bamako, la capitale malienne, ont officiellement commencé. La cérémonie d’inauguration a été présidée par le Premier ministre Choguel Kokalla Maïga. C’était en présence de la ministre de la Santé et du Développement social, Mme Diéminatou Sangaré et de  l’ambassadeur du Maroc au Mali, Driss Isbayenne.    Fruit de la coopération entre le Royaume du Maroc et le Mali, le joyau d’une superficie de 5 ha est un établissement de santé spécialisé de haut standing de 3è référence, entièrement construit et équipé par la partie marocaine pour près de 10 milliards de Fcfa. La structure dispose d’une capacité d’accueil de 74 lits, répartis entre femmes et enfants, mais aussi d’un plateau technique ultra moderne. L‘infrastructure sanitaire est composée de 4 salles d’accouchement, 2 blocs opératoires, d’un service de néonatologie avec 12 couveuses, d’une salle de réanimation de 6 lits, ainsi qu’un service d’imagerie médicale équipé. Il y a aussi une radiologie conventionnelle numérique, un scanner de16 barrettes en coupe, adapté aux besoins des femmes et des enfants, 5 échographes,  un laboratoire d’analyses médicales devant réaliser des examens de biochimie, d’hématologie, de parasitologie, de bactériologie et de sérologie et des services connexes (morgue, stérilisation, buanderie, centrale d’oxygène, groupe électrogène, mosquée…).  La Clinique périnatale a mission d’assurer le diagnostic anténatal, la prise en charge des femmes ayant des grossesses à haut risque et le suivi des enfants jusqu’à l’âge de 5 ans.  Pour le Premier ministre, cette structure occupera une très grande place dans notre système de santé, car bénéfique pour toute la population. Elle participera, sans nul doute, à la mise en œuvre de la Politique nationale de la santé, notamment dans le domaine de la santé de la mère, de l’enfant et du nouveau-né. Tout comme à la formation initiale et continue des professionnels de la santé, en termes de prise en charge de la santé de la mère, du nouveau-né et de l’enfant.  L’infrastructure ouvrira aussi des horizons en termes de recherche sur la santé de la reproduction, de la mère, du nouveau-né ou de l’enfant, ainsi qu’à la surveillance épidémiologie des maladies liées à ces dernières couches. Le chef du gouvernement s’est dit convaincu que l’établissement viendra épauler d’autres structures sanitaires pour les besoins de soins lourds de réanimation pour les mères et les nouveaux nés, notamment les grands prématurés. Pour le Dr Choguel Kokalla Maïga, il contribuera à réduire considérablement les taux de mortalité maternelle et infantile qui demeurent toujours préoccupant ainsi que les évacuations sanitaires vers l’étranger.  Le Premier ministre a aussi exhorté les responsables de la structure et l’ensemble de la population malienne à apporter l’entretien nécessaire à cet édifice pour le bien-être des enfants et des femmes. Prenant la parole, le diplomate marocain a tenu à rappeler que c’est lors de la deuxième visite du Roi Mohamed VI au Mali en février 2014 que les premières pierres de cet édifice ont été posées.  «Moderne et intégrée, cette clinique a été réalisée par la Fondation Alaouite pour le développement durable pour fournir des services périnataux spécialisés, mais aussi assurer la prise en charge des grossesses à risque et la limitation de la mortalité maternelle et enfantine», a précisé l’ambassadeur Driss Isbayenne. Pour une meilleure gestion de la structure, une grande partie du personnel a suivi des formations par les spécialistes marocains. Le diplomate marocain a aussi souligné que ce joyau est l’une des preuves vivantes de la bonne santé de la coopération entre nos deux pays frères. FN/MD (AMAP)

