Présence des juifs dans le septentrion du Mali : La communauté des Ida Houssak, la treizième tribu d’Israël ?

Par Dr Ibrahim MAÏGA ibrahimmaiga@yahoo.fr Bamako, 11 mar (AMAP) La structuration de la population, la composition de la nation malienne sont connues. Elles sont même la force de cette vieille nation dont la culture de la tolérance est portée par une intense production scientifique, artistique et littéraire.  Dans cette série, nous traitons de la présence des « Ida Houssak », la composante juive au sein de la grande Confédération des Oulliminden. Les « Ida Houssak » seraient une descendance du Prophète Issac, donc d’origine israélite. Certains ont même conclu qu’ils seraient la treizième tribu d’Israël ! De l’Orient via l’Ethiopie ou l’Egypte, d’Espagne ou du Portugal, du Sahara, et plus récemment encore à travers le commerce syro-libanais et la colonisation française, d’importants matériaux sont à la disposition des chercheurs. Pour ce qui est précisément de l’arc de cercle qui va de Kidal à Ansongo et Ménaka, nous mettons la lumière sur  la communauté des « Ida Houssak », peuple vivant au sein de la grande confédération des touaregs Oulliminden sans en faire partie véritablement.  La présence des « Ida Houssak » au sein des touaregs a été documentée initialement à travers les écrits de certains officiers français qui ont « pacifié » le cercle de Ménaka après les tragiques évènements de 1916 à Anderamboukane, la mare fatidique. Le capitaine Bretaudeau, un officier des affaires musulmanes de l’armée française, dont le souvenir reste toujours vivace dans la région, a évoqué les « Ida Houssak » en tant que communauté distincte disposant de sa propre langue. Mais très prudent, le capitaine Bretaudeau a émis une hypothèse de travail. Sans se lancer dans de grands développements, il  pensait qu’il était fort probable que cette communauté soit issue d’un courant migratoire en plusieurs étapes à partir du Sahara. Cette prudence est justifiée comme on le verra dans les publications suivantes. Edmond Bernus, dans son phénoménal travail sur les touaregs, a pu collecter des versions orales qui feraient des forgerons touaregs des éléments venus d’Israël, à partir du Maroc. (Bernus E. Touaregs, chronique de l’Azawak, Ed. Plume, 1991, p. 11). Les forgerons dont il parle ont la particularité d’être orfèvres. Le Père de la Foucauld et Henry Lhote ont fait le même constat que Bernus. Ils ajoutent que les « Dawsak » sont réputés pour leur grande maîtrise de l’élevage. André Chaventré a aussi travaillé sur les « Ida Houssak ». Il a publié les résultats de ses recherches dans « évolution anthropo-biologique d’une population touareg ; les kel Kummer et leurs apparentés ». (Institut national d’études démographiques, Travaux et Documents, Cahier n°103, Presses Universitaires de France, 1983).  Chaventré commence par reconnaître l’originalité de cette communauté chez les touaregs de l’Azawakh. Il parle d’un « isolat » et en distingue deux fractions principales : les Anakaten et les Ibaghaniaten. Les Anakaten se retrouvent à Talataye, (Ansongo) et les Ibaghaniaten dans la sous-préfecture de Tchintabaraden au Niger. Sur leurs origines, Chevantré reprend les versions orales les plus confirmées. Certains pensent que les « Ida Houssak » seraient « les descendants de juifs maghrébins et sahariens chassés vers le sud par l’invasion hilalienne, d’où leur nom de Dawsahak qui serait la déformation de Ida ou Isaac ». D’autres pensent que les « Ida Houssak » « auraient pour ancêtre Hayta, un des fils du prophète qui serait venu du Tafilalet ». A ces deux versions, s’ajoute une troisième selon laquelle « Ida Houssak » « aurait  une origine commune avec les Djerma, leur ancêtre Bramait étant le frère du père de ces derniers ». A l’appui de cette version, le fait que le vocabulaire des « Ida Houssak » est principalement emprunté au Songhoy et le fait aussi que les « Ida Houssak » et les Songhoy ont toujours été en bonne entente. Cette version a été soutenue par l’historien nigérien Boubou Hamma.  Chaventré continue : « Les Dawsak sont blancs, beaucoup plus clairs en général que tous les autres habitants de la zone sahélienne  Imajeghan et Imghad compris. Il n’est pas rare de trouver chez eux des sujets blonds ou roux avec des yeux verts ou bleus…Les Dawsak, si l’on se réfère à d’autres critères, sont tout aussi dissemblables des autres « Touareg » avec lesquels on les a confondus et on les confond encore ».  L’auteur peut alors s’appuyer sur une analyse génétique pour soutenir la particularité des « Ida Houssak », à travers les résultats d’une analyse de sang. « En 1977, nous avons pour la première fois étendu aux Dawsak et aux Iklan, les études hématologiques pratiquées jusqu’ici chez les Imajhgen. Nous avons constaté en étudiant deux marqueurs bien définis : l’hémoglobine et la G6PD, que les Dawsak se différenciaient très nettement des autres groupes avec lesquels ils vivent en complète symbiose », fait-il observer. Chaventré s’est, aussi, intéressé à la richesse de cette communauté : «  Sur le plan économique, les Dawsak sont les éléments les plus intéressants de la Confédération. Remarquables bergers, ne ménageant jamais leur peine quand il s’agit de bétail, ils ont pu passer la période de la sècheresse qui vient de s’achever avec des pertes relativement moins importantes que les autres catégories sociales. Depuis, et c’est logique, leur cheptel augmente proportionnellement beaucoup plus que celui des autres groupes, ce qui fait actuellement des Dawsak les hommes les plus riches de tout l’Azawakh avec tout ce que cela implique : considération accrue des autorités administratives, poids beaucoup plus important dans les coopératives, assemblées régionales, instances politiques locales… ». Aujourd’hui encore, les « Dawsak » constituent une communauté à part quand bien même ils sont sous la coupe de l’Amenokal des Oulliminden. Les Français ont rapidement fait ce constat avant de finir avec l’implantation de l’administration. Elle a ainsi ouvert, pour le profit des enfants « Dawsak » et les enfants des autres communautés, l’une des premières écoles nomades à Talatay, dans le cercle d’Ansongo dans les années 1950. Pour conclure, un retour à Edmond Bernus est nécessaire. Dans son ouvrage déjà évoqué, il a insisté sur la qualité et

