Refondation de l’État : Bientôt un cadre stratégique

Bamako, 16 mar (AMAP) Un atelier pour valider l’avant-projet du Cadre stratégique de la refondation de l’État, assorti de son plan d’actions 2022-2031, a débuté, mardi, à Bamako. Ces échanges et discussions de trois jours, participent de l’objectif général de cette initiative d’assurer « un véritable processus de refondation à travers la mise en œuvre intelligente des recommandations pertinentes des Assises nationales de la refondation (ANR), basé sur une approche participative et inclusive ».  Cet atelier intervient un mois après la remise officielle du rapport final des ANR aux autorités de la Transition par le Panel des hautes personnalités et  la Commission nationale d’organisation des ces Assises. Les travaux, qui se déroulent sous forme de plénières et de groupes de travail, devraient aboutir à des propositions ou reformulations conséquentes permettant au gouvernement de disposer d’un cadre référentiel en matière de refondation de l’État afin d’agir avec efficacité et efficience dans l’intérêt supérieur de notre nation. Dans son allocution, le ministre de la Refondation de l’État, chargé des Relations avec les institutions, Ibrahim Ikassa Maïga, a indiqué que « la rencontre se veut un cadre d’échanges et de discussions autour de toutes les propositions faites par les Maliens en vue d’enclencher le processus d’opérationnalisation et de mise en œuvre des actions refondatrices de notre pays ». Selon M. Maïga, cette activité corrobore la volonté affichée des hautes autorités et du gouvernement de Transition de traduire en actions les 516 résolutions et recommandations formulées lors des ANR.  « Une véritable messe populaire tenue tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du territoire national, avec une participation massive de nos concitoyens à tous les niveaux », a dit le ministre en charge des Relations avec les institutions. Il a assuré que des résolutions des ANR seront traduites en véritables actions dans le projet de Cadre stratégique de la refondation de l’État et serviront à poser les jalons solides du « Mali kura » auquel « aspirent tous nos concitoyens ». Cela, « en vue de l’avènement d’un Mali bien gouverné, mieux sécurisé, plus démocratique et stable, d’un État prospère, soucieux du vivre ensemble et respectueux des droits de l’Homme et des valeurs socioculturelles ». Pour Ibrahim Ikassa Maïga, la mise en œuvre du plan d’actions nécessitera, d’une part, l’implication de toutes les parties prenantes, notamment l’administration publique, les forces politiques et syndicales, les organisations de la société civile, les légitimités traditionnelles et religieuses. Mais aussi les femmes, les jeunes, les personnes vivant avec handicap, les acteurs du processus de paix, le secteur privé et les Maliens établis à l’extérieur, etc.  D’autre part, elle «requiert la disponibilité des ressources financières provenant du budget de l’État, de la contribution des Collectivités territoriales et des appuis des partenaires techniques et financiers», a-t-il précisé.  Une ébauche de l’avant-projet du Cadre stratégique de la refondation a été projetée par le Commissaire au développement institutionnel, Ahmed Mohamed Yahya. Ibrahim Ikassa Maïga qui a présidée l’ouverture était entouré de plusieurs de ses collègues de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, Porte-parole du gouvernement, le colonel Abdoulaye Maïga et celle déléguée auprès du Premier ministre, chargée des Réformes politiques et institutionnelles, Mme Fatoumata Sékou Dicko. AT/MD (AMAP) 