Levée de l’embargo de laCEDEAO :  La vie d’après à Kayes, dans l’Ouest du Mali

Par Bandé Moussa SISSOKO Kayes, 11 juin (AMAP) La grande partie des importations du Mali transite par le Port de Dakar et passe par Kayes (Ouest). La réouverture des frontières est une bouffée d’oxygène pour les populations de la Cité des rail, très soulagées par la levée des sanctions de la Communauté économique des états de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).  Dans la banlieue de Kayes, se trouve le poste de sécurité de Alahina. En ce mercredi 6 juillet, on observe une grande file de gros porteurs en provenance de Dakar, capitale du Sénégal. Chacun attend son tour pour remplir les formalités de douane et de police.  C’est le même scénario entre la direction régionale de la douane, où se trouve le scanner, et le village de Kamankolé. Sur cet axe Kayes-Dakar, notre équipe de reportage a croisé quelques camions-remorques et autres véhicules venant de la frontière sénégalaise. Arrivé poste de sécurité de Alahina, notre équipe de reportage constate que les différentes forces de sécurité et structures intervenant dans le transport routier sont à pied d’œuvre. Un agent de la sécurité s’active pour rendre la circulation fluide à l’entrée du village. Non loin de lui, un jeune soulève la barrière aux couleurs rouge et blanche afin de d’ouvrir la voie aux véhicules.  Avant d’atteindre le bâtiment abritant les postes de contrôles, on aperçoit à droite un groupe de chauffeurs, d’apprenti-chauffeurs et de syndicalistes en train de discuter à l’ombre d’un arbre. Parmi eux, Mahamadou Kéïta, membre du syndicat des transporteurs routiers de Kayes. «Nous sommes très contents de la levée de l’embargo. Les chauffeurs, de même que les propriétaires de véhicules, souffraient beaucoup des sanctions de la CEDEAO. Certains avaient même cessé de travailler. Le prix du carburant a augmenté. Les passagers, aussi, n’avaient pas suffisamment d’argent pour faire face aux tracasseries à la frontière et d’autres postes de contrôle», soutient Mahamadou Kéïta. Il demande au gouvernement de subventionner encore plus les prix du carburant (essence, gaz-oil) pour alléger les souffrances des usagers de la route. Selon lui, le prix de 5 litres de ce carburant oscille entre 25.000 et 30.000 Fcfa contre 15.000 auparavant. VIE CHÈRE – Selon ce syndicaliste, la vente de billets pour le trajet Kayes-Dakar avait cessé. Mais, la navette était assurée par les taxis et véhicules de 7 places qui débarquaient les passagers à Diboli, frontière Mali-Sénégal. Ils devaient traverser le pont à pied ou emprunter les pirogues pour rallier la ville sénégalaise de Kidira qui se trouve sur la rive gauche du fleuve Falémé. Mais, ce calvaire a pris fin avec la levée des sanctions qui a été décidée le dimanche 3 juin 2022 à Accra (Ghana) lors de la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO. Ces sanctions avaient été prises dans la capitale du ghanéenne, en janvier dernier, pour contraindre le Mali à revenir à une vie constitutionnelle normale. «Les bus et autres véhicules de transport en commun ont repris le trafic le mardi 5 juillet 2022. Le 1er car wolof (véhicule sénégalais) est arrivé hier (mardi) nuit », annonce ce syndicaliste. «L’embargo a rendu la vie chère. L’Etat doit penser aux populations, notamment les chauffeurs dont la situation est précaire», souligne Mahadi Konaté, un autre membre du syndicat. Le chauffeur de taxi, Mamadou Diarra, félicite les autorités de la Transition dont les efforts ont permis de réduire les tracasseries sur l’axe. Il se plaint du fait que chaque passager paye 3.000 Fcfa si sa carte d’identité est périmée alors que la contravention est, selon lui, estimée à 500 Fcfa et 1.000 Fcfa si l’intéressé perd sa pièce d’identité. Au niveau de Diboli, il affirme que les Maliens, tout comme les étrangers, payent 10.000 Fcfa. Dans la matinée de ce mercredi vers 10 heures, le mouvement est timide sur l’axe Dakar-Kayes-Bamako, précisément au niveau du poste de surveillance située dans la Commune rurale de Khouloum. Mais la situation ne tardera pas à changer. «La levée de l’embargo nous a beaucoup plu. Nous dépendons du Sénégal. A cause des sanctions, le prix de la tonne de ciment sénégalais a atteint 120.000 Fcfa et celui d’une tonne de ciment local à 92.500 Fcfa. Je pouvais attendre deux mois pour avoir mes marchandises», affirme Ibrahim Ilo Sissoko, commerçant-détaillant, au carrefour des logements sociaux de Kayes, qui abritait l’ancien poste. BMS/MD (AMAP) 