Lutte contre le terrorisme : L’armée poursuit la traque des terroristes 

Bamako, 11 mar (AMAP) Les Forces armées maliennes (FAMa) continuent de détruire les sanctuaires terroristes dans le cadre du plan Maliko et de l’opération spéciale Kélétigui au cours desquels plusieurs actions majeures ont été menées, depuis le début du mois, par les soldats maliens contre un ennemi en débandade qui tente de se réorganiser, annonce l’état-major général des Armées  . Dans un communiqué en date du mercredi dernier, l’état-major général des Armées indique que sur le théâtre-Est de l’opération Maliko, les FAMa ont exploité et consolidé les acquis de la réaction vigoureuse contre l’attaque de l’emprise de N’Tahaka, sur l’axe Gao-Gossi (Nord).  De même que « les leçons apprises des tirs de six obus essuyés par le camp FAMa-Takuba-Minusma de Ménaka le 07 mars 2022 avec la précision des indices sur d’éventuelles complicités. »  « Sur le théâtre Centre de l’opération, dans la Région de Ségou, poursuit le communiqué, les reconnaissances offensives de fouilles ont été conduites dans la forêt de Ouagadou, zone refuge des terroristes, avec un focus sur la zone des puits N. » Au cours de ces reconnaissances, « un véhicule suspect, parmi les quatre en fuite, a été immobilisé par des tirs de sommation aux environs du puits de Cheick Ahmed. Les cinq occupants, dont deux blessés pris en charge par les FAMa, ont été remis au chef de tribu de la source d’eau», explique la source miliaire. La même unité FAMa a réagi à une embuscade dans la forêt de Ouagadou avec un bilan de 18 terroristes neutralisés, cinq AK-47, autant de fusils, un lance-roquette antichar (Lrac), un lit picot, cinq motos récupérés et quatre Engins explosifs improvisés (EEI) détruits.  Par ailleurs, dans le secteur de Niono, (Centre) une unité FAMa a désarmé des chasseurs en possession de huit PM. Dans les Régions de Mopti et de Bandiagara, (Centre) « cinq terroristes poseurs d’EEI ont été neutralisés et six EEI détruits:, ajoute le communiqué. Également, une mission d’appui embarquée par hélicoptère pour une opération sur une position ennemie dans la localité de Kargué, à une trentaine de kilomètres de Sevaré, a neutralisé une vingtaine de terroristes sur des motos et en embuscade contre une patrouille de l’Armée.   En outre, une reconnaissance offensive dans les zones de Pissa et Baye, dans le Cercle de Bankass (Centre), a permis de récupérer 66 fusils de chasse, 10 pistolets automatiques, six AK-47 et une quantité importante de munitions en vrac. L’opération a, également, abouti à la récupération de trois AK-47, six carabines, cinq motos, cinq bidons remplis de salpêtre, du matériel de fabrication d’EEI détruit, deux radios de longue portée et 10 mortiers artisanaux, précise la note.  Le communiqué de l’état-major ajoute que dans la Région de Koutiala, (Sud), les reconnaissances offensives ont été effectuées dans les forêts de Boura et de Mahou. La patrouille a interpellé et remis à la gendarmerie un suspect terroriste lors de la reconnaissance offensive à Boura. Dans les Régions de Sikasso, Bougouni (Sud) et Koulikoro, les priorités ont porté sur la précision des renseignements ayant permis de localiser des complices terroristes. «Des dispositions sont en cours pour les mettre hors d’état de nuire », annonce l’état-major. Il rassure les populations que les FAMa resteront fidèles à leurs missions régaliennes de protection de personnes, des biens et de sauvegarde de l’intégrité de l’ensemble du territoire national. AT/MD (AMAP) 

Diéma : Une encombrante « pierre précieuse » 

Diéma, 11 mar (AMAP) Un ressortissant de Diéma (Ouest), d’une soixantaine d’années, cultivateur de son état, père d’une nombreuse famille, est en possession, depuis environ trois ans, d’une « pierre précieuse », dont personne dans le milieu ne connaît la nature. La pierre a la forme ronde, d’un poids estimé à 500 grammes, de couleur noir d’ébène et est parsemée de petites points jaune or que Gabougou Magassa dit avoir ramassée quand il se promenait au bord d’un bras de rivière non loin des habitations. La pièce est magnifique. Elle s’allume sous l’action de la lumière ou des rayons solaires et devient bleuâtre à l’intérieur et éblouissante. Toutes les personnes contactées ont avoué ne pas connaître la nature de cette pierre que son détenteur a pris soin de conserver dans une pochette en tissu, qu’il porte, en permanence sur lui, « pour échapper, disait-il, aux arnaqueurs ». A l’époque de la trouvaille, Magassa s’est rendu à Bamako pour présenter la pierre précieuse à une société aurifère italienne qui n’a pas intéressée, après analyse. Gabougou Magassa est aujourd’hui dans l’embarras : il ne peut pas jeter sa « pierre précieuse », par crainte de perdre une possible chance de s’enrichir. Il ne peut pas, non plus, continuer à la garder éternellement, sinon il n’aura jamais l’esprit tranquille. Il avait pris la décision d’aller voir le Premier ministre, pour lui présenter sa découverte, mais, après, il a changé d’avis.  A qui s’adresser, finalement, pour valoriser sa « pierre précieuse », afin qu’elle lui rapporte « beaucoup d’argent » ? Faut-il aller voir le Ministre des Mines avec la pierre p ? Voilà des questions qui taraudent l’esprit de notre bonhomme, ces derniers temps.   En attendant de vendre sa « pierre précieuse » qu’il considère comme du vrai diamant, Gabougou Magassa, ne sait plus à quel Saint se vouer.  OB/MD (AMAP)