Farine de blé et ciment : Les recettes du gouvernement contre la hausse des prix

Par Cheick Moctar TRAORE Bamako, 16 mar (AMAP) Les autorités maliennes, en concertation avec les acteurs des filières farine de blé et ciment, sont à pied d’œuvre pour prévenir tout risque de pénurie susceptible de déclencher une tendance haussière. Le gouvernement semble avoir une conscience claire des enjeux liés à une hausse des prix de la farine du blé et du ciment. C’est ainsi qu’il multiplie les démarches inclusives visant à explorer toutes les pistes de solutions possibles pour les maintenir à la portée du Malien lambda.  Visiblement alerte, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Mahmoud Ould Mohamed, a initié des rencontres visant à «anticiper» une hausse éventuelle des prix des denrées de consommation.  Mahmoud Ould Mohamed a, en fin de semaine dernière, consulté les acteurs de la filière blé-farine-pain. Objectifs : «sécuriser les stocks et éviter toutes formes de rétention ou de pénurie».  Les prix de la farine boulangère et du pain restent plafonnés respectivement à 22.000 Fcfa le sac de 50 kg et 250 Fcfa la baguette de 250 g. Cela grâce à la signature d’un protocole d’accord entre le gouvernement et les acteurs de la filière. La farine de blé a été, la semaine dernière, cédée au détail entre 400 et 500 Fcfa le kg. Ce qui correspond à un prix moyen estimé à 439 Fcfa, contre 386 Fcfa le kg, l’année dernière à la même période, selon des notes du département en charge du Commerce.   Cette hausse survient dans un contexte de conflit entre la Russie et l’Ukraine. Les deux pays européens sont respectivement 2è et 4è producteurs de blé soit 29% de la production mondiale et 40% du commerce mondial de blé. Une guerre entre Russes et Ukrainiens suffit pour faire bondir les prix.  Ainsi, le cours du blé a gagné du terrain sur les places boursières passant de 269,25 euros (environ 172.413 Fcfa) la tonne au cours du mois de février dernier, à 316 euros la tonne à la date du 24 février (début de la guerre), avant de redescendre à 290 euros la tonne. Le cours devrait encore grimper pour atteindre plus de 400 euros la tonne (environ 260.000 Fcfa), selon certaines prédictions. 60.000 TONNES – Cette situation risque d’impacter les prix sur le marché national au regard de l’importance de la farine dans la consommation quotidienne du Malien. En la matière, le besoin annuel de consommation nationale en farine boulangère produite à partir du blé tendre importé est estimé à environ 60.000 tonnes. La France est considérée comme le premier fournisseur du Mali en blé, suivie de la Russie, de l’Argentine et de l’Ukraine. Les stocks de farine boulangère sur le territoire national s’élèvent à 19.764 tonnes. 7.798 tonnes sont disponibles au niveau des unités industrielles. Les 12.000 restants sont dans le circuit de distribution auprès des commerçants grossistes et demi-grossistes. Disponibles au niveau des pays de transit, 8.023 tonnes de blé attendent d’être évacuées. Au regard des stocks disponibles (environ 4 mois de consommation), la crise en Ukraine n’aura probablement pas un impact immédiat sur l’approvisionnement de notre pays, rassure la direction générale du commerce, de la consommation et de la concurrence. Toutefois, pour prévenir tout risque de pénurie susceptible d’entraîner une hausse des prix, il urge de diversifier les sources d’approvisionnement du pays. Cela en accompagnant «nos industriels et minoteries à souscrire rapidement des contrats d’achat avec les négociants afin d’anticiper sur une probable augmentation des cours en prélude à la prochaine campagne de commercialisation du blé à partir du 2è semestre 2022». D’où la rencontre précitée ayant réuni les acteurs de la filière autour du ministre en charge du Commerce.  Consultation à la fin de laquelle il a été décidé, à court terme, de procéder à l’évaluation rapide des stocks au niveau des ports de transit et solliciter l’accompagnement des opérateurs économiques afin «d’éviter le dérapage des prix et la rupture des stocks». À moyen terme, il apparaît nécessaire de diversifier nos sources d’approvisionnement et accompagner nos unités industrielles dans la recherche de nouveaux partenaires commerciaux et des facilités de financement, ont prôné les participants. La solution la plus durable retenue étant de promouvoir la culture du blé au niveau national et la fabrication du pain à partir d’autres céréales. 50 CAMIONS DE KLINKER – Ce remède ultime devrait être injecté dans le secteur du ciment dont les prix grimpent face au moindre choc. En effet, la tonne de ciment est passée de 95.000 Fcfa à 120.000 Fcfa le lendemain de l’imposition, le 9 janvier dernier, de sanctions «illégales, injustes et illégitimes» au peuple malien par les chefs d’État de la Communauté économique de Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et de l’Union économique et monétaire oust-africaine (UEMOA).  Cette hausse serait consécutive, à croire les quincaillers, à la rupture de stocks, à l’augmentation des frais de manutention consécutive à l’embargo économique de ces institutions sous régionales, à l’incidence de la hausse du prix des papiers d’emballage et de certaines matières premières intervenant dans la production de ciment.  Concernant la rupture de matières premières entrant dans la fabrication du ciment, la douane malienne a récemment réceptionné plus de 50 camions de Klinker en provenance du Port de Conakry pour la production du ciment au Mali. Contactée, une source à la direction générale des douanes confirme l’information, rappelant qu’il y a «quelques jours des convois totalisant près de 300 camions ont emprunté le corridor Conakry-Bamako sans difficulté majeure». Les deux douanes ont créé les conditions nécessaires à cet effet, précise-t-elle. La disponibilité du Klinker, «constituant du ciment obtenu par calcination d’un mélange d’acide silicique d’alumine, d’oxyde de fer et de chaux», pourrait être considérée comme un début de réponse aux préoccupations des producteurs nationaux de ciment. Présentes à une rencontre entre le patron du Commerce et de l’Industrie et les acteurs du BTP, les trois usines de production de ciment opérationnelles sur le territoire national avaient sollicité l’accompagnement et le soutien du gouvernement pour les aider à faire baisser le prix.  Les consommateurs espèrent sur le respect strict