Dossier mouton de Tabaski: Les superstitions liées au bélier de sacrifice

Bamako, 07 juin (AMAP) La fête de Tabaski sera célébrée dans notre pays ce samedi 9 juillet. Ce sera la fête du mouton. Tous les croyants musulmans qui en ont les moyens se feront un devoir d’immoler un bélier.  Celui-ci est entouré de nombreuses croyances populaires qui n’ont, pratiquement, rien à voir avec l’essence-même du dogme islamique malgré le syncrétisme avec quelques prières musulmanes. Nos amis et parents sénégalais sont réputés pour un certain penchant pour ces croyances aux allures païennes. Nous vous livrons un échantillon de ces histoires aussi drôles que rocambolesques pour chatouiller le sens de l’humour de nos lecteurs. Cela dit, il n’est pas à écarter que certains lecteurs pourraient être tentés de trouver là une source d’inspiration et se donner à cœur-joie à ces pratiques. Simple précision, nous dégageons toute responsabilité face à l’adhésion à certaines de ces pratiques mystiques sans fondement religieux ni même scientifique ! Nous devons ces extraits à PressAfrik, une agence de presse sénégalaise qui jouit d’une grande réputation. Nous avons retenu sept petites histoires que nous espérons, vous amuseront.  USAGE SECONDAIRE DE LA CORDE SERVANT À ATTACHER LE MOUTON AVANT SON IMMOLATION De la même manière qu’elle aide à attacher le mouton et à le sécuriser, la corde est utilisée contre les maris infidèles qui délaissent le lit conjugal. Pour les célibataires, il n’y a pas plus efficace. Si vous voulez vous marier (homme et femme), prenez la corde avec laquelle on a attaché le mouton avant de l’immoler. Pour ce faire, il faut immoler le mouton le jour de la Tabaski.  Puis, on fait sept nœuds en récitant sept Fatiha pour chaque nœud, soit 49 Fatiha. Ensuite, on prononce ses vœux, en l’occurrence celui de se marier. Enfin, on termine par une autre prière, trois Salatoul Fatiha. Si votre mari vous trompe aussi, procédez de la même manière. S’agissant des maris avares, attachez la corde au pied du lit. Certains marabouts et charlatans utilisent cette corde pour créer, dit-on, la discorde entre deux personnes ou dans un groupe.  LES CORNES DU MOUTON SONT AUSSI TRÈS RÉPUTÉES POUR LEUR POUVOIR PSEUDO MAGIQUE Elles sont surtout utilisées pour avoir le pouvoir de neutraliser les vols. Il se dit que si on les met dans une boutique, tout voleur qui s’aventurera par-là s’endormira sur place, jusqu’à ce que le propriétaire vienne le surprendre. Pour avoir une protection contre les voleurs, il faut mettre le nid d’un oiseau de la famille des passereaux dans la corne du mouton de Tabaski et fermer celle-ci avec un morceau de savon ayant servi à laver une dépouille mortelle. Puis fermer la corne en récitant douze fois «Ayatoul koursiyou». Ainsi, votre boutique serait protégée contre les voleurs ; mieux, beaucoup de clients accourront vers votre lieu de vente. LA LANGUE Elle est utilisée contre le mauvais œil et la mauvaise langue (ou thiatt en wolof), pour l’entente dans une famille, si vous voulez que vos enfants réussissent et deviennent «quelqu’un» ou si vous voulez bénéficier des réussites de vos enfants.  LA PEAU Souvent utilisée comme natte de prière, la peau du mouton cache d’autres secrets. En effet, nos ancêtres l’utilisaient pour aider un jeune couple à s’épanouir dans leur mariage et à faire qu’il reste soudé. Il vous suffit de l’étaler au sol. Placer sur la peau en guise de natte, les pattes du mouton, deux noix de cola (une blanche et une rouge).  Enterrez le tout dans un endroit secret connu de vous seul. Vous pouvez la déterrer si vous voulez qu’elle soit mis fin à cette relation. Utilisez le même procédé si vous déménagez dans une nouvelle maison.  Vous serez protégé contre les mauvais esprits hantant les lieux et les personnes mal intentionnées. En cas de contentieux sur la maison, les ennemis se tairont. Le chef de famille ainsi que les membres de la famille seront respectés. Elle est surtout utilisée pour faire du mal ou jeter un mauvais sort à quelqu’un. Les marabouts des lutteurs utilisent cette partie du mouton pour paralyser leur adversaire. Utilisée avec certains versets du Coran, elle peut rendre inaperçu ou «invisible» quelqu’un. Les bouchers ne la laissent jamais intact. Ils la détruisent toujours. LA BILE La bile est comme de l’acier contre les billets de banque : on l’utilise pour ceux qui ont des problèmes d’argent. Il y a beaucoup de personnes (salariés, ouvriers, commerçants, par exemple) qui n’arrivent pas à garder leur argent en poche. Il trouve toujours un prétexte pour le dépenser en quelques jours pour des choses inutiles. Il suffit d’écrire deux fois Fatiya et placer le résultat dans de l’eau, puis mélanger avec la bile ; enfin se nettoyer les mains avec le résultat. LE FOIE Le foie est utilisé pour les hommes ayant des problèmes urologiques comme la varicocèle, l’éjaculation précoce et l’augmentation du pénis.  LES TESTICULES Les testicules sont très efficaces pour faire du mal (rendre l’homme impuissant sexuellement «en wolof, takk xala). Les charlatans les utilisent pour paralyser l’homme sexuellement. Ce dernier deviendra faible sexuellement ou éjaculera précocement. Histoires recueillies par Rokiatou TRAORÉ