Coopération Mali-UNICEF : Tenue d’un atelier de validation du plan de Travail Roulant(PTR) 2022-2023 à Nioro

Nioro, 11 mars (AMAP) Un atelier de validation du plan de Travail Roulant(PTR) Mali – UNICEF 2022-2023 s’est tenu jeudi à Nioro, sous la présidence du Gouverneur de Région, le Colonel Major Aly ANNAJI, a constaté l’AMAP. L’objectif principal de l’atelier était la validation du Plan de Travail Roulant (PTR) 2022-2023 de l’UNICEF à Nioro avec l’ensemble des partenaires de mise en œuvre. De manadière spécifique, il s’agissait de présenter le PTR 2022-2023 par pilier, de valider et de signer le PTR de Nioro par le Gouverneur. Cette rencontre fait partie du dispositif de gestion du programme de coopération Mali/Unicef 2020-2024. Le plan de Travail Roulant (PTR) 2022-2023 s’inscrit en droite ligne avec l’opérationnalisation du programme de coopération Mali-Unicef 2020-2024. Ces plans (régionaux et National) consolident les activités à mettre en œuvre au sein de chaque composante du programme, en précisant le cadre de mesure des résultats (indicateurs et cibles), les parties prenantes engagées et les budgets affilies, ainsi que les responsabilités pour l’exécution des activités convenues. Une procédure harmonisée a été mise en place au niveau global afin de fixer les exigences minimales pour l’élaboration, l’examen et l’approbation des PTR en tant qu’outil de gestion clé pour atteindre les résultats décrits dans le Document de Programme de Pays (CPD) et les Notes de Stratégie de Programme (PSN). Les activités proposées seront strictement en lien avec les outputs définis dans les CPD ainsi que le PIBD Code de Vision. Les plans de travail seront roulants (PTR) couvrant les années 2022-2023. Elle contribue à consolider le partenariat dynamique et constructif avec tous les acteurs dans la recherche des meilleures solutions consensuelles à la mise en œuvre du programme en vue d’un changement durable dans la situation des enfants et femmes de la région de Nioro. Trois heures durant, les participants composés d’Elus, de Chefs de services techniques et de représentants d’Organisations de la société civile ont fait   l’état des lieux des activités planifiées par secteur à travers des débats francs et courtois. Pour le Gouverneur de la Région de Nioro le Colonel Major Aly ANNAJI, les résultats des constituent d’ores et déjà de réels espoirs en matière d’accès à des services de santé, d’éducation et de protection de qualité pour les populations des localités concernées. Il dira aussi que l’occasion est tout à fait idoine, pour adresser ses vives félicitations, au nom des autorités de la région, à l’Equipe de l’UNICEF, non seulement pour la qualité de ses prestations, mais aussi, pour la patience et la courtoisie avec lesquelles elle a collaboré avec tous les acteurs impliqués. Pour terminer, il a exprimé la reconnaissance de l’ensemble des populations de la région et souhaité longue vie à la coopération Mali-UNICEF. Il engage ses collaborateurs et les Chefs de Services Régionaux à ne ménager aucun effort pour la mise en œuvre du Plan de Travail Roulant (PTR) dans la région de Nioro. L’occasion était aussi opportune pour le Chef de zone UNICEF Kayes, Kita et Nioro de saluer les participants d’avoir répondu à l’invitation avant de souligner que l’UNICEF dans sa démarche d’inclusion a décidé la validation de ce Plan de Travail Roulant dans la région de Nioro pour permettre à tous les partenaires de connaitre les activités planifiées, le cout et le temps pour une meilleure facilitation dans la mise en œuvre et de demander l’accompagnement des autorités de la région. Les travaux ont pris fin par la signature des documents par le premier responsable de l’exécutif régional.  MD/KM (AMAP)