Sikasso (Sud) : Nongon Souala attaqué par des terroristes

Bamako, 16 mar (AMAP) Le village de Nongon Souala, à une soixantaine de kilomètres de la ville de Sikasso (Sud), a été l’objet d’une attaque terroriste lundi, indiquent des sources militiares.  « Les assaillants, qui ont fait irruption dans le village vers midi, ont fait des tirs de sommation pour effrayer la population’, indiquent les mènes sources.  Ils ont, ensuite, attaqué les locaux de la mairie avant d’y mettre le feu. Il n’y a pas eu de victime car le personnel de la mairie n’était pas sur place, au moment de l’attaque. Mais les assaillants sont repartis avec des matériels de la mairie. MD (AMAP)

Opérations contre les terroristes : L’Armée mène des frappes dans plusieurs régions (Etat-major des armées) 

Bamako, 16 mar (AMAP) Les Forces armées maliennes (FAMa) ont mené des frappes en plusieurs endroits du pays annonce l’état-major général des armées, dans un communiqué rendu public mardi. Sur le théâtre-Est de l’opération Maliko, les FAMa ont mené, le 13 mars dernier, des opérations aéroterrestres dans le secteur de Ménaka (Nord) suite aux attaques terroristes contre les populations. « Les frappes aériennes sur les zones refuges ont permis de desserrer l’étau et briser l’élan des groupes terroristes dans les zones de Ménaka, Anderamboukane, Inchinana, Harodi, Ifokaratène, In Araban, Tabankort, Tamalet avec de nombreuses pertes infligées dans leurs rangs », selon l’état-major des armées. Sur le théâtre-Centre de l’opération Maliko, du 8 au 15 mars 2022, les opérations dans la localité de Diabaly, précisément à Bekaye wèrè (Région de Ségou), ont permis  « de neutraliser un terroriste, récupérer un pistolet mitrailleur et détruire 5 sacs d’engrais ». Six suspects appréhendés ont été libérés après identification.  Suite aux tirs de mortiers sur l’emprise de Boni (centre), la patrouille FAMa, en sortie pour une reconnaissance offensive, est tombée dans une embuscade dans la forêt de Serma.  Le bilan fait état de 12 terroristes tués, 2 Pick-up, 2 mitrailleuses 12.7, 3 PKM et 10 pistolets mitrailleurs récupérés. En zone Sud, dans la Région de Sikasso, des patrouilles ont été menées dans la localité de Tandio, suite à des informations indiquant le retour de certains éléments des groupes armés terroristes dans le secteur. « Un terroriste a été neutralisé, une arme et une moto récupérées », ajoute la même source. La patrouille Kélétigui, lors d’une reconnaissance offensive, le 11 mars 2022, dans la localité de Goumbou, dans la Région de Nara (Ouest), « a neutralisé 2 terroristes, récupérés 2 AK47 et 4 téléphones portables ». L’état-major indique que les FAMa « continuent leur mission de recherche et de destruction des sanctuaires terroristes dans le cadre du plan Maliko et de l’opération Kélétigui ». MD (AMAP)