Dossier mouton de Tabaski : Le pourquoi de la hausse des prix

Par N’Famoro KEITA Bamako, 07 juin (AMAP) Le «Chaba Terrain» à Lafiabougou, Commune IV du District de Bamako, la capitale malienne, est transformé momentanément en aire de vente de moutons. Ce marché grouille de monde, de jour comme de nuit, en cette veille de fête de Tabaski. Les vendeurs rivalisent d’adresse pour attirer les acheteurs. Ce 1er juillet, l’ambiance était morose mais le temps clément à cause de la pluie abondante de la veille qui avait arrosé la ville. À l’entrée du site, des vendeuses de fourrage bloquent le passage. Des feuilles d’arbres fraîches et d’arachide séchées sont étalées par terre. Les bêlements des bêtes sont assourdissants. Difficile d’accéder à l’aire de vente. Notre équipe de reportage a dû se frayer un chemin pour accéder à cette cour. Les visiteurs qui arrivent soupèsent du regard les troupeaux de bœufs, de moutons et de chèvres disséminés. Devant un troupeau de moutons, Abdoulaye Coulibaly discute avec un client du prix d’un bélier. Sans accord sur le prix,  le potentiel acheteur prend congé du commerçant et se dirige vers un autre vendeur. À la question de savoir pourquoi le client s’est retiré, Abdoulaye Coulibaly explique que le marché de cette année est différent de celui des années précédentes, à cause du prix élevé de l’aliment bétail.  Malgré cela, le quadragénaire se réjouit d’avoir vendu quelques têtes depuis son  arrivée du village de Tatla, dans la Région de Ségou (Centre). Il ne précise pas le nombre exact de moutons vendus. Abdoulaye Coulibaly indique que le prix de ses animaux varie entre 60 000 et 150 000 Fcfa. À quelques mètres sous un petit hangar, Amadi N’Diaye est allongé et observe ses bêtes. Le regard sérieux, le natif de Banamba admet la morosité du marché.  Contrairement au précédent interlocuteur, N’Diaye trouve que le marché est trop lent. En réponse aux clients qui leur font porter le chapeau de la cherté des bêtes, il justifie ce désagrément par plusieurs raisons. Notre interlocuteur explique que le sac de tourteau qui était vendu à 5 000 Fcfa, est aujourd’hui cédé à 17 500 Fcfa.  Le son de maïs est vendu à 15 000 Fcfa le sac. L’année dernière, il était cédé à 2 500 Fcfa.  N’Diaye dénonce les effets néfastes de l’homme sur la forêt rendant difficile l’alimentation des animaux. «Nous n’avons plus de pâturage à cause des feux de brousse. Nous sommes obligés d’acheter cette nourriture pour assurer la survie de nos ovins. Nous pouvons dépenser 500 000 Fcfa dans leur alimentation, sans compter le transport de notre village à Bamako», déplore-t-il. ATTAQUES RÉPÉTÉES – Selon Abdoulaye N’Diaye, le transport d’un mouton qui coûtait 500 Fcfa s’élève aujourd’hui à 3 000 Fcfa. À ces difficultés, il ajoute les tracasseries de certains agents des postes de contrôle qui exigent le paiement de 5 000 Fcfa au passage.  Ces facteurs sont à l’origine de la hausse des prix. Cet habitué du marché du mouton de Tabaski compte 15 ans d’expérience dans cette activité. Abdoulaye vend cette année ses béliers entre 75 000 Fcfa et 300 000 Fcfa.  Nous arrivons vers 11 heures, au «garbal» de Lafiabougou kôda, toujours en Commune IV du District de Bamako. Il est très animé. Les clients se promènent troupeau à troupeau, à la recherche du mouton de leur choix.  Le vendeur Salif Belem est un natif du Cercle de Koro, dans la Région de Bandiagara (Centre). Il réside à Bamako depuis quelques années. Des propriétaires, de son village, lui envoient des animaux. L’homme au visage serein, qui s’apprêtait déjà pour la prière du vendredi, raconte son calvaire : «Nous sommes confrontés aux difficultés de transfert des animaux vers le Sud du pays. Les attaques sont régulièrement perpétrées par les terroristes contre les véhicules transportant les forains».  Le vendeur Salif Belem, triste, raconte que les bandits confisquent les animaux et les biens. Et, souvent, il y a même mort d’hommes. À cause de la hausse  du prix du carburant, les bêtes sont transportées à 4 000 Fcfa par tête. Par ailleurs, Salif Belem est nostalgique du marché fructueux des années passées.  Il se souvient qu’autrefois, un client pouvait acheter 15 à 20 têtes en une seule fois. «Mais, cette année, nous avons du mal à avoir trois achats par jour», révèle le marchand de moutons, reconnaissant que les prix du bétail ont augmenté.  «Tous les béliers qu’on pouvait acheter à 75 000 et 100 000 Fcfa sont aujourd’hui cédés à 125 000 voire 150 000 Fcfa», confie Salif. Il invite les clients à comprendre les motifs qui  ont conduit à cette situation.  Bourama Keïta habite Sébénicoro, Commune IV du District de Bamako. Il a déjà acheté deux béliers à Djicoroni-Para,  respectivement, à 80 000 et 110 000 Fcfa. Il est heureux en déclarant : «J’ai eu mon choix et je n’ai pas de regret». Il est content d’avoir accompli son devoir de père de famille. NK/MD (AMAP) 