La gomme arabique : Un créneau porteur 

Par Cheik Amadou DIA Bamako, 19 mar (AMAP) Dans le vaste entrepôt situé en Zone industrielle de Bamako, l’usine de bois de la Société de gestion forestière Abdoulaye Halidou Cissé (SGF-AHC) était autrefois animée par le bruit assourdissant des scies électriques utilisées pour la transformation du bois d’œuvre destiné à l’exportation. Aujourd’hui, dans la cour de cette gigantesque infrastructure, on n’entend plus que le bourdonnement harmonieux de l’activité de tri et de conditionnement de la gomme arabique. De petites mains ingénieuses de femmes et de jeunes filles, une soixantaine à notre passage, assisses sous des hangars, nettoient, trient et tamisent des tas de gomme arabique entassés devant elles. Dans une ambiance de fourmilière.  Chaque jour, depuis plus d’un an, ces dames du quartier abritant le site et ses environs, viennent y travailler pour gagner leur pain quotidien. Toutes des ménagères ou mères célibataires démunies. Aminata Traoré est l’une de ces journalières travaillant à l’usine. Elle nous approche avec un grand sourire sur les lèvres. «Quand je commençais le travail ici, je n’arrivais même pas à m’acheter un bonbon», confie-t-elle. Grâce à cette activité, Aminata gagne 2.000 Fcfa par jour, soit un salaire mensuel d’environ 60.000 Fcfa. Mariée, la mère de trois enfants arrive ainsi à aider son conjoint (travailleur journalier) dans l’entretien de sa famille. Coiffé d’une casquette de couleur blanche, un tablier imprimé de l’arbre d’acacia en survêtement, Bakary Sidibé est le chef du volet gomme arabique de la SGF-AHC. Au milieu de ses poulains, ce détenteur d’un Master en agro-économie est enthousiaste quand il nous explique l’organisation du travail au sein de son entreprise. DE TOUT SEXE ET DE TOUT AGE – Si les dernières activités avant le conditionnement du produit se font sur place à l’usine, la chaîne commence à des centaines de kilomètres de Bamako, sur les terres arides de la première Région, Kayes. Nous nous sommes transportés sur les milliers d’hectares qu’exploite la SGF-AHC dans les Communes rurales de Toukoto, Sourasan, Oualéa, Sefeto Ouest (Cercle de Kita). Dans les champs d’acacias (arbre qui produit la gomme arabique) étendus à perte de vue, l’on aperçoit hommes et femmes de tout âge. Ils collectent le précieux produit.  «Nous sommes une entreprise à la fois commerciale et solidaire», déclare le coordinateur général de la SGF-AHC. Selon Adama Coulibaly, sa société est résolument engagée dans la lutte contre la pauvreté tout en œuvrant pour la protection de l’environnement. C’est pourquoi, elle privilégie l’emploi local. Tous ceux qui travaillent ici sont de la localité », indique-t-il.  « Auparavant, avec l’exploitation du bois d’œuvre, on employait peu de main d’œuvre locale, car ce secteur nécessite une main-d’œuvre qualifiée », souligne le manager. En décidant de sortir du «tout bois», la société constate qu’elle peut utiliser de la main-d’œuvre locale et peu qualifiée. Ainsi, elle forme ses employés aux techniques simples de collecte de la gomme arabique sans grande difficulté. « Cela permet de créer de «l’emploi vert» au niveau local, tout en détournant les populations rurales de la coupe du bois et de la production du charbon de bois qui étaient leurs principales activités de subsistance, estime Adama Coulibaly.  Avec la promotion de la filière des produits non ligneux dans ses activités d’exploitation des ressources forestières, la SGF-AHC entend mettre en œuvre une vraie approche de développement préservant durablement nos forêts. Dans cette dynamique, elle travaille avec les coopératives villageoises, les autorités communales des zones d’intervention, les coopératives des exploitants forestiers et les services techniques de l’État, à travers la direction nationale des eaux et forêts. REVENUS – La société a, à ce propos, créé des jardins botaniques de proximité dans les communes concernées par son domaine d’exploitation. Le but étant d’initier les coopératives villageoises à la production de plants en pépinière. Elle a réalisé des parcelles de reboisement et emploie des ressources humaines qualifiées avec le recrutement d’agents de suivi de plan d’aménagement et de gestion.  Toute chose qui permettra une meilleure application des technologies de défense et de restauration du périmètre d’exploitation. Tout ceci combiné avec un développement socio-économique au profit des populations riveraines. Ainsi, la société appuie dans ses zones d’intervention, les activités génératrices de revenus (AGR) telles que le maraîchage. Elle participe également à la réalisation des infrastructures de base (centres de santé, écoles, etc.) et leur équipement. De l’usine de bois du Mali, créée en 1968 sous le régime du président Modibo Keïta et, inaugurée en 1969 par le président Moussa Traoré, la SGF-AHC est issue d’un processus de privatisation enclenché en 1990 sous le nom : Entreprise «Faguibine». C’est en 2006 qu’elle prendra le nom de Général industrie de bois (GIB) avant de devenir la SGF en 2014. Leader de la gestion forestière au Mali, elle s’est fixée comme objectifs, la gestion durable des ressources forestières, l’organisation et la planification des travaux de valorisation des ressources forestières dans notre pays.  Conformément à la loi n°10-028 du 12 juillet 2010, portant règlementation de l’exploitation des produits dans le domaine forestier national, la société élabore des plans d’aménagements, réalise des travaux de restauration, soutient les services techniques de l’État et anime des campagnes d’informations et de sensibilisation des populations rurales sur les bonnes pratiques de gestion. Un bel exemple qui mérite d’être répliqué par ses pairs, dans un contexte de lutte contre la déforestation. CAD (AMAP)