Fana : Psychose sur la ville, après des crimes rituels en série

Par Bembablin DOUMBIA Envoyé spécial Fana, 16 mar (AMAP) Fana, dans la Région de Dioïla, à une centaine de kilomètres de Bamako, la capitale malienne, sur la route de Ségou (Centre), est tristement célèbre à cause de nombreux crimes odieux que la ville a connus ces dernières années. Les habitants, les autorités municipales et la justice sont mobilisés pour mettre fin à ce phénomène qui émeut tout le pays. Il est 7h14, le soleil se lève sur la ville. En cette matinée d’un lundi du mois de janvier, les élèves prennent le chemin de l’école. Le braiment des ânes mêlé au bêlement des chèvres retentit un peu partout dans le Guégnéka.  Les minibus de transport «Massani» se positionnent le long de la Route nationale 6 (RN6) et celle menant à Dioïla attendant d’éventuels passagers. Plusieurs boutiques sont déjà ouvertes. Au rond-point, des propriétaires de pousse-pousse attendent, impatiemment, leurs premiers clients.  Cependant, derrière cette ambiance, la population de la ville de Fana vit la peur au ventre du fait de crimes crapuleux qui marquent les esprits. De 2017 à 2021, dix cas ont été recensés parmi lesquels celui de la fillette albinos Ramata Diarra, en 2018, qui a fait couler beaucoup d’encre et de salive. «À cette époque, on pensait que c’était une question d’albinos. Mais après, on a vu que les assassins n’épargnent personne», fait remarquer Djakaridia Doumbia, un habitant de la ville.  Selon notre interlocuteur, les crimes odieux ou rituels sont légion à Fana, depuis belle lurette. «Je suis né ici et j’ai trouvé que le phénomène existe», révèle le jeune homme d’une trentaine d’années. À l’en croire, les auteurs de ces actes abjects sont tous originaires de la ville et connaissent leurs victimes.  «Très souvent, les criminels viennent la nuit bavarder avec leurs victimes. Ils en profitent pour leur donner des substances afin de les endormir. Après, ils passent à l’acte», croit savoir Djakaridia Doumbia, précisant que de nombreuses victimes sont des gardiens qui habitent un peu a l’écart de la ville.  Djakaridia pense que les malfaiteurs se servent du sang de leurs victimes pour des sacrifices et des sciences occultes. «Aujourd’hui, nous avons peur d’envoyer nos enfants même à la boutique par crainte qu’ils ne soient enlevés », dit-il. Avant de demander aux autorités de tout faire pour mettre la main sur ces criminels. Djakaridia Doumbia déplore, par ailleurs, le fait que les forces de sécurité ne font pas les patrouilles la nuit dans les endroits moins éclairés de la ville où la plupart de ces crimes ont été commis. PEUR AU VENTRE – À cause de cette psychose, les habitants de Fana sont devenus  méfiants les uns envers les autres. «Chacun pense que c’est l’autre qui est derrière ces crimes», note une dame qui a requis l’anonymat par peur d’être la cible des malfrats. « Au début, ce sont les femmes qu’on décapitait, mais après, la situation s’est retournée contre les hommes », fait-elle remarquer.  Notre interlocutrice explique que les gens ont peur de dormir dehors pendant la période de forte chaleur. «Les auteurs de ces crimes sont parmi nous», dit-elle.  La vieille dame se rappelle qu’une femme, après avoir participé à une prêche de Maouloud lors de laquelle, les fidèles maudissaient les criminels, est revenu trouver son mari décapité par des inconnus. «Nous avons vraiment peur de ces bourreaux. Quand la nuit tombe, on ne sait pas si on va se réveiller vivant le lendemain», fait savoir notre interlocutrice. Avant de demander l’implication des autorités de la Transition pour venir à bout de ce fléau.  «Ce sont les pauvres gens qu’on tue. Il faut que les autorités trouvent un solution», dit-elle.  Les jeunes de Fana sont vent debout contre ces crimes crapuleux. «On a eu à rencontrer les autorités, à sensibiliser la jeunesse en l’invitant à faire confiance à la police et à la gendarmerie, en leur donnant des informations», révèle le secrétaire général du Conseil national de la jeunesse de Guégnéka,  Amadou Timété. Selon lui, cette situation ne peut pas être gérée sans la collaboration de la population. «À ce propos, nous avons des jeunes qui travaillent dans l’ombre avec les forces de sécurité, car l’ennemi est invisible et peut être n’importe qui», confie-t-il.  Notre interlocuteur sollicite l’extension du réseau électrique dans la ville parce que, selon lui, les zones ciblées par les malfaiteurs sont celles où il y a l’obscurité. Il demande également de renforcer le poste de sécurité de la ville, en y instituant des patrouilles de contrôle d’identité de 18 heures à 6 heures du matin. «Cela permettra de dissuader les assassins», estime-t-il. «Nous, la jeunesse de Fana, nous n’allons pas baisser les bras tant que ces criminels ne seront pas arrêtés», assure le responsable du Conseil national de la jeunesse, notant que beaucoup de personnes se méfient de la ville de Fana, aujourd’hui, à cause de cette situation. COMPLICITÉS – La municipalité de la ville semble à bout de souffle. «Nous avons renforcé la sécurité en installant un commissariat, mais avec tout cela, les crimes continuent», regrette un responsable de la mairie de Fana. Lui, aussi, demande aux autorités d’étendre le réseau électrique dans la ville pour éclairer un maximum de quartiers. «À part le cas de la femme malade mentale et son enfant, les autres décapitations ont eu lieu dans des endroits isolés et obscurs», explique notre interlocuteur.  Par contre, il pense que les auteurs de ces crimes ne sont pas des autochtones de Fana, mais auraient des complices dans la ville.  Lors de son investiture, en janvier dernier, le tout nouveau gouverneur de la Région de Dioïla a affiché sa volonté de remédier à l’insécurité résiduelle dans sa circonscription, souvent due à des activités rituelles à Fana.  D’après Abdallah Faskoye, les services de sécurité travaillent avec la justice afin que cette insécurité soit éradiquée dans la région.  Sur la question, le procureur de la République près le Tribunal d’instance de Fana, Boubacar Moussa Diarra, nous a confié que, de 2017 à 2021, il y a eu huit dossiers d’assassinats avec décapitation dont deux