Nioro : Lancement officiel du Plan national de réponse à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle

Nioro, 6 juillet (AMAP) Le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta a procédé mardi à Nioro au lancement officiel du Plan national de réponse à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle pour la période de 2022 (PNRà en donnant le départ de 3 camions chargés de vivres, destinés aux communes bénéficiaires de la Région de Nioro, a constaté l’AMAP. L’opération qui s’inscrit dans le cadre du Plan national de réponse à l’insécurité alimentaire porte sur 34.147 tonnes de produits alimentaires. Le geste symbolique du chef de l’État consacrait l’autorisation officielle de la distribution gratuite de 34.147 tonnes de céréales au profit de 1.191.772 personnes à travers l’ensemble du pays. L’opération a coûté plus de 17 milliards de Fcfa, dont 8,6 milliards de Fcfa mobilisés par le budget national et un peu plus de 8,6 milliards de Fcfa au titre d’indemnisation d’assurance risque saisonnière souscrite par l’État malien auprès de la Mutuelle panafricaine de gestion des risques, a révélé le ministre Commissaire à la sécurité alimentaire, Redouwane Ag Mohamed Aly, précisant que le besoin global est estimé à 64.000 tonnes. Le don est destiné aux Maliens qui auront besoin d’une assistance alimentaire et nutritionnelle entre juin et septembre. Cette période, comprise entre le début de la saison nouvelle et les prochaines récoltes, est considérée comme la période de soudure au cours de laquelle plus de 1,2 million de personnes seront en insécurité alimentaire très sévère et auront donc besoin d’une assistance alimentaire. L’évaluation définitive de la situation alimentaire et nutritionnelle par le Système d’alerte précoce du Cadre harmonisé, estime le gap à 30.000 tonnes. « Son financement qui est estimé à plus de 18 milliards de Fcfa, doit être recherché pour soulager la souffrance de nos compatriotes en détresse alimentaire et nutritionnelle », a indiqué le ministre Commissaire à la sécurité alimentaire. Redouwane Ag Mohamed Aly a par ailleurs déclaré qu’en plus les dons en vivres, plus de 6.700 tonnes d’aliment bétail seront distribuées gratuitement ou vendues à prix modéré. Pour la Région de Nioro, 2.452 tonnes de céréales seront distribuées à 90.817 personnes, contre 500 tonnes d’aliments bétail qui seront offertes aux éleveurs de la région. Les capacités de résilience à l’insécurité alimentaire de cette circonscription administrative méritent d’être renforcées. Pour ce faire, a assuré indiqué le ministre Commissaire à la sécurité alimentaire, il est prévu la réhabilitation de points d’eau et la clôture de jardins potagers pour permettre aux femmes et aux jeunes de mieux produire notamment des produits agricoles et maraichers. A cela il est à ajouter la réhabilitation de quatre points d’eau, de huit points d’eau pastoraux… Toutefois, il est envisagé, en rapport avec le ministère de l’Économie et des Finances, la reconstitution du stock national de sécurité et de prévention d’État afin d’atteindre un niveau optimum respectivement de 35.000 et 25.000 tonnes. Le but est de disposer, « en tout temps, d’un stock suffisant », a- t-il précisé. À l’échelle nationale, près de 3 millions de personnes ont besoin d’appui dans les domaines de l’agriculture, de l’élevage, de la pêche, de la restauration des actifs productifs. Ils doivent également bénéficier d’activités génératrices de revenus afin de renforcer leurs capacités en moyen d’existence. Le ministre Commissaire à la sécurité alimentaire a saisi l’occasion pour saluer la disponibilité des partenaires techniques et financiers qui ont toujours été aux côtés de notre pays dans le cadre du soutien à la lutte contre l’insécurité alimentaire. Il a également salué les États qui sont dans la dynamique d’appuyer le dispositif de sécurité alimentaire et nutritionnelle. Au cœurs du dispositif du CSA dans le cadre de leur soutien technique et financier, le chef de file des partenaires techniques et financiers a apprécié les progrès enregistrés sur le plan nutritionnel, notamment la réduction de la malnutrition aigüe dont la prévalence est passée de 13,3% en 2014 à 10% en 2021. Quant au retard de croissance des enfants de moins de 5 ans, s’est réjoui Bart Ouvry, la prévalence est passée de 28% en 2014 à 21% en 2021. Le diplomate européen a saisi l’opportunité pour rappeler qu’une aide alimentaire a été apportée, de janvier à mai 2022, à plus de 800.000 personnes, y compris près de 100.000 déplacés internes, ce qui représente, selon lui, 48% de la cible estimée à environ 1,8 millions de personnes.  CMT/KM (AMAP)