Incident Mali-Mauritanie : Une mission de haut niveau se rendra à Nouakchott

Bamako, 10 mar (AMAP) Le président de la Transition au Mali, le colonel Assimi Goïta a « décidé d’envoyer une mission de haut niveau à Nouakchott, dans les plus brefs délais,, annonce un communiqué, mercredi 9 mars. Cette mission est destinée à « engager des actions vigoureuses pour raffermir davantage la fraternité et la coopération entre nos pays notamment dans le domaine de la gestion de nos frontières communes, de la défense et de la sécurité des personnes et des biens », précise la même source. Ce communiqué du gouvernement malien intervient après la convocation, le lundi 07 mars 2022, de l’ambassadeur du Mali, au ministère des Affaires étrangères, de la Coopération et des Mauritaniens de l’extérieur, pour lui signifier « l’assassinat de citoyens mauritaniens survenu sur le territoire malien, vers notre frontière commune ». Le colonel Assailli Goïta, à la suite de cet incident, a échangé avec son homologue mauritanien, Mohamed Ould Cheikh El-Ghazouani. À l’issue de cet entretien, le chef de l’État « a instruit d’ouvrir une enquête pour élucider la situation », précise le communiqué. Le gouvernement malien a aussi adressé au gouvernement et au peuple mauritaniens, ainsi qu’aux familles des disparus, « sa profonde compassion et ses condoléances les plus émues en cette circonstance particulièrement douloureuse ». Bamako a condamné « énergiquement ces actes criminels destinés à porter atteinte à l’excellente qualité des relations entre nos deux pays » et  « trouve, une fois de plus, troublant la survenance de ce genre d’incident malheureux ». À un « moment où ce pays frère et ami, la République Islamique de la Mauritanie apporte son soutien particulièrement pour l’approvisionnement normal des populations maliennes qui subissent les sanctions illégales, illégitimes et inhumaines de la CEDEAO et de l’UEMOA », indique le communiqué. Cependant, le gouvernement « souligne qu’à ce stade, aucune preuve ne met en cause les Forces armées maliennes (FAMa) qui respectent les droits humains et agissent toujours avec professionnalisme dans leur lutte contre le terrorisme ». « En outre, les autorités maliennes ne ménageront aucun effort pour rechercher et retrouver les coupables de ces crimes odieux pour les traduire devant les juridictions compétentes », assure le communiqué. Tout en soulignant « les liens séculaires d’amitié et de fraternité qui ont toujours unis nos deux Peuples »,  le gouvernement du Mali remercie celui de la Mauritanie « pour son accompagnement multiforme et surtout sa solidarité agissante à l’ endroit de la République sœur ». MT/MD (AMAP) 

Mali-Canada : Plus de 11 milliards de fcfa pour deux projets

Bamako, 19 mar (AMAP) Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, et le chef de la Coopération du Canada au Mali, François Picard, ont signé, mercredi, au département des Affaires étrangères, deux protocoles d’entente relatifs à la réalisation du projet «Appui à la lutte contre la corruption pour et par l’égalité des genres au Mali» et du projet «Appui à la justice et à la  paix». D’un budget de 4,4 milliards de Fcfa, le projet «Appui à la lutte contre la corruption pour et par l’égalité des genres au Mali» (LUCEG sera mis en œuvre par l’École nationale d’administration publique du Canada (ENAP) sur 5 ans. Il vise à renforcer le pouvoir des femmes et des filles face aux pratiques discriminatoires et de corruptions contribuant aux injustices et aux inégalités de genre dans la société malienne.  Ce projet permettra, aussi, d’améliorer les capacités des organismes de la société civile en vue d’une meilleure prise en compte de l’égalité des genres, de l’équité en plus de la représentation des femmes et des filles dans la lutte contre la corruption. Mais, aussi, de renforcer les capacités des institutions pertinentes pour contribuer à la prévention de la corruption. Le projet LUCEG a deux composantes interdépendantes. La première consiste à renforcer les capacités organisationnelles (matérielles, logistiques, techniques et financières) d’une dizaine d’organisations de la société civile et d’associations féminines spécialisées dans la défense des droits des femmes et des filles. Tout comme la promotion de l’égalité des genres ainsi que dans la lutte contre la corruption à Bamako et dans les Régions de Kayes (Ouest), Koulikoro, Sikasso (Sud), Ségou , Mopti (Centre) et Gao (Nord).  500.000 BÉNÉFICIAIRES DIRECTS – L’autre composante du projet LUCEG sera mise en œuvre à travers un partenariat avec l’Office central de lutte contre l’enrichissement illicite (OCLEI). L’objectif de ce partenariat est d’améliorer l’efficacité de l’OCLEI  dans la lutte contre la corruption à Bamako et dans les régions. Le projet «Appui à la justice et à la  paix» (JUPAX) est réalisé par Avocats sans frontières Canada (ASFC). Il vise à renforcer les capacités des femmes, filles et autres personnes en situation de vulnérabilité (PSV) dans une perspective d’accès à la justice. Ce, afin de défendre et faire respecter leurs droits humains, de lutter contre l’impunité et la corruption, de participer à la réconciliation nationale, au processus de construction et de consolidation de la paix dans notre pays.  Le JUPAX prévoit de toucher plusieurs groupes de bénéficiaires. En particulier, les femmes et filles pour atteindre, approximativement, 500.000 bénéficiaires directs dans le District de Bamako et les Régions de Mopti, Ségou (Centre), Tombouctou, Gao et Kidal (Nord).   D’une durée de 5 ans et pour un budget de plus de 7 milliards de Fcfa, le JUPAX s’inscrit dans un contexte marqué par une crise multiforme qui a débuté en 2012 par un conflit armé dans les Régions du Nord du Mali.  Selon le chef de la Coopération du Canada au Mali, les deux projets se situent dans le cadre de la continuité des efforts du Canada et du Mali à renforcer la société malienne et les institutions autour des questions de lutte contre la corruption et de lutte contre l’impunité.  Après avoir félicité le gouvernement pour l’importance qu’il accorde à l’intégration des femmes dans la refondation, François Picard a soutenu qu’aucun changement réel et important ne peut s’effectuer sans une  présence et une contribution forte des femmes maliennes, à tous les niveaux. Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale a remercié le Canada avant de rappeler ses appuis constants et soutenus dans les domaines prioritaires. Abdoulaye Diop a noté que la pertinence des projets financés dans le cadre du partenariat exemplaire démontre à suffisance l’engagement et la détermination du partenaire canadien à coller aux préoccupations du gouvernement dans ses efforts tendant à assurer un mieux-être aux populations. «Ils sont, du reste, conformes aux axes prioritaires édictés dans la feuille de route des autorités de la Transition », a-t-il précisé. La cérémonie s’est déroulée en présence des ministres Mahamadou Kassogué (Justice et Droits de l’Homme, Garde des Sceaux), le colonel-major Ismaël Wagué (Réconciliation, Paix et Cohésion nationale) et Mme Wadidié Founè Coulibaly (Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille). OD/MD (AMAP)