Sikasso : La Mairie de Nongon Souala incendiée par des hommes armés

Sikasso, 16 mars (AMAP) Des hommes armés non identifiés ont attaqué lundi  Nongon Souala, localité située à une soixantaine de km de la ville de Sikasso, incendiant totalement la mairie, emportant des batteries sans faire de victimes, a appris l’AMAP de source locale. Selon notre source, des hommes armés non identifiés sont arrivés vers midi suer des motos en tirant dans tous les sens, sans faire de victimes, incendiant complètement la mairie, sans faire de victime car au moment de l’attaque le personnel n’était pas sur place. Notre source précise qu’après leur forfait, les assaillants dont les motivations ne sont pas connues ont disparu dans la nature. KM (AMAP)

Métaux et plastiques : Le filon du recyclage

Par Fatoumata M. SIDIBÉ Bamako, 15 mar (AMAP) Badalabougou, sur la rive droite du fleuve Djoliba, à Bamako, la capitale malienne, à proximité de la pâtisserie Amandine. Installées à l’ombre d’un arbre, des figurines : cheval, coq, éléphant faites de fer de récupération et autres représentations de petites bêtes, comme le crapaud, séduisent passants et visiteurs. Au milieu de ces petits objets inanimés, Abdoulaye Lampa est assis sur une chaise en forme de guitare faite à partir d’amortisseurs et de chaines usagés de motos. Le quadragénaire est l’artisan de ces «sculptures» métalliques.  Artiste/créateur, ses œuvres séduisent le public depuis 2009. Emerveillés, les passants les contemplent avant de s’avancer pour les toucher. « C’est ainsi tous les jours », lâche, sourire en coin, celui qui dit s’être amouraché de cet art depuis sa tendre enfance. «Je fabriquais des chaises. L’idée de recycler ces déchets métalliques pour en faire des objets d’art m’est venue à la suite d’une épreuve de la vie», se souvient-il. L’artiste en devenir avait acheté des pièces détachées (trois) pour la réparation de sa moto, en panne depuis quelques temps. Le jour où il devait l’amener à l’atelier du mécanicien, l’engin à deux roues a été volé.  Dépité, Abdoulaye Yampa décide d’utiliser ces pièces neuves pour faire des statues en métal. «Auparavant, je fabriquais les petits objets avec les métaux», relate notre homme aux dreadlocks. Cette expérience aidant, l’artisan fabriquera un éléphant à partir des pièces qu’il a achetées pour réparer son engin. Le coup d’essai fut un coup de maître. Le chef-œuvre sera acheté par un hôtel de la place à 350.000 Fcfa (l’équivalent du prix d’une Djakarta neuve à l’époque). Trois autres commandes suivront. À l’autre bout de Bamako, à Yirimadio, en Commune VI, Adama Bamba et Ousmane Koné mettent en commun leur intelligence pour fabriquer paniers, bassines… en plastique. Cette union débouche sur la création de «Kouraya Company», une entreprise spécialisée dans le recyclage de déchets plastiques. «Kouraya», un mot bambara, qui signifie renouvellement ou recyclage. Rencontrés lundi, peu après la prière de 14 heures, ils portent des bavettes sur le nez pour «éviter d’inhaler» les débris de plastiques que dégagent les machines. À HAUTE TEMPERATURE – Des machines dédiées au recyclage de déchets plastiques grondent à l’intérieur de l’atelier laissant échapper une légère fumée. Ces plastiques, Adama Bamba les achètent auprès de personnes qui récupèrent les anciens bidons en caoutchouc, les bouteilles de boisson, d’huile alimentaire, de sachets plastiques. Ils sont réutilisés pour fabriquer des paniers, des chaises et autres objets de décorations.  « Chaque type de plastique ou de caoutchouc est utilisé en tenant compte des produits à fabriquer », explique Modibo Sidibé, un des cofondateurs. «Nous les découpons et les mettons dans les broyeuses pour obtenir des paillettes de plastiques. Compressées et chauffées, les paillettes sont fondues à 140°C dans une extrudeuse qui confère aux plastiques la forme désirée», précise notre interlocuteur. Il ajoute que le filament, ainsi obtenu, est moulé afin de créer de multiples objets.  Selon lui, l’aventure a commencé il y a trois ans. «Nous avons fait des tests sur les plastiques parce que nous avons constaté qu’il y a beaucoup de pollution à Bamako», rappelle-t-il. La raison d’être de leur entreprise est de faire face à cette situation en récupérant les déchets plastiques. Pour y arriver, ils ont mené des recherches sur Google, YouTube, etc. sur les techniques de fabrication de ces différents objets.  «C’était devenu une urgence pour nous à cause de la pollution de l’air et du sol à Bamako», révèle Modibo Sidibé. Ainsi, à défaut de pouvoir importer une broyeuse à cause des restrictions de voyage liées à la Covid-19, les jeunes entrepreneurs décident de fabriquer sur place, avec l’appui technique d’un soudeur, leur première broyeuse.  Cet investissement a coûté plus d’un million de Fcfa. «Maintenant, nous fabriquons des machines de recyclage, des extrudeuses, des paniers, des chaises, des tables, des luminaires, des pavés écologiques, des portes stylo, des saladiers et des tabourets. Nous avons des machines pour la fabrication de tous ces objets», explique notre interlocuteur avant de préciser qu’un kilo de plastiques coûte 200 Fcfa. MÉVENTE – . La même quantité de fer usagé vaut 200 à 250 Fcfa. «Avant, les personnes de bonne volonté me ravitaillaient gratuitement. Depuis plus de deux ans, ce n’est plus gratuit. Je les achète, notamment chez les mécaniciens et auprès des mendiants», révèle-t-il.  À la différence des «recycleurs» qui sélectionnent les types de plastiques à transformer, Abdoulaye Yampa utilise toutes sortes de métaux, même usagés, pour fabriquer ses œuvres. Il dessine d’abord ses représentations sur une feuille pour se faire une idée des types de fer à utiliser et voir comment les agencer. «Je découpe les fers avec la scie ou autres matériels pour leur donner la forme que je désire», précise-t-il. Ses œuvres peinent, de plus en plus, à trouver des preneurs depuis quelques années, déplore Abdoulaye Yampa. La faute, selon lui, à la rareté des foires expositions et à l’accès au financement. Ses clients sont essentiellement des expatriés, notamment occidentaux. « Il y a aussi les personnes qui s’intéressent à l’environnement et aux problèmes de pollution, les restaurateurs et les hôteliers qui s’intéressent à nos produits », ajoute-t-il. Autant de difficultés qui font que les apprentis sont moins attirés par le travail d’Abdoulaye Yampa. «J’avais un apprenti qui a abandonné. Ce métier est un peu difficile. Il demande beaucoup de courage et de passion», fait-il savoir.  Malgré ces difficultés, les activités de «Kouraya» Company semblent attirer les jeunes. Demba Traoré, étudiant à la Faculté des sciences et techniques (FST), y est stagiaire depuis avril dernier. Il dit faire ce travail par passion. Pendant les vacances, confie Adama Bamba, sa compagnie forme également des jeunes étudiants sur les techniques de recyclage des plastiques. « Des vendeurs de plastiques aux recycleurs, estime Adama Bamba, toute la chaine de production et d’approvisionnement se frotte les mains ». «Les gens s’y intéressent parce que nous arrivons à écouler ce que nous produisons. C’est rentable», note-t-il. Les produits finis sont vendus entre 1.000 et 7.500 Fcfa, selon les