Septentrion malien : Le trafic de carburant et autres produits de première nécessité en plein essor

Tombouctou, 5 juillet (AMAP) D’importantes quantités de carburant transitent nuitamment par Goundam (Nord) en direction du sud du Mali tous les jours, ce qui suscite beaucoup d’interrogations au sein de l’opinion locale, a appris l’AMAP de source locale. Selon cette même source, avant on avait coutume de voir des citernes de carburant qui arrivent à Goundam pour des livraisons à certaines entités, notamment l’Energie du Mali (EDM SA), la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), les Forces armées maliennes (FAMa). Aujourd’hui, nous assistons à un trafic intense de carburant dans des fûts chargés dans des camions, ou des véhicules tout terrain couverts de bâches ou à ciel ouvert, traversant la ville de Goundam pour le Sud et l’Ouest. Ces dizaines de camions et de véhicules 4×4 chargés de fûts de gaz-oil ou d’essence viennent d’e l’Algérie voisine malgré le contrôle strict des autorités des frontières menant dans les Régions de Gao et de Tombouctou (Nord). A partir de Tombouctou, des camions assurent le relais. Ceux venus de l’intérieur du pays, de retour, chargent les nombreux fûts de carburant à destination d’autres horizons. Aujourd’hui, ils sont nombreux les citoyens à s’interroger sur les destinations de ces cargaisons de carburant. D’autres pensent que ce trafic devait contribuer à atténuer la crise et éviter la flambée des prix de carburant mais hélas le litre d’essence a atteint les 1 000 Fcfa en ce mois de juin alors qu’il se vendait à 650 Fcfa. Par ailleurs, du côté de la Mauritanie il est constaté le mouvement de nombreux camions chargés de marchandises, de produits de premières nécessité, en direction de Tombouctou. Ces marchandises sont aussitôt transférées dans d’autres camions et petits véhicules pour de nouvelles destinations au lieu d’être vendues sur le marché local en vue de contribuer à la stabilisation des prix et atténuer à la souffrance des populations. Cette situation constitue une grande perte pour l’économie u Mali, de l’avis de nombreux observateurs qui pensent que cela ne profite qu’à une poignée d’individus.  AT/KM (AMAP)