Banamba : La gestion des fonds des cantines scolaires au menu

Banamba, 9 mars (AMAP) Une rencontre d’échanges entre administration, collectivités, services techniques et autres acteurs de l’éducation au tour de la problématique de gestion des fonds des cantines scolaires a eu lieu mercredi à la mairie de Banamba sous l’égide du préfet Souleymane Tembely avec à ses côtés le président du conseil de cercle Birama Sissoko, a constaté l’AMAP. Cette rencontre qui a regroupé les sous-préfets auprès des arrondissements, les maires des communes impliquées, le directeur du centre d’animation pédagogique, le percepteur, le délégué du contrôle financier, les présidents du comité de gestion des cantines visait à partager avec ces derniers le contenu d’une correspondance émanant du ministre de l’administration territoriale et de la décentralisation qui a fait un rappel de son instruction sur la gestion des fonds des cantines scolaires par les comités de gestion scolaire. De cette correspondance, il ressort que de graves irrégularités dans la gestion de ces fonds des cantines scolaires ont été constatées, notamment des dépenses exécutées par des maires en rapport avec des services déconcentrés de l’Etat sur les régies de certaines communes pour le compte des écoles à cantine en lieu et place des comités de gestion scolaires (CGS). Ces irrégularités ont été décelées à la suite de constatations faites par une mission de vérification de performance réalisée par le bureau du Vérificateur Général dans une cinquantaine de communes. La présente correspondance nous indique que cette situation découle de la persistance de certains maires et responsables des services déconcentrés de l’Etat à vouloir interpréter différemment les dispositions de l’arrêté interministériel n°2019-3326/MEN-MATD-MEF-SG du 1er octobre 2019 qui précise en son article 6 : « les fonds des cantines scolaires sont transférés aux Collectivités territoriales qui les mandatent au nom des comités de gestion scolaire ». Le même arrêté stipule en son article 7 : « les fonds des cantines scolaires sont gérés par les comités de gestion scolaire » C’est fort de ces constats amers que le ministre de l’administration territoriale et de la décentralisation a instruit aux gouverneurs d’inviter les préfets de leurs ressorts respectifs à prendre des dispositions nécessaires en vue de veiller à l’application stricte des textes régissant les cantines scolaires par les communes de leurs ressorts. En plus de la lettre circulaire, le contenu du texte régissant les modalités de gestion des cantines scolaires et celui fixant le régime de l’alimentation scolaire ont été lus en français et traduits en langue bamanankan pour mieux édifier les acteurs impliqués. Cette rencontre d’échange et d’information donne une opportunité aux acteurs concernés de respecter les textes et corriger les lacunes dans certaines communes s’il y en avait. AT/KM (AMAP)

Impacts du changement climatique : l’Afrique très exposée, selon le Groupe d’experts intergouvernemental 