Quelque 75 concurrents en compétition à la Semaine des marques au Mali  

Fatoumata M. SIDIBÉ  Bamako, 15 mar (AMAP) Soixante-quinze  marques sont en compétition pour divers prix, lors de la première édition de la Semaine des marques qui se tient, au Centre international de conférences de Bamako (CICB), depuis lundi jusqu’au samedi 19 mars 2022.  «Nous avons commencé par la sélection des candidats par catégorie de marque préférée du public. Cette sélection, qui a été présentée au public depuis le 8 mars dernier, continuera jusqu’au 18 du même mois», a annoncé le président du jury, Arouna Kanté. Les marques ont été répertoriées sur la base des fiches de représentation électronique mises à disposition par le Centre malien de promotion de la propriété industrielle (CEMAPI), a révélé M. Kanté. La Semaine des marques vise à valoriser et à donner une meilleure visibilité aux marques nationales, prévenir contre les risques et dangers de la contrefaçon. Ainsi, pour inciter les entreprises à protéger leurs marques au CEMAPI, les organisateurs ont mis en compétition les marques nationales protégées, établies, exploitées et celles exerçant une activité économique ou sociale régulière.  Les prix en compétition sont, entre autres, le Prix de la marque préférée du public, de la meilleure marque de produit, le Prix de la meilleure marque de service, le Prix de la meilleure marque à l’international, le Prix de la meilleure marque féminine et le Prix de la meilleure marque du plus jeune entrepreneur.  Le president du jury a expliqué que le choix revient aux consommateurs qui peuvent voter, par SMS ou en appelant les numéros : 71 52 30 30/61 52 30 30 et 52 52 31 31 pour leurs marques préférées.  Ces marques nominées ont été présentées au public. Il s’agit, pour la catégorie «Meilleure marque du produit», de Fofy, Sapec, Diago. La catégorie «Meilleure marque de service» met en compétition Sama Money, Ispric, Imafer. Quant à la catégorie «Meilleure marque à l’international», elle concerne la société Bara Musso, Thé Achoura, l’hôtel Azalai.  Faso Kaba, I ka look sont nominées pour la catégorie «Meilleure marque féminine» et Waati, Diakité robotique pour «la  marque du jeune entrepreneur».  «Ces activités initiées par les organisateurs de la Semaine permettront « de faire la promotion de nos produits », a commenté la responsable marketing et communication de Sapec. « Remporter par exemple ce prix donnera une grande visibilité à notre marque qui existe depuis 2003 », a ajouté Ramatoulaye Berthé. «Notre objectif est d’avoir le trophée de la meilleure marque de produit», a-t-elle dit.  Ewaati est une startup spécialisée dans le domaine de l’intelligence artificielle et de la  robotique. Pour ses responsables, c’est pour promouvoir leurs produits et services qu’ils ont participé à cette Semaine des marques. «Nous avons des produits et services comme e-school, e-security e-marketing, e-care, e-face», ont-ils expliqué. Responsable marketing de Sahel infusion qui existe depuis 2013, Aissata Cissé se dit heureuse de compter parmi les nominées et espère que son entreprise sera retenue pour cette première édition.  Quant à la chargée de communication de la société Bara Musso, elle souhaite que cette activité soit encouragée et soutenue. «La Semaine des marques nous a montré qu’on est parmi les grandes entreprises et qu’on est considéré», se réjouit Fatou Sidibé, rappelant que Bara Musso existe depuis 2008. FMS/MD (AMAP)