Levée des sanctions de la CEDEAO : Soulagement au Mali

Par Issa DEMBÉLÉ Bamako, 04 juil (AMAP) Les chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO, réunis, dimanche,  Accra au Ghana, ont levé les sanctions économiques et financières imposées au Mali, depuis le 9 janvier 2022 . «Sage décision», se réjouissent nombre de nos concitoyens sur les réseaux sociaux. Les Maliens n’en espéraient pas moins de cet énième sommet qui s’est tenu après que les autorités de la Transition ont donné suffisamment de gages : publication du chronogramme des réformes politiques et institutionnelles et celui des élections, adoption d’une nouvelle loi électorale, mise en place de l’équipe en charge de l’adoption d’une nouvelle constitution… Ces actes ont certainement orienté la décision des dirigeants ouest-africains, qui ne demandaient plus que des «éléments complémentaires» concernant les chronogrammes proposés. Ce sommet est intervenu, aussi, alors que les autorités de la Transition ont convaincu de leur intention de faire participer les acteurs politiques et de la société civile aux actions visant à conduire le pays vers l’ordre constitutionnel normal. L’inclusivité et la recherche du consensus ont été érigées en principes. La classe politique et la société civile, dont une partie s’offusquait de l’absence de concertation, sont désormais au parfum de ce qui est envisagé en matière de réformes (politiques et institutionnelles) et d’élections. Le succès de la réunion de relance du Cadre de concertation national augure une réelle implication des uns et des autres pour la réussite des différents processus. NORMALISATION – L’issue du sommet de dimanche marque le début de la normalisation de nos rapports avec cette organisation qui aura tout tenté pour faire plier les autorités de la Transition. L’ancien président nigérian Goodluck Jonathan a fait de nombreux aller-retour à Bamako – son dernier séjour remonte aux 23 et 24 juin derniers – pour trouver un compromis. Les chefs d’Etat ont plusieurs fois évoqué le sujet et préconisé des solutions qui ne rencontraient pas l’adhésion des autorités maliennes et d’une bonne frange de nos concitoyens. Agacés, ils avaient, lors du sommet du sommet du 9 janvier 2022, imposé des sanctions économiques et financières au Mali. Ces sanctions avaient été maintenues à l’issue des sommets du 25 mars et du 4 juin. La reconduction des sanctions à l’issue du sommet du 4 juin dernier fut une véritable douche froide pour les Maliens. L’entrée en scène du président togolais, Faure Gnassingbé, à la demande du Mali pour jouer les médiateurs, avait fait naître un certain espoir sur les rives du Djoliba. De nombreux observateurs avaient tablé sur une levée des sanctions. Patatras ! Les dirigeants ouest-africains ont jugé bon de repousser l’échéance à un mois plus tard, le temps d’obtenir plus de gages de la part de nos autorités. Le rendez-vous manqué du 4 juin n’a pas empêché les autorités maliennes de continuer à travailler à convaincre de leur bonne foi. Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, a mené un travail diplomatique efficace pour faire comprendre à nos partenaires étrangers que l’intention des autorités maliennes n’est nullement d’isoler le pays.  De con côté, le président Faure Gnassingbé a poursuivi aussi son effort pour soutenir le dialogue avec la CEDEAO et l’ensemble de la communauté internationale. Son «action discrète et efficace» a été saluée, il y a un mois, par le chef de la diplomatie malienne. RESILIENCE – La levée des sanctions intervient alors que notre économie et celles de nos voisins immédiats ont beaucoup souffert de l’interruption des relations économiques, financières et commerciales. Notre économie a plié mais n’a pas rompu. Le pays a affiché une résilience étonnante. L’Etat a continué à assurer son rôle régalien même si les restrictions budgétaires ont affecté les activités de nombreux services publics. Le pays n’a pas souffert de pénuries de produits de grande consommation dont les prix ont tout de même pris l’ascenseur. Pourtant peu d’observateurs donnaient plus de trois mois pour voir notre économie totalement sur les rotules du fait de ces sanctions que les autorités maliennes ont qualifiées d’« illégales, illégitimes et inhumaines ».  Il reste à appliquer des mesures idoines pour faire redémarrer des pans entiers de l’activité économique atteints par le marasme créé par l’embargo. Ceci est un impératif pour les autorités car les citoyens attendent une baisse des prix de certains produits de grande consommation.  Les opérateurs économiques s’attendent à des facilités pour leur permettre de relancer leurs affaires. Beaucoup ont subi des pertes sèches du fait du blocage de leurs cargaisons de produits importés dans les ports de Dakar et d’Abidjan. La levée des sanctions est une très bonne nouvelle pour cette catégorie d’hommes d’affaires. ID/MD (AMAP) 

26è édition de l’Espace d’interpellation démocratique (EID) : La réception des dossiers commence ce vendredi