Par Cheick Amadou DIA Bamako, 09 mar (AMAP) À la veille du sommet sur le climat organisé par les Nations unies, les 1er et 2 mars 2022 à Nairobi (Kenya), le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a publié un rapport de 400 pages sur le changement climatique en lançant un appel sans précédent sur l’évolution climatique. Le Groupe invite, de manière urgente, à limiter le réchauffement climatique à 1,5 degré. Son rapport attire l’attention sur les conséquences dramatiques du réchauffement climatique en Afrique.  D’après l’indice de vulnérabilité au changement climatique de 2015, sept des dix pays les plus menacés par le changement climatique se trouvent en Afrique. Le continent est désormais mis sur la «liste rouge». Les conséquences du réchauffement climatique en Afrique se répercutent sur la santé, les moyens de subsistance, la production alimentaire, la disponibilité et l’approvisionnement en eau, la sécurité globale, l’agriculture et l’alimentation et enfin sur les écosystèmes.  Il ne fait pas de doute que le réchauffement climatique entraîne des changements météorologiques. Des vagues de chaleur encore plus fortes sont à craindre, avec des sécheresses intenses. L’Afrique connaissant déjà le taux de mortalité dû aux sécheresses le plus élevé du monde, et des inondations qui sont fréquentes. Les inondations et les sécheresses ont été multipliées par deux au cours des 25 dernières années. Ce sont des milliers de personnes qui sont touchées lorsque le niveau de l’eau diminue.  Au Mali, ces effets seront ressentis sur l’agriculture avec une baisse drastique du niveau des cours d’eau. Des vagues de chaleurs précédant une perturbation pluviométrique sont à craindre, selon les prévisions des spécialistes. L’économie du Mali repose essentiellement sur l’exploitation des ressources naturelles. La croissance démographique (3,6 %/an) et les contraintes climatiques entrainent une surexploitation et une dégradation de ces ressources.  Les 2/3 du pays sont arides et semi-arides, dominés par des problèmes de désertification. Les risques naturels s’accroissent avec l’intensification des changements climatiques (sècheresses à répétition, inondations, vents forts, feux de brousse, déstabilisation du régime des pluies).  L’agriculture qui est la plus touchée représente 45% du Produit national brut (PNB) et occupe environ 80% de la population active. Cette situation est d’autant plus grave que les scénarios climatiques à l’horizon 2100 prévoient, en moyenne, une augmentation des températures de 3°C et une diminution des pluies de 22% sur l’ensemble du pays.  Sur le continent, les glaciers du Kilimandjaro sont également touchés et diminuent fortement d’année en année. L’on estime que 82% de la glace qui se trouvait sur la montagne en 1912 ont dorénavant disparu. Le changement climatique provoque de véritables pathologies. Par exemple, la réduction de la qualité de l’air due aux vagues de chaleur et qui peut engendrer des problèmes respiratoires et aggraver les maladies respiratoires, mais amène aussi la malnutrition, un stress thermique et la propagation du paludisme dans les zones où l’on prévoit un accroissement des précipitations et des inondations.  Le changement climatique a aussi des répercussions sur le logement. En effet, de nombreux logements ont déjà été détruits à cause des graves inondations et sécheresses. « Des milliers de personnes sont obligées de se déplacer dans d’autres villes et deviennent donc des réfugiés climatiques, sur le continent africain », révèle le GIEC. Les enfants, les femmes et les personnes âgées sont les personnes les plus vulnérables face à ces changements, confrontées à de véritables dangers physiques.  Le réchauffement climatique impacte sévèrement les écosystèmes. En effet, les écosystèmes marins et d’eau douce en Afrique de l’Est et australe ont déjà été touchés. Les impacts du réchauffement climatique peuvent aggraver les problèmes de sécurité nationale et accroître le nombre de conflits internationaux comme pour les accès limités aux sources d’eau. VOLONTÉ POLITIQUE – Pour conclure, le continent africain est bien celui qui souffre déjà le plus du réchauffement climatique même s’il est, sûrement le moins responsable de ce changement. Ces effets sont irrémédiables, même dans l’hypothèse d’une limitation de la hausse des températures à 1,5°C, comme fixé dans l’Accord de Paris de 2015. Ils sont, par ailleurs, aggravés par la pauvreté ou l’accès limité à des services. D’ores et déjà, entre 3,3 et 3,6 milliards d’habitants vivent dans des situations très vulnérables au changement climatique.  Les experts évoquent les incidences à venir pour les populations avec, en particulier, 1 milliard d’habitants des régions côtières menacés en 2050. Parmi les effets en cascade liés aux catastrophes naturelles de plus en plus rapprochées, le GIEC évoque aussi les conséquences sur la production alimentaire, la hausse du prix des aliments ou encore la malnutrition. Si des efforts ont été réalisés pour réduire les émissions de CO2, les auteurs du rapport dénoncent une inadéquation des moyens mis en œuvre face à la rapidité des changements, signe d’un «manque de volonté politique» avec, pour exemple, le non-respect des engagements de Glasgow 2021 pris lors de la Cop 26 en matière de doublement des budgets pour lutter contre le réchauffement. Un développement résilient au changement climatique est cependant encore possible en consacrant des efforts financiers plus importants dans certains secteurs clés comme la transition énergétique pour réduire les émissions de CO2, une meilleure gestion de l’eau et de l’irrigation mais aussi une meilleure adaptation des cultures aux conditions climatiques via l’agro-écologie et la préservation du milieu naturel (restauration des forêts et des écosystèmes naturels, arrêt de l’urbanisation dans les zones côtières, végétalisation des villes, etc.).  Tandis que certaines zones du monde sont déjà dans des situations critiques. Le GIEC met en garde contre des solutions de court terme inadaptées telles que la mise en place de digues sur le littoral, entre autres.  « Au rythme de développement actuel, le réchauffement climatique pourrait atteindre 2,7°C à la fin du siècle », alerte le groupe d’experts.  Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat a été créé en 1988 en vue de fournir des évaluations détaillées de l’état des connaissances scientifiques, techniques et socio-économiques sur les changements climatiques, leurs causes, leurs répercussions potentielles et les stratégies de parade.  Le GIEC ne produit donc pas de nouvelles recherches. Il fait le point sur l’état des connaissances, à partir de l’évaluation critique des éléments