Gestion des déchets à Bamako : la capitale va recruter un nouvel opérateur

Bamako, 15 mar (AMAP) Le ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable, Modibo Koné, a annoncé, lundi, le recrutement prochain d’un nouvel opérateur pour la gestion des déchets à Bamako. « Des dispositions vont être prises très rapidement pour lancer un appel d’offres pour le recrutement d’un nouvel opérateur en collaboration avec les entreprises maliennes pour faire ce travail à la fin du contrat de Ozone », a dit M. Koné, au terme d’un conseil des ministres restreint d’environ deux heures, à la Primature. «Nous allons faire en sorte que ces dispositions soient pertinentes afin que ce que nous avons constaté dans le déroulement du contrat de Ozone ne soit plus fait au Mali », a-t-il poursuivi.  Selon lui, il faut aussi « réfléchir sur les moyens efficaces de mettre en place le modèle financier idoine afin que le financement du traitement des déchets puisse être re-financé par les populations, elles-mêmes, depuis les poubelles jusqu’à la décharge finale ». «La ville de Bamako est actuellement sale. Nous devrons y trouver une solution idoine dans les meilleurs délais. C’est ainsi que nous avons revisité le contrat de Ozone qui est chargée de rendre Bamako propre », a déclaré le ministre en charge de l’Assainissement. M. Koné a annoncé que les dispositions doivent, également, être prises pour les dépôts de transit, qui constituent un goulot d’étranglement dans le District de Bamako et ses environs. « Nous devons faire en sorte que dès que les ordures arrivent au niveau des dépôts de transit, ils soient évacués dans les 48 heures qui suivent. Nous devons prendre les dispositions pour que la décharge finale de Noumoubougou soit finalisée par les moyens de l’État », a précisé le ministre Parlant de l’exécution du contrat de Ozone, le ministre Koné a fait savoir que « globalement, cette société n’a pas respecté ses engagements, notamment en termes de réalisation des caniveaux, de balayage des rues et de transport des déchets ».  Par rapport à l’appel d’offres pour assainir la ville de Bamako, le ministre a précisé que la priorité sera donnée aux entreprises nationales qui ont les moyens de le faire. Il a expliqué que ce conseil de cabinet, en vue de faire des propositions concrètes pour rendre la ville de Bamako propre, s’est tenue à la demande du président de la Transition, le colonel Assimi Goïta et du Premier ministre Choguel Kokalla Maïga, en vue de faire des propositions concrètes pour que la ville de Bamako soit bien propre. La réunion a été présidée par le Premier ministre, en présence de plusieurs autres membres du gouvernement. BD/MD (AMAP)

Tombouctou : L’association de Solidarité Femme d’Ici et d’Ailleurs(ASFIA) fait œuvre utile

Tombouctou, 15 mars (AMAP) Le Gouverneur de Région, le commissaire divisionnaire de police Bakoun Kanté a présidé samedi dans la cour de l’hôpital régional de Tombouctou la cérémonie de donation de l’Association de Solidarité Femme d’Ici et d’Ailleurs(ASFIA), a constaté l’AMAP. C’était en présence du président du conseil régional, Boubacar Ould Hammady, du maire de la commune Aboubacrine Cissé, de la présidente de l’Association, Fatoumata M’Barka Mint Hammoudi, du directeur de l’hôpital docteur Djibril Kassogué et de plusieurs personnalités administratives de la ville et de la région. Ces dons d’une valeur de plus 30 millions sont composés de lits, de chaises, de matériels de transfusion sanguine, des réactifs et des consommables pour l’hôpital régional, des vivres (riz, sucre, huile de cuisine) pour les mosquées et les veuves de militaires. Huit associations et coopératives de femmes de Tombouctou et Taoudéni ont également reçu chacune une enveloppe pour leur permettre de redémarrer leurs activités génératrices de revenus. Le directeur de l’hôpital docteur Djibril Kassogué a démontré la nécessité et l’importance du matériel qui selon lui va améliorer qualitativement et quantitativement le service de transfusion sanguine au bonheur des patients en manque de sang. Au directeur de révéler que « si la transfusion sanguine est gratuite au Mali quelque part c’est l’Etat qui met la main dans la poche, pour cette année c’est ASFIA qui prend cette charge pour l’hôpital de Tombouctou ». Docteur Djibril Kassogué a fait savoir que « ASFIA a joué sa partition, le reste du travail revient aux donneurs de sang » avant de remercier la jeune association pour ce geste humaniste et sa vision claire des préoccupations des populations et des services publics. La présidente de l’association Fatouma M’Barka Mint Hammoudi a déclaré qu’ASFIA a vu le jour en juin 2021 à Bamako. Elle a pour but d’accompagner les plus hautes autorités de la Transition en améliorant la vie et en soutenant les femmes et les jeunes partout en République du Mali. De sa création à nos jours, la présidente cite à l’actif du groupe, des adductions d’eau dans plusieurs villages, des dons de taxi-moto à certains jeunes, de moulins à des associations de Bamako, la construction de pont à Komi-Komi (Djago/Kati), le forage d’un puits à Yanfolila entre autres. Fatouma M’Barka mint Hammoudi promet de revenir pour d’autres actions dans un proche délai. Le gouverneur de région, le président du conseil régional Boubacar Ould Hammady et le maire de la commune Aboubacrine Cissé ont apprécié ce geste de portée humanitaire. Ils ont encouragé ASFIA à faire plus pour toucher le maximum de ville, village ou communauté. MS/KM (AMAP)