Bamako, 1er juin (AMAP) La réception des dossiers pour la 26è session de l’Espace d’interpellation démocratique (EID) début ce, vendredi 1er juillet jusqu’au 30 septembre prochain au bureau du Médiateur de la République, a annoncé, jeudi, a Médiatrice, Mme Sanogo Aminata Mallé, au cours d’une rencontre avec la presse dans le cadre du lancement des activités de cette session, au siège de l’institution.  Les citoyens peuvent, aussi, déposer leurs interpellations auprès des délégations territoriales du Médiateur de la République dans les capitales régionales et dans les ambassades du Mali à l’étranger.  Institué par le décret n°96-159/P-RM du 31 mai 1996, modifié, le forum annuel dénommé «Espace d’interpellation démocratique » offre un cadre d’échanges dynamiques au cours duquel, les ministres sont interpellés par des citoyens sur des questions qui relèvent de la bonne gouvernance, en matière de droits et libertés publiques. Dans son intervention, Mme Sanogo a rappelé les dispositions de l’article 16 du règlement intérieur relatives à la préparation des sessions de l’EID. Selon cet article, «six mois avant la tenue de la session de l’EID, le Médiateur de la République informe le public par les moyens de communication appropriés, sur les objectifs et les modalités de participation aux travaux de ladite session ». Elle a, ensuite, souligné que l’organisation de l’EID a été confiée au service du Médiateur de la République depuis 2012. En tant que forum annuel, l’EID a pour objet d’informer les opinions publiques nationales et internationales, sur l’état des droits de l’Homme, de contribuer de manière pédagogique à la réalisation d’une culture démocratique nationale. Mais aussi, impulser de façon significative la politique de promotion et de protection des droits et libertés des citoyens. Pour sa part, le Secrétaire permanent de l’EID, Amadou Diallo, a présenté la situation des interpellations de la 25è session. Il ressort du document qu’au total, la commission préparatoire a statué et délibéré sur 280 dossiers d’interpellations reçus qui ont été classés en trois catégories. Sur ce nombre, 206 interpellations ont été retenues soit 73,57%, avec 178 dossiers traités sur lesquels, 53 ont été retenus pour lecture et 153 pour suite à donner. Ce qui fait un taux global de réalisation de 86,40%.  M. Diallo a indiqué que l’ensemble des recommandations du jury d’honneur de la 25è session ont fait l’objet d’un relevé qui a été transmis à tous les départements ministériels concernés afin qu’ils puissent donner des suites. Le Médiateur de la République est un recours pour le citoyen et un conseil pour l’administration. Ainsi, il entend demeurer une institution crédible de consolidation de l’Etat de droit afin de promouvoir la transparence, l’équité, la bonne gouvernance et la satisfaction des usagers du service public.  AT/MD (AMAP)

Stratégie nationale du secteur de la sécurité : Une approche participative autour du plan d’actions

Bamako, 1er juin (AMAP) Le Commissariat à la réforme du secteur de la sécurité (CRSS), en partenariat avec le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), a organisé, jeudi, au Centre international de conférences de Bamako (CICB) un atelier national sur le thème : «Appropriation de la stratégie de la réforme du secteur de la sécurité et son plan d’actions 2022-2024.» Les participants à la session étaient composés de représentants de l’Etat, de la justice, des forces armées, des services para militaires, des collectivités territoriales, des organisations féminines et de jeunes, des associations traditionnelles, des universitaires et des mouvements signataires de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger. La cérémonie d’ouverture a été présidée par le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le général de brigade Daoud Aly Mohammedine, en présence du Commissaire à la réforme du secteur de la sécurité, le général de division Abdoulaye Coulibaly. L’objectif visé à travers cet atelier est de promouvoir l’appropriation nationale du processus de la réforme du secteur de la sécurité, en mettant en relief les éléments nécessaires pour une collaboration optimale entre les parties prenantes des services de défense, de sécurité et de justice. Il s’agit également de clarifier les activités de résilience des populations face à l’insécurité. Le décret n°2022-0208/PT-RM du 4 avril 2022, portant sur la stratégie de la réforme du secteur de la sécurité a été adopté par le gouvernement de la Transition en vue de mettre en œuvre la vision politique et les priorités en la matière. C’est pourquoi, le ministre Mohammedine a dit que « cette règlementation constitue désormais un cadre de référence pour notre pays ». « Cette réforme vise à rendre plus efficaces et responsables la prestation, le contrôle et la gestion des services de sécurité, a expliqué Daoud Aly Mohammedine avant d’ajouter qu’elle consiste à améliorer à la fois la sécurité de l’Etat et la sécurité humaine. Le chef du département de la Sécurité a, également, fait savoir que l’environnement institutionnel de la RSS a été consolidé par le lancement, au niveau régional, des comités consultatifs de sécurité. Toute chose qui porte sur la mise en place d’un dispositif sécuritaire innovant axé sur l’approche participative, afin de susciter l’adhésion et l’accompagnement des différents acteurs.  La représentante des partenaires techniques et financiers, Mme Maïmouna Ouédraogo, a indiqué que la coopération avec le Mali a pour but de surmonter les défis sécuritaires. Pour elle, ce soutien se traduit en matière de gouvernance du secteur de la sécurité, de réalisation d’infrastructures de sécurité, de formation et de l’établissement des relations de confiance entre les parties prenantes de la sécurité. Les échanges des participants porteront, entre autres, sur l’interaction entre sécurité-développement, justice-sécurité et genre-sécurité. Ils procéderont, aussi, à l’analyse diagnostique du domaine de la sécurité, sa vision, son schéma de communication et ses mécanismes de mobilisation des ressources.  NK/MD (AMAP)