Hamdallaye ACI 2000 : L’envers du décor dans le quartier des affaires de Bamako

Par Fadi CISSE  Bamako, 09 mar (AMAP) L’Agence de cession immobilière (ACI) a changé fondamentalement le visage de l’ancienne zone aéroportuaire. Principal centre d’affaires de la capitale abritant les sièges de plusieurs grandes entreprises, des restaurants et des commerces, il traîne des problèmes d’assainissement et de viabilisation qui ne sont pas dignes du standing qu’il veut se donner.  Les anciens occupants que nous avons interrogés, se disent impressionnés par la mutation de l’ancienne zone aéroportuaire. C’est le cas d’Oumou Traoré, médecin généraliste rencontrée devant sa maison, non loin de la Place «CAN». Elle y habite depuis 20 ans. Notre interlocutrice trouve que l’ACI 2000 est devenu, au fil des ans, un endroit huppé avec des immeubles et autres œuvres architecturales abritant des grandes entreprises, des supermarchés, des restaurants et pâtisseries et disposant de plusieurs espaces de loisir.  Un boom architectural qui cache mal certaines tares constatées dans l’évolution de ce quartier. La quinquagénaire déplore, par exemple, l’absence de marché dans le quartier. «Il nous faut marcher à pied, chaque matin, sur la route de Djicoroni-Para pour trouver un marché et faire nos courses pour la cuisine. Raison pour laquelle, souvent, j’achète beaucoup d’articles pour les mettre au frigo», confie-t-elle. « En revanche, se réjouit-elle, il y a beaucoup de supermarchés à l’ACI 2000, dont la plus imposante est Les «Mille et Une merveilles».  Hassan Keita tient sa boutique depuis 2007 à l’ACI 2000, du côté du cimetière de Lafiabougou. «Quand je suis venu m’installer, il y avait juste quelques belles maisons en dur à côté des constructions en banco. Maintenant, avec ces grands immeubles, on se croirait en Europe», s’exclame-t-il. Cependant, le boutiquier déplore de sérieuses lacunes de voirie, notamment d’assainissement, car en saison des pluies, plusieurs routes dans ce quartier chic deviennent impraticables pour les usagers. «Faute de collecteurs, pendant la période de pluies, ma clientèle diminue car il faut franchir les eaux usées pour accéder à ma boutique. À cause de cette situation, certains de mes clients préfèrent aller ailleurs», explique-t-il. Le sujet de l’assainissement et des nuisances revient souvent dans les commentaires lorsqu’on parcourt la documentation sur l’ACI. Le 15 avril 2009, le journal satirique ‘Le Scorpion’ titrait : « Hamdallaye ACI 2000, une belle cité insalubre ». Le journal dénonçait les pratiques illégales nuisibles à l’environnement : feux d’ordures la nuit qui polluent l’air, déversement de tas de sable ou débris de matériaux dans les caniveaux, en particulier au niveau des immeubles en chantier. L’article de presse déplorait l’odeur nauséabonde provenant des eaux stagnantes, la prolifération de mouches, moustiques, cafards, crapauds. « Un véritable taudis », selon nos confrères, où se côtoient rongeurs nuisibles et immondices ! Ces nuisances n’empêchent pas le quartier d’être très attractif. Lorsque l’on consulte le site Bamako Immobilier, des terrains sont mis en vente partout, notamment à côté d’emplacements stratégiques: Orca, Avenue du Mali, Radisson ACI, ambassade des États-Unis, Bougie Ba, Fondation Blondin Bèye, Espace Bouna, etc. Les prix s’envolent  : 300 m2 cédés à 70, voire 80 millions de Fcfa, 450 m2 à 150 millions de Fcfa, 500 m2 entre 100 et 200 millions de Fcfa, 700 m2 à 300 millions de Fcfa, etc. REGULER LE DÉVELOPPEMENT – L’aménagement du quartier de l’ACI 2000 s’inscrit dans une politique d’urbanisation au long terme. Rencontré dans sa famille, Imrane Abdoulaye Touré, a été directeur national de l’urbanisme et secrétaire général du ministère de l’Urbanisme, de l’Habitat, des Domaines, de l’Aménagement du territoire et de la Population jusqu’en octobre 2021. L’homme est la mémoire vivante de l’urbanisation de Bamako depuis les années 1990.  Selon lui, au Mali, la mise en place a été tardive. C’est en 1979-81 qu’est élaboré et adopté le premier Schéma directeur d’aménagement et d’urbanisme de Bamako, révisé ensuite en 1990 et en 1995. Cette dernière révision a fait de l’ancien aérodrome de Bamako une zone de développement, dont la mise en œuvre a été confiée à l’Agence de cessions immobilières (ACI), chargée de la viabilisation et de la vente initiale aux enchères des terrains. « En 1995-96, un plan d’urbanisation sectorielle est défini », précise Imrane Abdoulaye Touré. Pour l’expert, ces dispositions ont constitué un progrès, car à l’époque Bamako comportait beaucoup de quartiers spontanés, nés de l’attribution de parcelles par les chefs coutumiers. «La vente aux enchères instaurait aussi une certaine transparence. Par la suite, la spéculation a décuplé le prix des terrains. Si à l’origine, ceux-ci ont pu être vendus autour de 35.000 Fcfa/m2 (70.000 au maximum), ils peuvent atteindre aujourd’hui 300.000 à 400.000 Fcfa/m2», détaille notre interlocuteur. P récisant que la viabilisation de la zone a été correcte, Imrane Abdoulaye Touré ajoute que les carences constatées ultérieurement dans la gestion de l’assainissement sont dues à un chevauchement de responsabilités entre l’ACI et les collectivités. « Par exemple, le dépôt des ordures était prévu pour chaque lotissement, mais les collectivités n’ont pas toujours respecté ces dispositions », dit-il avant de souligner que « dans ce cas la décentralisation a accentué la dilution des responsabilités et le désordre ». METTRE À JOUR ET APPLIQUER LES TEXTES – « D’une façon générale, relève Imrane Abdoulaye Touré, le cadre règlementaire est suffisant ». Par ailleurs, il estime que la stratégie d’urbanisation a besoin de Schémas régulièrement mis à jour (en principe tous les 5 ans). Or, il a fallu attendre 2005 pour voir une proposition de nouveau schéma directeur, et celle-ci n’a pas été suivie d’effet. «Même dans le cas actuel, on peut considérer que les textes existent, mais qu’il y a un problème d’application, dans une situation où beaucoup d’intérêts sont en jeu. Bref, il faut vraiment qu’on ait un document de planification adapté au contexte actuel», propose-t-il. Selon l’actuel directeur national de l’urbanisme et de l’habitat, « le bilan du plan d’urbanisme de l’ACI 2000 peut être considéré comme positif, malgré quelques points d’ombre ». Amadou Doumbia note que « l’ACI a permis une modernisation et une verticalisation des constructions en vue de la densification urbaine ». Ce qui peut être considéré comme une rupture par rapport aux pratiques de la IIè République : lotissements non viabilisés, constructions en banco, prolifération des quartiers spontanés. Pour le directeur de l’urbanisme